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Encore un article de presse sur le dos qui désinforme ou lieu d'informer !!!

, 15:54

Dans son numéro de janvier 2017 (N°838 BIS) et présenté en une de couverture, Sciences et Avenir publie un article sans science ni avenir.

Le titre en est : « Tout comprendre sur le mal de dos » . Il débute par ces mots : « Hernies discales, fractures, scolioses…. Les lombalgies, dont souffrent huit français sur dix, ont des causes multiples… Faut-il opérer ou non ? ».

A l’évidence le thème de l'article (en page dix) est la lombalgie commune ou la lombo-sciatique, mais le journaliste fait d'emblée une confusion. Le terme « lombalgie » signifie qu'on souffre du bas du dos, alors que hernies, fractures, scolioses concernent n'importe quel étage vertébral. Par ailleurs la scoliose la plus commune, la scoliose idiopathique des enfants, n’est pas en soi douloureuse. Elle ne provoque pas de lombalgie même située à l'étage lombaire.

Je cite :
« Face à un lumbago ou une sciatique (J'avais raison, l'article ne concerne que le bas du dos), le traitement classique suffit en général à soulager la douleur : du repos …/... et si la salutaire récupération – la position allongée -».
Il est malheureusement démontré que le repos au lit à peu d 'effet. Le lit amollit et provoque un déconditionnement neuromoteur.

Je cite encore :
« Le plus souvent le mal est localisé aux muscles .../... mais tout change si les disques intervertébraux souffrent ».
Même lorsque le disque intervertébral est touché, ce sont les muscles qui font mal. Les spécialistes incriminent aujourd'hui essentiellement les Trigger Points (lombalgies chroniques, aurions-nous tout faux ? O'Sullivan P. Its's time for change with the management of non-specific chronic low back pains. Br J Sports Med 2012;46:224-7). A consulter, en lien ci-dessus, mon billet sur ce blog qui en traite.

En cas de lombalgie commune non spécifique, même si la radio dévoile une grosse hernie, toute crise douloureuse relève de la loi du « tout ou rien » ; c'est à dire que la crise douloureuse est imputable soit aux apophyses articulaires postérieures, soit à la hernie. Puis on guérit de sa crise même si la hernie est toujours là. Par ailleurs bon nombre de personnes ont d'énormes hernies et n'en souffrent jamais. On les dit : « asymptomatiques ». Lorsque sont énoncés les principales causes d’une lombalgie commune, il faut avoir à l'esprit que l’on ne connaît la vraie cause que dans cinq pour cent des cas. Le diagnostic est la plupart du temps incertain.

Dans l'article, pas un mot sur les dévastateurs remaniements cérébraux accompagnant les douleurs chroniques (Bases neurtologiques des douleurs. Gwilym S et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after atrthroplasty. Arthritis Rheum 2010;62:2 9306-40).

En page 14 et dans un encadré intitulé : « S'y retrouver dans la jungle des praticiens », s'agissant de la kinésithérapie, il est dit : « Titulaire d'un diplôme d’État (3 ans) ». Or l’arrêté paru le 16 juin 2015 précise que le recrutement de toutes les écoles kiné à partir de la rentrée 2016-2017 se fera exclusivement par Paces (première année commune aux études de santé), Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), L1 Sciences. Par ailleurs, depuis la réforme de la rentrée 2015, la durée de la scolarité en IFMK (Institut de formation en Masso-Kinésithérapie) est passée de trois à quatre ans.

Plus bas, dans la même colonne, est seulement citée la Méthode Mézières, alors que la « grande Françoise » luttait contre la lordose (le creux des reins). L'unique méthode aujourd'hui officiellement validée et pratiquée par tous les kinés est la méthode McKenzie, qui fait travailler... en lordose... Pas un mot sur elle, curieux.

En ce qui concerne l'ostéopathie, est écrit: « Discipline exercée par des médecins et des kinés... la pratique s'est ouverte à des non-professionnels de santé depuis la loi Kouchner (2002) » Faux, archi-faux ! Apparue en France dans les années soixante grâce à des praticiens formés aux U.S.A ou au Royaume uni, Il y a toujours eu des ostéopathes non médecins, non kinés, de par le monde depuis que cette discipline a été créée par Still au dix neuvième siècle. Kouchner n'a fait que reconnaître cette pratique largement répandue dans l'hexagone.

A risque de devenir barbant, je vais arrêter là ma critique bien qu'il y ait encore beaucoup à dire.

Choisir le mot juste : qu'entend-on par « tonus musculaire » ?

, 08:26

Certains articles de presse grand public titrent : « Retrouver sans mal son tonus musculaire par quelques exercices ! ».

Ce genre de titre aguicheur relève pourtant d’une mauvaise interprétation de ce qu’est le tonus musculaire humain, lequel ne dépend pas de notre volonté, et ne peut donc pas se modifier avec des exercices, quels qu’ils soient.

Les journalistes devraient plutôt titrer : « Comment augmenter sa réactivité musculaire », ou bien : « Comment devenir plus tonique ». Sans dire « tonus ». Il est vrai que dans le langage courant : « avoir du tonus » signifie être plus vigoureux. Ce qui conduit à une confusion.

Définition :

Le tonus musculaire définit l’état de légère tension musculaire nécessaire, constant, inconscient, qui s’oppose à la force de pesanteur terrestre. C’est à dire que sans tonus, la pesanteur aurait tendance à nous écraser au sol en petit tas inerte, en raison de sa force.

Le personnel médical (notamment les ergothérapeutes) teste parfois le tonus de leurs patients, afin d’évaluer leur capacité à la réalisation d’actes de la vie courante. On parle d’ « eutonie » pour nommer le tonus d’un sujet normal, tandis que les états anormaux du tonus musculaire sont appelés : « hypotonie » (faiblesse), ou « hypertonie » (excès).

En cas d’hypotonie on est « mou », comme dans la maladie de Guillain-Barré, dans les paralysies flasques. En cas d’hypertonie on est « raide » (hypertonie plastique de la maladie de Parkinson. Hypertonie spastique de l’hémiplégie).

L’absorption régulière de nombreux médicaments expose aussi de manière transitoire à des troubles du tonus. VastarelR (Trimetazidine) par exemple, utilisé en cardiologie, fait risquer des troubles parkinsoniens, c'est-à-dire un excès de raideur musculaire.

joyeuses fêtes

, 10:42

Gilles Orgeret se presse de déclarer : "tous les kinés de France se massent avec moi pour vous souhaiter de joyeuses fêtes et une bonne année 2015"

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Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale

, 09:47

Vu à la télé et sur le net, lu dans la presse : « Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale ! ». Du grand n’importe quoi !!!

Certains spécialistes nous avaient déjà prévenus que les cellulaires donneraient le cancer, ou pour le moins nuiraient gravement à notre santé. Cette information n’a rien changé à nos habitudes faute de preuves valables. Et voilà maintenant qu’internet, la télé, la Presse grand public nous révèlent que selon un chirurgien spécialiste de la colonne vertébrale, le Dr Kenneth K. Hansrai, d’avoir la tête penchée en avant sur nos cellulaires et tablettes, de 2 à 4 h par jour, influencerait grandement notre posture, et correspondrait à l’équivalent d’une charge de 27 kilos sur notre cou.
Le journal anglais « Telegraph » de son côté, cite un chiropracteur anglais Rachael Lancaster, qui parle de « texte neck », caractérisant une « épidémie » de maux du cou touchant les accros au smartphone. Rien moins que cela !

Il est vrai que toute posture tenue durant un certain temps est forcément contraignante. Ce n’est pas nouveau. Seulement prétendre ensuite comme le fait le docteur Hansrai, que c’est comme porter un enfant de huit ans sur les épaules, là je m’insurge !!! Il n’y a d’ailleurs qu’à tenter l’expérience. Le résultat sera parlant. Un enfant porté sur les épaules créée une telle contrainte sur celles-ci, qu’il est impossible de tenir la posture plus de quelques minutes, avec à la clé d’immédiates et douloureuses tensions dans le cou et les épaules. Alors que nos tablettes et smartphones sont ultra-légers et ne suscitent pas cet inconvénient.

Et que dire des passionnés de lecture (porteurs de livres parfois très lourds), de tricot, de broderie, qui adoptent la même posture durant des heures ? Pourquoi les exclure de l’étude ? Lire un document en baissant le cou n’est pas nouveau. Ce n’est pas une pratique née avec les tablettes.
J’ajouterai que les sacs des Dames portés des heures durant et contenant tout un fourbi parfois inutile, sont aussi très lourds. Ils tirent sur l’épaule et donc sur le cou.



Les maçons, plombiers, aides-soignantes (qui s’occupent de patients souvent très lourds et peu mobiles) entre autres exemples, qui ne respectent pas les règles d’économie rachidienne (du dos) aussi bien dans leur activité professionnelle que dans leur vie privée (jardinage, bricolage, ménage avec l’usage de l’aspirateur notamment), risquent de souffrir davantage de ce manque de précautions, qu’à cause de l’usage même intensif de leur cellulaire.

Si l’utilisateur de cellulaire, de tablette, fait de la « gonflette » régulièrement, ou bien du VTT, du judo, de la boxe, ces activités peuvent aussi largement contribuer à son mal.



La station assise prolongée sur des sièges inadaptés, est l’une de mes « bêtes noires ». Je l’ai évoquée à maintes reprises dans ce blog. Si l’on est mal assis durant des heures, à pianoter sur un ordinateur ou devant une table à dessin par exemple, les contraintes sont autrement plus considérables sur la colonne vertébrale qu’avec un cellulaire.

L’un de ces « spécialistes » dit qu’il faut : « garder ses oreilles dans l’alignement du corps », c'est-à-dire garder la tête droite en téléphonant ou en utilisant sa tablette. C’est idiot, car dans ce cas on est obligé de soulever son bras plus haut pour atteindre l’oreille, ce qui surmène l’épaule. Or, épaules et cou sont étroitement liés. D’ailleurs, un Kiné ou un Ostéo qui traite chez un patient des douleurs de cou, doit aussi traiter l’épaule, et inversement. Mieux, il doit examiner son patient de la tête aux pieds et corriger l’appui au sol s’il y a lieu.

Il faut savoir que le « phénomène douleur chronique » implique tous les composants du cerveau. En trouver l’origine est un véritable casse-tête. Il est par exemple démontré que l’on ne connait la cause réelle d’une lombalgie commune que dans cinq pour cent des cas.
Alors, incriminer automatiquement le cellulaire ou la tablette numérique pour de subites douleurs du cou, relèverait du grand n’importe quoi.

En cas de douleur chronique, on évoque également une « atrophie » du Thalamus, le noyau cérébral qui contrôle douleurs, mouvements et postures (voir le précédent billet sur ce blog). Ce qui implique de brusques assauts douloureux sans lien direct avec l’activité pratiquée. Le cerveau « disjoncte » brusquement sans prévenir ! De quoi encore compliquer la donne en matière de diagnostic dans l’origine des douleurs.

Un conseil très simple :



En téléphonant ou en maniant sa tablette, il suffit de poser son avant-bras sur un support, ce qui soulage grandement les contraintes exercées sur le cou. Finis les 27 kilos de pression sur le cou !

Halte au spectaculaire à tout prix dans la Presse grand public, au scoop qui n’en est pas un parce que relevant d’études scientifiques mal conduites !

Le thème de la photo n'est pas celui qu'on pense !

, 16:32

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photo : Philippe Brière

La dame âgée est fort mal assise, elle ne ménage ni ses hanches, ni son dos. Quant-au photographe, lui non plus ne montre pas le bon exemple.
Rares sont les personnes qui ménagent leurs articulations dans les activités de la vie quotidienne. Pourtant, ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?
Dans un monde où surabondent les images, on ne voit jamais quiconque donner le bon exemple en pliant les genoux plutôt que le dos en se baissant, ni être convenablement assis, la bonne position assise étant celle qui respecte un angle tronc-cuisses de 130° ( la position du cavalier). Position qui surmène le moins les vertèbres lombaires.

Etonnez-vous après cela que les médecins du travail, les ergonomes, ne parviennent pas à faire efficacement passer leur message ! Les personnes auxquelles ils s'adressent ont emmagasiné tellement d'images contraires au bon usage, qu'elles sont devenues hermétiques.

Il en est de même pour le tabac ou l'abus d'alcool. Tant que les médias continueront de déverser des millions d'images de peoples cigarette au bec ou en train de se soûler, peoples qui sont des références absolues pour bon nombre d'entre nous, le message ne passera pas. Cessons de nous illusionner !

SCOOP : un « pacemaker » pour soigner le mal de dos ?

, 05:28

Le jeudi 27 mars 2014, une bonne partie de la presse s’emballait d’un coup. L’Express titrait : « Le mal de dos a-t-il trouvé sa solution ? », Le Parisien publiait un article sur deux pleines pages, dans le même esprit.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’électrodes implantées directement dans le corps, de part et d’autre de la colonne vertébrale, et reliées à un stimulateur également implanté qui génère des impulsions électriques.

Déjà une critique : les patients souffrant de la maladie de Parkinson et ayant des électrodes implantées dans le cerveau, sont par moment et brusquement agités de mouvements incontrôlables. La maîtrise d’un stimulateur électrique n’est jamais parfaite, et qui dit que les électrodes mises à demeure ne vont pas bouger, ou même à la longue provoquer des brûlures ?

La société qui commercialise a fait des tests sur 26 personnes, avec au total une vraie amélioration. C’est nettement insuffisant pour crier « cocorico ! » comme elle le fait.

L’article du Parisien précise : « Un implant destiné à des patients âgés de 45 à 55 ans qui ont tout essayé », et juste en dessous, il y a le témoignage avec photo d’un jeune de 28 ans qui souffre de lombalgie chronique invalidante, lequel : « Retrouve espoir avec cette découverte ! ». L’implant serait destiné à des personnes de 45 à 55 ans (on se demande pourquoi cette limitation), et le seul témoignage est celui d’un jeune de 28 ans.

Cherchez l’erreur !

Il est précisé que l’action qui bloque la douleur utilise un circuit nerveux allant au cerveau. On connaît bien ce système qui s’appelle le « Gate Contrôl ». Le courant électrique bloque le message douloureux, hélas, provisoirement, le patient n’est pas guéri pour autant. Les « consultations de la Douleur » proposent depuis des décennies à leurs patients des TENS. Les patients collent sur leur dos des électrodes reliées à un stimulateur basses fréquences, externe celui-ci (mais assez semblable à l’implant). Ainsi, durant plusieurs heures, la douleur est « effacée ».

Il est vrai que lorsqu’on souffre de façon chronique, le thalamus, qui gère douleurs, mouvements et postures, dysfonctionne. Ce n’est malheureusement pas en usant d’un appareil électrique qu’on peut le rééduquer. Ensuite, la stimulation électrique ne résout que « l’équation douleur » - et encore tout provisoirement -, mais en aucun cas NE SOIGNE le mal de dos.

Il est dit « le patient n’est pas obligé de garder le dispositif à vie. Une fois la douleur partie, ils peuvent le faire enlever ! » Formidable ! Mais comment enlever définitivement la douleur ? Uniquement en traitant la vraie CAUSE, alors qu’on ne la connaît pas !!! Car il est démontré qu’on ne connaît la vraie cause des lombalgies communes que dans 5 % des cas.

Pour bien soigner, un diagnostic indiscutable s’impose.

Quand on sait par ailleurs que chez le sujet chronique, il y a toujours une implication psychologique, cela signifie que « se surajoute un problème mental à un problème physique ».

Je pense malgré ces réserves, que le « pace maker lombaire», a sa place pleine et entière dans la boîte à outils des traitements des maux de dos. Seulement, de là à prétendre qu’avec lui : « Le mal de dos a trouvé sa solution ! », il y a pour le moins excès d’enthousiasme.

Messieurs les journalistes, s’il vous plaît, arrêtez de vouloir faire à tout prix dans le spectaculaire, en abusant de titres aguicheurs !

J’ai abordé le « casse tête du mal de dos » dans plusieurs livres, en livrant quelques solutions simples. Mais on n’est pas au bout. Il faudra encore longtemps avant de trouver une solution définitive satisfaisante.

Scoop : une bactérie responsable du mal de dos ?

, 06:13

Faut-il cesser d’incriminer l’usure ou le surmenage, quand on souffre du dos, puisqu’une bactérie en serait responsable ? Il s’agirait de celle de l’acné juvénile.

Notre dos serait donc un éternel adolescent !

Il s’agit d’une bactérie anaérobie profonde de la peau : propionibacterium Acnes. Connue surtout pour sa nuisance dans les atteintes ostéo-articulaires au niveau des épaules.

Une « saleté » ! Pour donner un exemple concret, dans un Hôpital de Picardie, il y a six ans, un patient muni d’une prothèse d’épaule était infecté. On a dû lui changer sa prothèse, et l’on a eu un mal fou à se débarrasser de cette « foutue » bactérie. Nous la connaissons donc depuis longtemps. On ne vient pas de la découvrir.

Le « scoop » maintenant : 61 patients en attente d’une intervention chirurgicale pour hernie discale, ont reçu durant 100 jours un traitement antibiotique. Rapidement 80 % de leurs douleurs ont disparu. Au bout d’un an de traitement, moins de 20 % d’entre eux se plaignaient encore de leur dos.

Que faut-il penser de cette information ?

D’abord, le positif. Mieux vaut se soigner avec des antibiotiques, que se faire opérer. Les conséquences d’une chirurgie intempestive, mal ciblée, sont catastrophiques. J’ai mainte fois évoqué le problème, preuves à l’appui dans ce blog, ou dans mes livres. Idem pour les traitements médicaux classiques, souvent trop lourds, peu efficaces, dévastateurs pour l’organisme.

100 jours d’antibiotiques, c’est le très lourd traitement préconisé (ça « flingue » le système immunitaire) quand on est infecté, en effet, par une bactérie. Par exemple, dans le cadre d’une affection nosocomiale. Hélas, on n’a pas le choix.

Seulement, on sait avec certitude que la bactérie de l’acné, n’est pas responsable dans tous les cas de mal de dos commun. Loin de là (le Modic est à prendre en compte). Comment savoir ? En faisant une ponction ? Pas simple. Des problèmes de diagnostic restent en suspend. On peut accidentellement « écraser » son disque intervertébral, endommager ses vertèbres. La station assise prolongée est une autre réelle nuisance. Si l’on est sédentaire, réfractaire au moindre effort, pareil. Notre musculature doit être en permanence travaillée pour « gainer » notre dos, le protéger. Sinon, il souffre. Avec ou sans bactérie.

Et puis il y a le psychisme. Lorsqu’« on en a plein le dos », ça fait mal ! Les « chroniques » ont des problèmes de gestion de leur équilibre à régler (se référer sur ce blog, aux billets précédemment publiés : « Posturo-logique. Equilibre », «Mal de dos : les méthodes qui marchent… ou qui ne marchent pas»).

Attention aux informations faussement spectaculaires !

Ci-dessous, un des arguments scientifiques de ce billet :

Spondylodiscitis due to Propionibacterium acnes. Case report and review of the literature]. Article in French

Hammann C, Dudler J, Gaumann U, Landry M, Gerster JC.

Service de rhumatologie, médecine physique et réhabilitation, CHUV, Lausanne.

Abstract

Propionibacterium acnes, a gram positive anaerobic organism, is a component of normal skin flora. It can exceptionally be a source of osteoarticular infection (osteitis, arthritis, spondylodiscitis). We report a case of Propionibacterium acnes spondylodiscitis following lumbar puncture. This observation should alert the clinician to the fact that Propionibacterium acnes may rarely cause spondylodiscitis and lumbar pain, and should be considered a causative agent of bone infections after local procedures.

PMID: 10546305 PubMed - indexed for MEDLINE

Nouvel épluchage de la presse grand public : « Mal de dos, des causes inattendues ! »

, 19:08

Dans un précédent billet, je critiquais un article paru dans Femme Actuelle. Aujourd’hui je me propose de féliciter ce magazine pour un autre papier, plutôt bien fait, publié dans leur numéro 1477, du 14 au 20 janvier 2013, et intitulé : « Mal de dos, des causes inattendues ! ». On peut certes souffrir du dos (ou d’une articulation quelconque) alors qu’il n’est pas l’agent causal. On parle alors de douleurs projetées. Le mal est causé par une souffrance à distance, de l’estomac par exemple comme cité dans l’article, ou de tout autre organe interne. L’un de mes patients avait régulièrement très mal aux reins (lombaires). Aussitôt qu’on lui a ôté la vésicule biliaire son problème a cessé.

Une souffrance du pancréas provoque une douleur en barre au milieu du dos ; une crise de colique hépatique, peut se manifester par une douleur élective de l’épaule droite.
En marge de ces tableaux, on pourrait également évoquer la carie dentaire non soignée, car alors le foyen bactérien peut migrer dans n’importe quelle articulation du corps, et faire croire à tort, à un rhumatisme. Le diagnostic est un art difficile !

On ne connaît que dans 5 % des cas la vraie cause d’une lombalgie banale (mal en bas du dos), le mal de dos le plus fréquent, ce qui doit rendre prudent le médecin consulté, d’autant qu’en faisant pratiquer une radio du dos, s’il repère de l’arthrose, il aura tendance à crier : « Euréka, j’ai trouvé ! », alors que l’arthrose n’est pas toujours douloureuse, loin de là. Sur les radios de sujets ayant une arthrose identique, il est impossible de distinguer celui qui souffre de celui qui ne souffre pas. C’est la plupart du temps le déconditionnement à l’effort qui est en cause. Quand on bouge les muscles répondent mal. Certains même sont « devenus fous », et restent durs, tendus, en permanence (trigger zones).

Comme il est indiqué dans l’article de Femme Actuelle, le surpoids agresse violemment genoux et hanche. Prétendre cependant que cela peut provoquer des douleurs de dos, est une conclusion un peu hâtive. Chez le sujet carré, trapu, le centre de gravité est plus près du sol que chez le longiligne (grand et mince). Le « trapu » est par voie de conséquence plus solide au sol, sur ses appuis. Ainsi, surmène-t-il moins son dos. D’autant qu’étant moins souple, il se contorsionne moins que le sujet mince. C’est au contraire quand la personne en surpoids chronique fait un régime qu’elle risque de souffrir du dos, parce que lorsqu’on maigrit, on perd autant de masse musculaire que de masse graisseuse.

Dans cet article, stress, déprime, sont aussi mis en cause : vrai !
Chez tout lombalgique chronique, il est prouvé que l’implication psychologique est constante. Mais souffre-t-on du dos parce qu’on est déprimé, ou bien est-ce la souffrance du dos qui nous déprime ? Qui de l’œuf, ou de la poule ?

premiers articles de presse sur le livre « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »

, 09:52

Parution des premiers articles de presse consacrés au livre de Gilles Orgerte « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »

Le Télégramme de Brest : "Après un premier chapitre sur le phénomène « anti-âge » et la place des seniors au sein de la famille et de la société, l'auteur dénonce, point par point, mensonges et idées reçues en matière de santé du corps et de l'esprit (alimentation, Alzheimer, arthrose, coeur, sexe, yoga...). Le tout s'appuyant sur plus de cent articles médicaux et scientifiques. Le dernier chapitre propose les activités physiques les mieux adaptées à l'état de santé de chacun."
Télégramme de Brest

Capgeris, portail des services aux personnes âgées : aide à domicile, maintien à domicile , maison de retraite , résidences avec services pour sénior :
"Le livre de Gilles Orgeret, masseur-kinsithérapeute, est construit en trois chapitres.
L'auteur replace, dans un premier temps, le senior dans sa véritable place – une place positive – dans la société.
Puis il examine à la loupe, de A à Z, les grands thèmes de santé.
Enfin, l’ouvrage se clôt sur des méthodes d’exercices illustrés, adaptés aux pathologies.
Gilles Orgeret est masseur-kinsithérapeute au sein d’un grand hôpital de l’ouest parisien.
Grand spécialiste du dos, il a écrit de nombreux articles destinés aux professionnels de la santé et enseigne également la thérapie normotensive dans plusieurs villes européennes."
Capgeris

N’importe quoi dans la presse… comme d’hab !!!!

, 17:10

N’importe quoi dans la presse… comme d’hab !!!!

Quand la presse grand public va-t-elle cesser de véhiculer des informations fausses ?

Si dans chaque article prétendument informatif elle commet autant d’erreurs que dans le domaine de la santé, c’est une catastrophe. Au lieu de nous informer, elle nous désinforme !!!

Dans Femme Actuelle N° 1460 du 17 au 23 septembre 2012, en page 60, un article intitulé : « Ostéopathie, Kiné… qui consulter ? » m’a interpellé. Il est carrément caricatural. Il prétend que la kinésithérapie est là pour « rééduquer », l’ostéopathie pour « corriger les déséquilibres », la chiropraxie pour les « ajustements vertébraux ».

D’abord « rééduquer ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que « corriger les déséquilibres » et pratiquer des « ajustements vertébraux » n’est pas également rééduquer ? Oui, bien entendu ! Donc, le champ d’action de la kinésithérapie englobe également ces domaines soi-disant « réservés » aux ostéopathes et aux chiropracteurs.

L’ostéopathe « corrige les déséquilibres »… Quand on sait que leur champ d’action prépondérante est le « fonctionnel », les algies fonctionnelles, c’est-à-dire le psychosomatique*, il faudrait plutôt dire qu’ils corrigent les déséquilibres psychomoteurs. De plus, eux aussi manipulent les dos. Ce domaine n’est pas réservé aux chiropracteurs, loin de là !!!

Le chiropracteur « ajuste les vertèbres ». De qui se moque-ton ? Il n’y a rien à réajuster dans un mal de dos commun. Les vertèbres ne bougent pas, ne se déplacent pas, c’est démontré scientifiquement depuis des lustres. De plus il force les articulations. Y avoir systématiquement recours est carrément dangereux. L’hypermanipulation est un acte grave. Mieux vaut avoir recours à des manœuvres douces (médicaments anti-douleurs sur un temps court, kinésithérapie de réadaptation neuromotrice, ostéopathie tissulaire, acupuncture), d’autant qu’il a été prouvé que rien ne marche si on ne rééduque pas aussi le muscle. La manipulation n’a d’effet que sur le court terme !!!

Je donne toutes les preuves scientifiques de ce que j’avance dans ce billet dans mon livre « Mal de dos : vérités et mensonges ! » J. Lyon. Editeur.

Messieurs les journalistes, un peu de sérieux s’il vous plaît, y’en a marre !

  • La revue de l’Ostéopathie. N°1-1 :2011. P31.

Chaussures, semelles qui font maigrir et soulagent les maux de dos

, 10:12

Chaussures, semelles, qui font maigrir et/ou soulagent les maux de dos : mensonge !

Les plus connues de ces « claquettes tonifiantes » surélèvent l’avant-pied. La pub qui les vante précise : « à chaque pas vous mincissez. Elles tonifient et sculptent naturellement les jambes. Les muscles se remettent à travailler, chassant les amas graisseux installés des fesses aux chevilles ! » De qui se moque t’on ? Quand on connaît l'incrustation tenace de la cellulite, comment peut-on se laisser abuser ?

En pharmacie, l’argument est encore plus percutant : « Ces semelles corrigeraient le positionnement du bassin, et seraient donc bénéfiques pour le dos ! » Quel argument scientifique sous-tend cet argument ? Qui a dit qu’il fallait systématiquement corriger cette bascule avant ou arrière du bassin sans examen médical préalable, d’autant que lorsque la lordose lombaire s’efface, la surcharge lombo-sacrée augmente, ce qui favorise les douleurs. Autre argument encore plus percutant : ces sandalettes ont une forme standardisée, l’inclinaison de la semelle est identique pour tous, or nous sommes tous différents, il n’y a pas d’un individu à l’autre, deux pieds, deux charpentes osseuses, semblables. Nous n’avons pas tous la même cambrure des reins. Certains sont trop cambrés, d’autres pas assez. Donc une même forme de semelles ne peut convenir à tous !

Par ailleurs l’insuffisance veineuse est une vraie maladie qui ne se contente pas de claquettes pour se voir améliorée. Des jambes bourrées de varices et d’œdème, n’y trouveront pas leur compte. Pour être éliminée de façon satisfaisante, la graisse à besoin de vaisseaux sanguins en bon état.

Quant aux causes du surpoids chronique, elles sont trop complexes pour être solutionnées ainsi. D’ailleurs les images de pub vantant ces produits ne montrent que de jolies jambes qui n’ont pas besoin de modifications. Présenter des jambes pleines de cellulite et de varices, ne serait pas vendeur !

En cas de « valgus éversion du pied », c’est à dire d’un pied plat effondré avec excès d’appui sur l’arche interne, les « claquettes tonifiantes » vont aggraver le tableau avec des conséquences néfastes sur les genoux et le dos (surtout le dos !). Un bilan morphostatique doit être entrepris par un médecin, qui déterminera la « tendance gravitaire du sujet », l’adaptation de sa charpente osseuse à la pesanteur, ainsi que les proportions du bassin, car certaines dysharmonies corporelles en dépendent et ne peuvent hélas être corrigées.

Par ailleurs il ne faudra pas confondre culotte de cheval et large diamètre osseux intertrochantérien. Pour être caricatural : « On a de gros os ».

Tout au plus des « claquettes tonifiantes » facilitent-elles le retour veineux en sollicitant d’avantage les muscles du mollet. En cas de varices avérées, elles ne remplaceront jamais une bonne paire de bas de contention.



En cas en cas de troubles circulatoires, de jambes lourdes, il importe de pratiquer des exercices tonifiants associés, si besoin, à des manœuvres de drainage veino-lymphatique.

Mal de dos : les méthodes qui marchent…ou qui ne marchent pas !!!

, 17:13

Mal de dos : les méthodes qui marchent…ou qui ne marchent pas !!!

Billet écrit en collaboration avec le Docteur Thierry Gavardin, Médecin de Médecine Physique et de Réadaptation fonctionnelle.

L’Express N° 3178 du 30 mai au 5 juin 2012, publie en page 78, un article intitulé : « Mal de dos : les méthodes qui marchent vraiment !». Hélas, ce titre est incomplet. Il devrait s’intituler : « Mal de dos : les méthodes qui marchent sur le court terme ! ».

Décortiquons cet article sensé apporter de vraies solutions :

En photo d’intro, une soignante sur tapis de sol montre un exercice à un patient installé sur une table de Bobath qui tente de l’imiter. Ca commence mal, car l’exercice présenté et sensé « assouplir » le dos en l’arrondissant, est nocif, d’autant que tout étirement passif ne donne pas plus de souplesse à un dos en crise. L’inflammation (due aux cytokines), induit des contractures qui disparaîtront… une fois la crise passée. La Haute Autorité de Santé déconseille énergiquement les exercices de ce type, et demande au contraire aux professionnels de santé de faire pratiquer la méthode Mac Kenzie qui préserve la cambrure des reins.

La suite est-elle plus prometteuse ? En page 80 sont données des informations vraies mais qui ne permettent aucunement de traiter un mal de dos.

La chirurgie est évoquée. Le médecin interrogé cite d’emblée l’arthrodèse et la prothèse de disque qui sont des solutions extrêmes, d’autant que la prothèse discale n’est pas au point. Neuf fois sur dix, le geste pratiqué est une cure chirurgicale de hernie discale à ciel ouvert, ou par voie endoscopique (sans ouvrir). Cette dernière n’est citée qu’en page 89. On nous met ensuite l’eau à la bouche en évoquant des progrès… dont absolument rien n’est dit.

La cause de la plupart des maux de dos communs étant inconnue, la hernie discale n’étant qu’un épiphénomène, la lézarde sur un mur dont les fondations ont joué, il semble pour le moins léger de placer la chirurgie en tête, avant d’évoquer des traitements moins contraignants et plus efficaces.

En page 81, il est dit : « On le sait, la médecine peine à trouver l’origine précise de la souffrance. A chacun de découvrir la technique la mieux adaptée » et c’est là le nœud du problème, car on ne traite efficacement un mal que lorsqu’on en connaît l’origine. Tâtonner au hasard n’est pas sérieux !!!

Sont proposées « des solutions », à commencer par les médicaments. Il est dit : « S’il n’existe aucun traitement spécifique du mal de dos, les antalgiques peuvent néanmoins être envisagés. » Attendez une seconde…, n’est-il pas écrit à la «une » en guise de titre racoleur : « Mal de dos : les méthodes qui marchent vraiment ! ». Si on écrit qu’il n’existe aucun traitement spécifique, on ne peut prétendre dans le même temps proposer de méthodes « qui marchent » ?

La vérité est que toutes les voies thérapeutiques actuellement proposées, ne sont pas efficaces sur le long terme !!! C’est ce qu’affirme depuis des années, preuves à l’appui, la Haute Autorité de Santé. Pire, quand on prétend détenir « les méthodes qui marchent », il devient inutile de chercher une nouvelle voie plus efficace. C’est la fin de l’histoire. On est dans l’autosatisfaction ronflante, tandis que le malade du dos lui, continue à souffrir et à s’aggraver. De plus en plus de gens souffrent, sans que rien ne les soulage durablement !!!



Viennent ensuite les manipulations. C’est-à-dire la grosse artillerie. « Avec prudence » est-t-il dit justement. Quand on va voir un « chiro », il manipule… assez violemment. Il n’a rien d’autre à proposer, alors que ce n’est pas toujours recommandé, loin de là, d’autant que la soi-disant « vertèbre déplacée » est un mythe.

L’ostéopathie qui offre des méthodes tissulaires douces, n’est pas évoquée. Dommage ! Il a par ailleurs été largement démontré que tout traitement passif, sans recours également au reconditionnement physique à l’effort, ne marche pas aussi bien.

Sont proposés : acupuncture, cures thermales, électricité… des mesurettes valables sur le court terme. Non de vraies solutions. Personne ne peut sérieusement prétendre le contraire.



Une pleine page est consacrée à : « Débloquer aussi l’angoisse », comme si ça marchait mieux que le reste ! S’il est démontré que le mal de dos chronique s’accompagne toujours d’une souffrance psychologique, après des décennies d’expérience nous n’avons encore jamais vu un seul patient guérir en consultant seulement un psychologue. Il n’est pas question de prétendre que ce n’est pas utile, bien au contraire, mais ce n’est en aucun cas une « méthode qui marche vraiment » méritant une pleine page.



Le « Stage commando ».

C’est vrai, les gens qui ont mal au dos de manière chronique finissent par avoir peur de bouger (kinésiophobie). On se doit de les aider à s’en sortir. Hélas le patient s’imagine à tort que son « stage commando » va solutionner durablement ses problèmes. Faux. Pas de quoi crier cocorico ! Contentons-nous de critiquer les photos qui agrémentent l’article. La première montre un patient en stand-up, une machine visant plus à verticaliser une personne paralysée des jambes, qu’à muscler. Sur une autre, un homme soulève une charge à bout de bras au dessus de sa tête : bonjour les épaules et le cou !!!

Pourquoi la méthode Mac Kenzie, la seule validée par la science, n’est-elle pas évoquée ?

Il y a une autre pleine page sur la chirurgie par voie endoscopique. Le New England Journal of Medicine du 14.07.94, et V. Nguyen dans le Quotidien du médecin, déclaraient déjà : « La découverte de hernie discale chez un patient souffrant d’une lombalgie risque de relever de la pure coïncidence ». Plus récemment, dans son numéro de février 2011, vol. 78. la revue du Rhumatisme-monographie, porte-drapeau de la Société Française de Rhumatologie, précise : « Le traitement spécifique de la dégénérescence discale ne semble pas pour demain.». La chirurgie n’est donc pas la solution miracle. Alors pourquoi lui donner autant la vedette ? En marge du sujet-chirurgie, il y a une maigrichonne colonne intitulée : « Le sport ? vivement recommandé ! » Et comment !!! C’est ce thème-là qui méritait une pleine page.

Bougez-vous chers amis rachialgiques en salle, chez vous, au dehors, partout, même si cela fait mal. Le muscle est au départ du problème, mais il est aussi la solution !



Pas un mot sur la prévention, et notamment sur la station assise prolongée qui est le pire ennemi du dos. Vous aurez eu beau expérimenter tous les traitements du monde, si vous restez quotidiennement de longues heures (mal) assis, la souffrance réapparaîtra à vitesse grand « V ». Il faut définitivement passer de la position assise « passive », à la position assise « active » (par exemple en s’asseyant sur gros ballon de gym).



Pas un mot non plus sur les problèmes d’équilibre démontrés chez le lombalgique chronique qu’il faut pourtant rééduquer pour en sortir, ni sur les modifications qu’entraîne un mal chronique, au niveau cérébral. Les scientifiques évoquent une atrophie du thalamus (Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis. Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.). Le docteur Lyonnais Pierre Volkmann affirme quant-à lui, qu’en cas de douleurs chroniques la zone cérébrale relative à la région corporelle en cause, est carrément inhibée. Ainsi tous les traitements proposés restent-ils sans effet si on ne « rééduque pas aussi le cerveau ». Dans notre service de rééducation fonctionnelle nous avons initié une méthode visant à solliciter la voie bulbo-thalamique pour « réveiller » le thalamus, qui gère douleurs, postures, et mouvements.



Face aux problèmes posés par le mal de dos, l’humilité est de mise. Aucune méthode univoque ne peut être proposée, parce que les origines sont multiples et rarement découvertes avec certitude.

Toutes les preuves scientifiques de ce que nous avançons dans ce billet, sont référencées dans la bibliographie de : « Mal de dos : vérités et mensonges. » J. Lyon Editeur.

Se référer également à « Seniors, on vous ment sur votre santé ! » Grancher Editeur. Sortie-librairie prévue : octobre 2012.

Methodes anti-age : des affirmations sans fondement en provenance de la presse grand-public

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Méthodes anti-âge : des affirmations sans fondement en provenance de la presse grand-public

Le magazine ELLE du 3 février 2012 publie en page 105, un article intitulé : « Anti-âge suivez la méthode douce », avec en sous-titre : « Débloquer les nœuds qui nous crispent et relancer l’énergie pour retrouver des traits détendus et une peau rebondie… » S’ensuit la mise en vedette de méthodes « lissantes pour la peau » : Méditation et Ostéolift.

La méditation :

Depuis quand la méditation est-elle un lifting naturel ? Il n’y a qu’à observer le visage des Sages Bouddhistes, bonzes et autres Yogis. Au pire, quand ils gros c’est l’obésité qui tend leur trait, et quand ils sont minces ils sont souvent ridés comme des pommes reinettes !!!! Conclusion : les gens qui méditent toute la journée auraient donc plus de rides que la moyenne et ne s’en portent pas plus mal !) !

Il est dit dans cet article : «Le stress et les tensions qui crispent les traits sont éliminés. » Un peu plus loin : « On s’assoit confortablement, par terre ou sur une chaise, dos droit. » Si la méditation peut certes décrisper le visage, cela ne dure que le temps de la séance. Chimère, mensonge que de prétendre que cela peut être durable, d’autant plus si l’on fume sa clope aussitôt après la séance. Le tabac est le premier des «agresseurs cutanés», nous condamnant aux rides au coin des yeux à cause de la fumée qui les plisse, ainsi qu’aux ridules du coin de lèvres constamment enroulées autour de la clope. Evoquons également les rides d’expression : quand on rit souvent, les yeux se plissent. Certaines personnes ont le visage riche d’expressions différentes, ce qui, à la longue créée des rides.

Quant-à l’abus du bronzage, voilà bien un autre agresseur cutané reconnu qui accélère les rides, qu’on pratique ou non la méditation. Les autres agresseurs étant principalement : alcool, médicaments, cholestérol, diabète, pollution atmosphérique, déshydratation, le phénomène « yoyo » dans la prise de poids, un sommeil de mauvaise qualité ou insuffisant, l’hérédité. Pourtant, dans cet article, il n’en est pas fait mention. Trop contre-productif !!! Il faut bien entendu éviter tout ce qui peut décrédibiliser l’argumentaire pour le moins faiblard. La « station assise dos droit sur une chaise » proposée pour méditer, est un autre non-sens, car si l’on est fragile des lombaires ça ne peut que nous faire grimacer de douleur au lieu de nous lisser les traits !!! La station assise est nocive pour la santé : assis dos droit à 90°, les pressions exercées sur le disque intervertébral L5-S1, augmentent de 50 % (Tests de Nachemson). Il faut adopter la « station assise active » sur gros ballon ou Sway, Jellyfish, en préservant la cambrure des reins. Pour en savoir plus, se référer à mon livre : « Mal de dos : vérités et mensonges », en page 135, car la station assise n’est pas le thème central de ce billet.

L’ostéolift :

Dans cet article il est dit : « Je fais une séance par mois depuis deux ans. Après j’ai le visage reposé et plus d’éclat, témoigne Pascale 52 ans, je n’ai pas l’impression d’avoir la peau d’une personne de mon âge ». Ce témoignage n’a de la valeur que si cette dame ne pratique que l’ostéolift pour « avoir une peau jeune ». Utilise-t-elle par ailleurs des crèmes anti-âge ? A-t-elle recours au botox ? Voit-elle régulièrement une esthéticienne ? On n’en sait rien.

Plus loin, on lit : «Certaines manœuvres (ostéopathiques) décongestionnantes ciblent les poches sous les yeux ». Toutes les personnes qui ont de véritables poches sous les yeux, bien installées, savent qu’il n’y a que la chirurgie esthétique pour les ôter. Sinon des poches occasionnelles ne sont que le signe d’une fatigue passagère. Il suffit de se reposer, dormir un peu, à la rigueur se mettre des rondelles de concombre sur les paupières, pour que ça passe. Point besoin d’ostéolift !

Frédéric Zénouda fondateur de la revue « Référence Ostéopathie » confirme : « Tout engorgement au niveau digestif, circulatoire ou respiratoire a des conséquences sur la peau. En relançant le drainage et en mobilisant les tissus, on agit sur sa qualité et sa tonicité ». Ce Monsieur se porte caution pour une méthode non validée (où sont les tests scientifiques démontrant la validité de cette méthode ?) avec des arguments largement discutables, car le processus de survenue des rides ou leur disparition nécessite autre chose que « drainage et mobilisation des tissus » (ne pas fumer, ne pas abuser du bronzage, etc), d’autant qu’à trop tirer sur la peau on risque plus de la distendre que de la retendre. Au total un peu léger comme validation, surtout à 100 euros la séance. Pourtant le magazine s’en contente. A ce prix, l’efficacité devrait être démontrée ! Une crème anti-rides ne peut arriver sur le marché que « testée cliniquement ». Il devrait en être de même pour ces techniques.

Aculift :

Quant à l’acupuncture « joli teint », affirmer que les aiguilles « tonifient les muscles peaucier » est pour le moins hasardeux. Par quel moyen ??? Comment une aiguille peut-elle tonifier un muscle ? Un micro-courant électrique oui, si l’aiguille est branchée à un générateur, et encore en ciblant le « point moteur ».

Par ailleurs l’existence des méridiens d’acupuncture n’a pas été prouvée, et on est très loin d’avoir les moyens de le faire prochainement. Alors comment peut-on « illuminer un teint brouillé en ciblant les méridiens du foie ou des reins » alors que l’existence même de ces méridiens est discutable, non prouvée ? Seule l’action de cette médecine sur la douleur a été validée.

Tous ces mensonges véhiculés par la presse, mieux vaut en rire de crainte d’avoir à en pleurer, même si ça nous donne quelques rides d’expression supplémentaires (pour paraphraser Beaumarché) !|/post/2011/05/21/Mal-de-dos-%3A-v%C3%A9rit%C3%A9s-et-mensonges-180-mensonges-qui-emp%C3%AAchent-de-gu%C3%A9rir]

Santé : Attention aux annonces sensationnelles...ment fausses de la presse grand public !

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Santé : Attention aux annonces « sensationnelles.. ment » fausses de la presse grand public !

Dans son N° 1415 du 7 au13 novembre 2011, le magazine Femme Actuelle publiait un article intitulé : « Finie la douleur, huit traitements qui changent tout ! ». Hélas, ces huit traitements ne changent rien du tout, et je vais ici en faire la démonstration.

1/ Il est dit : « Des injections ciblées diminuent les doses de médicaments », c’est vrai mais l’action est provisoire, et l’injection en péridural est un acte risqué (infection, paralysie). Les principales indications de ces injections seraient la chirurgie du dos : « pour éviter que les douleurs ne s’incrustent ». Faux ! Si les douleurs « s’incrustent » c’est parce que la chirurgie du dos ne vise pas à traiter la douleur mais l’atteinte du nerf (neuropathie).L’effet de la chirurgie du dos sur les douleurs est nul, d’autant que la hernie discale n’est pas la cause du mal de dos, elle n’en est qu’une des conséquences (Voir « Mal de dos : vérités et mensonges » Ed J. Lyon. G. Orgeret).

2/ « Une pompe implantable qui diffuse en continu… » Comme il est signalé, cette méthode ne traite pas les douleurs qui se situent au dessus de la moelle.

3/ Si les TENS sont en effet utiles (petits boitiers électriques qui diffusent en continu des courants de basse fréquence), leur efficacité est nulle certains jours chez un même patient, on ne sait pourquoi, et de moins en moins probante au fil du temps. Dans l’article, il est donné pour « preuve», leur utilisation par les « Centres Anti-douleur ». Quand on sait que ces derniers affichent une efficacité de 15 à 20 % seulement, c’est moins que l’effet placebo (on se guérit tout seul par action mentale), ce dernier concernant 40 % de tous les traitements, même la chirurgie. L’article cite l’exemple d’une patiente souffrant de sciatiques à répétition qui porte son neurostimulateur en permanence. On peut dire que c’est un cache-misère, puisqu’on ne traite pas la vraie cause de son mal. On se contente d’effacer l’information-douleur au quotidien pour se donner bonne conscience, et pendant ce temps le sujet s’aggrave, car la douleur est une information capitale, une pièce à conviction importante dans la recherche du coupable qu’il faut à tout prix démasquer.

4/ « Le froid aux effets antalgiques et anti-inflammatoires » : Le pistolet cryo-stimulateur cité a un moindre effet que les frictions au glaçon, parce que la température affichée est sans doute de – 78° au sortir du pistolet, mais qu’il y a dispersion avant d’arriver à la peau, quelques centimètres en dessous. La sensation de froid est moins intense qu’avec le glaçon. Les packs de gel qu’on met au congélateur, les bouillottes remplies de glaçons, gardent donc un intérêt quasi-identique, pour un prix dérisoire. Quant à la « cryothérapie corps entier », on peut se demander ce que la peau en pense si on renouvelle l’expérience trop souvent, ou sous protection insuffisante (risque de brûlure). On sait depuis des siècles que le froid anesthésie, mais les gens vivant dans les zones polaires n’ont pas moins de rhumatismes que ceux qui vivent à l’Equateur ! Résumer un traitement contre la douleur à une application de froid, est là encore manière de mettre le vrai problème de la cause du mal, de côté. Répétons-le, la douleur est une information. Le corps dit : « Je t’informe qu’une de mes pièces ne fonctionne pas bien, veux-tu réaliser s’il te plaît la réparation (ou l’échange standard).»

5 / La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) consiste à solliciter le cerveau à l’aide d’aimants. En matière de santé, les aimants sont utilisés depuis la plus haute antiquité. Cléopâtre s’en appliquait sur les tempes afin de « préserver sa beauté ». Dans l’article de Femme Actuelle, il est dit : « Sont générées des micro-impulsions magnétiques. Celles-ci modifient l’activité des neurones qui vont moduler la douleur ». Comment le sait-on, et quels sont les moyens de contrôle pour « diriger » ces ondes là où on désire qu’elles aillent, et pas n’importe où afin de soigner et ne pas nuire ??? Pas de réponse ! Quand on sait que les ondes électromagnétiques générées par les postes-relais des portables, ainsi que les portables eux-mêmes, sont sources d’interminables polémiques, que beaucoup disent qu’ils seraient à l’origine de cancers, comment peut-on agir ainsi sans problème de conscience ?

6/ « Des électrodes à la surface du cerveau ou sous la peau pour les névralgies de la face et les migraines…». Poser des corps étranger sur le cerveau n’est pas un acte anodin et fait courir des risques (infection, détérioration neuronale, excès de stimuli) et l’effet bénéfique s’estompe avec le temps. Quand on a tout essayé en vain cela peut être envisageable, mais présenter ce traitement comme une grande victoire, est excessif.

7/ Sprays, comprimés, adhésifs, patchs chauffants : Il est dit : « Il n’est pas nécessaire de coller le patch là où on a mal »… faux ! La dose de produit actif est trop faible pour agir à distance. Tout cela fait partie de la panoplie des « petits moyens », comme encore le baume des Pyrénées, l’argile verte, l’homéopathie, et ca ne mérite pas de figurer dans un article choc intitulé : « 8 traitements qui changent tout ».

8 / Les nouvelles thérapies manuelles : l’aquaostéopathie et la microkinésithérapie. L’ostéopathie a été inventée en 1874 par un américain, A.T. Still, c’est une bonne méthode mais qu’on la pratique à sec ou dans l’eau c’est du pareil au même, il est pour le moins mensonger de qualifier l’aquaostéopathie de « nouveauté qui change tout » ! Quant-à la microkinésithérapie inventée il y a plus de trente ans, elle a été « démolie » par une expérimentation du 14 juillet 1991 (La Microkinésithérapie Compte rendu d’une expérimentation G Bernard, D Perrein, J Samuel, D Grosjean, P Bénini Kinésithérapie Scientifique N0 323 Mai 1993). La conclusion de cette expérimentation étant, je cite : « L’analyse statistique des résultats ne permet pas de valider l’hypothèse testée, à savoir : « la micropalpation de l’articulation permettrait de déterminer la perception de mobilité. L’un des éléments de base de la Microkinésithérapie n’a donc pas fait la preuve de sa réalité. » » C’était en 1991, il y a plus de vingt ans, où est la nouveauté ? Quel intérêt ?

En conclusion :

La douleur est un « appel à l’aide », la traiter sans s’attaquer à l’origine du mal est carrément dangereux. C’est fermer les yeux sur la réalité. De plus, on sait depuis des décennies que les médicaments en général, même ceux contre la douleur, sont à la longue source de rhumatismes causant des douleurs (Bannwarth B, Bertin P, Trèves R, Dehais J. Affections articulaires induites par les médicaments. Le concours Médical. 04-12-99-121-39).
Par ailleurs, au fil du temps, les traitements détaillés dans Femme Actuelle perdent en efficacité, ce qui oblige à en revenir ensuite aux traitements « de cheval », comme la morphine, et voilà… la boucle est bouclée, et la déception du patient au rendez-vous !
Heureusement il y a de l’espoir, des voies s’entrouvrent. Il faut savoir par exemple que dans le cas des douleurs chroniques, la zone concernée qui est normalement gravée en permanence au niveau du cerveau (homonculus), s’efface (travaux du Docteur Pierre Volkmann de Lyon). Dans le cas de ces mêmes douleurs chroniques, on observe à la longue une atrophie du thalamus (une zone du cerveau impliquée dans douleurs, postures, et mouvements).
Si on traite la douleur et qu’on ne se préoccupe pas de cette représentation cérébrale déficiente, le patient(e) n’a aucune chance de s’en sortir !!!! Le traitement consiste en une prise en charge très spécifique dont je suis l’initiateur, et tendant à stimuler régulièrement cette zone. Ce sera l’objet d’un prochain billet dans cet espace de blogosphère, afin de vous tenir en haleine, cher lecteur.

A suivre