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Scoliose idiopathique de l’enfant : La recherche en nets progrès, la rééducation à la traîne... Pourquoi de telles affirmations ?

, 06:39

A l’occasion du quinzième anniversaire de la Fondation Yves Cotrel, le 3 décembre 2016, des équipes médicales du monde entier se sont réunies à la Fondation Del Duca (Paris) pour évoquer les dernières découvertes relatives à la scoliose idiopathique. En cette occasion diverses origines ayant été démontrées, il ne faudrait donc plus l'appeler : « idiopathique », c’est-à-dire sans cause connue.
Sont démontrées, les origines :
- Génétique. Il y a programmation interne. A l'intérieur de certains de nos gênes l’horloge « scoliose » se déclenche, tic...tac..., notamment par surexpression du gène PCO5, une protéine fortement exprimée dans le mésencéphale, structure cérébrale impliquée dans la motricité involontaire (gestes inconscients), la régulation du tonus (état de tension musculaire qui nous permet de résister à la pesanteur et de ne pas nous écrouler sous son poids) et de la locomotion (notre capacité à bouger).
- Métabolique,
- Neurosensorielle,
- Ainsi que des altérations des organes de l’équilibre.


Par ailleurs existent d'autres troubles qu'il faut absolument prendre en compte :

La scoliose est par essence une maladie du système tonique postural. Les ceintures scapulaire et pelvienne (épaules et hanches), ont habituellement pour vocation d'absorber les contraintes posturales. Or en cas de scoliose elles ne le font plus correctement. Les ligaments sacro-pelviens qui permettent au sacrum d'être solidaire des os iliaques et ainsi de transférer le poids du tronc sur les jambes, deviennent vulnérables et démissionnent parfois. En elle-même, la scoliose augmente les contraintes supportées par les articulations sacro-iliaques. Les restrictions articulaires sus-jacentes dues au port du corset, l'affectent aussi clairement. Le genou quant à lui est un valet soumis à deux maître : la hanche (il dépend de de l’orientation du bassin), et le pied. Il est également étroitement dépendant du creux des reins (lordose lombaire). Un genu-valgum (jambes en X) procède par exemple d'une accentuation de la lordose lombaire (creux des reins), un genu-varum (jambes arquées), d’une diminution de lordose lombaire. Puis, les muscles internes de la cuisse (la patte d'oie) gèrent la stabilité de l'os iliaque (grand os de la hanche) par rapport au tibia. Le pied s'adapte comme il le peut, au risque de déformations diverses.

Des troubles de la marche et/ou du port de la tête (sous dépendance de moelle épinière-cortex cérébral, oreille interne, propioceptivité) se rencontrent également chez l'enfant scoliotique. Si de surcroît celui-ci est myope, peuvent survenir des troubles du positionnement de la tête, ce défaut postural ayant une incidence sur la colonne vertébrale du haut jusqu'en bas. Même un léger défaut de convergence oculaire peut provoquer un déséquilibre musculaire avec bascule et rotation des épaules et du bassin. Rappelons-le, vue et oreille interne sont intimement liés aux muscles du cou par des connexions neuronales.

Relativement à la loi de Delpech, un enfant grandit de manière alternative : tantôt une jambe, tantôt l'autre. Une inégalité légère de longueur des membres inférieure est donc normale. Mais si un capteur perturbé modifie la position du centre de gravité (vue, oreille interne et propioception. La propioception étant ce qui fait qu'on perçoit son corps de manière intuitive sans avoir à réfléchir, avec pour articulations les plus impliquées : chevilles et hanches), un membre inférieur est alors plus sollicité et sa croissance ralentit. Elle devient la jambe courte ce qui déporte l'appui de l'autre côté. Il importe donc de prendre en considération et de corriger vue et équilibre.

Mode de déglutition :

Par ailleurs un enfant souffrant d'une scoliose n'est-il pas resté en mode de déglutition infantile ? Le test visant à déceler une déglutition atypique, consiste à faire déglutir l’enfant dents serrées et lèvres jointes. S’il y parvient aisément, il n’y a pas de trouble. A la naissance la déglutition est une succion déglutition. Sa persistance après l'âge de 5-6 ans est appelée « déglutition primaire ». Entre perte des premières incisives et apparition des dents permanentes existe une béance antérieure, dans laquelle l'enfant peut insérer sa langue pendant la déglutition. Un manque de contact entre dents antagonistes entraîne un défaut propioceptif (les mécanorecepteurs ligamentaires du parodonte sont mal stimulés), des malformations faciales et une dysfonction dans la maturation des comportements réflexes concernant bouche et posture de la tête par mauvaise stimulation des dents, jusqu’à induire une déformation rachidienne (du dos).

Mesurer la scoliose :

Jusqu'à 10°, les scolioses s'aggravent rarement, il suffit de les surveiller. A 2O° elles s'aggravent dans 50 à 80° des cas, systématiquement au-delà. Pourtant certaines scolioses évoluées non détectées, ne se manifestent que par un dommage esthétique, et les douleurs ou complications orthopédiques à l'âge adulte ne sont pas plus fréquentes statistiquement que pour le reste de la population.

La prise en charge médicale devrait relever d'une équipe multidisciplinaire, au cas par cas, ce qui n'est pas une option largement répandue actuellement. En ce qui concerne le médecin, et je cite (Sur internet : FUTURASANTE » Scoliose : les signes cliniques chez l'enfant ». J.C de Mauroy de Curlière de Castelnau Médecin scoliologue) : « Mieux vaudrait avouer au patient son ignorance quant au risque évolutif, d'où nécessité de contrôles rapprochés. Le risque de faire porter un corset inutilement doit être également évoqué. »

Le corset :
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En 1929, Cannon exposait sa théorie de l’homéostasie. Elle peut se traduire par cette formule : « Un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales tend à produire des réponses adaptatives ». Le paraphrasant, je dirai qu'un organisme vivant subissant une forte contrainte extérieure (comme il en est du corset véritable exo-squelette) tend à produire des réponses adaptatives qui lui sont parfois préjudiciables. Le corset inhibe le système neuromusculaire. S'y associe une dystonie neurovégétative, il y a surstimulation du système orthosympathique en raison de l'anxiété permanente générée par le « handicap scoliose ». Une dystonie fonctionnelle (ou dysautonomie) se surajoute à la maladie lésionnelle.

La prescription d’un corset dépend de l’évolutivité de la scoliose plus que de son angulation, mais classiquement la décision est prise dès 15 - 20°. Celui-ci n’a pas pour but de
diminuer la scoliose mais d’en limiter l’aggravation. Cette décision permet hélas à trop de prescripteurs « d’ouvrir le parapluie ». Ils proposent une réponse toute trouvée sans réfléchir au-delà. L'usage du corset rigide est fortement critiqué dans certains pays et plusieurs études ont démontré qu’il y a une faible qualité de preuves en faveur de leur utilisation (Negrini S, Minozzi S, Bettany-Saltikov J, Zaina F, Chockalingam N, Grivas TB et al. Braces for idiopathic scoliosis in adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, issue 1. Art. No. : CD006850. DOI.). Cela rend toute généralisation systématique de son utilisation par simple commodité intellectuelle difficilement recevable. On estime par ailleurs à 30 % le nombre des enfants qui abandonnent très vite ce carcan, tant les contraintes physiques et esthétiques sont lourdes ; sans parler des douleurs engendrées.

En plus du préjudice physique en pleine période de construction du « Moi », il semblerait « normal » que l’enfant souffre ? Non ! Il serait opportun de proposer des patchs enduits de crème emla, afin d'apporter un minimum de soulagement.
30 % des sujets sous corsets s’aggravent quand même de manière notable, cela étant principalement dû à non observance des règles imposées, notamment la durée quotidienne du port.
Le corset modifie radicalement la donne. Pas forcément en bien. Il fait le dos plat et affaiblit la musculature, notamment abdominale et lombaire. Le système neuromusculaire est inhibé. Le diaphragme (muscle de l’inspiration) est en dysfonction du fait de la scoliose mais aussi de par la compression du corset. D'où impact sur le système respiratoire. Le corps en pleine croissance cherche une échappatoire et la trouve en déformations diverses au niveau du bassin (le support du corset) et des membres inférieurs,. Chez les filles qui forment majoritairement le contingent des scoliotiques, quelle incidence de ces éventuelles déformations de leur bassin sur leurs futures grossesses ?
En se référant aux cartilages de croissance de la hanche (le cartilage en Y est le premier à se fermer au moment de la puberté), ceux-ci sont forcément impactés défavorablement de par la pression du corset, surtout si la scoliose flambe tôt, l'âge de démarrage de la puberté connaissant de grandes variantes d'âge d'un sujet à l'autre.
Le genou est étroitement dépendant de la hanche et de la lordose lombaire (creux des reins). Un genu-valgum (genoux en X) procède par exemple d'une accentuation de celle-ci, un genu-varum (jambes arquées) du contraire. Le poids ainsi que la rigidité du corset vont accentuer cette déformation, d'où l'importance de vérifier les membres inférieurs (une surveillance qui ne doit pas faiblir dès sevrage du corset, car le corps se retrouvant sans carapace le centre de gravité va se déplacer, les contraintes corporelles se modifier, et les membres inférieurs de nouveau trinquer), ce qui préoccupe bien peu de médecins. S'il offre une hypothétique stabilisation des courbures, cet effet correcteur cesse dès sevrage du corset. Il arrive en effet qu'on observe un retour à un degré sensiblement identique à l'angle de début du traitement orthopédique. La programmation génétique de la scoliose, c'est à dire la petite horloge interne : tic...tac... tic...tac..., réagit aussitôt que le corset est ôté et se venge. Un exemple à l'appui de cette assertion. On a très longtemps rééduqué les pieds varus équin des bébés par bandage hyper-correcteur, avant de se rendre compte qu'on obtenait un résultat décevant. Pourquoi ? Le bébé lutte contre cette contrainte de toutes ses forces (et il a beaucoup de forces dans les pieds), ce qui a pour effet de renforcer les muscles allant dans le sens de la déviation.

Pour autant peut-on se passer aujourd'hui du corset ? Sûrement pas ! Car rien ne le remplace à même niveau d'efficacité (même relative) et parce que la rééducation est en échec (consulter mes autres billets sur ce blog à son sujet).

Les orthopédistes qui font du « rigide » comme CTM, 3D, ne se remettent pas aisément en question et proposent le même modèle durant des décennies, alors que chaque dos mérite un corset différent. Il serait par exemple souhaitable de s'intéresser d'avantage aux corsets dynamiques. Il y a SpineCor qui se base sur l’application d’un mouvement correcteur, Olympe pour les scolioses adolescentes évolutives souples de 15 à 25°, et le Toilé de Saint-Etienne pour les lombaires ou dorso-lombaires.

La chirurgie

Elle n’est réservée qu’aux cas extrêmes. Au-delà de 40 – 50°.

Rééducation gymnique

Parce que la rééducation consiste en exercices et qu’il apparaît impossible de réaliser une action thérapeutique ciblée à un étage vertébral près, elle est parfaitement inefficace. L’effet correcteur du mouvement ne dure que le temps de sa réalisation et ne se prolonge pas dans le temps. Quand il y a une zone raide, bloquée (il y a aussi des scolioses souples), lors des exercices soi-disant assouplissants, que va-t-il se passer ? La portion souple sera hypersollicitée alors que la zone raide restera bloquée (consulter à ce sujet mon billet du 10/01 /16. « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace! »). Ensuite comment peut-on continuer d’accréditer la thèse selon laquelle un dos vrillant dans un sens, il suffit de faire un exercice en sens opposé pour contrebalancer le phénomène ? Aussitôt les exercices terminés la petite horloge interne (la génétique) qui programme la déviation de la colonne … tic…tac, se remet en marche.. tic... tac....

Par contre l'enfant scoliotique doit continuer le sport à l'école (une pratique non agressive. Éviter le risque de chute, de coups, de microtraumatismes, acrosport, judo, rugby). Un autre courant rééducatif parle de « contractures » à l’origine des scolioses, qu’il suffirait de lever pour que tout aille bien. De qui se moque-t-on ? Les causes de la scoliose sont : génétique, métabolique, neurosensorielle avec troubles de l'équilibre. Un conflit mécanique rachidien induit une perturbation statique et dynamique. Au stade de déstabilisation segmentaire survient un travail musculaire chaotique. Les modifications musculaires apparaissent en premier, entraînant un dysfonctionnement musculaire qui conduit à la contracture. Si apparaissent des contractures chez le scoliotique, elles sont la conséquence de la déformation, non la cause. De plus la contracture est douloureuse, alors que la scoliose ne l'est pas en soi.

Mon projet thérapeutique

La complète modalité de mon approche thérapeutique fera l’objet d’un chapitre dans un livre pour professionnels de santé : « Traité de Normologie » actuellement en écriture. Je ne la décrirai donc ici qu’à gros traits.

Je ne prétends pas avoir trouvé la méthode miracle, mais la situation impose que nous réfléchissions d’urgence à une voie thérapeutique plus efficace. Je ne dis pas « je sais », je dis « je cherche ».

Tout d'abord chaque séance (deux par semaine) ne peut se satisfaire de la demi-heure « syndicale », tarifée 16,13 euros par la CPAM au kinésithérapeute conventionné. Il faut être généreux en temps passé avec nos chers enfants.

Conseils

Conseils de ménagement de l'appareil locomoteur dans les activités de la vie quotidienne. Conseils sportifs.

La respiration
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- Usage quotidien d'un appareil d’exercices volumétriques (respiratory fitness) surtout en cas de pectus excavatum. Sous corset la cage thoracique est comprimée, la respiration gênée, l'enfant scoliotique est aisément essoufflé (d’avantage si sa scoliose est thoracique). Modèle présenté : un voldyne.

Bas de contention

En cas de port d'un corset, ils sont utiles quand les jambes « gonflent », le corset exerçant une compression sur les gros troncs artério-veineux du haut des cuisses, ce qui peut provoquer une stase veineuse-lymphatique, donc un gonflement.

La thérapie Normotensive

Il s'agit d'une thérapie manuelle, comme l'ostéopathie, mais elle exclue les manipulations. Elle lève des tensions, débloque, rétablit l'ordre dans les fascias (notre squelette fibreux).

Traitement acupunctural d'appoint

Il s’agit d’agir essentiellement sur les points profonds, riches en capteurs propioceptifs.

Pour le grand Jarricot, le triple Réchauffeur semble répondre au parasympathique crânien, alors que Jenn-Mo répond aux parasympathiques, thoracique, abdominal et pelvien. Avec l’acéthylcholine comme médiateur chimique, le parasympathique, ou système vagal, contrôle les glandes. Il agit sur les sécrétions digestives, mobilise le tractus gastro-intestinal, ralentit les fonctions de l'organisme dans un but de conservation de l'énergie. Or la scoliose génère une dystonie neurovégétative avec hypersollicitation de l'orthosympathique. Il faut stimuler le parasympatique pour rééquilibrer.

Autres modalités

Élongations, renforcement de l'équilibre et de la propioception sont particulièrement ciblés à cause de la surexpression du gène PCO5 qui induit une dérégulation du tonus et des perturbations de la locomotion (notre capacité à bouger), ainsi qu'à cause des atteintes des voies de l'équilibre.
Une approche de ce versus rééducatif vous est présenté par Léane, notre coach sportif :

Le programme de Léane.


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A droite Léane montre du doigt une scoliose lombaire. A gauche, le même dos redressé quelques mois après, grâce à un traitement adapté.
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Sur un siège normal l'enfant s'avachit. Il doit s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon où sa musculature et son équilibre sont sollicités en permanence. En plus on peut faire tout plein d'exercices sympas avec.

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Exercice d’équilibre et d’assouplissement des hanches soumises à rude épreuve sous corset. Tenir la position cinq à six secondes. Changer de côté.

- Exercices sur plateau instable :

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Debout sur la planche oscillante les enfants ferment les yeux pour mieux travailler leur équilibre. Léane dit : « Faites rouler le skate d’avant en arrière tout en gardant le dos bien droit ! » Puis, changer de côté.

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Les enfants doivent faire tourner le cerceau en coordonnant bien leurs mouvements et en gardant les yeux fermés.

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Léane dit : « Tu bascules ton bassin d'avant en arrière en étirant bien ton dos et en soufflant ! ».

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Assouplissement du bassin soumis à rude épreuve sous corset. Léane dit : « Étire bien ton dos en soufflant profondément ! »

– Élongation vertébrale sur table inclinable :

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Léane place une balle en mousse sous la gibbosité du thorax (là où les côtes tournent), pour exercer une pression douce dessus pendant l'élongation qui va suivre.

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L'élongation (de dix à vingt minutes). Inclinaison de la table : 30°. Une serviette chaude est placée dans le dos de la jeune patiente. Un harnais fixé à des sandows tire sur le bassin. Très confortable, agréable, même.

– Exercices en bassin chauffé de rééducation (32°) :
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Élongation active du dos avec un élastique fixé aux chevilles et un balle de mousse dans le dos, comme précédemment. La patiente fléchit les coudes en tirant sur les poignées. Son corps est étiré. Elle tient la posture 5 secondes, puis relâche cinq secondes également. Durée totale : environ dix minutes.

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Travail de l'équilibre sur planche basculante. Les yeux fermés, il s'agit de faire plusieurs tours complets sur la planche.

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Mouvement régulier, monter puis descendre le tronc. Garder les jambes bien tendues. Cela étire les muscles postérieurs des jambes et beaucoup le dos.

Mal au dos, petite piqûre de rappel !

, 11:58

Le thème du mal de dos a mainte fois été évoqué sur ce blog mais je me suis rendu compte qu’il manquait un condensé de l’essentiel. Le voici.

En voiture !
Que vous souffriez des lombaires, des dorsales, ou du cou, adoptez la bouteille plastique vide (et même sur votre siège de travail).

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Il s’agit de conserver le creux des reins, pourquoi ? Parce qu’une pression constante exercée au niveau lombaire a un effet érecteur, cela redresse la colonne jusqu’au cou. Sans bomme lombaire le dos est globalement arrondi, on est avachi.
De plus cela évite l’effet de « dérouillage » subi en quittant son siège, car subitement il faut recreuser sa lordose et cela coince parfois.
Pourquoi une bouteille vide plutôt qu’un coussin ? Parce que le vide intérieur amortit les secousses de la route retransmises par le siège. Il existe bien sûr des voitures équipées d’une bomme lombaire, seulement elle est fixe et ne tient pas compte d’un fait : personne n’a la même longueur de tronc ni la même corpulence.
Il faut déplacer la bouteille plus ou moins haut dans son dos en fonction du confort ressenti.

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Assis au bureau, à la maison, inutile d’acheter un siège cher et soi-disant ergonomique. Une planchette rembourrée (le dossier ou l’assise d’une vieille chaise) placée au bord de l’assise pour obtenir un effet basculant fait parfaitement l’affaire. Ainsi l’assiette se modifie-t-elle en permanence. Les contraintes au niveau lombaire variant cela évite un écrasement des disques intervertébraux et soulage le dos.

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S’étirer le bas du dos pour soulager ses douleurs ou les éviter !
Un genou relevé, cuisse maintenue contre la paroi, pousser sur le mur avec la main tout-en tournant les épaules du côté du genou relevé jusqu’à ressentir un bon étirement aux niveaux fessier et lombaire. Changer de côté. A répéter cinq, six fois, plusieurs fois par jour, et chaque fois qu’on est resté un long moment assis.

Soulager ses douleurs avec des balles de tennis !

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Deux balles sont nécessaires.

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Mal au cou ou faiblesse des muscles cervicaux.
Se coucher sur plan dur (table ou bien au sol), la tête posée sur une balle qu’on écrase en faisant le double-menton tout-en relevant le torse par poussée des coudes. Tenir la position trois secondes. Recommencer vingt fois. A pratiquer plusieurs fois par jour.

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Mal au cou ou bien entre les omoplates.
Placer les balles au niveau des points douloureux et bouger son torse latéralement d’un côté et de l’autre. Sur le moment cela fait mal, mais qu’est-ce que cela soulage après ! Si vous n’avez mal que d’un côté il faut quand même une deuxième balle placée de manière symétrique.

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Massage lombaire.
Placer les balles de tennis au niveau des reins, là où cela fait mal, et plusieurs fois de suite bouger son bassin d’un côté puis de l’autre en appuyant bien sur les balles.

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Renforcement des muscles du cou et réveil propioceptif (ensemble des structures corporelles contribuant à l’équilibre).
Une bande élastique fixée à un point d’amarrage et passée autour du front, tout-en gardant le dos bien droit, regard horizontal, avancer d’un pas, reculer d’autant, recommencer plusieurs fois sans bouger la tête. Puis faire le même exercice en se retournant.

Ce qu’il ne faut pas faire !!!
La plupart des pseudo-spécialistes vous recommandent de forcer sur votre cou quand il est raide, et ce afin de récupérer sa souplesse. Il s’agit d’essayer de venir toucher son épaule avec l’oreille, ou bien de tourner la tête au maximum d’un côté puis de l’autre… Surtout pas !!! Vous avez toutes les chances d’aggraver la situation. L’artère vertébrale qui chemine au niveau du cou dans un petit canal osseux creusé dans les vertèbres est malmenée dès 30 ° de rotation. Si un cou est raide, il faut en trouver la raison et la traiter. La souplesse reviendra automatiquement après (un peu de chaleur ou un massage sont les bienvenus).

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Exercices pour le cou :
Ce type d’exercice permet un bon réveil propioceptif.
Debout sur la pointe des pieds, dos droit, double menton, écraser la balle de tennis avec son front pendant cinq secondes, puis se retourner, écraser la balle maintenue à la base du crâne. Recommencer plusieurs fois.

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En cas de douleurs entre les omoplates (dorsalgo), debout sur la pointe des pieds, bras tendus, alternativement et rapidement faire le dos rond puis le creuser en rapprochant les omoplates l’une de l’autre une dizaine de fois de suite.

Scoliose idiopathique de l'enfant : la science progresse à l'amble de ce que j'affirme et préconise en matière de rééducation !

, 08:39

Le 3 décembre 2015, lors d'un congrès parisien célébrant le 15 ème anniversaire de la Fondation Yves Cottrel, et dont le thème était : « Scoliose : la recherche à un tournant de son histoire ! », sujet ensuite repris dans le magazine « Le Point » du 03-12-2015, il a été dit qu'on a découvert un gène responsable de certaines formes familiales de scoliose idiopathiques (équipe du Professeur Ederly. CHU de Lyon). Il y aurait notamment mutation sur le gène 5 (et ce ne serait pas le seul à être impliqué), ce type de mutation favorisant le pronostic évolutif de la scoliose.

Quant au développement de cette déformation vertébrale à l'adolescence, outre le rôle de certains facteurs hormonaux (incrétines, estrogènes), est évoquée la voie neurosensorielle (équilibre du corps, sa perception dans l'espace ; symétrie droite-gauche), des anomalies de la propioception ainsi que des altérations de l'oreille interne ayant été mis en évidence.

Tout cela va dans le sens de ce que j'ai toujours affirmé et que je préconise dans ce blog. Au travers d'un premier billet d'abord, daté du 29-04-2014 : « Scoliose de l'enfant ! », puis, le 10-01-2016, sous le titre : « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace ! ».

Le livre à substratum scientifique sur lequel je travaille, mais qui ne sortira pas avant deux ou trois ans en librairie faute de temps pour m'y consacrer davantage, proposera une thérapeutique complète et parfaitement adaptée.

Amandine vous propose !

, 10:40

Amandine vous propose !

Rappelez-vous ce slogan d’une célèbre eau minérale : « C’est beau l’équilibre ! ». Faites-en une règle de vie. L’équilibre implique autant le physique que le mental. L’un ne va pas sans l’autre. Impossible !

Si vous souffrez du dos de manière chronique, vous avez forcément des problèmes d’équilibre. Problèmes parfois insoupçonnés. Il ne manquerait plus que vous tombiez !!!

Pour vous en convaincre, tentez cette expérience : yeux fermés, essayez de garder l’équilibre sur un pied, puis sur l’autre, bras tendus sur le côté.

Résultat :

Première hypothèse : sur un pied je tiens l’équilibre, pas sur l’autre.

Deuxième hypothèse : c’est « la cata » ! Je n’ai d’équilibre ni sur l’un, ni sur l’autre.

Je vous propose cet exercice de renforcement de l’équilibre (propioception*). A pratiquer quotidiennement pendant cinq minutes, de préférence, yeux fermés.

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  • Propioception : maîtrise des informations corporelles qui concourent à gérer l’équilibre.

annonces sensationnelles de la presse : la suite

, 06:42

(Suite du précédent billet intitulé : « Santé, attention aux annonces sensationnelles... ment fausses de la presse grand public !»)

Du nouveau sur les douleurs chroniques !!!

Il importe de préciser que ce billet s’inspire d’un paragraphe de mon prochain ouvrage : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! » Grancher Editeur.

Dans les états douloureux chroniques, plusieurs études ont mis en évidence des lésions au niveau du cerveau, avec rien de moins qu’une atrophie du thalamus (il se ratatine), un petit noyau qui gère douleurs et mouvements (Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associatied with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum 2010; 62: 2 930-40). Par ailleurs, et d’après le Docteur Pierre Volkmann Médecin de Médecine Physique, Lyon, France, quand on souffre durablement d’une zone du corps, sa représentation cérébrale s’efface.
Au niveau du cortex cérébral (l’écorce) il y a ce qu’on appelle l’Homonculus, la « carte Michelin » du corps où sont inscrites toutes ses pièces. Si on a mal durablement à l’épaule par exemple, le corps ne sait plus qu’il a une épaule. Même si on se soigne, le message ne s’imprime plus. C’est comme si l’option « enregistrer » de notre ordinateur n’existait pas : on écrit son texte, impossible de l’enregistrer, il faut inlassablement réécrire la même chose chaque jour. On peut bien alors consulter médecin, ostéo, acuponcteur, faire de la gym, rien ne marche durablement, les progrès obtenus s’effacent aussi, on rechute.

Alors comment s’en sortir ?

En réalisant des exercices spécifiques qui vont peu à peu créer de nouveaux circuits nerveux allant, pixel après pixel, redessiner la zone effacée. La douleur chronique provoque une atteinte du thalamus, or la propioception (perception de nos postures et mouvements en rapport avec l’environnement) emprunte les voies bulbo-thalamiques (et cérebelleuse). C’est donc par la propioception qu’on agit préférentiellement, mais il importe aussi de stimuler l’oreille interne par des exercices appropriés. Une grave atteinte de l’oreille interne est à l’origine d’une démarche déviée, avec jambes très écartées.

Nota :
Pour les exercices, se référer au livre cité en début de billet (sortie : été 2012).

Unification :

Il importe de réaliser un travail d’unification entre intérieur et extérieur du corps, associer intimement corps et esprit de la manière la plus simple qui soit. Rien de magique. A cette fin, paupières closes, le sujet exécute ses exercices en se concentrant sur chaque partie de son corps. Il analyse ce qui ne va pas et peut être corrigé : bassin/genou/cheville instable, déséquilibre avant ou arrière du tronc / tête... Il s’attarde ensuite sur la zone qui le fait habituellement souffrir, et cherche à expulser son mal (ou son stress), tel un gaz nocif, en soufflant à fond. Autre méthode : se fixer sur un souvenir agréable et le relier de manière thérapeutique à la zone du corps en souffrance afin de la remodeler.

Conseil du Kiné : Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?

, 10:33

Suite du billet : Le trio «marche-vélo- natation » pour toutes les pathologies y compris les lombalgies ?

8 - Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?
Peut-on la pratiquer seul et si oui, quelles sont les précautions d’usage ? En cas de pratique solitaire, y a-t-il un rythme, une fréquence, une intensité, une dépense énergétique minimales ?

Le sujet malade se doit de ne changer ses habitudes qu’à minima, cependant il doit être plus responsable que le non-malade (ce qui est loin d’être une généralité) et se poser les bonnes questions : est-il en poussée ou non, ou en danger d’y tomber ? Certains médicaments risquent-ils d’altérer son équilibre (antidépresseurs par exemple) dans la pratique de son sport ? Il faut dans tous les cas tenir compte de la pollution atmosphérique (quand il fait beau et chaud en ville, ne pas aller courir), des conditions climatiques (se protéger plus qu’un autre des ardeurs du soleil, ou du froid), de l’altitude. Si on souffre d’une affection respiratoire chronique, l’atmosphère chlorée des piscines n’étant pas bénéfique, il faut éviter de les fréquenter souvent. Penser à s’hydrater, commencer à boire avant le début de l’activité. Choisir ensuite une plage horaire favorable : après 10 heures : gym en salle, step, marche, natation. Footing avant 17 heures. Entre 17 et 18 heures : cardio-training, badmington.

En cas de pratique solitaire la fatigue est le premier signe tangible traduisant un dépassement de la dose prescrite du « sport-médicament », il faut la contrôler et s’arrêter avant. Tant qu’on peut parler sans hacher les mots, ça va. Certaines activités nécessitent de se rendre en club ou sur un terrain qui n’est pas forcément à proximité de son domicile. Si on est soudain très fatigué après le sport, mieux vaut peut être avoir prévu quelqu’un pour être raccompagné.

En montagne, la réceptivité à la pathologie d’altitude est variable selon les individus, et donc, si l’on est seul, l’incident est souvent imprévisible. Chez les sujets à risque (asthme, maladies cardio-respiratoires, antécédents de thrombose), la pratique sportive en altitude favorise l’hypertension artérielle. Dès 2000/2500 mètres d’altitude, la raréfaction de l’oxygène rend la pratique sportive nettement plus difficile. Dans tous les cas, qu’on soit peu ou très malade, il faut être en un lieu accessible, pour pouvoir être éventuellement secouru rapidement, en cas d’incident ou d’accident. Il faut donc qu’un référent fiable soit prévenu « du où, du quand, et du comment » de sa pratique. Il faut pouvoir le contacter sûrement, par exemple par téléphone.

Doit-on au contraire se tourner vers une structure médicalisée, ou vers un kiné, un médecin du sport, un éducateur médico-sportif ? Les approches des kiné, médecins du sport, et éducateurs sont-elles différentes ? Qu’apportent-elles au malade sportif ?

Créés dans les années 40, les centres médico-sportifs avaient pour objectif la délivrance des certificats de non contre indication à la pratique sportive. Le suivi des sportifs et la prévention sont devenus des objectifs quelques années plus tard, mais on assiste à une disparition progressive de ces centres, au profit des CRESIF (Comité Régional d’Education pour la Santé), des CROS (Comité Régional Olympique et sportif), des collectivités locales, ainsi que des délégations régionales sportives. Ces structures ont pleinement leur place dans le monde actuel.

Quant aux professionnels de l’accompagnement médical du sport, ils n’ont pas la même formation, ni les mêmes degrés de compétences, mais ciblent la même population humaine à un moment précis de son activité : le sport.

En première ligne vient le Médecin du sport. Il joue un rôle fondamental dans le suivi des activités sportives collectives ou individuelles, des sujets en bonne ou mauvaise santé. Son rôle est également de prévenir, ou traiter, les accidents ou défaillances dans la pratique sportive. Il est indispensable auprès du sportif durant les compétitions, comme le sont à ses côtés le kiné et l’ostéopathe, alors que ce n’est pas le cas pour les autres métiers du sport, tel l’éducateur médico-sportif.

La formation d’éducateur médico-sportif concerne l’enseignement des activités physiques et sportives dans le sectaire sanitaire. Le postulant doit avoir une licence ou un master en APA, ainsi qu’une formation aux pathologies qu’il prend habituellement en charge, comme le diabète. Dans ce secteur existent déjà : enseignants en APS, éducateur sportif, prof d’APA et éducateurs physiques. Les « casquettes » se multiplient comme l’attrait pour le sport d’un nombre grandissant de personnes malades ou pas.

Les kinés pensent que le métier d’éducateur médico-sportif restreint bel et bien leur champ d’action, mais que c’est un fait établi auquel il faut se faire car irréversible, du fait du profilage en constant remodelage au fil du temps, de l’encadrement du sportif, qu’il soit malade ou non ; d’autant que les compétences du kiné le conduisent à ne pas s’occuper uniquement de ses semblables dans le domaine sportif. Dans le domaine sportif il agit en collaboration avec le médecin du sport. Son action est déterminante dans le cadre de la préparation physique, la surveillance de la compétition, la gestion de l’urgence sur le terrain, et globalement les soins pré et post sportifs. Il est en même temps ergonome (choix du matériel à emporter, réactions individuelles en fonction du geste sportif et dans les activités de la vie quotidienne afin de ménager son appareil locomoteur), il est aussi éducateur alimentaire.Ses conseils ciblent aussi la prévention des maux du sport. Par exemple, quand on a un périnée fragile, il prévient qu’il faut éviter plate-formes vibrantes, trampoline, équitation, sports de sauts.

Il est aussi chercheur, certains confrères étant Docteurs en biomécanique, c’est à dire en mécanique humaine. De ce point de vue, et je m’en ouvre dans mes derniers ouvrages, je pense qu’il ne faut plus faire du sport « à l’ancienne ». C’est à dire étirer et muscler sans préalable, ce préalable étant le renforcement de l’équilibre par la propioception, d’autant que lorsqu’on cherche à muscler et assouplir un sujet présentant un problème d’équilibre et de mauvais réflexes posturaux, on ne fait que renforcer ses défauts et aggraver le tableau !!! C’est pourtant ce qui ce fait partout aujourd’hui. Je donne un exemple : un enfant de dizaine d’années ayant des problèmes d’oreille interne non décelés, demande à faire du judo. Il débute, tombe, se blesse, guérit. Dix, vingt ans après, au cours d’une épreuve de sa vie, il à soudain de nouveau mal là où il souffrait étant petit. La douleur s’est inscrite dans son cerveau, elle est « corticalisée », et donc devenue difficile à déloger. Pour éviter cela, tout sujet sportif malade ou non, doit en priorité travailler régulièrement son équilibre, en choisissant d’abord pour ses activités assises, un gros ballon de gym (ballon de Klein) au détriment des sièges classiques, et en faisant régulièrement des exercices (yeux fermés) sur plateau de Freeman. C’est une planche posée sur un socle ovoïde, ou un support plan arrondi, qui déséquilibre celui qui monte dessus.