Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

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Chère visiteuse, cher visiteur

, 11:18

Je suis masseur-kinésithérapeute et thérapeute manuel spécialisé en thérapie Normotensive. Passionné par mon métier, j'ai écrit de nombreux ouvrages et articles scientifiques.

Avec des mots simples, compréhensibles par tous, ce blog gratuit vise à vous éclairer relativement aux soins que se doit de prodiguer un kinésithérapeute. A cette fin, chaque billet du site est aussi complet que possible et riche en photos.

La grande majorité des patients passant entre mes mains, n'ont pas été éduqués à la prévention des gestes et postures à risques, ni aux sports qu'ils peuvent pratiquer. Pourtant c'est essentiel. C'est pourquoi je donne ici ce type de conseils.

Il m'importe de porter un regard critique sur la presse grand public quand elle véhicule  des idées fausses.

Ayant de nombreux amis médecins ou sportifs fort compétents, j'ai trouvé utile qu'ils aient leur rubrique VIP (vos invités privilégiés), afin qu'ils vous fassent profiter de leur science, même si le sujet traité déborde du cadre de la kinésithérapie.

Il y a, ça et là, quelques notes d'humour.

Nombre de visiteurs même habitant très loin de mon cabinet, me contactent afin que je les prenne en charge. Hélas, je suis sans cesse overbooké ; c'est très rarement possible. Ce que je peux faire :  donner des conseils personnalisés. C'est tout. A mon grand regret.

Je suis votre dévoué, tout près de chacune et chacun d'entre vous avec le coeur.

Gilles Orgeret

La vertèbre déplacée... un vilain mensonge qui perdure !

, 06:27

Vous souffrez d'une sciatique, d'un lumbago, de cervicalgies (mal au cou), de dorsalgies ? Alors il faut qu'un magicien « vous remette en place » la méchante vertèbre causale devenue subitement baladeuse !
En effet bon nombre d'ostéopathes ou de chiropracteurs propagent encore sans vergogne un tel mensonge. La manipulation, bien sonore, craquante, qui en découle, témoigne de cette « magnifique » réussite. Mais si manipulation il y a bien, elle est surtout mentale. Le patient a été berné, car si une vertèbre se déplace soudain, on se retrouve au bloc opératoire et non chez l'Ostéo. Ce phénomène blesse gravement les racines des nerfs émergeant à chaque vertébral ou bien la moelle épinière, ce qui provoque une paralysie transitoire ou définitive.

Le blocage vertébral segmentaire, bien réel, relève en fait d'un problème musculaire d'origine mécanique, psychologique, ou bien d'un défaut de commande centrale cérébrale.

Faire craquer une articulation pour la remettre (soi-disant) en place figure depuis la nuit des temps dans l'imaginaire collectif comme un geste magique. Au début seuls les rebouteux y avaient recours Puis Andrew Taylor Still, inventeur de l'Ostéopathie et formé lui-même au reboutement, en a fait un acte admissible car pseudo-scientifique. Daniel David Palmer, inventeur de la chiropraxie place le craquement au centre de tous ses soins, évoquant « un ajustement chiropractique visant à réduire une subluxation ».

Même sans avoir recours à une manipulation, tout-un chacun a mainte fois dans sa vie fait l'expérience de craquements indolores survenant à l'improviste. On a subitement l'épaule qui craque lors d'un mouvement un peu ample. Sinon c'est la hanche en se penchant en avant. Le genou peut aussi parfois « manquer d'huile » et grincer à la marche. Les bruits articulaires non traumatiques témoignent de frottements tendineux méniscaux ou articulaires, alors que les craquements post-traumatiques (choc, blessure sportive, mouvement trop ample) s'accompagnent d'une intense douleur, d'un gonflement et d'une impotence fonctionnelle (impossibilité soudaine de se servir de cette articulation). Ils sont le fait d'une entorse ligamentaire ou d'une déchirure musculaire.
Le craquement bien audible lors d'une manipulation vertébrale témoigne de l'effet de « cavitation ». Cela ne veut en aucun cas dire qu'une vertèbre a été remise en place mais qu'elle a été bien ou mal… manipulée. Les gaz dissous dans l'articulation se libèrent brutalement et font du bruit. Le volume de gaz contenu dans une articulation est de 15 %.

Le craquement restaure-t-il durablement la mobilité articulaire ?

Ce gain de mobilité est très temporaire.Il a été scientifiquement étudié et dure MOINS DE TRENTE MINUTES ! Est-on pour autant guéri ? Non.

Une étude de l'INSERM de 2011, conclut que la manipulation chiropractique n'est pas plus efficace que médicaments ou kinésithérapie (privilégier la méthode McKenzie), acupuncture. Quant aux risques des manipulations du cou, il est si élevé (dissection vertébrale) que sa pratique est interdite aux non-médecins. L'otéopathe, le chiropracteur, qui vous manipule le cou, le fait donc en contravention avec la loi.
Mais dites-moi chère lectrice ou lecteur, vous qui avez forcément vu des films de guerre, la manière de briser la nuque d'un guetteur ennemi pour se rapprocher d'une redoute à conquérir, ne consiste-t-elle pas en un violent mouvement semblable à celui de la manipulation cervicale ? Le risque en vaut-il alors la chandelle ? Le capitaine d'une caserne de pompiers me disait qu'il lui arrivait quatre à cinq fois l'an, d'emmener d'urgence un patient « manipulé » à l'Hôpital, parce qu'il ne pouvait plus se relever de la table de soins. Multipliez ce chiffre par le nombre de casernes et vous aurez des sueurs froides dans le dos.

Le mal de dos est un phénomène complexe qui ne ne résume pas à un problème purement local. Il a mainte fois été traité au travers de billets dans ce blog. Je vous en recommande la lecture.

  • Pierre Trudelle. Beaucoup de bruit autour du bruit articulaire . Kinésithérapie, les cahier N° 29-30 – Mai-juin2004 : p. 76-80.

Brodeur R. The audible release associated with jooint manipulation.J manipulative physio ther 1995 ; 18 : 155-64. Watson P, Hamilton A, Mollan RAB. A case of habitual joint cracking leading the radiological damage. BMJ

Conséquences post natales et pédiatriques de la césarienne

, 08:25

auteur : A. Paupe, Médecin-Pédiatre

Au fil des ans, le taux de césariennes s’est élevé régulièrement ; il est passé notamment aux Etats-Unis de 21 % à 31 % entre 1996 et 2006. En France, on estime qu’en moyenne, une femme sur cinq accouche de cette façon. Cette augmentation est liée en grande partie à l’amélioration de la qualité de la surveillance des grossesses et du dépistage ante natal de problèmes fœtaux ; elle évite ainsi les conséquences fâcheuses de problèmes liés à une présentation fœtale anormale, à un excès pondéral fœtal (macrosomie) ou encore les répercussions d’un défaut d’oxygénation (anoxie) avant et au moment de la naissance, préjudiciables pour le nouveau-né d’emblée et plus tard. Sur un plan juridique, il est vrai qu’elles garantissent sans doute une plus grande sécurité et un moindre risque pour le nouveau-né mais aussi pour l’obstétricien ce qui explique en grande partie cette augmentation aux Etats-Unis.

Les principales indications d’une césarienne sont d’une part les causes maternelles: une pré-éclampsie sévère (hypertension), un diabète mal équilibré, une chorio-amniotite (infection du placenta et des membranes amniotiques) ou un placenta praevia (mauvaise insertion responsable d’hémorragies) et d’autre part les causes fœtales: un retard de croissance intra-utérin sévère, une malformation contrindiquant un accouchement par voie basse, une macrosomie, une stagnation de la dilatation en cours de travail ou la survenue d’un défaut d’oxygénation fœtal avéré. Certaines sont réalisées en urgence pour ces raisons; d’autres à l’inverse sont programmées en dehors du travail, au « meilleur moment médical » pour la mère et son nouveau-né ou parfois même par convenance personnelle entre l’obstétricien et sa patiente dans le cas d’un utérus cicatriciel par exemple (après une ou plusieurs césariennes).

Mais si elles apportent en théorie des garanties de sécurité, elles ne sont pas totalement dénuées de risques ni pour la mère: rupture utérine ou placenta accreta (insertion anormale du placenta dans l’utérus) à l’occasion de grossesses ultérieures ni néonatales: problèmes respiratoires précoces parfois sous-estimés en termes de fréquence et de gravité. Il semble également qu’elles soient pourvoyeuses de problèmes plus tardifs pour l’enfant.


photographe : Jacob Aue Sobol

Conséquences respiratoires néonatales
L’accouchement par césarienne augmente le risque de complications respiratoires à la naissance même chez les nouveau-nés à terme. Parmi ces conséquences immédiates, on peut mentionner l’effet sur la ventilation du nouveau-né d’une imprégnation fœtale par des produits anesthésiques après une anesthésie générale devenue plus rare; elle est parfois responsable d’une respiration irrégulière comportant des épisodes d’hypoventilation et de pauses respiratoires rapidement résolutifs le plus souvent spontanément. La survenue d’une détresse respiratoire pose davantage de problèmes même si la grande majorité d’entre elles est bénigne et évolue favorablement. Une étude scandinave de 2007 retrouve chez plus de 30.000 nouveau-nés, un taux de détresses respiratoires de 4,2 % en cas de césarienne programmée versus 1,5 % en cas de naissance par voie basse. Une autre plus ancienne en 1995, retrouve sur un nombre presque identique d’enfants à terme, deux fois plus de détresses respiratoires chez des nouveau-nés nés par césarienne pendant le travail versus nés par voie basse et 6 fois plus en cas de césarienne programmée versus nés par voie basse.
D’autres travaux ont montré l’influence du terme de naissance sur leur incidence. Une étude en particulier a montré un taux de 7,4 % à 37 semaines versus 1,78 % à 39 semaines. Cela montre le rôle essentiel de deux éléments: d’une part le terme de naissance qu’il faut respecter au mieux sauf urgence imprévue et d’autre part la mise en route du travail avant l’extraction. En effet, la césarienne perturbe l’adaptation cardio-respiratoire à la naissance lors du passage à la vie extra-utérine si celle-ci est effectuée avant le début du travail. Celui-ci entraîne une sécrétion de catécholamines (hormones du stress) et de corticoïdes qui favorisent la résorption du liquide pulmonaire présent à l’intérieur des poumons et la sécrétion de surfactant nécessaire à la maturation des poumons. En l’absence de travail, les conséquences de ce dysfonctionnement hormonal peuvent avoir des répercussions respiratoires de gravité variable d’autant plus que la césarienne ne permet pas la compression thoracique par la filière génitale qui participe aussi à cette résorption. Même si cette atteinte pulmonaire évolue le plus souvent favorablement, elle nécessite souvent un transfert en réanimation souvent mal vécu à juste titre par les parents; or, celui-ci peut être évité en partie si l’on attend le terme de 39 semaines date à partir de laquelle le taux de détresses respiratoires diminue nettement ainsi que le déclenchement du travail si les conditions le permettent. D’autres conséquences de la césarienne sur le nouveau-né ont été aussi rapportées. On connait depuis longtemps l’importance de la mise en place précoce du lien mère-enfant; mais celui-ci n’est pas toujours respecté avec ce mode d’accouchement puisque la mère et son nouveau-né sont séparés pendant les premières heures qui suivent la naissance. Des travaux ont montré d’autre part qu’il existait une plus grande sensibilité à la douleur et une moins bonne protection du nouveau-né vis-à-vis de celle-ci en cas d’accouchement par césarienne. Ce phénomène serait lié à l’augmentation massive du taux maternel d’ocytocine pendant l’accouchement par voie basse. Cette hormone qui agit sur les contractions utérines et l’allaitement, favorise aussi un attachement fort et immédiat de la mère à son enfant et a un rôle euphorisant qui aide au développement de la relation. Elle a aussi un effet antalgique puissant. Cette protection durerait plusieurs heures.

Conséquences tardives
Depuis quelques années, l’accent a été mis sur un lien possible entre l’accouchement par césarienne et la survenue dans la petite enfance de manifestations asthmatiques et allergiques. Une modification de la flore digestive et une différence de qualité des défenses immunitaires de ces enfants par rapport à ceux nés par voie basse seraient en jeu. Une méta-analyse réalisée en 2008 portant sur 23 études retrouve un risque d’asthme multiplié par 1,2 dans cette population. Une autre étude en 2009 relève dans ce cas à l’âge de huit ans un risque d’asthme multiplié par 1,79. Mais le lien entre détresse respiratoire néonatale plus fréquente et surtout si elle est sévère et risque ultérieur d’asthme est possiblement en cause aussi. L’enfance n’est d’ailleurs pas la seule concernée puisqu’une étude finlandaise a signalé que les sujets nés par césarienne ont souffert trois fois plus d’asthme à l’âge adulte que les autres.
D’autres types d’allergies ont été rapportés. Une méta-analyse portant sur 7 études en 2008 retrouverait un risque de rhinite allergique multiplié par 1,23. Deux autres avancent pour leur part que le risque d’allergie alimentaire serait multiplié respectivement par 4 pour l’œuf et par 1,18 pour le lait de vache. La qualité de la flore intestinale néonatale joue certainement un rôle déterminant dans la survenue de ces phénomènes. L’intestin du fœtus sain est classiquement stérile dans des conditions normales. A la naissance, les bactéries d’origine maternelle et environnementale colonisent le tube digestif du nouveau-né. En cas d’accouchement par voie basse, le contact se fait avec la flore maternelle, vaginale (lactobacilles) et surtout fécale (entérobactéries et bifidobactéries). Lors d’une césarienne, cette colonisation se fait à partir de bactéries différentes, environnementales et cutanées (entérocoques, entérobactéries, staphylocoques epidermidis) moins adaptées au tube digestif et responsables d’une modification du développement du système immunitaire du nouveau-né. Un autre élément important peut aussi jouer un rôle dans la mise en place de la flore intestinale du nouveau-né à savoir le retard à la mise en place de l’allaitement maternel en cas de césarienne, le lait maternel étant aussi à l’origine d’une stimulation de la flore intestinale.

Conséquences à plus long terme
Plus récemment, quelques travaux mentionnent un lien possible entre la césarienne et la survenue d’un surpoids dans l’enfance avec selon certains, un risque deux fois plus élevé par rapport à une naissance par voie basse. Une étude de 2012 a montré un taux de surpoids de 15,7 % (44 sur 284) à l’âge de trois ans chez des enfants nés par césarienne versus 7,5 % (72 sur 911) chez ceux nés par voie basse. Pour d’autres, le surpoids noté dans la petite enfance n’est pas associé à une élévation du taux d’obésité après l’adolescence. L’hypothèse suggérée serait qu’une moins bonne assimilation des aliments gras et sucrés par une flore intestinale moins adaptée au tube digestif après une césarienne serait à l’origine d’un surpoids. Certains évoquent aussi le rôle possible de l’antibiothérapie maternelle pré-opératoire et néonatale pour perturber la flore intestinale néonatale. Tous ces résultats et toutes ces hypothèses doivent néanmoins être interprétés avec prudence et devraient être étayés par d’autres études car des facteurs environnementaux peuvent aussi agir.
Pour certains enfin, le retard de la mise en place du lien mère-enfant évoqué précédemment et de l’allaitement ont été rapportés comme étant potentiellement à l’origine de troubles du caractère et du comportement. Une étude épidémiologique suédoise inquiétante montre une incidence de l’autisme plus élevée chez les enfants nés par césarienne mais le facteur obstétrical n’est pas seul en cause et il est clair que d’autres éléments entrent aussi en compte: l’environnement maternel, une anoxie néonatale, une composante génétique. Une autre étude, australienne a révélé qu’une césarienne programmée multipliait par plus de deux fois ce risque et la césarienne en urgence par une fois et demie mais là encore d’autres facteurs sont aussi impliqués. L’explication suggérée part du principe que la capacité affective de la mère au moment de la naissance est indispensable à l’équilibre de l’enfant et à son aptitude relationnelle par la suite. Ainsi toute perturbation des processus physiologiques provoquée par le choc d’une césarienne ou l’anesthésie voire l’éloignement lorsque le nouveau-né est hospitalisé en réanimation, peut retentir sur la disponibilité de la mère vis-à-vis de son enfant et pourrait donc rendre ce lien plus difficile.
Enfin, quant au fait que la césarienne pourrait être à l’origine d’une augmentation de l’incidence de certaines pathologies « immunologiques » telles que le diabète ou la maladie cœliaque en faisant aussi intervenir une modification de la flore intestinale et de la réponse immunitaire, il demande clairement à être étayé par des études de grande envergure.

En conclusion, les progrès de l’obstétrique ont conduit à donner à la césarienne une place importante et indispensable pour faciliter la prise en charge du nouveau-né et sa survie dans de bonnes conditions. Elle ne doit pas pour autant être considérée comme un acte banal et les conséquences décrites reposent sur des données physiopathologiques réelles. La survenue d’une détresse respiratoire à la naissance demeure une éventualité non négligeable qui devrait inciter les obstétriciens à intervenir le plus tard possible après 39 semaines en cas de « césarienne non urgente ». Toutefois, les liens supposés, rapportés avec certaines pathologies tardives restent encore imprécis et théoriques et demanderaient à être confirmés et expliqués de façon rationnelle. Si l’indication d’une césarienne pour raison maternelle ou fœtale en urgence ne souffre aucune contestation, tout ceci devrait être pris en compte et discuté lorsqu’il s’agit d’une intervention pour convenance maternelle et de façon à proposer si possible un accouchement par voie basse même après une première césarienne si les conditions le permettent bien sûr.


photographie : Malgorzata Siemieniako

Dos rond enfants, adolescents. Le vrai, le faux, rééducation

, 12:57

Ce billet n'aborde pas le sujet des atteintes neurologiques, les malformations congénitales cyphotiques, les altérations graves du développement psycho-moteur s'accompagnant d'anomalies posturales, ou la spondylarthrite ankylosante dont la symptomatologie peut débuter avant l'âge de vingt ans.
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En l'occurrence, le défaut de posture souvent mineur au départ que les parents remarquent d'emblée chez leur enfant qui se tient « bossu » (attitude cyphotique), est caractérisé par sa réductibilité. C'est à dire qu'il se corrige d'emblée aisément .

Les complexes qui se trahissent parfois dans la façon qu'on a de mal se tenir, ou bien la poitrine qui commence à pointer ou qui se fait soudain trop lourde à porter, avec de surcroît le regard en coin de certains garçons, sont des facteurs aggravants. A la longue l'enfant cyphotique peut même développer des sentiments d'agressivité, de frustration, de repli sur soi, le conduisant à se réfugier dans un monde imaginaire. Dans ce cas, traiter efficacement son dos rond le sauvera plus sûrement qu'une psychothérapie.
Pourtant il y a d'emblée une erreur à ne pas commettre.
Répéter inlassablement : « Tiens toi droit ! » ne sert à rien parce qu'un enfant n'a pas notion de sa déformation, de même que ne vivant que dans le temps présent il ne mémorise pas ses douleurs et donc n'en fait pas tout un plat (il ne somatise pas comme l'adulte). Faites ce test : demandez-lui de se tenir debout redressé dans une attitude un peu militaire et de profil par rapport à un grand miroir, puis questionnez-le. A t-il l'impression d'être droit ? Même si son dos est en arc de cercle, il affirmera le plupart du temps se « sentir » droit. C'est pourquoi il convient plutôt de consulter un médecin habilité, puis un rééducateur posturologue, plutôt que de s'épuiser vainement en injonctions stériles et sources de conflits relationnels.

En phase prépubertaire l'attitude en dos rond compensant une cambrure très exagérée des reins (hyperlordose) est souvent due à une faiblesse abdominale et peut accompagner une spondylolyse, c'est à dire véritable fracture vertébrale sans déplacement osseux et déterminée par des contraintes mécaniques répétées.
Les cyphoses accentuées et hyperlordoses (cambrure des reins accentuée) liées à une hyperlaxité ligamentaire ou une faiblesse de la musculature postérieure, ainsi que celles qui correspondent à un défaut de famille (morphotype familial), sont réductibles après rééducation sérieusement conduite.
Sais t-on toujours qu'une importante myopie mal corrigée peut induire une attitude cyphotique qui peut ensuite s'enraidir ? Ou bien qu'un manque de hauteur de la partie inférieure du visage (brachycéphalie), peut être cause d'une attitude cyphotique, possiblement corrigée par le port d'une correction orthodontique (gouttière occlusale) ?
Par ailleurs une hypercyphose n'entraîne pas de répercussion pulmonaire. Par contre, à l'inverse, l'asthme peut favoriser la constitution d'une hypercyphose thoracique.
L'affection la plus représentative est la maladie de Scheuermann (dystrophie rachidienne de croissance) qui cesse de progresser à la fin de la croissance quand le cartilage n'est plus actif.

Traitement rééducatif

Il faut s'intéresser au sujet dans son ensemble, ce qui implique de cibler les incidences du dos rond sur l'esprit, le mental. En effet tous les sujets déformés ou douloureux chroniques (pas seulement les bossus) souffrent d'une modification morphologique du cerveau avec atteinte du thalamus (noyau cérébral régissant douleurs, postures et mouvements). C'est un peu comme si ces personnes avaient un virus dans la tête pouvant s'activer à n'importe quel moment et sans prévenir. Or l'on s'est aperçu que méditation ou hypnose médicale (et pourquoi pas l'audiogénèse, à explorer), permettent de réguler les ondes alphas produites par le thalamus.
Mes amis ostéopathes qui prétendent avoir une conception holistique de l'individu, c'est à dire dans sa globalité, ne disent pas la vérité puisqu'ils ne rentrent pas dans la tête des gens. Ils manipulent la charpente c'est tout, parfois très utilement quand même.

Bilan morphostatique
Le praticien se doit d'avoir un œil de posturologue. C'est-à-dire qu'il se doit d'examiner l'enfant dévêtu et de la tête aux pieds, debout de profil, de face, de dos, couché sur le dos puis sur le ventre, enfin à la marche. Le praticien déterminera de la sorte les éléments perturbateurs posturaux à corriger d'emblée, même s'ils se situent à distance du dos. Le mal-positionnement de la tête par exemple ou un trouble de l'occlusion (mâchoires), que je viens d'évoquer (brachycéphalie, importante, myopie mal corrigée), en font partie.

Acupuncture sans aiguilles
Les points d'acupuncture profonds se superposent à une zone de densification des récepteurs cutanés profonds, sortes de capteurs qui renseignent sur tout ce qui vient en contact de manière plus ou moins agressive avec la peau (terminaisons nerveuses libres, corpuscules de Vater Pacini), mais ils se superposent aussi aux récepteurs de la propioception (ensemble des éléments du corps nous renseignant sur le positionnement de notre corps dans l'espace, et contribuant à maintenir notre équilibre en toutes circonstances).
C'est pourquoi comme il en est pour la scoliose de l'enfant, je pratique un traitement d'électropuncture, ou bien avec un laser (indolore) sur des points bien précis, parce qu'il importe d'agir sur les causes profondes de la cyphose (ici le grave défaut propioceptif vecteur de troubles posturaux), et non seulement sur la conséquence qui en découle, c'est-à-dire le dos rond, sous peine d'être complètement inefficace.

Traitement normotensif
Cette thérapie fait l'objet de nombreux articles à retrouver sur internet ou dans ce blog. Il ne s'agit pas ici d'en faire le tour, ce qui serait fastidieux.
Traitement normotensif appliqué aux trigger points
Le dysfonctionnement articulaire suscité par une cyphose raide déclenche à la longue une souffrance musculaire dont le système nerveux est bien entendu averti. Se formeront alors des zones douloureuses à la palpation, souvent éloignées de la cyphose, appelées « trigger areas » décrites par Travell, et à traiter (consulter mon billet du 04/09/14.)

La contracture
Elle est due au maintien accidentel des ponts « actine-myosine » après contraction musculaire. Le muscle est dur et raccourci.
Une contracture ne fait pas toujours spontanément mal. Nous en avons même en permanence sans en souffrir. Elles procèdent de notre besoin permanent de tenir l'équilibre. Toutes ne sont donc pas à combattre. Le thérapeute manuel ne recherche du bout des doigts que celles qui sont vectrices d'un désordre pathomécanique. Il le fait en appuyant plus ou moins fort pour en percevoir la « rénitence », cette pression par contre étant toujours plus ou moins douloureuse, ce qui permet au sujet traité d'en percevoir l'existence et d'accepter le traitement.
Une pression thérapeutique normotensive permet de faire céder la contracture en quelques secondes et au final de corriger la posture lorsque l'ensemble du corps a été traité de la sorte, en insistant sur cou et mâchoires .

Posture
L'hygiène de vie est indispensable, notamment l'économie rachidienne dans les diverse activités du quotidien.
Je conseille des postures quotidiennes sur la ventre (une demi-heure minimum). L'enfant peut lire par exemple, ou faire un devoir, dans cette position.
La position asiatique dite de « la fleur du lotus » permet une élongation active du dos.
Puis il faudra corriger la posture de l'enfant assis à son poste de travail, la mauvaise station assise étant un facteur nettement aggravant. A cette fin l'usage d'un gros ballon de gym comme siège est préconisé, comme décrit dans le billet précédent et traitant de la scoliose (10/01/16), il est obligatoire en ce qui me concerne, avec adaptation de la hauteur du plan de travail (ceci devrait être fait pour tous les enfants quel que soit l'état de leur dos). Les filles doivent éviter le port de talons hauts qui accentuent la déformation du dos.
Bien que son poids ne soit pas considéré comme excessif s'il ne dépasse pas le tiers du poids du corps, mieux vaut éviter le cartable ; lequel a tendance à obliger l'enfant à marcher avec projection du tronc en avant. Mieux vaut opter pour la valisette roulante.
Sinon, sac à dos chargé à minima et imitant ceux des montagnards (avec sangle abdominale de maintien et larges sangles d'épaules). Il doit être porté avec son centre situé à 5 cm sous le sommet de la cyphose.

Sports
En conséquence de ce qui vient d'être dit (la mauvaise posture ayant déréglé le cerveau), la rééducation par exercices seuls est totalement inefficace, notamment pour les formes rigides. L'effet assouplissant ou soi-disant correcteur musculaire ne dure que le temps de la séance, jamais au delà ! Cela est notamment dû à la présence de deux creux (lordoses cervicale et lombaire) venant en compensation d'une bosse dorsale, et ce afin de préserver la station debout et la fonction de la vue. Ces lordoses limitent l'effet des mouvements gymniques correcteurs par défaut d'appui stable. Cependant l'enfant doit être actif et continuer le sport à l'école, ne serait-ce que pour ne pas être mis à l'écart, vu comme un handicapé, ce qu'il n'est pas. Sont déconseillés : Judo, rugby, gymnastique rythmique et artistique, haltérophilie, plongée sous-marine (port des bouteilles d'oxygène qui arrondit le dos) et acrosport (en tant que porteur). Porter un sac à dos durant une demi-heure chaque jour non sur le dos mais par devant soi, et alourdi (quelques boites de conserve) fait aisément travailler les muscles postérieurs du dos.
Exercices de gainage, sur ballon de gym sans arrondir le dos, basket, natation (en excluant brasse et papillon), sont également favorables.
Pour ma part je travaille la correction posturale sur planche oscillante corporelle (billet sur ce blog du 21/07/15).

Nota :
Après la puberté certaines douleurs du dos sont liées à une hyperexcitabilité neuromusculaire, les douleurs survenant après une posture prolongée mal assis ou debout. D'où l'importance de ne jamais cesser d'adopter une position à visée correctrice, comme de continuer à s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon, ou bien mettre sur son siège de voiture en bas des reins, une bouteille plastique vide.
Chez l'adulte cyphotique, « bossu », on constate une dégradation importante de la musculature de soutien de la colonne vertébrale associée à une perte de force des muscles fessiers.
Il est à noter qu'en astronomie l'apesanteur représente un modèle expérimental du vieillissement accéléré du squelette avec un caractère réversible. Le défaut d'activité, la sédentarité de nos chères têtes blanches est à incriminer.

Comment s'étirer le bas du dos et ménager son dos en se levant de son lit ?

, 07:32

S’étirer le bas du dos, quand il est fragile, souvent douloureux.

S’étirer d’un côté puis de l’autre dans l’encadrement d’une porte,
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et en se tournant vers l’arrière, trois-quatre fois de suite (plusieurs fois par jour).

Autre exercice pour le bas du dos : faire comme si on allait s’asseoir par terre en descendant les fesses le plus bas possible (trois fois de suite – plusieurs fois par jour). A pratiquer notamment lorsqu’on a été longtemps assis.
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Ménager son dos en se levant de son lit

Vos reins vous font souffrir (lombalgie, sciatique) ? Levez-vous de la manière décrite ci-dessous, et adoptez-la définitivement (même lorsque vous n’aurez plus mal), afin de ne pas vous bloquer le dos en vous levant :

Juste avant de vous lever, placez vos mains en haut des fesses (paumes tournées vers le matelas), puis décollez le bassin du lit de cinq centimètres environ, en le poussant avec vos mains. Faites ensuite des tout petits mouvements de bassin, d’abord latéraux, puis d’avant en arrière (une dizaine de fois).
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Ensuite :


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pliez les genoux, tournez-vous sur le côté,
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puis :

Passez en position assise au bord du lit...
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Normalement, si on se conforme à ce que les ergonomes préconisent, il suffirait maintenant de vous lever..., comme sur la photo suivante. Pourtant non !


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NON !!! Ne pas agir ainsi. C’est une très mauvaise idée ! Ainsi, le bas de votre dos qui s’est aplati lorsque vous étiez couché, va brusquement se creuser lorsque vous allez vous lever, et peut faire mal ou se coincer carrément (incident de dérouillage).

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OUI ! Sans vous arrêter, continuez le mouvement en vous tournant face au lit, et en posant les mains dessus. Ensuite seulement redressez-vous lentement en poussant avec les mains, et en « écoutant » vos lombaires.

Nota : Si votre lit est bas, mettez vous à genoux, puis redressez un genou (position du chevalier servant), avant de vous remettre debout.

L’hygiène à Versailles aux XVII è et XVIII è siècles

, 07:25

L’hygiène à Versailles aux XVII è et XVIII è siècles.
Par Damien P.

On a souvent dit que Versailles était le royaume du nauséabond et du manque d’hygiène.
Au XVIIe siècle les courtisans ne bénéficiaient pas de commodités fixes comparables à celles d'aujourd'hui. Pour autant, et contrairement à ce qui est souvent rapporté, on ne se soulageait pas sous un escalier ou dans un endroit plus ou moins discret. Des porteurs mettaient à disposition des seaux pour assurer quelque commodité, moyennant une petite rétribution. Compte tenu de la foule admise dans la maison du Roi, cela n’empêchait pas évidemment quelques comportements peu civils… mais de là à en faire une généralité…
Par contre, il est prouvé que de nombreuses mauvaises odeurs envahissaient par ailleurs le château :
les chevaux qui avaient galopé ainsi que la transpiration de leurs cavaliers.
les chèvres ou vaches que l'on amenait jusqu'aux appartements des princesses pour le lait.
les courtisans entassés qui se méfiaient de l'eau chaude.
Pour masquer ces odeurs fortes, on parfumait la crasse de patchouli, de musc, de civette, de tubéreuse etc. La diffusion des parfums se faisait par : des soufflets des pastilles à brûler. des cassolettes contenant de l'eau de mille fleurs. les gants parfumés que l'on se procurait chez le gantier parfumeur.

Propre comme le Roi soleil
Un fait est certain, pendant longtemps, pour la médecine, l'eau est suspecte : elle peut contenir les germes de maladies contagieuses. La toilette sèche est recommandée. Avec un linge (toile d’où « toilette ») imprégné d'esprit de vin (alcool) ou de vinaigre, on se lave les mains, le visage. On se lave donc peu et on se parfume à outrance. On pense alors que le capiteux, le lourd et le musqué cachent les odeurs corporelles et aseptisent l'atmosphère. La notion de propreté passe par celle des vêtements : on changeait de vêtement six à huit fois par jour, voir plus souvent encore pour le Roi qui ouvrait au public sa vie, parfois la plus privé comme la toilette, jusqu’au entretiens accordés pendant que le Roi est sur son cabinet d’affaires !
Un appartement de bain fut installé par Louis XIV en 1675 au rez-de-chaussée du château. Toutefois, cette enfilade de vastes salles avec colonnes, dorures, dallages et parements de marbres polychrome, servait davantage comme appartement de réception que de lieu de toilette… dommage pour la grande baignoire octogonale monolithique en marbre rouge du Languedoc, aujourd’hui rare vestige de ces appartements disparus et installée depuis les années 30 dans la grande orangerie.
À la fin de sa vie, le roi, surnommé le « doux fleurant », se parfumait à la fleur d'oranger et il fallait prendre garde en s'approchant de lui, à ne pas lui chagriner les narines avec un parfum qu'il ne supportait plus. La belle-sœur du Roi, la princesse Palatine, femme plantureuse, usait et abusait des parfums capiteux. Sa traversée des galeries du château en était toujours remarquée.
En outre les demoiselles masquaient leur mauvaise haleine avec des plantes aromatiques telles que cannelle, clou de girofle, fenouil, menthe, marjolaine, thym, pouliot, fleur de lavande ou mélilot. Madame de Sévigné décrivit la toilette de la duchesse de Bourbon qui se frisait et se poudrait elle-même tout en mangeant : «…les mêmes doigts tiennent alternativement la houppe et le pain au pot, elle mange sa poudre et graisse ses cheveux ; le tout ensemble fait un fort bon déjeuner et une charmante coiffure… ». Les poudres se dissimulaient dans les coffres à vêtement ou sur soi dans des sachets.

Le retour en grâce de l’eau
Au XVIIIe siècle, et plus précisément après 1750, un profond changement de société s'opère. À travers les philosophes des Lumières et tout spécialement l'œuvre de Jean-Jacques Rousseau, une nouvelle sensibilité naît. On redécouvre les bienfaits de l'eau. Les femmes rejettent les artifices du Grand Siècle, les coiffures compliquées et les parfums trop forts. On recherche l'authentique et aux matières premières animales, on préfère les végétales. Les fleurs triomphent dans des parfums légers et délicats qui ne cachent plus la personnalité mais l'expriment et l'exaltent.
On se passionne pour l’eau de rose et l’eau de lavande qui sentent si frais ; la violette est reine. La beauté admet désormais l’imperfection, et la séduction passe par l’estime de soi.
La notion de bain se banalise alors. Pour Louis XV, la salle de bains est un lieu intime, facile à chauffer puisque bien isolée et entresolée. Selon l’usage, ces pièces sont dallées de marbre, et parfois équipées de deux baignoires placées côte à côte : l'une pour se savonner et l'autre pour se rincer. Les cuves étaient en cuivre, tapissées de linge pour ne pas irriter la peau. Deux robinets pour l'eau chaude et froide étaient reliés à deux réservoirs, dont un était chauffé, disposés dans l’entresol et alimentés par des valets (les « baigneurs-étuvistes ») tous les jours. Louis XV se faisait frotter avec un pain de Marseille. On se repose des fatigues du bain dans une autre pièce, la « chambre des bains » dans laquelle le roi étendu séchait à l’air libre ou se faisait masser et épiler. Les cheveux ne doivent pas être mouillés ; ils sont frisés au fer, coiffés pour être dégraissés. Il arrive que le temps manque pour la coiffure, alors on met la perruque. Les hommes se baignent nus, les femmes portent une longue chemise.
Les femmes aussi reçoivent pendant leur bain par leurs femmes de chambre, les baigneuses, qui préparent le « bain de modestie » (sachets de poudre d'amande, d'écorces d'orange, de racines d'iris parfumant le bain et assouplissant la peau), Elles le prennent le matin, le cérémonial de la toilette peut durer quatre heures pour la reine. C'est l'occasion de prendre des leçons de langue, de faire venir un professeur ou de recevoir sa société la plus intime. Le petit déjeuner n'existe pas alors, les gens ont coutume de prendre une collation, une tasse de liquide chaud durant le bain (thé au citron pour Marie-Antoinette). Les femmes ne se mouillent jamais les cheveux elles non plus, elles les font peigner parfois pendant des heures pour les dégraisser. Pendant le bain, elles les attachent avec une toile plus ou moins volumineuse appelée charlotte.
Les salles de bains ont souvent été déplacées, modifiées ou réinventées à mesure que progressaient les techniques du confort (eau courante, cabinet de chaise à l’anglaise). On ne connaît pas exactement le nombre qu’en abritait le Château, mais pendant la seconde partie du XVIIIe siècle, chaque membre de la famille royale avait la sienne.

Le bain de Marie-Antoinette
Marie-Antoinette possède plusieurs appartements des bains au sein même du château de Versailles. Un dans l’appartement intérieur contigu à son grand appartement et composé de trois petites pièces faciles à chauffer (salle du bain, chambre et cabinet de chaise), et une grande pièce des bains finie d’être aménagée quelques mois avant la Révolution, au sein de l’appartement en rez de cour, qui assurait les deux premières fonctions, et complétée par un petit cabinet de chaise éclairé en second jour. "Sa modestie était extrême dans tous les détails de sa toilette intérieure ; elle se baignait vêtue d’une longue robe de flanelle boutonnée jusqu’au col, et, tandis que ses baigneuses l’aidaient à sortir du bain, elle exigeait que l’on tînt devant elle un drap assez élevé pour empêcher ses femmes de l’apercevoir." (Extrait des Mémoires de Madame Campan). Lorsque l’on sait que la dernière salle des bains aménagée par la Reine prenait le jour au rez de cour de la cour de marbre, à hauteur de vue de tout un chacun, on comprend une telle pudeur.
Le bain est parfumé : " J'ai employé quatre onces d'amandes douces mondées, une livre d'Enula campana, une livre de pignons, quatre poignées de semences de lin, une once de racines de guimauve et une once d'oignons de lis. Je vous recommande ensuite de mettre à chauffer de l'eau de rivière, principalement de celle qui est passée sous la roue du moulin, suffisamment pour un bain, et lorsqu'elle est chaude à propos, de la jeter dans la cuve. La reine doit s'asseoir sur le grand sachet et servez-vous des deux autres, qui contiennent aussi du son, pour lui en frotter le corps." (Extrait de Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette par Elisabeth de Feydeau).

La valse des sanitaires
Lorsque le château est déserté par la Cour à la fin du XVIII°s puis lors des transformations par Louis-Philippe en musée dédié « A toutes les gloires de la France », ces pièces de commodité sont toutes détruites. Peu de vestiges nous sont parvenus intacts : traces des robinets dans les lambris, vestiges des chaufferies d’entresol, poêle en faïence de la salle des bains de Mme du Barry retrouvé intact derrière une cloison.
Il est toutefois une anecdote intéressante : Louis XVI et Marie Antoinette avaient fait aménager pour leur usage privé des cabinets de chaise dits « à l’anglaise », de la plus haute modernité. En effet, ces sanitaires fixes, dans des pièces dédiées (fini la chaise percée mobile habillée d’un velours peu hygiénique) étaient en lambris d’acajou (bois d’importation imputrescible, très utilisé en Angleterre, d’où le nom) et équipés d’une canalisation qui permettait l’évacuation directe en fosse des matières sans avoir quelques seaux à vider et à promener dans les couloirs et les salons.
Ces lieux disparaissent après la Révolution mais sont restitués près de 50 ans plus tard, selon les plans du XVIII°s -tant leur modernité était encore d’actualité- pour l’usage de Louis Philippe et de la reine Marie Amélie, dans ce qui devient leurs appartements privés à Versailles, utilisés lors des réceptions qui peuvent être organisées dans le château.
A nouveau supprimés à la fin du second Empire par la France républicaine, les plans de ces sanitaires Louis Philippard ont été exhumés à la fin du XX°s pour permettre une nouvelle restitution sensée évoquer cette fois ceux en place à la fin de l’ancien régime et dont ils étaient la copie fidèle.

Le thème de la photo n'est pas celui qu'on pense !

, 16:32

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photo : Philippe Brière

La dame âgée est fort mal assise, elle ne ménage ni ses hanches, ni son dos. Quant-au photographe, lui non plus ne montre pas le bon exemple.
Rares sont les personnes qui ménagent leurs articulations dans les activités de la vie quotidienne. Pourtant, ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?
Dans un monde où surabondent les images, on ne voit jamais quiconque donner le bon exemple en pliant les genoux plutôt que le dos en se baissant, ni être convenablement assis, la bonne position assise étant celle qui respecte un angle tronc-cuisses de 130° ( la position du cavalier). Position qui surmène le moins les vertèbres lombaires.

Etonnez-vous après cela que les médecins du travail, les ergonomes, ne parviennent pas à faire efficacement passer leur message ! Les personnes auxquelles ils s'adressent ont emmagasiné tellement d'images contraires au bon usage, qu'elles sont devenues hermétiques.

Il en est de même pour le tabac ou l'abus d'alcool. Tant que les médias continueront de déverser des millions d'images de peoples cigarette au bec ou en train de se soûler, peoples qui sont des références absolues pour bon nombre d'entre nous, le message ne passera pas. Cessons de nous illusionner !

Un PAPAS ? ( suite)

, 08:36

(suite de l'article PAPAS )

Dans un deuxième temps, je vais tenter de vous faire comprendre ma fonction, mes activités, ainsi que ma spécificité. Nous obtenons le statut de Professeur d'APA à partir du niveau d'études Licence (bac+3), ensuite certains comme moi, font le choix de se spécialiser en continuant sur un Master (bac+5).
Pour ma part, ma spécialisation portait sur la Performance et la Rééducation fonctionnelle.

Un professeur d'APA encadre toute activité physique et sportive destinée à un public porteur d'une limitation, d'une déficience, d'un handicap, d'une pathologie aiguë et/ou chronique ou encourant un risque de santé, dans le but de favoriser un retour à l'autonomie dans les gestes quotidiens. Son travail consiste à la conception, à la conduite, et à l'évaluation de programmes de réadaptation d'intégration par les APA.

Concrètement, le travail de terrain prend diverses formes, selon le public concerné, le projet institutionnel, les lieux de pratique, les activités, la pathologie, etc. Mon article est plus orienté vers mon poste actuel, au sein du monde hospitalier. Si vous prenez un même professeur d'APA, mais exerçant dans une association, son rôle, et ses missions seront orientées vers de l'entraînement sportif.

Nous retrouverons les activités de :

  • § développement de la condition physique (réentraînement à l'effort, renforcement musculaire, amplitude articulaire, etc.)
  • § éducation physique et sportive spécialisée
  • § éducation à la santé (prévention notamment), prophylaxie
  • § prévention des chutes, travail de l'équilibre, travail de marche
  • § animation d'activités physiques et sportives adaptées
  • § travail de mémorisation
  • § travail de coordination
  • § travail de relaxation
  • § utilisation d'aides techniques
  • § etc.

Pour autant, le professeur d'APA ne soigne pas directement, il agit sur des leviers permettant la compensation d'un déficit ou sa réduction. Il prend en charge une ou plusieurs personnes, et leur propose un programme construit et personnalisé d'APA en lien avec une problématique de santé. Ce programme contient donc des évaluations, des séances de pratique, des temps pour l'éducation à la santé... Il est progressif et adapté à l'état de chaque personne.

Sa spécificité, est sa méthodologie d'intervention qui prend en compte ses éléments dans la conception de ses séances. Il intervient généralement au sein d'équipes pluridisciplinaires de prise en charge, c'est à dire qu'il travaille en collaboration avec d'autres professionnels issus d'autres disciplines (éducateur spécialisé, infirmier, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien, médecin, AMP, animateur ...). Dans une optique de prise en charge globale et donc pluridisciplinaire, chaque discipline apporte ses propres outils et ses méthodes. Pour l'enseignant d'APA, c'est l'activité physique adaptée qui sert d'outil d'intervention.

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CONCLUSION
L'APA est utilisée dans des secteurs variés comme ceux de la santé, du handicap, de la réadaptation, de la rééducation, de l'éducation spécialisée, du vieillissement... Plusieurs spécialités de la médecine comportent désormais l'activité physique dans leurs stratégies thérapeutiques : MPR, cardiologie, pneumologie, gérontologie, psychiatrie, orthopédie, diabétologie... Les professeurs d'APA ont toutes les compétences pour développer des programmes d'activité physique adaptés. Nous trouvons également des professeurs d'APA indépendants, intervenant en libéral ou proposant leurs services dans des cabinets de santé en collaboration, et en complémentarité des kinésithérapeutes.

Les méthodes kiné abandonnées ou en déficit de reconnaissance

, 17:15

Pouliethérapie, électrothérapie de haute et moyenne fréquence comme les ondes radar ou les micro-ondes (des ondes électromagnétiques très courtes) - à moins qu’on veuille faire cuire son patient au four micro-ondes -, mais aussi certains gestes comme le clapping en rééducation respiratoire, sont aujourd’hui décriés et abandonnés. Le clapping consiste en tapes assénées dans le dos pour décrocher les crachats. Et pourtant, combien de générations de MK (Masseur-Kiné) ont-ils reçu les félicitations du pneumologue, parce que «le patient allait bien mieux », après ce geste thérapeutique maintenant banni !

Parfois, les Hautes Instances nationales de la profession, ne rejettent pas totalement un acte ou une méthode, mais les soumettent à recommandations particulières. Pour la lombalgie subaiguë (mal au bas du dos) par exemple, le massage est désigné comme plus efficace qu’ultrasons* ou infrarouges (lampes chauffantes). Autre exemple cette fois d’une méthodologie rééducative boutée en touche du fait de l’évolution des concepts scientifiques contemporains : la méthode Bobath, longtemps star incontestée dans le domaine de l’hémiplégie. Elle n’a plus le vent en poupe, au profit de Perfetti, Brunnstrom, ou Carr et Shepherd. L’un des arguments en sa défaveur est que cette pratique néglige l’utilisation de la main du patient. Elle met ensuite l’accent sur le contrôle gestuel au détriment de la force, pourtant essentielle dans certaines activités comme la marche, il faut le reconnaître.

Autre surprise ! Les sacro-saints étirements sportifs pratiqués sur le terrain avant la performance, et pourtant préconisés depuis l’antiquité, ne seraient pas favorables du fait que le muscle se refroidit lors de leur pratique **.

On pourrait faire le reproche aux Ecoles de kinésithérapie de ne pas faire régulièrement le tri dans le panel des méthodologies de soins qu’elles enseignent à leurs élèves. Elles se contentent d’un fond de commerce parfois dépassé, voire obsolète, et ne se préoccupent pas de prospecter certaines techniques émergeantes, peu médiatisées mais efficaces, et qui plus est d’un grand intérêt thérapeutique. Pour rappel, le programme des études n’a pas été remis à jour depuis 1989 !

  • L’usage des ultrasons est très répandu. C’est tellement pratique. Il suffit de balader sa sonde sur la zone malade sans se creuser la cervelle. Pourtant, à la question : « Les ultrasons, sont-ils efficaces vis-à-vis des douleurs musculo-squelettiques et des lésions des tissus mous ? », la revue spécialisée Kinésithérapie / les annale N° 2-3 Fev-mars 2002/ p.4-12, concluait : « Qu’il soit branché ou non, les effets cliniques sont identiques. Il n’y a pas actuellement d’argument biophysique pour justifier l’utilisation thérapeutique des ultrasons. Les auteurs ont recensé trente cinq études contrôlées randomisées dont la valeur méthodologique est indiscutable.
** Etirements et performance sportive. P. Prévost - KS n° 446 – 07/ 04 - p5 – K.S n°426- 10-04- p 43.

Traitements médicaux contre l’arthrose, efficaces ? Non, semble-t-il !

, 05:48

En ce qui concerne les AASAL (anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente), déjà en 2010, l’American Collège of Rheumatology les avait retirés de la liste de ses recommandations. Depuis, la Commission de transparence française (CT)* a conclu : « Les AASAL n’empêchent pas la dégradation articulaire, leurs effets sur la douleur et la gêne fonctionnelle sont minimes et de pertinence clinique discutable, le service médical rendu est insuffisant pour justifier leur prise en charge par la solidarité nationale ! »
Or que voit-on ? En France, tous les rhumatisants sont gavés de ce type de médicaments l’année durant. Du coup, au lieu d’être bonifiée, leur santé se dégrade.
Peut-on espérer un changement dans les prescriptions des rhumatologues au vu de telles conclusions scientifiques ? Je réponds clairement non ! Rien ne changera !
Je connais déjà la réponse qu’on me servira : « Les patients réclament leurs médicaments ! ». Oui, mais être professionnel de santé c’est éduquer, ce n’est pas se laisser mener par le bout du nez par ses patients.

La prise en charge de l’arthrose ne doit pas se suffire au traitement des symptômes, en particulier de la douleur, sachant de surcroît que la liaison entre les deux est très mal établie. Prenons l’exemple concret de l’arthrose vertébrale. Je cite **: « On sait depuis longtemps que l’arthrose vertébrale n’est pas toujours douloureuse, loin de là, et plusieurs travaux ont montré qu’il était impossible sur des radiographies de sujets de même âge, de distinguer les sujets qui souffrent de ceux qui ne souffrent pas. Il est difficile (le plus souvent impossible), d’identifier une cause anatomique précise des lombalgies chroniques où les facteurs psychologiques intriqués ont un rôle majeur. »
Voilà qui est clairement dit. Chez le sujet douloureux chronique (plus de trois mois), le message douloureux est faussé, notamment au niveau du thalamus. Le cerveau « beugue » en analysant ce message. Ce qui fait qu’on peut avoir vraiment mal sans que la région concernée présente le moindre trouble en rapport. Donc tenter uniquement de stopper le « message douleur » par des médicaments est un non-sens thérapeutique !

Les problèmes découlant de l’arthrose relèvent essentiellement d’un déconditionnement neuro-moteur. C’est prouvé. Le mouvement fait peur, on a peur d’être aggravé, or c’est en bougeant intelligemment qu’on peut s’en sortir (prophylaxie vertébrale c'est-à-dire apprentissage des gestes qui ménagent les articulations, propioception, exercices favorisant le gainage, réentraînement à l’effort). L’aide, le suivi, d’un professionnel de santé habilité est indispensable. Certains patients n’ayant plus confiance en leur Rhumatologue, se tournent vers leur ostéo qui leur dit : « Quand vous avez mal, venez me voir, ça suffit ! ». Faux ! Ca ne suffit pas, on ne peut pas s’en sortir comme ça ! Le kiné qui se contente de vous poser sur la peau des électrodes reliées à un appareil de basses fréquences (TENS), et qui vous papouille cinq minutes, ne vous rend pas plus service.
Alors quelle prise en charge est efficace ?
Un peu de psychothérapie, un rien de saine diététique alimentaire, un zest de thérapie manuelle, un chouïa d’acupuncture, un soupçon de kinesiologic Tape, des conseils visant à mieux gérer son corps (station assise, équilibre, auto-étirements actifs myotendineux), quelques exercices à la maison au quotidien en privilégiant le gainage, et pourquoi pas débuter une activité sportive (Taï-chi, gym en salle, elliptique, Wii Fit, marche, aquagym, vélo).
La prise en charge doit être complète pour être efficace. Se contenter d’une option ne suffit pas. Ainsi lorsqu’on est réfractaire au moindre effort, si on se complait dans sa vie de sédentaire en demandant seulement « qu’on nous enlève la douleur » sans changer certaines choses dans sa vie, on est fichu !!! Ceux qui vous diront le contraire sont des charlatans s’intéressant plus à votre carte de crédit qu’à votre santé ! Ils sont légion !

  • Rhumatos. Septembre 2013. Vol 10. Numéro 90.
    • Revue du Rhumatisme. Monographies. Février 2011.Vol 78 ; N°1. P19.

La prévention, quésaco ?

, 15:32

La prévention, quésaco ?

Dans le langage courant on dit avec bon sens : « Mieux vaut prévenir que guérir ! ». L’article 31 de la convention nationale traitant des droits et devoirs de la profession de Masseur-Kinésithérapeute, précise à juste titre : « La prévention est un élément essentiel de la politique de santé.».

La participation des MK à cette bonne action ne date pas d’hier, mais cela ne concerne pas qu’eux. Dans toutes disciplines médicales il y a lieu de pratiquer la prévention. Il faut prendre le temps d’éduquer le sujet, l’aider à combattre ses mauvaises habitudes. Hélas, dans les cabinets, c’est une option parfois zappée parce que les scientifiques lui trouvent peu d’efficacité, comme en matière d’évitement des maux de dos quand il s’agit de conseiller au patient de plier les genoux plutôt que son dos lorsqu’il ramasse un objet lourd. Car il a été démontré que l’apprentissage des bonnes postures tel qu’il est pratiqué par les écoles du dos par exemple, a peu d’intérêt. Efficacité quasi-nulle. Mieux vaudrait en fin de compte diminuer les contraintes et la fatigabilité au travail *. Je pense qu’il faut néanmoins continuer à passer le message prévention en matière de maux de dos. Les scientifiques ont conclu à l’inefficacité du programme-prévention parce qu’il est obsolète. Il faut le réactualiser, en insistant notamment sur les dangers de la station assise prolongée (consulter mon livre : Mal de dos, vérités et mensonges). Dans ma pratique professionnelle, c’est un des fondamentaux.

Autres domaines où la prévention est importante : dans le plan hivernal anti-bronchiolite il faut éduquer les parents au mouchage de leur chérubin. Sur le plan sportif il y a la prévention des gestes à risques de micro-traumatismes. Chez les personnes âgées la prévention du risque de chute est primordiale. A quoi bon rééduquer si l’on n’apprend pas à se protéger.

Voilà donc quelques uns des aspects de cette mission indispensable à la santé publique qu’est la prévention. Trop de MK zappent cette incontournable phase rééducative, ces conseils qui « prennent du temps ».

  • Dr C. Bailly. Lombalgies : la rééducation n’est pas systématique. Panorama du Médecin. 12 juin 2006. N°5022. P 54

Nouvelle polémique sur la bronchiolite

, 06:19

« Il n’y a pas d’événement, il n’y a que des interprétations ! », disait Nietsche.
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Photo : Hayatın İçinden

Dans le magazine « L’Express » du 12 décembre 2012, en page 42, dans un encadré, les bienfaits de la kinésithérapie respiratoire, très fréquemment prescrite aux nourrissons, est « encore » mise à mal. Pourquoi ce mot : « encore » ? Parce que dans un précédent billet du 31 mars 2012, rubrique « billets censurés », je citais ici, dans ce blog, trois études internationales déconseillant déjà l’usage de cette pratique qui « n’accélèrerait pas la guérison ».
La revue médicale « Prescrire » qui est la source de cette nouvelle information, provoque donc encore la polémique.
Pour les nombreux confrères défenseurs de ce geste thérapeutique qui voudraient continuer à le pratiquer, il y a urgence à pratiquer ne serait-ce qu’une étude sérieuse prouvant son efficacité. La revue précise que les résultats étayant cette thèse ont été obtenus sur des enfants hospitalisés, donc gravement atteints. Ce qui la rend crédible. Car lorsqu’un enfant est peu gravement atteint, cela ne devient qu’un soin de confort, voire du placebo. La Sécurité Sociale peut-elle encore se permettre de rembourser des dizaines de milliers d’actes au résultat aléatoire ? Je n’en connais pas le chiffre, mais en période d’épidémie c’est colossal.

Mon avis :
Le problème de la kinésithérapie est que nous-nous devons de ne pratiquer que des méthodes validées scientifiquement. C’est un carcan qui ne pèse pas sur les épaules de l’Ostéopathie, par exemple (parce qu’elle n’est pas remboursée), bien qu’efficace à plus d’un titre. Auparavant et durant des décennies, le MK n’était pas tenu de justifier du choix de ses méthodes. Dans un précédent billet du 1er juin 2012 : « De la difficile validation scientifique », je précisais que l’Agence Nationale de l’Accréditation et de l’Evaluation en Santé (ANAES), est chargée d’évaluer et de valider les outils kinésithérapiques. Pour être validée et mériter une reconnaissance nationale ainsi qu’une large diffusion, une méthode de soins doit « absolument » se plier à un formatage défini par le standard nommé IMRAD. Celle qui ne passe pas sous ces fourches caudines, est écartée. Or la validation pèche souvent dans sa méthodologie, ou alors comment expliquer qu’une multitude de méthodes ont été validées puis condamnées, quelques années après ? Citons : la méthode Klapp, la pouliethérapie, les tractions vertébrales, la méthode Williams de renforcement musculaire, les courants de haute fréquence (diathermie, radar). Un « standard incontournable » en rééducation neurologique également : la méthode Bobath, a également du plomb dans l’aile.

Il est urgent de réviser ces normes IMRAD ! Ainsi que l’enseignement en kinésithérapie, périmé, car datant de 1986.

Il en est de même pour les médicaments qui sont mis sur le marché, puis retirés. On a tous en mémoire l’affaire du « Médiator », aujourd’hui les statines, condamnées par le Professeur Philippe Even ; ainsi que son livre « Le guide des médicaments », un pavé dans la mare, co-écrit avec le Professeur Bernard Debré.

Alors notre métier est-il scientifique ? Peut-on tout prouver ? Clairement non ! Et c’est aussi le cas de la médecine. Gageons qu’aucune étude rigoureuse ne pourra jamais analyser précisément les mécanismes neurophysiologiques complexes permettant d’expliquer les bienfaits réels de la rééducation. La certitude scientifique n’existe pas.

Trop de science tue la science (rappel) !!!

Les méthodes kiné hors normes, parfois bizarroïdes

, 15:54

Les tibétains considèrent que nos pensées, nos convictions, nos attachements, sont des « liens mentaux » qui orientent le choix de nos vies. Il arrive que l’on crée un « lien mental » tellement fort avec un guérisseur, que notre vie en sera transformée à tout jamais.

Le MK (masseur-Kiné) nouvellement diplômé est fier de pouvoir mettre en pratique les méthodes de soins bien franchouillardes que lui ont inculquées ses enseignants. Seulement au sortir de l’école, seul dans son cabinet, il se trouve rapidement confronté aux dures lois du «reality show». Aussi déchante t-il dès qu’un patient lui réclame « la toute nouvelle méthode de soins à la mode importée d’Inde ou de chine, que vante Elle ou l’Express » et à laquelle il n’a pas été initié bien entendu !

Toute nouveauté thérapeutique non scientifiquement prouvée, rencontre forcément son public de malades fragilisés, en perte de repères, et ayant perdu confiance en la médecine traditionnelle. Personne n’a le choix de sa naissance, de sa race, de ses caractéristiques génétiques, et il faut une bonne dose de distanciation pour être capable de se recréer soi-même libre de toute influence, de toute idée reçue. Les croyances nous imprègnent dès avant notre naissance. Or bon nombre de cultures croient au miracle et à la magie, du coup lorsque quelqu’un nous propose une méthode magique en matière de soins, on a envie d’y croire.

Et en effet à n’en point douter certaines méthodes bizarroïdes sont efficaces et sans danger, de même que certains individus possèdent un véritable don hors normes de guérisseur. Cette évidence s’impose à nous depuis la nuit des temps au travers d’innombrables témoignages. La nier équivaut à refuser la part de magie inhérente à la nature humaine. Il n’est qu’à citer Heïnrich Himmler, le second du régime nazi, qui s’enticha à la fin des années trente du Finlandais Félix Kersten, dont les massages soulageaient ses épouvantables crampes d’estomac alors qu’aucun autre traitement n’y parvenait.

Conclusion

Bon nombre de méthodes non reconnues, non validées scientifiquement, sont plus efficaces que la plupart des traitements officiels (l’ostéopathie dont les vertus ne sont plus à prouver, n’est pas validée scientifiquement). Reste à faire le tri. La formation continue en kinésithérapie en propose d’ailleurs un large éventail : micro-kinésithérapie, massage holistique à visée énergétique, concept neuronal, Sohier, méthode Mézières…, la liste est longue.

Pour être remboursées, ces techniques correspondant à un acte complémentaire non inscrit à la nomenclature (Nomenclature Générale des Actes Professionnels), nécessitent un devis dûment signé par patient et praticien. Ce recours doit être justifié et ne pas dépasser 30 % des actes.

Bien qu’il n’existe pas de spécialisation reconnue en kinésithérapie (et c’est bien dommage), une exigence particulière du patient, une méthode rééducative utilisée en marge, peu connue, se note par la cotation « HN » (hors nomenclature) sur la feuille de soins. Actuellement, la Sécurité Sociale a mis cette pratique sur la sellette. Elle trouve qu’il y a abus et en débat.

un nouvel article de presse au sujet de "Seniors, on vous ment sur votre santé"

, 07:48

2013-01-07_1987_SANTE_SPORT_MAG_SENIOR.pdf

Le lien ci-dessus est un article paru dans le numéro de novembre 2012 de Santé Sport Mag Senior.

"Avec son ouvrage Seniors, on vous ment sur votre santé, Gilles ORGERET, kinésithérapeute, lance une bouteille à la mer Face à tant de seniors désespérés, mal dans leur peau et dans la société, il a décidé de proposer un ouvrage répondant à leurs questions et permettant de faire le tri parmi « la masse d'informations que nous servent les médias »

Masseur-kinésithérapeute et enseignant de therapie normotensive, Gilles ORGERET se définit comme «un professionnel de la sante évolutif », constamment a la recherche de nouveautes permettant d améliorer le mieux-être de tout un chacun Pour repondre aux mieux a nos questions, il a demande au docteur Anne MALLE!, gériatre, nutritionniste et consultante de la memoire de participer De quoi traite votre ouvrage Seniors, on vous ment sur votre santé ? Mon livre se decoupe en 3 chapitres « Le non anti-âge », « Sante ventes et mensonges » et « La bonne activite physique en fonction de I etat de sante» ll faut cesser de proposer au senior le secret de I eternelle jeunesse a coup de pubs d articles racoleurs et de livres mensongers maîs lui faire admettre la possibilité d un tres reel mieux-être prenant en compte ce que la nature fait de nous au fil des ans On ne peut pas « être et avoir éte » comme dit le proverbe cessons de rêver ' En revanche, on peut vivre longtemps sans être vieux Mon expérience ainsi que celle des amis médecins avec lesquels je collabore, comme ici avec le docteur Anne Malle! gériatre, nutritionniste et consultante dè la mémoire, permettent de corriger le tir

Quelles sont pour vous les vérités que devraient connaître les personnes de plus de 60 ans sur leur santé ?"

la suite sur : 2013-01-07_1987_SANTE_SPORT_MAG_SENIOR.pdf

Vive l’Hôpital !!!

, 07:31

Vive l’Hôpital !!!

(Billet d’humeur)



Je viens de feuilleter Le Point N°2074 du 14 juin 2012 qui dénonce en page 86 « Le scandale des Hôpitaux ». Les Hôpitaux français ont accumulé 24 milliards de dettes et « généré une situation explosive », est-il écrit à juste titre. Je travaille moi-même dans un établissement public surendetté. Je connais donc bien la situation.

Il n’est pas question de contester le fait qu’il faille réformer le système, mettre fin aux absurdités de fonctionnement, voire punir les comportements déviants. Pas question non plus de laisser filer le déficit. Je ne conteste rien de tout ça. Alors me direz-vous, qu’est-ce qui me contrarie ? C’est une question d’équilibre. Des dizaines d’articles ont été écrits sur le sujet, sans compter les émissions de télé et de radio, or pas une fois, je dis bien : PAS UNE FOIS je n’ai vu mentionner la considérable RICHESSE apportée par les Hôpitaux !

Argumentons :

- Les pays qui ont peu ou pas d’Hôpitaux, sont pauvres et voués à s’appauvrir encore plus.

- Les Hôpitaux ont mission de soigner les miséreux. Même ceux qui n’ont pas de quoi payer. Si un clandestin arrive sur le territoire avec la tuberculose (ou autre maladie contagieuse), le traiter permet d’éviter une épidémie qui nuirait grandement à la prospérité économique nationale. Des « productifs » tomberaient malades.

- Les Hôpitaux ont permis à un génie visionnaire : Steve Jobs, gravement malade depuis 2003, de créer l’iPhone (2007), et l’iPad (2010). S’il était mort prématurément, des milliers d’emplois n’auraient pas été créés. Les USA n’auraient pas emmagasiné les milliards de bénéfice que son inventivité a générés. On pourrait citer bon nombre de cas similaires, bien entendu.

- J’ai moi-même choisi le secteur public parce qu’il a vocation à pratiquer recherche et formation. J’ai fait quelques menues découvertes qui permettent à un nombre important de personnes de vivre à peu près normalement, de travailler, et donc de continuer à produire de la richesse. Si j’avais été dans le secteur privé, je n’aurais pas eu le temps de chercher, de publier autant, de former des confrères. J’aurais soigné moins bien.



Je lance une bouée à la mer !

Vivement un tout petit article de presse, un seul par pitié, ou bien une émission comme « C’est dans l’air » consacrée à cette richesse produite par les Hôpitaux, et je serai satisfait.

Pour conclure et en guise de corollaire, n’est-il pas essentiel de prendre en compte l’INB (indice national du bonheur), tout autant que le PNB (produit national brut) ?

Métier : kinésithérapeute : le côté « lumineux » et le côté « obscur » !

, 13:35

Le côté « lumineux » et le côté « obscur » de la profession de kinésithérapeute !

En comptant l’année de préparation, les kinés sont définis comme : « Bac + quatre ». La plupart exercent en secteur privé. C’est une profession paramédicale, c’est-à-dire qu’elle dépend d’un médecin prescripteur. Si l’on veut être remboursé à 100 % par Sécurité Sociale et Mutuelle, on ne consulte un kiné que si un médecin prescrit les séances. Le nombre de ces séances et leurs modalités sont en principe laissés à la convenance du kiné, bien que le médecin puisse orienter ce choix, réclamant spécifiquement par exemple : conseils de prévention, massages, exercices en piscine ou à sec, etc.
Durée officielle des séances : une demi-heure.

Les reproches :

- Le principal reproche que l’on puisse faire au kiné est de traiter le symptôme : « Vous avez mal là, on vous masse là ! », la vraie cause étant souvent éloignée de la zone qui fait mal, cachée, voire mystérieuse. De plus il a une fâcheuse tendance à bâcler ou à zapper les « bilans-kiné » permettant de choisir le traitement le mieux adapté.

Donnons l’exemple du mal de dos commun : quand on sait que sa véritable cause n’est connue que dans cinq pour cent des cas, comment oser prétendre le soulager en se contentant de promener dessus une sonde à ultra-sons durant quelques minutes alors que le seul effet avéré des Ultra-Sons est défibrosant (le mal de dos n’est pas un problème de fibrose), ou en faisant pratiquer trois/quatre exercices à la va-vite, souvent inadaptés, comme le renforcement des abdominaux qui a le tort d’augmenter les contraintes lombo-sacrées, de favoriser la délordose (atténuation de la cambrure des reins) et d’augmenter par là même le mal au lieu de le soulager ( pour plus d’infos, lire : « Mal de dos : vérités et mensonges. » J Lyon Editeur) ? Il faut plutôt rééduquer le caisson lombo-périnéo-abdominal (l’abdomen), dans son ensemble « contenant/contenu » !

- Par ailleurs il utilise trop de machines, pas suffisamment ses mains. Pourtant le toucher est irremplaçable, il crée le lien, apaise. Il sollicite également la sensibilité profonde (perception du mouvement et de la position dans l’espace des différentes parties de notre corps) souvent déficitaire quand on est malade ou handicapé.

- Enfin, sur la demi-heure due, le traitement effectif dépasse rarement le quart d’heure… Que voulez-vous soigner efficacement en un quart d’heure ??? Comme du coup, la guérison se fait attendre, on multiplie les séances à l’infini... avec pour seul résultat de creuser encore plus le déficit de la sécurité sociale !!!

- Dans certains domaines où le kiné était particulièrement apprécié, comme le désencombrement bronchique des nouveau-nés, plusieurs études ont malheureusement démontré qu’il n’en était rien (Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62). A ce sujet, se référer à mon précédent billet édité dans ce Blog.

- Dans bon nombre de cabinet c’est le travail à la chaîne. Les patients sont installés dans une salle, on leur pose des électrodes « là où ça fait mal » durant un quart d’heure, ensuite ils passent à la caisse. Les kinés ne les touchent même plus, ou alors ce sont des papouilles expédiées en trois minutes. Etonnez-vous après ça que le kiné ait perdu l’exclusivité de l’art du massage, les esthéticiennes pratiquant par exemple le « modelage » qui en est une forme déguisée.

Au crédit du kiné :

- Il garde une bonne image auprès de la population, il est apprécié, et c’est énorme quand on connait le poids du facteur psychologique dans la plupart des maladies. On consulte une fois son médecin, puis on est entre les mains de son kiné pour dix, quinze, quarante séances, ce qui permet de tisser des liens. Il écoute, rassure.

- Bon nombre de kinés sont aussi Ostéopathes, ou bien se forment à d’autres méthodes fort utiles (Maitland, Chaînes musculaires, rééducation périnéale, Normotensive …), ils sont « multi-tâches », accumulant les compétences.

Prenons des exemples :

Votre pathologie nécessite l’usage de cannes : le kiné vous aide alors à choisir celles qui sont le plus adaptées à votre handicap et vous montre comment les utiliser. Il peut également fabriquer un petit appareillage (collier cervical, attelle).

Vous êtes malade, fragile, et voulez faire du sport : le kiné est à même de vous conseiller ceux que vous pouvez pratiquer, et de vous apprendre comment vous ménager dans les activités de la vie quotidienne.

Dans bon nombre de pathologies comme en neurologie, en traumatologie (les accidents), en cardiologie, en gynéco-obstétrique, il éduque, remet son patient d’aplomb en suivant un protocole rigoureux en rapport avec la pathologie concernée, et en étroite collaboration avec le personnel soignant. Il aide son patient à se rétablir et à se réinsérer au plus vite dans son environnement socioprofessionnel.

Enfin ses soins sont remboursés aux assurés sociaux, ce qui le rend accessible au plus grand nombre.

Conclusion :

Tous les métiers ont leurs attraits, dénoncer leurs dérives permet de les corriger. Nous avons la santé de nos patients entre les mains, nous-nous devons de leur donner le meilleur, en les préservant du pire. En aucun cas la profession ne peut être un business.

Fin