Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

GillesOrgeret.com, le blog d'un kinésithérapeute : dos, massage, thérapie manuelle, techniques de kiné...par Gilles Orgeret
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - osteoporose

Fil des billets Fil des commentaires

J'ai du mal à marcher tant j’ai de douleurs ! Le gainage dynamisant anti-douleurs GéO

, 09:25

Fibromyalgie, rhumatisme inflammatoire, handicap du grand âge, ostéoporose évoluée, maladie musculaire, mal de dos chronique, cyphose raide (on se voûte), scoliose, hanche (s) ou genou (x) douloureux en permanence !

Nombre de personnes se « traînent » plus qu'elles ne marchent, tant une ou plusieurs articulations portantes leur font mal au quotidien.
Ce gainage dynamisant dont j’ai eu l’idée voilà bien longtemps, a pour la première fois été décrit dans l'un de mes livres : « Mal de dos : vérités et mensonges ! » Éditions J. Lyon (2011). Il diminue très nettement la fatigue et les douleurs, partageant harmonieusement les efforts entre toutes les articulations du tronc et des membres inférieurs durant les activités quotidiennes. Ainsi, quand les épaules bougent, leur traction sur le bandage soulage les contraintes aux jambes.

Aucun risque de fonte musculaire, on ne se démuscle pas. Le recrutement par propioception des groupes musculaires antagonistes induit une synergie d'action.
Ce gainage est à porter par-dessus les sous-vêtements. Legging ou caleçon long pour éviter le contact direct avec la peau (transpiration, frottements).
La pose est aisée, elle ne nécessite aucune aide. Deux à trois minutes suffisent dès qu'on est habitué. A porter uniquement dans la journée, le plus longtemps possible (même en pratique sportive douce de loisir), jamais pour dormir.

Le matériau :

Élastique tissé plat de 60mm, appelé aussi « gros grain élastique » (vendu par rouleaux de 10m sur internet ou boutique spécialisée).
Cinq mètres de long environ pour un membre inférieur.
De six à huit mètres selon taille et corpulence pour un bandage remontant jusqu’à l’épaule opposée.
Nota : si les reins (lombaires) sont douloureux, utiliser une bande plus longue et faire deux ou trois tours autour en serrant sans trop comprimer l'abdomen.
La couleur est à choisir en fonction de la volonté de rendre le système invisible sous les vêtements.
Pour la fixation du bandage, opter plutôt pour des épingles de sûreté « bébé » qui ne s'ouvrent pas à l'improviste. En placer aux endroits où les bandes se croisent et tendent à glisser.

1 - Maintien partiel

Le bandage supplée à une insuffisance de verrouillage du genou et s'oppose à l'action de tiroir antérieur générée par la force de traction du quadriceps (puissant muscle du devant des cuisses). Il y a recrutement de la chaîne cinétique d'extension du membre inférieur avec effet protecteur sur le genou.

bandage_dynamisant_1.JPG

bandage_dynamisant_2.JPG

bandage_dynamisant_3.JPG

bandage_dynamisant_4.JPG

Plier la bande en deux puis commencer par la plante du pied. Remonter jusqu'à la hanche en croisant. Bien tendre le bandage en permanence durant l'installation. Deux épingles à nourrice en assurent le maintien.

2 - Maintien complet

bandage_dynamisant_5.JPG

bandage_dynamisant_6.JPG

bandage_dynamisant_7.JPG

Chaque bande est à remonter (en la tendant bien) jusqu’à l’épaule opposée (la droite pour un bandage débutant au pied gauche et inversement).

Le dos vieillissant : état des lieux

, 05:59

Le mal commun situé en bas du dos (lombalgie, lombo-sciatalgie), est l’un des motifs les plus habituels de consultation en rhumatologie, que le sujet soit sportif ou non. Il atteint d’avantage les femmes que les hommes. Les déformations de la colonne vertébrale sont également fréquentes. Après 75 ans, la lombalgie est le problème musculosquelettique le plus évoqué, et présente un risque accentué sur qualité de vie et moral, par rapport au sujet jeune. Il est à noter que le retentissement de la lombalgie chronique sur la sexualité est considérable. L’âge avancé est un facteur identifié dans les troubles sexuels associés, et le traitement du mal de dos par opioïdes, sédatifs, antidépresseurs, dont les seniors sont grands consommateurs, est clairement incriminé par son action néfaste sur la libido.

Une rapide perte de capacité à accomplir les tâches de la vie courante est également à craindre. La peur de tomber et de se « faire une vilaine fracture » est bien présente, surtout si on est atteint d’arthrose ou d’ostéoporose, ou qu’on a des problèmes d’équilibre. Or les facteurs améliorant la douleur et la mobilité du dos, sont en priorité la marche, ainsi qu’une activité physique adaptée.
Le repos en position couché-ventral est bénéfique. D’ailleurs la rééducation des maux de dos ne se pratique plus qu’en creusant les reins (méthode MacKenzie).

Il a été prouvé que le traitement médical seul ne suffit pas. Il doit être couplé à une rééducation neuromotrice (apprentissage des gestes à risque pour le dos, exercices spécifiques de renforcement, relaxation). Il en est de même pour les autres traitements du dos (ostéopathie, chiropraxie, acupuncture), qui ne suffisent pas non plus à vous permettre de vous en sortir. Il faut rééduquer le muscle.

Arthrose

Après 65 ans, la prévalence de l’arthrose est très élevée (34 % de la population), les femmes ayant un risque plus élevé après 50 ans. L’incidence augmente avec l’âge, mais se stabilise après 80 ans. Le principal facteur favorisant est génétique. Un rôle beaucoup plus faible est attribué aux efforts physiques, ainsi qu’au surpoids chronique et au tabagisme. Les efforts physiques, le portage répété de charges lourdes, ne sont donc pas la cause première de nos maux !

Pour autant, l’arthrose est-elle systématiquement douloureuse ?

Jean Pierre Valat et Sylvie Rozenberg * écrivent : « On sait depuis longtemps que l’arthrose du dos n’est pas toujours douloureuse, loin de là, et plusieurs travaux ont démontré qu’il était impossible sur des radiographies de sujets de même âge, de distinguer les sujets qui souffrent de ceux qui ne souffrent pas. Il est difficile voire impossible d’identifier une cause anatomique précise des lombalgies chroniques, où les facteurs psychologiques intriqués ont un rôle majeur !» C’est le déconditionnement à l’effort suscité par cette maladie qui fait souffrir. Il faut donc « se bouger », si on veut s’en sortir ! Le repos strict a prouvé sa nocivité sur le cartilage.

Les principaux sports à risque pour le dos vieillissant

L’essence du yoga est « ahimsa » : ne pas nuire. Il en est de même dans toute pratique sportive !

Le cou n’aime pas les mouvements forcés en arrière. Il s’use prématurément quand on pratique longtemps et de manière assidue : lutte, boxe, rugby, football, plongeon, aviation, sports mécaniques. En yoga, il faut éviter les postures sur la tête. On doit également proscrire « angle étiré » et « pince », faussement décontracturants et particulièrement dangereux pour le dos.
Le golf surmène plus les épaules, que les lombaires. Dans la pratique de la planche à voile, épaules et zone lombaire sont en ligne de mire. Les reins souffrent par compression dans la pratique de l’haltérophilie, par rotation dans les sports de lancer, de frappe de balle chez le footballeur, par chute et choc direct en karaté / judo de compétition et au rugby. A cause de la position assise défavorable, le canoë-kayaking provoque crampes et fourmillements dans les mollets.
Au tennis, les services répétés entraînent parfois des douleurs musculaires lombaires et fessières profondes, donnant un tableau de fausse sciatique. L’articulation de la hanche est comprimée lorsqu’un frappe un coup droit lifté. Les blessures augmentent quand le joueur tape plus fort avec des raquettes trop puissantes.
Contrairement à une idée reçue, la pratique des nages classiques ne soigne pas le dos. D’ailleurs 70 % des nageurs ont mal au dos ! Par ailleurs le chlore des piscines est délétère pour les voies respiratoires (sinusite, rhinite, rhume chronique, asthme).

Sports conseillés

Marche nordique, golf, gymnastique en salle, aquagym, aquafitness, aquabiking, katas et randori du karaté, body combat, accro-branches, sont conseillés.
Qi Gong et Tai chi chuan permettraient de réduire de 25 % le risque de chute du sujet vieillissant.
L’escalade fait travailler tous les muscles (murs d’escalade de préférence), mais attention car l’effet cardio-vasculaire est intense.
La pratique d’un sport d’endurance (vélo, marche, course à pied) est efficace, aussi bien pour le dos que pour lutter contre les troubles cognitifs (mémoire, intellect), car elle stimule de nouvelles connexions dans les zones de la mémoire.
Il faut également citer : cardio-training sur appareils de musculation, gymnastique d’entretien, stretching doux, randonnées, jogging, ainsi que Wii-Fit et plate-formes vibrantes pour les sujets moins mobiles.
Bon nombre de seniors lombalgiques chroniques pratiquent l’équitation sans problème, car ce sport oblige en permanence à l’autograndissement ; le risque étant dans la (mauvaise) chute.
En cas d’ostéoporose le sport pratiqué doit être « à impacts » tel : marche en terrain en pente (30 minutes 3 fois/semaine), saut à la corde, tennis, basket-ball, volley-ball.

  • « La Revue du rhumatisme. Monographies » Vol. 78 – N°1 de février 2011,

Les produits laitiers ne sont pas toujours nos amis !

, 13:27

Les produits laitiers ne sont pas toujours nos amis !

Pourquoi ce billet d’humeur ? Parce que les Français s’imaginent qu’il n’y a de calcium, que dans les produits laitiers ! Posez la question autour de vous : « Le calcium, où le trouve-t-on dans notre alimentation ?». Réponse unanime : « Dans les produits laitiers !».

Alors que les eaux minérales par exemple (Taliens, Hépar, Contrex), présentent la même biodisponibilité. Dans certains pays asiatiques ou nordiques on n’en mange pratiquement pas, mais poisson, viande maigre, soja, certains légumes comme le chou, les féculents, en apportent tout autant.

Jusqu’à quel âge un enfant a-t-il besoin de lait ? Jusqu’à ses trois ans seulement.
Dans notre pays, pour s’assurer sa dose quotidienne de calcium, on a tendance à abuser de fromages trop salé, de lait entier, ce qui n’est pas bon pour le cœur, en plus du risque allergique. L’excès de produits laitiers (+de 2g / j) pourrait également favoriser l’apparition de certains cancers, comme celui de la prostate. Il ne protègerait même pas contre l’ostéoporose !
Une information se doit d’être objective. Alors, quand la majorité de la population d’un pays est menée par le bout du nez par des lobbies qui nous poussent à consommer toujours plus leurs produits, il nous faut corriger le tir.

Oui aux produits laitiers, mais sans excès. Il faut DI-VER-SIFIER !!!

Le conseil du Kiné : Le trio «marche-vélo- natation » pour toutes les pathologies y compris les lombalgies ?

, 09:03

Suite du billet : à quoi servent les activités de renforcement musculaire ?

6 - Le trio «marche-vélo- natation » semble être un peu mis à toutes les sauces, conseillé pour presque toutes les pathologies : comment varier les activités ?

Ces modalités sportives sont les plus simples, à la portée de tous ou presque, et les moins onéreuses, c’est pour cela qu’on les cite souvent. Néanmoins le pédalage ou la marche ne sont pas des méthodes complètes d’entraînement des muscles des membres inférieurs. Notamment le quadriceps (le muscle du devant de la cuisse) a un rôle fondamental dans les gestes de transfert d’une position corporelle basse à une position haute, et ces pratiques ne le développent pas suffisamment.

La natation coûte trois fois moins cher qu’une salle de sport, et on trouve pratiquement partout des bassins nautiques publiques, mais alors qu’on montrait autrefois la natation comme l’activité phare en cas de maux de dos ou d’arthrose par exemple, on sait maintenant que ce n’est pas vrai. D’ailleurs tous les nageurs traditionnels ont (un jour) mal au dos. Puis, même si l’eau reste une solution quand on a du mal à se bouger à l’air libre, il faut apprendre un jour à regagner efficacement le plancher des vaches, car nous ne sommes pas des poissons.

Le vélo reste une bonne option mais dans une sociétés où la voiture est reine et les automobilistes peu soucieux de se préoccuper des cyclistes, les accidents sont hélas de plus en plus nombreux. La pollution atmosphérique est un autre paramètre inquiétant. De plus on est assis, et la station assise n’est pas bonne pour le dos. La marche enfin se doit d’être privilégiée, avec les mêmes réserves que pour le vélo (chutes, pollution).

Un autre exemple qui démontre que l’option «marche-vélo-natation» n’est pas un absolu. Quand on a souffert du dos durablement, mieux vaut aller s’exercer dans uns salle de gym durant un à deux mois, avant de reprendre son sport favori.


Il y a trois ou quatre décennies, faire du ski, du tennis, du golf, du trekking, était impensable pour les revenus modestes. Certaines excellentes pratiques sportives comme le Tai chi, carrément inconnues. Tout ou presque est devenu accessible. Grâce à « la toile », à Internet, on découvre constamment de nouveaux sports accessibles à tous ou presque. Il y a même la Wii à un prix abordable.

Une raison entre autres pour varier ses activités : l’enfant devrait changer d’activité sportive tous les deux ans, car sa croissance, les modifications de son corps et de son psychisme, font qu’il n’est pas de façon linéaire profilé pour un seul sport. Le foot par exemple, s’il est pratiqué trop tôt, trop longtemps durant l’enfance, abîme les genoux. La maladie également nous rend inaptes occasionnellement ou définitivement à la pratique de certains sports. Il faut savoir opter pour une autre activité.


7 - Néanmoins les activités physiques en cas de lombalgie, rachialgie, rhumatismes et ostéoporose semblent différentes : que peut-on conseiller aux malades qui souffrent de ces pathologies et pourquoi ?

Il importe de ne pas les mettre toutes dans le même panier. Rhumatismes dégénératifs et inflammatoires par exemple.
Les rhumatismes inflammatoires présentent des signes révélateurs sanguins, ce sont principalement Polyarthrite Rhumatoïde (PR) et Spondylarthrite ankylosante (SPA).

-En cas de PR, la fatigue est importante mais tous les sports non violents sont possibles : Wii Fit, machine elliptique, marche nordique, vélo sur terrain peu pentu, yoga, Tai chi ou QI Gong, danse, gym douce, aquagym, aquastretching, aquabiking.

-En cas de SPA, opter pour natation en eau tiède, mais comme le creux des reins(lordose) a tendance à s’atténuer, le dos à s’arrondir (cyphose dorsale), faire du dos crawlé qui redresse le dos - idem pour le volley ball. Quant au vélo, opter plutôt pour le vélo Hollandais en remontant le guidon, pour les mêmes raisons.
Pour lutter contre les difficultés respiratoires, il y a Le Tai Chi et le Qi Gong, le yoga.
-En cas d’arthrose, les données de la littérature concernent surtout la gonarthrose et la coxarthrose. La pratique d’exercices physiques est à recommander aux sédentaires. Les études montrent une efficacité modérée sur la douleur et la fonction, et qu’ils permettent l’entretien du capital musculaire, voire l’amélioration des amplitudes articulaires, ainsi qu’une perte de poids (bénéfique pour les articulations). Privilégier : Elliptique, tai chi, bicyclette, balnéo. Par contre les sports à fort impact ou mouvements de torsion sont les plus nocifs pour les membres inférieurs, comme : foot, rugby, squash, basket, sports de combat.
-En cas d’ostéoporose il faut pratiquer un sport en charge, car pour être bénéfique sur la masse osseuse, il faut des impacts. Exemple : la marche en terrain inégal, mais ni natation ni cyclisme.
- Mal de Dos : les sports de lancer, javelot, poids, font naviguer le dos dans des amplitudes extrêmes. L’hyperlaxité dans la gym, la danse, si elle n’est pas canalisée par une bonne propioception (perception intime des différentes parties de son corps dans l’espace et dans le mouvement), favorisent les accidents des ‘articulaires postérieures’ (articulations vertébrales situées de part et d’autre du disque intervertébral). Dans les sports de contact et de chutes, ces mêmes ‘articulaires’ sont malmenées. Les positions extrêmes longtemps soutenues : cyclisme, tir, judo, favorisent les contractures qui limitent ensuite le jeu articulaire et déséquilibrent l’ensemble du dos.

Doivent-ils adapter leur équipement ?

De nombreuses pathologies supportent mal les microtraumatismes par défaut du matériel. Il y a aussi le terrain et c’est la chaussure qui protège en premier. Chaussures : ne pas utiliser la même chaussure à la ville et sur le terrain de sport. Plusieurs paires pour varier les appuis. L’acheter en fin de journée. Choisir une pointure supérieure en fonction du terrain. Une chaussure de course a une durée de vie de 1 an environ pour parcourir 1500 m. Ne pas porter de vieilles chaussettes.

Pour les diabétiques, les chaussures (ex : gel cardio) ne doivent pas frotter, respirer, sans couture intérieure risquant de blesser. Chaussettes à la fibre d’argent.

Dans tous les cas : vêtements amples ne gênant pas les mouvements, matières respirantes. Pantalon ne serrant pas au niveau des lombaires.

Eventuellement, ceinture de contention lombaire, genouillères. Raquette anti-vibration.

Le soutien-gorge du sport nécessite un maintien fort pour les sports « à fort impact », ainsi que des matières plutôt respirantes, pas d’armature, pas de couture, volontiers des rembourrages au niveau des bretelles et des fermetures.



A suivre...

Le conseil du Kiné : une activité sportive pour les malades ?

, 08:54

Suite du billet : Le sport, un traitement à part entière ?

2 - Quelles sont les questions à se poser pour pratiquer une activité physique ou sportive alors qu’on est déjà malade (cancer, diabète de type II, maladies cardio-respiratoires, asthme, maux de dos, rhumatismes, ostéoporose ?

Quand on est malade, l’activité physique à visée sportive se doit de respecter : âge, pathologie, objectif de réadaptation, niveau acceptable d’activités physiques. Quelle activité physique est la mieux adaptée à notre(nos) pathologie (effectuer un diagnostic éducatif avec un professionnel de la santé, pour des effets attendus sur santé et habitudes de vie), et à quelle fréquence ? Un sport qu’on aime, mais mal adapté à notre état de santé (mentale et physique), peut être source d’incidents ou d’accidents, puis de découragement, voire d’une perte supplémentaire de force et d’autonomie.

L’entraînement physique est destiné à améliorer la définition musculaire. Il change l’aspect physique. Si une pathologie affecte déjà notre aspect, il ne faut pas aggraver les déséquilibres préexistants.

Quelles questions se poser pour pratiquer ?

Chaque pathologie chronique nécessite des précautions que le malade connaît heureusement, en général, grâce à son médecin traitant et/ou son kiné, son éducateur médico-sportif. Il faut dans tous les cas contrôler son effort, ne pas à aller jusqu’à la fatigue, voire la dépasser. Il faut contrôler la rapidité de transition entre repos et effort, la rapidité de la récupération.

Maintenant, quelques exemples concrets :

- Le cancéreux se doit d’avoir si possible une activité physique d’un minimum de trente minutes au moins trois fois par semaine, même durant sa chimiothérapie, ce qui permet une réduction des symptômes secondaires à la maladie ou son traitement, et à la fatigue. S’il est dénutri, il doit suivre les conseils d’un nutritionniste afin d’assumer ses besoins particuliers, et éviter les activités physique gourmandes en énergie. Lui sont conseillés : Wii Fit, elliptique, sports d’eau tiède, marche nordique, stretching, body combat, soft aerobic, Tai Chi, ski de fond.

- Le diabétique de type 2 se doit de connaître le niveau d’activité requis pour perdre du poids qu’il trouve dans : gym active comme soft aerobic, marche sportive, randonnée, ski de fond, vélo à plus de 15 km/heure ou en montée.

-. L’insuffisant cardiaque doit plus qu’un autre, déterminer sa fréquence cardiaque maximale acceptable (nombre de battements minute). Elle se mesure en se prêtant, après échauffement, à un exercice de 4 à 6 minutes intense. Cependant on ne doit pas s’enfermer dans ce carcan du « tout prévu à l’avance ». Le niveau d’effort acceptable doit être basé sur la capacité du cœur d’adaptation à l’effort ainsi que la rapidité de la récupération, et tenir compte d’une éventuelle lassitude sous-jacente, ou au contraire d’un état d’euphorie trompeur. Les facteurs de risque de mort subite sont : fréquence cardiaque élevée au repos, élévation de cette fréquence insuffisante durant l’effort, et diminution faible après. L’entraînement par intervalles courts serait le stimulus le plus puissant pour fortifier la fonction cardiaque. Exemple : réaliser 15 secondes d’efforts, suivis de 45 secondes de récupération. L’usage du cardiofréquencemètre est dans tous les cas fort utile. Après 50 ans, le sport reste indispensable, mais la reprise ou le début d’une activité sportive, donnent obligatoirement lieu à un bilan cardiaque chez un cardiologue. Marche, footing, vélo, golf, ski de fond, Tai chi, accrosports, lui sont profitables.

- Les malades atteints de BPCO ( bronchite chronique obstructive) sont particulièrement handicapés dans l’utilisation de leurs membres supérieurs. Ils se doivent de les renforcer : gym en salle, Wii Fit, lancers de ballons. Le Tai chi leur permet de maîtriser leur souffle et de renforcer leur équilibre déficients. Le jonglage par exemple permet une meilleure coordination et un gain en endurance pour les membres supérieurs.

- L’asthmatique doit savoir plus qu’un autre que le sport ne compense pas le tabagisme. Mieux vaut qu’il prenne des broncho-dilatateurs 15 minutes avant l’activité, et il doit préférer les sports de fond. Il est à l’aise avec des disciplines nécessitant des efforts discontinus tels tennis, footing, il est moins performant dans les sports d’endurance. Un entraînement intensif favorise les épisodes infectieux. La fréquentation des animaux à poils (équitation), est un facteur allergisant. L’atmosphère chaude et humide des piscines lui est favorable, mais la natation est asthmogène et le chlore déconseillé. Mieux vaut nager en mer.

- En cas de maux de dos, de rhumatismes, même si on a mal, il faut se bouger, parce que le manque d’activités affaiblit muscles et articulation. Il conduit à un déconditionnement neuro-moteur : « Le muscle est cause du mal de dos commun et son unique solution ! ». Eviter les sports traumatisants, à risques de chutes ou de chocs, ou provoquant des efforts en rotation du dos : haltérophilie, rugby, foot, judo.

- Dans le cas de l’arthrose, on a longtemps cru que le sport était déconseillé. Hors poussées congestives, il faut au contraire « se bouger la santé » pour récupérer plus vite et limiter le handicap, comme le recommande l’EULAR (European League Again Rheumatism). Seules les activités trop contraignantes sont interdites. Ce n’est pas tant l’arthrose qui fait mal que les déséquilibres musculaires et articulaires qui lui font escorte !

- Favorisent l’apparition de l’ostéoporose : excès de tabac et d’alcool, surconsommation de café, utilisation régulière d’antidépresseurs tricycliques, corticothérapie au long cours (plus de trois mois consécutifs), hypogonadisme, rhumatismes inflammatoires, atteintes pulmonaires (BPCO, asthme), transplantation d’organes. Une moindre utilisation d’une partie du corps ou de son ensemble, un alitement prolongé ou un confinement dans un fauteuil roulant, peuvent conduire également à cette perte osseuse. Ainsi une femme immobilisée pendant un mois, peut perdre plus de masse osseuse qu’elle n’en aurait perdu normalement en un ou deux ans sous l’effet du processus ostéoporotique classique accompagnant la ménopause. Par ailleurs et en vieillissant, la perte d’efficacité des muscles permettant d’adapter nos postures à notre environnement (chaînes posturales), conduit à l’ostéoporose. Moins sollicitées, moins tractées, nos vertèbres se déminéralisent. Marcher ne suffit pas pour lutter contre l’ostéoporose. Il faut que l’os soit soumis à impacts, comme sautiller (action ostéogénique). Toute activité sportive doit cependant être entreprise avec modération. Sont conseillés : plate-forme vibrante (interdite aux périnées fragiles), stepper, machine elliptique, jogging, saut à la corde, gym, badmington, aquabiking, aquafitness.

A suivre...

Le conseil du Kiné : le sport, un traitement à part entière ?

, 06:07

Petit quiz sport et santé

1 - Peut-on considérer le sport comme un traitement à part entière et si oui pourquoi ? Quels sont les bénéfices et l’action thérapeutique ?

Au XXIè siècle, nous autres occidentaux sommes plutôt sédentaires. Nous n’avons plus à courir, grimper, monter aux arbres pour échapper aux prédateurs, courir après le gibier, nous ne sommes plus assis quotidiennement sur un cheval, bien que nous ayons encore les caractéristiques corporelles du « chasseur-cueilleur ». Pour entretenir ou augmenter notre tonicité musculaire, il nous faut donc « nous bouger la santé ». L’entraînement physique permet en premier lieu d’optimiser la définition musculaire qui nous est propre. A poids égal, la graisse est 5 à 6 fois plus volumineuse que le muscle. Avec le sport la silhouette change, s’affine, on est autre.

Quel que soit son âge, un entraînement physique raisonnable permet d’atténuer bon nombre de symptômes des maladies, atténue la fatigue, augmente la force musculaire, entretient les articulations, la souplesse, augmente le périmètres de marche et la sphère d’activités. Il diminue la tension artérielle et le taux de cholestérol dans le sang. Il permet de diminuer (ou d’échapper à) une surconsommation de médicaments, de limiter les hospitalisations et les traitements lourds, prévient ou atténue le mal au dos, divise par deux le risque de cancer du poumon, de 30 % celui du cancer du sein. Apparition et progression du cancer de la prostate, diminuent de 70 % chez les hommes pratiquant plus de trois heures de sport par semaine. La dépense physique lutte également contre la déprime plus efficacement que les antidépresseurs. Grâce à elle, on a un meilleur tonus psychique, il y a maintien de la confiance et de l’estime de soi. Elle diminue les risques de chute (le Tai chi permettrait de réduire de 25 % le risque de chute).

En période de stress, le rhumatisme par exemple est plus douloureux et l’ankylose s’installe vite. Le sport permet alors de diminuer la douleur et d’éviter l’ankylose. Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, il ralentit la progression de la maladie, étant plus efficace que les « sports cérébraux » pour booster les fonctions cognitives (mémoire, raisonnement, concentration). Il entretient les schémas moteurs, les capacités fonctionnelles, et favorise de nouvelles connexions dans la zone concernée de la mémoire. On peut opter par exemple pour Wii Fit, marche nordique, sport accompagné.

Dans quelles circonstances peut-il suffire ?

Quelques exemples édifiants :

30 minutes de marche à allure soutenue (4 à 5 Km/h), tous les jours, diminuerait par cinq le risque de mortalité par inactivité (le sédentaire). Dans le cas de l’ostéoporose il a été démontré un lien avec la dépression. Les dépressifs auraient un risque de fracture supérieur que le non dépressif. Le sport évite aussi à bon nombre de sujets ostéoporotiques la déprime par mésestime de soi : peur de ne plus pouvoir assurer ses tâches quotidiennes, de tomber dans la dépendance, etc. Les douleurs physiques touchent 40 à 80 % des malades déprimés, et plus le nombre de plaintes somatiques (corporelles) est élevé, plus le risque de dépression est important. Le sport permet de sortir de cette boucle infernale.
Toutes les maladies psychosomatiques (dermatologiques, nerveuses, certains maux de dos, certaines souffrances du genou de l’adolescente) trouvent là un médicament bio (comme c’est dit dans l’un de mes livres).

Dans le cas de la prévention du diabète de type 2, régime et exercice le retardent de 14 ans. Ceux qui font de l’exercice et surveillent leur alimentation dans la population des 20 à 70 ans, ont un risque diminué de moitié de devenir diabétique. Un obèse qui fait une activité physique soutenue, même sans perdre de poids, aura moins de risque cardio-vasculaire qu’un sujet à poids normal mais sédentaire. Dans le cas de lésion définitive de l’oreille interne, la seule façon de gagner un meilleur équilibre (ce qui évite les chutes) est de compenser par les autres composantes de l’équilibre au travers du sport (yoga, tai chi, Qi Gong, Katas du karaté, Wii Fit).

Dans quelles pathologies agit-il en soutien, en complément du traitement médical ?

Pratiquement toutes, car même lorsqu’on est dépendant et incapable de quitter son lit, il reste essentiel de bonifier et/ou d’entretenir son capital musculo-articulaire restant fonctionnel (et son moral, car le sport est anti-stress). Ca reste la plus saine des occupations.

A suivre...

Mal de dos : vérités et mensonges - 180 mensonges qui empêchent de guérir

, 08:34

mal_de_dos.png

mal_de_dos_verites_et_mensonges.jpg
Mal de dos : vérités et mensonges - 180 mensonges qui empêchent de guérir (commander ce livre sur fnac.com)

"Un spécialiste lance un pavé dans la mare, un coup de gueule dénonçant les mensonges qui accompagnent depuis des décennies le mal de dos commun. Si on ne guérit pas, si on traîne d'un spécialiste à l'autre, c'est à cause de ces mensonges qui rendent les traitements peu efficaces. Alors, pour en sortir, il était temps de faire le ménage ! Ce livre, basé sur les écrits scientifiques les plus pertinents, répertorie les 180 mensonges qui bloquent la guérison ; il propose de nouvelles voies thérapeutiques. • A chaque mensonge dénoncé, une solution pratique proposée • Arthrose, scoliose, rhumatismes, lombalgies, ostéoporose... : comment se soulager et opter pour les bonnes postures ? • Quand faut-il envisager une opération ? • Cas particuliers : le dos de l'enfant et de la femme enceinte • De nombreux exercices efficaces illustrés à pratiquer au quotidien. Un livre pour mieux comprendre et agir."