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J’ai mal au genou, je fais quoi ?

, 16:47

Ce billet présente les principes de base en ce qui concerne les affections les plus communes (genou dégénératif, arthrose, tendinite).

Boris Dolto disait que le genou est une articulation soumise à deux maîtres : hanche et pied. Si on ne se soigne que le genou alors que cheville ou hanche est déjà fragile, bien que « muette », n'exprimant pas son mal, on a tout faux. Il faut également suspecter le dos. Une cruralgie par exemple peut se manifester par une douleur élective au genou.

Plus généralement, toute mauvaise posture peut l'affliger. Faites cette petite expérience pour vous en convaincre : en position debout, membres inférieurs joints, déportez légèrement la tête vers l'avant. Aussitôt la pression sur les genoux augmente. Si on se tient mal, si on est voûté, de travers, c'est ce qui se passe !

Autant un franc surpoids chronique ne pose pas de réel problème en ce qui concerne le dos - on a exagéré le phénomène, le centre de gravité du corps étant abaissé on est stable - autant c’est insupportable sur le long terme pour les genoux qui « trinquent ».

Autres constats :

Le ski met le genou à rude épreuve (entorse, risques de rupture du ligament croisé antérieur).
Genou fragile, il faut éviter les sports violents, à sauts répétés, ou a risque de chute : rugby, foot, basket, judo, équitation.
Au besoin, avant d'aller au sport, porter une genouillère en guise de protection.
Dans les activités de la vie quotidienne ne pas se mettre à genoux. Assis, ne pas les croiser. Pas d’accroupissements. Opter pour la position du chevalier servant : le genou douloureux au sol et en se relevant avec le bon genou et avec franche poussée des mains sur la cuisse.
Les douleurs ne passeront pas seulement aux antalgiques. Le froid soulage (poche de glace, cold pack) très provisoirement, surtout après un traumatisme (chute, entorse, choc) et dans la demi-heure qui suit pour limiter saignement interne et gonflement (après, ça ne sert plus à rien). Éviter le chaud.
La viscosupplémentation est une excellente solution pour le genou arthrosique. Le liquide synovial ne jouant plus son rôle lubrifiant et protecteur, on injecte un gel qui va relancer la fabrication de hyaluronane (acide hyaluronique).
Le chaussage influence les genoux. De hauts talons le maintiennent en légère flexion (favorisant le flessum), ce qui n'est pas bon sur le long terme, et ce d'autant si on a déjà du mal à le tendre complètement.
Dans le cas d’une atteinte du ménisque interne, le port de semelles valgisantes vise à décomprimer le compartiment interne et prévient une aggravation arthrosique. Pour toute atteinte du membre inférieur et afin de faciliter le retour veineux, surélever le pied de son lit avec des cales (10 cm). En fait, nous devrions tous le faire.

Photos

Exemple choisi : atteinte rhumatismale dégénérative du genou droit.
Aucun exercice présenté ici ne doit faire mal. Sinon c'est qu'il est mal réalisé. Mieux vaut l'abandonner.

Photo 1
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Si une genouillère est prescrite, la choisir fenêtrée (avec un trou pour la rotule). Ne jamais la porter la nuit. Les genouillères avec armatures gênent à la marche et la souffrance localisée au genou risque de se reporter ailleurs (mal du dos par exemple).
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Assis : garder le genou tendu (en extension). Fléchi, il souffre. Dans cette position et de temps en temps, faire rouler sa jambe de droite à gauche en appui talon, pour détendre la musculature.
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Pour se mettre debout après avoir été assis : tourner les fesses du côté du genou qui souffre (ici tourner vers la droite), puis exercer une poussée uniquement avec l'autre jambe pour se relever.
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Étirement en va et vient de la musculature postérieure du membre inférieur (ici le droit), l'une des priorités étant d'éviter le flessum. Un genou qui souffre a tendance à rester en permanence un peu plié, ce qui le malmène et provoque un déséquilibre du corps, à risque de chute sur le long terme. Plier puis tendre lentement et plusieurs fois la jambe. Il faut sentir que « ça tire » dans le mollet et derrière le genou. A pratiquer tous les jours, plusieurs fois.
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Exemple d'exercice pour renforcer les muscles de la cuisse, autre priorité pour un genou déficient. Se tenir ainsi sans bouger pendant plusieurs minutes, tout-en lisant un courrier papier ou ses sms par exemple. La posture ne doit pas provoquer de douleur dans le genou. A cette fin le plier plus ou moins jusqu'à trouver la bonne position. A pratiquer plusieurs fois par jour.

Photos six et sept, chez le kiné , pour renforcer le quadriceps :
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MAUVAIS EXERCICE !
A ne pas faire, car ainsi le genou souffre. Il se produit un effet « rabot » dévastateur pour la rotule.
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BON EXERCICE !
Ainsi, le genou ne souffre pas et se renforce. Mettre le genou en extension uniquement en tirant sur la poignée, sans contracter ses muscles. Puis tenir la position cinq-six secondes en relevant la pointe du pied. Ramener ensuite le genou en flexion, passivement, avec le système de suspension.
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BON EXERCICE !
Chez soi ou chez un kiné, avec sangle élastique fixée au mur, tendre le genou au maximum en relevant la pointe du pied. Tenir la position quelques secondes.
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Bon exercice d'équilibre sur support instable. Ici un disque de propioception (un oreiller, un coussin, font l'affaire). Yeux fermés, tenter de garder l'équilibre.
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Le Kinesiologic-Taping ou bandage avec bande auto-collante colorée, est une bonne solution lorsque le genou (ou d'autres parties du corps) fait constamment mal et ne supporte pas bien la genouillère, d'autant qu'on peut prendre sa douche avec ; il tient plusieurs jours. Hélas, certaines peaux n'aiment pas. Il y a des allergies, avec pour conséquences : démangeaisons, rougeurs, lésions de la peau (peaux atopiques notamment). Il faut alors l'enlever sans tarder. Il y en a de toutes sortes et couleurs, pour tout type d'articulation, de lésion musculaire, ou pour drainer les fluides sanguin et lymphatique (lymphoedème). Les Ostéo les utilisent beaucoup, à juste titre. Ici il s'agit d'un Taping pour arthrose fémoro-patellaire. Ce système repousse la rotule en avant pour éviter les frottements contre le fémur.
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Rouler un gros ballon de gym contre un mur. Sur la photo notre ami Gilles a gardé son bandage vert rotulien pour « faire plus handicapé », comme ensuite en piscine, mais l'exercice concerne tout genou en souffrance.
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Pompes sur gros ballon, dos bien droit et en gardant les genoux tendus, fesses serrées, pour renforcer les muscles des membres inférieurs (mais pas que...).
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Chez le kiné : exercice de propioception sur planche instable (plateau de Freeman). Yeux fermés, garder l'équilibre en se concentrant sur les réactions de son corps et en tirant sur les sandows pour renforcer sa musculature.

EXERCICES EN BASSIN

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Pour se muscler harmonieusement. En planche dorsale, dos bien droit et genoux tendus, se déplacer latéralement en veillant à ce que les jambes ne précèdent pas le tronc. Tout le corps doit rester bien dans l'axe durant l'exercice.
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Gilles montre le plateau instable sur lequel il se tiendra debout pour l'exercice de la photo suivante.
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Exercice d'équilibre. Yeux fermés et monté sur le plateau instable, faire des tours complets dessus, de plus en plus vite, tout en tenant à bout de bras des bidons vides ou une charge légère pour augmenter le déséquilibre.
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NON !
Exercice interdit !!! Pas d'efforts en rotation de hanche, genoux fléchis. Brasse interdite pour genoux fragiles. Ne pratiquer que les nages avec genoux tendus.
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OUI !
Genoux constamment bien tendus, petits ciseaux ou battements plus ou moins rapides des membres inférieurs.

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Étirement. Plier puis tendre alternativement les genoux. Quand ils sont tendus, relever la pointe des pieds pour bien étirer la structure musculaire postérieure des membres inférieurs (bon exercice également pour le bas du dos).
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Exercice visant à renforcer le quadriceps (muscle du devant de la cuisse). Genou bien tendu, balancer d'avant en arrière la jambe, une sangle élastique (ici caoutchoutée) passée autour de la cheville.
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Pour assouplir le genou : assis, rouler sous le pied une structure ronde (ici une haltère en mousse).
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Gilles se masse le genou au jet. Cela soulage !

Mal de dos, enfants et adolescents

, 10:40

Les douleurs musculo-squelettiques diffuses touchent près de 8 % de la population préadolescente (ils ont des douleurs « baladeuses », ayant tantôt mal à une épaule, un genou, un coude, etc...), et entre 20 et 50 % des enfants de tous âges se plaignent de douleurs électives au dos, plus ou moins répétitives, avec prévalence chez les filles. Bien que la cause de ces rachialgies soit la plupart du temps bénigne et imputable aux aléas de la croissance, il ne faut pas les prendre à la légère pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il importe de ne pas passer à côté d’une cause grave : infectieuse, inflammatoire, tumorale, puis parce que les éventuels troubles posturaux de la croissance (scoliose, maladie de Scheuermann, spondylolisthésis), doivent être dépistés au plus tôt et traités (consulter mon billet sur la scoliose du 26.09 .14). Enfin il faut bien avoir à l'idée que « le corps se souvient », qu'il n'oublie rien et peut ensuite nous resservir cette souffrance physique à n’importe quel moment de notre vie, avec comme élément déclencheur un événement traumatisant : divorce, deuil, stress au travail (ce qui signifie qu'un conflit psychique peut provoquer un symptôme physique).

L'adolescence est l'âge d'apparition des premiers signes d'usure vertébrale (altérations dégénératives disco-vertébrales). 20 à 50 % des adolescents n'ayant pourtant jamais mal au dos présentent des images de dégénérescence discale, ce qui inquiète d'autant les parents que la plupart des articles publiés sur le sujet font paniquer en pronostiquant qu'ils sont : « l'étape préalable à la lombalgie mécanique de la hernie discale ! ». Il faut bien avoir à l'esprit que la découverte d'une hernie discale sur un dos en souffrance risque de relever de la pure coïncidence, l'arthrose rachidienne n'étant quant à elle pas systématiquement douloureuse, loin de là (billets-blog des 03.05.14 et 19.06.12 et Revue du rhumatisme, monographies – février 2011- Vol.78-n°1.).

En panne d'idée sérieuse, les spécialistes prétendent volontiers que le mal de dos des enfants résulte purement et simplement du port d'un cartable trop lourd, et/ou d'une mauvaise posture trop longtemps maintenue (assis, avachi devant l'écran de tété, une manette de console vidéo en main). Autres causes invoquées : le surpoids (deux ados sur trois sont en surpoids), trop ou pas assez d'exercices physiques, les troubles du sommeil, ou encore une souffrance psychologique. Oui, tout cela est plus ou moins vrai mais ne suffit pas à expliquer la fréquence de ce mal, ni sa persistance quand on a supprimé cartable, console de jeux, et aliments qui font grossir. Par ailleurs les études faites dans ce domaine ne concernent que les sociétés occidentales, et je voudrais bien savoir ce qu'il en est dans les sociétés en voie de développement. Question que je me pose de manière récurrente en regardant sur « Arte » à la télé, cette formidable émission intitulée : « Chemins d'école, chemins de tous les dangers ! », et qui nous montre des enfants obligés de faire des kilomètres à pied au milieu de contrées hostiles, ou de se déplacer en barque et de ramer tout aussi longuement, sans à l'arrivée se plaindre davantage de leur dos que les petits occidentaux.

Le cartable :

Il n'est pas porté suffisamment longtemps dans la journée pour être à lui seul responsable de maux de dos. Pourtant la logique impose d'en contrôler le contenu, un dos en pleine croissance ne devant pas supporter de charges excessives. Mais dites-moi donc ? Les petits français ne sont-ils pas de plus en plus attirés par la « gonflette », la musculation, alors même que de soulever de manière répétitive de lourdes charges est néfaste pour leurs articulations. D'un côté on vide leurs cartables et de l'autre on les laisse soulever de la fonte. Cherchez l'erreur !

Le surpoids :

Un excès de poids chronique endommage plus sûrement les genoux que le dos. Il modifie l'axe du membre inférieur, c'est pourquoi il doit être combattu. Et même si les cellules graisseuses produisent des adipocytokines responsables parfois de douleurs articulaires, ce n'est pas le dos qui le premier est en ligne de mire en cas de surpoids. D'ailleurs les problèmes de dos affectent plus volontiers les adolescents de grande taille et pas forcément en surpoids. Rayon alimentation il ne faut pas zapper le complexe « gluten + lait », mauvais pour les articulations (Sport-Santé-Magazine nov-déc 2014). Nos chères têtes blondes en consomment trop. Un enfant n'a réellement besoin de lait que durant les trois premières années de sa vie. Il faut également savoir que les problèmes de ventre sont à prendre en compte parmi les causes du mal de dos. La constipation notamment étant un fléau que l’on combat en augmentant la part des fibres (manger figues, prunes, ou graisse de lin).

Troubles du sommeil, problèmes émotionnels et comportementaux, induisent aisément des symptômes douloureux multiples et récurrents.

Alors, quelles voies explorer ?

Les brusques poussées de croissance, parfois spectaculaires à l’adolescence, font que l’enfant est en constante recherche de repères anatomiques fiables, et qu’il n’a pas toujours les réflexes adaptés à un corps qui « marche plus vite que lui ». Cela perturbe grandement sa propioception, c'est à dire le « sens de la posture et du mouvement » grâce à des capteurs sensoriels situés dans les muscles, les cartilages et les articulations. Ce sens permet de sentir la position de son corps sans le voir. Le vestibule (élément de l'oreille interne) est également déterminant dans le contrôle de nos postures et de nos mouvements. L'enfant n'a pas spontanément de référence de verticalité ni de détection instantanée de ses mouvements. L'on sait également qu'un défaut avéré d'informations vestibulaires entraîne une hypotonie musculaire de l'axe tête-cou-tronc (déficit de force et de contrôle). Pour lutter contre la déstabilisation suscitée par une telle déficience l'enfant bloque sa tête et se raidit. Il est dépassé par la situation, ce qui entraîne un mal-être le rendant encore plus « maladroit ». Sans information vestibulaire fiable un enfant déploie beaucoup d'énergie à surmonter l'instabilité de sa tête et de son tronc, et si par ailleurs il a des problèmes de vue c'est pire.

La relation est ainsi faite entre propioception et dos, ou vestibule et dos, et donc avec le mal de dos pouvant découler d'un dysfonctionnement de la propioception ou du vestibule. Le test de Romberg évalue la propioception, celui de Fukuda ou bien le Video Head Impulse Test (VHIT) adapté aux enfants évaluent le vestibule.

Autres voies à explorer :

Celles des pathologies vertébrales familiales, du psoriasis, du développement psychomoteur, sont également à explorer. Traitement kinésithérapique.

1 - Prévention, conseils d'hygiène de vie :

Des conseils d'hygiène posturale ne sont utiles que dans la mesure où les parents montrent l'exemple, et que je n'entende plus le fallacieux argument : « Oui mais pour nous, c'est trop tard ! », parce que c'est archi-faux. On peut se corriger à tout âge. Une des premières mesures à prendre est de mettre au rebut la chaise classique, et de la remplacer par un gros ballon de gym. L'enfant devra passer de la position assise passive à la position assise active. Assis sur un siège classique un enfant à tendance à s'avachir, alors que sur ballon il ne le peut pas sous peine de tomber. Il oscille dessus en permanence, ce qui fait travailler les muscles du bas de son corps, l'oblige à contrôler son dos, et renforce son équilibre. Par ailleurs on peut pratiquer bon nombre d'exercices sur gros ballons, certains étant décrits dans différents billets de ce blog.

L'activité physique :

La sédentarité est l'un des exécrables maux de nos sociétés dites évoluées. Ayant écrit un livre intitulé : « Le sport est un médicament bio ! », J. Lyon Éditeur, je ne puis que conseiller aux enfants de se bouger, en choisissant néanmoins un sport adapté à leur personnalité et qui leur plaise. Pas question de chercher à devenir un champion du sport X ou Y, parce que c'était le rêve avorté de papa ou de maman. Par ailleurs, bien entendu, attention aux risques de chutes et traumatismes.

Une chose à savoir : la natation ne soulage pas les maux de dos. D'ailleurs la plupart de nos compétiteurs de haut niveau finissent par avoir mal au dos.

2 - La rééducation que je pratique : (durée totale de la séance : environ une heure).

Il faut avoir le regard d'un posturologue, examiner au préalable l'enfant en sous-vêtements, à la recherche d'un syndrome de déficience posturale. Inspection clinique, détection d'éventuels troubles de la mâchoire (l'articulation temporo-mandibulaire jouant un rôle essentiel dans le maintien de la posture), étude de la statique et de la mobilité rachidienne, examen des membres inférieurs, de la démarche, recherche de l'équilibre yeux fermés, test de Romberg, Fukuda, et bilan neurologique associé à l'examen de la peau à la recherche d’éventuelles « tâches de café » (neurofibromatose).

- Traitement normotensif. J'examine l'enfant debout, face-dos-profil, puis j'apporte les premières corrections normotensives ciblant mâchoire, cou et bassin. Le bassin est le socle, la tête étant l'apex dans le sens astronomique du mot, à savoir : « le point de l'espace vers lequel l'individu se dirige ». Le sacrum quant à lui génère de l’énergie vers le bas. Alors que toutes les parties du corps peuvent être mises au repos, le cou se doit d'accompagner les mouvements du regard. Il ne se repose jamais, et le positionnement de la tête détermine le placement des autres segments corporels. Ensuite j'examine de nouveau l'enfant à la recherche de dysfonctions mécaniques immédiatement corrigeables, et « détense » du bout des doigts, en posant souvent de petites bandes collantes colorées (kinésilogic-tape), comme autant de « post-it propioceptifs ». 4 à 8 bandes au total, maximum 5cm de long sur un à deux de large. Puis, je traite les Trigger Points (billet-blog 04.09.15), les douleurs rachidiennes chroniques en procédant pour beaucoup (O’Sullivan P. it’s time for change with the management of non-specific chronic low back pain. Br J Sports Med 2012 ; 46 : 224-7).

- Traitement acupunctural au laser : Il s’agit par exemple de relancer l’énergie dans le bassin par ouverture du vaisseau curieux de Chong Mai, méridien des attaques.

- Élongation vertébrale : A sec, sur table inclinable (billets-blog des 29.06.13 et 22.04.13), ou bien en bassin selon une modalité dont je suis l'inventeur (billet-blog du 13.10.13).

- Exercices : - En bassin. - Auto-exercices à domicile. - Pour rééduquer le vestibule, un exemple : Yeux fermés, debout, bras tendus le long du corps, pieds joints et pointes des pieds relevées par rapport au talon, tourner la tête de droite à gauche assez vite. Arrêter le mouvement et ouvrir les yeux dès qu’apparaît un vertige. Recommencer plusieurs fois.

- Trois exemples d'exercices à l'espalier, sur gros ballon de gym et sous étroite surveillance du kiné.

Étirement du dos :

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- Les mains s'accrochant à un barreau, le plus haut possible, yeux fermés, l'enfant inspire par le nez en gonflant le ventre et en se grandissant, puis il souffle par la bouche en rentrant le ventre et en poussant les fesse en arrière et le plus bas possible (en lordosant).

Deux exercices pour renforcer l'équilibre :

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- Yeux fermés l'enfant est assis sur ballon, lequel est lui-même posé sur grande planche oscillante corporelle. L'enfant lève successivement un pied puis l'autre, le tient en l'air quelques secondes, et doit maîtriser son équilibre en se grandissant (mode respiratoire identique à l'exercice précédent).

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- Les enfants se font face, yeux fermés. D'un côté ils se tiennent par la main en exerçant une légère poussée, de l'autre ils se tiennent à l'espalier. En parfaite coordination ils font rouler le ballon d'avant en arrière.

Autres exemples d'exercices avec ballon, dans les billets-blog des 14-23-27 décembre 2012.

Rééducation en Rhumatologie

, 21:25

(suite du billet : Rééducation gériatrique)

La plupart du temps non seulement les médicaments ne guérissent pas, mais ils apportent un lot impressionnant d’atteintes bien plus graves, cardio-respiratoires, ou digestives. Souvenons-nous du Vioxx, qu’on a interdit après quelques accidents gravissimes !
Ainsi ostéopathie, kinésithérapie, ergothérapie, cures thermales, occupent-elles une place essentielle dans la prise en charge de ces pathologies.
Il y a d’un côté les atteintes ostéoarticulaires dégénératives qui concernent l’usure prématurée et le vieillissement, de l’autre les affections inflammatoires dont les principales sont la PR (polyarthrite rhumatoïde), et la SPA (spondylarthrite ankylosante).

En France, la première cause de ce type de consultation est le dos (j’ai écrit plusieurs billets sur le sujet, ainsi que des livres. Les consulter), la deuxième l’épaule douloureuse simple. L’arthrose est devenue le problème de santé «number one», en occident.
Nota : Les cellules graisseuses produisent certaines protéines (adipocitokines) qui favorisent l’arthrose ou déclenchent aisément une crise articulaire aiguë. C’est pourquoi les personnes en surpoids chronique peuvent souffrir sans autre raison (faux mouvement, portage de charges lourdes).

Coxarthrose :

La coxarthrose est une affections articulaire destructrice fréquente au grand âge, et conduisant à la prothèse (PTH). L’obésité a peu d’impact sur cette maladie mais influe sur la gonarthrose (arthrose du genou). Il faut noter les atouts de la voie chirurgicale mini-invasive, avec abord musculaire limité, qui permet d’éviter les risques de luxation.
Le traitement kiné débute par un enseignement des gestes luxants à éviter. Il faut autonomiser le patient le plus vite possible. Sont pratiqués : exercices visant au renforcement du quadriceps (muscle du devant de la cuisse) et des stabilisateurs de hanche (moyen fessier), réapprentisssage à la marche, exercices en piscine. Il faut également renforcer l’équilibre.

Gonarthrose :

L’arthroplastie de genou (PTG), nécessite une mobilisation précoce de la rotule, une récupération toute aussi précoce des amplitudes articulaires en même temps que de la fonction. C’est à dire une flexion à 90°, et une extension complète sans flessum (le genou ne parvient pas à se tendre complètement). Il faut aussi obtenir un bon verrouillage du genou, lutter contre les troubles thrombo-emboliques (phlébite), éviter la boiterie à la marche, ainsi que les déficits musculaires, articulaires et fonctionnels.
L’arthrose de la main quant à elle nécessite souvent, en période de poussée, le port d’une orthèse de repos. Pour plus d’infos sur ces pathologies, ainsi que sur les affections inflammatoires, se référer à mon livre : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »



L’épaule douloureuse simple : généralités.

Neuf fois sur dix, il s’agit d’une lésion de la coiffe des rotateurs (les tendons des muscles qui font bouger l’épaule). Trop souvent le médecin diagnostique fièrement d’emblée une tendinite du biceps, alors que ce n’est qu’un simple symptôme présent dans quatre vingt dix pour cent des cas. En cas de tendinopathies de la coiffe, le problème relève d’un défaut de cinématique (mouvements). La tête de l’humérus (l’os du bras) n’est pas bien centrée dans sa cavité articulaire. Il sera donc inutile de « papouiller, massoter, ultrasoner » si on ne tente pas de faire en sorte qu’elle se repositionne bien.

Aucune méthode rééducative n’a démontré son efficacité par rapport aux autres, mais il y a des principes généraux. Le MK (Masseur-Kiné) doit traiter cou et omoplates. Il importe d’atténuer la douleur en récupérant une meilleure fonctionnalité de l’épaule. Cela se pratique en travaillant la « cinématique » de celle-ci, à sec et/ou en bassin. Il s’agit d’exploiter les capacités fonctionnelles restantes par des mobilisations appropriées, des exercices gymniques et respiratoires. Il faut également corriger les gestes à risques (recherche des voies de passage). Un massage décontracturant est agréablement perçu par le patient, souvent réclamé, mais insuffisant. Le froid (cryothérapie) est un autre grand classique. Une séance d’une demi-heure est un minimum.

En cas d’épaule gelée (quand elle est bloquée et que la plupart des mouvements deviennent difficiles ou impossibles), la rééducation use en plus d’étirements localisés ( manœuvres de Mennel ou normotensives).

La rééducation sur tendinite : généralités.

Les tendinopathies (tendinites) ne sont pas l’apanage exclusif du sportif, loin s’en faut.
D’une manière générale et après un période de mise au repos, le traitement rééducatif comprend un travail musculaire de type Stanish (pour en savoir plus : internet), une rééducation sensori-motrice (propioceptive), un réajustement des équilibres musculaires, ainsi que des techniques visant à faciliter la cicatrisation ou à diminuer la douleur. Les ultrasons sont peu efficaces (étude randomisée conduite par AP D’Vaz et al - Cambridge - par rapport aux AINS, de l’infiltration ou du placebo.)

prochain billet : Rééducation de l’urgence

Rééducation à visée esthétique (cellulite, soins post-opératoires).

, 05:44

(suite du billet Rééducation cardio-pulmonaire)

Pendant des siècles manger à sa faim a été une priorité absolue. Désormais on ne subit plus son régime alimentaire, on le choisit. Et puis il y a la mode et ses dérives. Les croisades menées par les disciples du « maigre is beautiful » jettent l’anathème sur le moindre bourrelet. Pour être «in», on se doit d’être svelte. Calories et cholestérol sont traqués (à juste titre), et la grande distribution se charge de nous fournir en produits lights, bio, diététiques qui ne règlent pas le problème. On sait par exemple que le sujet consommant du light a tendance à ingérer de plus grandes quantités. Du coup, résultat nul.

De fait, l’obésité est un phénomène en aggravation, et frappe des populations de plus en plus jeunes.

Les origines du surpoids chronique sont nombreuses : hérédité, environnement psychoaffectif et socioculturel (en Afrique, les rondeurs sont encore signe de prospérité et de bonne santé), désordres métaboliques (grossesse, ménopause, diabète gras), origine médicamenteuse (estrogènes, benzodiazépines), prise de poids à l’arrêt du tabac. Globalement on peut dire qu’il existe chez ces personnes une perturbation entre sorties et entrées énergétiques avec positivation chronique des entrées, et ce phénomène se manifeste par une surcharge pondérale. Une enquête alimentaire récente concernant l’obésité n’a décelé que quinze à vingt pour cent d’hyperphages (ils mangent trop). Cependant, globalement, leur appétence semble hélas plus axée sur graisses et sucres.

La prise en charge du surpoids est forcément pluridisciplinaire, impliquant un endocrinologue, un médecin nutritionniste ou une diététicienne, un psychologue, parfois un cardiologue (du fait des risques d’hypertension, ou d’insuffisance coronarienne), un rhumatologue (effet délétère du surpoids chronique sur le squelette, en particulier sur les genoux) et de plus en plus fréquemment un kiné, car c’est ici que se situent la mise en œuvre du massage et du palper-rouler mécanique à visée thérapeutique, mais également esthétique, de la cellulite. Pour l’anecdote, ce terme est une originalité française. Un vilain mot démoralisateur inventé par Alquier et Pavot en 1920 pour définir un banal capiton de l’hypoderme (adipose oedémateuse). C’est une prétendue disgrâce physique qui est devenue source de profits parfois considérables, voire d’arnaques. Aujourd’hui les deux tiers des femmes à poids normal veulent maigrir.

Endermologie :
Au vu de ce qui précède, il est évident que la « bataille du maigrir intelligemment » ne peut se résumer à l’usage d’une machine, même si elle donne quelques bons résultats. Je veux évoquer ici ces appareils de mobilisation tissulaire par palper-rouler mécanique, qui sont de simples gadgets alors que la publicité les présente comme une solution miracle (Cellu M6, concept LPG). L’endermologie reproduit le palper-rouler avec effet de légère aspiration sur 5 mm de profondeur du tissu cellulaire sous-cutané. Cette forme de lipomassage peut conduire à l’élimination par voie urinaire de dérivés graisseux de surface, et trouve ainsi sa logique utilisation dans le domaine de l’esthétique.

L’usage du Cellu M6, concept LPG, est réservé exclusivement aux MK. De fait, ils en usent et en abusent parfois. Les résultats sont certes intéressants, puisque après quelques séances on constate avec régularité une atténuation des capitons, une diminution des volumes graisseux avec bonne résolution de l’effet « peau d’orange », une diminution de l’œdème de stase, une amélioration de la micro-circulation locale, et globalement un aspect plus ferme et lissé de la peau. Mais qu’en est-il sur le long terme ? Et puis surtout, toute cette graisse qui s’évacue dans le sang, est-ce bon pour la santé ? D’autant que l’effet yoyo contribue à renouveler souvent l’expérience.
L’endermologie trouve par contre ses indications dans le domaine sportif, aidant à lutter contre la fatigue d’origine métabolique, la courbature. C’est également utile en ce qui concerne certains tableaux d’accompagnement de maladies comme le lymphoedème du bras après cancer du sein, ou en orthopédie après opération du genou, ou pour traiter les cicatrices adhérentes et séquelles cutanées de brûlures.

Panties de sudation…
Les essais pseudo-scientifiques testant le panty de sudation ou les claquettes minceur, attestent un peu hâtivement des mêmes résultats, et le problème est là. Quand on veut prouver qu’un appareil ou qu’un médicament est efficace, on choisit les outils d’évaluation scientifiques qui ne risquent pas de compromettre le résultat. On ne triche pas, on ruse. La preuve.

Aucun traitement de la cellulite n’est définitif, et tout professionnel un tant soit peu informé, le sait !

Une parenthèse est à faire ici en ce qui concerne les abdos/fessiers, dont les coquettes sont très friandes pour lutter contre leur «petit bedon inesthétique». Pour tonifier ses abdos sans risques il est souhaitable de choisir une méthode sans danger de type hypopressive selon De Gasquet ou Caufriez (à documenter sur internet). Il s’agit de revenir à une rééducation physiologique, car les exercices habituellement pratiqués en salle de gym, surmènent le muscle transverse de l’abdomen et le périnée. On a les « barres de chocolat » avec en prime des fuites urinaires. La méthode hypopressive préconise un autograndissement précédant une inspiration en gonflant le ventre, suivi d’une expiration à ventre rentré. A pratiquer dans toutes les positions. Les efforts en inspiration sont les ennemis du périnée.

Nota :
Ce n’est parce qu’on est en soins esthétiques qu’il faut négliger son confort. Ainsi, quand on souffre de manière chronique du dos, attention à ne pas réveiller de vieilles douleurs en restant trop longtemps en position allongée ventral sur plan dur. Si on a mal au cou, il faut éviter qu’on vous positionne la tête trop en arrière, en hyperextension du cou (chez le coiffeur également). Il faut demander poliment à être bien installé.

Prochain billet : rééducation gynéco-obstétrique.

Nouvel épluchage de la presse grand public : « Mal de dos, des causes inattendues ! »

, 19:08

Dans un précédent billet, je critiquais un article paru dans Femme Actuelle. Aujourd’hui je me propose de féliciter ce magazine pour un autre papier, plutôt bien fait, publié dans leur numéro 1477, du 14 au 20 janvier 2013, et intitulé : « Mal de dos, des causes inattendues ! ». On peut certes souffrir du dos (ou d’une articulation quelconque) alors qu’il n’est pas l’agent causal. On parle alors de douleurs projetées. Le mal est causé par une souffrance à distance, de l’estomac par exemple comme cité dans l’article, ou de tout autre organe interne. L’un de mes patients avait régulièrement très mal aux reins (lombaires). Aussitôt qu’on lui a ôté la vésicule biliaire son problème a cessé.

Une souffrance du pancréas provoque une douleur en barre au milieu du dos ; une crise de colique hépatique, peut se manifester par une douleur élective de l’épaule droite.
En marge de ces tableaux, on pourrait également évoquer la carie dentaire non soignée, car alors le foyen bactérien peut migrer dans n’importe quelle articulation du corps, et faire croire à tort, à un rhumatisme. Le diagnostic est un art difficile !

On ne connaît que dans 5 % des cas la vraie cause d’une lombalgie banale (mal en bas du dos), le mal de dos le plus fréquent, ce qui doit rendre prudent le médecin consulté, d’autant qu’en faisant pratiquer une radio du dos, s’il repère de l’arthrose, il aura tendance à crier : « Euréka, j’ai trouvé ! », alors que l’arthrose n’est pas toujours douloureuse, loin de là. Sur les radios de sujets ayant une arthrose identique, il est impossible de distinguer celui qui souffre de celui qui ne souffre pas. C’est la plupart du temps le déconditionnement à l’effort qui est en cause. Quand on bouge les muscles répondent mal. Certains même sont « devenus fous », et restent durs, tendus, en permanence (trigger zones).

Comme il est indiqué dans l’article de Femme Actuelle, le surpoids agresse violemment genoux et hanche. Prétendre cependant que cela peut provoquer des douleurs de dos, est une conclusion un peu hâtive. Chez le sujet carré, trapu, le centre de gravité est plus près du sol que chez le longiligne (grand et mince). Le « trapu » est par voie de conséquence plus solide au sol, sur ses appuis. Ainsi, surmène-t-il moins son dos. D’autant qu’étant moins souple, il se contorsionne moins que le sujet mince. C’est au contraire quand la personne en surpoids chronique fait un régime qu’elle risque de souffrir du dos, parce que lorsqu’on maigrit, on perd autant de masse musculaire que de masse graisseuse.

Dans cet article, stress, déprime, sont aussi mis en cause : vrai !
Chez tout lombalgique chronique, il est prouvé que l’implication psychologique est constante. Mais souffre-t-on du dos parce qu’on est déprimé, ou bien est-ce la souffrance du dos qui nous déprime ? Qui de l’œuf, ou de la poule ?

Massage ou papouillothérapie ?

, 10:56

Massage ou papouillothérapie ?

Le massage permet d’activer la circulation locale, d’entretenir une bonne oxygénation tissulaire, son action est décontracturante ou au contraire stimulante, discrètement anti-inflammatoire, hélas sa réelle efficacité en tant que méthode de soin à part entière n’est pas prouvée.

En Espagne, « los massajes » ne sont pas l’exclusivité des fisioterapeutas, mais dans l’hexagone il reste encore l’apanage des MK, qu’il soit à visée médicale ou de confort, sauf que les esthéticiennes par la loi du 13 juillet 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises, ont obtenu « le modelage esthétique de confort sans finalité médicale (article 38) ». On joue sur les mots ! Concrètement les MK ont perdu une bataille en attendant de perdre la guerre. Quelque part, c’était prévisible, du fait d’une perte d’intérêt de la profession pour cette modalité thérapeutique emblématique, devenue trop souvent une ‘papouillothérapie’ sans âme, et peu à peu délaissée au profit d’une mécanisation à tout crin. Il est certes plus rentable et moins fatigant de brancher sur machine quatre ou six patients tous les quart d’heure ! Une minorité d’irréductibles gaulois, des « masseurthérapix », continue de cultiver cet art millénaire, et il faut s’en réjouir. La majorité des français (75%) pense que le massage est affaire de professionnels et qu’il doit être réservé aux kinés.

Les massages à la mode sont le shantala et l’ayurvédique indiens, le massage du Kerala, le do in et le tuina chinois, le shiatsu, le reiki japonais.

Qu’est-ce qui différencie radicalement ces modalités de toucher les unes des autres, alors que si on y regarde de plus près on s’aperçoit qu’il n’y a pas trente six manières de faire. C’est un contact « mains contre peau », une pression plus ou moins forte, une relation plus ou moins intime, puisque le toucher est intimité. C’est tout. Qu’est ce qui fait qu’on est plus attiré par une forme de massage plutôt que par une autre ? Affaire individuelle. On préfère telle méthode plutôt que telle autre parce que notre imprégnation socio-culturelle, notre environnement, déterminent nos choix.



Certaines techniques cherchent à percevoir le mal enfoui au plus profond du soma (la matière) par « palpation-diagnostic » comme la biokinergie, laquelle (prétend-elle) dénoue les tensions musculaires de l’organisme appelées « enroulements tissulaires spiralés » à l’origine (disent-ils) du déséquilibre du système énergétique. D’autres, comme le massage enseigné en école de kiné, sont à simple visée symptomatique (on a mal là, on masse là, alors que souvent la vraie cause est profonde, lointaine). Les manières de masser européennes sont volontiers « techno-logiques », c’est à dire qu’elles s’imposent une rigueur basée sur nos connaissances de la physiologie du corps humain. Les manières africaines quant-à elles, tendent à forger autant le caractère que le corps : le massage doit éduquer, préparer à une vie d’homme (ou de femme). Les manières orientales se préoccupent de l’énergie vitale qui parcourt notre corps au travers d’un réseau de canaux invisibles (les méridiens d’acupuncture) ; elles sont volontiers préventives, et se doivent d’éviter avant tout la maladie. Le principe ayurvédique, d’origine indienne, agit par polarités afin de dénouer l’énergie bloquée dans les chakras (centres énergétiques du corps).

C’est une thérapie énergétique.

Tant qu’on est dans le domaine du modelage de confort, on peut tolérer des théories fantaisistes, mais à partir du moment où on aborde la maladie, c’est terminé. Pour donner un exemple, il ne suffit pas d’être étiqueté masseur, pour être capable de traiter correctement un lymphoedème après chirurgie sur cancer du sein. Il faut être initié au drainage lymphatique inventé par Vodder dans les années mille neuf cent vingt. Hélas, j’ai vu bon nombre de spécialistes en drainage lymphatique, abandonner cette pratique du fait qu’elle est épuisante et surmène à la longue le dos du pratiquant.



Masser en choisissant une posture de confort pour son patient :

Quand on masse le dos de quelqu’un qui en souffre, il faut qu’il soit confortablement installé. Installé sur le ventre, par exemple, on n’est pas à l’aise. Il y a de fort confortables sièges de massages.



Se masser la plante du pied est-il efficace ?



Prétendre soigner un organe malade en se massant certains points du revêtement cutané, s’appelle la réflexologie. La peau est une « carte Michelin de la santé » qui reflète toutes les parties du corps. On trouve une complète cartographie sur : crâne, pavillon de l’oreille, paume des mains, dos, cloisons nasales, plantes des pieds, iris de l’œil. Est-ce que l’on peut pour autant guérir de quoi que ce soit en agissant de la sorte ? Sérieusement non ! Tout au plus peut-on espérer un soulagement temporaire. Ca peut aider à prendre moins de médicaments, et rien que pour ça, c’est bien.



Les pommades : leur intérêt réel ou supposé ?



En cas d’effort sportif il est rassurant de masser en usant d’huiles essentielles de capscicine, de romarin, de gingembre, de ravensare. L’arnica lutte contre les coups. Effet thérapeutique très-très réduit. Quant aux crèmes amincissantes, si les meilleures d’entre elles permettent une diminution des périmètres anthropométriques (jusqu’à deux centimètres de tour de cuisses), c’est essentiellement parce que les client(e)s font parallèlement des efforts pour garantir la réussite de ce challenge qu’est l’affinement de la silhouette (activité physique majorée, petit régime adapté). Les tests d’efficacité de ces produits devraient sérieusement prendre en compte ces paramètres là et non se contenter de mesurer les tours de taille et de cuisses.



Le palper-rouler mécanique.



La vogue de l’endermologie est indiscutable. Il s’agit, sans douleurs, de solutionner les transformations pathologiques du tissu conjonctif en service de cancérologie (pour traiter le lymphoedème), en post-chirurgie, auprès des grands brûlés, en usant d'appareils LPG ou Cellusculpts. Ils luttent efficacement contre œdème, cicatrice, fibrose.

Mais quand il s’agit, comme c’est le cas dans bon nombre de cabinets de Kinésithérapie, de désagréger la cellulite au prix du caviar (entre soixante et cent vingt euros la séance !), de vidanger les adipocytes (cellules graisseuses), il y a arnaque si le patient n'est pas clairement informé des limites du traitement. Bien que le bénéfice soit réel après quelques séances, l’adipocyte (cellule graisseuse) est toujours là, actif et prêt à se gorger de nouveau de graisse au moindre nouvel excès alimentaire. C’est un sac capable au gré des régimes, d’augmenter ou de réduire de quarante fois sa taille initiale.

Chaussures, semelles qui font maigrir et soulagent les maux de dos

, 10:12

Chaussures, semelles, qui font maigrir et/ou soulagent les maux de dos : mensonge !

Les plus connues de ces « claquettes tonifiantes » surélèvent l’avant-pied. La pub qui les vante précise : « à chaque pas vous mincissez. Elles tonifient et sculptent naturellement les jambes. Les muscles se remettent à travailler, chassant les amas graisseux installés des fesses aux chevilles ! » De qui se moque t’on ? Quand on connaît l'incrustation tenace de la cellulite, comment peut-on se laisser abuser ?

En pharmacie, l’argument est encore plus percutant : « Ces semelles corrigeraient le positionnement du bassin, et seraient donc bénéfiques pour le dos ! » Quel argument scientifique sous-tend cet argument ? Qui a dit qu’il fallait systématiquement corriger cette bascule avant ou arrière du bassin sans examen médical préalable, d’autant que lorsque la lordose lombaire s’efface, la surcharge lombo-sacrée augmente, ce qui favorise les douleurs. Autre argument encore plus percutant : ces sandalettes ont une forme standardisée, l’inclinaison de la semelle est identique pour tous, or nous sommes tous différents, il n’y a pas d’un individu à l’autre, deux pieds, deux charpentes osseuses, semblables. Nous n’avons pas tous la même cambrure des reins. Certains sont trop cambrés, d’autres pas assez. Donc une même forme de semelles ne peut convenir à tous !

Par ailleurs l’insuffisance veineuse est une vraie maladie qui ne se contente pas de claquettes pour se voir améliorée. Des jambes bourrées de varices et d’œdème, n’y trouveront pas leur compte. Pour être éliminée de façon satisfaisante, la graisse à besoin de vaisseaux sanguins en bon état.

Quant aux causes du surpoids chronique, elles sont trop complexes pour être solutionnées ainsi. D’ailleurs les images de pub vantant ces produits ne montrent que de jolies jambes qui n’ont pas besoin de modifications. Présenter des jambes pleines de cellulite et de varices, ne serait pas vendeur !

En cas de « valgus éversion du pied », c’est à dire d’un pied plat effondré avec excès d’appui sur l’arche interne, les « claquettes tonifiantes » vont aggraver le tableau avec des conséquences néfastes sur les genoux et le dos (surtout le dos !). Un bilan morphostatique doit être entrepris par un médecin, qui déterminera la « tendance gravitaire du sujet », l’adaptation de sa charpente osseuse à la pesanteur, ainsi que les proportions du bassin, car certaines dysharmonies corporelles en dépendent et ne peuvent hélas être corrigées.

Par ailleurs il ne faudra pas confondre culotte de cheval et large diamètre osseux intertrochantérien. Pour être caricatural : « On a de gros os ».

Tout au plus des « claquettes tonifiantes » facilitent-elles le retour veineux en sollicitant d’avantage les muscles du mollet. En cas de varices avérées, elles ne remplaceront jamais une bonne paire de bas de contention.



En cas en cas de troubles circulatoires, de jambes lourdes, il importe de pratiquer des exercices tonifiants associés, si besoin, à des manœuvres de drainage veino-lymphatique.