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Scoliose idiopathique de l’enfant : La recherche en nets progrès, la rééducation à la traîne... Pourquoi de telles affirmations ?

, 06:39

A l’occasion du quinzième anniversaire de la Fondation Yves Cotrel, le 3 décembre 2016, des équipes médicales du monde entier se sont réunies à la Fondation Del Duca (Paris) pour évoquer les dernières découvertes relatives à la scoliose idiopathique. En cette occasion diverses origines ayant été démontrées, il ne faudrait donc plus l'appeler : « idiopathique », c’est-à-dire sans cause connue.
Sont démontrées, les origines :
- Génétique. Il y a programmation interne. A l'intérieur de certains de nos gênes l’horloge « scoliose » se déclenche, tic...tac..., notamment par surexpression du gène PCO5, une protéine fortement exprimée dans le mésencéphale, structure cérébrale impliquée dans la motricité involontaire (gestes inconscients), la régulation du tonus (état de tension musculaire qui nous permet de résister à la pesanteur et de ne pas nous écrouler sous son poids) et de la locomotion (notre capacité à bouger).
- Métabolique,
- Neurosensorielle,
- Ainsi que des altérations des organes de l’équilibre.


Par ailleurs existent d'autres troubles qu'il faut absolument prendre en compte :

La scoliose est par essence une maladie du système tonique postural. Les ceintures scapulaire et pelvienne (épaules et hanches), ont habituellement pour vocation d'absorber les contraintes posturales. Or en cas de scoliose elles ne le font plus correctement. Les ligaments sacro-pelviens qui permettent au sacrum d'être solidaire des os iliaques et ainsi de transférer le poids du tronc sur les jambes, deviennent vulnérables et démissionnent parfois. En elle-même, la scoliose augmente les contraintes supportées par les articulations sacro-iliaques. Les restrictions articulaires sus-jacentes dues au port du corset, l'affectent aussi clairement. Le genou quant à lui est un valet soumis à deux maître : la hanche (il dépend de de l’orientation du bassin), et le pied. Il est également étroitement dépendant du creux des reins (lordose lombaire). Un genu-valgum (jambes en X) procède par exemple d'une accentuation de la lordose lombaire (creux des reins), un genu-varum (jambes arquées), d’une diminution de lordose lombaire. Puis, les muscles internes de la cuisse (la patte d'oie) gèrent la stabilité de l'os iliaque (grand os de la hanche) par rapport au tibia. Le pied s'adapte comme il le peut, au risque de déformations diverses.

Des troubles de la marche et/ou du port de la tête (sous dépendance de moelle épinière-cortex cérébral, oreille interne, propioceptivité) se rencontrent également chez l'enfant scoliotique. Si de surcroît celui-ci est myope, peuvent survenir des troubles du positionnement de la tête, ce défaut postural ayant une incidence sur la colonne vertébrale du haut jusqu'en bas. Même un léger défaut de convergence oculaire peut provoquer un déséquilibre musculaire avec bascule et rotation des épaules et du bassin. Rappelons-le, vue et oreille interne sont intimement liés aux muscles du cou par des connexions neuronales.

Relativement à la loi de Delpech, un enfant grandit de manière alternative : tantôt une jambe, tantôt l'autre. Une inégalité légère de longueur des membres inférieure est donc normale. Mais si un capteur perturbé modifie la position du centre de gravité (vue, oreille interne et propioception. La propioception étant ce qui fait qu'on perçoit son corps de manière intuitive sans avoir à réfléchir, avec pour articulations les plus impliquées : chevilles et hanches), un membre inférieur est alors plus sollicité et sa croissance ralentit. Elle devient la jambe courte ce qui déporte l'appui de l'autre côté. Il importe donc de prendre en considération et de corriger vue et équilibre.

Mode de déglutition :

Par ailleurs un enfant souffrant d'une scoliose n'est-il pas resté en mode de déglutition infantile ? Le test visant à déceler une déglutition atypique, consiste à faire déglutir l’enfant dents serrées et lèvres jointes. S’il y parvient aisément, il n’y a pas de trouble. A la naissance la déglutition est une succion déglutition. Sa persistance après l'âge de 5-6 ans est appelée « déglutition primaire ». Entre perte des premières incisives et apparition des dents permanentes existe une béance antérieure, dans laquelle l'enfant peut insérer sa langue pendant la déglutition. Un manque de contact entre dents antagonistes entraîne un défaut propioceptif (les mécanorecepteurs ligamentaires du parodonte sont mal stimulés), des malformations faciales et une dysfonction dans la maturation des comportements réflexes concernant bouche et posture de la tête par mauvaise stimulation des dents, jusqu’à induire une déformation rachidienne (du dos).

Mesurer la scoliose :

Jusqu'à 10°, les scolioses s'aggravent rarement, il suffit de les surveiller. A 2O° elles s'aggravent dans 50 à 80° des cas, systématiquement au-delà. Pourtant certaines scolioses évoluées non détectées, ne se manifestent que par un dommage esthétique, et les douleurs ou complications orthopédiques à l'âge adulte ne sont pas plus fréquentes statistiquement que pour le reste de la population.

La prise en charge médicale devrait relever d'une équipe multidisciplinaire, au cas par cas, ce qui n'est pas une option largement répandue actuellement. En ce qui concerne le médecin, et je cite (Sur internet : FUTURASANTE » Scoliose : les signes cliniques chez l'enfant ». J.C de Mauroy de Curlière de Castelnau Médecin scoliologue) : « Mieux vaudrait avouer au patient son ignorance quant au risque évolutif, d'où nécessité de contrôles rapprochés. Le risque de faire porter un corset inutilement doit être également évoqué. »

Le corset :
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En 1929, Cannon exposait sa théorie de l’homéostasie. Elle peut se traduire par cette formule : « Un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales tend à produire des réponses adaptatives ». Le paraphrasant, je dirai qu'un organisme vivant subissant une forte contrainte extérieure (comme il en est du corset véritable exo-squelette) tend à produire des réponses adaptatives qui lui sont parfois préjudiciables. Le corset inhibe le système neuromusculaire. S'y associe une dystonie neurovégétative, il y a surstimulation du système orthosympathique en raison de l'anxiété permanente générée par le « handicap scoliose ». Une dystonie fonctionnelle (ou dysautonomie) se surajoute à la maladie lésionnelle.

La prescription d’un corset dépend de l’évolutivité de la scoliose plus que de son angulation, mais classiquement la décision est prise dès 15 - 20°. Celui-ci n’a pas pour but de
diminuer la scoliose mais d’en limiter l’aggravation. Cette décision permet hélas à trop de prescripteurs « d’ouvrir le parapluie ». Ils proposent une réponse toute trouvée sans réfléchir au-delà. L'usage du corset rigide est fortement critiqué dans certains pays et plusieurs études ont démontré qu’il y a une faible qualité de preuves en faveur de leur utilisation (Negrini S, Minozzi S, Bettany-Saltikov J, Zaina F, Chockalingam N, Grivas TB et al. Braces for idiopathic scoliosis in adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, issue 1. Art. No. : CD006850. DOI.). Cela rend toute généralisation systématique de son utilisation par simple commodité intellectuelle difficilement recevable. On estime par ailleurs à 30 % le nombre des enfants qui abandonnent très vite ce carcan, tant les contraintes physiques et esthétiques sont lourdes ; sans parler des douleurs engendrées.

En plus du préjudice physique en pleine période de construction du « Moi », il semblerait « normal » que l’enfant souffre ? Non ! Il serait opportun de proposer des patchs enduits de crème emla, afin d'apporter un minimum de soulagement.
30 % des sujets sous corsets s’aggravent quand même de manière notable, cela étant principalement dû à non observance des règles imposées, notamment la durée quotidienne du port.
Le corset modifie radicalement la donne. Pas forcément en bien. Il fait le dos plat et affaiblit la musculature, notamment abdominale et lombaire. Le système neuromusculaire est inhibé. Le diaphragme (muscle de l’inspiration) est en dysfonction du fait de la scoliose mais aussi de par la compression du corset. D'où impact sur le système respiratoire. Le corps en pleine croissance cherche une échappatoire et la trouve en déformations diverses au niveau du bassin (le support du corset) et des membres inférieurs,. Chez les filles qui forment majoritairement le contingent des scoliotiques, quelle incidence de ces éventuelles déformations de leur bassin sur leurs futures grossesses ?
En se référant aux cartilages de croissance de la hanche (le cartilage en Y est le premier à se fermer au moment de la puberté), ceux-ci sont forcément impactés défavorablement de par la pression du corset, surtout si la scoliose flambe tôt, l'âge de démarrage de la puberté connaissant de grandes variantes d'âge d'un sujet à l'autre.
Le genou est étroitement dépendant de la hanche et de la lordose lombaire (creux des reins). Un genu-valgum (genoux en X) procède par exemple d'une accentuation de celle-ci, un genu-varum (jambes arquées) du contraire. Le poids ainsi que la rigidité du corset vont accentuer cette déformation, d'où l'importance de vérifier les membres inférieurs (une surveillance qui ne doit pas faiblir dès sevrage du corset, car le corps se retrouvant sans carapace le centre de gravité va se déplacer, les contraintes corporelles se modifier, et les membres inférieurs de nouveau trinquer), ce qui préoccupe bien peu de médecins. S'il offre une hypothétique stabilisation des courbures, cet effet correcteur cesse dès sevrage du corset. Il arrive en effet qu'on observe un retour à un degré sensiblement identique à l'angle de début du traitement orthopédique. La programmation génétique de la scoliose, c'est à dire la petite horloge interne : tic...tac... tic...tac..., réagit aussitôt que le corset est ôté et se venge. Un exemple à l'appui de cette assertion. On a très longtemps rééduqué les pieds varus équin des bébés par bandage hyper-correcteur, avant de se rendre compte qu'on obtenait un résultat décevant. Pourquoi ? Le bébé lutte contre cette contrainte de toutes ses forces (et il a beaucoup de forces dans les pieds), ce qui a pour effet de renforcer les muscles allant dans le sens de la déviation.

Pour autant peut-on se passer aujourd'hui du corset ? Sûrement pas ! Car rien ne le remplace à même niveau d'efficacité (même relative) et parce que la rééducation est en échec (consulter mes autres billets sur ce blog à son sujet).

Les orthopédistes qui font du « rigide » comme CTM, 3D, ne se remettent pas aisément en question et proposent le même modèle durant des décennies, alors que chaque dos mérite un corset différent. Il serait par exemple souhaitable de s'intéresser d'avantage aux corsets dynamiques. Il y a SpineCor qui se base sur l’application d’un mouvement correcteur, Olympe pour les scolioses adolescentes évolutives souples de 15 à 25°, et le Toilé de Saint-Etienne pour les lombaires ou dorso-lombaires.

La chirurgie

Elle n’est réservée qu’aux cas extrêmes. Au-delà de 40 – 50°.

Rééducation gymnique

Parce que la rééducation consiste en exercices et qu’il apparaît impossible de réaliser une action thérapeutique ciblée à un étage vertébral près, elle est parfaitement inefficace. L’effet correcteur du mouvement ne dure que le temps de sa réalisation et ne se prolonge pas dans le temps. Quand il y a une zone raide, bloquée (il y a aussi des scolioses souples), lors des exercices soi-disant assouplissants, que va-t-il se passer ? La portion souple sera hypersollicitée alors que la zone raide restera bloquée (consulter à ce sujet mon billet du 10/01 /16. « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace! »). Ensuite comment peut-on continuer d’accréditer la thèse selon laquelle un dos vrillant dans un sens, il suffit de faire un exercice en sens opposé pour contrebalancer le phénomène ? Aussitôt les exercices terminés la petite horloge interne (la génétique) qui programme la déviation de la colonne … tic…tac, se remet en marche.. tic... tac....

Par contre l'enfant scoliotique doit continuer le sport à l'école (une pratique non agressive. Éviter le risque de chute, de coups, de microtraumatismes, acrosport, judo, rugby). Un autre courant rééducatif parle de « contractures » à l’origine des scolioses, qu’il suffirait de lever pour que tout aille bien. De qui se moque-t-on ? Les causes de la scoliose sont : génétique, métabolique, neurosensorielle avec troubles de l'équilibre. Un conflit mécanique rachidien induit une perturbation statique et dynamique. Au stade de déstabilisation segmentaire survient un travail musculaire chaotique. Les modifications musculaires apparaissent en premier, entraînant un dysfonctionnement musculaire qui conduit à la contracture. Si apparaissent des contractures chez le scoliotique, elles sont la conséquence de la déformation, non la cause. De plus la contracture est douloureuse, alors que la scoliose ne l'est pas en soi.

Mon projet thérapeutique

La complète modalité de mon approche thérapeutique fera l’objet d’un chapitre dans un livre pour professionnels de santé : « Traité de Normologie » actuellement en écriture. Je ne la décrirai donc ici qu’à gros traits.

Je ne prétends pas avoir trouvé la méthode miracle, mais la situation impose que nous réfléchissions d’urgence à une voie thérapeutique plus efficace. Je ne dis pas « je sais », je dis « je cherche ».

Tout d'abord chaque séance (deux par semaine) ne peut se satisfaire de la demi-heure « syndicale », tarifée 16,13 euros par la CPAM au kinésithérapeute conventionné. Il faut être généreux en temps passé avec nos chers enfants.

Conseils

Conseils de ménagement de l'appareil locomoteur dans les activités de la vie quotidienne. Conseils sportifs.

La respiration
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- Usage quotidien d'un appareil d’exercices volumétriques (respiratory fitness) surtout en cas de pectus excavatum. Sous corset la cage thoracique est comprimée, la respiration gênée, l'enfant scoliotique est aisément essoufflé (d’avantage si sa scoliose est thoracique). Modèle présenté : un voldyne.

Bas de contention

En cas de port d'un corset, ils sont utiles quand les jambes « gonflent », le corset exerçant une compression sur les gros troncs artério-veineux du haut des cuisses, ce qui peut provoquer une stase veineuse-lymphatique, donc un gonflement.

La thérapie Normotensive

Il s'agit d'une thérapie manuelle, comme l'ostéopathie, mais elle exclue les manipulations. Elle lève des tensions, débloque, rétablit l'ordre dans les fascias (notre squelette fibreux).

Traitement acupunctural d'appoint

Il s’agit d’agir essentiellement sur les points profonds, riches en capteurs propioceptifs.

Pour le grand Jarricot, le triple Réchauffeur semble répondre au parasympathique crânien, alors que Jenn-Mo répond aux parasympathiques, thoracique, abdominal et pelvien. Avec l’acéthylcholine comme médiateur chimique, le parasympathique, ou système vagal, contrôle les glandes. Il agit sur les sécrétions digestives, mobilise le tractus gastro-intestinal, ralentit les fonctions de l'organisme dans un but de conservation de l'énergie. Or la scoliose génère une dystonie neurovégétative avec hypersollicitation de l'orthosympathique. Il faut stimuler le parasympatique pour rééquilibrer.

Autres modalités

Élongations, renforcement de l'équilibre et de la propioception sont particulièrement ciblés à cause de la surexpression du gène PCO5 qui induit une dérégulation du tonus et des perturbations de la locomotion (notre capacité à bouger), ainsi qu'à cause des atteintes des voies de l'équilibre.
Une approche de ce versus rééducatif vous est présenté par Léane, notre coach sportif :

Le programme de Léane.


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A droite Léane montre du doigt une scoliose lombaire. A gauche, le même dos redressé quelques mois après, grâce à un traitement adapté.
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Sur un siège normal l'enfant s'avachit. Il doit s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon où sa musculature et son équilibre sont sollicités en permanence. En plus on peut faire tout plein d'exercices sympas avec.

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Exercice d’équilibre et d’assouplissement des hanches soumises à rude épreuve sous corset. Tenir la position cinq à six secondes. Changer de côté.

- Exercices sur plateau instable :

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Debout sur la planche oscillante les enfants ferment les yeux pour mieux travailler leur équilibre. Léane dit : « Faites rouler le skate d’avant en arrière tout en gardant le dos bien droit ! » Puis, changer de côté.

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Les enfants doivent faire tourner le cerceau en coordonnant bien leurs mouvements et en gardant les yeux fermés.

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Léane dit : « Tu bascules ton bassin d'avant en arrière en étirant bien ton dos et en soufflant ! ».

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Assouplissement du bassin soumis à rude épreuve sous corset. Léane dit : « Étire bien ton dos en soufflant profondément ! »

– Élongation vertébrale sur table inclinable :

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Léane place une balle en mousse sous la gibbosité du thorax (là où les côtes tournent), pour exercer une pression douce dessus pendant l'élongation qui va suivre.

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L'élongation (de dix à vingt minutes). Inclinaison de la table : 30°. Une serviette chaude est placée dans le dos de la jeune patiente. Un harnais fixé à des sandows tire sur le bassin. Très confortable, agréable, même.

– Exercices en bassin chauffé de rééducation (32°) :
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Élongation active du dos avec un élastique fixé aux chevilles et un balle de mousse dans le dos, comme précédemment. La patiente fléchit les coudes en tirant sur les poignées. Son corps est étiré. Elle tient la posture 5 secondes, puis relâche cinq secondes également. Durée totale : environ dix minutes.

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Travail de l'équilibre sur planche basculante. Les yeux fermés, il s'agit de faire plusieurs tours complets sur la planche.

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Mouvement régulier, monter puis descendre le tronc. Garder les jambes bien tendues. Cela étire les muscles postérieurs des jambes et beaucoup le dos.

Encore un article de presse sur le dos qui désinforme ou lieu d'informer !!!

, 15:54

Dans son numéro de janvier 2017 (N°838 BIS) et présenté en une de couverture, Sciences et Avenir publie un article sans science ni avenir.

Le titre en est : « Tout comprendre sur le mal de dos » . Il débute par ces mots : « Hernies discales, fractures, scolioses…. Les lombalgies, dont souffrent huit français sur dix, ont des causes multiples… Faut-il opérer ou non ? ».

A l’évidence le thème de l'article (en page dix) est la lombalgie commune ou la lombo-sciatique, mais le journaliste fait d'emblée une confusion. Le terme « lombalgie » signifie qu'on souffre du bas du dos, alors que hernies, fractures, scolioses concernent n'importe quel étage vertébral. Par ailleurs la scoliose la plus commune, la scoliose idiopathique des enfants, n’est pas en soi douloureuse. Elle ne provoque pas de lombalgie même située à l'étage lombaire.

Je cite :
« Face à un lumbago ou une sciatique (J'avais raison, l'article ne concerne que le bas du dos), le traitement classique suffit en général à soulager la douleur : du repos …/... et si la salutaire récupération – la position allongée -».
Il est malheureusement démontré que le repos au lit à peu d 'effet. Le lit amollit et provoque un déconditionnement neuromoteur.

Je cite encore :
« Le plus souvent le mal est localisé aux muscles .../... mais tout change si les disques intervertébraux souffrent ».
Même lorsque le disque intervertébral est touché, ce sont les muscles qui font mal. Les spécialistes incriminent aujourd'hui essentiellement les Trigger Points (lombalgies chroniques, aurions-nous tout faux ? O'Sullivan P. Its's time for change with the management of non-specific chronic low back pains. Br J Sports Med 2012;46:224-7). A consulter, en lien ci-dessus, mon billet sur ce blog qui en traite.

En cas de lombalgie commune non spécifique, même si la radio dévoile une grosse hernie, toute crise douloureuse relève de la loi du « tout ou rien » ; c'est à dire que la crise douloureuse est imputable soit aux apophyses articulaires postérieures, soit à la hernie. Puis on guérit de sa crise même si la hernie est toujours là. Par ailleurs bon nombre de personnes ont d'énormes hernies et n'en souffrent jamais. On les dit : « asymptomatiques ». Lorsque sont énoncés les principales causes d’une lombalgie commune, il faut avoir à l'esprit que l’on ne connaît la vraie cause que dans cinq pour cent des cas. Le diagnostic est la plupart du temps incertain.

Dans l'article, pas un mot sur les dévastateurs remaniements cérébraux accompagnant les douleurs chroniques (Bases neurtologiques des douleurs. Gwilym S et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after atrthroplasty. Arthritis Rheum 2010;62:2 9306-40).

En page 14 et dans un encadré intitulé : « S'y retrouver dans la jungle des praticiens », s'agissant de la kinésithérapie, il est dit : « Titulaire d'un diplôme d’État (3 ans) ». Or l’arrêté paru le 16 juin 2015 précise que le recrutement de toutes les écoles kiné à partir de la rentrée 2016-2017 se fera exclusivement par Paces (première année commune aux études de santé), Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), L1 Sciences. Par ailleurs, depuis la réforme de la rentrée 2015, la durée de la scolarité en IFMK (Institut de formation en Masso-Kinésithérapie) est passée de trois à quatre ans.

Plus bas, dans la même colonne, est seulement citée la Méthode Mézières, alors que la « grande Françoise » luttait contre la lordose (le creux des reins). L'unique méthode aujourd'hui officiellement validée et pratiquée par tous les kinés est la méthode McKenzie, qui fait travailler... en lordose... Pas un mot sur elle, curieux.

En ce qui concerne l'ostéopathie, est écrit: « Discipline exercée par des médecins et des kinés... la pratique s'est ouverte à des non-professionnels de santé depuis la loi Kouchner (2002) » Faux, archi-faux ! Apparue en France dans les années soixante grâce à des praticiens formés aux U.S.A ou au Royaume uni, Il y a toujours eu des ostéopathes non médecins, non kinés, de par le monde depuis que cette discipline a été créée par Still au dix neuvième siècle. Kouchner n'a fait que reconnaître cette pratique largement répandue dans l'hexagone.

A risque de devenir barbant, je vais arrêter là ma critique bien qu'il y ait encore beaucoup à dire.

J'ai 29 ans, une petite scoliose, puis-je pratiquer le yoga sans risque ?

, 17:16

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Posture « le guerrier ».

Mélanie, 29 ans, a une scoliose, parfois mal au dos, surtout le cou. Elle me demande si certaines postures du yoga comme : les « postures inversées », « la roue », celles qui obligent à se pencher en avant ou en arrière, les torsions, ne sont pas risquées.
Sans s’en rendre compte elle livre sa part de réponse en citant des asanas qui lui font spontanément peur.
Si malgré cela elle se met à pratiquer en se disant : « Je suis bête, trouillarde, bouge-toi ma fille, un peu d'audace que diable ! », elle va se blesser… Autopunition. Car à l’évidence, dans tout ce que nous entreprenons il importe que corps et esprit soient en accord.
Et quand le cou est fragile certaines postures du yoga risquent en effet de le surmener à l’excès. Par exemple, à chaque fois que l’on fait de grands mouvements de tête (flexion, extension, rotation). Car dès 30° de rotation l'artère vertébrale (qui irrigue le cerveau) est mise en tension. Au-delà on peut la léser sur un mouvement mal conduit, ou « se bloquer » les vertèbres.
D'ailleurs quand on recueille le témoignage de gens qui pratiquent régulièrement le yoga, tous disent que cela n'empêche pas lumbagos et torticolis, mais que les crises sont moins fréquentes, qu'ils se sentent plus souples, plus musclés, mieux dans leur peau.
Il faut bien avoir à l’esprit que le yoga n'est pas un sport mais une discipline impliquant le corps, les sens et le mental. Il ne se résume aucunement à quelques postures acrobatiques. Conception caricaturale ! Il date d'un temps reculé où le quotidien des humains était tout autre. On ne passait pas son temps assis dans sa voiture ou devant un ordinateur. On n'avait pas la même musculature et on vivait moins vieux. Alors qu'aujourd'hui bon nombre de passionnés de yoga sont des sédentaires et des seniors. Le contexte est différent, il faut en tenir compte.
Par ailleurs certain(e)s sportifs prétendent ne rien s'interdire. Qu'il suffit d'écouter son corps et de ne pas le contrarier pour que toute pratique soit cent pour cent bénéfique. Faux ! Malheureusement quand on souffre d'une scoliose depuis l'enfance, le cerveau finit par intégrer cette déformation comme une « norme personnelle acceptable ». Il s'y habitue et pour de ne pas s’embêter la met aux oubliettes. A cause de cela, si on décide de pratiquer une activité à risque de surmenage articulaire, avec une parfaite mauvaise foi le cerveau envoie un message du type : «Pas de problème, fais ce que tu veux. Fie-toi à moi, je contrôle la situation ! ». Ce qui est faux ! Pour y parvenir, il va accepter maintes compromissions avec l'équilibre, la pesanteur, les limites de ce qui est mécaniquement acceptable pour les articulations.
Il suffit de prendre l'exemple des personnes qui deviennent bossues en vieillissant. Quand on leur dit qu'il leur faut se redresser, que c'est mauvais pour le système cardio-pulmonaire et qu'elles risquent de chuter parce que ce positionnement du corps nuit à leur équilibre, elles répondent qu'ainsi voûtées elles n'ont pas mal et que si elles se redressent aussitôt les douleurs apparaissent. Elles sont résignées. Elles ne luttent plus contre leur handicap au risque de le payer un jour très cher.

Recommandations dans la pratique du yoga en cas de scoliose ou de problèmes de dos en général.

D’abord une petite précision : sur internet certains sites proposent : « Des postures de yoga pour assouplir une scoliose. » : mensonge !!! Aucune posture, aucun exercice ne peuvent l'assouplir (consulter mon billet sur ce blog du 10.01.2016). C’est une déformation génétiquement programmée et profondément inscrite dans la mémoire posturale.
Par ailleurs, on a constaté chez les adolescents scoliotiques une diminution globale de la force des extenseurs du tronc (muscles du dos), avec diminution plus nette en rotation vers le côté concave et cela ne s’arrange pas au fil des ans. Il faut donc ajouter à la pratique du yoga des exercices de renforcement musculaire symétriques à haute vélocité (rapides) et force maximale, en privilégiant le côté concave dans le sens de la flexion et de la rotation.
Il est conseillé de s'échauffer avant la séance, cardio-training par exemple. Puis il faut tenir compte de son état de santé, de son âge et de sa forme physique.
Stopper à la moindre douleur.

1 - Proscrire :
Dans tous les cas il faut éviter la recherche de la posture parfaite, comme sur les images. Proscrire d’emblée les grandes rotations de la tête et les torsions exagérées du tronc.
Ainsi : Sava Hita Asana ou élever le tronc. Dhanarasana « l'arc ». Sarva Hita Asana ou élever la tête. Sarva Hita Asana ou se pencher en avant jambes tendues. Utthitalolasana ou balancer le haut du corps. La roue, le chameau, sont moins risqués mais ne sont pas recommandés.

En posture inversée :

Tête au sol avec pieds en l'air.
Postures inversées à risque pour le cou : chandelle, charrue, petit pont, montagne.
Postures inversées à risque pour les lombaires : le pied à la lune. Le vase ouvert vers le haut.

2 - Asanas sans grand risque :

Kashyapasana, gomokhasana (tête de vache). Trikonasana (triangle). Sarva hita Asana ou flexion latérale assis jambes tendues. Meru Prishtahasana ou rotation du buste. Si on protège son cou en contractant bien ses muscles, les postures de yoga inversé : le corbeau dans sa variante tête au sol, le trident, sont acceptables.

3 - Bons Asanas :

Le lotus. Le chat sans creuser le cou. La torsion dans le cobra sans tourner la tête. Le pont. Ardha Matsyendrasana ou « torsion de la colonne ». Khatu Pranam ou « salutation à Khatu ». Le tigre ou Vyaghrasana en évitant de trop relever la tête. Sarva Hita Asanas : roulade sur le côté. Le lièvre, le rameur, le moulin.

(Liste non exhaustive).

En conclusion.
Le yoga n'évite pas les douleurs articulaires. Il ne redresse pas une scoliose ni ne l'assouplit. Cependant si vous avez envie de pratiquer ne vous en privez pas, en suivant toutefois mes conseils. Globalement disons que, pratiqué de manière raisonnable, le yoga fait du bien au corps et à l’esprit.

J'ai du mal à marcher tant j’ai de douleurs ! Le gainage dynamisant anti-douleurs GéO

, 09:25

Fibromyalgie, rhumatisme inflammatoire, handicap du grand âge, ostéoporose évoluée, maladie musculaire, mal de dos chronique, cyphose raide (on se voûte), scoliose, hanche (s) ou genou (x) douloureux en permanence !

Nombre de personnes se « traînent » plus qu'elles ne marchent, tant une ou plusieurs articulations portantes leur font mal au quotidien.
Ce gainage dynamisant dont j’ai eu l’idée voilà bien longtemps, a pour la première fois été décrit dans l'un de mes livres : « Mal de dos : vérités et mensonges ! » Éditions J. Lyon (2011). Il diminue très nettement la fatigue et les douleurs, partageant harmonieusement les efforts entre toutes les articulations du tronc et des membres inférieurs durant les activités quotidiennes. Ainsi, quand les épaules bougent, leur traction sur le bandage soulage les contraintes aux jambes.

Aucun risque de fonte musculaire, on ne se démuscle pas. Le recrutement par propioception des groupes musculaires antagonistes induit une synergie d'action.
Ce gainage est à porter par-dessus les sous-vêtements. Legging ou caleçon long pour éviter le contact direct avec la peau (transpiration, frottements).
La pose est aisée, elle ne nécessite aucune aide. Deux à trois minutes suffisent dès qu'on est habitué. A porter uniquement dans la journée, le plus longtemps possible (même en pratique sportive douce de loisir), jamais pour dormir.

Le matériau :

Élastique tissé plat de 60mm, appelé aussi « gros grain élastique » (vendu par rouleaux de 10m sur internet ou boutique spécialisée).
Cinq mètres de long environ pour un membre inférieur.
De six à huit mètres selon taille et corpulence pour un bandage remontant jusqu’à l’épaule opposée.
Nota : si les reins (lombaires) sont douloureux, utiliser une bande plus longue et faire deux ou trois tours autour en serrant sans trop comprimer l'abdomen.
La couleur est à choisir en fonction de la volonté de rendre le système invisible sous les vêtements.
Pour la fixation du bandage, opter plutôt pour des épingles de sûreté « bébé » qui ne s'ouvrent pas à l'improviste. En placer aux endroits où les bandes se croisent et tendent à glisser.

1 - Maintien partiel

Le bandage supplée à une insuffisance de verrouillage du genou et s'oppose à l'action de tiroir antérieur générée par la force de traction du quadriceps (puissant muscle du devant des cuisses). Il y a recrutement de la chaîne cinétique d'extension du membre inférieur avec effet protecteur sur le genou.

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Plier la bande en deux puis commencer par la plante du pied. Remonter jusqu'à la hanche en croisant. Bien tendre le bandage en permanence durant l'installation. Deux épingles à nourrice en assurent le maintien.

2 - Maintien complet

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Chaque bande est à remonter (en la tendant bien) jusqu’à l’épaule opposée (la droite pour un bandage débutant au pied gauche et inversement).

La scoliose (idiopathique) d’un enfant peut-elle s’aggraver parce qu’il est triste ? Autrement dit : le bon ou le mauvais moral influence-t-il le pronostic de la scoliose ?

, 07:44

C’est la question que m’a récemment posée une maman relativement à sa fille qui était instable émotionnellement à la suite d’une brouille avec sa meilleure amie, et parce qu’un podologue lui a dit que cela pouvait aggraver ses problèmes de dos.

Les mots mal digérés peuvent s’exprimer par des maux physiques, c’est vrai. Corps et esprit sont intimement liés et un coup de déprime peut bloquer le dos. On dit alors que c’est psychosomatique, c’est dans la tête, on « en a plein le dos ». Tout le monde le sait plus ou moins désormais. Pourtant rien ne prouve qu’une scoliose puisse s’aggraver brutalement parce qu’un enfant est triste en raison d’un événementiel traumatisant. D’ailleurs quand on n’a pas le même dos que ses copains et copines on a implicitement le moral atteint. De surcroît, si on est obligé de porter un corset alors qu’on aborde avec l’adolescence, l’âge de la coquetterie, c’est pire. Si l’on est différent cela blesse forcément, notamment à cause du regard parfois peu compatissant d’autrui.
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Il est également vrai que la posture associant une attitude introvertie est de mauvais pronostic pour la scoliose, surtout thoracique (l’enfant se referme sur lui-même, épaules enroulées, poitrine resserrée, avec, lorsqu’on le regarde de profil, le corps qui part en arrière). Alors qu’à l’inverse un enfant en attitude « d’ouverture », extraverti est de meilleur pronostic, (de profil il projette son corps vers l’avant avec les épaules bien en arrière). Si un enfant scoliotique est durablement déprimé, il se refermera sur lui-même, « refermera sa scoliose », sa posture sera davantage perturbée alors qu’il lui faut se corriger en permanence, se « booster », mobiliser toutes ses forces pour combattre sa déformation vertébrale.
En 1929, Cannon avait exposé sa théorie de l’homéostasie qui se traduit par cette formule : « un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales, tend à produire des réponses adaptatives ». En extrapolant on peut dire qu’un environnement stressant pousse une personne à réagir positivement… ou négativement. Et c’est l’élément qu’il faut prendre en compte. Face à l’adversité, il faut que l’enfant positive.
Il est démontré que les causes d’une scoliose idiopathique sont génétiques, hormonales et neurosensorielles (perturbation de la posture, de l’équilibre du corps et de sa perception dans l’espace). Dans ce tableau, le bon ou le mauvais moral perturbe uniquement la posture (la façon de se tenir) déjà grandement perturbée. Rien d'inquiétant si la rééducation est bien conduite, ce qui hélas est loin d’être systématique (voir les billets sur ce blog : « Scoliose de l’enfant » des 26.9.14/10.01.16/29.02.16).

En conclusion :

Une scoliose en elle-même suffit à plomber le moral, ce qui affecte le maintien global du corps. Y ajouter une peine de cœur, un problème familial, un souci scolaire, ne changera pas grand-chose. Un soutien psychologique s’impose de toute manière.

Additif :
Comme je viens de le préciser plus avant, il est démontré que les facteurs métaboliques interviennent dans la causalité et la progression de la scoliose idiopathique de l’adolescent. Ce sont les incrétines, hormones gasto-intestinales bien connues pour leur rôle stimulant dans la sécrétion de l’insuline, qui sont incriminées. Une thérapie nutritionnelle semble donc s’imposer. On « est » clairement ce que l’on mange.

Scoliose idiopathique de l'enfant : la science progresse à l'amble de ce que j'affirme et préconise en matière de rééducation !

, 08:39

Le 3 décembre 2015, lors d'un congrès parisien célébrant le 15 ème anniversaire de la Fondation Yves Cottrel, et dont le thème était : « Scoliose : la recherche à un tournant de son histoire ! », sujet ensuite repris dans le magazine « Le Point » du 03-12-2015, il a été dit qu'on a découvert un gène responsable de certaines formes familiales de scoliose idiopathiques (équipe du Professeur Ederly. CHU de Lyon). Il y aurait notamment mutation sur le gène 5 (et ce ne serait pas le seul à être impliqué), ce type de mutation favorisant le pronostic évolutif de la scoliose.

Quant au développement de cette déformation vertébrale à l'adolescence, outre le rôle de certains facteurs hormonaux (incrétines, estrogènes), est évoquée la voie neurosensorielle (équilibre du corps, sa perception dans l'espace ; symétrie droite-gauche), des anomalies de la propioception ainsi que des altérations de l'oreille interne ayant été mis en évidence.

Tout cela va dans le sens de ce que j'ai toujours affirmé et que je préconise dans ce blog. Au travers d'un premier billet d'abord, daté du 29-04-2014 : « Scoliose de l'enfant ! », puis, le 10-01-2016, sous le titre : « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace ! ».

Le livre à substratum scientifique sur lequel je travaille, mais qui ne sortira pas avant deux ou trois ans en librairie faute de temps pour m'y consacrer davantage, proposera une thérapeutique complète et parfaitement adaptée.

Dos rond enfants, adolescents. Le vrai, le faux, rééducation

, 12:57

Ce billet n'aborde pas le sujet des atteintes neurologiques, les malformations congénitales cyphotiques, les altérations graves du développement psycho-moteur s'accompagnant d'anomalies posturales, ou la spondylarthrite ankylosante dont la symptomatologie peut débuter avant l'âge de vingt ans.
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En l'occurrence, le défaut de posture souvent mineur au départ que les parents remarquent d'emblée chez leur enfant qui se tient « bossu » (attitude cyphotique), est caractérisé par sa réductibilité. C'est à dire qu'il se corrige d'emblée aisément .

Les complexes qui se trahissent parfois dans la façon qu'on a de mal se tenir, ou bien la poitrine qui commence à pointer ou qui se fait soudain trop lourde à porter, avec de surcroît le regard en coin de certains garçons, sont des facteurs aggravants. A la longue l'enfant cyphotique peut même développer des sentiments d'agressivité, de frustration, de repli sur soi, le conduisant à se réfugier dans un monde imaginaire. Dans ce cas, traiter efficacement son dos rond le sauvera plus sûrement qu'une psychothérapie.
Pourtant il y a d'emblée une erreur à ne pas commettre.
Répéter inlassablement : « Tiens toi droit ! » ne sert à rien parce qu'un enfant n'a pas notion de sa déformation, de même que ne vivant que dans le temps présent il ne mémorise pas ses douleurs et donc n'en fait pas tout un plat (il ne somatise pas comme l'adulte). Faites ce test : demandez-lui de se tenir debout redressé dans une attitude un peu militaire et de profil par rapport à un grand miroir, puis questionnez-le. A t-il l'impression d'être droit ? Même si son dos est en arc de cercle, il affirmera le plupart du temps se « sentir » droit. C'est pourquoi il convient plutôt de consulter un médecin habilité, puis un rééducateur posturologue, plutôt que de s'épuiser vainement en injonctions stériles et sources de conflits relationnels.

En phase prépubertaire l'attitude en dos rond compensant une cambrure très exagérée des reins (hyperlordose) est souvent due à une faiblesse abdominale et peut accompagner une spondylolyse, c'est à dire véritable fracture vertébrale sans déplacement osseux et déterminée par des contraintes mécaniques répétées.
Les cyphoses accentuées et hyperlordoses (cambrure des reins accentuée) liées à une hyperlaxité ligamentaire ou une faiblesse de la musculature postérieure, ainsi que celles qui correspondent à un défaut de famille (morphotype familial), sont réductibles après rééducation sérieusement conduite.
Sais t-on toujours qu'une importante myopie mal corrigée peut induire une attitude cyphotique qui peut ensuite s'enraidir ? Ou bien qu'un manque de hauteur de la partie inférieure du visage (brachycéphalie), peut être cause d'une attitude cyphotique, possiblement corrigée par le port d'une correction orthodontique (gouttière occlusale) ?
Par ailleurs une hypercyphose n'entraîne pas de répercussion pulmonaire. Par contre, à l'inverse, l'asthme peut favoriser la constitution d'une hypercyphose thoracique.
L'affection la plus représentative est la maladie de Scheuermann (dystrophie rachidienne de croissance) qui cesse de progresser à la fin de la croissance quand le cartilage n'est plus actif.

Traitement rééducatif

Il faut s'intéresser au sujet dans son ensemble, ce qui implique de cibler les incidences du dos rond sur l'esprit, le mental. En effet tous les sujets déformés ou douloureux chroniques (pas seulement les bossus) souffrent d'une modification morphologique du cerveau avec atteinte du thalamus (noyau cérébral régissant douleurs, postures et mouvements). C'est un peu comme si ces personnes avaient un virus dans la tête pouvant s'activer à n'importe quel moment et sans prévenir. Or l'on s'est aperçu que méditation ou hypnose médicale (et pourquoi pas l'audiogénèse, à explorer), permettent de réguler les ondes alphas produites par le thalamus.
Mes amis ostéopathes qui prétendent avoir une conception holistique de l'individu, c'est à dire dans sa globalité, ne disent pas la vérité puisqu'ils ne rentrent pas dans la tête des gens. Ils manipulent la charpente c'est tout, parfois très utilement quand même.

Bilan morphostatique
Le praticien se doit d'avoir un œil de posturologue. C'est-à-dire qu'il se doit d'examiner l'enfant dévêtu et de la tête aux pieds, debout de profil, de face, de dos, couché sur le dos puis sur le ventre, enfin à la marche. Le praticien déterminera de la sorte les éléments perturbateurs posturaux à corriger d'emblée, même s'ils se situent à distance du dos. Le mal-positionnement de la tête par exemple ou un trouble de l'occlusion (mâchoires), que je viens d'évoquer (brachycéphalie, importante, myopie mal corrigée), en font partie.

Acupuncture sans aiguilles
Les points d'acupuncture profonds se superposent à une zone de densification des récepteurs cutanés profonds, sortes de capteurs qui renseignent sur tout ce qui vient en contact de manière plus ou moins agressive avec la peau (terminaisons nerveuses libres, corpuscules de Vater Pacini), mais ils se superposent aussi aux récepteurs de la propioception (ensemble des éléments du corps nous renseignant sur le positionnement de notre corps dans l'espace, et contribuant à maintenir notre équilibre en toutes circonstances).
C'est pourquoi comme il en est pour la scoliose de l'enfant, je pratique un traitement d'électropuncture, ou bien avec un laser (indolore) sur des points bien précis, parce qu'il importe d'agir sur les causes profondes de la cyphose (ici le grave défaut propioceptif vecteur de troubles posturaux), et non seulement sur la conséquence qui en découle, c'est-à-dire le dos rond, sous peine d'être complètement inefficace.

Traitement normotensif
Cette thérapie fait l'objet de nombreux articles à retrouver sur internet ou dans ce blog. Il ne s'agit pas ici d'en faire le tour, ce qui serait fastidieux.
Traitement normotensif appliqué aux trigger points
Le dysfonctionnement articulaire suscité par une cyphose raide déclenche à la longue une souffrance musculaire dont le système nerveux est bien entendu averti. Se formeront alors des zones douloureuses à la palpation, souvent éloignées de la cyphose, appelées « trigger areas » décrites par Travell, et à traiter (consulter mon billet du 04/09/14.)

La contracture
Elle est due au maintien accidentel des ponts « actine-myosine » après contraction musculaire. Le muscle est dur et raccourci.
Une contracture ne fait pas toujours spontanément mal. Nous en avons même en permanence sans en souffrir. Elles procèdent de notre besoin permanent de tenir l'équilibre. Toutes ne sont donc pas à combattre. Le thérapeute manuel ne recherche du bout des doigts que celles qui sont vectrices d'un désordre pathomécanique. Il le fait en appuyant plus ou moins fort pour en percevoir la « rénitence », cette pression par contre étant toujours plus ou moins douloureuse, ce qui permet au sujet traité d'en percevoir l'existence et d'accepter le traitement.
Une pression thérapeutique normotensive permet de faire céder la contracture en quelques secondes et au final de corriger la posture lorsque l'ensemble du corps a été traité de la sorte, en insistant sur cou et mâchoires .

Posture
L'hygiène de vie est indispensable, notamment l'économie rachidienne dans les diverse activités du quotidien.
Je conseille des postures quotidiennes sur la ventre (une demi-heure minimum). L'enfant peut lire par exemple, ou faire un devoir, dans cette position.
La position asiatique dite de « la fleur du lotus » permet une élongation active du dos.
Puis il faudra corriger la posture de l'enfant assis à son poste de travail, la mauvaise station assise étant un facteur nettement aggravant. A cette fin l'usage d'un gros ballon de gym comme siège est préconisé, comme décrit dans le billet précédent et traitant de la scoliose (10/01/16), il est obligatoire en ce qui me concerne, avec adaptation de la hauteur du plan de travail (ceci devrait être fait pour tous les enfants quel que soit l'état de leur dos). Les filles doivent éviter le port de talons hauts qui accentuent la déformation du dos.
Bien que son poids ne soit pas considéré comme excessif s'il ne dépasse pas le tiers du poids du corps, mieux vaut éviter le cartable ; lequel a tendance à obliger l'enfant à marcher avec projection du tronc en avant. Mieux vaut opter pour la valisette roulante.
Sinon, sac à dos chargé à minima et imitant ceux des montagnards (avec sangle abdominale de maintien et larges sangles d'épaules). Il doit être porté avec son centre situé à 5 cm sous le sommet de la cyphose.

Sports
En conséquence de ce qui vient d'être dit (la mauvaise posture ayant déréglé le cerveau), la rééducation par exercices seuls est totalement inefficace, notamment pour les formes rigides. L'effet assouplissant ou soi-disant correcteur musculaire ne dure que le temps de la séance, jamais au delà ! Cela est notamment dû à la présence de deux creux (lordoses cervicale et lombaire) venant en compensation d'une bosse dorsale, et ce afin de préserver la station debout et la fonction de la vue. Ces lordoses limitent l'effet des mouvements gymniques correcteurs par défaut d'appui stable. Cependant l'enfant doit être actif et continuer le sport à l'école, ne serait-ce que pour ne pas être mis à l'écart, vu comme un handicapé, ce qu'il n'est pas. Sont déconseillés : Judo, rugby, gymnastique rythmique et artistique, haltérophilie, plongée sous-marine (port des bouteilles d'oxygène qui arrondit le dos) et acrosport (en tant que porteur). Porter un sac à dos durant une demi-heure chaque jour non sur le dos mais par devant soi, et alourdi (quelques boites de conserve) fait aisément travailler les muscles postérieurs du dos.
Exercices de gainage, sur ballon de gym sans arrondir le dos, basket, natation (en excluant brasse et papillon), sont également favorables.
Pour ma part je travaille la correction posturale sur planche oscillante corporelle (billet sur ce blog du 21/07/15).

Nota :
Après la puberté certaines douleurs du dos sont liées à une hyperexcitabilité neuromusculaire, les douleurs survenant après une posture prolongée mal assis ou debout. D'où l'importance de ne jamais cesser d'adopter une position à visée correctrice, comme de continuer à s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon, ou bien mettre sur son siège de voiture en bas des reins, une bouteille plastique vide.
Chez l'adulte cyphotique, « bossu », on constate une dégradation importante de la musculature de soutien de la colonne vertébrale associée à une perte de force des muscles fessiers.
Il est à noter qu'en astronomie l'apesanteur représente un modèle expérimental du vieillissement accéléré du squelette avec un caractère réversible. Le défaut d'activité, la sédentarité de nos chères têtes blanches est à incriminer.

Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace !

, 12:43

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Scoliose idiopathique juvénile lombaire gauche.

Le mouvement n'apporte aucune réelle modification correctrice. Son effet correcteur ne dure que le temps de sa réalisation et ne se prolonge pas dans le temps !
La rééducation dite classique et faite de recettes, d'une suite calibrée d'exercices, s'attaque aux conséquences de la scoliose, non à sa cause, ce qui interdit tout bon résultat. De plus, vue dans l'espace, la déformation tridimensionnelle de la scoliose sape les fondements des démonstrations cinésiologiques ou études biomécaniques valables pour un sujet sain que nous professionnels de santé possédons en guise de référentiel.
Lorsqu'un kinésithérapeute conventionné prend en charge un enfant pour rééduquer sa scoliose, il importe d'abord de savoir ce que cela sous-entend : des séances bihebdomadaires d'une demi-heure. Ce qui représente bien peu en réalité pour traiter une déformation concernant les niveaux osseux, articulaire, myofascial, et psychomoteur. Un vrai casse-tête !

Bon nombre de confrères pourtant sérieux, motivés, et conformément aux directives données par Charrière et Roy, pensent qu'il faut prendre les meilleurs exercices dans chaque méthode en respectant une progression entre les séances.
Discours empreint de bonnes intentions mais sans réel effet, tant il est vrai déjà que quel que soit l'exercice choisi, il apparaît d'emblée impossible de réaliser une action thérapeutique ciblée à un étage vertébral près.
Est également préconisée « une rééducation qui doit se concrétiser par un automatisme le plus inconscient possible » ; l'enfant apprend à « sentir son corps » qui doit être perçu de l'intérieur grâce au sens propioceptif. La position des segments corporels doit être perçue au niveau cérébral cortical grâce aux récepteurs propioceptifs. Le kiné recherche les défauts en observant le sujet immobile puis en mouvement. Il note les dysharmonies, le manque de coordination, la mauvaise intégration de la respiration et s'efforce de les corriger en agissant sélectivement sur les parties en défaut. Le sujet apprend ensuite à enregistrer la valeur de la posture. A ce petit jeu la scoliose en partie d'origine génétique, très évolutive dès que débute la puberté, et qui déforme gravement le corps, est la plus forte. Victoire par K.O !

En cas de corset :

Il importe de savoir que le port d'un corset, indispensable quand la scoliose est grave, provoque un paramorphisme (altération de la forme) inversé. Avant le corset, le corps s'adapte d'une certaine manière à la scoliose, les membres inférieurs se déformant pour tenir l'équilibre. Ainsi en cas d'hyperlordose lombaire observe-t-on une hypertonie des biceps cruraux, des tenseurs du fascia lata, une tendance au récurvatum des genoux, une abduction tibiale avec hypertonie du soléaire, un valgus des pieds. Puis avec le corset, lequel aggrave notamment le phénomène de dos plat, les jambes se doivent de s'orienter différemment. Le morphotype est bouleversé et une rééducation gymnique est incapable d'y remédier. Le port de semelles correctrices non plus, car à la base on ne sait de toute manière pas si c'est le redressement du bassin lié à la verticalisation qui initie la détorsion fémorale, ce processus d'adaptation se poursuivant par le bas, ou bien le creusement de l'arche interne du pied qui est à l'origine de la torsion tibiale externe.

Alors que faut-il faire ? Comment rééduquer au mieux ?

D'abord, bilanter :

La scoliose idiopathique étant à l'évidence un syndrome de déficience posturale, un bilan diagnostic masso-kinésithérapique s'impose d'emblée (antécédents, sport, position assise, qualité de vie, état bucco-dentaire, vue, étude du rachis, du bassin et des membres). En cas de scoliose par exemple, l'attitude du corps partant en arrière et qui se ferme sur l'intérieur (chaîne musculaire antéro-latérale dominante), est aggravante. Au contraire, l'association corps en avant et ouvert vers l'extérieur, est plus aisément corrigeable.

Tester l'équilibre :
Entre autres, le test de Fukuda pour l'oreille interne, le Romberg pour la propioception, le Stewart-Holmes pour un trouble du tonus postural.

Corriger la posture :
Dans les écrits spécialisés il est dit que : « le kinésithérapeute doit viser une éducation neuromusculaire cherchant à corriger le schéma corporel du sujet au cours des gestes et attitudes de la vie quotidienne ». Ce qui se résume au classique : « Tiens-toi droite(e) !!! », l'intégration d'une attitude posturale corrigée, visée totalement inefficace et pernicieuse. A la longue l'enfant en a marre d'être sans cesse repris puisque malgré sa bonne volonté sa scoliose ne s'améliore pas. Selon la loi de Hueter-Volkman ou Delpech toute contrainte en compression ralentit la croissance osseuse et inversement. Ainsi les postures adoptées par l'enfant en croissance favorisent-elles la formation des courbures dans le plan sagittal bien que certaines observations montrant l'existence d'une cyphose et d'une lordose rachidienne chez l'embryon prouvent que la croissance osseuse n'est pas seule en cause : l'acteur génétique intervient. Cependant, globalement, la solidité du rachis dépend des courbures sagittales, lordoses et cyphose. Aussi importe-t-il d'aider l'enfant à corriger ses postures quand c'est possible. Et si toute tentative de prise de conscience de la déformation, tout apprentissage de correction active, sont voués à l'échec (l'enfant n'a pas notion de ce qu'est un dos droit, l'enquiquiner pour l'y obliger ne sert à rien), la position de travail (la station assise notamment, une vraie contrainte pour le dos) peut aisément être corrigée.
Assis sur ballon à son bureau de travail, l'enfant ne peut s'avachir. Il corrige constamment et inconsciemment sa posture, ce qui fait naturellement travailler ses muscles : notamment cuisses, abdominaux, érecteurs rachidiens. Mieux vaut un enfant assis en permanence sur gros ballon (sauf à l'école hélas!), que deux séances d'une demi-heure de mauvais exercices chez un kiné. Un gros ballon de gym incite au jeu, un jeu musculaire gagnant.

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Nota : face à un ordinateur le regard doit être pratiquement horizontal, écran se situant cependant légèrement en dessous du niveau des yeux pour ne pas fatiguer la vue. L'enfant que je suis en rééducation doit par ailleurs porter durant une à deux heures en semaine, à des moments choisis, une paire de lunettes dont le verre côté œil direct sera rendu opaque par cache amovible, afin de combattre ses mauvaises habitudes posturales et améliorer son schéma corporel.

Thérapie normotensive :
Un contact direct spécifique avec la peau permet une action correctrice sur le processus pathomécanique engendré par la scoliose. La thérapie normotensive s'y emploie activement. Afin que perdure ensuite la correction posturale engendrée, sont posés sur la peau ce que je nomme des « post-it propiceptifs », c'est à dire de petites bandes de Kinésiologic-Tape, qui sont la mémoire du doigt correcteur. Une information propioceptive à garder jusqu'à la séance suivante.

Acupuncture au laser ou par mini-acusonic :
La croissance, la puberté, sont une véritable déflagration énergétique. L'acupuncture vise à corriger l'énergétique interne, alors que la thérapie normotensive vise l'externe. Il y a complémentarité.

Les exercices :
La croissance des os est influencée par différents paramètres : génétiques, nutritionnels, endocriniens et mécaniques. Les mécaniques, représentés par la gravité et la musculature, ont un rôle prédominant. Les exercices, s'ils ne suffisent pas à combattre une scoliose, sont par contre indispensables pour inciter l'enfant à se bouger, la sédentarité lui étant fatale. Des exercices sur gros ballon de gym comme décrits dans le billet: « Mal de dos, enfants et adolescents » du 21/07/15, sur planche oscillante corporelle pour renforcer l'équilibre, ou ceux du billet : « Amandine propose » du 13/10/13, sont indiqués.
L'enfant doit également faire du sport à l'école, avec certains interdits comme l'acrosport à trop forte contrainte pour le dos . Il ne doit pas être écarté en tant qu'inapte, ce qui est faux et dévalorisant.
En guise d'exercice, et ce pour renforcer la propioception, le kinésithérapeute peut demander à l'enfant de percevoir la différence de stabilité entre ses membres inférieurs ainsi que la pression à l'appui, ses pieds étant posés sur deux balances de pesée.

Autre exercice : contrôle de la stabilité de chacun des membres inférieurs, genou légèrement fléchi.

Élongation douce vertébrale active en bassin :

La photo de démonstration est sur ce blog, à la date du 13/10/13.
Un muscle ne peut être convenablement étiré que s'il s'est contracté au préalable. Étiré passivement au contraire il se contracte (réflexe myotatique) pour éviter la disjonction articulaire. Cette élongation de mon invention en bassin chauffé, a par ailleurs le mérite de faire travailler les muscles.

Conclusion :

Rééduquer un enfant scoliotique n'est pas une mince affaire. Spontanément il n'en a aucune envie, d'autant qu'il n'a pas idée de la gravité de son problème. Il faut donc hélas l'y contraindre pour son bien, d'une manière ou d'une autre. En l'occurrence l'implication des parents, lesquels le plus souvent assistent à mes séances, est indispensable. Si papa et maman « s'en foutent », ou bien s'ils n'adhèrent pas à mon projet rééducatif, je souffre d'un sérieux handicap. Fréquemment les enfants que je prends en charge pleurent, ou du moins rechignent durant deux ou trois séances, puis ils sourient et coopèrent complètement au fur et à mesure des progrès obtenus.
Dès qu'il s'agit de prendre en charge quelqu'un, qu'il soit jeune ou vieux, il faut l'aimer. L'amour envers son prochain est indispensable au bon exercice de mon métier.

NOTA :
Le lecteur intéressé par ce billet pourra également consulter celui du 29/09/2014, intitulé : « Scoliose de l'enfant ».

Douleurs chroniques, traiter le corps ne suffit pas…

, 16:09

On dit souvent que les douleurs chroniques « c’est dans la tête », du coup certains sujets souffrants en concluent qu’ils sont un peu « dingos ». Bien sûr que non.

Un article de la revue Rhumatologie Pratique, publié en juin 2011 et intitulé : « Bases neurologiques des douleurs », précisait que plusieurs études Scientifiques mettaient en évidence des altérations morphologiques du cerveau chez le sujet douloureux chronique, avec notamment une atrophie du thalamus*. Atrophie signifie qu’il y a diminution de volume. Le thalamus s’est donc racorni, ce qui n’est pas anodin quand on connaît le rôle de ce noyau gris central. Il gère à la fois douleurs, postures et mouvements. C’est un peu comme si l’on avait un virus dans le disque dur de la tête. Certains jours il est inopérant et tout se passe bien, on bouge, on se déplace sans problème, mais il suffit que le virus s’active sans qu’on sache pourquoi et comment, pour qu’en exécutant un geste anodin du quotidien on se bloque et que se ravive la douleur qui nous est propre.

Ainsi est-il aisé de comprendre par exemple que si l’on souffre du dos en raison d’une hernie discale, et qu’un chirurgien affirme qu’en l’ôtant la douleur s’en ira aussi, il s’agit d’un vilain mensonge. Il faudrait lui rétorquer : « Qu’allez-vous faire pour soigner mon thalamus largement impliqué dans mes douleurs chroniques ? Car sinon les douleurs vont revenir de plus bel ! ». Le chirurgien serait bien embêté pour répondre car il n’en sait rien. Pareil pour l’ostéopathe qui vous manipule et prétend : « Ca y est, vous êtes guéri ! ».

Le thalamus envoie des impulsions électriques appelées onde alpha d’une fréquence comprise entre 8 et 12 hertz, lesquelles modulent les sensations corporelles. Lorsque l’esprit se concentre sur une partie du corps, celle qui fait mal par exemple, il a été démontré que les ondes alpha diminuent sur la zone correspondante du cerveau ; la douleur baisse. Donc méditation, hypnose médicale sont de bonnes solutions pour rééduquer son thalamus… mais pas que... Il faut également radicalement modifier ses mauvaises postures (notamment la station assise, thème abordé plusieurs fois sur ce blog), consulter un professionnel de santé initié à la thérapie manuelle, et travailler l’équilibre yeux fermés pour stimuler la voie bulbo-thalamique.

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Un exemple d’exercice sur plateau instable. Le sujet ferme les yeux. Il se concentre sur la zone de son corps qui fait mal en recherchant le positionnement du corps permettant de l’atténuer. S’il s’agit des lombaires, il lui faudra par exemple plus ou moins cambrer les reins en durcissant les abdominaux, puis tenir la posture un certain temps.

Yoga et méditation

Une amie m’a dit dernièrement : « Le yoga me fait beaucoup de bien pour mes douleurs ! », mais en quoi consiste réellement son yoga, car en occident on a tendance à le considérer comme une sorte de gymnastique douce et relaxante pour l’esprit, ce qui est considérablement réducteur.
Il importe d’en énoncer les cinq principes fondamentaux et indissociables :
L’exercice doit être approprié, la respiration adaptée à l’exercice, tout ceci en mode relaxation, l’esprit ne devant pas vagabonder. Alimentation et méditation sont les autres points forts de cette pratique. Il existe plusieurs façons de méditer certaines postures y aidant mieux. On use également de sons claironnés à haute voix, on visualise des images, des couleurs.

Hypnose médicale

Hypnos signifie « sommeil » en grec, mais dans la pratique de l’hypnose médicale on ne s’endort pas. Le praticien induit chez son patient un état modifié de la conscience. Ce dernier se relaxe, ses sens s’engourdissent. Afin d’atténuer une douleur, il s’agit ensuite par exemple pour le patient de se projeter dans son imaginaire, à la recherche d’un souvenir agréable et d’une façon telle que l’expérience pénible de la douleur passe au second plan.
Autre exercice : se détendre, imaginer que sa douleur est une boule rouge, brûlante, que l’on va expulser de soi en expirant un grand coup.
Cependant ne nous berçons pas d’illusions. Méditation et hypnose n’évacuent pas les douleurs comme par magie, car en cas de rhumatismes invalidants par exemple (polyarthrite, spondylarthrite), de défauts morpho-statiques importants (scoliose, cyphose raide), ils demeurent.
Ainsi Bouddha, pourtant champion de la méditation, avait-il sur la fin de sa vie très mal au dos sans possibilité de s’en débarrasser, si bien qu’il était obligé de se caler avec des coussins durant ses séances. Méditation, hypnose, aident à relativiser, on supporte mieux ses douleurs et on rééduque son thalamus. Aussi demandé-je volontiers à mes patients douloureux chroniques de s’initier à l’une ou l’autre pratique, pour détenir des outils à même de les aider. Cependant ils ont hélas toujours besoin de moi.

L’un de mes outils pédagogiques : « le propulseur énergétique ».

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Légende : le sujet douloureux chronique positionne ses mains de cette manière, pouces posés sur le nombril et auriculaires orientés vers le sol. Il concentre ensuite toute l’énergie négative accumulée en lui (sous forme de douleur et d’anxiété) dans son ventre, avant de l’évacuer par le nombril (le nombril étant connoté « naissance/renaissance », tout un programme…).
Si l’on est agressé verbalement par quelqu’un qui nous fait face, on peut agir de manière identique. Pareil si on se trouve dans un environnement hostile et que l’on désire se calmer.

Gwilim SE et al. Thalamic atrophy associated with painful ostéoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum. 2010 ; 62: 2930-40.

Un manque de suivi médical à l'origine d'une descente aux enfers

, 15:19

Préambule : Jusqu'à présent, ce blog n'a jamais proposé d'espace d'expression libre aux patients désireux de témoigner de leurs souffrances physiques et psychiques, mais aussi de leur espoir de retrouver au plus tôt une vie à peu près normale. Il y a peu, une jeune fille atteinte d'une scoliose et sous corset m'en a fait la demande, et je lui ai répondu positivement sans hésiter.Dans l'attente de ce témoignage je vous propose de lire celui-ci qui m'a profondément ému parce qu'il ne représente pas hélas une exception. Nombre de patients sont confrontés à un interminable parcours du combattant avant d'entrevoir une issue favorable. Comment dans un pays où la médecine frôle l'excellence, de telles situations peuvent-elles exister, et même se multiplier? Si l'excellence n'est pas suffisante, il faut tenter de faire encore mieux !
Gilles Orgeret.

"Un manque de suivi médical à l'origine d'une descente aux enfers" par P. H.

"Bonjour !

J’avais besoin de faire part de mon expérience de patient lombalgique chronique. Je ne cherche nullement à polémiquer, mais juste à mettre en évidence des manquements médicaux aux conséquences fâcheuses pour les patients. Voici le résumé de mon histoire. En 2009, à la suite d’un cross à cheval, je me suis retrouvé aux urgences totalement paralysé du dos. On m’a sagement renvoyé chez moi avec antalgiques et anti-inflammatoires. Incapable de marcher pendant une semaine, très douloureux ensuite. Ce fut le début d’une longue descente aux enfers. Sur les clichés, deux disques abîmés : L1/L2 et L4/L5, avec une petite hernie en L4/L5. A priori rien d’extraordinaire. Je souffrais énormément et me bloquais tous les quinze jours. Je n’arrivais plus à rien faire. Après plusieurs prises en charge de court terme par mon généraliste, et quelques séances de kiné de surface puisque je n’étais pas en mesure de faire le moindre exercice, on m’a orienté vers un rhumatologue. Ce dernier a essayé toutes sortes d’anti-inflammatoires et myorelaxants, sans succès. Ma situation se dégradait, ma musculature commençait à fondre. Je n’arrivais pas à avoir de rendez-vous à moins de trois mois. Je devais pleurer pour obtenir de quoi soulager ma douleur. J’ai donc tenté un autre rhumatologue dans un grand hôpital public parisien. Après plusieurs mois d’attente, un bref entretien pour m’entendre dire : « Monsieur, vous avez une simple hernie, votre cas ne m’intéresse pas, en revoir ! » (J’ai refusé de payer.)

J’avais de grosses difficultés à marcher et commençai à ne plus pouvoir conduire du tout. Plus aucune nuit complète, beaucoup de souffrance. Retour vers le premier rhumatologue. On m’a commencé des infiltrations de cortisone, sans succès, voire une légère aggravation. J’ai donc tenté une célèbre clinique privée parisienne spécialisée dans la prise en charge du dos. Là, on a continué les infiltrations de cortisone sans se soucier de la façon dont j’arrivais à atteindre la clinique, ou a rentrer chez moi. A la troisième infiltration je devais prendre un taxi, et je suis quasiment tombé dans les pommes de douleur en arrivant chez moi (50 minutes de trajet). Finalement, devant les échecs, en 2012 on m’a mis la colonne sous pression pour mettre en évidence la hernie (une véritable torture quasiment insoutenable), puis quelques jours plus tard - je ne pouvais plus bouger -, on m’a fait une discographie laser. Là encore énormément de souffrance, peu ou pas de suivi post opératoire. Je devais réclamer auprès des médecins pour obtenir de quoi calmer mes douleurs. J’ai tenté des séances de kiné sans trop de succès (exercices difficiles à réaliser vu mon état physique. Séances inadaptées). J’ai alors vu un chirurgien orthopédique qui a conclu que : « je n’avais pas grand-chose, et qu’il fallait juste rééduquer mon dos ». Corset sur mesure à porter en permanence. J’ai arrêté au bout de trois semaines et 10kg de muscles en moins. Impossible de monter ou descendre un escalier, marche difficile, un zombie gorgé de douleurs. J’étais devenu une épave. Un handicapé. J’ai demandé de l’aide auprès d’un « centre antidouleur » qui m’a renvoyé chez moi en m’expliquant qu’ils prenaient en charge de vrais malades : SEP, Cancers etc…, mais pas une douleur lombaire.

J’ai alors commencé à me remuscler tout doucement et à faire de l’automédication (aspirine 1g le matin plus doliprane en fonction de la douleur dans la journée). Ainsi et avec une ceinture lombaire pour tenir debout, j’ai survécu quelques mois sans trop dormir, totalement déprimé. J’arrivais tout juste à travailler sans bouger. Puis je restais chez moi sans bouger, aucune activité possible.

Voilà comment on fabrique un lombalgique chronique !

Début 2015 j’ai rencontré le kiné Gilles Orgeret. Il m’a remis sur les rails. Exercices adaptées progressifs, exercices avec la colonne sous tension, étirements, exercices en piscine, mais surtout suivi de plus d’une heure deux fois par semaine. Des accessoires pour se soulager, comme les patchs à la lidocaïne ou l’usage de TENS anti-douleur (courants de basse fréquence). Des méthodes inventives : la musculation sous tension en piscine (élongation vertébrale active), les bandes élastiques façon « momie ». L’encouragement pour continuer à travailler malgré les difficultés. Tout faire pour rester le plus actif possible, et se remuscler. J’ai en parallèle repris la natation deux fois par semaine. Le travail est toujours en cours, et il me manque encore un suivi médical correct. Néanmoins je marche plus d’une heure, je peux me promener, aller faire de petites courses à pieds. Je monte et je descends des escaliers de taille raisonnable. Je ne suis pas encore sorti d’affaire, mais je sais que je suis sur la bonne voie.

Ma conclusion est qu'il manque une vraie prise en charge globale des patients lombalgiques, car je ne suis pas le seul à subir une telle épreuve. Nous sommes nombreux, bien trop nombreux. Tout traitement d’un patient souffrant du dos doit se faire avec un médecin, un kiné, de la rééducation, une prise en charge antidouleur, et un accompagnement constant dans le temps jusqu’à la guérison. Sans cela, Aucun acte médical technique isolé ne peut fonctionner, aucune prescription médicamenteuse ne sera suffisante.

Vous me pardonnerez d’avoir été un peu long, mais ma souffrance aussi l'est... un peu longue."

Mal de dos, enfants et adolescents

, 10:40

Les douleurs musculo-squelettiques diffuses touchent près de 8 % de la population préadolescente (ils ont des douleurs « baladeuses », ayant tantôt mal à une épaule, un genou, un coude, etc...), et entre 20 et 50 % des enfants de tous âges se plaignent de douleurs électives au dos, plus ou moins répétitives, avec prévalence chez les filles. Bien que la cause de ces rachialgies soit la plupart du temps bénigne et imputable aux aléas de la croissance, il ne faut pas les prendre à la légère pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il importe de ne pas passer à côté d’une cause grave : infectieuse, inflammatoire, tumorale, puis parce que les éventuels troubles posturaux de la croissance (scoliose, maladie de Scheuermann, spondylolisthésis), doivent être dépistés au plus tôt et traités (consulter mon billet sur la scoliose du 26.09 .14). Enfin il faut bien avoir à l'idée que « le corps se souvient », qu'il n'oublie rien et peut ensuite nous resservir cette souffrance physique à n’importe quel moment de notre vie, avec comme élément déclencheur un événement traumatisant : divorce, deuil, stress au travail (ce qui signifie qu'un conflit psychique peut provoquer un symptôme physique).

L'adolescence est l'âge d'apparition des premiers signes d'usure vertébrale (altérations dégénératives disco-vertébrales). 20 à 50 % des adolescents n'ayant pourtant jamais mal au dos présentent des images de dégénérescence discale, ce qui inquiète d'autant les parents que la plupart des articles publiés sur le sujet font paniquer en pronostiquant qu'ils sont : « l'étape préalable à la lombalgie mécanique de la hernie discale ! ». Il faut bien avoir à l'esprit que la découverte d'une hernie discale sur un dos en souffrance risque de relever de la pure coïncidence, l'arthrose rachidienne n'étant quant à elle pas systématiquement douloureuse, loin de là (billets-blog des 03.05.14 et 19.06.12 et Revue du rhumatisme, monographies – février 2011- Vol.78-n°1.).

En panne d'idée sérieuse, les spécialistes prétendent volontiers que le mal de dos des enfants résulte purement et simplement du port d'un cartable trop lourd, et/ou d'une mauvaise posture trop longtemps maintenue (assis, avachi devant l'écran de tété, une manette de console vidéo en main). Autres causes invoquées : le surpoids (deux ados sur trois sont en surpoids), trop ou pas assez d'exercices physiques, les troubles du sommeil, ou encore une souffrance psychologique. Oui, tout cela est plus ou moins vrai mais ne suffit pas à expliquer la fréquence de ce mal, ni sa persistance quand on a supprimé cartable, console de jeux, et aliments qui font grossir. Par ailleurs les études faites dans ce domaine ne concernent que les sociétés occidentales, et je voudrais bien savoir ce qu'il en est dans les sociétés en voie de développement. Question que je me pose de manière récurrente en regardant sur « Arte » à la télé, cette formidable émission intitulée : « Chemins d'école, chemins de tous les dangers ! », et qui nous montre des enfants obligés de faire des kilomètres à pied au milieu de contrées hostiles, ou de se déplacer en barque et de ramer tout aussi longuement, sans à l'arrivée se plaindre davantage de leur dos que les petits occidentaux.

Le cartable :

Il n'est pas porté suffisamment longtemps dans la journée pour être à lui seul responsable de maux de dos. Pourtant la logique impose d'en contrôler le contenu, un dos en pleine croissance ne devant pas supporter de charges excessives. Mais dites-moi donc ? Les petits français ne sont-ils pas de plus en plus attirés par la « gonflette », la musculation, alors même que de soulever de manière répétitive de lourdes charges est néfaste pour leurs articulations. D'un côté on vide leurs cartables et de l'autre on les laisse soulever de la fonte. Cherchez l'erreur !

Le surpoids :

Un excès de poids chronique endommage plus sûrement les genoux que le dos. Il modifie l'axe du membre inférieur, c'est pourquoi il doit être combattu. Et même si les cellules graisseuses produisent des adipocytokines responsables parfois de douleurs articulaires, ce n'est pas le dos qui le premier est en ligne de mire en cas de surpoids. D'ailleurs les problèmes de dos affectent plus volontiers les adolescents de grande taille et pas forcément en surpoids. Rayon alimentation il ne faut pas zapper le complexe « gluten + lait », mauvais pour les articulations (Sport-Santé-Magazine nov-déc 2014). Nos chères têtes blondes en consomment trop. Un enfant n'a réellement besoin de lait que durant les trois premières années de sa vie. Il faut également savoir que les problèmes de ventre sont à prendre en compte parmi les causes du mal de dos. La constipation notamment étant un fléau que l’on combat en augmentant la part des fibres (manger figues, prunes, ou graisse de lin).

Troubles du sommeil, problèmes émotionnels et comportementaux, induisent aisément des symptômes douloureux multiples et récurrents.

Alors, quelles voies explorer ?

Les brusques poussées de croissance, parfois spectaculaires à l’adolescence, font que l’enfant est en constante recherche de repères anatomiques fiables, et qu’il n’a pas toujours les réflexes adaptés à un corps qui « marche plus vite que lui ». Cela perturbe grandement sa propioception, c'est à dire le « sens de la posture et du mouvement » grâce à des capteurs sensoriels situés dans les muscles, les cartilages et les articulations. Ce sens permet de sentir la position de son corps sans le voir. Le vestibule (élément de l'oreille interne) est également déterminant dans le contrôle de nos postures et de nos mouvements. L'enfant n'a pas spontanément de référence de verticalité ni de détection instantanée de ses mouvements. L'on sait également qu'un défaut avéré d'informations vestibulaires entraîne une hypotonie musculaire de l'axe tête-cou-tronc (déficit de force et de contrôle). Pour lutter contre la déstabilisation suscitée par une telle déficience l'enfant bloque sa tête et se raidit. Il est dépassé par la situation, ce qui entraîne un mal-être le rendant encore plus « maladroit ». Sans information vestibulaire fiable un enfant déploie beaucoup d'énergie à surmonter l'instabilité de sa tête et de son tronc, et si par ailleurs il a des problèmes de vue c'est pire.

La relation est ainsi faite entre propioception et dos, ou vestibule et dos, et donc avec le mal de dos pouvant découler d'un dysfonctionnement de la propioception ou du vestibule. Le test de Romberg évalue la propioception, celui de Fukuda ou bien le Video Head Impulse Test (VHIT) adapté aux enfants évaluent le vestibule.

Autres voies à explorer :

Celles des pathologies vertébrales familiales, du psoriasis, du développement psychomoteur, sont également à explorer. Traitement kinésithérapique.

1 - Prévention, conseils d'hygiène de vie :

Des conseils d'hygiène posturale ne sont utiles que dans la mesure où les parents montrent l'exemple, et que je n'entende plus le fallacieux argument : « Oui mais pour nous, c'est trop tard ! », parce que c'est archi-faux. On peut se corriger à tout âge. Une des premières mesures à prendre est de mettre au rebut la chaise classique, et de la remplacer par un gros ballon de gym. L'enfant devra passer de la position assise passive à la position assise active. Assis sur un siège classique un enfant à tendance à s'avachir, alors que sur ballon il ne le peut pas sous peine de tomber. Il oscille dessus en permanence, ce qui fait travailler les muscles du bas de son corps, l'oblige à contrôler son dos, et renforce son équilibre. Par ailleurs on peut pratiquer bon nombre d'exercices sur gros ballons, certains étant décrits dans différents billets de ce blog.

L'activité physique :

La sédentarité est l'un des exécrables maux de nos sociétés dites évoluées. Ayant écrit un livre intitulé : « Le sport est un médicament bio ! », J. Lyon Éditeur, je ne puis que conseiller aux enfants de se bouger, en choisissant néanmoins un sport adapté à leur personnalité et qui leur plaise. Pas question de chercher à devenir un champion du sport X ou Y, parce que c'était le rêve avorté de papa ou de maman. Par ailleurs, bien entendu, attention aux risques de chutes et traumatismes.

Une chose à savoir : la natation ne soulage pas les maux de dos. D'ailleurs la plupart de nos compétiteurs de haut niveau finissent par avoir mal au dos.

2 - La rééducation que je pratique : (durée totale de la séance : environ une heure).

Il faut avoir le regard d'un posturologue, examiner au préalable l'enfant en sous-vêtements, à la recherche d'un syndrome de déficience posturale. Inspection clinique, détection d'éventuels troubles de la mâchoire (l'articulation temporo-mandibulaire jouant un rôle essentiel dans le maintien de la posture), étude de la statique et de la mobilité rachidienne, examen des membres inférieurs, de la démarche, recherche de l'équilibre yeux fermés, test de Romberg, Fukuda, et bilan neurologique associé à l'examen de la peau à la recherche d’éventuelles « tâches de café » (neurofibromatose).

- Traitement normotensif. J'examine l'enfant debout, face-dos-profil, puis j'apporte les premières corrections normotensives ciblant mâchoire, cou et bassin. Le bassin est le socle, la tête étant l'apex dans le sens astronomique du mot, à savoir : « le point de l'espace vers lequel l'individu se dirige ». Le sacrum quant à lui génère de l’énergie vers le bas. Alors que toutes les parties du corps peuvent être mises au repos, le cou se doit d'accompagner les mouvements du regard. Il ne se repose jamais, et le positionnement de la tête détermine le placement des autres segments corporels. Ensuite j'examine de nouveau l'enfant à la recherche de dysfonctions mécaniques immédiatement corrigeables, et « détense » du bout des doigts, en posant souvent de petites bandes collantes colorées (kinésilogic-tape), comme autant de « post-it propioceptifs ». 4 à 8 bandes au total, maximum 5cm de long sur un à deux de large. Puis, je traite les Trigger Points (billet-blog 04.09.15), les douleurs rachidiennes chroniques en procédant pour beaucoup (O’Sullivan P. it’s time for change with the management of non-specific chronic low back pain. Br J Sports Med 2012 ; 46 : 224-7).

- Traitement acupunctural au laser : Il s’agit par exemple de relancer l’énergie dans le bassin par ouverture du vaisseau curieux de Chong Mai, méridien des attaques.

- Élongation vertébrale : A sec, sur table inclinable (billets-blog des 29.06.13 et 22.04.13), ou bien en bassin selon une modalité dont je suis l'inventeur (billet-blog du 13.10.13).

- Exercices : - En bassin. - Auto-exercices à domicile. - Pour rééduquer le vestibule, un exemple : Yeux fermés, debout, bras tendus le long du corps, pieds joints et pointes des pieds relevées par rapport au talon, tourner la tête de droite à gauche assez vite. Arrêter le mouvement et ouvrir les yeux dès qu’apparaît un vertige. Recommencer plusieurs fois.

- Trois exemples d'exercices à l'espalier, sur gros ballon de gym et sous étroite surveillance du kiné.

Étirement du dos :

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- Les mains s'accrochant à un barreau, le plus haut possible, yeux fermés, l'enfant inspire par le nez en gonflant le ventre et en se grandissant, puis il souffle par la bouche en rentrant le ventre et en poussant les fesse en arrière et le plus bas possible (en lordosant).

Deux exercices pour renforcer l'équilibre :

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- Yeux fermés l'enfant est assis sur ballon, lequel est lui-même posé sur grande planche oscillante corporelle. L'enfant lève successivement un pied puis l'autre, le tient en l'air quelques secondes, et doit maîtriser son équilibre en se grandissant (mode respiratoire identique à l'exercice précédent).

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- Les enfants se font face, yeux fermés. D'un côté ils se tiennent par la main en exerçant une légère poussée, de l'autre ils se tiennent à l'espalier. En parfaite coordination ils font rouler le ballon d'avant en arrière.

Autres exemples d'exercices avec ballon, dans les billets-blog des 14-23-27 décembre 2012.

Scoliose de l’enfant

, 09:19

Une maman m’a dit récemment : « Il n’y a rien sur votre blog concernant la scoliose ! ». J’ai répondu : « Coupable ! ». Comment cela se peut-il, alors que mon expérience est continue et s’étale sur trente années ? D’où ce billet.
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(photo : Michael Kenna : statue, Vaux le Vicomte)

Définition

La scoliose juvénile idiopathique* évolutive (non neurologique ou neuromusculaire), se caractérise par une déformation de la colonne vertébrale dans les trois plans de l’espace (frontale, le fameux « S », avec rotation et inclinaison des vertèbres). Les scolioses dorsales (thoraciques) sont toujours plus évolutives, donc plus graves que celles situées plus bas (thoraco-lombaires et lombaires).
Les vertèbres sont comme les cubes en plastique avec lesquels jouent les enfants. Au nombre de vingt quatre, elles sont empilées et solidement accrochées l’une à l’autre. En cas de scoliose ce complexe assemblage se déforme, incapable de s’adapter correctement aux contraintes de la pesanteur. L’enfant est déséquilibré « de la tête aux pieds ».

Voilà bien défini un syndrome de déficience posturale, à prendre en compte en rééducation dans toute sa complexité, au risque sinon de ne pas être efficace.

Risque évolutif

Une scoliose est dite évolutive quand elle s’aggrave d’au moins un degré par mois au test de Cobb, deux degrés par mois durant un an correspondant aussi à une notion d’évolutivité inquiétante. En fait, il s’agit d’une « révolution », le corps se modifiant profondément avec déficit esthétique (déformation du dos) et fonctionnel (perte de souplesse, déséquilibre musculaire, parfois même problèmes respiratoires pour les scolioses dorsales). S’y ajoute une dimension psychologique qui n’est pas la moindre. A l’âge où s’affine le souci de l’apparence, il est difficile d’assumer la déformation de son dos, notamment quand « l’autre » a les yeux dessus, comme à la plage ou en pratique sportive. En cas de port d’un corset, c’est pire. Entre onze et quinze ans s’opère la structuration du « MOI ». Cette tranche d’âge se caractérise par une instabilité psychologique qui ne facilite pas les choses. L’aide d’un psychothérapeute peut s’avérer nécessaire.

Il est dit que la scoliose débute dans le ventre de la maman. Plus elle apparaît tôt dans l’enfance (nourrisson : 0 >1 an, juvénile : 3 > puberté, adolescent : dès la puberté), plus elle risque de s’aggraver. Il ne faut pas manquer de la dépister avant la puberté, et moins encore de rater le virage dangereux de la poussée pubertaire appelé « couloir stratégique** », au début de l’ossification de la crête iliaque *** (Côtée « Risser 1 »). A : « Risser 0 », le risque est quatre fois plus grand qu’à « Risser 3 ou 4 ».

Alors qu’une scoliose de moins de 20° a fort peu de risques de s’aggraver, les trois quart s’aggravent au-delà de 20°, et toutes à plus de 30°.

Autres facteurs de mauvais pronostic : dos plat, asymétrie des côtes.

Appareillage

Une scoliose évolutive qui dépasse 20°, oblige au port d’un corset (Cheneau, Boston, Lyonnais, Milwaukee), ainsi qu’à la pratique régulière d’une rééducation de qualité. Il est porté de manière permanente ou parfois seulement la nuit, la croissance se faisant principalement durant le sommeil. Pour accepter le corset, on ne peut demander à un enfant, comme le font certains professionnels de santé, de «se projeter sur l’avenir » en s’imaginant à l’âge adulte. Lui dire par exemple : « Quand tu seras grand(e), tu seras bien contente d’avoir un dos plus droit, ton avenir est tout ce qui compte ! ». Pour un enfant seul compte le moment présent, et alors que jusqu’ici il pouvait faire des galipettes, des roulades, courir en tous sens, chahuter, avec le corset c’est fini. Ses proches devront donc l’aider à réorganiser ses activités, et à trouver de nouveaux pôles d’intérêt ludiques pour atténuer le traumatisme psychologique. Il faut se méfier des enfants qui prétendent que cela ne leur pose aucun problème. Ils refoulent leur dépit. En résumé, il importe de se mettre à la portée de l’enfant, de l’écouter et lui expliquer les choses avec des mots qu’il peut comprendre. Un enfant n’a rien d’un adulte en miniature !!! Le port permanent d’une telle « carapace », provoque un paramorphisme inversé (altération de la forme à visée correctrice). Avant le corset, la progressive déformation de la colonne oblige les membres inférieurs à s’adapter pour maintenir l’équilibre, ce processus est subitement inversé. L’enfant ne peut garder l’équilibre que s’il modifie de nouveau ses appuis, avec pour conséquence une orientation modifiée de ses hanches, genoux et pieds, et donc une incidence sur la musculature gainant ces articulations. Le « haubanage » s’oriente différemment, il suit le « fluage » vertébral, d’où risques de tensions voire de déformations à plus ou moins long terme au niveau des membres inférieurs, si le « virage » correcteur du corset n’est pas convenablement réalisé. Le port de la tête même est modifié, pour adapter le regard. Tout cela provoque un inévitable chamboulement dans l’équilibre. D’où l’importance d’une rééducation de qualité ne ciblant pas que l’assouplissement, mais également la propioception, voire l’oreille interne si elle est atteinte. Si l’équilibre n’est pas amélioré par la rééducation, le travail d’assouplissement entrepris par exemple ne tiendra pas. Les tensions musculaires et contractures reviendront, étant consécutives à de constantes adaptations (inconscientes) aux postures adoptées spontanément par le sujet durant la journée. Thérapies Manuelles (Ostéopathie, Myothérapie, Thérapie Normotensive).

L’avantage de ces thérapies est qu’elles considèrent le patient dans sa globalité (concept holistique), traquant et traitant les répercussions de la scoliose sur l’ensemble du corps.



Toute manipulation (le thrust) pour soi-disant assouplir la colonne, est rigoureusement interdite car inefficace et dangereuse ! En général aucun jeune de moins de seize ans ne doit être manipulé pour quelque raison que ce soit.

Par contre les manœuvres douces de thérapie manuelle dites « tissulaires » (sur les fascias) sont utiles, bien qu’elles ne suffisent pas à traiter à elles-seules efficacement la scoliose. Quand le corset s’impose par exemple, il ne faut pas tergiverser et le porter ! Si votre Ostéo prétend pouvoir assumer à lui seul la scoliose de votre enfant sans l’aide du corset, ne vous laissez pas convaincre, changez d’Ostéopathe.

La thérapie manuelle par Brachy-Myothérapie est d’un grand intérêt (voir sur internet).

Ma préférence va à la thérapie Normotensive (voir sur internet).

L'électrostimulation externe nocturne

La stimulation électrique se pratique de nuit, du côté convexe de la courbure vertébrale, par électrodes posées sur la peau et reliées à un petit boîtier fournissant un courant de basses fréquences (le muscle se contracte sous son effet).
Indications :
Scolioses évolutives en période de croissance, souples, inférieures à trente degrés.
Problèmes :
- Elle est mal supportée. Le courant n’est pas agréable. De plus, quand on bouge durant le sommeil, les électrodes ont tendance à bouger et envoient de petites décharges fortement désagréables qui réveillent le dormeur en sursaut.
- Son efficacité est largement contestée.

Rééducation
Mon expérience concerne la tranche d’âge onze - seize ans.
Toutes les scolioses dépassant les quinze degrés, celles s’aggravant de un à deux degrés par mois, imposent une rééducation de qualité. La durée de prise en charge s’étale sur plusieurs années, et ne doit surtout pas rater le fameux « couloir stratégique »**. La rééducation s’arrête à la fin de la croissance, le dos nécessitant ensuite les mêmes précautions que pour n’importe qui d’autre (prévention des gestes à risques, lutte contre la sédentarité).
Les enfants souffrant de scoliose ne risquent pas à l’âge adulte de souffrir davantage de leur dos que n’importe qui d’autre s’ils en prennent soin, mettant notamment en pratique tout au long de leur vie les conseils que je prodigue au fil de mes billets dans ce blog.

Les publications scientifiques nous enseignent que malgré les traitements, les scolioses régressant spontanément sont exceptionnelles, et cela toujours en période pré-pubertaire ainsi que seulement pour les moins de 15°. Si ce chiffre est décourageant au niveau national, la raison en est que la plupart du temps la prise en charge est défaillante. Combien d’enfants bénéficient-ils de l’ensemble des contrôles et soins détaillés dans ce billet ?

La rééducation oui, mais sérieusement conduite

Attention aux séances de rééducation bâclées ! Quelques exemples :
- Une séance de gym sans surveillance. Le Kiné doit constamment veiller à ce que les exercices soient correctement réalisés. Trop souvent les exercices sont montrés à l’enfant lors de la première séance, puis les autres fois il est laissé seul sans surveillance.
- Trente inclinaisons du tronc en position assise d’un côté puis de l’autre, avec ensuite un petit massage, est une escroquerie (masser un dos scoliotique ne sert aucunement à l’améliorer. C’est juste un petit plaisir) !
- Une séance ciblant le renforcement des abdos est une absurdité (tel cet exercice : enfant couché sur le dos hanches fléchies, on lui demande de dessiner des lettres en l’air du bout des pieds). En cas de dos plat, si l’idée est d’arrondir le dos en raccourcissant les abdos, tout ce qu’on obtient est un (hypothétique) effacement de la lordose lombaire, ce qui augmente les contraintes lombo-sacrées. Le dos reste plat mais ce méplat se prolonge vers le bas avec surmenage du cou qui se courbe d’avantage pour que le regard reste horizontal. De plus, faire du renforcement abdominal une priorité (crunch, sit up) induit un dangereux déséquilibre musculaire, et augmente les pressions sur le périnée (risques de fuites urinaires chez les sujets fragiles).

Sport
Il faut gainer, harmoniser la musculature dans son ensemble, sans oublier les membres (un tronc musclé avec des membres grêles est une absurdité !). Il faut renforcer les muscles faibles de l’ensemble du corps pour les mettre au niveau de ceux qui sont forts.
Il faut se rappeler également que la force de l’enfant est limitée. Toute recherche de renforcement est illusoire en raison de la forte production énergétique due à la croissance.
Quant aux exercices d’assouplissement, pour être efficaces ils doivent être actifs. Les étirements passifs sont contre-productifs. Il faut faire pratiquer à l’enfant des ERATM (Etirements raisonnés actifs myotendineux. Voir sur internet). S’ils sont accompagnés d’élongations axiales comme je les pratique, et/ou accompagnés d’une thérapie manuelle, l’effet est bien supérieur.
Certains médecins disent qu’il vaut mieux éviter le sport durant la première année du corset. C’est une erreur. Le port d’un corset 18 heures, ou plus souvent 23h sur 24, s’oppose à un fonctionnement normal de la musculature et
contrarie la propioception. C’est dire l’importance du sport pour compenser (notamment les sports à impact et en extension comme basket, volley ball).
Si l’enfant doit impérativement continuer le sport à l’école et durant ses loisirs, il doit éviter les activités à risques de chutes (judo), ou sources de traumatismes fréquents (rugby, foot, accrogym). Activité sportive intensive et sports asymétriques (escrime, tir à l’arc, tennis) qui augmentent les paramorphismes (altérations de la forme), sont vivement déconseillés.

Vincent est le gentil papa d’une petite fille adorable dont je m’occupe. Comme tout papa inquiet il a consulté sur internet presque tout ce qui se rapportait à la scoliose. Il m’a dit savoir que : « Certaines nageuses professionnelles qui ont des scolioses, se sont retrouvées très jeunes en bassin d’abord uniquement à cause de leur scoliose parce que leur médecin le leur préconisait, la passion de la natation étant venue après. Trois heures de dos crawlé par jour ont fait des miracles ! ».Vrai ! Seulement, un entraînement pareil n’est pas à la portée de tout le monde. Il est à noter également que le dos crawlé ne suffit pas, car ce sont les muscles antérieurs du tronc et ceux des épaules qui sont largement privilégiés au détriment des muscles postérieurs (ceux du dos), surtout en cas d’entraînement intensif. Il faut toujours y ajouter à sec un gainage du dos.

Exemples de bons exercices proposés sur ce blog : ceux des 10 septembre 2012, et 23 juin 2013.

La pratique de l’équitation sans excès et hors compétition est utile, car un bon cavalier corrige son assiette. Pratiquant le « trop enlevé », il n’est jamais avachi sur son cheval, il se tient bien droit. La bonne position assise, celle qui soulage les vertèbres lombaires (les reins), n’est-elle pas d’ailleurs celle du cavalier (130° angle tronc-cuisses) ?
La rééducation telle que je la conçois
La scoliose n’est pas un « accident » local, mais résulte d’une accumulation de déséquilibres moteurs, articulaires, et neurologiques. Il faut donc attaquer de front tous ces problèmes. Se présente un véritable « syndrome de déficience posturale ». L’enfant a du mal à se tenir debout, il lutte inefficacement contre la pesanteur.

Problèmes d’équilibre
Il y a atteinte de la propioception, et parfois des problèmes vestibulaires. Des tests simples permettent de les évaluer (Romberg pour la propioception, Fukuda pour le vestibule). Mon premier test simplissime consiste à demander à mon patient de se tenir sur un pied puis sur l’autre, yeux fermés.
Le port de la tête est en rapport avec le système vestibulo-labyrinthique. Une asymétrie de tonus des muscles du cou est quasi systématique chez le scoliotique. La tête est mal positionnée sur son « tuteur-colonne ». Pour garder le regard horizontal, le sujet compense en inclinant très légèrement son cou, ce qui modifie toutes les courbures de sa colonne.

La posturologie s’intéresse au sujet debout, or nous sommes devenus des « homos sedens », assis des heures durant, souvent avachis.
La chaise classique à dossier vertical que l’on trouve partout, notamment à l’école, est une agression pour le dos. La pression sur les vertèbres lombaires est augmentée de 50 % par rapport à la station debout (tests de Nachemson). L’apprentissage du vélo peut même poser problème à cause de ces soucis d’équilibre. Dès que l’équilibre a été amélioré par la rééducation, l’enfant tient sur son vélo.
La marche doit être analysée par le kiné et corrigée devant miroir (le port de la tête aussi). Bien s’asseoir !

La consigne est de s’asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym (Swiss-ball, ballon de Klein), ou sur siège à assise inclinée en avant (assise Mandal). Finie la chaise classique, encore moins le canapé moelleux ! Il s’agit de passer de la station assise passive à la station assise active (voir les billets s’y rapportant sur ce blog).
Malheureusement les sièges des Ecoles, Lycées et Facultés sont des engins de torture pour le dos. Très tôt nos chers bambins apprennent à l’école à mal s’asseoir !!! Etonnez-vous après qu’ils en gardent l’habitude ! Sur un siège classique à dossier vertical, il faut s’asseoir sur le bord de l’assise.
L’usage d’un coussin ferme triangulaire de cinq centimètres d’épaisseur placé sur l’assise, pointe du triangle en avant, permet d’obtenir une légère extension des hanches. Il est donc recommandé aux porteurs de corset. L’adaptation de la station assise à l’école étant un problème, le kiné ne doit pas hésiter à donner ses directives par écrit au professeur principal. Comme réclamer un siège plus bas.

Debout, l’appui au sol doit être analysé (enregistrement stabilomoteur chez un podologue), avec prescription éventuelle de semelles propioceptives, bien qu’il ne faille pas en attendre de miracles. Prises isolément elles ont peu d’effet sur le dos mais s’intègrent logiquement dans un programme global de reconstruction posturale.
- Nota : Tout enfant scoliotique doit perdre l’habitude de croiser les jambes en position assise. Cela entraîne une bascule du bassin, et le dos s’incurve pour compenser. C’est pour tout le monde de toute façon une mauvaise habitude à combattre.

La vue
Les capteurs et effecteurs oculaires sont souvent atteints. Le capteur propioceptif visuel comprend douze muscles oculomoteurs qui ne remplissent pas toujours correctement leur rôle dans leur contribution à l’équilibre général du corps.
Solutions :
- Port de lunettes prismées, prescrites par un Optométriste si nécessaire. Tout enfant scoliotique devrait consulter un Optométriste.
- Une rééducation orthoptique.

La mâchoire
Musculatures de la mâchoire et du cou sont dépendantes l’une de l’autre. Il faut rechercher un éventuel SADAM ( syndrôme algodysfonctionnel de l’appareil manducateur) par « clichés dynamiques bouche ouvert – bouche fermée ». Prescrit par un Orthodontiste, le port d’une gouttière dentaire nocturne peut s’avérer nécessaire.

Le viscéral
Une lésion du contenu abdominal agit sur la mécanique de l’abdomen, et se répercute sur la mécanique générale du corps. Il n’est qu’à donner l’exemple de la femme enceinte chez laquelle dès le septième mois, la masse fœtale tire les vertèbres lombaires en avant, parfois jusqu’à une ptose de la zone sus-pubienne. Une hypertension abdominale unilatérale favorise une attitude scoliotique.

Thérapie normotensive
Le terme « normotensive », procède de la contraction de deux mots : normalisation et tensions (neuromusculaires). Elle prend en compte l’ensemble du corps et traite le syndrome de déficience posturale.

Cette thérapie manuelle est basée sur : le toucher déclenchant (triggering touch), le toucher détenseur (relaxing touch), et un traitement original des « trigger points » (voir billet sur ce blog). Elle traite les dysfonctions de l’appareil locomoteur et viscérales.
Nota :
Des contractures des muscles paravertébraux sont observées cliniquement dans le cas de la scoliose, un problème vestibulaire ou propioceptif du système oculomoteur, les favorisant. Il faut donc rééduquer le problème vestibulaire ou propioceptif.

Acupuncture
Elle est une des branches de la Médecine Chinoise, et affirme réguler l’énergie du corps en agissant sur certains points clés par aiguilles et autres modalités. Je pratique l’électropuncture à l’aide d’un « mini-acusonic » et d’un laser (pour les plus jeunes ou les plus sensibles au courant), la croissance étant une période de flambée énergétique tout autant que de flambées hormonale et scoliotique.
Les points d’acupuncture sont des points de moindre résistance électrique. Les appareils d’électropuncture repèrent ces points dits « électrodermiques », et envoient de petites impulsions correctrices. La longueur d’ondes d’un laser à Infra-Rouges (685-785 nm), permet une pénétration à travers la couche cutanée jusqu’à trois à quatre centimètre de profondeur. Le laser peut donc remplacer l’aiguille.
Certains chercheurs émettent l’hypothèse d’une transmission de l’information acupuncturale à travers le réseau des fibres conjonctives. Points clé : 62 V (thalamus-ouvre), 3 IG (tonique général), RP 5 (thalamus). Stimulation par balayage laser du méridien curieux Chong Mai (qui contrôle l’énergie de tout le corps), points sur Du Mai (Roé Jenn Mai + VB + R).
En auriculothérapie : 0’, L8, T2, W’’ + point thalamique.

Exercices de rééducation
- Sur planche oscillante corporelle (sur ce blog, exemple d’exercice au 27 décembre 2012),
- Sur swiss-ball (exemples : billets des 23.06.3013 et 28 avril 2013 sur ce blog),
- En bassin chauffé.
- Quelques exercices à domicile.
Privilégier gainage et équilibre (exercices pratiqués de préférence yeux fermés, Ex : « l’arbre » en yoga, yeux fermés).

Elongations Mes jeunes patient(e)s bénéficient d’élongations douces **** dont les modalités sont décrites dans ce blog, la plus efficace étant sans conteste « l’élongation active axiale en bassin chauffé » de mon invention (billet du 13 octobre 2013).

Conclusion :
Parents, exigez des soins de qualité pour vos petits anges, leur avenir en dépend !!!

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  • Ce qui veut dire : « dont on ne connaît pas la cause », bien qu’on soupçonne fortement une cause génétique. Dans 85 % des cas ce sont des filles qui ont des scolioses. Ce qui suscite une question : le gène « X » sexuel est-il impliqué ? De plus la maman ou la grand-mère de l’enfant atteint de scoliose est fréquemment aussi scoliotique.


** Entre onze et treize ans d’âge osseux chez la fille, entre treize et quinze ans chez le garçon. Toute scoliose qui augmente de plus de 1° par mois dans cette période est dite « maligne ».

*** L’os iliaque est l’os plat latéral du bassin, dont l’ossification de la crête est prise en compte pour définir les phases de la croissance. A Risser 5, la croissance est terminée.

**** Les tractions vertébrales sont interdites aussi bien pour les enfants que pour les adultes, car si on « vous tire dessus », le corps réagit heureusement par des contractions musculaires pour éviter l’arrachement (stretch reflexe).

Rééducation en neurologie

, 10:29

( suite du billet : Rééducation en gynécologie-obstétrique )

Dans ce secteur, les pathologies sont classées en deux groupes. A savoir les atteintes périphériques, celles du nerf ou neurone périphérique (polio, polynévrites), et les affections centrales pour la moelle et le cerveau (Hémiplégie, Parkinson, sclérose en plaques, infirmité motrice cérébrale, paraplégie et tétraplégie, ces dernières pathologies relevant le plus souvent d’une atteinte traumatique). La SEP (sclérose en plaques) est une affection dans laquelle la gaine isolante entourant les nerfs est détruite. Certains mouvements deviennent difficiles à exécuter, incoordonnés.

Si la rééducation des affections périphériques peut relever de modalités assez classiques (prévention de l’enraidissement articulaire et des attitudes vicieuses, massages, récupération progressive de la force musculaire, travail global à sec ou en piscine), dans le cas des atteintes centrales le MK (Masseur-Kiné) se doit de pratiquer certaines techniques portant le nom de leur inventeur. Il s’agit principalement des méthodes Kabat, Bobath, Perfetti, Brunnstrom, Carr et Shepherd. Le MK lambda se contentant de mettre en pratique ses connaissances scolaires, ne sera tout simplement pas à la hauteur. Passez votre chemin !
La rééducation tient ici une place majeure et il n’est pas question de s’occuper de plusieurs patients en même temps, ou d’y passer dix minutes. Le projet thérapeutique implique une prise en charge préventive ou curative axée sur les limitations articulaires, fonctions respiratoire et motrice, marche, équilibre (contrôle des chutes). De plus, bon nombre de malades sont profondément atteints psychiquement, il n’est pas question d’ignorer ce problème en se disant : « Je n’ai pas le temps, laissons cela au psy !»
L’ergothérapeute de son côté, a une place primordiale, et s’occupera des fonctions cognitives (intellect).

Para et tétraplégies :
La paraplégie est la paralysie partielle ou complète des membres inférieurs, éventuellement du tronc. La tétraplégie étant la paralysie des quatre membres, elle aussi partielle ou complète. En période d’alitement ou de consolidation osseuse, le sujet se trouve cocooné par une équipe chirurgicale et médicale spécialisée qui suit un protocole rigoureux, bien codifié. Les manquements aux règles, les négligences, sont rares du fait de la multiplicité des systèmes de contrôle. Si un soin est bâclé, si un bras, une jambe s’enraidit en mauvaise position par exemple, si une escarre apparaît (blessure par compression sur une zone d’appui, et qui peut devenir très profonde quand la personne alitée n’a pas été régulièrement positionnée), l’un quelconque des participants de l’équipe s’en rendra rapidement compte, et interviendra.
A la sortie de ces services pointus, compétents, le blessé médullaire a tout appris de ce qui est nécessaire à l’optimisation de son autonomie. La mobilisation passive des articulations du niveau sous-lésionnel (en dessous de l’atteinte nerveuse), ainsi qu’une verticalisation régulière sur «stand up» ou plan incliné (on remet le sujet progressivement debout) afin d’éviter les troubles thrombo-emboliques, sont ensuite poursuivies en ambulatoire dans un cabinet, ou dans un centre paramédical.


Maladie de Parkinson :
La maladie de Parkinson se caractérise par trois symptômes qui sont, tremblements de repos, rigidité, et raréfaction des mouvements. Appuyé par de solides bilans, l’objectif rééducatif est de conserver l’autonomie par des mouvements actifs et passifs de toutes les articulations du corps, des exercices d’équilibration, précédés de massages afin d’atténuer les douleurs. Le contexte psychique, là aussi est en général assez lourd. Il faut en tenir compte. En 2011, j’ai contribué à un ouvrage collectif en langue anglaise, où je propose un type de rééducation neuve et originale, consultable sur ce blog.


Hémiplégie :
C’est une affection neuro-motrice concernant la moitié du corps (visage, tronc et membres d’un même côté), dont l’origine est une atteinte cérébrale. Sa cause la plus fréquente est un accident vasculaire cérébral. Les troubles associés sont ceux de la parole, perception visuelle, sensibilité, l’intellect. Après les soins d’urgence, il s’agit de trouver la méthode rééducative la mieux adaptée. C’est là que ça se corse car les kinés ne savent plus à quel saint se vouer. Après sainte «Bobath» mise à bas de sa stèle après des décennies d’adoration, voilà que débarquent saints «Perfetti », «Brunnstrôm», «Carr et Shepherd», qui lui sont préférés.
La rééducation de l’hémiplégique est sans doute la plus complexe qui soit. D’où nécessité de faire un bilan complet, et ensuite de passer beaucoup de temps avec son patient qui est parfois long à la détente, ainsi que réceptif à certaines heures de la journée seulement.
Outre le kiné, il y a les ergothérapeutes qui interviennent, s’occupant des fonctions cognitives (intellect), de la récupération du membre supérieur, ainsi que psychomotriciens et AMT (aides médico-techniques).


Arnaques rééducatives
L’une de mes patientes la quarantaine, cadre de santé dans un service de rhumatologie en clinique, souffre d’un syndrome cérébelleux entraînant de sérieux troubles de l’équilibre. Avant d’être hospitalisée dans mon hôpital, elle a bénéficié de soins chez un kiné de ville qui se contentait de lui demander de monter sur une petite planche à bascule (plateau de Freeman), et de tenir l’équilibre pendant vingt minutes, sans surveillance. C’est tout ! Dans ce cabinet, le «turn over» est de dix clients, toutes les vint minutes. Bien que trente séances lui aient été prescrites, elle arrête au bout de dix, parce que : «ça ne lui fait rien». Quand cette malade a découvert en quoi consistait une séance «normale», croyez-vous qu’elle en ait voulu au MK escroc ? Que nenni ! Rares sont ceux qui s’insurgent. Ils subissent sans état d’âme leur thérapeutique bâclée. L’arnaque est en dehors de leur champ de conscience. La plupart du temps, plus leur pathologie est grave, plus ils se sentent dépendants, moins ils ont d’exigences. Pourquoi ? L’une des raisons sans doute est que leur sens critique est émoussé. S’ils se mettent à désespérer du « magnifique » système de santé à la française, le «meilleur du monde», ils sont perdus, il n’y a plus d’espoir. Une autre raison est qu’ils mobilisent toutes leurs forces contre la maladie. Ils n’en ont plus pour se défendre contre le système qui les gère. Leur pathologie occupe tout leur espace, ils ne peuvent tout simplement pas tout gérer.


Dernier exemple détestable : traiter une scoliose effondrée chez une personne de cinquante ans atteinte d’une SEP depuis l’âge de onze ans, par l’application de «quatre électrodes» sur le dos (comme si le courant pouvait régénérer les nerfs !) pendant un quart d’heure, trois fois par semaine ! Il ne faut certes pas fatiguer ces personnes sous peine de déclencher une crise, mais de là à bâcler…

Prochain billet : rééducation en Pédiatrie.

Rééducation cardio-pulmonaire.

, 06:29

(suite du billet : Les programmes rééducatifs habituels, propres à chaque catégorie de maladie, en huit billets successifs.)

Dans ce domaine le désencombrement bronchique prime. Il est parfois vital. En fait c’est même la seule urgence kiné officiellement reconnue. Viennent ensuite la réadaptation et le réentraînement à l’effort ainsi que les assouplissements (les patients sont raides), pour générer plus d’activités physiques dans la vie quotidienne. La pathologie respiratoire est plus supportable qu’un déficit moteur ou articulaire, car même réduite de moitié, la ventilation restante suffit à assumer la plupart des occupations quotidiennes, si l’on évite les activités qui fatiguent ou essoufflent.
Dès qu’un sujet est déjà affaibli, si ses défenses naturelles sont diminuées depuis longtemps (SIDA, tuberculose), il risque de voir son état de santé se dégrader rapidement si l’appareil cardio-pulmonaire n’est pas rééduqué rapidement (jusqu’à défaillance ou détresse cardio-respiratoire) S’il est encombré, qu’il a du mal à cracher, le processus d’oxygénation du sang se trouve perturbé (hypercapnie). De plus, des sécrétions stagnantes favorisent l’infection microbienne. Une prescription de rééducation s’impose aussi dans le cas d’une broncho-pneumopathie aiguë ou chronique chez l’adulte ou l’enfant, incapables de se défendre seuls, en spécialité de : neurologie, traumatologie, pédiatrie, après chirurgie cardiaque ou abdominale, ou pour traiter certaines déformations enraidissantes du thorax (scoliose ou cyphose grave).

Les techniques de ventilation localisée à type d’accélération du flux expiratoire, de mobilisation thoracique ou d’expansion dirigée abdomino-diaphragmatique, sont variées. Le kinésithérapeute place ses mains sur une zone du thorax, puis le sujet, en inspirant, doit les repousser, par séries de dix à vingt mouvements. Ensuite le soignant met une main frénatrice sur l’abdomen, le patient inspire en gonflant le ventre et expire en le rentrant.
Il existe maintenant des exerciseurs volumétriques qui permettent de travailler seul (Respiflo VS 5000), très utiles en complément d’une séance de rééducation respiratoire. Ils ne doivent cependant pas systématiquement la remplacer. Parfois un cas de conscience se profile quand un médecin prescrit explicitement du «clapping ». Il y tient. Ca arrive encore. Ces tapes inamicales portées contre un pauvre thorax qui ne vous a rien fait de mal, ne sont plus d’actualités. Elles se sont révélées peu efficaces. Leur seul avantage est de stimuler un sujet un peu récalcitrant. Obéir à la prescription médicale ou non ? That is the question !
La rééducation vise essentiellement les coronariens non opérés ou opérés, les convalescents après chirurgie cardiaque, les artériopathies des membres inférieurs. Dans le traitement de l’infarctus, la réadaptation cardio-vasculaire a radicalement changé son fusil d’épaule. Fini le repos strict au lit, la réadaptation à l’effort est précoce, et progressive. Elle a pour principe un retour accéléré à une vie sociale et professionnelle normales. Exercices respiratoires, augmentation progressive du périmètre de marche, escaliers, séances de gymnastique en groupe, renforcement musculaire, travail sur bicyclette ergométrique et tapis roulant, sont préconisés.
La rééducation respiratoire après chirurgie cardiaque tient une place prépondérante. Ensuite la correction de la cardiopathie en elle-même autorise une vie normale, ainsi que bon nombre d’activités sportives telles que : marche rapide, aquagym, gymnastique (cyclorameur, step, tapis roulant, élastogym) ski nordique, tennis de table, équitation (pas de parcours d’obstacles), tir à l’arc, gymnastique.
es méthodes de relaxation (sophrologie, yoga, zen shiatsu), sont très utiles pour la gestion du stress.
La rééducation influence grandement le pronostic de la maladie coronarienne avec diminution notable de la mortalité à long terme, ce qui implique qu’un MK qui ne fait pas son boulot condamne son patient à une mort prématurée !

Bronchiolite :
Chaque année, en France, de 500000 à 700000 bambins en souffrent. Pour autant doit-on parler d’épidémie, alors que dans les autres pays ce n’est pas le cas ? Le battage médiatique ne crée t-il pas un mouvement de panique générale qui engorge à l’excès les services pédiatriques ? Il y a pourtant en Angleterre et en Allemagne les mêmes nez qui coulent, les mêmes sibilants et râles bronchitiques, mais les parents sont sans doute mieux éduqués. Ils savent mieux moucher leurs mouflets, et ne font pas systématiquement le siège des services d’Urgences des Hôpitaux, à la moindre croûte qui colle aux narines.
La fièvre est une défense naturelle du corps à laquelle bébé doit s’habituer, la morve aussi, de même doit-il également apprendre à se combattre les virus. Le mouche-bébé est un outil précieux propre à déboucher bien des tuyauteries naturelles, sans qu’il soit besoin d’avoir systématiquement recours à une agressive broncho-aspiration. Les parents français doivent être mieux éduqués, et de manière systématique, à la prise en charge de leur bambin. D’autant que la kinésithérapie n’a pas prouvé son réel intérêt dans le cas de la bronchiolite du nouveau-né (j’ai écrit un billet argumenté sur le sujet).

Prochain billet : rééducation à visée esthétique.

Lorsque s’asseoir, et seulement s’asseoir, devient une bonne gymnastique !

, 07:15

Il s’agit de délaisser la station assise « passive » au profit de la station assise « active » !

Il y a une gym très facile, efficace, à la portée de tous, bon marché, qui consiste à s’asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym, que ce soit devant l’ordinateur, au moment du repas, etc. Il faudrait y habituer les enfants le plus tôt possible, afin qu’ils aient un dos et des jambes toniques ; surtout s’ils souffrent d’une scoliose, d’un Scheuermann, d’un spondylolisthésis.
Sur ballon, les muscles sont obligés de travailler en permanence pour maintenir l’équilibre (d’autant que bon nombre d’enfants ont des problèmes d’équilibre). Idem pour les personne âgée, lesquelles passent parfois les deux-tiers de leur « sainte » journée assises, avachies dans leur fauteuil, et ce dès le matin. Du coup, le soir, on les retrouve complètement avachies, le nez sur les genoux. Afin qu’elles renforcent leur équilibre et leurs muscles, il faudrait leur proposer de s’asseoir sur gros ballon au moins une demi-heure par jour au début, puis en augmentant peu à peu le temps passé dessus (et en restant à côté d’elles, s’il y a risque de chute).

Mieux vaut ce type de siège dit « mobile », plutôt que la « bête » chaise classique qui fait souffrir le dos. Les tests de Nachemson ont démontré qu’aussitôt qu’on est assis, les contraintes au niveau des reins (lombaires) augmentent de cinquante pour cent !

L’être humain n’est pas fait pour tenir longtemps cette posture, mis à part lorsqu’il est assis sur un animal en mouvement (équitation), car là les muscles travaillent obligatoirement pour maintenir l’équilibre.

Par ailleurs une étude Australienne a démontré que les personnes assises (45 ans et plus) plus de onze heures par jour ont 40 % de risques en plus de mourir dans les trois ans, que celles qui s’assoient moins de quatre heures par jour ! En cause des problèmes vasculaires et cardiaques.

Ne sommes-nous pas structurellement des homos erectus. Des hommes redressés ?

On nous dit : « Pour se tenir correctement dans un fauteuil, il faut bien caler son dos en arrière contre le dossier, en restant bien droit ! ». Tentez l’expérience : la posture ne peut se maintenir que durant quelques secondes, car elle est épuisante. Très vite on « pique du nez », et si on occupe ses mains à une tâche quelconque c’est pire, les tensions apparaissent immédiatement dans les épaules, descendant peu à peu vers le bas du dos.

Un conseil : quand vous êtes assis au bureau sur siège classique ou en voiture, placez une bouteille en plastique (vide) au niveau de vos reins (le choix de la bouteille de un ou de un litre et demi, dépend de la forme du siège). Elle maintiendra votre lordose lombaire (creux des reins) physiologique, et soulagera réellement les tensions musculaires locales.

En conclusion !

S’asseoir quotidiennement le plus souvent et le plus longtemps possible sur gros ballon de gym, réduit la fatigue du dos, corrige la posture, favorise la perte de poids, raffermit les muscles, sculpte les abdominaux sans effort, et atténue les douleurs articulaires.

cheval, équitation, équilibre

, 08:59

Shlomi_Nissim_fille_cheval.jpg
Shlomi Nissim

J’aime les chevaux !

La pratique de l’équitation est excellente pour le dos, même en période de lombalgie (avec ceinture de maintien), pour les dos en croissance, les scolioses, parce qu’on est obligé en permanence de faire de l’autograndissement et qu’on sollicite sa musculature : le muscle est à l’origine de la plupart des maux de dos et sa seule solution !!! C’est également recommandé pour renforcer son équilibre, or quand on souffre de manière chronique on présente des défauts d’équilibre. La seule ombre au tableau… il ne faut pas tomber !!!

Ce billet nous est proposé par notre ami Bernard Thomas, grand cavalier et amoureux des chevaux.

ORIGINES DU PUR SANG
On sait que la race du pur sang fut créée de toutes pièces à partir de trois étalons orientaux :
- DARLEY arabian
- GODOLPHIN arabian
- BYERLY turk
et des juments royales importées par Charles d'Angleterre.

ANATOMIE DU CHEVAL

AVANT MAIN :
partie du cheval située en avant du cavalier, comprenant :
- la tête
- l'encolure
- la poitrine et les membres antérieurs

ARRIERE MAIN :
partie du cheval située derrière la selle, comprenant :
- la selle
- la croupe
- les hanches
- les membres postérieurs

DOS :
partie du dessus qui va du garot aux reins et qui porte la selle
GARROT :
partie du corps située au-dessus des épaules entre l'encolure et le dos ; c'est le point d'attache des principaux muscles de l'avant main

AGE D'UN CHEVAL
FOAL : poulain de moins d'un an
YEARLING : jeune cheval pendant l'année commençant le 1er janvier de l'année qui suit sa naissance
POULAIN : cheval n'ayant pas atteint l'âge adulte

CARACTERE DU CHEVAL
Même de nos jours, personne ne penserait à contester que le cheval est doté d'une personnalité.
Qu'il soit destiné à la course, au concours hippique, à de simples promenades ou en manège, un cheval doit être fort et dynamique, et sa conformation doit présenter un équilibre harmonieux.
Ce qui caractérise le cheval domestique c'est sa grande sociabilité, non seulement vis à vis de ses congénères, mais aussi des autres animaux et de l'homme. C'est un animal qui peut souffrir de la solitude. Il arrive que si, pour une raison quelconque, un cheval est séparé de sa "mascotte", il peut s'ensuivre une perte de forme.
Le cheval ne peut pas dire : "j'ai mal" ; mais depuis la simple indisposition jusqu'à la douleur aigüe, il exprimera son état par un comportement différent de celui des autres jours.
Le cheval est sensible à son environnement quotidien. Etre changé d'écurie ou de lieu d'entraînement sera pour lui perturbant ; comme pour les humains, certains s'en remettront plus vite que d'autres.
Un changement de cavalier sera aussi perçu immédiatement par le cheval... qui saura parfois en profiter !

ALIMENTATION

Pendant les deux premiers mois de son existence, l'alimentation du poulain est constituée exclusivement du lait maternel dont il tète de 10 à 15 L par jour. Le sevrage a lieu vers le 6ème mois. Le poulain sera séparé de sa mère très progressivement.
Le cheval est un herbivore dont l'estomac est petit (sa contenance est de 15 L). Il est nécessaire de contrôler l'encombrement de sa ration journalière.
Le cheval est assez difficile sur la qualité de l'eau de boisson : elle doit être pure, pas trop froide et non souillée de débris de foin ou de litière. Il boit de 15 à 60 L par jour, suivant la T° extérieure et le travail qu'il fournit, et, bien entendu sa taille ; la moyenne étant de 20 à 25 L

DEBOURRAGE

C'est le premier stade de l'éducation du cheval venant du pré. Il va se familiariser avec ses nouvelles conditions d'existence avec la présence de l'homme

DRESSAGE ET ENTRAINEMENT

Il intervient après le débourrage lorsque le cheval est en forme physique et morale, qu'il est capable de supporter ce nouveau travail et d'accepter les ordres du cavalier.
Le pur sang possède des réserves énergétiques insoupçonnables.
Un bon dressage réside dans une habile cohabitation avec le cheval. Son but est de le soumettre à la volonté du cavalier, sans contrainte. Son moral est donc tout aussi important que sa condition physique.

EDUCATION DU CHEVAL

Un cheval, comme un enfant, doit être "éduqué" et les punitions font aussi partie de cette éducation.
Les punitions sont dites "passives", comme la privation momentanée de nourriture : un cheval habitué à trouver sa mangeoire pleine en rentrant de travailler, sera tout désappointé en la trouvant vide.
Si on ne peut pas instantanément punir la désobéissance, mieux vaut s'abstenir pour cette fois.
Si les caresses flattent la sensibilité du cheval, le sucre, les carottes, stimulent sa gourmandise.

ACHAT D'UN CHEVAL

Avoir un cheval à soi, être seul à le monter, c'est le rêve d'un cavalier. Mais un animal vivant est plus délicat à choisir qu'une automobile !

CHEVAL ET CAVALIER

Equitation élémentaire : c'est une période de mise en confiance et de mise en selle au cours de laquelle le cavalier débutant se familiarise avec le cheval ; il apprend à "se mettre en selle", à acquérir la position qu'il devra toujours conserver et à assimiler les premiers rudiments de conduite du cheval en se servant de ses mains et de ses jambes.
Si le corps se place en selle à l'aide d'assouplissements répétés, il est aussi utile d'exercer les facultés de l'élève pour l'amener à comprendre le pourquoi de ses gestes et pour développer son tact.
Psychologie du cheval et psychologie du cavalier sont intimement liées.

Réflexions à propos de l’émission : « Ostéopathie, qui nous manipule ? »

, 17:20

- Réflexions à propos de l’émission de la cinq, 20h35, mardi 25 septembre 2012 : « Ostéopathie, qui nous manipule ? »

Cette pratique a les faveurs du plus grand nombre en raison de l’aspect magique du toucher ainsi que du «craquement qui a (soi-disant) remis la vertèbre en place» quand le dos est manipulé. Que les choses soient claires : la vertèbre qui bougerait au moindre faux mouvement est un mensonge. Le jour où c’est le cas, le sujet se retrouve paralysé et bon pour le bloc opératoire ! Le craquement ne signifie en rien que la vertèbre ait bougé, c’est juste un bruit. La vertèbre « pète » (effet de cavitation). – Lire à ce sujet mon livre : « Mal de dos, vérités et mensonges » - D’ailleurs, combien parmi vous se font-ils craquer le dos plusieurs fois par semaine (ou par jour), ce qui donne une fausse impression de soulagement car au fil du temps le mal empire !!!

A l’occasion d’un choc (même émotionnel, même très ancien), d’une maladie, par usure ou vieillissement, surviennent des douleurs rarement insupportables mais lancinantes. Elles proviennent du fait que les articulations présentent d’infimes mouvements gérés par le système musculo-ligamentaire de voisinage qui peuvent gripper. L’esprit et le corps sont conjointement frappés de stupeur. Ils « se bloquent ». C’est cela que traitent les ostéopathes. Il y avait mardi 25 septembre sur la cinq, à 20h45, une émission sur l’ostéopathie, la médecine manuelle la plus en vogue, certains médecins venant témoigner de leur absolu rejet. Or soyons clair : il y a match nul, car aussi bien la médecine que l’ostéopathie ne sont efficaces que si le patient change ses mauvaises habitudes comportementales (mal assis, sédentarité, mauvaise utilisation de son corps). De plus tous les sujets qui ont mal au dos de manière chronique ou des problèmes articulaires aux jambes, ont un mauvais équilibre. S’ils ne rééduquent pas leur équilibre, ils auront beau avaler des anti-inflammatoires, se faire manipuler par un ostéo, avoir recours à la kinésithérapie, à l’acuponcture, etc, rien ne sera efficace à long terme !!! Or l’émission de mardi n’en a absolument rien dit !!!

Se référer à mon prochain livre : « Seniors : on vous ment sur votre santé ! » Grancher Editeur en librairie le mois prochain, ainsi qu’au billet intitulé : « Annonces sensationnelles de la presse : la suite », du 27/04/2012.

Il n’y a pas que l’ostéopathie. Quelle méthode manipulative privilégier :

Il faut différencier celles qui respectent le jeu normal des articulations, de celles qui les forcent.

- Les premières sont douces, on les appelle parfois « fasciathérapies ». Elles s’attachent aux « points-clés », remodèlent. Le praticien se contente de donner «un point d’appui adapté» au bon endroit et à la bonne vitesse pour que les tissus se normalisent et que les articulations qui en dépendent s’ajustent d’elles-mêmes. Il est à noter que l’émotion, les sentiments, s’inscrivent dans les fascias qui composent notre squelette fibreux (tendons, ligaments, aponévroses, tissus d’enveloppement des organes et viscères). C’est comme un livre ouvert sur notre esprit.

- Les secondes forcent l’articulation, vont au-delà du seuil physiologique (amplitude maximum naturelle) comme la chiropraxie ou certaines écoles d’ostéopathie orientées « Thrust ». La vive manipulation est pour elles un principe de base dans tous traitements. Le praticien se considère comme le « moteur de l’ajustement ».

Mon choix :

Le patient doit savoir réclamer en priorité la douceur. Ostéopathie à orientation « tissulaire », étiopathie, reboutement, thérapie normotensive, shiatsu, rolfing, usent majoritairement de manœuvres douces.

Nota :

Il est à noter qu’en raison de leur dangerosité, les manipulations du cou sont interdites aux non médecins, excepté sur prescription médicale. Hélas, bon nombre de praticiens passent outre cette exigence. Certains pêchent par excès, ils manipulent à tour de bras, or l’hypermobilisation est un outrage fait au corps. Dans mon Hôpital, les radiologues m’ont avoué que de trois à quatre fois pas an, des examens décèlent une grave lésion de l’artère vertébrale (celle qui irrigue le cerveau) après manipulation cervicale intempestive. Il n’y a qu’à multiplier ce chiffre par le nombre d’établissements au niveau national, pour obtenir un total effrayant d’accidents !

Un conseil : pour un même étage vertébral, il ne faut pas dépasser trois manipulations par an.

Question : peut-on manipuler sans risque le dos d’un enfant ?

On peut le faire, mais la prudence exige de n’intervenir qu’à partir de l’âge de quinze. Auparavant les raisons de le faire sont rarissimes. Il est à noter que c’est sans effet sur le pronostic des scolioses. Manipuler ne réduira ni le degré de courbure, ni la raideur (une scoliose rapidement évolutive, qui « flambe », doit être mise sous corset).



Ostéopathie

C’est une loi du 4 mars 2002 qui en a légalisé la pratique, suivie due décret N° 2007-435 du 25 mars 2007. Si la Haute Autorité de Santé exige de la médecine de n’user que de méthodes scientifiquement validées, l’ostéopathie a été reconnue sans preuves, ce qui fait grincer des dents bon nombre de médecins. De plus cette dernière établit un diagnostic, et malheureusement celui-ci contredit souvent celui du médecin. Ca créée des conflits. Parfois c’est l’ostéo qui a raison, parfois le toubib. Il faut reconnaître que cette vieille dame de plus de cent trente ans qu’est l’ostéopathie aurait besoin d’un dépoussiérage de fond qu’aucune école n’est prête à entreprendre (il en est de même pour les études de kiné). Quelques exemples à l’appui de ce nécessaire dépoussiérage :

Andrew J. Still, son inventeur (1828-1917), postulait que nombre de maladies proviennent de « déplacements vertébraux ». Faux ! Gageons qu’aujourd’hui avec les progrès de la science, ce brillant concepteur admettrait plutôt un « blocage segmentaire ». Certains ostéopathes affirment avec A. Sutherland, le « Monsieur + » de l’ostéopathie, qu’il y a mouvement possible au niveau des os du crâne. Oui, tant qu’il y a des fontanelles, ensuite il faut y aller au burin et à la perceuse ! D’ailleurs quand un anthropologue retrouve un crâne humain de plusieurs millions d’années, il est souvent intact (à part la mâchoire), preuve de sa solidité. Si les millénaires ne font pas bouger les os d’un crâne comment prétendre que des attouchements ostéopathiques d’une grande douceur peuvent modifier quelque chose en profondeur ? L’émission n’a pas évoqué le problème !

Citons également les lois de Fryette qui ont du plomb dans l’aile, l’expérimentation scientifique ayant démontré leur inefficacité. L’émission n’en a rien dit.

Il y a environ douze mille ostéopathes en France et presque douze mille méthodes différentes, chacun y mettant sa « patte ». Certains pratiquent même ce qu’ils nomment une « ostéopathie émotionnelle » : tout un programme ! Sachons faire le tri.

Nota :

Les ostéo non-médecins n’ont plus le droit d’effectuer de manipulations gynéco-obstétricales, ni de touchers pelviens. Les manipulations du cou, ou sur nourrissons de moins de six mois, ne peuvent être effectuées qu’après accord médical préalable.

  • Le Quotidien du Médecin 14-04-04.

Mal de dos : vérités et mensonges - 180 mensonges qui empêchent de guérir

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Mal de dos : vérités et mensonges - 180 mensonges qui empêchent de guérir (commander ce livre sur fnac.com)

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