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Scoliose idiopathique de l’enfant : La recherche en nets progrès, la rééducation à la traîne... Pourquoi de telles affirmations ?

, 06:39

A l’occasion du quinzième anniversaire de la Fondation Yves Cotrel, le 3 décembre 2016, des équipes médicales du monde entier se sont réunies à la Fondation Del Duca (Paris) pour évoquer les dernières découvertes relatives à la scoliose idiopathique. En cette occasion diverses origines ayant été démontrées, il ne faudrait donc plus l'appeler : « idiopathique », c’est-à-dire sans cause connue.
Sont démontrées, les origines :
- Génétique. Il y a programmation interne. A l'intérieur de certains de nos gênes l’horloge « scoliose » se déclenche, tic...tac..., notamment par surexpression du gène PCO5, une protéine fortement exprimée dans le mésencéphale, structure cérébrale impliquée dans la motricité involontaire (gestes inconscients), la régulation du tonus (état de tension musculaire qui nous permet de résister à la pesanteur et de ne pas nous écrouler sous son poids) et de la locomotion (notre capacité à bouger).
- Métabolique,
- Neurosensorielle,
- Ainsi que des altérations des organes de l’équilibre.


Par ailleurs existent d'autres troubles qu'il faut absolument prendre en compte :

La scoliose est par essence une maladie du système tonique postural. Les ceintures scapulaire et pelvienne (épaules et hanches), ont habituellement pour vocation d'absorber les contraintes posturales. Or en cas de scoliose elles ne le font plus correctement. Les ligaments sacro-pelviens qui permettent au sacrum d'être solidaire des os iliaques et ainsi de transférer le poids du tronc sur les jambes, deviennent vulnérables et démissionnent parfois. En elle-même, la scoliose augmente les contraintes supportées par les articulations sacro-iliaques. Les restrictions articulaires sus-jacentes dues au port du corset, l'affectent aussi clairement. Le genou quant à lui est un valet soumis à deux maître : la hanche (il dépend de de l’orientation du bassin), et le pied. Il est également étroitement dépendant du creux des reins (lordose lombaire). Un genu-valgum (jambes en X) procède par exemple d'une accentuation de la lordose lombaire (creux des reins), un genu-varum (jambes arquées), d’une diminution de lordose lombaire. Puis, les muscles internes de la cuisse (la patte d'oie) gèrent la stabilité de l'os iliaque (grand os de la hanche) par rapport au tibia. Le pied s'adapte comme il le peut, au risque de déformations diverses.

Des troubles de la marche et/ou du port de la tête (sous dépendance de moelle épinière-cortex cérébral, oreille interne, propioceptivité) se rencontrent également chez l'enfant scoliotique. Si de surcroît celui-ci est myope, peuvent survenir des troubles du positionnement de la tête, ce défaut postural ayant une incidence sur la colonne vertébrale du haut jusqu'en bas. Même un léger défaut de convergence oculaire peut provoquer un déséquilibre musculaire avec bascule et rotation des épaules et du bassin. Rappelons-le, vue et oreille interne sont intimement liés aux muscles du cou par des connexions neuronales.

Relativement à la loi de Delpech, un enfant grandit de manière alternative : tantôt une jambe, tantôt l'autre. Une inégalité légère de longueur des membres inférieure est donc normale. Mais si un capteur perturbé modifie la position du centre de gravité (vue, oreille interne et propioception. La propioception étant ce qui fait qu'on perçoit son corps de manière intuitive sans avoir à réfléchir, avec pour articulations les plus impliquées : chevilles et hanches), un membre inférieur est alors plus sollicité et sa croissance ralentit. Elle devient la jambe courte ce qui déporte l'appui de l'autre côté. Il importe donc de prendre en considération et de corriger vue et équilibre.

Mode de déglutition :

Par ailleurs un enfant souffrant d'une scoliose n'est-il pas resté en mode de déglutition infantile ? Le test visant à déceler une déglutition atypique, consiste à faire déglutir l’enfant dents serrées et lèvres jointes. S’il y parvient aisément, il n’y a pas de trouble. A la naissance la déglutition est une succion déglutition. Sa persistance après l'âge de 5-6 ans est appelée « déglutition primaire ». Entre perte des premières incisives et apparition des dents permanentes existe une béance antérieure, dans laquelle l'enfant peut insérer sa langue pendant la déglutition. Un manque de contact entre dents antagonistes entraîne un défaut propioceptif (les mécanorecepteurs ligamentaires du parodonte sont mal stimulés), des malformations faciales et une dysfonction dans la maturation des comportements réflexes concernant bouche et posture de la tête par mauvaise stimulation des dents, jusqu’à induire une déformation rachidienne (du dos).

Mesurer la scoliose :

Jusqu'à 10°, les scolioses s'aggravent rarement, il suffit de les surveiller. A 2O° elles s'aggravent dans 50 à 80° des cas, systématiquement au-delà. Pourtant certaines scolioses évoluées non détectées, ne se manifestent que par un dommage esthétique, et les douleurs ou complications orthopédiques à l'âge adulte ne sont pas plus fréquentes statistiquement que pour le reste de la population.

La prise en charge médicale devrait relever d'une équipe multidisciplinaire, au cas par cas, ce qui n'est pas une option largement répandue actuellement. En ce qui concerne le médecin, et je cite (Sur internet : FUTURASANTE » Scoliose : les signes cliniques chez l'enfant ». J.C de Mauroy de Curlière de Castelnau Médecin scoliologue) : « Mieux vaudrait avouer au patient son ignorance quant au risque évolutif, d'où nécessité de contrôles rapprochés. Le risque de faire porter un corset inutilement doit être également évoqué. »

Le corset :
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En 1929, Cannon exposait sa théorie de l’homéostasie. Elle peut se traduire par cette formule : « Un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales tend à produire des réponses adaptatives ». Le paraphrasant, je dirai qu'un organisme vivant subissant une forte contrainte extérieure (comme il en est du corset véritable exo-squelette) tend à produire des réponses adaptatives qui lui sont parfois préjudiciables. Le corset inhibe le système neuromusculaire. S'y associe une dystonie neurovégétative, il y a surstimulation du système orthosympathique en raison de l'anxiété permanente générée par le « handicap scoliose ». Une dystonie fonctionnelle (ou dysautonomie) se surajoute à la maladie lésionnelle.

La prescription d’un corset dépend de l’évolutivité de la scoliose plus que de son angulation, mais classiquement la décision est prise dès 15 - 20°. Celui-ci n’a pas pour but de
diminuer la scoliose mais d’en limiter l’aggravation. Cette décision permet hélas à trop de prescripteurs « d’ouvrir le parapluie ». Ils proposent une réponse toute trouvée sans réfléchir au-delà. L'usage du corset rigide est fortement critiqué dans certains pays et plusieurs études ont démontré qu’il y a une faible qualité de preuves en faveur de leur utilisation (Negrini S, Minozzi S, Bettany-Saltikov J, Zaina F, Chockalingam N, Grivas TB et al. Braces for idiopathic scoliosis in adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, issue 1. Art. No. : CD006850. DOI.). Cela rend toute généralisation systématique de son utilisation par simple commodité intellectuelle difficilement recevable. On estime par ailleurs à 30 % le nombre des enfants qui abandonnent très vite ce carcan, tant les contraintes physiques et esthétiques sont lourdes ; sans parler des douleurs engendrées.

En plus du préjudice physique en pleine période de construction du « Moi », il semblerait « normal » que l’enfant souffre ? Non ! Il serait opportun de proposer des patchs enduits de crème emla, afin d'apporter un minimum de soulagement.
30 % des sujets sous corsets s’aggravent quand même de manière notable, cela étant principalement dû à non observance des règles imposées, notamment la durée quotidienne du port.
Le corset modifie radicalement la donne. Pas forcément en bien. Il fait le dos plat et affaiblit la musculature, notamment abdominale et lombaire. Le système neuromusculaire est inhibé. Le diaphragme (muscle de l’inspiration) est en dysfonction du fait de la scoliose mais aussi de par la compression du corset. D'où impact sur le système respiratoire. Le corps en pleine croissance cherche une échappatoire et la trouve en déformations diverses au niveau du bassin (le support du corset) et des membres inférieurs,. Chez les filles qui forment majoritairement le contingent des scoliotiques, quelle incidence de ces éventuelles déformations de leur bassin sur leurs futures grossesses ?
En se référant aux cartilages de croissance de la hanche (le cartilage en Y est le premier à se fermer au moment de la puberté), ceux-ci sont forcément impactés défavorablement de par la pression du corset, surtout si la scoliose flambe tôt, l'âge de démarrage de la puberté connaissant de grandes variantes d'âge d'un sujet à l'autre.
Le genou est étroitement dépendant de la hanche et de la lordose lombaire (creux des reins). Un genu-valgum (genoux en X) procède par exemple d'une accentuation de celle-ci, un genu-varum (jambes arquées) du contraire. Le poids ainsi que la rigidité du corset vont accentuer cette déformation, d'où l'importance de vérifier les membres inférieurs (une surveillance qui ne doit pas faiblir dès sevrage du corset, car le corps se retrouvant sans carapace le centre de gravité va se déplacer, les contraintes corporelles se modifier, et les membres inférieurs de nouveau trinquer), ce qui préoccupe bien peu de médecins. S'il offre une hypothétique stabilisation des courbures, cet effet correcteur cesse dès sevrage du corset. Il arrive en effet qu'on observe un retour à un degré sensiblement identique à l'angle de début du traitement orthopédique. La programmation génétique de la scoliose, c'est à dire la petite horloge interne : tic...tac... tic...tac..., réagit aussitôt que le corset est ôté et se venge. Un exemple à l'appui de cette assertion. On a très longtemps rééduqué les pieds varus équin des bébés par bandage hyper-correcteur, avant de se rendre compte qu'on obtenait un résultat décevant. Pourquoi ? Le bébé lutte contre cette contrainte de toutes ses forces (et il a beaucoup de forces dans les pieds), ce qui a pour effet de renforcer les muscles allant dans le sens de la déviation.

Pour autant peut-on se passer aujourd'hui du corset ? Sûrement pas ! Car rien ne le remplace à même niveau d'efficacité (même relative) et parce que la rééducation est en échec (consulter mes autres billets sur ce blog à son sujet).

Les orthopédistes qui font du « rigide » comme CTM, 3D, ne se remettent pas aisément en question et proposent le même modèle durant des décennies, alors que chaque dos mérite un corset différent. Il serait par exemple souhaitable de s'intéresser d'avantage aux corsets dynamiques. Il y a SpineCor qui se base sur l’application d’un mouvement correcteur, Olympe pour les scolioses adolescentes évolutives souples de 15 à 25°, et le Toilé de Saint-Etienne pour les lombaires ou dorso-lombaires.

La chirurgie

Elle n’est réservée qu’aux cas extrêmes. Au-delà de 40 – 50°.

Rééducation gymnique

Parce que la rééducation consiste en exercices et qu’il apparaît impossible de réaliser une action thérapeutique ciblée à un étage vertébral près, elle est parfaitement inefficace. L’effet correcteur du mouvement ne dure que le temps de sa réalisation et ne se prolonge pas dans le temps. Quand il y a une zone raide, bloquée (il y a aussi des scolioses souples), lors des exercices soi-disant assouplissants, que va-t-il se passer ? La portion souple sera hypersollicitée alors que la zone raide restera bloquée (consulter à ce sujet mon billet du 10/01 /16. « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace! »). Ensuite comment peut-on continuer d’accréditer la thèse selon laquelle un dos vrillant dans un sens, il suffit de faire un exercice en sens opposé pour contrebalancer le phénomène ? Aussitôt les exercices terminés la petite horloge interne (la génétique) qui programme la déviation de la colonne … tic…tac, se remet en marche.. tic... tac....

Par contre l'enfant scoliotique doit continuer le sport à l'école (une pratique non agressive. Éviter le risque de chute, de coups, de microtraumatismes, acrosport, judo, rugby). Un autre courant rééducatif parle de « contractures » à l’origine des scolioses, qu’il suffirait de lever pour que tout aille bien. De qui se moque-t-on ? Les causes de la scoliose sont : génétique, métabolique, neurosensorielle avec troubles de l'équilibre. Un conflit mécanique rachidien induit une perturbation statique et dynamique. Au stade de déstabilisation segmentaire survient un travail musculaire chaotique. Les modifications musculaires apparaissent en premier, entraînant un dysfonctionnement musculaire qui conduit à la contracture. Si apparaissent des contractures chez le scoliotique, elles sont la conséquence de la déformation, non la cause. De plus la contracture est douloureuse, alors que la scoliose ne l'est pas en soi.

Mon projet thérapeutique

La complète modalité de mon approche thérapeutique fera l’objet d’un chapitre dans un livre pour professionnels de santé : « Traité de Normologie » actuellement en écriture. Je ne la décrirai donc ici qu’à gros traits.

Je ne prétends pas avoir trouvé la méthode miracle, mais la situation impose que nous réfléchissions d’urgence à une voie thérapeutique plus efficace. Je ne dis pas « je sais », je dis « je cherche ».

Tout d'abord chaque séance (deux par semaine) ne peut se satisfaire de la demi-heure « syndicale », tarifée 16,13 euros par la CPAM au kinésithérapeute conventionné. Il faut être généreux en temps passé avec nos chers enfants.

Conseils

Conseils de ménagement de l'appareil locomoteur dans les activités de la vie quotidienne. Conseils sportifs.

La respiration
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- Usage quotidien d'un appareil d’exercices volumétriques (respiratory fitness) surtout en cas de pectus excavatum. Sous corset la cage thoracique est comprimée, la respiration gênée, l'enfant scoliotique est aisément essoufflé (d’avantage si sa scoliose est thoracique). Modèle présenté : un voldyne.

Bas de contention

En cas de port d'un corset, ils sont utiles quand les jambes « gonflent », le corset exerçant une compression sur les gros troncs artério-veineux du haut des cuisses, ce qui peut provoquer une stase veineuse-lymphatique, donc un gonflement.

La thérapie Normotensive

Il s'agit d'une thérapie manuelle, comme l'ostéopathie, mais elle exclue les manipulations. Elle lève des tensions, débloque, rétablit l'ordre dans les fascias (notre squelette fibreux).

Traitement acupunctural d'appoint

Il s’agit d’agir essentiellement sur les points profonds, riches en capteurs propioceptifs.

Pour le grand Jarricot, le triple Réchauffeur semble répondre au parasympathique crânien, alors que Jenn-Mo répond aux parasympathiques, thoracique, abdominal et pelvien. Avec l’acéthylcholine comme médiateur chimique, le parasympathique, ou système vagal, contrôle les glandes. Il agit sur les sécrétions digestives, mobilise le tractus gastro-intestinal, ralentit les fonctions de l'organisme dans un but de conservation de l'énergie. Or la scoliose génère une dystonie neurovégétative avec hypersollicitation de l'orthosympathique. Il faut stimuler le parasympatique pour rééquilibrer.

Autres modalités

Élongations, renforcement de l'équilibre et de la propioception sont particulièrement ciblés à cause de la surexpression du gène PCO5 qui induit une dérégulation du tonus et des perturbations de la locomotion (notre capacité à bouger), ainsi qu'à cause des atteintes des voies de l'équilibre.
Une approche de ce versus rééducatif vous est présenté par Léane, notre coach sportif :

Le programme de Léane.


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A droite Léane montre du doigt une scoliose lombaire. A gauche, le même dos redressé quelques mois après, grâce à un traitement adapté.
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Sur un siège normal l'enfant s'avachit. Il doit s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon où sa musculature et son équilibre sont sollicités en permanence. En plus on peut faire tout plein d'exercices sympas avec.

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Exercice d’équilibre et d’assouplissement des hanches soumises à rude épreuve sous corset. Tenir la position cinq à six secondes. Changer de côté.

- Exercices sur plateau instable :

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Debout sur la planche oscillante les enfants ferment les yeux pour mieux travailler leur équilibre. Léane dit : « Faites rouler le skate d’avant en arrière tout en gardant le dos bien droit ! » Puis, changer de côté.

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Les enfants doivent faire tourner le cerceau en coordonnant bien leurs mouvements et en gardant les yeux fermés.

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Léane dit : « Tu bascules ton bassin d'avant en arrière en étirant bien ton dos et en soufflant ! ».

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Assouplissement du bassin soumis à rude épreuve sous corset. Léane dit : « Étire bien ton dos en soufflant profondément ! »

– Élongation vertébrale sur table inclinable :

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Léane place une balle en mousse sous la gibbosité du thorax (là où les côtes tournent), pour exercer une pression douce dessus pendant l'élongation qui va suivre.

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L'élongation (de dix à vingt minutes). Inclinaison de la table : 30°. Une serviette chaude est placée dans le dos de la jeune patiente. Un harnais fixé à des sandows tire sur le bassin. Très confortable, agréable, même.

– Exercices en bassin chauffé de rééducation (32°) :
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Élongation active du dos avec un élastique fixé aux chevilles et un balle de mousse dans le dos, comme précédemment. La patiente fléchit les coudes en tirant sur les poignées. Son corps est étiré. Elle tient la posture 5 secondes, puis relâche cinq secondes également. Durée totale : environ dix minutes.

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Travail de l'équilibre sur planche basculante. Les yeux fermés, il s'agit de faire plusieurs tours complets sur la planche.

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Mouvement régulier, monter puis descendre le tronc. Garder les jambes bien tendues. Cela étire les muscles postérieurs des jambes et beaucoup le dos.

J'ai 29 ans, une petite scoliose, puis-je pratiquer le yoga sans risque ?

, 17:16

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Posture « le guerrier ».

Mélanie, 29 ans, a une scoliose, parfois mal au dos, surtout le cou. Elle me demande si certaines postures du yoga comme : les « postures inversées », « la roue », celles qui obligent à se pencher en avant ou en arrière, les torsions, ne sont pas risquées.
Sans s’en rendre compte elle livre sa part de réponse en citant des asanas qui lui font spontanément peur.
Si malgré cela elle se met à pratiquer en se disant : « Je suis bête, trouillarde, bouge-toi ma fille, un peu d'audace que diable ! », elle va se blesser… Autopunition. Car à l’évidence, dans tout ce que nous entreprenons il importe que corps et esprit soient en accord.
Et quand le cou est fragile certaines postures du yoga risquent en effet de le surmener à l’excès. Par exemple, à chaque fois que l’on fait de grands mouvements de tête (flexion, extension, rotation). Car dès 30° de rotation l'artère vertébrale (qui irrigue le cerveau) est mise en tension. Au-delà on peut la léser sur un mouvement mal conduit, ou « se bloquer » les vertèbres.
D'ailleurs quand on recueille le témoignage de gens qui pratiquent régulièrement le yoga, tous disent que cela n'empêche pas lumbagos et torticolis, mais que les crises sont moins fréquentes, qu'ils se sentent plus souples, plus musclés, mieux dans leur peau.
Il faut bien avoir à l’esprit que le yoga n'est pas un sport mais une discipline impliquant le corps, les sens et le mental. Il ne se résume aucunement à quelques postures acrobatiques. Conception caricaturale ! Il date d'un temps reculé où le quotidien des humains était tout autre. On ne passait pas son temps assis dans sa voiture ou devant un ordinateur. On n'avait pas la même musculature et on vivait moins vieux. Alors qu'aujourd'hui bon nombre de passionnés de yoga sont des sédentaires et des seniors. Le contexte est différent, il faut en tenir compte.
Par ailleurs certain(e)s sportifs prétendent ne rien s'interdire. Qu'il suffit d'écouter son corps et de ne pas le contrarier pour que toute pratique soit cent pour cent bénéfique. Faux ! Malheureusement quand on souffre d'une scoliose depuis l'enfance, le cerveau finit par intégrer cette déformation comme une « norme personnelle acceptable ». Il s'y habitue et pour de ne pas s’embêter la met aux oubliettes. A cause de cela, si on décide de pratiquer une activité à risque de surmenage articulaire, avec une parfaite mauvaise foi le cerveau envoie un message du type : «Pas de problème, fais ce que tu veux. Fie-toi à moi, je contrôle la situation ! ». Ce qui est faux ! Pour y parvenir, il va accepter maintes compromissions avec l'équilibre, la pesanteur, les limites de ce qui est mécaniquement acceptable pour les articulations.
Il suffit de prendre l'exemple des personnes qui deviennent bossues en vieillissant. Quand on leur dit qu'il leur faut se redresser, que c'est mauvais pour le système cardio-pulmonaire et qu'elles risquent de chuter parce que ce positionnement du corps nuit à leur équilibre, elles répondent qu'ainsi voûtées elles n'ont pas mal et que si elles se redressent aussitôt les douleurs apparaissent. Elles sont résignées. Elles ne luttent plus contre leur handicap au risque de le payer un jour très cher.

Recommandations dans la pratique du yoga en cas de scoliose ou de problèmes de dos en général.

D’abord une petite précision : sur internet certains sites proposent : « Des postures de yoga pour assouplir une scoliose. » : mensonge !!! Aucune posture, aucun exercice ne peuvent l'assouplir (consulter mon billet sur ce blog du 10.01.2016). C’est une déformation génétiquement programmée et profondément inscrite dans la mémoire posturale.
Par ailleurs, on a constaté chez les adolescents scoliotiques une diminution globale de la force des extenseurs du tronc (muscles du dos), avec diminution plus nette en rotation vers le côté concave et cela ne s’arrange pas au fil des ans. Il faut donc ajouter à la pratique du yoga des exercices de renforcement musculaire symétriques à haute vélocité (rapides) et force maximale, en privilégiant le côté concave dans le sens de la flexion et de la rotation.
Il est conseillé de s'échauffer avant la séance, cardio-training par exemple. Puis il faut tenir compte de son état de santé, de son âge et de sa forme physique.
Stopper à la moindre douleur.

1 - Proscrire :
Dans tous les cas il faut éviter la recherche de la posture parfaite, comme sur les images. Proscrire d’emblée les grandes rotations de la tête et les torsions exagérées du tronc.
Ainsi : Sava Hita Asana ou élever le tronc. Dhanarasana « l'arc ». Sarva Hita Asana ou élever la tête. Sarva Hita Asana ou se pencher en avant jambes tendues. Utthitalolasana ou balancer le haut du corps. La roue, le chameau, sont moins risqués mais ne sont pas recommandés.

En posture inversée :

Tête au sol avec pieds en l'air.
Postures inversées à risque pour le cou : chandelle, charrue, petit pont, montagne.
Postures inversées à risque pour les lombaires : le pied à la lune. Le vase ouvert vers le haut.

2 - Asanas sans grand risque :

Kashyapasana, gomokhasana (tête de vache). Trikonasana (triangle). Sarva hita Asana ou flexion latérale assis jambes tendues. Meru Prishtahasana ou rotation du buste. Si on protège son cou en contractant bien ses muscles, les postures de yoga inversé : le corbeau dans sa variante tête au sol, le trident, sont acceptables.

3 - Bons Asanas :

Le lotus. Le chat sans creuser le cou. La torsion dans le cobra sans tourner la tête. Le pont. Ardha Matsyendrasana ou « torsion de la colonne ». Khatu Pranam ou « salutation à Khatu ». Le tigre ou Vyaghrasana en évitant de trop relever la tête. Sarva Hita Asanas : roulade sur le côté. Le lièvre, le rameur, le moulin.

(Liste non exhaustive).

En conclusion.
Le yoga n'évite pas les douleurs articulaires. Il ne redresse pas une scoliose ni ne l'assouplit. Cependant si vous avez envie de pratiquer ne vous en privez pas, en suivant toutefois mes conseils. Globalement disons que, pratiqué de manière raisonnable, le yoga fait du bien au corps et à l’esprit.

QUTENZA contre les insupportables douleurs chroniques ! OUI, MAIS…

, 08:46

Afin de traiter certaines souffrances au quotidien qui ne laissent aucun répit et qui durent de longs mois, des années, différents moyens ont été tentés pour couper le signal nerveux afférent responsable de la transmission de la douleur.
Quelques exemples :

  • La rhizolyse ou thermo-coagulation, par sonde thermique pour les douleurs du dos. Les rameaux nerveux sensibles sont « grillés » et cessent de transmettre leur message douloureux. Mais cela peut provoquer un affaiblissement musculaire, et surtout, si la zone à traiter a été mal calculée, on peut malencontreusement endommager la racine nerveuse avec pour conséquence des douleurs ravivées et invalidantes.
  • Le « pace maker » lombaire. Il s’agit là d’implanter des électrodes sous la peau et reliées à un générateur de courant basse fréquence (voir le billet du 19.04.14 SCOOP : un « pacemaker » pour soigner le mal de dos ? sur ce blog). Le Magazine l’Express avait titré un peu hâtivement : « Le mal de dos a t’il trouvé sa solution ? ». Non, ce n’est pas la solution miracle.



OUI !

  • Il y a les patchs de Versatis, la lidocaïne étant un anesthésiant (sans grand risque donc). Au départ ils n’étaient prescrits que pour le zona mais leur utilisation s’est depuis étendue. Pour les maux de dos chroniques, cela marche pas mal. On est tranquille douze heures. Ensuite il faut renouveler le patch.
  • Puis il y a QUTENZA, indiqué pour le traitement des douleurs neuropathiques périphériques. Il contient de la capsaïcine (responsable du goût épicé du piment) et agit sur les récepteurs cutanés de la douleur (TRPV1). Sa pose ne se réalise qu’en univers hospitalier, en service de médecine ambulatoire. L’application du patch dure de une à deux heures.


Effets indésirable : là où a été posé le patch, peuvent survenir des sensations passagères d’intense brûlure ; ou bien une intensification de la douleur. Lorsque cela marche, les douleurs disparaissent ou s’atténuent durant des mois. Cela vaut donc le coup d’essayer, d’autant que ce n’est que du piment après tout…

MAIS !

Cela ne traite pas la cause du mal. Il s’agit comme on dit d’un traitement « symptomatique ». On n’est pas guéri pour autant. La sonnette « douleur » est désactivée, c’est tout.
Pour un mal de dos par exemple, il faut ensuite pratiquer une rééducation sérieuse (mon blog fourmille de billets sur le sujet), surveiller ses gestes et postures au quotidien, reprendre un sport. Bref, faire tout ce qu’on ne pouvait pas faire pour améliorer sa santé, tant que la douleur était un insupportable frein qui nous refermait sur nous-même et interdisait tout projet constructif.

La scoliose (idiopathique) d’un enfant peut-elle s’aggraver parce qu’il est triste ? Autrement dit : le bon ou le mauvais moral influence-t-il le pronostic de la scoliose ?

, 07:44

C’est la question que m’a récemment posée une maman relativement à sa fille qui était instable émotionnellement à la suite d’une brouille avec sa meilleure amie, et parce qu’un podologue lui a dit que cela pouvait aggraver ses problèmes de dos.

Les mots mal digérés peuvent s’exprimer par des maux physiques, c’est vrai. Corps et esprit sont intimement liés et un coup de déprime peut bloquer le dos. On dit alors que c’est psychosomatique, c’est dans la tête, on « en a plein le dos ». Tout le monde le sait plus ou moins désormais. Pourtant rien ne prouve qu’une scoliose puisse s’aggraver brutalement parce qu’un enfant est triste en raison d’un événementiel traumatisant. D’ailleurs quand on n’a pas le même dos que ses copains et copines on a implicitement le moral atteint. De surcroît, si on est obligé de porter un corset alors qu’on aborde avec l’adolescence, l’âge de la coquetterie, c’est pire. Si l’on est différent cela blesse forcément, notamment à cause du regard parfois peu compatissant d’autrui.
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Il est également vrai que la posture associant une attitude introvertie est de mauvais pronostic pour la scoliose, surtout thoracique (l’enfant se referme sur lui-même, épaules enroulées, poitrine resserrée, avec, lorsqu’on le regarde de profil, le corps qui part en arrière). Alors qu’à l’inverse un enfant en attitude « d’ouverture », extraverti est de meilleur pronostic, (de profil il projette son corps vers l’avant avec les épaules bien en arrière). Si un enfant scoliotique est durablement déprimé, il se refermera sur lui-même, « refermera sa scoliose », sa posture sera davantage perturbée alors qu’il lui faut se corriger en permanence, se « booster », mobiliser toutes ses forces pour combattre sa déformation vertébrale.
En 1929, Cannon avait exposé sa théorie de l’homéostasie qui se traduit par cette formule : « un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales, tend à produire des réponses adaptatives ». En extrapolant on peut dire qu’un environnement stressant pousse une personne à réagir positivement… ou négativement. Et c’est l’élément qu’il faut prendre en compte. Face à l’adversité, il faut que l’enfant positive.
Il est démontré que les causes d’une scoliose idiopathique sont génétiques, hormonales et neurosensorielles (perturbation de la posture, de l’équilibre du corps et de sa perception dans l’espace). Dans ce tableau, le bon ou le mauvais moral perturbe uniquement la posture (la façon de se tenir) déjà grandement perturbée. Rien d'inquiétant si la rééducation est bien conduite, ce qui hélas est loin d’être systématique (voir les billets sur ce blog : « Scoliose de l’enfant » des 26.9.14/10.01.16/29.02.16).

En conclusion :

Une scoliose en elle-même suffit à plomber le moral, ce qui affecte le maintien global du corps. Y ajouter une peine de cœur, un problème familial, un souci scolaire, ne changera pas grand-chose. Un soutien psychologique s’impose de toute manière.

Additif :
Comme je viens de le préciser plus avant, il est démontré que les facteurs métaboliques interviennent dans la causalité et la progression de la scoliose idiopathique de l’adolescent. Ce sont les incrétines, hormones gasto-intestinales bien connues pour leur rôle stimulant dans la sécrétion de l’insuline, qui sont incriminées. Une thérapie nutritionnelle semble donc s’imposer. On « est » clairement ce que l’on mange.

Mal au cou (cervicalgie), je fais quoi ?

, 16:36

Surtout ne pas agir inconsidérément, et malheureusement internet fourmille de mauvais conseils. Puis ne pas faire aveuglément confiance à un professionnel de santé, même bardé de diplômes, sous prétexte qu'il porte une blouse blanche et qu'il en impose.
Sachez user de votre bon sens naturel avant d'accepter un traitement, surtout s'il vous semble lourd ou inadapté.

Il importe en premier lieu de consulter un médecin afin que soit posé un diagnostic écartant tout problème grave (lymphome, myélome, spondylodiscite). Et si le mal est bénin comme dans la majorité des cas, ce praticien vous prescrira peut-être des séances de rééducation. Un kiné qui se contente de vous poser des électrodes sur le cou pendant un quart d'heure, puis de vous papouiller un petit peu histoire de démontrer qu'il mérite encore son titre de « Masseur », ou bien s’il vous met une lampe..., courage fuyez !!! Cela ne sert à rien. L'électrothérapie à basses fréquences sur un temps aussi court n'a d'effet que durant la stimulation, c’est prouvé (www.sante.fr ou www.anaes.fr)*. Chaleur ou massage, s'ils sont agréables, ne soignent pas, c'est juste un complément de soins.

Si vous consultez un ostéopathe, refusez qu'il vous manipule. C'est à dire qu'il se saisisse de votre tête et lui imprime un violent mouvement tournant. C'est interdit depuis l'année 2000 tellement c'est dangereux, excepté en de rares occasions et sur prescription médicale. L'artère vertébrale qui irrigue le cerveau passe dans un canal osseux creusé dans les vertèbres. Une rotation de 30° à peine la met déjà en forte tension, au risque de l'endommager (dissection vertébrale). Pour se défendre, ces praticiens disent qu'ils manipulent uniquement en latéralité, ce qui est mécaniquement impossible. Sur un cou en souffrance l'inclinaison va automatiquement s'accompagner d'une rotation à cause des contractures loco-régionales. Alors halte au massacre !
Par contre l'ostéopathe peut utilement user de manœuvres douces dites tissulaires, non thrustantes.

Le collier cervical est à réserver au cas où le « cou devient trop lourd à porter et fait atrocement mal au moindre mouvement», et ce durant 72 heures au maximum. Après il devient lui-même un obstacle à une rapide guérison et conduit à un déconditionnement neuro-moteur ainsi qu'à des troubles de la propioception (la perception de soi qui permet de repérer et de définir son corps dans l'espace et de tenir l'équilibre).

Pour ma part, je pratique avant tout un bilan diagnostic kiné, à la recherche d'un éventuel syndrome de déficience posturale.
Il faut savoir qu'il existe des connexions neuronales intimes entre muscles oculaires, vestibule (l'équilibre) et muscles de la nuque.
Trio auquel il faut ajouter la mâchoire, car une dysfonction mandibulaire (mâchoire inférieure) peut provoquer des douleurs de cou, c'est prouvé (il existe des stomatologues posturologues).
En séance, le kiné doit non seulement traiter le cou, mais la mâchoire et les éventuels problèmes d'équilibre.
Je traite les dysfonctions musculo-squelettiques en ayant recours à la thérapie normotensive et en stimulant les trigger areas (billet blog du 4.4.2014). Puis j'use d'élongations douces vertébrales, d'électropuncture avec Miniacusonic. Les exercices sur plateau de Freeman et gros ballon de gym, les auto-exercices avec balles de tennis (billet blog du 20.03.16), sont les bienvenus. Par ailleurs la posture assise doit être modifiée si elle n'est pas correcte, ce blog fourmillant de conseils à ce sujet. S'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym est la meilleure option. Il s'agit de passer de la position assise passive à la position assise active. C'est parfait pour renforcer ses muscles sans effort.

Nombre de médecins prescrivent de la rééducation en piscine pour soigner lombaires ou cou. Hélas, si l'on se contente de tremper le patient dans l'eau, il ne se passe rien. Il en ressort seulement... mouillé. A la lecture de ce billet le lecteur comprendra pourquoi.

Et si je dispose moi-même d'un bassin, j'y ai mis beaucoup de matériel (parfois bricolé), afin que les exercices soient adaptés à chaque pathologie.

Il faut également savoir qu'épaules et cou sont liés. Lorsqu'on surmène ses bras c'est le cou qui se plaint en premier (billet blog du 21.6.2015).

La nuit, durant son sommeil, il est utile de porter un tour de cou (billet blog du 9.6.2013) car l'oreiller, même à mémoire de forme, ne suit pas les mouvements de la tête. Si vous passiez la nuit sans bouger du tout, l'oreiller anatomique remplirait son rôle, mais puisque, à l’instar de tout-un chacun, vous tournez de temps en temps la tête, surtout pendant les rêves, l'option du « tour de cou » est la meilleure. Il s'agit d'une petite serviette enroulée et glissée dans une écharpe, ou toute structure tubulaire en tissu (bas de femme, écharpe légère).

Les anneaux claviculaires sont fort utiles à ceux qui se tiennent bossus ou qui ont mal au cou et aux épaules de manière chronique (billet blog 30.10.2014). Pour 19 euros à peine il y a le redresse-dos E-240, société Orliman.

Par ailleurs la vue doit être corrigée. Faites ce test fort simple : Fermez les yeux et avancez légèrement la tête, tel un myope qui avance sa tête en clignant des yeux pour mieux voir. Vous-vous rendrez compte que cela a une incidence sur votre posture. Votre corps se déporte en avant.

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OUI !
Lorsque cela va mieux, et pour restaurer la mobilité de votre cou, placez-vous ainsi contre un mur (dos droit, cou redressé), et tournez lentement épaules et cou de droite à gauche, mais sur peu d'amplitude (moins de 30° de rotation de chaque côté). L'appui des mains permet de contrôler le mouvement, de le guider, et de le stopper à la moindre douleur. Deux, trois minutes, plusieurs fois par jour.

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OUI !
Voici une autre façon d'étirer son cou. A pratiquer alternativement d'un côté puis de l'autre. Sur la photo, l'épaule gauche est étirée vers la droite, tandis que la tête tourne du côté opposé. La tête se tourne en douceur du côté opposé à l'épaule étirée.
Il faut sentir l'étirement musculaire derrière l'épaule (fixateurs de l'omoplate et trapèze).

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NON !!!

A ne pas faire !!! Chercher à retrouver la mobilité de sa tête en la tournant en tous sens, le plus loin possible, et au besoin en tirant dessus avec sa main, comme préconisé à tort par une multitude de sites internet et de professionnels de santé mal avisés.
Tout ce que l'on risque est de se bloquer le cou, ou pire de léser l'artère vertébrale qui irrigue le cerveau.

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OUI !

Certains d'entre nous bougent tout le temps la tête, comme les poulets. Croyez-vous que cela soit une bonne chose ? « Pour voyager loin - dit le proverbe -, il faut ménager sa monture ». Ainsi pour loin mener ses articulations, il est logique de les ménager.
Lorsque vous avez à tourner la tête, tournez d'un bloc sur les pieds comme le font les mannequins sur le podium, les épaules accompagnant les mouvements du cou. En plus, c'est élégant !
N'optez pour les grands mouvements du cou que par absolue nécessité.

  • Douleurs neuropathiques : des prises en charge non médicamenteuses aux décisions stratégiques. V. Guastella, M. Navez, G Mick. Rhumatologie Pratique. Février 2009.

Se relever d’une chaise sans se bloquer le bas du dos. Etirements

, 08:22

Se relever d’une chaise sans se bloquer le bas du dos

Après avoir été longtemps assis, même si le siège est ergonomique parfois cela coince douloureusement. Afin d’éviter cet inconvénient il importe de prendre quelques précautions indispensables.
Deux cas de figure : siège avec et sans accoudoirs.

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Se rapprocher du bord de l’assise, se tourner sur le côté (du côté où cela ne fait pas mal), d’une main prendre appui sur la cuisse, de l’autre sur le coin antérieur de l’assise (ou l’accoudoir), puis se relever en un mouvement tournant pour faire face au siège.
Ensuite il faut s’étirer dès qu’on a passé autour d’une demi-heure assis.

Etirement du bas du dos.

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En appui des mains contre un mur ou sur un meuble, croiser les jambes (jambe côté douloureux de préférence en avant), et plier un peu les genoux, sans trop. Puis pousser les fesses en arrière et vers le bas le plus loin possible en soufflant bien et sans reculer les genoux. Recommencer cinq à six fois.

Cet exercice est excellent quand on souffre du bas du dos, que l’on ait été ou non assis. Le répéter plusieurs fois par jour.

Scoliose idiopathique de l'enfant : la science progresse à l'amble de ce que j'affirme et préconise en matière de rééducation !

, 08:39

Le 3 décembre 2015, lors d'un congrès parisien célébrant le 15 ème anniversaire de la Fondation Yves Cottrel, et dont le thème était : « Scoliose : la recherche à un tournant de son histoire ! », sujet ensuite repris dans le magazine « Le Point » du 03-12-2015, il a été dit qu'on a découvert un gène responsable de certaines formes familiales de scoliose idiopathiques (équipe du Professeur Ederly. CHU de Lyon). Il y aurait notamment mutation sur le gène 5 (et ce ne serait pas le seul à être impliqué), ce type de mutation favorisant le pronostic évolutif de la scoliose.

Quant au développement de cette déformation vertébrale à l'adolescence, outre le rôle de certains facteurs hormonaux (incrétines, estrogènes), est évoquée la voie neurosensorielle (équilibre du corps, sa perception dans l'espace ; symétrie droite-gauche), des anomalies de la propioception ainsi que des altérations de l'oreille interne ayant été mis en évidence.

Tout cela va dans le sens de ce que j'ai toujours affirmé et que je préconise dans ce blog. Au travers d'un premier billet d'abord, daté du 29-04-2014 : « Scoliose de l'enfant ! », puis, le 10-01-2016, sous le titre : « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace ! ».

Le livre à substratum scientifique sur lequel je travaille, mais qui ne sortira pas avant deux ou trois ans en librairie faute de temps pour m'y consacrer davantage, proposera une thérapeutique complète et parfaitement adaptée.

Dos rond enfants, adolescents. Le vrai, le faux, rééducation

, 12:57

Ce billet n'aborde pas le sujet des atteintes neurologiques, les malformations congénitales cyphotiques, les altérations graves du développement psycho-moteur s'accompagnant d'anomalies posturales, ou la spondylarthrite ankylosante dont la symptomatologie peut débuter avant l'âge de vingt ans.
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En l'occurrence, le défaut de posture souvent mineur au départ que les parents remarquent d'emblée chez leur enfant qui se tient « bossu » (attitude cyphotique), est caractérisé par sa réductibilité. C'est à dire qu'il se corrige d'emblée aisément .

Les complexes qui se trahissent parfois dans la façon qu'on a de mal se tenir, ou bien la poitrine qui commence à pointer ou qui se fait soudain trop lourde à porter, avec de surcroît le regard en coin de certains garçons, sont des facteurs aggravants. A la longue l'enfant cyphotique peut même développer des sentiments d'agressivité, de frustration, de repli sur soi, le conduisant à se réfugier dans un monde imaginaire. Dans ce cas, traiter efficacement son dos rond le sauvera plus sûrement qu'une psychothérapie.
Pourtant il y a d'emblée une erreur à ne pas commettre.
Répéter inlassablement : « Tiens toi droit ! » ne sert à rien parce qu'un enfant n'a pas notion de sa déformation, de même que ne vivant que dans le temps présent il ne mémorise pas ses douleurs et donc n'en fait pas tout un plat (il ne somatise pas comme l'adulte). Faites ce test : demandez-lui de se tenir debout redressé dans une attitude un peu militaire et de profil par rapport à un grand miroir, puis questionnez-le. A t-il l'impression d'être droit ? Même si son dos est en arc de cercle, il affirmera le plupart du temps se « sentir » droit. C'est pourquoi il convient plutôt de consulter un médecin habilité, puis un rééducateur posturologue, plutôt que de s'épuiser vainement en injonctions stériles et sources de conflits relationnels.

En phase prépubertaire l'attitude en dos rond compensant une cambrure très exagérée des reins (hyperlordose) est souvent due à une faiblesse abdominale et peut accompagner une spondylolyse, c'est à dire véritable fracture vertébrale sans déplacement osseux et déterminée par des contraintes mécaniques répétées.
Les cyphoses accentuées et hyperlordoses (cambrure des reins accentuée) liées à une hyperlaxité ligamentaire ou une faiblesse de la musculature postérieure, ainsi que celles qui correspondent à un défaut de famille (morphotype familial), sont réductibles après rééducation sérieusement conduite.
Sais t-on toujours qu'une importante myopie mal corrigée peut induire une attitude cyphotique qui peut ensuite s'enraidir ? Ou bien qu'un manque de hauteur de la partie inférieure du visage (brachycéphalie), peut être cause d'une attitude cyphotique, possiblement corrigée par le port d'une correction orthodontique (gouttière occlusale) ?
Par ailleurs une hypercyphose n'entraîne pas de répercussion pulmonaire. Par contre, à l'inverse, l'asthme peut favoriser la constitution d'une hypercyphose thoracique.
L'affection la plus représentative est la maladie de Scheuermann (dystrophie rachidienne de croissance) qui cesse de progresser à la fin de la croissance quand le cartilage n'est plus actif.

Traitement rééducatif

Il faut s'intéresser au sujet dans son ensemble, ce qui implique de cibler les incidences du dos rond sur l'esprit, le mental. En effet tous les sujets déformés ou douloureux chroniques (pas seulement les bossus) souffrent d'une modification morphologique du cerveau avec atteinte du thalamus (noyau cérébral régissant douleurs, postures et mouvements). C'est un peu comme si ces personnes avaient un virus dans la tête pouvant s'activer à n'importe quel moment et sans prévenir. Or l'on s'est aperçu que méditation ou hypnose médicale (et pourquoi pas l'audiogénèse, à explorer), permettent de réguler les ondes alphas produites par le thalamus.
Mes amis ostéopathes qui prétendent avoir une conception holistique de l'individu, c'est à dire dans sa globalité, ne disent pas la vérité puisqu'ils ne rentrent pas dans la tête des gens. Ils manipulent la charpente c'est tout, parfois très utilement quand même.

Bilan morphostatique
Le praticien se doit d'avoir un œil de posturologue. C'est-à-dire qu'il se doit d'examiner l'enfant dévêtu et de la tête aux pieds, debout de profil, de face, de dos, couché sur le dos puis sur le ventre, enfin à la marche. Le praticien déterminera de la sorte les éléments perturbateurs posturaux à corriger d'emblée, même s'ils se situent à distance du dos. Le mal-positionnement de la tête par exemple ou un trouble de l'occlusion (mâchoires), que je viens d'évoquer (brachycéphalie, importante, myopie mal corrigée), en font partie.

Acupuncture sans aiguilles
Les points d'acupuncture profonds se superposent à une zone de densification des récepteurs cutanés profonds, sortes de capteurs qui renseignent sur tout ce qui vient en contact de manière plus ou moins agressive avec la peau (terminaisons nerveuses libres, corpuscules de Vater Pacini), mais ils se superposent aussi aux récepteurs de la propioception (ensemble des éléments du corps nous renseignant sur le positionnement de notre corps dans l'espace, et contribuant à maintenir notre équilibre en toutes circonstances).
C'est pourquoi comme il en est pour la scoliose de l'enfant, je pratique un traitement d'électropuncture, ou bien avec un laser (indolore) sur des points bien précis, parce qu'il importe d'agir sur les causes profondes de la cyphose (ici le grave défaut propioceptif vecteur de troubles posturaux), et non seulement sur la conséquence qui en découle, c'est-à-dire le dos rond, sous peine d'être complètement inefficace.

Traitement normotensif
Cette thérapie fait l'objet de nombreux articles à retrouver sur internet ou dans ce blog. Il ne s'agit pas ici d'en faire le tour, ce qui serait fastidieux.
Traitement normotensif appliqué aux trigger points
Le dysfonctionnement articulaire suscité par une cyphose raide déclenche à la longue une souffrance musculaire dont le système nerveux est bien entendu averti. Se formeront alors des zones douloureuses à la palpation, souvent éloignées de la cyphose, appelées « trigger areas » décrites par Travell, et à traiter (consulter mon billet du 04/09/14.)

La contracture
Elle est due au maintien accidentel des ponts « actine-myosine » après contraction musculaire. Le muscle est dur et raccourci.
Une contracture ne fait pas toujours spontanément mal. Nous en avons même en permanence sans en souffrir. Elles procèdent de notre besoin permanent de tenir l'équilibre. Toutes ne sont donc pas à combattre. Le thérapeute manuel ne recherche du bout des doigts que celles qui sont vectrices d'un désordre pathomécanique. Il le fait en appuyant plus ou moins fort pour en percevoir la « rénitence », cette pression par contre étant toujours plus ou moins douloureuse, ce qui permet au sujet traité d'en percevoir l'existence et d'accepter le traitement.
Une pression thérapeutique normotensive permet de faire céder la contracture en quelques secondes et au final de corriger la posture lorsque l'ensemble du corps a été traité de la sorte, en insistant sur cou et mâchoires .

Posture
L'hygiène de vie est indispensable, notamment l'économie rachidienne dans les diverse activités du quotidien.
Je conseille des postures quotidiennes sur la ventre (une demi-heure minimum). L'enfant peut lire par exemple, ou faire un devoir, dans cette position.
La position asiatique dite de « la fleur du lotus » permet une élongation active du dos.
Puis il faudra corriger la posture de l'enfant assis à son poste de travail, la mauvaise station assise étant un facteur nettement aggravant. A cette fin l'usage d'un gros ballon de gym comme siège est préconisé, comme décrit dans le billet précédent et traitant de la scoliose (10/01/16), il est obligatoire en ce qui me concerne, avec adaptation de la hauteur du plan de travail (ceci devrait être fait pour tous les enfants quel que soit l'état de leur dos). Les filles doivent éviter le port de talons hauts qui accentuent la déformation du dos.
Bien que son poids ne soit pas considéré comme excessif s'il ne dépasse pas le tiers du poids du corps, mieux vaut éviter le cartable ; lequel a tendance à obliger l'enfant à marcher avec projection du tronc en avant. Mieux vaut opter pour la valisette roulante.
Sinon, sac à dos chargé à minima et imitant ceux des montagnards (avec sangle abdominale de maintien et larges sangles d'épaules). Il doit être porté avec son centre situé à 5 cm sous le sommet de la cyphose.

Sports
En conséquence de ce qui vient d'être dit (la mauvaise posture ayant déréglé le cerveau), la rééducation par exercices seuls est totalement inefficace, notamment pour les formes rigides. L'effet assouplissant ou soi-disant correcteur musculaire ne dure que le temps de la séance, jamais au delà ! Cela est notamment dû à la présence de deux creux (lordoses cervicale et lombaire) venant en compensation d'une bosse dorsale, et ce afin de préserver la station debout et la fonction de la vue. Ces lordoses limitent l'effet des mouvements gymniques correcteurs par défaut d'appui stable. Cependant l'enfant doit être actif et continuer le sport à l'école, ne serait-ce que pour ne pas être mis à l'écart, vu comme un handicapé, ce qu'il n'est pas. Sont déconseillés : Judo, rugby, gymnastique rythmique et artistique, haltérophilie, plongée sous-marine (port des bouteilles d'oxygène qui arrondit le dos) et acrosport (en tant que porteur). Porter un sac à dos durant une demi-heure chaque jour non sur le dos mais par devant soi, et alourdi (quelques boites de conserve) fait aisément travailler les muscles postérieurs du dos.
Exercices de gainage, sur ballon de gym sans arrondir le dos, basket, natation (en excluant brasse et papillon), sont également favorables.
Pour ma part je travaille la correction posturale sur planche oscillante corporelle (billet sur ce blog du 21/07/15).

Nota :
Après la puberté certaines douleurs du dos sont liées à une hyperexcitabilité neuromusculaire, les douleurs survenant après une posture prolongée mal assis ou debout. D'où l'importance de ne jamais cesser d'adopter une position à visée correctrice, comme de continuer à s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon, ou bien mettre sur son siège de voiture en bas des reins, une bouteille plastique vide.
Chez l'adulte cyphotique, « bossu », on constate une dégradation importante de la musculature de soutien de la colonne vertébrale associée à une perte de force des muscles fessiers.
Il est à noter qu'en astronomie l'apesanteur représente un modèle expérimental du vieillissement accéléré du squelette avec un caractère réversible. Le défaut d'activité, la sédentarité de nos chères têtes blanches est à incriminer.

Mes performances en tant que cavalière ou cavalier ne sont pas bonnes bien que je m'entraîne beaucoup. Que faire ?

, 18:00

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“Une élégante cavalière parfaitement avec son cheval !“

En regardant le film "Jappeloup", biographie d’un cheval champion de sauts d’obstacles dans les années quatre-vingt et médaillé d’or aux jeux Olympiques de Séoul en 1988, j'ai réagi en kiné lorsqu'après de nombreuses chutes et échecs en compétitions, Guillaume Canet dans le rôle de Michel Martin s'exclame : " Mon cheval est excellent, c'est moi qui suis un mauvais cavalier. Cela est dû au fait que je concoure pour faire plaisir à mon père !".
Or il semble évident que son personnage avait la passion du cheval et de la compétition. Il ne montait pas pour faire plaisir à qui que ce soit. Seulement, en panne d'idée face à l'échec, il a fait comme tout le monde dans nos sociétés marquées au fer rouge par Freud : il n'a su qu‘incriminer le facteur psychologique. Or, si le problème n'était pas que là ou bien directement ailleurs ?

Au lieu de se presser le ciboulot tel un citron, ce cavalier aurait dû consulter un Posturologue, lequel aurait bilanté sa statique, son équilibre debout, à la recherche d’un “syndrome de déficience posturale“, car il est illusoire de croire que dès que la passion du cheval nous prend, nous devenons automatiquement des Centaures, sortes d'hybrides moitié Homme moitié cheval !
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Même monté en croupe, l’Homo Sapiens reste profondément marqué par son lointain passé de “chasseur cueilleur marcheur“. L’origine de nos problèmes musculo-squelettiques d’individus modernes remonte en effet à la préhistoire, lorsque nos lointains ancêtres ont décidé d‘adopter la marche bipède exclusive. Du coup ils se sont trouvés confrontés à un problème majeur : donner à leur musculature postérieure une longueur adéquate. Faiblesse de la musculature antérieure (notamment abdominale), mal de dos, pubalgie, tendinites des muscles de l'arrière des jambes, sont des conséquences logiques de cette difficile adaptation.

Un exemple : nos épaules ne sont pas encore adaptée à nos activités de bipède, la preuve étant que le meilleur placement de la tête humérale (os du bras) dans sa cavité articulaire est réalisée à 90°de flexion, c'est à dire à quatre pattes. Debout, de nombreux défauts d'alignements peuvent affecter notre équilibre musculaire sans que nous-nous en rendions compte. Certains muscles sont courts et puissants, d'autre étirés et fragiles.
Etant donné qu'un cavalier n'est pas constamment sur son animal, et donc qu'il passe un certain temps debout ou assis sur de mauvais sièges, sa posture, son équilibre, et donc ses performances sportives s'en ressentiront, même s'il s'entraîne beaucoup et croit posséder une bonne technicité.

Autre constat : un bon fonctionnement du genou, l'articulation mise à mal en équitation, impose une bonne fonctionnalité de la hanche et du pied, articulations peu contrôlées de manière régulière par un professionnel de Santé, à moins d'un accident ou d'une douleur. Or il existe mantenant le “monitoring ligamentaire“, que tout cavalier devrait pratiquer au moins une fois par mois, afin de savoir si ses jambes sont en bon état, surtout lorsque se profile une compétition.

Les troubles statiques corporels sont causes d''hypercontraintes articulaires, et d'hypersollicitations musculo-ligamentaires. Il s'agit de les déceler et de les corriger.

Née dans les années quatre-vingt, la Posturologie est pratiquée par bon nombre de professionnels de Santé (médecins, Kinésithérapeutes, Ostéopathes, Infirmiers, Podologues), et vise à trouver l'origine du défaut de posture, et à le corriger. Le plus souvent ces spécialistes pensent qu'il se situe au niveau des pieds (d'où le port de semelles fabriquées par le podologue), des yeux (verres compensateurs et/ou séance d'Orthoptie), ou de la mâchoire ( port de gouttières dentaires en dormant). Or c'est trop réducteur, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, et ce pour plusieurs raisons. Le port de semelles compensatrices n'a de réelle action... que sur le pied, quasiment pas sur le dos. Les gouttières nocturnes, si elles sont utiles, ne suffisent pas à résoudre tous les problèmes de posture. Pareil pour les lunettes.

En attendant il importe néanmoins que tout cavalier consulte régulièrement un Posturologue expérimenté, car celui-ci est dans le vrai dans sa démarche holistique, même s'il y a encore beaucoup à faire pour parfaire le concept.
J'y travaille d''ailleurs, et proposerai une voie nouvelle dans mon prochain livre : “ Normologie.“, lequel sera publié dans un an ou deux.

Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale

, 09:47

Vu à la télé et sur le net, lu dans la presse : « Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale ! ». Du grand n’importe quoi !!!

Certains spécialistes nous avaient déjà prévenus que les cellulaires donneraient le cancer, ou pour le moins nuiraient gravement à notre santé. Cette information n’a rien changé à nos habitudes faute de preuves valables. Et voilà maintenant qu’internet, la télé, la Presse grand public nous révèlent que selon un chirurgien spécialiste de la colonne vertébrale, le Dr Kenneth K. Hansrai, d’avoir la tête penchée en avant sur nos cellulaires et tablettes, de 2 à 4 h par jour, influencerait grandement notre posture, et correspondrait à l’équivalent d’une charge de 27 kilos sur notre cou.
Le journal anglais « Telegraph » de son côté, cite un chiropracteur anglais Rachael Lancaster, qui parle de « texte neck », caractérisant une « épidémie » de maux du cou touchant les accros au smartphone. Rien moins que cela !

Il est vrai que toute posture tenue durant un certain temps est forcément contraignante. Ce n’est pas nouveau. Seulement prétendre ensuite comme le fait le docteur Hansrai, que c’est comme porter un enfant de huit ans sur les épaules, là je m’insurge !!! Il n’y a d’ailleurs qu’à tenter l’expérience. Le résultat sera parlant. Un enfant porté sur les épaules créée une telle contrainte sur celles-ci, qu’il est impossible de tenir la posture plus de quelques minutes, avec à la clé d’immédiates et douloureuses tensions dans le cou et les épaules. Alors que nos tablettes et smartphones sont ultra-légers et ne suscitent pas cet inconvénient.

Et que dire des passionnés de lecture (porteurs de livres parfois très lourds), de tricot, de broderie, qui adoptent la même posture durant des heures ? Pourquoi les exclure de l’étude ? Lire un document en baissant le cou n’est pas nouveau. Ce n’est pas une pratique née avec les tablettes.
J’ajouterai que les sacs des Dames portés des heures durant et contenant tout un fourbi parfois inutile, sont aussi très lourds. Ils tirent sur l’épaule et donc sur le cou.



Les maçons, plombiers, aides-soignantes (qui s’occupent de patients souvent très lourds et peu mobiles) entre autres exemples, qui ne respectent pas les règles d’économie rachidienne (du dos) aussi bien dans leur activité professionnelle que dans leur vie privée (jardinage, bricolage, ménage avec l’usage de l’aspirateur notamment), risquent de souffrir davantage de ce manque de précautions, qu’à cause de l’usage même intensif de leur cellulaire.

Si l’utilisateur de cellulaire, de tablette, fait de la « gonflette » régulièrement, ou bien du VTT, du judo, de la boxe, ces activités peuvent aussi largement contribuer à son mal.



La station assise prolongée sur des sièges inadaptés, est l’une de mes « bêtes noires ». Je l’ai évoquée à maintes reprises dans ce blog. Si l’on est mal assis durant des heures, à pianoter sur un ordinateur ou devant une table à dessin par exemple, les contraintes sont autrement plus considérables sur la colonne vertébrale qu’avec un cellulaire.

L’un de ces « spécialistes » dit qu’il faut : « garder ses oreilles dans l’alignement du corps », c'est-à-dire garder la tête droite en téléphonant ou en utilisant sa tablette. C’est idiot, car dans ce cas on est obligé de soulever son bras plus haut pour atteindre l’oreille, ce qui surmène l’épaule. Or, épaules et cou sont étroitement liés. D’ailleurs, un Kiné ou un Ostéo qui traite chez un patient des douleurs de cou, doit aussi traiter l’épaule, et inversement. Mieux, il doit examiner son patient de la tête aux pieds et corriger l’appui au sol s’il y a lieu.

Il faut savoir que le « phénomène douleur chronique » implique tous les composants du cerveau. En trouver l’origine est un véritable casse-tête. Il est par exemple démontré que l’on ne connait la cause réelle d’une lombalgie commune que dans cinq pour cent des cas.
Alors, incriminer automatiquement le cellulaire ou la tablette numérique pour de subites douleurs du cou, relèverait du grand n’importe quoi.

En cas de douleur chronique, on évoque également une « atrophie » du Thalamus, le noyau cérébral qui contrôle douleurs, mouvements et postures (voir le précédent billet sur ce blog). Ce qui implique de brusques assauts douloureux sans lien direct avec l’activité pratiquée. Le cerveau « disjoncte » brusquement sans prévenir ! De quoi encore compliquer la donne en matière de diagnostic dans l’origine des douleurs.

Un conseil très simple :



En téléphonant ou en maniant sa tablette, il suffit de poser son avant-bras sur un support, ce qui soulage grandement les contraintes exercées sur le cou. Finis les 27 kilos de pression sur le cou !

Halte au spectaculaire à tout prix dans la Presse grand public, au scoop qui n’en est pas un parce que relevant d’études scientifiques mal conduites !

Profession kiné : garder un œil d’expert. L’éternel thème de la lombalgie chronique

, 07:09

En hommage ce jour à Monsieur Roger Federer, qui est handicapé par son dos.

On est aisément conduit à remettre en question ce que nous avons appris durant nos études, étant donné qu’il y a beaucoup de théories qui s’avèrent fausses au fil du temps, et qui sont encore enseignées comme des dogmes. Ainsi les différentes approches concernant les protrusions discales rachidiennes (hernies) concernant la « décompression », la « stabilisation », méthodes rééducatives largement préconisées et qui sont malheureusement assez contradictoires. Les exercices de « décompression » sont censés remédier à l'action néfaste de la pesanteur. Toutefois il y a l’exemple des astronautes qui ont quand même des problèmes de dos, et ceci même en l'absence de pesanteur.
Par ailleurs les techniques de « décompression », telles « inversion » ou « stretching », peuvent entrainer une hypermobilité vertébrale, c'est-à-dire une forme inquiétante d’instabilité.
En ce qui concerne la « stabilisation rachidienne », tout verrouiller comme le préconisent bon nombre de confrères (le fameux « verrouillage lombaire ») n'est pas non plus une solution, car une bille placée entre deux cylindres aura tendance à être expulsée d'autant plus facilement que les haubans reliant les deux cylindres sont tendus.

Le problème majeur découlant des hernies intradiscales vient sans doute de « patterns de mouvements défectueux acquis». C’est-à-dire de schémas moteurs devenus inefficaces. Les gestes et mouvements que nous exécutons alors, même ceux qui visent à cibler l’économie rachidienne comme de bien plier les genoux en se baissant pour ramasser un objet au lieu de courber le dos, ne sont plus efficaces.
Le problème relève d’un mauvais fonctionnement du cerveau.
Le thalamus (l’un des centres de commandement majeurs du cerveau régissant douleur, postures et mouvements) est endommagé, il envoie parfois de mauvais signaux*. Pour donner un exemple simple, si l’on compare notre cerveau à un ordinateur, c’est un peu comme s’il était parasité par un virus. Imaginons que pour exécuter un mouvement, nous tapions sur le clavier : « Baisse-toi pour ramasser ton stylo (par exemple) en faisant bien attention à ton dos ! ». Si le virus est inactif, le geste va se faire sans mal, mais si le virus est actif, il va parasiter le mouvement et l’on sera victime d’un prétendu « faux mouvement ». Le cerveau aura enregistré : « Ouille, en me baissant, je vais fatalement avoir mal ! », même si le mouvement a été correctement réalisé.

Comment s’en sortir alors ?
De quels moyens le kiné dispose-t-il pour améliorer cela ?

Ma solution, laquelle, si elle n’a pas été testée scientifiquement a le mérite d’aller dans le bon sens puisqu’elle est logique, consiste à stimuler la propioception** par la voie nerveuse centrale « voie bulbo-thalamique ». La propioception consciente étant à la base de notre schéma corporel.

Exemples d’exercices, à réaliser et c’est important, les yeux fermés, quotidiennement pendant trois minutes :

- « L’arbre », du Yoga. Debout sur un pied, tenir la position le plus longtemps possible.

- Mettre un matelas en mousse sur le sol et marcher dessus les yeux fermés.

- Rouler un gros ballon (swiss ball, Klein) sous un pied, puis sous l’autre (exercice décrit avec photo sur ce blog au 30.09.2012). S’asseoir dessus, lever un pied, puis l’autre.

D’autres exercices sont décrits dans ce blog, avec photos à l’appui (14 et 27 décembre 2012).

· Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. “Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.
· ** La propioception désigne l’ensemble des composants corporels concourant à la perception du corps et au maintien de l’équilibre.

Le thème de la photo n'est pas celui qu'on pense !

, 16:32

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photo : Philippe Brière

La dame âgée est fort mal assise, elle ne ménage ni ses hanches, ni son dos. Quant-au photographe, lui non plus ne montre pas le bon exemple.
Rares sont les personnes qui ménagent leurs articulations dans les activités de la vie quotidienne. Pourtant, ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?
Dans un monde où surabondent les images, on ne voit jamais quiconque donner le bon exemple en pliant les genoux plutôt que le dos en se baissant, ni être convenablement assis, la bonne position assise étant celle qui respecte un angle tronc-cuisses de 130° ( la position du cavalier). Position qui surmène le moins les vertèbres lombaires.

Etonnez-vous après cela que les médecins du travail, les ergonomes, ne parviennent pas à faire efficacement passer leur message ! Les personnes auxquelles ils s'adressent ont emmagasiné tellement d'images contraires au bon usage, qu'elles sont devenues hermétiques.

Il en est de même pour le tabac ou l'abus d'alcool. Tant que les médias continueront de déverser des millions d'images de peoples cigarette au bec ou en train de se soûler, peoples qui sont des références absolues pour bon nombre d'entre nous, le message ne passera pas. Cessons de nous illusionner !

Scoliose de l’enfant

, 09:19

Une maman m’a dit récemment : « Il n’y a rien sur votre blog concernant la scoliose ! ». J’ai répondu : « Coupable ! ». Comment cela se peut-il, alors que mon expérience est continue et s’étale sur trente années ? D’où ce billet.
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(photo : Michael Kenna : statue, Vaux le Vicomte)

Définition

La scoliose juvénile idiopathique* évolutive (non neurologique ou neuromusculaire), se caractérise par une déformation de la colonne vertébrale dans les trois plans de l’espace (frontale, le fameux « S », avec rotation et inclinaison des vertèbres). Les scolioses dorsales (thoraciques) sont toujours plus évolutives, donc plus graves que celles situées plus bas (thoraco-lombaires et lombaires).
Les vertèbres sont comme les cubes en plastique avec lesquels jouent les enfants. Au nombre de vingt quatre, elles sont empilées et solidement accrochées l’une à l’autre. En cas de scoliose ce complexe assemblage se déforme, incapable de s’adapter correctement aux contraintes de la pesanteur. L’enfant est déséquilibré « de la tête aux pieds ».

Voilà bien défini un syndrome de déficience posturale, à prendre en compte en rééducation dans toute sa complexité, au risque sinon de ne pas être efficace.

Risque évolutif

Une scoliose est dite évolutive quand elle s’aggrave d’au moins un degré par mois au test de Cobb, deux degrés par mois durant un an correspondant aussi à une notion d’évolutivité inquiétante. En fait, il s’agit d’une « révolution », le corps se modifiant profondément avec déficit esthétique (déformation du dos) et fonctionnel (perte de souplesse, déséquilibre musculaire, parfois même problèmes respiratoires pour les scolioses dorsales). S’y ajoute une dimension psychologique qui n’est pas la moindre. A l’âge où s’affine le souci de l’apparence, il est difficile d’assumer la déformation de son dos, notamment quand « l’autre » a les yeux dessus, comme à la plage ou en pratique sportive. En cas de port d’un corset, c’est pire. Entre onze et quinze ans s’opère la structuration du « MOI ». Cette tranche d’âge se caractérise par une instabilité psychologique qui ne facilite pas les choses. L’aide d’un psychothérapeute peut s’avérer nécessaire.

Il est dit que la scoliose débute dans le ventre de la maman. Plus elle apparaît tôt dans l’enfance (nourrisson : 0 >1 an, juvénile : 3 > puberté, adolescent : dès la puberté), plus elle risque de s’aggraver. Il ne faut pas manquer de la dépister avant la puberté, et moins encore de rater le virage dangereux de la poussée pubertaire appelé « couloir stratégique** », au début de l’ossification de la crête iliaque *** (Côtée « Risser 1 »). A : « Risser 0 », le risque est quatre fois plus grand qu’à « Risser 3 ou 4 ».

Alors qu’une scoliose de moins de 20° a fort peu de risques de s’aggraver, les trois quart s’aggravent au-delà de 20°, et toutes à plus de 30°.

Autres facteurs de mauvais pronostic : dos plat, asymétrie des côtes.

Appareillage

Une scoliose évolutive qui dépasse 20°, oblige au port d’un corset (Cheneau, Boston, Lyonnais, Milwaukee), ainsi qu’à la pratique régulière d’une rééducation de qualité. Il est porté de manière permanente ou parfois seulement la nuit, la croissance se faisant principalement durant le sommeil. Pour accepter le corset, on ne peut demander à un enfant, comme le font certains professionnels de santé, de «se projeter sur l’avenir » en s’imaginant à l’âge adulte. Lui dire par exemple : « Quand tu seras grand(e), tu seras bien contente d’avoir un dos plus droit, ton avenir est tout ce qui compte ! ». Pour un enfant seul compte le moment présent, et alors que jusqu’ici il pouvait faire des galipettes, des roulades, courir en tous sens, chahuter, avec le corset c’est fini. Ses proches devront donc l’aider à réorganiser ses activités, et à trouver de nouveaux pôles d’intérêt ludiques pour atténuer le traumatisme psychologique. Il faut se méfier des enfants qui prétendent que cela ne leur pose aucun problème. Ils refoulent leur dépit. En résumé, il importe de se mettre à la portée de l’enfant, de l’écouter et lui expliquer les choses avec des mots qu’il peut comprendre. Un enfant n’a rien d’un adulte en miniature !!! Le port permanent d’une telle « carapace », provoque un paramorphisme inversé (altération de la forme à visée correctrice). Avant le corset, la progressive déformation de la colonne oblige les membres inférieurs à s’adapter pour maintenir l’équilibre, ce processus est subitement inversé. L’enfant ne peut garder l’équilibre que s’il modifie de nouveau ses appuis, avec pour conséquence une orientation modifiée de ses hanches, genoux et pieds, et donc une incidence sur la musculature gainant ces articulations. Le « haubanage » s’oriente différemment, il suit le « fluage » vertébral, d’où risques de tensions voire de déformations à plus ou moins long terme au niveau des membres inférieurs, si le « virage » correcteur du corset n’est pas convenablement réalisé. Le port de la tête même est modifié, pour adapter le regard. Tout cela provoque un inévitable chamboulement dans l’équilibre. D’où l’importance d’une rééducation de qualité ne ciblant pas que l’assouplissement, mais également la propioception, voire l’oreille interne si elle est atteinte. Si l’équilibre n’est pas amélioré par la rééducation, le travail d’assouplissement entrepris par exemple ne tiendra pas. Les tensions musculaires et contractures reviendront, étant consécutives à de constantes adaptations (inconscientes) aux postures adoptées spontanément par le sujet durant la journée. Thérapies Manuelles (Ostéopathie, Myothérapie, Thérapie Normotensive).

L’avantage de ces thérapies est qu’elles considèrent le patient dans sa globalité (concept holistique), traquant et traitant les répercussions de la scoliose sur l’ensemble du corps.



Toute manipulation (le thrust) pour soi-disant assouplir la colonne, est rigoureusement interdite car inefficace et dangereuse ! En général aucun jeune de moins de seize ans ne doit être manipulé pour quelque raison que ce soit.

Par contre les manœuvres douces de thérapie manuelle dites « tissulaires » (sur les fascias) sont utiles, bien qu’elles ne suffisent pas à traiter à elles-seules efficacement la scoliose. Quand le corset s’impose par exemple, il ne faut pas tergiverser et le porter ! Si votre Ostéo prétend pouvoir assumer à lui seul la scoliose de votre enfant sans l’aide du corset, ne vous laissez pas convaincre, changez d’Ostéopathe.

La thérapie manuelle par Brachy-Myothérapie est d’un grand intérêt (voir sur internet).

Ma préférence va à la thérapie Normotensive (voir sur internet).

L'électrostimulation externe nocturne

La stimulation électrique se pratique de nuit, du côté convexe de la courbure vertébrale, par électrodes posées sur la peau et reliées à un petit boîtier fournissant un courant de basses fréquences (le muscle se contracte sous son effet).
Indications :
Scolioses évolutives en période de croissance, souples, inférieures à trente degrés.
Problèmes :
- Elle est mal supportée. Le courant n’est pas agréable. De plus, quand on bouge durant le sommeil, les électrodes ont tendance à bouger et envoient de petites décharges fortement désagréables qui réveillent le dormeur en sursaut.
- Son efficacité est largement contestée.

Rééducation
Mon expérience concerne la tranche d’âge onze - seize ans.
Toutes les scolioses dépassant les quinze degrés, celles s’aggravant de un à deux degrés par mois, imposent une rééducation de qualité. La durée de prise en charge s’étale sur plusieurs années, et ne doit surtout pas rater le fameux « couloir stratégique »**. La rééducation s’arrête à la fin de la croissance, le dos nécessitant ensuite les mêmes précautions que pour n’importe qui d’autre (prévention des gestes à risques, lutte contre la sédentarité).
Les enfants souffrant de scoliose ne risquent pas à l’âge adulte de souffrir davantage de leur dos que n’importe qui d’autre s’ils en prennent soin, mettant notamment en pratique tout au long de leur vie les conseils que je prodigue au fil de mes billets dans ce blog.

Les publications scientifiques nous enseignent que malgré les traitements, les scolioses régressant spontanément sont exceptionnelles, et cela toujours en période pré-pubertaire ainsi que seulement pour les moins de 15°. Si ce chiffre est décourageant au niveau national, la raison en est que la plupart du temps la prise en charge est défaillante. Combien d’enfants bénéficient-ils de l’ensemble des contrôles et soins détaillés dans ce billet ?

La rééducation oui, mais sérieusement conduite

Attention aux séances de rééducation bâclées ! Quelques exemples :
- Une séance de gym sans surveillance. Le Kiné doit constamment veiller à ce que les exercices soient correctement réalisés. Trop souvent les exercices sont montrés à l’enfant lors de la première séance, puis les autres fois il est laissé seul sans surveillance.
- Trente inclinaisons du tronc en position assise d’un côté puis de l’autre, avec ensuite un petit massage, est une escroquerie (masser un dos scoliotique ne sert aucunement à l’améliorer. C’est juste un petit plaisir) !
- Une séance ciblant le renforcement des abdos est une absurdité (tel cet exercice : enfant couché sur le dos hanches fléchies, on lui demande de dessiner des lettres en l’air du bout des pieds). En cas de dos plat, si l’idée est d’arrondir le dos en raccourcissant les abdos, tout ce qu’on obtient est un (hypothétique) effacement de la lordose lombaire, ce qui augmente les contraintes lombo-sacrées. Le dos reste plat mais ce méplat se prolonge vers le bas avec surmenage du cou qui se courbe d’avantage pour que le regard reste horizontal. De plus, faire du renforcement abdominal une priorité (crunch, sit up) induit un dangereux déséquilibre musculaire, et augmente les pressions sur le périnée (risques de fuites urinaires chez les sujets fragiles).

Sport
Il faut gainer, harmoniser la musculature dans son ensemble, sans oublier les membres (un tronc musclé avec des membres grêles est une absurdité !). Il faut renforcer les muscles faibles de l’ensemble du corps pour les mettre au niveau de ceux qui sont forts.
Il faut se rappeler également que la force de l’enfant est limitée. Toute recherche de renforcement est illusoire en raison de la forte production énergétique due à la croissance.
Quant aux exercices d’assouplissement, pour être efficaces ils doivent être actifs. Les étirements passifs sont contre-productifs. Il faut faire pratiquer à l’enfant des ERATM (Etirements raisonnés actifs myotendineux. Voir sur internet). S’ils sont accompagnés d’élongations axiales comme je les pratique, et/ou accompagnés d’une thérapie manuelle, l’effet est bien supérieur.
Certains médecins disent qu’il vaut mieux éviter le sport durant la première année du corset. C’est une erreur. Le port d’un corset 18 heures, ou plus souvent 23h sur 24, s’oppose à un fonctionnement normal de la musculature et
contrarie la propioception. C’est dire l’importance du sport pour compenser (notamment les sports à impact et en extension comme basket, volley ball).
Si l’enfant doit impérativement continuer le sport à l’école et durant ses loisirs, il doit éviter les activités à risques de chutes (judo), ou sources de traumatismes fréquents (rugby, foot, accrogym). Activité sportive intensive et sports asymétriques (escrime, tir à l’arc, tennis) qui augmentent les paramorphismes (altérations de la forme), sont vivement déconseillés.

Vincent est le gentil papa d’une petite fille adorable dont je m’occupe. Comme tout papa inquiet il a consulté sur internet presque tout ce qui se rapportait à la scoliose. Il m’a dit savoir que : « Certaines nageuses professionnelles qui ont des scolioses, se sont retrouvées très jeunes en bassin d’abord uniquement à cause de leur scoliose parce que leur médecin le leur préconisait, la passion de la natation étant venue après. Trois heures de dos crawlé par jour ont fait des miracles ! ».Vrai ! Seulement, un entraînement pareil n’est pas à la portée de tout le monde. Il est à noter également que le dos crawlé ne suffit pas, car ce sont les muscles antérieurs du tronc et ceux des épaules qui sont largement privilégiés au détriment des muscles postérieurs (ceux du dos), surtout en cas d’entraînement intensif. Il faut toujours y ajouter à sec un gainage du dos.

Exemples de bons exercices proposés sur ce blog : ceux des 10 septembre 2012, et 23 juin 2013.

La pratique de l’équitation sans excès et hors compétition est utile, car un bon cavalier corrige son assiette. Pratiquant le « trop enlevé », il n’est jamais avachi sur son cheval, il se tient bien droit. La bonne position assise, celle qui soulage les vertèbres lombaires (les reins), n’est-elle pas d’ailleurs celle du cavalier (130° angle tronc-cuisses) ?
La rééducation telle que je la conçois
La scoliose n’est pas un « accident » local, mais résulte d’une accumulation de déséquilibres moteurs, articulaires, et neurologiques. Il faut donc attaquer de front tous ces problèmes. Se présente un véritable « syndrome de déficience posturale ». L’enfant a du mal à se tenir debout, il lutte inefficacement contre la pesanteur.

Problèmes d’équilibre
Il y a atteinte de la propioception, et parfois des problèmes vestibulaires. Des tests simples permettent de les évaluer (Romberg pour la propioception, Fukuda pour le vestibule). Mon premier test simplissime consiste à demander à mon patient de se tenir sur un pied puis sur l’autre, yeux fermés.
Le port de la tête est en rapport avec le système vestibulo-labyrinthique. Une asymétrie de tonus des muscles du cou est quasi systématique chez le scoliotique. La tête est mal positionnée sur son « tuteur-colonne ». Pour garder le regard horizontal, le sujet compense en inclinant très légèrement son cou, ce qui modifie toutes les courbures de sa colonne.

La posturologie s’intéresse au sujet debout, or nous sommes devenus des « homos sedens », assis des heures durant, souvent avachis.
La chaise classique à dossier vertical que l’on trouve partout, notamment à l’école, est une agression pour le dos. La pression sur les vertèbres lombaires est augmentée de 50 % par rapport à la station debout (tests de Nachemson). L’apprentissage du vélo peut même poser problème à cause de ces soucis d’équilibre. Dès que l’équilibre a été amélioré par la rééducation, l’enfant tient sur son vélo.
La marche doit être analysée par le kiné et corrigée devant miroir (le port de la tête aussi). Bien s’asseoir !

La consigne est de s’asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym (Swiss-ball, ballon de Klein), ou sur siège à assise inclinée en avant (assise Mandal). Finie la chaise classique, encore moins le canapé moelleux ! Il s’agit de passer de la station assise passive à la station assise active (voir les billets s’y rapportant sur ce blog).
Malheureusement les sièges des Ecoles, Lycées et Facultés sont des engins de torture pour le dos. Très tôt nos chers bambins apprennent à l’école à mal s’asseoir !!! Etonnez-vous après qu’ils en gardent l’habitude ! Sur un siège classique à dossier vertical, il faut s’asseoir sur le bord de l’assise.
L’usage d’un coussin ferme triangulaire de cinq centimètres d’épaisseur placé sur l’assise, pointe du triangle en avant, permet d’obtenir une légère extension des hanches. Il est donc recommandé aux porteurs de corset. L’adaptation de la station assise à l’école étant un problème, le kiné ne doit pas hésiter à donner ses directives par écrit au professeur principal. Comme réclamer un siège plus bas.

Debout, l’appui au sol doit être analysé (enregistrement stabilomoteur chez un podologue), avec prescription éventuelle de semelles propioceptives, bien qu’il ne faille pas en attendre de miracles. Prises isolément elles ont peu d’effet sur le dos mais s’intègrent logiquement dans un programme global de reconstruction posturale.
- Nota : Tout enfant scoliotique doit perdre l’habitude de croiser les jambes en position assise. Cela entraîne une bascule du bassin, et le dos s’incurve pour compenser. C’est pour tout le monde de toute façon une mauvaise habitude à combattre.

La vue
Les capteurs et effecteurs oculaires sont souvent atteints. Le capteur propioceptif visuel comprend douze muscles oculomoteurs qui ne remplissent pas toujours correctement leur rôle dans leur contribution à l’équilibre général du corps.
Solutions :
- Port de lunettes prismées, prescrites par un Optométriste si nécessaire. Tout enfant scoliotique devrait consulter un Optométriste.
- Une rééducation orthoptique.

La mâchoire
Musculatures de la mâchoire et du cou sont dépendantes l’une de l’autre. Il faut rechercher un éventuel SADAM ( syndrôme algodysfonctionnel de l’appareil manducateur) par « clichés dynamiques bouche ouvert – bouche fermée ». Prescrit par un Orthodontiste, le port d’une gouttière dentaire nocturne peut s’avérer nécessaire.

Le viscéral
Une lésion du contenu abdominal agit sur la mécanique de l’abdomen, et se répercute sur la mécanique générale du corps. Il n’est qu’à donner l’exemple de la femme enceinte chez laquelle dès le septième mois, la masse fœtale tire les vertèbres lombaires en avant, parfois jusqu’à une ptose de la zone sus-pubienne. Une hypertension abdominale unilatérale favorise une attitude scoliotique.

Thérapie normotensive
Le terme « normotensive », procède de la contraction de deux mots : normalisation et tensions (neuromusculaires). Elle prend en compte l’ensemble du corps et traite le syndrome de déficience posturale.

Cette thérapie manuelle est basée sur : le toucher déclenchant (triggering touch), le toucher détenseur (relaxing touch), et un traitement original des « trigger points » (voir billet sur ce blog). Elle traite les dysfonctions de l’appareil locomoteur et viscérales.
Nota :
Des contractures des muscles paravertébraux sont observées cliniquement dans le cas de la scoliose, un problème vestibulaire ou propioceptif du système oculomoteur, les favorisant. Il faut donc rééduquer le problème vestibulaire ou propioceptif.

Acupuncture
Elle est une des branches de la Médecine Chinoise, et affirme réguler l’énergie du corps en agissant sur certains points clés par aiguilles et autres modalités. Je pratique l’électropuncture à l’aide d’un « mini-acusonic » et d’un laser (pour les plus jeunes ou les plus sensibles au courant), la croissance étant une période de flambée énergétique tout autant que de flambées hormonale et scoliotique.
Les points d’acupuncture sont des points de moindre résistance électrique. Les appareils d’électropuncture repèrent ces points dits « électrodermiques », et envoient de petites impulsions correctrices. La longueur d’ondes d’un laser à Infra-Rouges (685-785 nm), permet une pénétration à travers la couche cutanée jusqu’à trois à quatre centimètre de profondeur. Le laser peut donc remplacer l’aiguille.
Certains chercheurs émettent l’hypothèse d’une transmission de l’information acupuncturale à travers le réseau des fibres conjonctives. Points clé : 62 V (thalamus-ouvre), 3 IG (tonique général), RP 5 (thalamus). Stimulation par balayage laser du méridien curieux Chong Mai (qui contrôle l’énergie de tout le corps), points sur Du Mai (Roé Jenn Mai + VB + R).
En auriculothérapie : 0’, L8, T2, W’’ + point thalamique.

Exercices de rééducation
- Sur planche oscillante corporelle (sur ce blog, exemple d’exercice au 27 décembre 2012),
- Sur swiss-ball (exemples : billets des 23.06.3013 et 28 avril 2013 sur ce blog),
- En bassin chauffé.
- Quelques exercices à domicile.
Privilégier gainage et équilibre (exercices pratiqués de préférence yeux fermés, Ex : « l’arbre » en yoga, yeux fermés).

Elongations Mes jeunes patient(e)s bénéficient d’élongations douces **** dont les modalités sont décrites dans ce blog, la plus efficace étant sans conteste « l’élongation active axiale en bassin chauffé » de mon invention (billet du 13 octobre 2013).

Conclusion :
Parents, exigez des soins de qualité pour vos petits anges, leur avenir en dépend !!!

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  • Ce qui veut dire : « dont on ne connaît pas la cause », bien qu’on soupçonne fortement une cause génétique. Dans 85 % des cas ce sont des filles qui ont des scolioses. Ce qui suscite une question : le gène « X » sexuel est-il impliqué ? De plus la maman ou la grand-mère de l’enfant atteint de scoliose est fréquemment aussi scoliotique.


** Entre onze et treize ans d’âge osseux chez la fille, entre treize et quinze ans chez le garçon. Toute scoliose qui augmente de plus de 1° par mois dans cette période est dite « maligne ».

*** L’os iliaque est l’os plat latéral du bassin, dont l’ossification de la crête est prise en compte pour définir les phases de la croissance. A Risser 5, la croissance est terminée.

**** Les tractions vertébrales sont interdites aussi bien pour les enfants que pour les adultes, car si on « vous tire dessus », le corps réagit heureusement par des contractions musculaires pour éviter l’arrachement (stretch reflexe).

un bon siège, c'est important

, 07:57

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photo : Hellen van Meene

Amandine vous propose !

, 10:40

Amandine vous propose !

Rappelez-vous ce slogan d’une célèbre eau minérale : « C’est beau l’équilibre ! ». Faites-en une règle de vie. L’équilibre implique autant le physique que le mental. L’un ne va pas sans l’autre. Impossible !

Si vous souffrez du dos de manière chronique, vous avez forcément des problèmes d’équilibre. Problèmes parfois insoupçonnés. Il ne manquerait plus que vous tombiez !!!

Pour vous en convaincre, tentez cette expérience : yeux fermés, essayez de garder l’équilibre sur un pied, puis sur l’autre, bras tendus sur le côté.

Résultat :

Première hypothèse : sur un pied je tiens l’équilibre, pas sur l’autre.

Deuxième hypothèse : c’est « la cata » ! Je n’ai d’équilibre ni sur l’un, ni sur l’autre.

Je vous propose cet exercice de renforcement de l’équilibre (propioception*). A pratiquer quotidiennement pendant cinq minutes, de préférence, yeux fermés.

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  • Propioception : maîtrise des informations corporelles qui concourent à gérer l’équilibre.

Lorsque s’asseoir, et seulement s’asseoir, devient une bonne gymnastique !

, 07:15

Il s’agit de délaisser la station assise « passive » au profit de la station assise « active » !

Il y a une gym très facile, efficace, à la portée de tous, bon marché, qui consiste à s’asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym, que ce soit devant l’ordinateur, au moment du repas, etc. Il faudrait y habituer les enfants le plus tôt possible, afin qu’ils aient un dos et des jambes toniques ; surtout s’ils souffrent d’une scoliose, d’un Scheuermann, d’un spondylolisthésis.
Sur ballon, les muscles sont obligés de travailler en permanence pour maintenir l’équilibre (d’autant que bon nombre d’enfants ont des problèmes d’équilibre). Idem pour les personne âgée, lesquelles passent parfois les deux-tiers de leur « sainte » journée assises, avachies dans leur fauteuil, et ce dès le matin. Du coup, le soir, on les retrouve complètement avachies, le nez sur les genoux. Afin qu’elles renforcent leur équilibre et leurs muscles, il faudrait leur proposer de s’asseoir sur gros ballon au moins une demi-heure par jour au début, puis en augmentant peu à peu le temps passé dessus (et en restant à côté d’elles, s’il y a risque de chute).

Mieux vaut ce type de siège dit « mobile », plutôt que la « bête » chaise classique qui fait souffrir le dos. Les tests de Nachemson ont démontré qu’aussitôt qu’on est assis, les contraintes au niveau des reins (lombaires) augmentent de cinquante pour cent !

L’être humain n’est pas fait pour tenir longtemps cette posture, mis à part lorsqu’il est assis sur un animal en mouvement (équitation), car là les muscles travaillent obligatoirement pour maintenir l’équilibre.

Par ailleurs une étude Australienne a démontré que les personnes assises (45 ans et plus) plus de onze heures par jour ont 40 % de risques en plus de mourir dans les trois ans, que celles qui s’assoient moins de quatre heures par jour ! En cause des problèmes vasculaires et cardiaques.

Ne sommes-nous pas structurellement des homos erectus. Des hommes redressés ?

On nous dit : « Pour se tenir correctement dans un fauteuil, il faut bien caler son dos en arrière contre le dossier, en restant bien droit ! ». Tentez l’expérience : la posture ne peut se maintenir que durant quelques secondes, car elle est épuisante. Très vite on « pique du nez », et si on occupe ses mains à une tâche quelconque c’est pire, les tensions apparaissent immédiatement dans les épaules, descendant peu à peu vers le bas du dos.

Un conseil : quand vous êtes assis au bureau sur siège classique ou en voiture, placez une bouteille en plastique (vide) au niveau de vos reins (le choix de la bouteille de un ou de un litre et demi, dépend de la forme du siège). Elle maintiendra votre lordose lombaire (creux des reins) physiologique, et soulagera réellement les tensions musculaires locales.

En conclusion !

S’asseoir quotidiennement le plus souvent et le plus longtemps possible sur gros ballon de gym, réduit la fatigue du dos, corrige la posture, favorise la perte de poids, raffermit les muscles, sculpte les abdominaux sans effort, et atténue les douleurs articulaires.

Scoop : une bactérie responsable du mal de dos ?

, 06:13

Faut-il cesser d’incriminer l’usure ou le surmenage, quand on souffre du dos, puisqu’une bactérie en serait responsable ? Il s’agirait de celle de l’acné juvénile.

Notre dos serait donc un éternel adolescent !

Il s’agit d’une bactérie anaérobie profonde de la peau : propionibacterium Acnes. Connue surtout pour sa nuisance dans les atteintes ostéo-articulaires au niveau des épaules.

Une « saleté » ! Pour donner un exemple concret, dans un Hôpital de Picardie, il y a six ans, un patient muni d’une prothèse d’épaule était infecté. On a dû lui changer sa prothèse, et l’on a eu un mal fou à se débarrasser de cette « foutue » bactérie. Nous la connaissons donc depuis longtemps. On ne vient pas de la découvrir.

Le « scoop » maintenant : 61 patients en attente d’une intervention chirurgicale pour hernie discale, ont reçu durant 100 jours un traitement antibiotique. Rapidement 80 % de leurs douleurs ont disparu. Au bout d’un an de traitement, moins de 20 % d’entre eux se plaignaient encore de leur dos.

Que faut-il penser de cette information ?

D’abord, le positif. Mieux vaut se soigner avec des antibiotiques, que se faire opérer. Les conséquences d’une chirurgie intempestive, mal ciblée, sont catastrophiques. J’ai mainte fois évoqué le problème, preuves à l’appui dans ce blog, ou dans mes livres. Idem pour les traitements médicaux classiques, souvent trop lourds, peu efficaces, dévastateurs pour l’organisme.

100 jours d’antibiotiques, c’est le très lourd traitement préconisé (ça « flingue » le système immunitaire) quand on est infecté, en effet, par une bactérie. Par exemple, dans le cadre d’une affection nosocomiale. Hélas, on n’a pas le choix.

Seulement, on sait avec certitude que la bactérie de l’acné, n’est pas responsable dans tous les cas de mal de dos commun. Loin de là (le Modic est à prendre en compte). Comment savoir ? En faisant une ponction ? Pas simple. Des problèmes de diagnostic restent en suspend. On peut accidentellement « écraser » son disque intervertébral, endommager ses vertèbres. La station assise prolongée est une autre réelle nuisance. Si l’on est sédentaire, réfractaire au moindre effort, pareil. Notre musculature doit être en permanence travaillée pour « gainer » notre dos, le protéger. Sinon, il souffre. Avec ou sans bactérie.

Et puis il y a le psychisme. Lorsqu’« on en a plein le dos », ça fait mal ! Les « chroniques » ont des problèmes de gestion de leur équilibre à régler (se référer sur ce blog, aux billets précédemment publiés : « Posturo-logique. Equilibre », «Mal de dos : les méthodes qui marchent… ou qui ne marchent pas»).

Attention aux informations faussement spectaculaires !

Ci-dessous, un des arguments scientifiques de ce billet :

Spondylodiscitis due to Propionibacterium acnes. Case report and review of the literature]. Article in French

Hammann C, Dudler J, Gaumann U, Landry M, Gerster JC.

Service de rhumatologie, médecine physique et réhabilitation, CHUV, Lausanne.

Abstract

Propionibacterium acnes, a gram positive anaerobic organism, is a component of normal skin flora. It can exceptionally be a source of osteoarticular infection (osteitis, arthritis, spondylodiscitis). We report a case of Propionibacterium acnes spondylodiscitis following lumbar puncture. This observation should alert the clinician to the fact that Propionibacterium acnes may rarely cause spondylodiscitis and lumbar pain, and should be considered a causative agent of bone infections after local procedures.

PMID: 10546305 PubMed - indexed for MEDLINE

Posturo-logique. Equilibre

, 14:56

La recherche de l’équilibre est le facteur déterminant du contrôle postural. Il doit être pour nous, professionnels de santé, une priorité thérapeutique. Le défaut durable d’équilibre est si perturbateur, qu’il est en soi source de douleurs chroniques qu’aucun traitement de physiologie antalgique classique ne sera capable de solutionner. Le traitement symptomatique n’est pas satisfaisant. Il faut aller directement à la cause des douleurs.

Gardons toujours à l’esprit une conception holistique de l’individu.

Le contrôle sensori-moteur de nos postures et de nos mouvements est soumis à fluctuations tout au cours de notre vie. Il se révèle hélas relativement peu performant pour la majorité de la population, malade ou non. Si cet outil est durablement perturbé, à la longue apparaissent : fatigue, tendinopathies, arthralgies dégénératives, hernies discales. Quatre entrées sensorielles peuvent être à l’origine de cette perturbation de contrôle : oreille interne, afférence podale, vue, mâchoire, que nous-nous devons donc de prendre systématiquement en compte. Par ailleurs, très tôt dans la vie (dès l’âge de trente cinq ans), les muscles extenseurs posturaux s’affaiblissent naturellement, ce qui entraîne des difficultés pour le rachis (la colonne vertébrale) à s’adapter à la verticalité. On peine alors, plus ou moins consciemment, à maintenir une posture satisfaisante, c'est-à-dire économique. Par ailleurs lorsqu’une personne âgée chute lourdement, son équilibre peut être définitivement atteint (tableau de « post-chute » et syndrome dysexécutif).

Le comportement moteur humain est organisé par référence à une verticale biologique, construite par le cerveau à partir d’informations visuelles et graviceptives (otolithiques et somesthésiques). Evoquer la notion de position dans un environnement, implique un système associé à un référentiel (Berthoz 1997). Le référentiel basé sur la verticale gravitaire, est majoritairement renseigné par le système vestibulaire. Celui qui est basé sur des points de repère dans l’espace, est majoritairement renseigné par la vue. Quant à celui qui est propre à l’individu, il est basé sur des informations issues du système somesthésique (une des bases du traitement normotensif que je pratique).

Certaines lésions cérébrales peuvent altérer la capacité à maintenir sa position ou à en changer dans les trois postures fondamentales : couchée, assise, debout. Parfois peuvent se rencontrer des anomalies sévères du sens de la verticalité. Cela vaut pour les perceptions : visuelle, tactile, et posturale de la verticale. En pathologie neurologique (ou vestibulaire), les anomalies de la verticale subjective consistent en l’existence d’un biais directionnel, et/ou en une incertitude sur le sens de la verticalité. Toute lésion cérébrale chevauchant une zone impliquée dans l’intégration graviceptive vestibulaire ou somesthésique, peut entraîner une perturbation de la construction de la verticale subjective. Une lésion des voies vestibulaires touchant les voies graviceptives somesthésiques donnera une inclinaison de la verticale subjective portant sur la perception posturale de la verticale. Le thalamus postéro-latéral ne serait pas uniquement un relais pour les voies vestibulaires, il pourrait être une structure fondamentale pour le contrôle de la station érigée. Les gravicepteurs vestibulaires, somesthésiques, et viscéraux contribuent à la mise à jour de cette verticale subjective (Dominic Perennou. L’altération du sens de la verticalité : une nouvelle approche de l’incapacité posturale post AVC. L’AVC de l’urgence à la réadaptation. dominic.perennou@chu-dijon.fr.).

Cependant, si la contribution des informations visuelles et somesthésiques au contrôle de la posture bipédique est bien établie, celle des informations vestibulaires reste sujette à question. Fitzpatrick & MacCloskey (1994) rapportent des seuils de sensibilité des canaux semi-circulaires supérieurs aux accélérations des oscillations posturales classiques observées en posture statique debout non perturbée.

Notre sensibilité tactile est véhiculée par divers mécanorécepteurs (corpuscles de Meissner, de Pacini, de Ruffini, disques de Merckel). Ils fournissent au système nerveux central des informations sur le monde extérieur, essentiellement par le biais des mains et des pieds. Les récepteurs tactiles issus de la sole plantaire ont été le plus largement mis en vedette, mais les autres informations cutanées sont incontournables. Depuis les pieds jusqu’à la tête, la continuité de l’information sensorielle contribuant à notre équilibre, s’opère par le biais de multiples muscles et articulations associés en chaînes. Les voûtes plantaires renseignent sur la variation des appuis, les yeux renseignent sur le rapport à l’environnement. Il y a relation directe entre mâchoire et cou, ainsi qu’existent des connexions entre muscles de l’œil et ceux de la nuque.

La stabilité de la tête ne peut être obtenue que s’il y a équilibre dans les articulations de la mâchoire (Bogumila Sobczak. Influence de la kinésithérapie sur l’état fonctionnel des articulations temporo-mandibulaires, de la colonne vertébrale et des membres. Kinésithérapie Scientifique - N° 433 - Mai 2003. P 19. // Malafosse P. Le trépied de la statique. Kinésithérapie Scientifique. N° 328. Novembre 1993. P 11- 25).

Plusieurs études de recherche (Amblard & Carblanc, 1980 ; Nougier et al., 1997 ; Berencsi et al. , 2005 ; Schmid et al., 2008 ; Uchiyama & Demura, 2008) suggèrent d’une part que les visions centrale et périphérique jouent un rôle complémentaire dans le contrôle de la posture bipédique, d’autre part que la contribution relative de chacune des visions est dépendante des informations fournies par les autres systèmes sensoriels, notamment les informations somato-sensorielles issues du segment pied-cheville. Si les capteurs sensoriels sont localisés dans différentes parties du corps, l’information qu’ils génèrent converge vers des structures sous-corticales et corticales communes qui contrôlent le système postural par l’intermédiaire de différents réflexes. Le réflexe vestibulo-oculaire permet la stabilisation du regard, les réflexes vestibulo-spinal et vestibulo-oculo-cervical permettent le contrôle global et le maintien de la posture par leur action sur le réflexe myotatique.

A prendre en compte.

Le dos, encore lui : petite piqûre de rappel !!!

, 14:59

Le dos ! Voilà un sujet délicat entre tous que j’ai abordé à maintes reprises dans différents billets et ouvrages. Le dernier de mes livres s’y rapportant était : « Mal de dos : vérités et mensonges », il y a eu également : « Le dos de la femme enceinte » et « Le dos du Gay ».

Il faut savoir qu’en général, radios, IRM, scanner, prescrits (à l’excès), ne donnent pas l’origine du mal de dos commun, seulement l’âge de la colonne (à savoir, si elle est prématurément usée). Ces examens permettent surtout de détecter éventuellement un mal plus sournois comme une tumeur.

En général un MK (Masseur-Kiné) tout juste sorti de l’école n’a pas les aptitudes suffisantes pour traiter efficacement un lumbago, une lombalgie chronique ou une lombo-sciatalgie commune, c’est à dire, ce « mal du siècle » qui ne tue certes pas mais qui empoisonne la vie de la grande majorité des gens. Entre parenthèses, des squelettes du néolithique ont trahi des traces d’arthrose. Nos ancêtres souffraient déjà du dos. Ce n’est donc pas le « mal du siècle » comme l’affirmait Maigne. Encore un mythe qui s’effondre !

Un étudiant kiné sortant de l’école n’a de chances d’avoir vu quelques lombalgiques qu’en post opératoire ou en cabinet sans y toucher vraiment. En tous cas pas plus de quatre ou cinq durant toute sa formation. Disons le tout net, il faut beaucoup d’expérience, de cette « bouteille » qui rend finaud, pour décrypter cette énigme qu’est la rachialgie commune d’autant que le psychisme est toujours atteint. A cela s’ajoute qu’en son âme et conscience aucun médecin ne sera jamais certain d’avoir posé un diagnostic infaillible. Les origines du mal sont innombrables et s’enchevêtrent de telle manière qu’on est aisément perdu.

La Haute Autorité de Santé qui est l’un des organismes de référence de notre profession, préconise un reconditionnement physique. Le MK doit choisir un programme d’exercices appropriés préservant la lordose lombaire physiologique (creux des reins). Mais ça n’est pas aussi simple. Il ne suffit pas de bouger il faut retrouver le goût de bouger, sinon ça ne marche pas ! Le massage, s’il fait l’unanimité pour son côté agréable, n’a pas d’effet bénéfique reconnu sur la cause du mal.

La physiothérapie antalgique à base de chaleur, ultrasons, ondes de chocs, les courants électriques de basses fréquences (qui sont préconisés en traitement d’appoint) non plus. Ca permet de prendre moins de médicaments antalgiques (anti-douleurs).

Les abdominaux ne doivent pas être renforcés d’autant que les « barres de chocolat » augmentent les pressions dans le bas du dos sur les vertèbres (lombo-sacrées), donc les douleurs. Il faut plutôt renforcer les muscles postérieurs (entre les omoplates et dessous) très affaiblis (pratiquer le gainage est la meilleure solution : tout doit travailler ensemble harmonieusement). Hélas en général la revendication première du patient est de voir ses douleurs cesser au plus tôt sans rien changer à ses mauvaises habitudes. Pour ma part j’ai soigné dans ma carrière bon nombre de médecins qui affichaient la même volonté : ne plus avoir mal sur l’instant et c’est tout ; quant-aux exercices bien entendu, ils n’avaient pas le temps (comme leurs patients). La plupart des gens rechignent à pratiquer régulièrement une quelconque gymnastique. Impossible de les convaincre que c’est un bien nécessaire. Ils cherchent le traitement miracle qui les guérira sans effort. Peine perdue.

Prévention ?

Contrairement aux idées reçues la lombalgie (mal aux reins) n’est pas liée à une mauvaise posture ou a un surmenage qui entrainerait une lésion, puis des douleurs. Il n’y a pas de corrélation entre douleurs et incapacité fonctionnelle, ni entre incapacité fonctionnelle et inaptitude au travail.

Bien entendu prévenir vaut toujours mieux que guérir, mais la plupart du temps on se bloque sans le moindre effort. De plus quand on a mal, le réflexe : ‘genoux pliés avec le dos bien droit’ s’impose à l’évidence parce qu’on ne peut pas faire autrement. Passer donc de longues heures à expliquer au patient comment ménager sa colonne dans les activités de la vie quotidienne ne sert pas à grand-chose. Mieux vaut diminuer les contraintes et la fatigabilité au travail. Les facteurs psychologiques et sociologiques sont aussi importants que les facteurs physiques. Le contexte professionnel est aussi à prendre en compte. Un patient qui «en a plein le dos» de son boulot peut même saisir ce prétexte pour réclamer une mutation, un emploi adapté, qu’il n’aurait pas obtenu autrement.

Un sommeil réparateur a un effet myorelaxant et antalgique (muscle détendu et douleur diminuée). Si on dort mal, il y a augmentation des cytokines, ces substances responsables de l’inflammation et donc du mal. Cependant, en période de crise douloureuse, le repos strict au lit est néfaste. Il déconditionne le sujet, le ramollit, et ne solutionne pas ses maux. Enfin et surtout, il faut éviter de s’asseoir dans un canapé ou un fauteuil classiques. Choisir plutôt le gros ballon de gym comme siège. Passons de la position assise passive, à la position assise active. Quand on est assis, le dos bien droit contre son dossier de chaise, les contraintes augmentent de 50 % dans le bas du dos. Que le siège soit labellisé « de confort », ou non.

Il faut le dire et le répéter : la position assise prolongée est la pire ennemie du dos !!! Nous sommes construits pour bouger.

Ce qui est également utile !

Le kiné qui s’attaque à ce casse-tête qu’est le mal au dos, a tout intérêt à être un as en thérapie manuelle. L’ostéopathie est en vogue, mais il y en a d’autres méthodes toutes aussi efficaces (si le praticien est sérieux) : reboutement, étiopathie, Maitland, orthopractie, thérapie normotensive.

assouplissement pour les hanches, contrôle posture dos, cou, épaules

, 05:52

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Bougez latéralement les fesses de gauche à droite. C’est un bon exercice assouplissant pour les hanches, il étire les pectoraux, les muscles qui soutiennent les seins (quand on a tendance à se voûter). Permet un contrôle postural pour : dos, cou, épaules.