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Rééducation en Rhumatologie

, 21:25

(suite du billet : Rééducation gériatrique)

La plupart du temps non seulement les médicaments ne guérissent pas, mais ils apportent un lot impressionnant d’atteintes bien plus graves, cardio-respiratoires, ou digestives. Souvenons-nous du Vioxx, qu’on a interdit après quelques accidents gravissimes !
Ainsi ostéopathie, kinésithérapie, ergothérapie, cures thermales, occupent-elles une place essentielle dans la prise en charge de ces pathologies.
Il y a d’un côté les atteintes ostéoarticulaires dégénératives qui concernent l’usure prématurée et le vieillissement, de l’autre les affections inflammatoires dont les principales sont la PR (polyarthrite rhumatoïde), et la SPA (spondylarthrite ankylosante).

En France, la première cause de ce type de consultation est le dos (j’ai écrit plusieurs billets sur le sujet, ainsi que des livres. Les consulter), la deuxième l’épaule douloureuse simple. L’arthrose est devenue le problème de santé «number one», en occident.
Nota : Les cellules graisseuses produisent certaines protéines (adipocitokines) qui favorisent l’arthrose ou déclenchent aisément une crise articulaire aiguë. C’est pourquoi les personnes en surpoids chronique peuvent souffrir sans autre raison (faux mouvement, portage de charges lourdes).

Coxarthrose :

La coxarthrose est une affections articulaire destructrice fréquente au grand âge, et conduisant à la prothèse (PTH). L’obésité a peu d’impact sur cette maladie mais influe sur la gonarthrose (arthrose du genou). Il faut noter les atouts de la voie chirurgicale mini-invasive, avec abord musculaire limité, qui permet d’éviter les risques de luxation.
Le traitement kiné débute par un enseignement des gestes luxants à éviter. Il faut autonomiser le patient le plus vite possible. Sont pratiqués : exercices visant au renforcement du quadriceps (muscle du devant de la cuisse) et des stabilisateurs de hanche (moyen fessier), réapprentisssage à la marche, exercices en piscine. Il faut également renforcer l’équilibre.

Gonarthrose :

L’arthroplastie de genou (PTG), nécessite une mobilisation précoce de la rotule, une récupération toute aussi précoce des amplitudes articulaires en même temps que de la fonction. C’est à dire une flexion à 90°, et une extension complète sans flessum (le genou ne parvient pas à se tendre complètement). Il faut aussi obtenir un bon verrouillage du genou, lutter contre les troubles thrombo-emboliques (phlébite), éviter la boiterie à la marche, ainsi que les déficits musculaires, articulaires et fonctionnels.
L’arthrose de la main quant à elle nécessite souvent, en période de poussée, le port d’une orthèse de repos. Pour plus d’infos sur ces pathologies, ainsi que sur les affections inflammatoires, se référer à mon livre : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »



L’épaule douloureuse simple : généralités.

Neuf fois sur dix, il s’agit d’une lésion de la coiffe des rotateurs (les tendons des muscles qui font bouger l’épaule). Trop souvent le médecin diagnostique fièrement d’emblée une tendinite du biceps, alors que ce n’est qu’un simple symptôme présent dans quatre vingt dix pour cent des cas. En cas de tendinopathies de la coiffe, le problème relève d’un défaut de cinématique (mouvements). La tête de l’humérus (l’os du bras) n’est pas bien centrée dans sa cavité articulaire. Il sera donc inutile de « papouiller, massoter, ultrasoner » si on ne tente pas de faire en sorte qu’elle se repositionne bien.

Aucune méthode rééducative n’a démontré son efficacité par rapport aux autres, mais il y a des principes généraux. Le MK (Masseur-Kiné) doit traiter cou et omoplates. Il importe d’atténuer la douleur en récupérant une meilleure fonctionnalité de l’épaule. Cela se pratique en travaillant la « cinématique » de celle-ci, à sec et/ou en bassin. Il s’agit d’exploiter les capacités fonctionnelles restantes par des mobilisations appropriées, des exercices gymniques et respiratoires. Il faut également corriger les gestes à risques (recherche des voies de passage). Un massage décontracturant est agréablement perçu par le patient, souvent réclamé, mais insuffisant. Le froid (cryothérapie) est un autre grand classique. Une séance d’une demi-heure est un minimum.

En cas d’épaule gelée (quand elle est bloquée et que la plupart des mouvements deviennent difficiles ou impossibles), la rééducation use en plus d’étirements localisés ( manœuvres de Mennel ou normotensives).

La rééducation sur tendinite : généralités.

Les tendinopathies (tendinites) ne sont pas l’apanage exclusif du sportif, loin s’en faut.
D’une manière générale et après un période de mise au repos, le traitement rééducatif comprend un travail musculaire de type Stanish (pour en savoir plus : internet), une rééducation sensori-motrice (propioceptive), un réajustement des équilibres musculaires, ainsi que des techniques visant à faciliter la cicatrisation ou à diminuer la douleur. Les ultrasons sont peu efficaces (étude randomisée conduite par AP D’Vaz et al - Cambridge - par rapport aux AINS, de l’infiltration ou du placebo.)

prochain billet : Rééducation de l’urgence

Scoop : une bactérie responsable du mal de dos ?

, 06:13

Faut-il cesser d’incriminer l’usure ou le surmenage, quand on souffre du dos, puisqu’une bactérie en serait responsable ? Il s’agirait de celle de l’acné juvénile.

Notre dos serait donc un éternel adolescent !

Il s’agit d’une bactérie anaérobie profonde de la peau : propionibacterium Acnes. Connue surtout pour sa nuisance dans les atteintes ostéo-articulaires au niveau des épaules.

Une « saleté » ! Pour donner un exemple concret, dans un Hôpital de Picardie, il y a six ans, un patient muni d’une prothèse d’épaule était infecté. On a dû lui changer sa prothèse, et l’on a eu un mal fou à se débarrasser de cette « foutue » bactérie. Nous la connaissons donc depuis longtemps. On ne vient pas de la découvrir.

Le « scoop » maintenant : 61 patients en attente d’une intervention chirurgicale pour hernie discale, ont reçu durant 100 jours un traitement antibiotique. Rapidement 80 % de leurs douleurs ont disparu. Au bout d’un an de traitement, moins de 20 % d’entre eux se plaignaient encore de leur dos.

Que faut-il penser de cette information ?

D’abord, le positif. Mieux vaut se soigner avec des antibiotiques, que se faire opérer. Les conséquences d’une chirurgie intempestive, mal ciblée, sont catastrophiques. J’ai mainte fois évoqué le problème, preuves à l’appui dans ce blog, ou dans mes livres. Idem pour les traitements médicaux classiques, souvent trop lourds, peu efficaces, dévastateurs pour l’organisme.

100 jours d’antibiotiques, c’est le très lourd traitement préconisé (ça « flingue » le système immunitaire) quand on est infecté, en effet, par une bactérie. Par exemple, dans le cadre d’une affection nosocomiale. Hélas, on n’a pas le choix.

Seulement, on sait avec certitude que la bactérie de l’acné, n’est pas responsable dans tous les cas de mal de dos commun. Loin de là (le Modic est à prendre en compte). Comment savoir ? En faisant une ponction ? Pas simple. Des problèmes de diagnostic restent en suspend. On peut accidentellement « écraser » son disque intervertébral, endommager ses vertèbres. La station assise prolongée est une autre réelle nuisance. Si l’on est sédentaire, réfractaire au moindre effort, pareil. Notre musculature doit être en permanence travaillée pour « gainer » notre dos, le protéger. Sinon, il souffre. Avec ou sans bactérie.

Et puis il y a le psychisme. Lorsqu’« on en a plein le dos », ça fait mal ! Les « chroniques » ont des problèmes de gestion de leur équilibre à régler (se référer sur ce blog, aux billets précédemment publiés : « Posturo-logique. Equilibre », «Mal de dos : les méthodes qui marchent… ou qui ne marchent pas»).

Attention aux informations faussement spectaculaires !

Ci-dessous, un des arguments scientifiques de ce billet :

Spondylodiscitis due to Propionibacterium acnes. Case report and review of the literature]. Article in French

Hammann C, Dudler J, Gaumann U, Landry M, Gerster JC.

Service de rhumatologie, médecine physique et réhabilitation, CHUV, Lausanne.

Abstract

Propionibacterium acnes, a gram positive anaerobic organism, is a component of normal skin flora. It can exceptionally be a source of osteoarticular infection (osteitis, arthritis, spondylodiscitis). We report a case of Propionibacterium acnes spondylodiscitis following lumbar puncture. This observation should alert the clinician to the fact that Propionibacterium acnes may rarely cause spondylodiscitis and lumbar pain, and should be considered a causative agent of bone infections after local procedures.

PMID: 10546305 PubMed - indexed for MEDLINE

Mal de dos : vérités et mensonges - 180 mensonges qui empêchent de guérir

, 08:34

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Mal de dos : vérités et mensonges - 180 mensonges qui empêchent de guérir (commander ce livre sur fnac.com)

"Un spécialiste lance un pavé dans la mare, un coup de gueule dénonçant les mensonges qui accompagnent depuis des décennies le mal de dos commun. Si on ne guérit pas, si on traîne d'un spécialiste à l'autre, c'est à cause de ces mensonges qui rendent les traitements peu efficaces. Alors, pour en sortir, il était temps de faire le ménage ! Ce livre, basé sur les écrits scientifiques les plus pertinents, répertorie les 180 mensonges qui bloquent la guérison ; il propose de nouvelles voies thérapeutiques. • A chaque mensonge dénoncé, une solution pratique proposée • Arthrose, scoliose, rhumatismes, lombalgies, ostéoporose... : comment se soulager et opter pour les bonnes postures ? • Quand faut-il envisager une opération ? • Cas particuliers : le dos de l'enfant et de la femme enceinte • De nombreux exercices efficaces illustrés à pratiquer au quotidien. Un livre pour mieux comprendre et agir."