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La vertèbre déplacée... un vilain mensonge qui perdure !

, 06:27

Vous souffrez d'une sciatique, d'un lumbago, de cervicalgies (mal au cou), de dorsalgies ? Alors il faut qu'un magicien « vous remette en place » la méchante vertèbre causale devenue subitement baladeuse !
En effet bon nombre d'ostéopathes ou de chiropracteurs propagent encore sans vergogne un tel mensonge. La manipulation, bien sonore, craquante, qui en découle, témoigne de cette « magnifique » réussite. Mais si manipulation il y a bien, elle est surtout mentale. Le patient a été berné, car si une vertèbre se déplace soudain, on se retrouve au bloc opératoire et non chez l'Ostéo. Ce phénomène blesse gravement les racines des nerfs émergeant à chaque vertébral ou bien la moelle épinière, ce qui provoque une paralysie transitoire ou définitive.

Le blocage vertébral segmentaire, bien réel, relève en fait d'un problème musculaire d'origine mécanique, psychologique, ou bien d'un défaut de commande centrale cérébrale.

Faire craquer une articulation pour la remettre (soi-disant) en place figure depuis la nuit des temps dans l'imaginaire collectif comme un geste magique. Au début seuls les rebouteux y avaient recours Puis Andrew Taylor Still, inventeur de l'Ostéopathie et formé lui-même au reboutement, en a fait un acte admissible car pseudo-scientifique. Daniel David Palmer, inventeur de la chiropraxie place le craquement au centre de tous ses soins, évoquant « un ajustement chiropractique visant à réduire une subluxation ».

Même sans avoir recours à une manipulation, tout-un chacun a mainte fois dans sa vie fait l'expérience de craquements indolores survenant à l'improviste. On a subitement l'épaule qui craque lors d'un mouvement un peu ample. Sinon c'est la hanche en se penchant en avant. Le genou peut aussi parfois « manquer d'huile » et grincer à la marche. Les bruits articulaires non traumatiques témoignent de frottements tendineux méniscaux ou articulaires, alors que les craquements post-traumatiques (choc, blessure sportive, mouvement trop ample) s'accompagnent d'une intense douleur, d'un gonflement et d'une impotence fonctionnelle (impossibilité soudaine de se servir de cette articulation). Ils sont le fait d'une entorse ligamentaire ou d'une déchirure musculaire.
Le craquement bien audible lors d'une manipulation vertébrale témoigne de l'effet de « cavitation ». Cela ne veut en aucun cas dire qu'une vertèbre a été remise en place mais qu'elle a été bien ou mal… manipulée. Les gaz dissous dans l'articulation se libèrent brutalement et font du bruit. Le volume de gaz contenu dans une articulation est de 15 %.

Le craquement restaure-t-il durablement la mobilité articulaire ?

Ce gain de mobilité est très temporaire.Il a été scientifiquement étudié et dure MOINS DE TRENTE MINUTES ! Est-on pour autant guéri ? Non.

Une étude de l'INSERM de 2011, conclut que la manipulation chiropractique n'est pas plus efficace que médicaments ou kinésithérapie (privilégier la méthode McKenzie), acupuncture. Quant aux risques des manipulations du cou, il est si élevé (dissection vertébrale) que sa pratique est interdite aux non-médecins. L'otéopathe, le chiropracteur, qui vous manipule le cou, le fait donc en contravention avec la loi.
Mais dites-moi chère lectrice ou lecteur, vous qui avez forcément vu des films de guerre, la manière de briser la nuque d'un guetteur ennemi pour se rapprocher d'une redoute à conquérir, ne consiste-t-elle pas en un violent mouvement semblable à celui de la manipulation cervicale ? Le risque en vaut-il alors la chandelle ? Le capitaine d'une caserne de pompiers me disait qu'il lui arrivait quatre à cinq fois l'an, d'emmener d'urgence un patient « manipulé » à l'Hôpital, parce qu'il ne pouvait plus se relever de la table de soins. Multipliez ce chiffre par le nombre de casernes et vous aurez des sueurs froides dans le dos.

Le mal de dos est un phénomène complexe qui ne ne résume pas à un problème purement local. Il a mainte fois été traité au travers de billets dans ce blog. Je vous en recommande la lecture.

  • Pierre Trudelle. Beaucoup de bruit autour du bruit articulaire . Kinésithérapie, les cahier N° 29-30 – Mai-juin2004 : p. 76-80.

Brodeur R. The audible release associated with jooint manipulation.J manipulative physio ther 1995 ; 18 : 155-64. Watson P, Hamilton A, Mollan RAB. A case of habitual joint cracking leading the radiological damage. BMJ

Encore un article de presse sur le dos qui désinforme ou lieu d'informer !!!

, 15:54

Dans son numéro de janvier 2017 (N°838 BIS) et présenté en une de couverture, Sciences et Avenir publie un article sans science ni avenir.

Le titre en est : « Tout comprendre sur le mal de dos » . Il débute par ces mots : « Hernies discales, fractures, scolioses…. Les lombalgies, dont souffrent huit français sur dix, ont des causes multiples… Faut-il opérer ou non ? ».

A l’évidence le thème de l'article (en page dix) est la lombalgie commune ou la lombo-sciatique, mais le journaliste fait d'emblée une confusion. Le terme « lombalgie » signifie qu'on souffre du bas du dos, alors que hernies, fractures, scolioses concernent n'importe quel étage vertébral. Par ailleurs la scoliose la plus commune, la scoliose idiopathique des enfants, n’est pas en soi douloureuse. Elle ne provoque pas de lombalgie même située à l'étage lombaire.

Je cite :
« Face à un lumbago ou une sciatique (J'avais raison, l'article ne concerne que le bas du dos), le traitement classique suffit en général à soulager la douleur : du repos …/... et si la salutaire récupération – la position allongée -».
Il est malheureusement démontré que le repos au lit à peu d 'effet. Le lit amollit et provoque un déconditionnement neuromoteur.

Je cite encore :
« Le plus souvent le mal est localisé aux muscles .../... mais tout change si les disques intervertébraux souffrent ».
Même lorsque le disque intervertébral est touché, ce sont les muscles qui font mal. Les spécialistes incriminent aujourd'hui essentiellement les Trigger Points (lombalgies chroniques, aurions-nous tout faux ? O'Sullivan P. Its's time for change with the management of non-specific chronic low back pains. Br J Sports Med 2012;46:224-7). A consulter, en lien ci-dessus, mon billet sur ce blog qui en traite.

En cas de lombalgie commune non spécifique, même si la radio dévoile une grosse hernie, toute crise douloureuse relève de la loi du « tout ou rien » ; c'est à dire que la crise douloureuse est imputable soit aux apophyses articulaires postérieures, soit à la hernie. Puis on guérit de sa crise même si la hernie est toujours là. Par ailleurs bon nombre de personnes ont d'énormes hernies et n'en souffrent jamais. On les dit : « asymptomatiques ». Lorsque sont énoncés les principales causes d’une lombalgie commune, il faut avoir à l'esprit que l’on ne connaît la vraie cause que dans cinq pour cent des cas. Le diagnostic est la plupart du temps incertain.

Dans l'article, pas un mot sur les dévastateurs remaniements cérébraux accompagnant les douleurs chroniques (Bases neurtologiques des douleurs. Gwilym S et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after atrthroplasty. Arthritis Rheum 2010;62:2 9306-40).

En page 14 et dans un encadré intitulé : « S'y retrouver dans la jungle des praticiens », s'agissant de la kinésithérapie, il est dit : « Titulaire d'un diplôme d’État (3 ans) ». Or l’arrêté paru le 16 juin 2015 précise que le recrutement de toutes les écoles kiné à partir de la rentrée 2016-2017 se fera exclusivement par Paces (première année commune aux études de santé), Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), L1 Sciences. Par ailleurs, depuis la réforme de la rentrée 2015, la durée de la scolarité en IFMK (Institut de formation en Masso-Kinésithérapie) est passée de trois à quatre ans.

Plus bas, dans la même colonne, est seulement citée la Méthode Mézières, alors que la « grande Françoise » luttait contre la lordose (le creux des reins). L'unique méthode aujourd'hui officiellement validée et pratiquée par tous les kinés est la méthode McKenzie, qui fait travailler... en lordose... Pas un mot sur elle, curieux.

En ce qui concerne l'ostéopathie, est écrit: « Discipline exercée par des médecins et des kinés... la pratique s'est ouverte à des non-professionnels de santé depuis la loi Kouchner (2002) » Faux, archi-faux ! Apparue en France dans les années soixante grâce à des praticiens formés aux U.S.A ou au Royaume uni, Il y a toujours eu des ostéopathes non médecins, non kinés, de par le monde depuis que cette discipline a été créée par Still au dix neuvième siècle. Kouchner n'a fait que reconnaître cette pratique largement répandue dans l'hexagone.

A risque de devenir barbant, je vais arrêter là ma critique bien qu'il y ait encore beaucoup à dire.

Transplantation de cellules souches en cas de lombalgies (mal de dos) rebelles

, 15:43

Quand on a des lombalgies à répétition, souvent insupportables, causées par une hernie discale, c'est-à-dire qu'un petit bout de disque intervertébral (cette galette caoutchouteuse présente entre chaque vertèbre et faisant office d'amortisseur) est sorti hors de son logement et vient comprimer une racine nerveuse, si aucun traitement conservateur n'a d'effet durable (kiné, acupuncture, ostéopathie, gymnastique adaptée) la solution proposée est souvent chirurgicale.

Hélas, après l'opération l'espace entre les deux vertèbres ciblées est réduit, le disque aplati, et les articulations interapophysaires prennent le relais de la souffrance ; elles sont soumises à plus forte contrainte, s'usent, et le conflit avec la racine nerveuse reprend de plus belle. D'autant qu'en matière de crise douloureuse aiguë à ce niveau c'est la loi du « tout ou rien » qui prévaut C'est à dire qu'une fois sur deux c'est le disque qui seul s'exprime, autrement ce sont les articulations interapophysaires.
Quand le chirurgien opère il retire la portion de disque qui fait hernie, sans se préoccuper de l'usure interapophysaire.
Il ne traite donc que la moitié du problème.

1- Présence d'une hernie discale intervertébrale

Des chercheurs Allemands ont expérimenté la transplantation autologue de cellules de disque intervertébral (TACD) pour régénérer les disques intervertébraux. Dans un premier temps la hernie est ôté par procédure chirurgicale (méthode mini-invasive), puis ce petit bout de disque intervertébral est expédié à un labo qui prélève des cellules pour les multiplier par culture. Il n'y a plus ensuite qu'à réinjecter ces cellules dans le disque aplati du sujet donneur. Elles vont se multiplier et redonner volume ainsi qu'élasticité au disque lésé.

2- Absence de hernie discale

Des chercheurs Espagnols en thérapie cellulaire (RéseauTerCel), ponctionnent de la moelle osseuse dans l'os de la hanche (os iliaque), pour la réinjecter ensuite dans un disque intervertébral aplati, gravement endommagé, mais qui ne fait pas hernie.

Conclusion

Malheureusement toute douleur durable chamboule le cerveau (billet sur ce blog du 25.10.2015 : « Douleurs chroniques, traiter le corps ne suffit pas ! »). C'est un peu comme pour les « douleurs de membre fantôme » des amputés ; quand on vous coupe une jambe ensuite vous pouvez par exemple avoir des douleurs précisément localisables au niveau du gros orteil (absent), ou à la plante du pied (absente). Même si tout va bien localement le cerveau disjoncte parfois sans cause connue, et prétend le contraire en vous envoyant le message « mal de dos ».

Une rééducation spécifique impliquant la dysfonction cérébrale s'impose donc dans tous les cas, protocole que peu maîtrisent.

Alors si nous ne sommes que dans la case « recherche », c'est-à-dire expérimentale, réservée à quelques uns, pourquoi ce billet ? Parce que bon nombre de gens souffrant du dos de manière insupportable et durablement ont le droit de savoir que la science progresse.
Ce qui me plaît dans cette démarche de soins est la cible. Il s'agit de redonner du volume à un disque intervertébral abîmé, écrasé. Si on le laisse tel quel, il y a de grandes chances pour que l'usure se communique au fil du temps à toutes les structures environnantes, induisant souvent une hernie ou un affaissement au dessus ou au dessous.

A suivre....

Mal au cou (cervicalgie), je fais quoi ?

, 16:36

Surtout ne pas agir inconsidérément, et malheureusement internet fourmille de mauvais conseils. Puis ne pas faire aveuglément confiance à un professionnel de santé, même bardé de diplômes, sous prétexte qu'il porte une blouse blanche et qu'il en impose.
Sachez user de votre bon sens naturel avant d'accepter un traitement, surtout s'il vous semble lourd ou inadapté.

Il importe en premier lieu de consulter un médecin afin que soit posé un diagnostic écartant tout problème grave (lymphome, myélome, spondylodiscite). Et si le mal est bénin comme dans la majorité des cas, ce praticien vous prescrira peut-être des séances de rééducation. Un kiné qui se contente de vous poser des électrodes sur le cou pendant un quart d'heure, puis de vous papouiller un petit peu histoire de démontrer qu'il mérite encore son titre de « Masseur », ou bien s’il vous met une lampe..., courage fuyez !!! Cela ne sert à rien. L'électrothérapie à basses fréquences sur un temps aussi court n'a d'effet que durant la stimulation, c’est prouvé (www.sante.fr ou www.anaes.fr)*. Chaleur ou massage, s'ils sont agréables, ne soignent pas, c'est juste un complément de soins.

Si vous consultez un ostéopathe, refusez qu'il vous manipule. C'est à dire qu'il se saisisse de votre tête et lui imprime un violent mouvement tournant. C'est interdit depuis l'année 2000 tellement c'est dangereux, excepté en de rares occasions et sur prescription médicale. L'artère vertébrale qui irrigue le cerveau passe dans un canal osseux creusé dans les vertèbres. Une rotation de 30° à peine la met déjà en forte tension, au risque de l'endommager (dissection vertébrale). Pour se défendre, ces praticiens disent qu'ils manipulent uniquement en latéralité, ce qui est mécaniquement impossible. Sur un cou en souffrance l'inclinaison va automatiquement s'accompagner d'une rotation à cause des contractures loco-régionales. Alors halte au massacre !
Par contre l'ostéopathe peut utilement user de manœuvres douces dites tissulaires, non thrustantes.

Le collier cervical est à réserver au cas où le « cou devient trop lourd à porter et fait atrocement mal au moindre mouvement», et ce durant 72 heures au maximum. Après il devient lui-même un obstacle à une rapide guérison et conduit à un déconditionnement neuro-moteur ainsi qu'à des troubles de la propioception (la perception de soi qui permet de repérer et de définir son corps dans l'espace et de tenir l'équilibre).

Pour ma part, je pratique avant tout un bilan diagnostic kiné, à la recherche d'un éventuel syndrome de déficience posturale.
Il faut savoir qu'il existe des connexions neuronales intimes entre muscles oculaires, vestibule (l'équilibre) et muscles de la nuque.
Trio auquel il faut ajouter la mâchoire, car une dysfonction mandibulaire (mâchoire inférieure) peut provoquer des douleurs de cou, c'est prouvé (il existe des stomatologues posturologues).
En séance, le kiné doit non seulement traiter le cou, mais la mâchoire et les éventuels problèmes d'équilibre.
Je traite les dysfonctions musculo-squelettiques en ayant recours à la thérapie normotensive et en stimulant les trigger areas (billet blog du 4.4.2014). Puis j'use d'élongations douces vertébrales, d'électropuncture avec Miniacusonic. Les exercices sur plateau de Freeman et gros ballon de gym, les auto-exercices avec balles de tennis (billet blog du 20.03.16), sont les bienvenus. Par ailleurs la posture assise doit être modifiée si elle n'est pas correcte, ce blog fourmillant de conseils à ce sujet. S'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym est la meilleure option. Il s'agit de passer de la position assise passive à la position assise active. C'est parfait pour renforcer ses muscles sans effort.

Nombre de médecins prescrivent de la rééducation en piscine pour soigner lombaires ou cou. Hélas, si l'on se contente de tremper le patient dans l'eau, il ne se passe rien. Il en ressort seulement... mouillé. A la lecture de ce billet le lecteur comprendra pourquoi.

Et si je dispose moi-même d'un bassin, j'y ai mis beaucoup de matériel (parfois bricolé), afin que les exercices soient adaptés à chaque pathologie.

Il faut également savoir qu'épaules et cou sont liés. Lorsqu'on surmène ses bras c'est le cou qui se plaint en premier (billet blog du 21.6.2015).

La nuit, durant son sommeil, il est utile de porter un tour de cou (billet blog du 9.6.2013) car l'oreiller, même à mémoire de forme, ne suit pas les mouvements de la tête. Si vous passiez la nuit sans bouger du tout, l'oreiller anatomique remplirait son rôle, mais puisque, à l’instar de tout-un chacun, vous tournez de temps en temps la tête, surtout pendant les rêves, l'option du « tour de cou » est la meilleure. Il s'agit d'une petite serviette enroulée et glissée dans une écharpe, ou toute structure tubulaire en tissu (bas de femme, écharpe légère).

Les anneaux claviculaires sont fort utiles à ceux qui se tiennent bossus ou qui ont mal au cou et aux épaules de manière chronique (billet blog 30.10.2014). Pour 19 euros à peine il y a le redresse-dos E-240, société Orliman.

Par ailleurs la vue doit être corrigée. Faites ce test fort simple : Fermez les yeux et avancez légèrement la tête, tel un myope qui avance sa tête en clignant des yeux pour mieux voir. Vous-vous rendrez compte que cela a une incidence sur votre posture. Votre corps se déporte en avant.

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OUI !
Lorsque cela va mieux, et pour restaurer la mobilité de votre cou, placez-vous ainsi contre un mur (dos droit, cou redressé), et tournez lentement épaules et cou de droite à gauche, mais sur peu d'amplitude (moins de 30° de rotation de chaque côté). L'appui des mains permet de contrôler le mouvement, de le guider, et de le stopper à la moindre douleur. Deux, trois minutes, plusieurs fois par jour.

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OUI !
Voici une autre façon d'étirer son cou. A pratiquer alternativement d'un côté puis de l'autre. Sur la photo, l'épaule gauche est étirée vers la droite, tandis que la tête tourne du côté opposé. La tête se tourne en douceur du côté opposé à l'épaule étirée.
Il faut sentir l'étirement musculaire derrière l'épaule (fixateurs de l'omoplate et trapèze).

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NON !!!

A ne pas faire !!! Chercher à retrouver la mobilité de sa tête en la tournant en tous sens, le plus loin possible, et au besoin en tirant dessus avec sa main, comme préconisé à tort par une multitude de sites internet et de professionnels de santé mal avisés.
Tout ce que l'on risque est de se bloquer le cou, ou pire de léser l'artère vertébrale qui irrigue le cerveau.

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OUI !

Certains d'entre nous bougent tout le temps la tête, comme les poulets. Croyez-vous que cela soit une bonne chose ? « Pour voyager loin - dit le proverbe -, il faut ménager sa monture ». Ainsi pour loin mener ses articulations, il est logique de les ménager.
Lorsque vous avez à tourner la tête, tournez d'un bloc sur les pieds comme le font les mannequins sur le podium, les épaules accompagnant les mouvements du cou. En plus, c'est élégant !
N'optez pour les grands mouvements du cou que par absolue nécessité.

  • Douleurs neuropathiques : des prises en charge non médicamenteuses aux décisions stratégiques. V. Guastella, M. Navez, G Mick. Rhumatologie Pratique. Février 2009.

Ostéopathie avant et après la randonnée

, 06:26

Parlons GLOBALITE !

Pour de meilleures performances à la marche sportive, rien de tel qu’un corps globalement bien équilibré. L’ostéopathie est –elle indiquée ?

Vendredi 5 Avril 2013 à 14h au Salon du Village et Nature à Paris à la Porte de Versailles, Pierre-Alexandre Montfajon, Ostéopathe DOMROF/UFOF, membre de l’Académie d’Ostéopathie de France, était invité à partager son métier, sa passion, dans une conférence intitulée : « l’Ostéopathie comme prévention, ou traitement, avant et après une randonnée.»

« Est-ce que ça craque ou pas ? » Là est la question, mon cher Watson !

L’ostéopathie : quelle est cette science, cette médecine complémentaire et alternative qui nous intrigue tant ? Vérité ou placebo ? Quel bien-être L’Ostéopathie pourrait apporter à des randonneurs émérites, ou occasionnels ? Réponse : « La mobilité mon cher Watson ! Bien sûr ! » Mais dans l’optique d’une prise en charge globale du corps.

C’est Andrew Taylor Still, un Américain, qui a créé l’Ostéopathie le 22 Juin 1874 à la suite d’un drame Familial. Il s’agit d’une Médecine Complémentaire, Alternative, Générale, Manuelle (MCAGM). Une médecine singulière qui recherche l’origine d’une lésion en s’appuyant sur le diagnostic des restrictions de mobilités (tissulaires, articulaires, Crâniennes, Viscérales). Préalablement, le praticien initié à cet art, aura déterminé, grâce aux connaissances sémiologiques médicales dont il dispose, si le patient doit être orienté ou réorienté vers un médecin. Précisons que la formation d’un Ostéopathe comporte 5 ans d’études, minimum. Il exerce ce métier pour l’EFFICACITE, obtenir un bon résultat, et la SECURITE du patient.

Ajoutons qu’un Ostéopathe travaille en pleine complémentarité avec l’ensemble des professions de Santé.

La randonnée

La randonnée fait risquer une vaste liste de pathologies, quoique souvent bénignes. Entorses de la cheville, du genou, affections rachidiennes singulièrement appelées : « Lombalgies, dorsalgies, cervicalgies, communes ». Auxquelles il faut ajouter les contractures musculaires ainsi que certains maux de tête (céphalées ou migraines).

L’Ostéopathie s’inscrit humblement dans le parcours de soins du randonneur tout en y apportant sa plus-value. Il se doit, sur 1 heure de consultation, d’examiner dans la globalité son patient, de la tête ou pied et des pieds à la tête, sans oublier l’abdomen (le ventre) sinon il ne mérite pas le titre d’Ostéopathe.

Il pose un diagnostic ostéopathique spécifique (qu’il est le seul à poser, d’ailleurs), et restitue en fonction de celui-ci la mobilité globale (encore et toujours la globalité !!!) du corps du randonneur. Quelle que soit la nature de la dysfonction articulaire viscérale ou bien crânienne diagnostiquée.

Au cours de la consultation, particulièrement au début, il aura pris soin, selon le motif de consultation, de réaliser un examen clinique adapté en utilisant le stéthoscope, le tensiomètre, le marteau-réflexe. Les utiliser dans le cadre d’une consultation ostéopathique, permet de lever bien des doutes sur l’origine du mal.

Par exemple, si vous venez pour une dorsalgie ou une Lombalgie aigue, la prise de tension artérielle et la palpation des pouls, ainsi que les tests neurologiques et orthopédiques rachidiens, permettront de détecter une éventuelle pathologie vasculaire ou neurologique primaire à l’origine d’un symptôme secondaire musculo-squelettique.

Généralement, les consultations ostéopathiques sont biannuelles. Deux fois l’an. Si vous êtes un randonneur expérimenté, cette fréquence est recommandée. En revanche, si vous êtes un occasionnel, il est judicieux de consulter un Ostéopathe une semaine avant une randonnée. Ensuite, 2 semaines ou jusqu’à 1 mois après la randonnée, si vous ressentez blocages où douleurs, il faut également consulter.

Toutefois, quel que soit votre niveau d’aptitude à la randonnée, nous vous conseillons vivement de consulter aussi un médecin du sport et un cardiologue, pour vous assurer qu’aucune pathologie n’est cachée.

Dernier conseil : le plus important. Etirez-vous 1 demi-heure avant et après votre randonnée.

Buvez, hydratez-vous bien avant (une petite bouteille d’eau fera l’affaire). Pendant la marche pensez à boire par petites gorgées.

Nous vous souhaitons de très agréables randonnées !

N’oubliez pas : Trouvez la lésion, traitez là, et laissez la nature faire le reste ! Non mais !

Citation d’Andrew Taylor Still.

Pierre-Alexandre Montfajon Ostéopathe DOMROF/UFOF/AO

Le dos, encore lui : petite piqûre de rappel !!!

, 14:59

Le dos ! Voilà un sujet délicat entre tous que j’ai abordé à maintes reprises dans différents billets et ouvrages. Le dernier de mes livres s’y rapportant était : « Mal de dos : vérités et mensonges », il y a eu également : « Le dos de la femme enceinte » et « Le dos du Gay ».

Il faut savoir qu’en général, radios, IRM, scanner, prescrits (à l’excès), ne donnent pas l’origine du mal de dos commun, seulement l’âge de la colonne (à savoir, si elle est prématurément usée). Ces examens permettent surtout de détecter éventuellement un mal plus sournois comme une tumeur.

En général un MK (Masseur-Kiné) tout juste sorti de l’école n’a pas les aptitudes suffisantes pour traiter efficacement un lumbago, une lombalgie chronique ou une lombo-sciatalgie commune, c’est à dire, ce « mal du siècle » qui ne tue certes pas mais qui empoisonne la vie de la grande majorité des gens. Entre parenthèses, des squelettes du néolithique ont trahi des traces d’arthrose. Nos ancêtres souffraient déjà du dos. Ce n’est donc pas le « mal du siècle » comme l’affirmait Maigne. Encore un mythe qui s’effondre !

Un étudiant kiné sortant de l’école n’a de chances d’avoir vu quelques lombalgiques qu’en post opératoire ou en cabinet sans y toucher vraiment. En tous cas pas plus de quatre ou cinq durant toute sa formation. Disons le tout net, il faut beaucoup d’expérience, de cette « bouteille » qui rend finaud, pour décrypter cette énigme qu’est la rachialgie commune d’autant que le psychisme est toujours atteint. A cela s’ajoute qu’en son âme et conscience aucun médecin ne sera jamais certain d’avoir posé un diagnostic infaillible. Les origines du mal sont innombrables et s’enchevêtrent de telle manière qu’on est aisément perdu.

La Haute Autorité de Santé qui est l’un des organismes de référence de notre profession, préconise un reconditionnement physique. Le MK doit choisir un programme d’exercices appropriés préservant la lordose lombaire physiologique (creux des reins). Mais ça n’est pas aussi simple. Il ne suffit pas de bouger il faut retrouver le goût de bouger, sinon ça ne marche pas ! Le massage, s’il fait l’unanimité pour son côté agréable, n’a pas d’effet bénéfique reconnu sur la cause du mal.

La physiothérapie antalgique à base de chaleur, ultrasons, ondes de chocs, les courants électriques de basses fréquences (qui sont préconisés en traitement d’appoint) non plus. Ca permet de prendre moins de médicaments antalgiques (anti-douleurs).

Les abdominaux ne doivent pas être renforcés d’autant que les « barres de chocolat » augmentent les pressions dans le bas du dos sur les vertèbres (lombo-sacrées), donc les douleurs. Il faut plutôt renforcer les muscles postérieurs (entre les omoplates et dessous) très affaiblis (pratiquer le gainage est la meilleure solution : tout doit travailler ensemble harmonieusement). Hélas en général la revendication première du patient est de voir ses douleurs cesser au plus tôt sans rien changer à ses mauvaises habitudes. Pour ma part j’ai soigné dans ma carrière bon nombre de médecins qui affichaient la même volonté : ne plus avoir mal sur l’instant et c’est tout ; quant-aux exercices bien entendu, ils n’avaient pas le temps (comme leurs patients). La plupart des gens rechignent à pratiquer régulièrement une quelconque gymnastique. Impossible de les convaincre que c’est un bien nécessaire. Ils cherchent le traitement miracle qui les guérira sans effort. Peine perdue.

Prévention ?

Contrairement aux idées reçues la lombalgie (mal aux reins) n’est pas liée à une mauvaise posture ou a un surmenage qui entrainerait une lésion, puis des douleurs. Il n’y a pas de corrélation entre douleurs et incapacité fonctionnelle, ni entre incapacité fonctionnelle et inaptitude au travail.

Bien entendu prévenir vaut toujours mieux que guérir, mais la plupart du temps on se bloque sans le moindre effort. De plus quand on a mal, le réflexe : ‘genoux pliés avec le dos bien droit’ s’impose à l’évidence parce qu’on ne peut pas faire autrement. Passer donc de longues heures à expliquer au patient comment ménager sa colonne dans les activités de la vie quotidienne ne sert pas à grand-chose. Mieux vaut diminuer les contraintes et la fatigabilité au travail. Les facteurs psychologiques et sociologiques sont aussi importants que les facteurs physiques. Le contexte professionnel est aussi à prendre en compte. Un patient qui «en a plein le dos» de son boulot peut même saisir ce prétexte pour réclamer une mutation, un emploi adapté, qu’il n’aurait pas obtenu autrement.

Un sommeil réparateur a un effet myorelaxant et antalgique (muscle détendu et douleur diminuée). Si on dort mal, il y a augmentation des cytokines, ces substances responsables de l’inflammation et donc du mal. Cependant, en période de crise douloureuse, le repos strict au lit est néfaste. Il déconditionne le sujet, le ramollit, et ne solutionne pas ses maux. Enfin et surtout, il faut éviter de s’asseoir dans un canapé ou un fauteuil classiques. Choisir plutôt le gros ballon de gym comme siège. Passons de la position assise passive, à la position assise active. Quand on est assis, le dos bien droit contre son dossier de chaise, les contraintes augmentent de 50 % dans le bas du dos. Que le siège soit labellisé « de confort », ou non.

Il faut le dire et le répéter : la position assise prolongée est la pire ennemie du dos !!! Nous sommes construits pour bouger.

Ce qui est également utile !

Le kiné qui s’attaque à ce casse-tête qu’est le mal au dos, a tout intérêt à être un as en thérapie manuelle. L’ostéopathie est en vogue, mais il y en a d’autres méthodes toutes aussi efficaces (si le praticien est sérieux) : reboutement, étiopathie, Maitland, orthopractie, thérapie normotensive.

N’importe quoi dans la presse… comme d’hab !!!!

, 17:10

N’importe quoi dans la presse… comme d’hab !!!!

Quand la presse grand public va-t-elle cesser de véhiculer des informations fausses ?

Si dans chaque article prétendument informatif elle commet autant d’erreurs que dans le domaine de la santé, c’est une catastrophe. Au lieu de nous informer, elle nous désinforme !!!

Dans Femme Actuelle N° 1460 du 17 au 23 septembre 2012, en page 60, un article intitulé : « Ostéopathie, Kiné… qui consulter ? » m’a interpellé. Il est carrément caricatural. Il prétend que la kinésithérapie est là pour « rééduquer », l’ostéopathie pour « corriger les déséquilibres », la chiropraxie pour les « ajustements vertébraux ».

D’abord « rééduquer ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que « corriger les déséquilibres » et pratiquer des « ajustements vertébraux » n’est pas également rééduquer ? Oui, bien entendu ! Donc, le champ d’action de la kinésithérapie englobe également ces domaines soi-disant « réservés » aux ostéopathes et aux chiropracteurs.

L’ostéopathe « corrige les déséquilibres »… Quand on sait que leur champ d’action prépondérante est le « fonctionnel », les algies fonctionnelles, c’est-à-dire le psychosomatique*, il faudrait plutôt dire qu’ils corrigent les déséquilibres psychomoteurs. De plus, eux aussi manipulent les dos. Ce domaine n’est pas réservé aux chiropracteurs, loin de là !!!

Le chiropracteur « ajuste les vertèbres ». De qui se moque-ton ? Il n’y a rien à réajuster dans un mal de dos commun. Les vertèbres ne bougent pas, ne se déplacent pas, c’est démontré scientifiquement depuis des lustres. De plus il force les articulations. Y avoir systématiquement recours est carrément dangereux. L’hypermanipulation est un acte grave. Mieux vaut avoir recours à des manœuvres douces (médicaments anti-douleurs sur un temps court, kinésithérapie de réadaptation neuromotrice, ostéopathie tissulaire, acupuncture), d’autant qu’il a été prouvé que rien ne marche si on ne rééduque pas aussi le muscle. La manipulation n’a d’effet que sur le court terme !!!

Je donne toutes les preuves scientifiques de ce que j’avance dans ce billet dans mon livre « Mal de dos : vérités et mensonges ! » J. Lyon. Editeur.

Messieurs les journalistes, un peu de sérieux s’il vous plaît, y’en a marre !

  • La revue de l’Ostéopathie. N°1-1 :2011. P31.

Réflexions à propos de l’émission : « Ostéopathie, qui nous manipule ? »

, 17:20

- Réflexions à propos de l’émission de la cinq, 20h35, mardi 25 septembre 2012 : « Ostéopathie, qui nous manipule ? »

Cette pratique a les faveurs du plus grand nombre en raison de l’aspect magique du toucher ainsi que du «craquement qui a (soi-disant) remis la vertèbre en place» quand le dos est manipulé. Que les choses soient claires : la vertèbre qui bougerait au moindre faux mouvement est un mensonge. Le jour où c’est le cas, le sujet se retrouve paralysé et bon pour le bloc opératoire ! Le craquement ne signifie en rien que la vertèbre ait bougé, c’est juste un bruit. La vertèbre « pète » (effet de cavitation). – Lire à ce sujet mon livre : « Mal de dos, vérités et mensonges » - D’ailleurs, combien parmi vous se font-ils craquer le dos plusieurs fois par semaine (ou par jour), ce qui donne une fausse impression de soulagement car au fil du temps le mal empire !!!

A l’occasion d’un choc (même émotionnel, même très ancien), d’une maladie, par usure ou vieillissement, surviennent des douleurs rarement insupportables mais lancinantes. Elles proviennent du fait que les articulations présentent d’infimes mouvements gérés par le système musculo-ligamentaire de voisinage qui peuvent gripper. L’esprit et le corps sont conjointement frappés de stupeur. Ils « se bloquent ». C’est cela que traitent les ostéopathes. Il y avait mardi 25 septembre sur la cinq, à 20h45, une émission sur l’ostéopathie, la médecine manuelle la plus en vogue, certains médecins venant témoigner de leur absolu rejet. Or soyons clair : il y a match nul, car aussi bien la médecine que l’ostéopathie ne sont efficaces que si le patient change ses mauvaises habitudes comportementales (mal assis, sédentarité, mauvaise utilisation de son corps). De plus tous les sujets qui ont mal au dos de manière chronique ou des problèmes articulaires aux jambes, ont un mauvais équilibre. S’ils ne rééduquent pas leur équilibre, ils auront beau avaler des anti-inflammatoires, se faire manipuler par un ostéo, avoir recours à la kinésithérapie, à l’acuponcture, etc, rien ne sera efficace à long terme !!! Or l’émission de mardi n’en a absolument rien dit !!!

Se référer à mon prochain livre : « Seniors : on vous ment sur votre santé ! » Grancher Editeur en librairie le mois prochain, ainsi qu’au billet intitulé : « Annonces sensationnelles de la presse : la suite », du 27/04/2012.

Il n’y a pas que l’ostéopathie. Quelle méthode manipulative privilégier :

Il faut différencier celles qui respectent le jeu normal des articulations, de celles qui les forcent.

- Les premières sont douces, on les appelle parfois « fasciathérapies ». Elles s’attachent aux « points-clés », remodèlent. Le praticien se contente de donner «un point d’appui adapté» au bon endroit et à la bonne vitesse pour que les tissus se normalisent et que les articulations qui en dépendent s’ajustent d’elles-mêmes. Il est à noter que l’émotion, les sentiments, s’inscrivent dans les fascias qui composent notre squelette fibreux (tendons, ligaments, aponévroses, tissus d’enveloppement des organes et viscères). C’est comme un livre ouvert sur notre esprit.

- Les secondes forcent l’articulation, vont au-delà du seuil physiologique (amplitude maximum naturelle) comme la chiropraxie ou certaines écoles d’ostéopathie orientées « Thrust ». La vive manipulation est pour elles un principe de base dans tous traitements. Le praticien se considère comme le « moteur de l’ajustement ».

Mon choix :

Le patient doit savoir réclamer en priorité la douceur. Ostéopathie à orientation « tissulaire », étiopathie, reboutement, thérapie normotensive, shiatsu, rolfing, usent majoritairement de manœuvres douces.

Nota :

Il est à noter qu’en raison de leur dangerosité, les manipulations du cou sont interdites aux non médecins, excepté sur prescription médicale. Hélas, bon nombre de praticiens passent outre cette exigence. Certains pêchent par excès, ils manipulent à tour de bras, or l’hypermobilisation est un outrage fait au corps. Dans mon Hôpital, les radiologues m’ont avoué que de trois à quatre fois pas an, des examens décèlent une grave lésion de l’artère vertébrale (celle qui irrigue le cerveau) après manipulation cervicale intempestive. Il n’y a qu’à multiplier ce chiffre par le nombre d’établissements au niveau national, pour obtenir un total effrayant d’accidents !

Un conseil : pour un même étage vertébral, il ne faut pas dépasser trois manipulations par an.

Question : peut-on manipuler sans risque le dos d’un enfant ?

On peut le faire, mais la prudence exige de n’intervenir qu’à partir de l’âge de quinze. Auparavant les raisons de le faire sont rarissimes. Il est à noter que c’est sans effet sur le pronostic des scolioses. Manipuler ne réduira ni le degré de courbure, ni la raideur (une scoliose rapidement évolutive, qui « flambe », doit être mise sous corset).



Ostéopathie

C’est une loi du 4 mars 2002 qui en a légalisé la pratique, suivie due décret N° 2007-435 du 25 mars 2007. Si la Haute Autorité de Santé exige de la médecine de n’user que de méthodes scientifiquement validées, l’ostéopathie a été reconnue sans preuves, ce qui fait grincer des dents bon nombre de médecins. De plus cette dernière établit un diagnostic, et malheureusement celui-ci contredit souvent celui du médecin. Ca créée des conflits. Parfois c’est l’ostéo qui a raison, parfois le toubib. Il faut reconnaître que cette vieille dame de plus de cent trente ans qu’est l’ostéopathie aurait besoin d’un dépoussiérage de fond qu’aucune école n’est prête à entreprendre (il en est de même pour les études de kiné). Quelques exemples à l’appui de ce nécessaire dépoussiérage :

Andrew J. Still, son inventeur (1828-1917), postulait que nombre de maladies proviennent de « déplacements vertébraux ». Faux ! Gageons qu’aujourd’hui avec les progrès de la science, ce brillant concepteur admettrait plutôt un « blocage segmentaire ». Certains ostéopathes affirment avec A. Sutherland, le « Monsieur + » de l’ostéopathie, qu’il y a mouvement possible au niveau des os du crâne. Oui, tant qu’il y a des fontanelles, ensuite il faut y aller au burin et à la perceuse ! D’ailleurs quand un anthropologue retrouve un crâne humain de plusieurs millions d’années, il est souvent intact (à part la mâchoire), preuve de sa solidité. Si les millénaires ne font pas bouger les os d’un crâne comment prétendre que des attouchements ostéopathiques d’une grande douceur peuvent modifier quelque chose en profondeur ? L’émission n’a pas évoqué le problème !

Citons également les lois de Fryette qui ont du plomb dans l’aile, l’expérimentation scientifique ayant démontré leur inefficacité. L’émission n’en a rien dit.

Il y a environ douze mille ostéopathes en France et presque douze mille méthodes différentes, chacun y mettant sa « patte ». Certains pratiquent même ce qu’ils nomment une « ostéopathie émotionnelle » : tout un programme ! Sachons faire le tri.

Nota :

Les ostéo non-médecins n’ont plus le droit d’effectuer de manipulations gynéco-obstétricales, ni de touchers pelviens. Les manipulations du cou, ou sur nourrissons de moins de six mois, ne peuvent être effectuées qu’après accord médical préalable.

  • Le Quotidien du Médecin 14-04-04.

Effet placebo ?

, 06:48

Effet placebo ?

L’américain Erickson, maître de l’Ecole américaine des thérapies brèves affirme que : « Ce que le psychisme a fait ( il s’agit ici des symptômes, c’est à dire de l’ensemble des signes par lesquels s’exprime le mal), le psychisme peut le défaire pourvu qu’on lui en donne l’occasion, et peu importe ce qui se passe dans l’inconscient. Créons le contexte dans lequel l’inconscient pourra procéder aux réaménagements nécessaires. »

Le médicament placebo est une préparation médicinale volontairement dépourvue de principes actifs. C’est un produit qui imite un médicament mais qui n’en est pas un. Il en a la couleur, l’aspect, le goût, et le patient guérit par suggestion. L’effet placebo est une constante en médecine et paramédical. C’est le cas pour : kinésithérapie, ostéopathie, reboutement, magnétisme, etc. On dit que 40 % de nos bons résultats relèvent de cet effet. Vous manipulez le dos de votre patient, il entend un craquement, du coup il se persuade qu’il est guéri et n’a plus mal. Il oublie que lorsque, machinalement, il fait «craquer ses doigts», il n’avait pas mal avant.

Ce n’est pas parce que le dos craque, que la vertèbre a été « remise en place ». Simple effet de cavitation (les gaz dissous dans l’articulation se libèrent brutalement). Certains charlatans ne prospèrent que grâce à l’effet placebo, les patients satisfaits suffisant à assurer leur pub et la pérennité de leur « art ».

Le « syndrome de conversion » exprime la disparition ou l’altération d’une fonction, sans lésion organique, par seul effet psychogène (c’est dans la tête). Le patient souffre par exemple de : contractures, vertiges, spasmophilie, paralysies psychogènes, uniquement parce qu’il croit être malade. Bon nombre de ce type de personnes déboulent en cabinet de rééducation munis d’une prescription, soit parce que leur médecin ne sait plus à quel saint se fier et cherche à «s’en débarrasser», soit parce que le diagnostic a été mal posé. Alors, bien entendu, l’effet placebo est le traitement le mieux adapté. Puisque leur corps n’a rien, autant ne pas l’agresser inutilement en le bourrant de produits chimiques, en les manipulant à outrance, ou on le mutilant, la chirurgie n’étant pas épargnée. Certains hypochondriaques exigent en effet d’être opérés. Ils vont jusque là ! Comment leur faire comprendre que « c’est seulement dans leur tête », que leur corps n’a rien, quand le psychiatre lui-même n’y parvient pas ? En leur donnant satisfaction. Le chirurgien se contente alors d’inciser la peau… et de refermer. Une « jolie » cicatrice, ainsi qu’un compte rendu opératoire futé, suffisent à contenter le patient, et à le guérir.



Merveilleuse médecine !!!

Mal de dos : les méthodes qui marchent…ou qui ne marchent pas !!!

, 17:13

Mal de dos : les méthodes qui marchent…ou qui ne marchent pas !!!

Billet écrit en collaboration avec le Docteur Thierry Gavardin, Médecin de Médecine Physique et de Réadaptation fonctionnelle.

L’Express N° 3178 du 30 mai au 5 juin 2012, publie en page 78, un article intitulé : « Mal de dos : les méthodes qui marchent vraiment !». Hélas, ce titre est incomplet. Il devrait s’intituler : « Mal de dos : les méthodes qui marchent sur le court terme ! ».

Décortiquons cet article sensé apporter de vraies solutions :

En photo d’intro, une soignante sur tapis de sol montre un exercice à un patient installé sur une table de Bobath qui tente de l’imiter. Ca commence mal, car l’exercice présenté et sensé « assouplir » le dos en l’arrondissant, est nocif, d’autant que tout étirement passif ne donne pas plus de souplesse à un dos en crise. L’inflammation (due aux cytokines), induit des contractures qui disparaîtront… une fois la crise passée. La Haute Autorité de Santé déconseille énergiquement les exercices de ce type, et demande au contraire aux professionnels de santé de faire pratiquer la méthode Mac Kenzie qui préserve la cambrure des reins.

La suite est-elle plus prometteuse ? En page 80 sont données des informations vraies mais qui ne permettent aucunement de traiter un mal de dos.

La chirurgie est évoquée. Le médecin interrogé cite d’emblée l’arthrodèse et la prothèse de disque qui sont des solutions extrêmes, d’autant que la prothèse discale n’est pas au point. Neuf fois sur dix, le geste pratiqué est une cure chirurgicale de hernie discale à ciel ouvert, ou par voie endoscopique (sans ouvrir). Cette dernière n’est citée qu’en page 89. On nous met ensuite l’eau à la bouche en évoquant des progrès… dont absolument rien n’est dit.

La cause de la plupart des maux de dos communs étant inconnue, la hernie discale n’étant qu’un épiphénomène, la lézarde sur un mur dont les fondations ont joué, il semble pour le moins léger de placer la chirurgie en tête, avant d’évoquer des traitements moins contraignants et plus efficaces.

En page 81, il est dit : « On le sait, la médecine peine à trouver l’origine précise de la souffrance. A chacun de découvrir la technique la mieux adaptée » et c’est là le nœud du problème, car on ne traite efficacement un mal que lorsqu’on en connaît l’origine. Tâtonner au hasard n’est pas sérieux !!!

Sont proposées « des solutions », à commencer par les médicaments. Il est dit : « S’il n’existe aucun traitement spécifique du mal de dos, les antalgiques peuvent néanmoins être envisagés. » Attendez une seconde…, n’est-il pas écrit à la «une » en guise de titre racoleur : « Mal de dos : les méthodes qui marchent vraiment ! ». Si on écrit qu’il n’existe aucun traitement spécifique, on ne peut prétendre dans le même temps proposer de méthodes « qui marchent » ?

La vérité est que toutes les voies thérapeutiques actuellement proposées, ne sont pas efficaces sur le long terme !!! C’est ce qu’affirme depuis des années, preuves à l’appui, la Haute Autorité de Santé. Pire, quand on prétend détenir « les méthodes qui marchent », il devient inutile de chercher une nouvelle voie plus efficace. C’est la fin de l’histoire. On est dans l’autosatisfaction ronflante, tandis que le malade du dos lui, continue à souffrir et à s’aggraver. De plus en plus de gens souffrent, sans que rien ne les soulage durablement !!!



Viennent ensuite les manipulations. C’est-à-dire la grosse artillerie. « Avec prudence » est-t-il dit justement. Quand on va voir un « chiro », il manipule… assez violemment. Il n’a rien d’autre à proposer, alors que ce n’est pas toujours recommandé, loin de là, d’autant que la soi-disant « vertèbre déplacée » est un mythe.

L’ostéopathie qui offre des méthodes tissulaires douces, n’est pas évoquée. Dommage ! Il a par ailleurs été largement démontré que tout traitement passif, sans recours également au reconditionnement physique à l’effort, ne marche pas aussi bien.

Sont proposés : acupuncture, cures thermales, électricité… des mesurettes valables sur le court terme. Non de vraies solutions. Personne ne peut sérieusement prétendre le contraire.



Une pleine page est consacrée à : « Débloquer aussi l’angoisse », comme si ça marchait mieux que le reste ! S’il est démontré que le mal de dos chronique s’accompagne toujours d’une souffrance psychologique, après des décennies d’expérience nous n’avons encore jamais vu un seul patient guérir en consultant seulement un psychologue. Il n’est pas question de prétendre que ce n’est pas utile, bien au contraire, mais ce n’est en aucun cas une « méthode qui marche vraiment » méritant une pleine page.



Le « Stage commando ».

C’est vrai, les gens qui ont mal au dos de manière chronique finissent par avoir peur de bouger (kinésiophobie). On se doit de les aider à s’en sortir. Hélas le patient s’imagine à tort que son « stage commando » va solutionner durablement ses problèmes. Faux. Pas de quoi crier cocorico ! Contentons-nous de critiquer les photos qui agrémentent l’article. La première montre un patient en stand-up, une machine visant plus à verticaliser une personne paralysée des jambes, qu’à muscler. Sur une autre, un homme soulève une charge à bout de bras au dessus de sa tête : bonjour les épaules et le cou !!!

Pourquoi la méthode Mac Kenzie, la seule validée par la science, n’est-elle pas évoquée ?

Il y a une autre pleine page sur la chirurgie par voie endoscopique. Le New England Journal of Medicine du 14.07.94, et V. Nguyen dans le Quotidien du médecin, déclaraient déjà : « La découverte de hernie discale chez un patient souffrant d’une lombalgie risque de relever de la pure coïncidence ». Plus récemment, dans son numéro de février 2011, vol. 78. la revue du Rhumatisme-monographie, porte-drapeau de la Société Française de Rhumatologie, précise : « Le traitement spécifique de la dégénérescence discale ne semble pas pour demain.». La chirurgie n’est donc pas la solution miracle. Alors pourquoi lui donner autant la vedette ? En marge du sujet-chirurgie, il y a une maigrichonne colonne intitulée : « Le sport ? vivement recommandé ! » Et comment !!! C’est ce thème-là qui méritait une pleine page.

Bougez-vous chers amis rachialgiques en salle, chez vous, au dehors, partout, même si cela fait mal. Le muscle est au départ du problème, mais il est aussi la solution !



Pas un mot sur la prévention, et notamment sur la station assise prolongée qui est le pire ennemi du dos. Vous aurez eu beau expérimenter tous les traitements du monde, si vous restez quotidiennement de longues heures (mal) assis, la souffrance réapparaîtra à vitesse grand « V ». Il faut définitivement passer de la position assise « passive », à la position assise « active » (par exemple en s’asseyant sur gros ballon de gym).



Pas un mot non plus sur les problèmes d’équilibre démontrés chez le lombalgique chronique qu’il faut pourtant rééduquer pour en sortir, ni sur les modifications qu’entraîne un mal chronique, au niveau cérébral. Les scientifiques évoquent une atrophie du thalamus (Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis. Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.). Le docteur Lyonnais Pierre Volkmann affirme quant-à lui, qu’en cas de douleurs chroniques la zone cérébrale relative à la région corporelle en cause, est carrément inhibée. Ainsi tous les traitements proposés restent-ils sans effet si on ne « rééduque pas aussi le cerveau ». Dans notre service de rééducation fonctionnelle nous avons initié une méthode visant à solliciter la voie bulbo-thalamique pour « réveiller » le thalamus, qui gère douleurs, postures, et mouvements.



Face aux problèmes posés par le mal de dos, l’humilité est de mise. Aucune méthode univoque ne peut être proposée, parce que les origines sont multiples et rarement découvertes avec certitude.

Toutes les preuves scientifiques de ce que nous avançons dans ce billet, sont référencées dans la bibliographie de : « Mal de dos : vérités et mensonges. » J. Lyon Editeur.

Se référer également à « Seniors, on vous ment sur votre santé ! » Grancher Editeur. Sortie-librairie prévue : octobre 2012.

Profession kinésithérapeute

, 17:35

Profession : kinésithérapeute



On compte aujourd’hui en France métropolitaine plus de quarante mille MK (MK pour Masseurs-kinésithérapeutes) et c’est en 2006 que la profession a fêté le soixantième anniversaire de sa reconnaissance légale. Nos prédécesseurs étaient des « infirmiers-masseurs », sans formation ad hoc, ni reconnaissance.



Qui sommes-nous ?



Afin d’avoir le droit d’exercer, nous-nous devons d’être titulaires d’un diplôme d’Etat. Notre formation s’étale sur trois années après un bac, obtenu de préférence avec option scientifique. Les droits d’entrée aux écoles sont élevés : 8000 euros la première année, ensuite c’est dégressif, 7500 puis 7000 (mêmes prix pour les études d’Ostéopathie). Seuls, deux instituts parisiens relevant de la fonction publique et soumis à numerus clausus (nombre de places limitées), Lariboisière et Saint Maurice, sont gratuits, et accessibles uniquement par concours. Pour se donner un maximum de chances d’accéder à cette filière d’auxiliaire de santé, il est chaudement recommandé d’effectuer une année de préparation au concours d’entrée aux écoles, facturée environ 4000 euros.

Afin d’éviter ces frais, il est possible d’étudier dans la communauté européenne. Depuis de nombreuses années, la Belgique était ainsi envahie par des hordes d’étudiants non-résidants, du coup elle impose maintenant un quota basé sur un tirage au sort. Dans l’hexagone la moitié des élèves sont recrutés via une année de PCEM 1 (première année de médecine).

20 % des kinés travaillent dans le secteur public : centre de rééducation, thalassothérapie, thermalisme, Hôpital. L’immense majorité se consacre donc à la voie libérale. En 2008, il y avait 12000 salariés pour 50 000 libéraux.



Que faisons-nous ?



Par des moyens manuels ou instrumentaux, grâce au massage, la gymnastique médicale, la balnéothérapie, au moyen de thérapies manuelles, à l’aide d’appareils, nous assurons la rééducation des personnes souffrant d’affections congénitales ou acquises, ou bien consécutives à la pratique sportive, ces pathologies affectant les appareils : cardio-respiratoire, circulatoire, moteur, ou neurologique. Nous ne pouvons exercer que sur prescription médicale, sauf dans le domaine de l’esthétique, de la forme et du bien être, qui sont nos autres champs d’élection. En aucun cas le diagnostic médical, ni les indications éventuellement utiles au traitement, ne doivent être portés sur cette prescription médicale. Ils doivent se trouver mentionnés dans une lettre d’accompagnement (ce qui est rarement le cas).

Il nous est maintenant loisible de prescrire du petit matériel : sondes pour l’incontinence urinaire, attelles, ceintures de contention, cannes, etc. Incontestablement, le MK se doit d’avoir des préoccupations éthiques. Il se place dans une optique de meilleure gestion de la qualité de vie, éduque, il a parfois rôle d’expert notamment en ce qui concerne l’ergonomie (bonne gestion de son dos, de ses articulations, dans l’exercice de sa profession). L’éthique se définit comme l’ensemble des devoirs qu’on s’impose dans l’exercice de son métier, en fonction d’un code au travers duquel sont adaptées les règles de la législation générale. La morale quant à elle regroupe les normes nécessaires à une bonne pratique de vie, et prend en compte les interdits sociaux et religieux ; c’est le «devoir bien penser en son âme et conscience», parfois en opposition avec le calibrage sociétal dans lequel on vit, alors que l’éthique serait en quelque sorte le « devoir bien agir » en accord avec les principes normatifs socioculturels. L’éthique est ‘contrainte librement acceptée’, la morale, avec son cortège de référents spirituels, est ‘intime conviction’.



Quelle est notre habituelle extraction sociale ?



Le MK est principalement un enfant de cadre supérieur (35%), alors que les infirmières sont en proportion relativement importante issues de la classe ouvrière. La principale raison en est peut être que les études de kiné coûtent très cher (idem pour les ostéopathes), les couches populaires ne peuvent pas aisément assumer.



A quoi sert l’Ordre des MK ?



La loi de santé publique du 9 Août 2004 a institué l’Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes, mais ce n’est que par décret paru au journal officiel du 9 mars 2006 qu’il y a eu concrétisation. Organisme de droit privé avec mission de service public, il est l’instance qui régit les rapports entre les professionnels, instaure le code de déontologie (article L.4321-21), avec devoir de respecter les principaux autres codes encadrant notre activité (code Civil, de la Santé publique et de la Sécurité sociale). L’Ordre fait respecter les règles de l’observance professionnelle, il a pouvoir de justice, il a également la responsabilité d’organiser des actions d’évaluation des pratiques professionnelle, en lien avec la Haute Autorité de Santé.

Il veille à la qualité de la pratique professionnelle, et combat l’exercice illégal, certaines personnes pouvant œuvrer sans diplôme, ni autorisation. L’Ordre doit également veiller « au maintien des principes de moralité, de probité et de compétence, indispensables à l’exercice de la profession. »

Douleurs physiques et morales : le poids des maux, celui des mots. L’importance du toucher.

, 10:19

Les études démontrent que le principal motif de consultation en Ostéopathie concerne les maux fonctionnels (1), c'est-à-dire ces douleurs du corps qui proviennent uniquement d’un mal-être, mais toutes les disciplines médicales ont leurs « fonctionnels », aucune n’y réchappe, pas même la chirurgie.

Quand on souffre du dos par exemple, on croit la plupart du temps que la cause en est une hernie discale, alors qu’en fait ce sont parfois nos ennuis au boulot ou en famille qu’il faut incriminer, et les mains de l’ostéopathe, du kiné, vont « miraculeusement » nous soigner uniquement parce qu’elles nous touchent, nous rassurent, nous « font du bien ». Touts les métiers de santé ont dans leur clientèle des hypochondriaques, ces gens qui ont des maladies imaginaires. Même la chirurgie n’est pas épargnée, et certaines personnes ne sont satisfaites qu’une fois opérées, même s’il n’y avait pas lieu d’intervenir. L’anxiété est un amplificateur de douleurs quand il n’en est pas l’unique cause. Alors, sommes-nous tous des masochistes qui s’ignorent, car nous-nous complaisons durant toute la vie à maltraiter notre corps (et notre esprit) : recherche de sensations fortes (sports extrêmes, excès d’alcool), mauvaise bouffe, mauvaise hygiène, excès en tous genres (ou à l’opposé ascèse) ou au contraire sédentarité excessive, fainéantise. Il est donc acquis qu’on le maltraite parfois pour soulager une douleur mentale, mais pourquoi opposer le mal au mal ? Ne pourrait-on soulager la douleur mentale par une dosette de bien-être ? Le premier bien-être à la portée de tous est le toucher. Un enfant qui n’est pas touché perd l’appétit, il dépérit, et quand on est vieux ne meurt-on pas tout simplement de ne plus être touché ? Et je ne veux pas parler ici du massage thérapeutique, ou du câlin, mais d’un contact physique basique sans connotation affective. La main rassure, guérit, ordonne, impose, désigne, détermine la relation à l’autre. L’imposition des mains quant-à elle implique un transfert d’énergie et de puissance (2), ce qui conduit certains sujets déviants à en abuser pour dominer, et en tirer un avantage excessif. Dans la profession médicale ces charlatans pullulent. Comment s’en défendre ? Impossible, car ils sont souvent ceux qui ont la meilleure réputation ! Tout ce qu’on peut tenter est de poser des limites à ce qu’ils ont le droit de nous faire. Tant qu’on contrôle la situation, que

notre éthique, notre morale n’en souffrent pas, c’est acceptable. Ensuite, le billet de sortie est notre formidable système de santé qui nous permet d’aller voir ailleurs. Il ne faut pas hésiter à multiplier les expériences (non dangereuses). En comparant l’un et l’autre, on finit par se faire une idée assez juste de la compétence. Il faut par ailleurs se méfier des médias qui disent souvent n’importe quoi, car bon nombre de naïfs pensent : « C’est vrai puisque c’est écrit ! ». Les « billets censurés » de ce Blog en témoignent.

Même si au bout du compte, après bon nombre d’expériences malheureuses, on est désabusé, il ne faut pas abandonner, car le toucher est, et restera de toute éternité, un acte magique, adoucissant aussi bien les douleurs morales que physiques. Je regrette même que psychiatres et psychologues n’aient aucune relation tactile avec leurs patients. Un « psy-masseur », ça serait chouette ! Je sais bien que c’est pour garder une certaine distance, pour éviter de s’impliquer dans un inévitable et malencontreux « transfert », certes je vais trop loin, je divague, mais les allonger sur un divan en les regardant de loin (ou pas du tout), mettre trop de distance, n’est peut être pas la meilleure manière de les guérir, d’ailleurs ils ne guérissent pas.

Le toucher possède un tel pouvoir guérisseur !!! Les magnétiseurs l’ont bien compris.

« ‘Mon’ réel est celui des apparences enseignées, autant que celles que me fournissent mes sens » disait Gaston Bachelard (3). Le psychisme humain a trois ports d’attache qui sont le réel, l’imaginaire et le symbolique. Le principe de science doit forcément cohabiter avec la croyance ainsi qu’avec l’effet « nocebo » de l’échange verbal (équivalent du placebo médicamenteux).

C’est dans la parole, le véhicule des mots, que le patient trouve (aussi) le goût de guérir.

Bibliographie :

1- Yves Lepers. « Placebo » en clinique ostéopathique. La revue de l’Ostéopathie. N° 1-1 ; 2011. P 31.

2- Chevalier J, Gheerbrant A. Dictionnaire des symboles. Paris : Laffont/Jupiter ;1982.1060 p.

3 - La formation de l’esprit scientifique, contribution à une psychanalyse de la connaissance objective. Vrin Editeur, 1993.

Methodes anti-age : des affirmations sans fondement en provenance de la presse grand-public

, 06:04

Méthodes anti-âge : des affirmations sans fondement en provenance de la presse grand-public

Le magazine ELLE du 3 février 2012 publie en page 105, un article intitulé : « Anti-âge suivez la méthode douce », avec en sous-titre : « Débloquer les nœuds qui nous crispent et relancer l’énergie pour retrouver des traits détendus et une peau rebondie… » S’ensuit la mise en vedette de méthodes « lissantes pour la peau » : Méditation et Ostéolift.

La méditation :

Depuis quand la méditation est-elle un lifting naturel ? Il n’y a qu’à observer le visage des Sages Bouddhistes, bonzes et autres Yogis. Au pire, quand ils gros c’est l’obésité qui tend leur trait, et quand ils sont minces ils sont souvent ridés comme des pommes reinettes !!!! Conclusion : les gens qui méditent toute la journée auraient donc plus de rides que la moyenne et ne s’en portent pas plus mal !) !

Il est dit dans cet article : «Le stress et les tensions qui crispent les traits sont éliminés. » Un peu plus loin : « On s’assoit confortablement, par terre ou sur une chaise, dos droit. » Si la méditation peut certes décrisper le visage, cela ne dure que le temps de la séance. Chimère, mensonge que de prétendre que cela peut être durable, d’autant plus si l’on fume sa clope aussitôt après la séance. Le tabac est le premier des «agresseurs cutanés», nous condamnant aux rides au coin des yeux à cause de la fumée qui les plisse, ainsi qu’aux ridules du coin de lèvres constamment enroulées autour de la clope. Evoquons également les rides d’expression : quand on rit souvent, les yeux se plissent. Certaines personnes ont le visage riche d’expressions différentes, ce qui, à la longue créée des rides.

Quant-à l’abus du bronzage, voilà bien un autre agresseur cutané reconnu qui accélère les rides, qu’on pratique ou non la méditation. Les autres agresseurs étant principalement : alcool, médicaments, cholestérol, diabète, pollution atmosphérique, déshydratation, le phénomène « yoyo » dans la prise de poids, un sommeil de mauvaise qualité ou insuffisant, l’hérédité. Pourtant, dans cet article, il n’en est pas fait mention. Trop contre-productif !!! Il faut bien entendu éviter tout ce qui peut décrédibiliser l’argumentaire pour le moins faiblard. La « station assise dos droit sur une chaise » proposée pour méditer, est un autre non-sens, car si l’on est fragile des lombaires ça ne peut que nous faire grimacer de douleur au lieu de nous lisser les traits !!! La station assise est nocive pour la santé : assis dos droit à 90°, les pressions exercées sur le disque intervertébral L5-S1, augmentent de 50 % (Tests de Nachemson). Il faut adopter la « station assise active » sur gros ballon ou Sway, Jellyfish, en préservant la cambrure des reins. Pour en savoir plus, se référer à mon livre : « Mal de dos : vérités et mensonges », en page 135, car la station assise n’est pas le thème central de ce billet.

L’ostéolift :

Dans cet article il est dit : « Je fais une séance par mois depuis deux ans. Après j’ai le visage reposé et plus d’éclat, témoigne Pascale 52 ans, je n’ai pas l’impression d’avoir la peau d’une personne de mon âge ». Ce témoignage n’a de la valeur que si cette dame ne pratique que l’ostéolift pour « avoir une peau jeune ». Utilise-t-elle par ailleurs des crèmes anti-âge ? A-t-elle recours au botox ? Voit-elle régulièrement une esthéticienne ? On n’en sait rien.

Plus loin, on lit : «Certaines manœuvres (ostéopathiques) décongestionnantes ciblent les poches sous les yeux ». Toutes les personnes qui ont de véritables poches sous les yeux, bien installées, savent qu’il n’y a que la chirurgie esthétique pour les ôter. Sinon des poches occasionnelles ne sont que le signe d’une fatigue passagère. Il suffit de se reposer, dormir un peu, à la rigueur se mettre des rondelles de concombre sur les paupières, pour que ça passe. Point besoin d’ostéolift !

Frédéric Zénouda fondateur de la revue « Référence Ostéopathie » confirme : « Tout engorgement au niveau digestif, circulatoire ou respiratoire a des conséquences sur la peau. En relançant le drainage et en mobilisant les tissus, on agit sur sa qualité et sa tonicité ». Ce Monsieur se porte caution pour une méthode non validée (où sont les tests scientifiques démontrant la validité de cette méthode ?) avec des arguments largement discutables, car le processus de survenue des rides ou leur disparition nécessite autre chose que « drainage et mobilisation des tissus » (ne pas fumer, ne pas abuser du bronzage, etc), d’autant qu’à trop tirer sur la peau on risque plus de la distendre que de la retendre. Au total un peu léger comme validation, surtout à 100 euros la séance. Pourtant le magazine s’en contente. A ce prix, l’efficacité devrait être démontrée ! Une crème anti-rides ne peut arriver sur le marché que « testée cliniquement ». Il devrait en être de même pour ces techniques.

Aculift :

Quant à l’acupuncture « joli teint », affirmer que les aiguilles « tonifient les muscles peaucier » est pour le moins hasardeux. Par quel moyen ??? Comment une aiguille peut-elle tonifier un muscle ? Un micro-courant électrique oui, si l’aiguille est branchée à un générateur, et encore en ciblant le « point moteur ».

Par ailleurs l’existence des méridiens d’acupuncture n’a pas été prouvée, et on est très loin d’avoir les moyens de le faire prochainement. Alors comment peut-on « illuminer un teint brouillé en ciblant les méridiens du foie ou des reins » alors que l’existence même de ces méridiens est discutable, non prouvée ? Seule l’action de cette médecine sur la douleur a été validée.

Tous ces mensonges véhiculés par la presse, mieux vaut en rire de crainte d’avoir à en pleurer, même si ça nous donne quelques rides d’expression supplémentaires (pour paraphraser Beaumarché) !|/post/2011/05/21/Mal-de-dos-%3A-v%C3%A9rit%C3%A9s-et-mensonges-180-mensonges-qui-emp%C3%AAchent-de-gu%C3%A9rir]

Santé : Attention aux annonces sensationnelles...ment fausses de la presse grand public !

, 06:47

Santé : Attention aux annonces « sensationnelles.. ment » fausses de la presse grand public !

Dans son N° 1415 du 7 au13 novembre 2011, le magazine Femme Actuelle publiait un article intitulé : « Finie la douleur, huit traitements qui changent tout ! ». Hélas, ces huit traitements ne changent rien du tout, et je vais ici en faire la démonstration.

1/ Il est dit : « Des injections ciblées diminuent les doses de médicaments », c’est vrai mais l’action est provisoire, et l’injection en péridural est un acte risqué (infection, paralysie). Les principales indications de ces injections seraient la chirurgie du dos : « pour éviter que les douleurs ne s’incrustent ». Faux ! Si les douleurs « s’incrustent » c’est parce que la chirurgie du dos ne vise pas à traiter la douleur mais l’atteinte du nerf (neuropathie).L’effet de la chirurgie du dos sur les douleurs est nul, d’autant que la hernie discale n’est pas la cause du mal de dos, elle n’en est qu’une des conséquences (Voir « Mal de dos : vérités et mensonges » Ed J. Lyon. G. Orgeret).

2/ « Une pompe implantable qui diffuse en continu… » Comme il est signalé, cette méthode ne traite pas les douleurs qui se situent au dessus de la moelle.

3/ Si les TENS sont en effet utiles (petits boitiers électriques qui diffusent en continu des courants de basse fréquence), leur efficacité est nulle certains jours chez un même patient, on ne sait pourquoi, et de moins en moins probante au fil du temps. Dans l’article, il est donné pour « preuve», leur utilisation par les « Centres Anti-douleur ». Quand on sait que ces derniers affichent une efficacité de 15 à 20 % seulement, c’est moins que l’effet placebo (on se guérit tout seul par action mentale), ce dernier concernant 40 % de tous les traitements, même la chirurgie. L’article cite l’exemple d’une patiente souffrant de sciatiques à répétition qui porte son neurostimulateur en permanence. On peut dire que c’est un cache-misère, puisqu’on ne traite pas la vraie cause de son mal. On se contente d’effacer l’information-douleur au quotidien pour se donner bonne conscience, et pendant ce temps le sujet s’aggrave, car la douleur est une information capitale, une pièce à conviction importante dans la recherche du coupable qu’il faut à tout prix démasquer.

4/ « Le froid aux effets antalgiques et anti-inflammatoires » : Le pistolet cryo-stimulateur cité a un moindre effet que les frictions au glaçon, parce que la température affichée est sans doute de – 78° au sortir du pistolet, mais qu’il y a dispersion avant d’arriver à la peau, quelques centimètres en dessous. La sensation de froid est moins intense qu’avec le glaçon. Les packs de gel qu’on met au congélateur, les bouillottes remplies de glaçons, gardent donc un intérêt quasi-identique, pour un prix dérisoire. Quant à la « cryothérapie corps entier », on peut se demander ce que la peau en pense si on renouvelle l’expérience trop souvent, ou sous protection insuffisante (risque de brûlure). On sait depuis des siècles que le froid anesthésie, mais les gens vivant dans les zones polaires n’ont pas moins de rhumatismes que ceux qui vivent à l’Equateur ! Résumer un traitement contre la douleur à une application de froid, est là encore manière de mettre le vrai problème de la cause du mal, de côté. Répétons-le, la douleur est une information. Le corps dit : « Je t’informe qu’une de mes pièces ne fonctionne pas bien, veux-tu réaliser s’il te plaît la réparation (ou l’échange standard).»

5 / La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) consiste à solliciter le cerveau à l’aide d’aimants. En matière de santé, les aimants sont utilisés depuis la plus haute antiquité. Cléopâtre s’en appliquait sur les tempes afin de « préserver sa beauté ». Dans l’article de Femme Actuelle, il est dit : « Sont générées des micro-impulsions magnétiques. Celles-ci modifient l’activité des neurones qui vont moduler la douleur ». Comment le sait-on, et quels sont les moyens de contrôle pour « diriger » ces ondes là où on désire qu’elles aillent, et pas n’importe où afin de soigner et ne pas nuire ??? Pas de réponse ! Quand on sait que les ondes électromagnétiques générées par les postes-relais des portables, ainsi que les portables eux-mêmes, sont sources d’interminables polémiques, que beaucoup disent qu’ils seraient à l’origine de cancers, comment peut-on agir ainsi sans problème de conscience ?

6/ « Des électrodes à la surface du cerveau ou sous la peau pour les névralgies de la face et les migraines…». Poser des corps étranger sur le cerveau n’est pas un acte anodin et fait courir des risques (infection, détérioration neuronale, excès de stimuli) et l’effet bénéfique s’estompe avec le temps. Quand on a tout essayé en vain cela peut être envisageable, mais présenter ce traitement comme une grande victoire, est excessif.

7/ Sprays, comprimés, adhésifs, patchs chauffants : Il est dit : « Il n’est pas nécessaire de coller le patch là où on a mal »… faux ! La dose de produit actif est trop faible pour agir à distance. Tout cela fait partie de la panoplie des « petits moyens », comme encore le baume des Pyrénées, l’argile verte, l’homéopathie, et ca ne mérite pas de figurer dans un article choc intitulé : « 8 traitements qui changent tout ».

8 / Les nouvelles thérapies manuelles : l’aquaostéopathie et la microkinésithérapie. L’ostéopathie a été inventée en 1874 par un américain, A.T. Still, c’est une bonne méthode mais qu’on la pratique à sec ou dans l’eau c’est du pareil au même, il est pour le moins mensonger de qualifier l’aquaostéopathie de « nouveauté qui change tout » ! Quant-à la microkinésithérapie inventée il y a plus de trente ans, elle a été « démolie » par une expérimentation du 14 juillet 1991 (La Microkinésithérapie Compte rendu d’une expérimentation G Bernard, D Perrein, J Samuel, D Grosjean, P Bénini Kinésithérapie Scientifique N0 323 Mai 1993). La conclusion de cette expérimentation étant, je cite : « L’analyse statistique des résultats ne permet pas de valider l’hypothèse testée, à savoir : « la micropalpation de l’articulation permettrait de déterminer la perception de mobilité. L’un des éléments de base de la Microkinésithérapie n’a donc pas fait la preuve de sa réalité. » » C’était en 1991, il y a plus de vingt ans, où est la nouveauté ? Quel intérêt ?

En conclusion :

La douleur est un « appel à l’aide », la traiter sans s’attaquer à l’origine du mal est carrément dangereux. C’est fermer les yeux sur la réalité. De plus, on sait depuis des décennies que les médicaments en général, même ceux contre la douleur, sont à la longue source de rhumatismes causant des douleurs (Bannwarth B, Bertin P, Trèves R, Dehais J. Affections articulaires induites par les médicaments. Le concours Médical. 04-12-99-121-39).
Par ailleurs, au fil du temps, les traitements détaillés dans Femme Actuelle perdent en efficacité, ce qui oblige à en revenir ensuite aux traitements « de cheval », comme la morphine, et voilà… la boucle est bouclée, et la déception du patient au rendez-vous !
Heureusement il y a de l’espoir, des voies s’entrouvrent. Il faut savoir par exemple que dans le cas des douleurs chroniques, la zone concernée qui est normalement gravée en permanence au niveau du cerveau (homonculus), s’efface (travaux du Docteur Pierre Volkmann de Lyon). Dans le cas de ces mêmes douleurs chroniques, on observe à la longue une atrophie du thalamus (une zone du cerveau impliquée dans douleurs, postures, et mouvements).
Si on traite la douleur et qu’on ne se préoccupe pas de cette représentation cérébrale déficiente, le patient(e) n’a aucune chance de s’en sortir !!!! Le traitement consiste en une prise en charge très spécifique dont je suis l’initiateur, et tendant à stimuler régulièrement cette zone. Ce sera l’objet d’un prochain billet dans cet espace de blogosphère, afin de vous tenir en haleine, cher lecteur.

A suivre

Métier : kinésithérapeute : le côté « lumineux » et le côté « obscur » !

, 13:35

Le côté « lumineux » et le côté « obscur » de la profession de kinésithérapeute !

En comptant l’année de préparation, les kinés sont définis comme : « Bac + quatre ». La plupart exercent en secteur privé. C’est une profession paramédicale, c’est-à-dire qu’elle dépend d’un médecin prescripteur. Si l’on veut être remboursé à 100 % par Sécurité Sociale et Mutuelle, on ne consulte un kiné que si un médecin prescrit les séances. Le nombre de ces séances et leurs modalités sont en principe laissés à la convenance du kiné, bien que le médecin puisse orienter ce choix, réclamant spécifiquement par exemple : conseils de prévention, massages, exercices en piscine ou à sec, etc.
Durée officielle des séances : une demi-heure.

Les reproches :

- Le principal reproche que l’on puisse faire au kiné est de traiter le symptôme : « Vous avez mal là, on vous masse là ! », la vraie cause étant souvent éloignée de la zone qui fait mal, cachée, voire mystérieuse. De plus il a une fâcheuse tendance à bâcler ou à zapper les « bilans-kiné » permettant de choisir le traitement le mieux adapté.

Donnons l’exemple du mal de dos commun : quand on sait que sa véritable cause n’est connue que dans cinq pour cent des cas, comment oser prétendre le soulager en se contentant de promener dessus une sonde à ultra-sons durant quelques minutes alors que le seul effet avéré des Ultra-Sons est défibrosant (le mal de dos n’est pas un problème de fibrose), ou en faisant pratiquer trois/quatre exercices à la va-vite, souvent inadaptés, comme le renforcement des abdominaux qui a le tort d’augmenter les contraintes lombo-sacrées, de favoriser la délordose (atténuation de la cambrure des reins) et d’augmenter par là même le mal au lieu de le soulager ( pour plus d’infos, lire : « Mal de dos : vérités et mensonges. » J Lyon Editeur) ? Il faut plutôt rééduquer le caisson lombo-périnéo-abdominal (l’abdomen), dans son ensemble « contenant/contenu » !

- Par ailleurs il utilise trop de machines, pas suffisamment ses mains. Pourtant le toucher est irremplaçable, il crée le lien, apaise. Il sollicite également la sensibilité profonde (perception du mouvement et de la position dans l’espace des différentes parties de notre corps) souvent déficitaire quand on est malade ou handicapé.

- Enfin, sur la demi-heure due, le traitement effectif dépasse rarement le quart d’heure… Que voulez-vous soigner efficacement en un quart d’heure ??? Comme du coup, la guérison se fait attendre, on multiplie les séances à l’infini... avec pour seul résultat de creuser encore plus le déficit de la sécurité sociale !!!

- Dans certains domaines où le kiné était particulièrement apprécié, comme le désencombrement bronchique des nouveau-nés, plusieurs études ont malheureusement démontré qu’il n’en était rien (Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62). A ce sujet, se référer à mon précédent billet édité dans ce Blog.

- Dans bon nombre de cabinet c’est le travail à la chaîne. Les patients sont installés dans une salle, on leur pose des électrodes « là où ça fait mal » durant un quart d’heure, ensuite ils passent à la caisse. Les kinés ne les touchent même plus, ou alors ce sont des papouilles expédiées en trois minutes. Etonnez-vous après ça que le kiné ait perdu l’exclusivité de l’art du massage, les esthéticiennes pratiquant par exemple le « modelage » qui en est une forme déguisée.

Au crédit du kiné :

- Il garde une bonne image auprès de la population, il est apprécié, et c’est énorme quand on connait le poids du facteur psychologique dans la plupart des maladies. On consulte une fois son médecin, puis on est entre les mains de son kiné pour dix, quinze, quarante séances, ce qui permet de tisser des liens. Il écoute, rassure.

- Bon nombre de kinés sont aussi Ostéopathes, ou bien se forment à d’autres méthodes fort utiles (Maitland, Chaînes musculaires, rééducation périnéale, Normotensive …), ils sont « multi-tâches », accumulant les compétences.

Prenons des exemples :

Votre pathologie nécessite l’usage de cannes : le kiné vous aide alors à choisir celles qui sont le plus adaptées à votre handicap et vous montre comment les utiliser. Il peut également fabriquer un petit appareillage (collier cervical, attelle).

Vous êtes malade, fragile, et voulez faire du sport : le kiné est à même de vous conseiller ceux que vous pouvez pratiquer, et de vous apprendre comment vous ménager dans les activités de la vie quotidienne.

Dans bon nombre de pathologies comme en neurologie, en traumatologie (les accidents), en cardiologie, en gynéco-obstétrique, il éduque, remet son patient d’aplomb en suivant un protocole rigoureux en rapport avec la pathologie concernée, et en étroite collaboration avec le personnel soignant. Il aide son patient à se rétablir et à se réinsérer au plus vite dans son environnement socioprofessionnel.

Enfin ses soins sont remboursés aux assurés sociaux, ce qui le rend accessible au plus grand nombre.

Conclusion :

Tous les métiers ont leurs attraits, dénoncer leurs dérives permet de les corriger. Nous avons la santé de nos patients entre les mains, nous-nous devons de leur donner le meilleur, en les préservant du pire. En aucun cas la profession ne peut être un business.

Fin