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Rééducation à visée esthétique (cellulite, soins post-opératoires).

, 05:44

(suite du billet Rééducation cardio-pulmonaire)

Pendant des siècles manger à sa faim a été une priorité absolue. Désormais on ne subit plus son régime alimentaire, on le choisit. Et puis il y a la mode et ses dérives. Les croisades menées par les disciples du « maigre is beautiful » jettent l’anathème sur le moindre bourrelet. Pour être «in», on se doit d’être svelte. Calories et cholestérol sont traqués (à juste titre), et la grande distribution se charge de nous fournir en produits lights, bio, diététiques qui ne règlent pas le problème. On sait par exemple que le sujet consommant du light a tendance à ingérer de plus grandes quantités. Du coup, résultat nul.

De fait, l’obésité est un phénomène en aggravation, et frappe des populations de plus en plus jeunes.

Les origines du surpoids chronique sont nombreuses : hérédité, environnement psychoaffectif et socioculturel (en Afrique, les rondeurs sont encore signe de prospérité et de bonne santé), désordres métaboliques (grossesse, ménopause, diabète gras), origine médicamenteuse (estrogènes, benzodiazépines), prise de poids à l’arrêt du tabac. Globalement on peut dire qu’il existe chez ces personnes une perturbation entre sorties et entrées énergétiques avec positivation chronique des entrées, et ce phénomène se manifeste par une surcharge pondérale. Une enquête alimentaire récente concernant l’obésité n’a décelé que quinze à vingt pour cent d’hyperphages (ils mangent trop). Cependant, globalement, leur appétence semble hélas plus axée sur graisses et sucres.

La prise en charge du surpoids est forcément pluridisciplinaire, impliquant un endocrinologue, un médecin nutritionniste ou une diététicienne, un psychologue, parfois un cardiologue (du fait des risques d’hypertension, ou d’insuffisance coronarienne), un rhumatologue (effet délétère du surpoids chronique sur le squelette, en particulier sur les genoux) et de plus en plus fréquemment un kiné, car c’est ici que se situent la mise en œuvre du massage et du palper-rouler mécanique à visée thérapeutique, mais également esthétique, de la cellulite. Pour l’anecdote, ce terme est une originalité française. Un vilain mot démoralisateur inventé par Alquier et Pavot en 1920 pour définir un banal capiton de l’hypoderme (adipose oedémateuse). C’est une prétendue disgrâce physique qui est devenue source de profits parfois considérables, voire d’arnaques. Aujourd’hui les deux tiers des femmes à poids normal veulent maigrir.

Endermologie :
Au vu de ce qui précède, il est évident que la « bataille du maigrir intelligemment » ne peut se résumer à l’usage d’une machine, même si elle donne quelques bons résultats. Je veux évoquer ici ces appareils de mobilisation tissulaire par palper-rouler mécanique, qui sont de simples gadgets alors que la publicité les présente comme une solution miracle (Cellu M6, concept LPG). L’endermologie reproduit le palper-rouler avec effet de légère aspiration sur 5 mm de profondeur du tissu cellulaire sous-cutané. Cette forme de lipomassage peut conduire à l’élimination par voie urinaire de dérivés graisseux de surface, et trouve ainsi sa logique utilisation dans le domaine de l’esthétique.

L’usage du Cellu M6, concept LPG, est réservé exclusivement aux MK. De fait, ils en usent et en abusent parfois. Les résultats sont certes intéressants, puisque après quelques séances on constate avec régularité une atténuation des capitons, une diminution des volumes graisseux avec bonne résolution de l’effet « peau d’orange », une diminution de l’œdème de stase, une amélioration de la micro-circulation locale, et globalement un aspect plus ferme et lissé de la peau. Mais qu’en est-il sur le long terme ? Et puis surtout, toute cette graisse qui s’évacue dans le sang, est-ce bon pour la santé ? D’autant que l’effet yoyo contribue à renouveler souvent l’expérience.
L’endermologie trouve par contre ses indications dans le domaine sportif, aidant à lutter contre la fatigue d’origine métabolique, la courbature. C’est également utile en ce qui concerne certains tableaux d’accompagnement de maladies comme le lymphoedème du bras après cancer du sein, ou en orthopédie après opération du genou, ou pour traiter les cicatrices adhérentes et séquelles cutanées de brûlures.

Panties de sudation…
Les essais pseudo-scientifiques testant le panty de sudation ou les claquettes minceur, attestent un peu hâtivement des mêmes résultats, et le problème est là. Quand on veut prouver qu’un appareil ou qu’un médicament est efficace, on choisit les outils d’évaluation scientifiques qui ne risquent pas de compromettre le résultat. On ne triche pas, on ruse. La preuve.

Aucun traitement de la cellulite n’est définitif, et tout professionnel un tant soit peu informé, le sait !

Une parenthèse est à faire ici en ce qui concerne les abdos/fessiers, dont les coquettes sont très friandes pour lutter contre leur «petit bedon inesthétique». Pour tonifier ses abdos sans risques il est souhaitable de choisir une méthode sans danger de type hypopressive selon De Gasquet ou Caufriez (à documenter sur internet). Il s’agit de revenir à une rééducation physiologique, car les exercices habituellement pratiqués en salle de gym, surmènent le muscle transverse de l’abdomen et le périnée. On a les « barres de chocolat » avec en prime des fuites urinaires. La méthode hypopressive préconise un autograndissement précédant une inspiration en gonflant le ventre, suivi d’une expiration à ventre rentré. A pratiquer dans toutes les positions. Les efforts en inspiration sont les ennemis du périnée.

Nota :
Ce n’est parce qu’on est en soins esthétiques qu’il faut négliger son confort. Ainsi, quand on souffre de manière chronique du dos, attention à ne pas réveiller de vieilles douleurs en restant trop longtemps en position allongée ventral sur plan dur. Si on a mal au cou, il faut éviter qu’on vous positionne la tête trop en arrière, en hyperextension du cou (chez le coiffeur également). Il faut demander poliment à être bien installé.

Prochain billet : rééducation gynéco-obstétrique.