Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

GillesOrgeret.com, le blog d'un kinésithérapeute : dos, massage, thérapie manuelle, techniques de kiné...par Gilles Orgeret
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - masseur-kinesitherapeute

Fil des billets Fil des commentaires

La vertèbre déplacée... un vilain mensonge qui perdure !

, 06:27

Vous souffrez d'une sciatique, d'un lumbago, de cervicalgies (mal au cou), de dorsalgies ? Alors il faut qu'un magicien « vous remette en place » la méchante vertèbre causale devenue subitement baladeuse !
En effet bon nombre d'ostéopathes ou de chiropracteurs propagent encore sans vergogne un tel mensonge. La manipulation, bien sonore, craquante, qui en découle, témoigne de cette « magnifique » réussite. Mais si manipulation il y a bien, elle est surtout mentale. Le patient a été berné, car si une vertèbre se déplace soudain, on se retrouve au bloc opératoire et non chez l'Ostéo. Ce phénomène blesse gravement les racines des nerfs émergeant à chaque vertébral ou bien la moelle épinière, ce qui provoque une paralysie transitoire ou définitive.

Le blocage vertébral segmentaire, bien réel, relève en fait d'un problème musculaire d'origine mécanique, psychologique, ou bien d'un défaut de commande centrale cérébrale.

Faire craquer une articulation pour la remettre (soi-disant) en place figure depuis la nuit des temps dans l'imaginaire collectif comme un geste magique. Au début seuls les rebouteux y avaient recours Puis Andrew Taylor Still, inventeur de l'Ostéopathie et formé lui-même au reboutement, en a fait un acte admissible car pseudo-scientifique. Daniel David Palmer, inventeur de la chiropraxie place le craquement au centre de tous ses soins, évoquant « un ajustement chiropractique visant à réduire une subluxation ».

Même sans avoir recours à une manipulation, tout-un chacun a mainte fois dans sa vie fait l'expérience de craquements indolores survenant à l'improviste. On a subitement l'épaule qui craque lors d'un mouvement un peu ample. Sinon c'est la hanche en se penchant en avant. Le genou peut aussi parfois « manquer d'huile » et grincer à la marche. Les bruits articulaires non traumatiques témoignent de frottements tendineux méniscaux ou articulaires, alors que les craquements post-traumatiques (choc, blessure sportive, mouvement trop ample) s'accompagnent d'une intense douleur, d'un gonflement et d'une impotence fonctionnelle (impossibilité soudaine de se servir de cette articulation). Ils sont le fait d'une entorse ligamentaire ou d'une déchirure musculaire.
Le craquement bien audible lors d'une manipulation vertébrale témoigne de l'effet de « cavitation ». Cela ne veut en aucun cas dire qu'une vertèbre a été remise en place mais qu'elle a été bien ou mal… manipulée. Les gaz dissous dans l'articulation se libèrent brutalement et font du bruit. Le volume de gaz contenu dans une articulation est de 15 %.

Le craquement restaure-t-il durablement la mobilité articulaire ?

Ce gain de mobilité est très temporaire.Il a été scientifiquement étudié et dure MOINS DE TRENTE MINUTES ! Est-on pour autant guéri ? Non.

Une étude de l'INSERM de 2011, conclut que la manipulation chiropractique n'est pas plus efficace que médicaments ou kinésithérapie (privilégier la méthode McKenzie), acupuncture. Quant aux risques des manipulations du cou, il est si élevé (dissection vertébrale) que sa pratique est interdite aux non-médecins. L'otéopathe, le chiropracteur, qui vous manipule le cou, le fait donc en contravention avec la loi.
Mais dites-moi chère lectrice ou lecteur, vous qui avez forcément vu des films de guerre, la manière de briser la nuque d'un guetteur ennemi pour se rapprocher d'une redoute à conquérir, ne consiste-t-elle pas en un violent mouvement semblable à celui de la manipulation cervicale ? Le risque en vaut-il alors la chandelle ? Le capitaine d'une caserne de pompiers me disait qu'il lui arrivait quatre à cinq fois l'an, d'emmener d'urgence un patient « manipulé » à l'Hôpital, parce qu'il ne pouvait plus se relever de la table de soins. Multipliez ce chiffre par le nombre de casernes et vous aurez des sueurs froides dans le dos.

Le mal de dos est un phénomène complexe qui ne ne résume pas à un problème purement local. Il a mainte fois été traité au travers de billets dans ce blog. Je vous en recommande la lecture.

  • Pierre Trudelle. Beaucoup de bruit autour du bruit articulaire . Kinésithérapie, les cahier N° 29-30 – Mai-juin2004 : p. 76-80.

Brodeur R. The audible release associated with jooint manipulation.J manipulative physio ther 1995 ; 18 : 155-64. Watson P, Hamilton A, Mollan RAB. A case of habitual joint cracking leading the radiological damage. BMJ

Bien choisir sa chaussure de sport !

, 06:34

dessin_Gilles_Orgeret_la_promenade.JPG

Mercredi 31 mai j’écoutais la radio très tôt le matin, et ce qu’ont dit deux prétendus spécialistes relativement au bon choix de la chaussure de sport m’a interloqué.
Je cite quelques couillonnades:

  • - La marche avec bâtons ne sert à rien.
  • - Si on a mal aux genoux, la course n’est pas aggravante.
  • - A la course, l’attaque par l’avant-pied est préférable.
  • - Depuis qu’existe le talon renforcé c’est bien, mais l’amorti est aboli en six semaines d’utilisation régulière. Il faut alors racheter une autre paire.

Mes réponses critiques :

  • - Relativement à “la marche avec bâtons“, notre coach sportif Gilles précise: “Elle peut être comparée au ski de fond. Les bâtons favorisent la PROPULSION. C‘est un bienfait pour le corps, mais il faut avoir des bras solides. Tous les muscles travaillent (bon pour le dos). A chaque fois qu’on s‘aide avec les bâtons, c’est moins de contraintes pour les jambes!“
  • - La course par contre surmène les genoux en mauvais état au moment de l’impact du pied avec le sol. Cela les secoue fortement, surtout en terrain inégal.

Dans cette émission de radio, pas un seul instant les intervenants n’ont évoqué la notion essentielle évoquée ci-dessous:
A la course, trois types de pied :

  • -Le pied universel qui se caractérise par une pronation quasi-nulle lors de l’attaque du talon (déroulement de votre pied vers l'intérieur pour répartir les chocs produits par le contact avec le sol).
  • -Le pied hyper-pronateur dont le basculement vers l‘intérieur de l‘arrière-pied-cheville dépasse 3° lors de la phase d’appui.
  • -Le pied supinateur qui tourne vers l’extérieur lors de la phase d’appui.



Or la pronation active atténue l’impact des forces de choc sur le talon. Il faut également préciser que la pronation dépend des mouvement de torsion entre avant et arrière-pied. Ainsi une chaussure qui entrave ce mouvement fait courir un risque de lésion.
Lors de la course, le bord externe du pied a une fonction équilibrante, alors que la région antérieure amortit. Il faut donc une bonne souplesse de la chaussure pour que le pied s’adapte convenablement au terrain.

L’amortissement prétendument apporté par la semelle anti-chocs: de l‘enfumage !

Lors de l’attaque du sol par l’arrière-pied, il y a d’abord une phase d’impact du talon au sol et cette force a été rendue responsable de bien des maux (tendinites, problèmes articulaires, maux de dos). Alors les fabriquants de chaussures on proposé des semelles dites “semelles de sport amortisseur de chocs“, ou “semelles sport anti-chocs“, très prisées encore de nos jours. Une réussite commerciale basée sur du vent, car malheureusement ces semelles sont trop épaisses et molles. Du coup elles modifient les forces externes s’exerçant sur les structures internes du pied, sans modifier le pic d’impact lors de l’attaque au sol. Il y a donc un changement de répartition des charges dans le sens d’une PERTE D‘ENERGIE et non dans celui d’un EFFET AMORTISSEUR.

De plus une semellle épaisse et molle contribue à déstabiliser l’arrière-pied lors de la pronation du pied. Inversement une semelle plus dure absorbe certes moins les chocs mais permet un meilleur contrôle de cette pronation. Elle induit donc une moindre perte d’énergie.
La géométrie de la chaussure apporte plus que l’épaisseur d’une semelle ou que son caractère soi-disant absorbant.
L’idéal serait de proposer des semelles à “densité diférenciée“, plus absorbantes vers l’extérieur et plus fermes vers le bord postéro-interne.

Quelle chaussure pour quel pied :

  • La chaussure utilisée pour un sport particulier ne doit servir que pour ce sport. Ne pas utiliser la même paire à la ville ou dans la pratique d‘autres sports.
  • Acheter ses chaussures après avoit bien marché. Ainsi le pied aura gonflé et sera comme après une heure de pratique sportive.
  • Choisir un modèle à semelle extérieure pas trop dure. Un test simple: prise à deux mains, il faut pouvoir un peu tordre la chaussure.
  • La partie avant doit être suffisamment large. C’est à dire qu’il faut laisser un centimètre entre le gros orteil et le bout de la chaussure.
  • Pas de couture intérieure qui risque de blesser.
  • Le laçage est important. Le velcros ne s’adapte pas au pied qui s‘échauffe. Il ne se distend pas. A bannir! Opter pour le lacet.

Conclusion :

La bonne chaussure doit pouvoir s’adapter au pied et non le contraire. Les chaussures standard vendues par centaines de milliers ne peuvent donc jamais représenter le top.
Consulté, un kiné-posturologue ou un podologue-posturologue observera l’usure de vos chaussures ainsi que le comportement de votre corps: debout immobile (colonne, genoux, symétrie des épaules orientation du bassin), votre démarche, votre manière de courir, avant de vous conseiller.

Eventuellement le podologue confectionnera des semelles corrective. En effet la semelle amovible standard vendue avec la chaussure doit souvent être remplacée par du sur-mesure.

Scoliose idiopathique de l’enfant : La recherche en nets progrès, la rééducation à la traîne... Pourquoi de telles affirmations ?

, 06:39

A l’occasion du quinzième anniversaire de la Fondation Yves Cotrel, le 3 décembre 2016, des équipes médicales du monde entier se sont réunies à la Fondation Del Duca (Paris) pour évoquer les dernières découvertes relatives à la scoliose idiopathique. En cette occasion diverses origines ayant été démontrées, il ne faudrait donc plus l'appeler : « idiopathique », c’est-à-dire sans cause connue.
Sont démontrées, les origines :
- Génétique. Il y a programmation interne. A l'intérieur de certains de nos gênes l’horloge « scoliose » se déclenche, tic...tac..., notamment par surexpression du gène PCO5, une protéine fortement exprimée dans le mésencéphale, structure cérébrale impliquée dans la motricité involontaire (gestes inconscients), la régulation du tonus (état de tension musculaire qui nous permet de résister à la pesanteur et de ne pas nous écrouler sous son poids) et de la locomotion (notre capacité à bouger).
- Métabolique,
- Neurosensorielle,
- Ainsi que des altérations des organes de l’équilibre.


Par ailleurs existent d'autres troubles qu'il faut absolument prendre en compte :

La scoliose est par essence une maladie du système tonique postural. Les ceintures scapulaire et pelvienne (épaules et hanches), ont habituellement pour vocation d'absorber les contraintes posturales. Or en cas de scoliose elles ne le font plus correctement. Les ligaments sacro-pelviens qui permettent au sacrum d'être solidaire des os iliaques et ainsi de transférer le poids du tronc sur les jambes, deviennent vulnérables et démissionnent parfois. En elle-même, la scoliose augmente les contraintes supportées par les articulations sacro-iliaques. Les restrictions articulaires sus-jacentes dues au port du corset, l'affectent aussi clairement. Le genou quant à lui est un valet soumis à deux maître : la hanche (il dépend de de l’orientation du bassin), et le pied. Il est également étroitement dépendant du creux des reins (lordose lombaire). Un genu-valgum (jambes en X) procède par exemple d'une accentuation de la lordose lombaire (creux des reins), un genu-varum (jambes arquées), d’une diminution de lordose lombaire. Puis, les muscles internes de la cuisse (la patte d'oie) gèrent la stabilité de l'os iliaque (grand os de la hanche) par rapport au tibia. Le pied s'adapte comme il le peut, au risque de déformations diverses.

Des troubles de la marche et/ou du port de la tête (sous dépendance de moelle épinière-cortex cérébral, oreille interne, propioceptivité) se rencontrent également chez l'enfant scoliotique. Si de surcroît celui-ci est myope, peuvent survenir des troubles du positionnement de la tête, ce défaut postural ayant une incidence sur la colonne vertébrale du haut jusqu'en bas. Même un léger défaut de convergence oculaire peut provoquer un déséquilibre musculaire avec bascule et rotation des épaules et du bassin. Rappelons-le, vue et oreille interne sont intimement liés aux muscles du cou par des connexions neuronales.

Relativement à la loi de Delpech, un enfant grandit de manière alternative : tantôt une jambe, tantôt l'autre. Une inégalité légère de longueur des membres inférieure est donc normale. Mais si un capteur perturbé modifie la position du centre de gravité (vue, oreille interne et propioception. La propioception étant ce qui fait qu'on perçoit son corps de manière intuitive sans avoir à réfléchir, avec pour articulations les plus impliquées : chevilles et hanches), un membre inférieur est alors plus sollicité et sa croissance ralentit. Elle devient la jambe courte ce qui déporte l'appui de l'autre côté. Il importe donc de prendre en considération et de corriger vue et équilibre.

Mode de déglutition :

Par ailleurs un enfant souffrant d'une scoliose n'est-il pas resté en mode de déglutition infantile ? Le test visant à déceler une déglutition atypique, consiste à faire déglutir l’enfant dents serrées et lèvres jointes. S’il y parvient aisément, il n’y a pas de trouble. A la naissance la déglutition est une succion déglutition. Sa persistance après l'âge de 5-6 ans est appelée « déglutition primaire ». Entre perte des premières incisives et apparition des dents permanentes existe une béance antérieure, dans laquelle l'enfant peut insérer sa langue pendant la déglutition. Un manque de contact entre dents antagonistes entraîne un défaut propioceptif (les mécanorecepteurs ligamentaires du parodonte sont mal stimulés), des malformations faciales et une dysfonction dans la maturation des comportements réflexes concernant bouche et posture de la tête par mauvaise stimulation des dents, jusqu’à induire une déformation rachidienne (du dos).

Mesurer la scoliose :

Jusqu'à 10°, les scolioses s'aggravent rarement, il suffit de les surveiller. A 2O° elles s'aggravent dans 50 à 80° des cas, systématiquement au-delà. Pourtant certaines scolioses évoluées non détectées, ne se manifestent que par un dommage esthétique, et les douleurs ou complications orthopédiques à l'âge adulte ne sont pas plus fréquentes statistiquement que pour le reste de la population.

La prise en charge médicale devrait relever d'une équipe multidisciplinaire, au cas par cas, ce qui n'est pas une option largement répandue actuellement. En ce qui concerne le médecin, et je cite (Sur internet : FUTURASANTE » Scoliose : les signes cliniques chez l'enfant ». J.C de Mauroy de Curlière de Castelnau Médecin scoliologue) : « Mieux vaudrait avouer au patient son ignorance quant au risque évolutif, d'où nécessité de contrôles rapprochés. Le risque de faire porter un corset inutilement doit être également évoqué. »

Le corset :
scoliose_enfant_15.jpg
En 1929, Cannon exposait sa théorie de l’homéostasie. Elle peut se traduire par cette formule : « Un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales tend à produire des réponses adaptatives ». Le paraphrasant, je dirai qu'un organisme vivant subissant une forte contrainte extérieure (comme il en est du corset véritable exo-squelette) tend à produire des réponses adaptatives qui lui sont parfois préjudiciables. Le corset inhibe le système neuromusculaire. S'y associe une dystonie neurovégétative, il y a surstimulation du système orthosympathique en raison de l'anxiété permanente générée par le « handicap scoliose ». Une dystonie fonctionnelle (ou dysautonomie) se surajoute à la maladie lésionnelle.

La prescription d’un corset dépend de l’évolutivité de la scoliose plus que de son angulation, mais classiquement la décision est prise dès 15 - 20°. Celui-ci n’a pas pour but de
diminuer la scoliose mais d’en limiter l’aggravation. Cette décision permet hélas à trop de prescripteurs « d’ouvrir le parapluie ». Ils proposent une réponse toute trouvée sans réfléchir au-delà. L'usage du corset rigide est fortement critiqué dans certains pays et plusieurs études ont démontré qu’il y a une faible qualité de preuves en faveur de leur utilisation (Negrini S, Minozzi S, Bettany-Saltikov J, Zaina F, Chockalingam N, Grivas TB et al. Braces for idiopathic scoliosis in adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, issue 1. Art. No. : CD006850. DOI.). Cela rend toute généralisation systématique de son utilisation par simple commodité intellectuelle difficilement recevable. On estime par ailleurs à 30 % le nombre des enfants qui abandonnent très vite ce carcan, tant les contraintes physiques et esthétiques sont lourdes ; sans parler des douleurs engendrées.

En plus du préjudice physique en pleine période de construction du « Moi », il semblerait « normal » que l’enfant souffre ? Non ! Il serait opportun de proposer des patchs enduits de crème emla, afin d'apporter un minimum de soulagement.
30 % des sujets sous corsets s’aggravent quand même de manière notable, cela étant principalement dû à non observance des règles imposées, notamment la durée quotidienne du port.
Le corset modifie radicalement la donne. Pas forcément en bien. Il fait le dos plat et affaiblit la musculature, notamment abdominale et lombaire. Le système neuromusculaire est inhibé. Le diaphragme (muscle de l’inspiration) est en dysfonction du fait de la scoliose mais aussi de par la compression du corset. D'où impact sur le système respiratoire. Le corps en pleine croissance cherche une échappatoire et la trouve en déformations diverses au niveau du bassin (le support du corset) et des membres inférieurs,. Chez les filles qui forment majoritairement le contingent des scoliotiques, quelle incidence de ces éventuelles déformations de leur bassin sur leurs futures grossesses ?
En se référant aux cartilages de croissance de la hanche (le cartilage en Y est le premier à se fermer au moment de la puberté), ceux-ci sont forcément impactés défavorablement de par la pression du corset, surtout si la scoliose flambe tôt, l'âge de démarrage de la puberté connaissant de grandes variantes d'âge d'un sujet à l'autre.
Le genou est étroitement dépendant de la hanche et de la lordose lombaire (creux des reins). Un genu-valgum (genoux en X) procède par exemple d'une accentuation de celle-ci, un genu-varum (jambes arquées) du contraire. Le poids ainsi que la rigidité du corset vont accentuer cette déformation, d'où l'importance de vérifier les membres inférieurs (une surveillance qui ne doit pas faiblir dès sevrage du corset, car le corps se retrouvant sans carapace le centre de gravité va se déplacer, les contraintes corporelles se modifier, et les membres inférieurs de nouveau trinquer), ce qui préoccupe bien peu de médecins. S'il offre une hypothétique stabilisation des courbures, cet effet correcteur cesse dès sevrage du corset. Il arrive en effet qu'on observe un retour à un degré sensiblement identique à l'angle de début du traitement orthopédique. La programmation génétique de la scoliose, c'est à dire la petite horloge interne : tic...tac... tic...tac..., réagit aussitôt que le corset est ôté et se venge. Un exemple à l'appui de cette assertion. On a très longtemps rééduqué les pieds varus équin des bébés par bandage hyper-correcteur, avant de se rendre compte qu'on obtenait un résultat décevant. Pourquoi ? Le bébé lutte contre cette contrainte de toutes ses forces (et il a beaucoup de forces dans les pieds), ce qui a pour effet de renforcer les muscles allant dans le sens de la déviation.

Pour autant peut-on se passer aujourd'hui du corset ? Sûrement pas ! Car rien ne le remplace à même niveau d'efficacité (même relative) et parce que la rééducation est en échec (consulter mes autres billets sur ce blog à son sujet).

Les orthopédistes qui font du « rigide » comme CTM, 3D, ne se remettent pas aisément en question et proposent le même modèle durant des décennies, alors que chaque dos mérite un corset différent. Il serait par exemple souhaitable de s'intéresser d'avantage aux corsets dynamiques. Il y a SpineCor qui se base sur l’application d’un mouvement correcteur, Olympe pour les scolioses adolescentes évolutives souples de 15 à 25°, et le Toilé de Saint-Etienne pour les lombaires ou dorso-lombaires.

La chirurgie

Elle n’est réservée qu’aux cas extrêmes. Au-delà de 40 – 50°.

Rééducation gymnique

Parce que la rééducation consiste en exercices et qu’il apparaît impossible de réaliser une action thérapeutique ciblée à un étage vertébral près, elle est parfaitement inefficace. L’effet correcteur du mouvement ne dure que le temps de sa réalisation et ne se prolonge pas dans le temps. Quand il y a une zone raide, bloquée (il y a aussi des scolioses souples), lors des exercices soi-disant assouplissants, que va-t-il se passer ? La portion souple sera hypersollicitée alors que la zone raide restera bloquée (consulter à ce sujet mon billet du 10/01 /16. « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace! »). Ensuite comment peut-on continuer d’accréditer la thèse selon laquelle un dos vrillant dans un sens, il suffit de faire un exercice en sens opposé pour contrebalancer le phénomène ? Aussitôt les exercices terminés la petite horloge interne (la génétique) qui programme la déviation de la colonne … tic…tac, se remet en marche.. tic... tac....

Par contre l'enfant scoliotique doit continuer le sport à l'école (une pratique non agressive. Éviter le risque de chute, de coups, de microtraumatismes, acrosport, judo, rugby). Un autre courant rééducatif parle de « contractures » à l’origine des scolioses, qu’il suffirait de lever pour que tout aille bien. De qui se moque-t-on ? Les causes de la scoliose sont : génétique, métabolique, neurosensorielle avec troubles de l'équilibre. Un conflit mécanique rachidien induit une perturbation statique et dynamique. Au stade de déstabilisation segmentaire survient un travail musculaire chaotique. Les modifications musculaires apparaissent en premier, entraînant un dysfonctionnement musculaire qui conduit à la contracture. Si apparaissent des contractures chez le scoliotique, elles sont la conséquence de la déformation, non la cause. De plus la contracture est douloureuse, alors que la scoliose ne l'est pas en soi.

Mon projet thérapeutique

La complète modalité de mon approche thérapeutique fera l’objet d’un chapitre dans un livre pour professionnels de santé : « Traité de Normologie » actuellement en écriture. Je ne la décrirai donc ici qu’à gros traits.

Je ne prétends pas avoir trouvé la méthode miracle, mais la situation impose que nous réfléchissions d’urgence à une voie thérapeutique plus efficace. Je ne dis pas « je sais », je dis « je cherche ».

Tout d'abord chaque séance (deux par semaine) ne peut se satisfaire de la demi-heure « syndicale », tarifée 16,13 euros par la CPAM au kinésithérapeute conventionné. Il faut être généreux en temps passé avec nos chers enfants.

Conseils

Conseils de ménagement de l'appareil locomoteur dans les activités de la vie quotidienne. Conseils sportifs.

La respiration
scoliose_enfant_A.jpg
- Usage quotidien d'un appareil d’exercices volumétriques (respiratory fitness) surtout en cas de pectus excavatum. Sous corset la cage thoracique est comprimée, la respiration gênée, l'enfant scoliotique est aisément essoufflé (d’avantage si sa scoliose est thoracique). Modèle présenté : un voldyne.

Bas de contention

En cas de port d'un corset, ils sont utiles quand les jambes « gonflent », le corset exerçant une compression sur les gros troncs artério-veineux du haut des cuisses, ce qui peut provoquer une stase veineuse-lymphatique, donc un gonflement.

La thérapie Normotensive

Il s'agit d'une thérapie manuelle, comme l'ostéopathie, mais elle exclue les manipulations. Elle lève des tensions, débloque, rétablit l'ordre dans les fascias (notre squelette fibreux).

Traitement acupunctural d'appoint

Il s’agit d’agir essentiellement sur les points profonds, riches en capteurs propioceptifs.

Pour le grand Jarricot, le triple Réchauffeur semble répondre au parasympathique crânien, alors que Jenn-Mo répond aux parasympathiques, thoracique, abdominal et pelvien. Avec l’acéthylcholine comme médiateur chimique, le parasympathique, ou système vagal, contrôle les glandes. Il agit sur les sécrétions digestives, mobilise le tractus gastro-intestinal, ralentit les fonctions de l'organisme dans un but de conservation de l'énergie. Or la scoliose génère une dystonie neurovégétative avec hypersollicitation de l'orthosympathique. Il faut stimuler le parasympatique pour rééquilibrer.

Autres modalités

Élongations, renforcement de l'équilibre et de la propioception sont particulièrement ciblés à cause de la surexpression du gène PCO5 qui induit une dérégulation du tonus et des perturbations de la locomotion (notre capacité à bouger), ainsi qu'à cause des atteintes des voies de l'équilibre.
Une approche de ce versus rééducatif vous est présenté par Léane, notre coach sportif :

Le programme de Léane.


scoliose_enfant_1.JPG
A droite Léane montre du doigt une scoliose lombaire. A gauche, le même dos redressé quelques mois après, grâce à un traitement adapté.
scoliose_enfant_2.JPG
Sur un siège normal l'enfant s'avachit. Il doit s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon où sa musculature et son équilibre sont sollicités en permanence. En plus on peut faire tout plein d'exercices sympas avec.

scoliose_enfant_3.JPG
Exercice d’équilibre et d’assouplissement des hanches soumises à rude épreuve sous corset. Tenir la position cinq à six secondes. Changer de côté.

- Exercices sur plateau instable :

scoliose_enfant_4.JPG
Debout sur la planche oscillante les enfants ferment les yeux pour mieux travailler leur équilibre. Léane dit : « Faites rouler le skate d’avant en arrière tout en gardant le dos bien droit ! » Puis, changer de côté.

scoliose_enfant_5.JPG
Les enfants doivent faire tourner le cerceau en coordonnant bien leurs mouvements et en gardant les yeux fermés.

scoliose_enfant_6.JPG
Léane dit : « Tu bascules ton bassin d'avant en arrière en étirant bien ton dos et en soufflant ! ».

scoliose_enfant_7.JPG
Assouplissement du bassin soumis à rude épreuve sous corset. Léane dit : « Étire bien ton dos en soufflant profondément ! »

– Élongation vertébrale sur table inclinable :

scoliose_enfant_8.JPG

Léane place une balle en mousse sous la gibbosité du thorax (là où les côtes tournent), pour exercer une pression douce dessus pendant l'élongation qui va suivre.

scoliose_enfant_9.JPG
L'élongation (de dix à vingt minutes). Inclinaison de la table : 30°. Une serviette chaude est placée dans le dos de la jeune patiente. Un harnais fixé à des sandows tire sur le bassin. Très confortable, agréable, même.

– Exercices en bassin chauffé de rééducation (32°) :
scoliose_enfant_10.JPG

Élongation active du dos avec un élastique fixé aux chevilles et un balle de mousse dans le dos, comme précédemment. La patiente fléchit les coudes en tirant sur les poignées. Son corps est étiré. Elle tient la posture 5 secondes, puis relâche cinq secondes également. Durée totale : environ dix minutes.

scoliose_enfant_11.JPG
Travail de l'équilibre sur planche basculante. Les yeux fermés, il s'agit de faire plusieurs tours complets sur la planche.

scoliose_enfant_12.JPG
Mouvement régulier, monter puis descendre le tronc. Garder les jambes bien tendues. Cela étire les muscles postérieurs des jambes et beaucoup le dos.

J’ai été opéré(e) d’un hallux valgus…

, 17:45

Témoignage à chaud de F.D :

L'intervention chirurgicale sur hallux valgus (hallux abductus) est maintenant bien rodée (chirurgie percutanée et mini-invasive).

Ce type d’intervention concerne aussi : l’hallux rigidus, la griffe des orteils, le quintus varus, les métatarsalgies, le névrome de Morton, l’épine calcanéenne.

Après quelques douleurs lors de la cicatrisation et à la reprise de l’appui, la rééducation est une phase importante qui permet de retrouver la mobilité du pied et sa réintégration dans un bon schéma de marche.

Une orthèse est nécessaire au début pour redresser correctement le gros orteil (à voir sur les photos).
DSCF3797.JPG

DSCF3799.JPG

DSCF3802.JPG

DSCF3803.JPG

A la reprise de la marche, j'ai pu constater des tensions musculaires douloureuses au-dessus du pied, au niveau de la base des phalanges et sur la partie externe. Ce qui est très gênant et peut même à la longue déstabiliser le dos, entraînant ici aussi des douleurs.

Il semblerait que ce soit un problème de positionnement du pied lors de l’appui au sol. Etant encore sensible il provoque une marche dysharmonieuse avec une tendance du pied à basculer vers l’extérieur.

Les straps (bandes collantes anallergiques colorées) posés par Gilles redonnent au pied une bonne position en le stabilisant. Ils provoquent une sensation de confort et de maintien permettant de reprendre la marche dans de bonnes conditions. Le déroulé du pas est amélioré et se fait sans douleur. De plus les straps ne se décollent pas quand on prend sa douche.

La rééducation fera l’objet d’un prochain billet.

J’ai mal au genou, je fais quoi ?

, 16:47

Ce billet présente les principes de base en ce qui concerne les affections les plus communes (genou dégénératif, arthrose, tendinite).

Boris Dolto disait que le genou est une articulation soumise à deux maîtres : hanche et pied. Si on ne se soigne que le genou alors que cheville ou hanche est déjà fragile, bien que « muette », n'exprimant pas son mal, on a tout faux. Il faut également suspecter le dos. Une cruralgie par exemple peut se manifester par une douleur élective au genou.

Plus généralement, toute mauvaise posture peut l'affliger. Faites cette petite expérience pour vous en convaincre : en position debout, membres inférieurs joints, déportez légèrement la tête vers l'avant. Aussitôt la pression sur les genoux augmente. Si on se tient mal, si on est voûté, de travers, c'est ce qui se passe !

Autant un franc surpoids chronique ne pose pas de réel problème en ce qui concerne le dos - on a exagéré le phénomène, le centre de gravité du corps étant abaissé on est stable - autant c’est insupportable sur le long terme pour les genoux qui « trinquent ».

Autres constats :

Le ski met le genou à rude épreuve (entorse, risques de rupture du ligament croisé antérieur).
Genou fragile, il faut éviter les sports violents, à sauts répétés, ou a risque de chute : rugby, foot, basket, judo, équitation.
Au besoin, avant d'aller au sport, porter une genouillère en guise de protection.
Dans les activités de la vie quotidienne ne pas se mettre à genoux. Assis, ne pas les croiser. Pas d’accroupissements. Opter pour la position du chevalier servant : le genou douloureux au sol et en se relevant avec le bon genou et avec franche poussée des mains sur la cuisse.
Les douleurs ne passeront pas seulement aux antalgiques. Le froid soulage (poche de glace, cold pack) très provisoirement, surtout après un traumatisme (chute, entorse, choc) et dans la demi-heure qui suit pour limiter saignement interne et gonflement (après, ça ne sert plus à rien). Éviter le chaud.
La viscosupplémentation est une excellente solution pour le genou arthrosique. Le liquide synovial ne jouant plus son rôle lubrifiant et protecteur, on injecte un gel qui va relancer la fabrication de hyaluronane (acide hyaluronique).
Le chaussage influence les genoux. De hauts talons le maintiennent en légère flexion (favorisant le flessum), ce qui n'est pas bon sur le long terme, et ce d'autant si on a déjà du mal à le tendre complètement.
Dans le cas d’une atteinte du ménisque interne, le port de semelles valgisantes vise à décomprimer le compartiment interne et prévient une aggravation arthrosique. Pour toute atteinte du membre inférieur et afin de faciliter le retour veineux, surélever le pied de son lit avec des cales (10 cm). En fait, nous devrions tous le faire.

Photos

Exemple choisi : atteinte rhumatismale dégénérative du genou droit.
Aucun exercice présenté ici ne doit faire mal. Sinon c'est qu'il est mal réalisé. Mieux vaut l'abandonner.

Photo 1
genoux_001.JPG
Si une genouillère est prescrite, la choisir fenêtrée (avec un trou pour la rotule). Ne jamais la porter la nuit. Les genouillères avec armatures gênent à la marche et la souffrance localisée au genou risque de se reporter ailleurs (mal du dos par exemple).
2
genoux_002.JPG
Assis : garder le genou tendu (en extension). Fléchi, il souffre. Dans cette position et de temps en temps, faire rouler sa jambe de droite à gauche en appui talon, pour détendre la musculature.
3
genoux_003.JPG
Pour se mettre debout après avoir été assis : tourner les fesses du côté du genou qui souffre (ici tourner vers la droite), puis exercer une poussée uniquement avec l'autre jambe pour se relever.
4
genoux_004.JPG
Étirement en va et vient de la musculature postérieure du membre inférieur (ici le droit), l'une des priorités étant d'éviter le flessum. Un genou qui souffre a tendance à rester en permanence un peu plié, ce qui le malmène et provoque un déséquilibre du corps, à risque de chute sur le long terme. Plier puis tendre lentement et plusieurs fois la jambe. Il faut sentir que « ça tire » dans le mollet et derrière le genou. A pratiquer tous les jours, plusieurs fois.
5
genoux_005.JPG
Exemple d'exercice pour renforcer les muscles de la cuisse, autre priorité pour un genou déficient. Se tenir ainsi sans bouger pendant plusieurs minutes, tout-en lisant un courrier papier ou ses sms par exemple. La posture ne doit pas provoquer de douleur dans le genou. A cette fin le plier plus ou moins jusqu'à trouver la bonne position. A pratiquer plusieurs fois par jour.

Photos six et sept, chez le kiné , pour renforcer le quadriceps :
6
genoux_006.JPG
MAUVAIS EXERCICE !
A ne pas faire, car ainsi le genou souffre. Il se produit un effet « rabot » dévastateur pour la rotule.
7
genoux_007.JPG
BON EXERCICE !
Ainsi, le genou ne souffre pas et se renforce. Mettre le genou en extension uniquement en tirant sur la poignée, sans contracter ses muscles. Puis tenir la position cinq-six secondes en relevant la pointe du pied. Ramener ensuite le genou en flexion, passivement, avec le système de suspension.
8
genoux_008.JPG
BON EXERCICE !
Chez soi ou chez un kiné, avec sangle élastique fixée au mur, tendre le genou au maximum en relevant la pointe du pied. Tenir la position quelques secondes.
9
genoux_009.JPG
Bon exercice d'équilibre sur support instable. Ici un disque de propioception (un oreiller, un coussin, font l'affaire). Yeux fermés, tenter de garder l'équilibre.
10
genoux_010.JPG
Le Kinesiologic-Taping ou bandage avec bande auto-collante colorée, est une bonne solution lorsque le genou (ou d'autres parties du corps) fait constamment mal et ne supporte pas bien la genouillère, d'autant qu'on peut prendre sa douche avec ; il tient plusieurs jours. Hélas, certaines peaux n'aiment pas. Il y a des allergies, avec pour conséquences : démangeaisons, rougeurs, lésions de la peau (peaux atopiques notamment). Il faut alors l'enlever sans tarder. Il y en a de toutes sortes et couleurs, pour tout type d'articulation, de lésion musculaire, ou pour drainer les fluides sanguin et lymphatique (lymphoedème). Les Ostéo les utilisent beaucoup, à juste titre. Ici il s'agit d'un Taping pour arthrose fémoro-patellaire. Ce système repousse la rotule en avant pour éviter les frottements contre le fémur.
11
genoux_011.JPG
Rouler un gros ballon de gym contre un mur. Sur la photo notre ami Gilles a gardé son bandage vert rotulien pour « faire plus handicapé », comme ensuite en piscine, mais l'exercice concerne tout genou en souffrance.
12
genoux_012.JPG
Pompes sur gros ballon, dos bien droit et en gardant les genoux tendus, fesses serrées, pour renforcer les muscles des membres inférieurs (mais pas que...).
13
genoux_013.JPG
Chez le kiné : exercice de propioception sur planche instable (plateau de Freeman). Yeux fermés, garder l'équilibre en se concentrant sur les réactions de son corps et en tirant sur les sandows pour renforcer sa musculature.

EXERCICES EN BASSIN

14
genoux_014.JPG
Pour se muscler harmonieusement. En planche dorsale, dos bien droit et genoux tendus, se déplacer latéralement en veillant à ce que les jambes ne précèdent pas le tronc. Tout le corps doit rester bien dans l'axe durant l'exercice.
15
genoux_015.JPG
Gilles montre le plateau instable sur lequel il se tiendra debout pour l'exercice de la photo suivante.
16
genoux_016.JPG
Exercice d'équilibre. Yeux fermés et monté sur le plateau instable, faire des tours complets dessus, de plus en plus vite, tout en tenant à bout de bras des bidons vides ou une charge légère pour augmenter le déséquilibre.
17
genoux_017.JPG
NON !
Exercice interdit !!! Pas d'efforts en rotation de hanche, genoux fléchis. Brasse interdite pour genoux fragiles. Ne pratiquer que les nages avec genoux tendus.
18
genoux_018.JPG
OUI !
Genoux constamment bien tendus, petits ciseaux ou battements plus ou moins rapides des membres inférieurs.

19
genoux_019.JPG
Étirement. Plier puis tendre alternativement les genoux. Quand ils sont tendus, relever la pointe des pieds pour bien étirer la structure musculaire postérieure des membres inférieurs (bon exercice également pour le bas du dos).
20
genoux_020.JPG
Exercice visant à renforcer le quadriceps (muscle du devant de la cuisse). Genou bien tendu, balancer d'avant en arrière la jambe, une sangle élastique (ici caoutchoutée) passée autour de la cheville.
21
genoux_021.JPG
Pour assouplir le genou : assis, rouler sous le pied une structure ronde (ici une haltère en mousse).
22
genoux_022.JPG
Gilles se masse le genou au jet. Cela soulage !

Encore un article de presse sur le dos qui désinforme ou lieu d'informer !!!

, 15:54

Dans son numéro de janvier 2017 (N°838 BIS) et présenté en une de couverture, Sciences et Avenir publie un article sans science ni avenir.

Le titre en est : « Tout comprendre sur le mal de dos » . Il débute par ces mots : « Hernies discales, fractures, scolioses…. Les lombalgies, dont souffrent huit français sur dix, ont des causes multiples… Faut-il opérer ou non ? ».

A l’évidence le thème de l'article (en page dix) est la lombalgie commune ou la lombo-sciatique, mais le journaliste fait d'emblée une confusion. Le terme « lombalgie » signifie qu'on souffre du bas du dos, alors que hernies, fractures, scolioses concernent n'importe quel étage vertébral. Par ailleurs la scoliose la plus commune, la scoliose idiopathique des enfants, n’est pas en soi douloureuse. Elle ne provoque pas de lombalgie même située à l'étage lombaire.

Je cite :
« Face à un lumbago ou une sciatique (J'avais raison, l'article ne concerne que le bas du dos), le traitement classique suffit en général à soulager la douleur : du repos …/... et si la salutaire récupération – la position allongée -».
Il est malheureusement démontré que le repos au lit à peu d 'effet. Le lit amollit et provoque un déconditionnement neuromoteur.

Je cite encore :
« Le plus souvent le mal est localisé aux muscles .../... mais tout change si les disques intervertébraux souffrent ».
Même lorsque le disque intervertébral est touché, ce sont les muscles qui font mal. Les spécialistes incriminent aujourd'hui essentiellement les Trigger Points (lombalgies chroniques, aurions-nous tout faux ? O'Sullivan P. Its's time for change with the management of non-specific chronic low back pains. Br J Sports Med 2012;46:224-7). A consulter, en lien ci-dessus, mon billet sur ce blog qui en traite.

En cas de lombalgie commune non spécifique, même si la radio dévoile une grosse hernie, toute crise douloureuse relève de la loi du « tout ou rien » ; c'est à dire que la crise douloureuse est imputable soit aux apophyses articulaires postérieures, soit à la hernie. Puis on guérit de sa crise même si la hernie est toujours là. Par ailleurs bon nombre de personnes ont d'énormes hernies et n'en souffrent jamais. On les dit : « asymptomatiques ». Lorsque sont énoncés les principales causes d’une lombalgie commune, il faut avoir à l'esprit que l’on ne connaît la vraie cause que dans cinq pour cent des cas. Le diagnostic est la plupart du temps incertain.

Dans l'article, pas un mot sur les dévastateurs remaniements cérébraux accompagnant les douleurs chroniques (Bases neurtologiques des douleurs. Gwilym S et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after atrthroplasty. Arthritis Rheum 2010;62:2 9306-40).

En page 14 et dans un encadré intitulé : « S'y retrouver dans la jungle des praticiens », s'agissant de la kinésithérapie, il est dit : « Titulaire d'un diplôme d’État (3 ans) ». Or l’arrêté paru le 16 juin 2015 précise que le recrutement de toutes les écoles kiné à partir de la rentrée 2016-2017 se fera exclusivement par Paces (première année commune aux études de santé), Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), L1 Sciences. Par ailleurs, depuis la réforme de la rentrée 2015, la durée de la scolarité en IFMK (Institut de formation en Masso-Kinésithérapie) est passée de trois à quatre ans.

Plus bas, dans la même colonne, est seulement citée la Méthode Mézières, alors que la « grande Françoise » luttait contre la lordose (le creux des reins). L'unique méthode aujourd'hui officiellement validée et pratiquée par tous les kinés est la méthode McKenzie, qui fait travailler... en lordose... Pas un mot sur elle, curieux.

En ce qui concerne l'ostéopathie, est écrit: « Discipline exercée par des médecins et des kinés... la pratique s'est ouverte à des non-professionnels de santé depuis la loi Kouchner (2002) » Faux, archi-faux ! Apparue en France dans les années soixante grâce à des praticiens formés aux U.S.A ou au Royaume uni, Il y a toujours eu des ostéopathes non médecins, non kinés, de par le monde depuis que cette discipline a été créée par Still au dix neuvième siècle. Kouchner n'a fait que reconnaître cette pratique largement répandue dans l'hexagone.

A risque de devenir barbant, je vais arrêter là ma critique bien qu'il y ait encore beaucoup à dire.

J'ai du mal à marcher tant j’ai de douleurs ! Le gainage dynamisant anti-douleurs GéO

, 09:25

Fibromyalgie, rhumatisme inflammatoire, handicap du grand âge, ostéoporose évoluée, maladie musculaire, mal de dos chronique, cyphose raide (on se voûte), scoliose, hanche (s) ou genou (x) douloureux en permanence !

Nombre de personnes se « traînent » plus qu'elles ne marchent, tant une ou plusieurs articulations portantes leur font mal au quotidien.
Ce gainage dynamisant dont j’ai eu l’idée voilà bien longtemps, a pour la première fois été décrit dans l'un de mes livres : « Mal de dos : vérités et mensonges ! » Éditions J. Lyon (2011). Il diminue très nettement la fatigue et les douleurs, partageant harmonieusement les efforts entre toutes les articulations du tronc et des membres inférieurs durant les activités quotidiennes. Ainsi, quand les épaules bougent, leur traction sur le bandage soulage les contraintes aux jambes.

Aucun risque de fonte musculaire, on ne se démuscle pas. Le recrutement par propioception des groupes musculaires antagonistes induit une synergie d'action.
Ce gainage est à porter par-dessus les sous-vêtements. Legging ou caleçon long pour éviter le contact direct avec la peau (transpiration, frottements).
La pose est aisée, elle ne nécessite aucune aide. Deux à trois minutes suffisent dès qu'on est habitué. A porter uniquement dans la journée, le plus longtemps possible (même en pratique sportive douce de loisir), jamais pour dormir.

Le matériau :

Élastique tissé plat de 60mm, appelé aussi « gros grain élastique » (vendu par rouleaux de 10m sur internet ou boutique spécialisée).
Cinq mètres de long environ pour un membre inférieur.
De six à huit mètres selon taille et corpulence pour un bandage remontant jusqu’à l’épaule opposée.
Nota : si les reins (lombaires) sont douloureux, utiliser une bande plus longue et faire deux ou trois tours autour en serrant sans trop comprimer l'abdomen.
La couleur est à choisir en fonction de la volonté de rendre le système invisible sous les vêtements.
Pour la fixation du bandage, opter plutôt pour des épingles de sûreté « bébé » qui ne s'ouvrent pas à l'improviste. En placer aux endroits où les bandes se croisent et tendent à glisser.

1 - Maintien partiel

Le bandage supplée à une insuffisance de verrouillage du genou et s'oppose à l'action de tiroir antérieur générée par la force de traction du quadriceps (puissant muscle du devant des cuisses). Il y a recrutement de la chaîne cinétique d'extension du membre inférieur avec effet protecteur sur le genou.

bandage_dynamisant_1.JPG

bandage_dynamisant_2.JPG

bandage_dynamisant_3.JPG

bandage_dynamisant_4.JPG

Plier la bande en deux puis commencer par la plante du pied. Remonter jusqu'à la hanche en croisant. Bien tendre le bandage en permanence durant l'installation. Deux épingles à nourrice en assurent le maintien.

2 - Maintien complet

bandage_dynamisant_5.JPG

bandage_dynamisant_6.JPG

bandage_dynamisant_7.JPG

Chaque bande est à remonter (en la tendant bien) jusqu’à l’épaule opposée (la droite pour un bandage débutant au pied gauche et inversement).

QUTENZA contre les insupportables douleurs chroniques ! OUI, MAIS…

, 08:46

Afin de traiter certaines souffrances au quotidien qui ne laissent aucun répit et qui durent de longs mois, des années, différents moyens ont été tentés pour couper le signal nerveux afférent responsable de la transmission de la douleur.
Quelques exemples :

  • La rhizolyse ou thermo-coagulation, par sonde thermique pour les douleurs du dos. Les rameaux nerveux sensibles sont « grillés » et cessent de transmettre leur message douloureux. Mais cela peut provoquer un affaiblissement musculaire, et surtout, si la zone à traiter a été mal calculée, on peut malencontreusement endommager la racine nerveuse avec pour conséquence des douleurs ravivées et invalidantes.
  • Le « pace maker » lombaire. Il s’agit là d’implanter des électrodes sous la peau et reliées à un générateur de courant basse fréquence (voir le billet du 19.04.14 SCOOP : un « pacemaker » pour soigner le mal de dos ? sur ce blog). Le Magazine l’Express avait titré un peu hâtivement : « Le mal de dos a t’il trouvé sa solution ? ». Non, ce n’est pas la solution miracle.



OUI !

  • Il y a les patchs de Versatis, la lidocaïne étant un anesthésiant (sans grand risque donc). Au départ ils n’étaient prescrits que pour le zona mais leur utilisation s’est depuis étendue. Pour les maux de dos chroniques, cela marche pas mal. On est tranquille douze heures. Ensuite il faut renouveler le patch.
  • Puis il y a QUTENZA, indiqué pour le traitement des douleurs neuropathiques périphériques. Il contient de la capsaïcine (responsable du goût épicé du piment) et agit sur les récepteurs cutanés de la douleur (TRPV1). Sa pose ne se réalise qu’en univers hospitalier, en service de médecine ambulatoire. L’application du patch dure de une à deux heures.


Effets indésirable : là où a été posé le patch, peuvent survenir des sensations passagères d’intense brûlure ; ou bien une intensification de la douleur. Lorsque cela marche, les douleurs disparaissent ou s’atténuent durant des mois. Cela vaut donc le coup d’essayer, d’autant que ce n’est que du piment après tout…

MAIS !

Cela ne traite pas la cause du mal. Il s’agit comme on dit d’un traitement « symptomatique ». On n’est pas guéri pour autant. La sonnette « douleur » est désactivée, c’est tout.
Pour un mal de dos par exemple, il faut ensuite pratiquer une rééducation sérieuse (mon blog fourmille de billets sur le sujet), surveiller ses gestes et postures au quotidien, reprendre un sport. Bref, faire tout ce qu’on ne pouvait pas faire pour améliorer sa santé, tant que la douleur était un insupportable frein qui nous refermait sur nous-même et interdisait tout projet constructif.

Mal au cou (cervicalgie), je fais quoi ?

, 16:36

Surtout ne pas agir inconsidérément, et malheureusement internet fourmille de mauvais conseils. Puis ne pas faire aveuglément confiance à un professionnel de santé, même bardé de diplômes, sous prétexte qu'il porte une blouse blanche et qu'il en impose.
Sachez user de votre bon sens naturel avant d'accepter un traitement, surtout s'il vous semble lourd ou inadapté.

Il importe en premier lieu de consulter un médecin afin que soit posé un diagnostic écartant tout problème grave (lymphome, myélome, spondylodiscite). Et si le mal est bénin comme dans la majorité des cas, ce praticien vous prescrira peut-être des séances de rééducation. Un kiné qui se contente de vous poser des électrodes sur le cou pendant un quart d'heure, puis de vous papouiller un petit peu histoire de démontrer qu'il mérite encore son titre de « Masseur », ou bien s’il vous met une lampe..., courage fuyez !!! Cela ne sert à rien. L'électrothérapie à basses fréquences sur un temps aussi court n'a d'effet que durant la stimulation, c’est prouvé (www.sante.fr ou www.anaes.fr)*. Chaleur ou massage, s'ils sont agréables, ne soignent pas, c'est juste un complément de soins.

Si vous consultez un ostéopathe, refusez qu'il vous manipule. C'est à dire qu'il se saisisse de votre tête et lui imprime un violent mouvement tournant. C'est interdit depuis l'année 2000 tellement c'est dangereux, excepté en de rares occasions et sur prescription médicale. L'artère vertébrale qui irrigue le cerveau passe dans un canal osseux creusé dans les vertèbres. Une rotation de 30° à peine la met déjà en forte tension, au risque de l'endommager (dissection vertébrale). Pour se défendre, ces praticiens disent qu'ils manipulent uniquement en latéralité, ce qui est mécaniquement impossible. Sur un cou en souffrance l'inclinaison va automatiquement s'accompagner d'une rotation à cause des contractures loco-régionales. Alors halte au massacre !
Par contre l'ostéopathe peut utilement user de manœuvres douces dites tissulaires, non thrustantes.

Le collier cervical est à réserver au cas où le « cou devient trop lourd à porter et fait atrocement mal au moindre mouvement», et ce durant 72 heures au maximum. Après il devient lui-même un obstacle à une rapide guérison et conduit à un déconditionnement neuro-moteur ainsi qu'à des troubles de la propioception (la perception de soi qui permet de repérer et de définir son corps dans l'espace et de tenir l'équilibre).

Pour ma part, je pratique avant tout un bilan diagnostic kiné, à la recherche d'un éventuel syndrome de déficience posturale.
Il faut savoir qu'il existe des connexions neuronales intimes entre muscles oculaires, vestibule (l'équilibre) et muscles de la nuque.
Trio auquel il faut ajouter la mâchoire, car une dysfonction mandibulaire (mâchoire inférieure) peut provoquer des douleurs de cou, c'est prouvé (il existe des stomatologues posturologues).
En séance, le kiné doit non seulement traiter le cou, mais la mâchoire et les éventuels problèmes d'équilibre.
Je traite les dysfonctions musculo-squelettiques en ayant recours à la thérapie normotensive et en stimulant les trigger areas (billet blog du 4.4.2014). Puis j'use d'élongations douces vertébrales, d'électropuncture avec Miniacusonic. Les exercices sur plateau de Freeman et gros ballon de gym, les auto-exercices avec balles de tennis (billet blog du 20.03.16), sont les bienvenus. Par ailleurs la posture assise doit être modifiée si elle n'est pas correcte, ce blog fourmillant de conseils à ce sujet. S'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym est la meilleure option. Il s'agit de passer de la position assise passive à la position assise active. C'est parfait pour renforcer ses muscles sans effort.

Nombre de médecins prescrivent de la rééducation en piscine pour soigner lombaires ou cou. Hélas, si l'on se contente de tremper le patient dans l'eau, il ne se passe rien. Il en ressort seulement... mouillé. A la lecture de ce billet le lecteur comprendra pourquoi.

Et si je dispose moi-même d'un bassin, j'y ai mis beaucoup de matériel (parfois bricolé), afin que les exercices soient adaptés à chaque pathologie.

Il faut également savoir qu'épaules et cou sont liés. Lorsqu'on surmène ses bras c'est le cou qui se plaint en premier (billet blog du 21.6.2015).

La nuit, durant son sommeil, il est utile de porter un tour de cou (billet blog du 9.6.2013) car l'oreiller, même à mémoire de forme, ne suit pas les mouvements de la tête. Si vous passiez la nuit sans bouger du tout, l'oreiller anatomique remplirait son rôle, mais puisque, à l’instar de tout-un chacun, vous tournez de temps en temps la tête, surtout pendant les rêves, l'option du « tour de cou » est la meilleure. Il s'agit d'une petite serviette enroulée et glissée dans une écharpe, ou toute structure tubulaire en tissu (bas de femme, écharpe légère).

Les anneaux claviculaires sont fort utiles à ceux qui se tiennent bossus ou qui ont mal au cou et aux épaules de manière chronique (billet blog 30.10.2014). Pour 19 euros à peine il y a le redresse-dos E-240, société Orliman.

Par ailleurs la vue doit être corrigée. Faites ce test fort simple : Fermez les yeux et avancez légèrement la tête, tel un myope qui avance sa tête en clignant des yeux pour mieux voir. Vous-vous rendrez compte que cela a une incidence sur votre posture. Votre corps se déporte en avant.

001.JPG

002.JPG

OUI !
Lorsque cela va mieux, et pour restaurer la mobilité de votre cou, placez-vous ainsi contre un mur (dos droit, cou redressé), et tournez lentement épaules et cou de droite à gauche, mais sur peu d'amplitude (moins de 30° de rotation de chaque côté). L'appui des mains permet de contrôler le mouvement, de le guider, et de le stopper à la moindre douleur. Deux, trois minutes, plusieurs fois par jour.

003.JPG

OUI !
Voici une autre façon d'étirer son cou. A pratiquer alternativement d'un côté puis de l'autre. Sur la photo, l'épaule gauche est étirée vers la droite, tandis que la tête tourne du côté opposé. La tête se tourne en douceur du côté opposé à l'épaule étirée.
Il faut sentir l'étirement musculaire derrière l'épaule (fixateurs de l'omoplate et trapèze).

004.JPG

NON !!!

A ne pas faire !!! Chercher à retrouver la mobilité de sa tête en la tournant en tous sens, le plus loin possible, et au besoin en tirant dessus avec sa main, comme préconisé à tort par une multitude de sites internet et de professionnels de santé mal avisés.
Tout ce que l'on risque est de se bloquer le cou, ou pire de léser l'artère vertébrale qui irrigue le cerveau.

005.JPG

006.JPG

OUI !

Certains d'entre nous bougent tout le temps la tête, comme les poulets. Croyez-vous que cela soit une bonne chose ? « Pour voyager loin - dit le proverbe -, il faut ménager sa monture ». Ainsi pour loin mener ses articulations, il est logique de les ménager.
Lorsque vous avez à tourner la tête, tournez d'un bloc sur les pieds comme le font les mannequins sur le podium, les épaules accompagnant les mouvements du cou. En plus, c'est élégant !
N'optez pour les grands mouvements du cou que par absolue nécessité.

  • Douleurs neuropathiques : des prises en charge non médicamenteuses aux décisions stratégiques. V. Guastella, M. Navez, G Mick. Rhumatologie Pratique. Février 2009.

Se relever d’une chaise sans se bloquer le bas du dos. Etirements

, 08:22

Se relever d’une chaise sans se bloquer le bas du dos

Après avoir été longtemps assis, même si le siège est ergonomique parfois cela coince douloureusement. Afin d’éviter cet inconvénient il importe de prendre quelques précautions indispensables.
Deux cas de figure : siège avec et sans accoudoirs.

001__1_.JPG
002__1_.JPG
003__1_.JPG
004__1_.JPG
005__1_.JPG
006__1_.JPG
007__1_.JPG
008__1_.JPG
009__1_.JPG

Se rapprocher du bord de l’assise, se tourner sur le côté (du côté où cela ne fait pas mal), d’une main prendre appui sur la cuisse, de l’autre sur le coin antérieur de l’assise (ou l’accoudoir), puis se relever en un mouvement tournant pour faire face au siège.
Ensuite il faut s’étirer dès qu’on a passé autour d’une demi-heure assis.

Etirement du bas du dos.

001__2_.JPG
002__2_.JPG
003__2_.JPG

En appui des mains contre un mur ou sur un meuble, croiser les jambes (jambe côté douloureux de préférence en avant), et plier un peu les genoux, sans trop. Puis pousser les fesses en arrière et vers le bas le plus loin possible en soufflant bien et sans reculer les genoux. Recommencer cinq à six fois.

Cet exercice est excellent quand on souffre du bas du dos, que l’on ait été ou non assis. Le répéter plusieurs fois par jour.

Mal au dos, petite piqûre de rappel !

, 11:58

Le thème du mal de dos a mainte fois été évoqué sur ce blog mais je me suis rendu compte qu’il manquait un condensé de l’essentiel. Le voici.

En voiture !
Que vous souffriez des lombaires, des dorsales, ou du cou, adoptez la bouteille plastique vide (et même sur votre siège de travail).

001.JPG
002.JPG

Il s’agit de conserver le creux des reins, pourquoi ? Parce qu’une pression constante exercée au niveau lombaire a un effet érecteur, cela redresse la colonne jusqu’au cou. Sans bomme lombaire le dos est globalement arrondi, on est avachi.
De plus cela évite l’effet de « dérouillage » subi en quittant son siège, car subitement il faut recreuser sa lordose et cela coince parfois.
Pourquoi une bouteille vide plutôt qu’un coussin ? Parce que le vide intérieur amortit les secousses de la route retransmises par le siège. Il existe bien sûr des voitures équipées d’une bomme lombaire, seulement elle est fixe et ne tient pas compte d’un fait : personne n’a la même longueur de tronc ni la même corpulence.
Il faut déplacer la bouteille plus ou moins haut dans son dos en fonction du confort ressenti.

003.JPG

Assis au bureau, à la maison, inutile d’acheter un siège cher et soi-disant ergonomique. Une planchette rembourrée (le dossier ou l’assise d’une vieille chaise) placée au bord de l’assise pour obtenir un effet basculant fait parfaitement l’affaire. Ainsi l’assiette se modifie-t-elle en permanence. Les contraintes au niveau lombaire variant cela évite un écrasement des disques intervertébraux et soulage le dos.

004.JPG
005.JPG

S’étirer le bas du dos pour soulager ses douleurs ou les éviter !
Un genou relevé, cuisse maintenue contre la paroi, pousser sur le mur avec la main tout-en tournant les épaules du côté du genou relevé jusqu’à ressentir un bon étirement aux niveaux fessier et lombaire. Changer de côté. A répéter cinq, six fois, plusieurs fois par jour, et chaque fois qu’on est resté un long moment assis.

Soulager ses douleurs avec des balles de tennis !

006.JPG

Deux balles sont nécessaires.

007.JPG

Mal au cou ou faiblesse des muscles cervicaux.
Se coucher sur plan dur (table ou bien au sol), la tête posée sur une balle qu’on écrase en faisant le double-menton tout-en relevant le torse par poussée des coudes. Tenir la position trois secondes. Recommencer vingt fois. A pratiquer plusieurs fois par jour.

008.JPG
009.JPG
010.JPG

Mal au cou ou bien entre les omoplates.
Placer les balles au niveau des points douloureux et bouger son torse latéralement d’un côté et de l’autre. Sur le moment cela fait mal, mais qu’est-ce que cela soulage après ! Si vous n’avez mal que d’un côté il faut quand même une deuxième balle placée de manière symétrique.

011.JPG
012.JPG
013.JPG

Massage lombaire.
Placer les balles de tennis au niveau des reins, là où cela fait mal, et plusieurs fois de suite bouger son bassin d’un côté puis de l’autre en appuyant bien sur les balles.

014.JPG
015.JPG

Renforcement des muscles du cou et réveil propioceptif (ensemble des structures corporelles contribuant à l’équilibre).
Une bande élastique fixée à un point d’amarrage et passée autour du front, tout-en gardant le dos bien droit, regard horizontal, avancer d’un pas, reculer d’autant, recommencer plusieurs fois sans bouger la tête. Puis faire le même exercice en se retournant.

Ce qu’il ne faut pas faire !!!
La plupart des pseudo-spécialistes vous recommandent de forcer sur votre cou quand il est raide, et ce afin de récupérer sa souplesse. Il s’agit d’essayer de venir toucher son épaule avec l’oreille, ou bien de tourner la tête au maximum d’un côté puis de l’autre… Surtout pas !!! Vous avez toutes les chances d’aggraver la situation. L’artère vertébrale qui chemine au niveau du cou dans un petit canal osseux creusé dans les vertèbres est malmenée dès 30 ° de rotation. Si un cou est raide, il faut en trouver la raison et la traiter. La souplesse reviendra automatiquement après (un peu de chaleur ou un massage sont les bienvenus).

016.JPG
017.JPG

Exercices pour le cou :
Ce type d’exercice permet un bon réveil propioceptif.
Debout sur la pointe des pieds, dos droit, double menton, écraser la balle de tennis avec son front pendant cinq secondes, puis se retourner, écraser la balle maintenue à la base du crâne. Recommencer plusieurs fois.

018.JPG
019.JPG

En cas de douleurs entre les omoplates (dorsalgo), debout sur la pointe des pieds, bras tendus, alternativement et rapidement faire le dos rond puis le creuser en rapprochant les omoplates l’une de l’autre une dizaine de fois de suite.

Dos rond enfants, adolescents. Le vrai, le faux, rééducation

, 12:57

Ce billet n'aborde pas le sujet des atteintes neurologiques, les malformations congénitales cyphotiques, les altérations graves du développement psycho-moteur s'accompagnant d'anomalies posturales, ou la spondylarthrite ankylosante dont la symptomatologie peut débuter avant l'âge de vingt ans.
IMAG0115.jpg
En l'occurrence, le défaut de posture souvent mineur au départ que les parents remarquent d'emblée chez leur enfant qui se tient « bossu » (attitude cyphotique), est caractérisé par sa réductibilité. C'est à dire qu'il se corrige d'emblée aisément .

Les complexes qui se trahissent parfois dans la façon qu'on a de mal se tenir, ou bien la poitrine qui commence à pointer ou qui se fait soudain trop lourde à porter, avec de surcroît le regard en coin de certains garçons, sont des facteurs aggravants. A la longue l'enfant cyphotique peut même développer des sentiments d'agressivité, de frustration, de repli sur soi, le conduisant à se réfugier dans un monde imaginaire. Dans ce cas, traiter efficacement son dos rond le sauvera plus sûrement qu'une psychothérapie.
Pourtant il y a d'emblée une erreur à ne pas commettre.
Répéter inlassablement : « Tiens toi droit ! » ne sert à rien parce qu'un enfant n'a pas notion de sa déformation, de même que ne vivant que dans le temps présent il ne mémorise pas ses douleurs et donc n'en fait pas tout un plat (il ne somatise pas comme l'adulte). Faites ce test : demandez-lui de se tenir debout redressé dans une attitude un peu militaire et de profil par rapport à un grand miroir, puis questionnez-le. A t-il l'impression d'être droit ? Même si son dos est en arc de cercle, il affirmera le plupart du temps se « sentir » droit. C'est pourquoi il convient plutôt de consulter un médecin habilité, puis un rééducateur posturologue, plutôt que de s'épuiser vainement en injonctions stériles et sources de conflits relationnels.

En phase prépubertaire l'attitude en dos rond compensant une cambrure très exagérée des reins (hyperlordose) est souvent due à une faiblesse abdominale et peut accompagner une spondylolyse, c'est à dire véritable fracture vertébrale sans déplacement osseux et déterminée par des contraintes mécaniques répétées.
Les cyphoses accentuées et hyperlordoses (cambrure des reins accentuée) liées à une hyperlaxité ligamentaire ou une faiblesse de la musculature postérieure, ainsi que celles qui correspondent à un défaut de famille (morphotype familial), sont réductibles après rééducation sérieusement conduite.
Sais t-on toujours qu'une importante myopie mal corrigée peut induire une attitude cyphotique qui peut ensuite s'enraidir ? Ou bien qu'un manque de hauteur de la partie inférieure du visage (brachycéphalie), peut être cause d'une attitude cyphotique, possiblement corrigée par le port d'une correction orthodontique (gouttière occlusale) ?
Par ailleurs une hypercyphose n'entraîne pas de répercussion pulmonaire. Par contre, à l'inverse, l'asthme peut favoriser la constitution d'une hypercyphose thoracique.
L'affection la plus représentative est la maladie de Scheuermann (dystrophie rachidienne de croissance) qui cesse de progresser à la fin de la croissance quand le cartilage n'est plus actif.

Traitement rééducatif

Il faut s'intéresser au sujet dans son ensemble, ce qui implique de cibler les incidences du dos rond sur l'esprit, le mental. En effet tous les sujets déformés ou douloureux chroniques (pas seulement les bossus) souffrent d'une modification morphologique du cerveau avec atteinte du thalamus (noyau cérébral régissant douleurs, postures et mouvements). C'est un peu comme si ces personnes avaient un virus dans la tête pouvant s'activer à n'importe quel moment et sans prévenir. Or l'on s'est aperçu que méditation ou hypnose médicale (et pourquoi pas l'audiogénèse, à explorer), permettent de réguler les ondes alphas produites par le thalamus.
Mes amis ostéopathes qui prétendent avoir une conception holistique de l'individu, c'est à dire dans sa globalité, ne disent pas la vérité puisqu'ils ne rentrent pas dans la tête des gens. Ils manipulent la charpente c'est tout, parfois très utilement quand même.

Bilan morphostatique
Le praticien se doit d'avoir un œil de posturologue. C'est-à-dire qu'il se doit d'examiner l'enfant dévêtu et de la tête aux pieds, debout de profil, de face, de dos, couché sur le dos puis sur le ventre, enfin à la marche. Le praticien déterminera de la sorte les éléments perturbateurs posturaux à corriger d'emblée, même s'ils se situent à distance du dos. Le mal-positionnement de la tête par exemple ou un trouble de l'occlusion (mâchoires), que je viens d'évoquer (brachycéphalie, importante, myopie mal corrigée), en font partie.

Acupuncture sans aiguilles
Les points d'acupuncture profonds se superposent à une zone de densification des récepteurs cutanés profonds, sortes de capteurs qui renseignent sur tout ce qui vient en contact de manière plus ou moins agressive avec la peau (terminaisons nerveuses libres, corpuscules de Vater Pacini), mais ils se superposent aussi aux récepteurs de la propioception (ensemble des éléments du corps nous renseignant sur le positionnement de notre corps dans l'espace, et contribuant à maintenir notre équilibre en toutes circonstances).
C'est pourquoi comme il en est pour la scoliose de l'enfant, je pratique un traitement d'électropuncture, ou bien avec un laser (indolore) sur des points bien précis, parce qu'il importe d'agir sur les causes profondes de la cyphose (ici le grave défaut propioceptif vecteur de troubles posturaux), et non seulement sur la conséquence qui en découle, c'est-à-dire le dos rond, sous peine d'être complètement inefficace.

Traitement normotensif
Cette thérapie fait l'objet de nombreux articles à retrouver sur internet ou dans ce blog. Il ne s'agit pas ici d'en faire le tour, ce qui serait fastidieux.
Traitement normotensif appliqué aux trigger points
Le dysfonctionnement articulaire suscité par une cyphose raide déclenche à la longue une souffrance musculaire dont le système nerveux est bien entendu averti. Se formeront alors des zones douloureuses à la palpation, souvent éloignées de la cyphose, appelées « trigger areas » décrites par Travell, et à traiter (consulter mon billet du 04/09/14.)

La contracture
Elle est due au maintien accidentel des ponts « actine-myosine » après contraction musculaire. Le muscle est dur et raccourci.
Une contracture ne fait pas toujours spontanément mal. Nous en avons même en permanence sans en souffrir. Elles procèdent de notre besoin permanent de tenir l'équilibre. Toutes ne sont donc pas à combattre. Le thérapeute manuel ne recherche du bout des doigts que celles qui sont vectrices d'un désordre pathomécanique. Il le fait en appuyant plus ou moins fort pour en percevoir la « rénitence », cette pression par contre étant toujours plus ou moins douloureuse, ce qui permet au sujet traité d'en percevoir l'existence et d'accepter le traitement.
Une pression thérapeutique normotensive permet de faire céder la contracture en quelques secondes et au final de corriger la posture lorsque l'ensemble du corps a été traité de la sorte, en insistant sur cou et mâchoires .

Posture
L'hygiène de vie est indispensable, notamment l'économie rachidienne dans les diverse activités du quotidien.
Je conseille des postures quotidiennes sur la ventre (une demi-heure minimum). L'enfant peut lire par exemple, ou faire un devoir, dans cette position.
La position asiatique dite de « la fleur du lotus » permet une élongation active du dos.
Puis il faudra corriger la posture de l'enfant assis à son poste de travail, la mauvaise station assise étant un facteur nettement aggravant. A cette fin l'usage d'un gros ballon de gym comme siège est préconisé, comme décrit dans le billet précédent et traitant de la scoliose (10/01/16), il est obligatoire en ce qui me concerne, avec adaptation de la hauteur du plan de travail (ceci devrait être fait pour tous les enfants quel que soit l'état de leur dos). Les filles doivent éviter le port de talons hauts qui accentuent la déformation du dos.
Bien que son poids ne soit pas considéré comme excessif s'il ne dépasse pas le tiers du poids du corps, mieux vaut éviter le cartable ; lequel a tendance à obliger l'enfant à marcher avec projection du tronc en avant. Mieux vaut opter pour la valisette roulante.
Sinon, sac à dos chargé à minima et imitant ceux des montagnards (avec sangle abdominale de maintien et larges sangles d'épaules). Il doit être porté avec son centre situé à 5 cm sous le sommet de la cyphose.

Sports
En conséquence de ce qui vient d'être dit (la mauvaise posture ayant déréglé le cerveau), la rééducation par exercices seuls est totalement inefficace, notamment pour les formes rigides. L'effet assouplissant ou soi-disant correcteur musculaire ne dure que le temps de la séance, jamais au delà ! Cela est notamment dû à la présence de deux creux (lordoses cervicale et lombaire) venant en compensation d'une bosse dorsale, et ce afin de préserver la station debout et la fonction de la vue. Ces lordoses limitent l'effet des mouvements gymniques correcteurs par défaut d'appui stable. Cependant l'enfant doit être actif et continuer le sport à l'école, ne serait-ce que pour ne pas être mis à l'écart, vu comme un handicapé, ce qu'il n'est pas. Sont déconseillés : Judo, rugby, gymnastique rythmique et artistique, haltérophilie, plongée sous-marine (port des bouteilles d'oxygène qui arrondit le dos) et acrosport (en tant que porteur). Porter un sac à dos durant une demi-heure chaque jour non sur le dos mais par devant soi, et alourdi (quelques boites de conserve) fait aisément travailler les muscles postérieurs du dos.
Exercices de gainage, sur ballon de gym sans arrondir le dos, basket, natation (en excluant brasse et papillon), sont également favorables.
Pour ma part je travaille la correction posturale sur planche oscillante corporelle (billet sur ce blog du 21/07/15).

Nota :
Après la puberté certaines douleurs du dos sont liées à une hyperexcitabilité neuromusculaire, les douleurs survenant après une posture prolongée mal assis ou debout. D'où l'importance de ne jamais cesser d'adopter une position à visée correctrice, comme de continuer à s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon, ou bien mettre sur son siège de voiture en bas des reins, une bouteille plastique vide.
Chez l'adulte cyphotique, « bossu », on constate une dégradation importante de la musculature de soutien de la colonne vertébrale associée à une perte de force des muscles fessiers.
Il est à noter qu'en astronomie l'apesanteur représente un modèle expérimental du vieillissement accéléré du squelette avec un caractère réversible. Le défaut d'activité, la sédentarité de nos chères têtes blanches est à incriminer.

kiné / patient, une relation de confiance

, 10:12

Charlot_chez_le_kine.gif
cliquez sur l'image pour l'animer
publication via gif animés avez-vous donc une âme

Etirements, les conneries ça suffit !!!

, 17:10

On lit partout :
« Les étirements sont essentiels pour une pratique sportive sans blessure ». Faux !
« Ils permettent d’éviter une contracture musculaire lors d’un effort intensif ». Faux !
« Les étirements des quadriceps sont très utiles pour affiner les cuisses ! » Faux !
« L’étirement des quadriceps est toujours associé à une extension de la hanche ! » Faux !

Prenons l’exemple de l’étirement du quadriceps, muscle puissant du devant de la cuisse, étirement fort usité dans la pratique des « sports de jambes ».

IMG_1623b.jpg

Mauvais exercice !!!
Sur le bord des terrains on voit systématiquement les sportifs pratiquer ce grand classique d’étirement passif. Le sujet debout tient dans sa main son coup de pied, buste droit, bassin basculé pour arrondir le bas du dos. Le sujet s’étire en augmentant la flexion du genou. Cet exercice serait aussi un bon test dans un programme de reprise sportive contre le mal au genou pour tester le gain d’amplitude sans douleur.
Il est hélas impossible de maintenir le bassin comme décrit quand on est en appui monopodal (sur une jambe) car cette posture éminemment instable empêche un contrôle correct, on oscille ! Donc en fait ce type d’étirement du quadriceps s’accompagne d’une bascule antérieure du bassin. On creuse les reins. C’est d’ailleurs ce qu’on constate sur les photos diffusées.
Dire qu’on « affine ses cuisses » parce que durant quelques minutes on les allonge un peu en tirant dessus, c’est carrément de la bêtise, aussitôt après l’exercice ils reprennent leur forme initiale. Le quadriceps est un muscle biarticulaire, hanche et genou. Pour assurer une bonne stabilité de ces articulations il se doit d’être en tension de contrôle permanente. S’il est trop lâche, il ne contrôle plus rien.
Quant à affirmer que cet exercice serait un bon test contre le mal au genou c’est improuvé et il y a nettement plus fiable désormais comme test. Le « monitoring ligamentaire » détecte les risques de blessure du membre inférieur en testant le ligament croisé antérieur lequel en est le baromètre.
Un entraînement sérieux implique des outils diagnostics fiables.
Par ailleurs plusieurs études ont démontré que les étirements préalablement à une activité sportive sont contre-productifs. Pourquoi ? Parce qu’ils induisent une diminution de la force, de la température interne des muscles (le refroidissement durant les étirements provoque clairement une diminution des performances), ainsi qu’un phénomène de « creeping ».
Réalisés après ils ne diminuent pas non plus les risques de blessure, ils n’assurent pas une bonne récupération en ne faisant pas diminuer le taux d’acide lactique.
Qu’est-ce que le « creeping » ? Lors de l’étirement, le tendon musculaire s’allonge, ce qui provoque une réorientation des fibres de collagène alors que leur état naturel est torsadé, la capacité d’évitement des contraintes sur le tendon est de ce fait altérée. Prenez l’exemple d’un cordage de marine, s’il est torsadé c’est clairement pour en augmenter la résistance. Détorsadez-le et il sera nettement plus fragile. Simple question de bon sens !!!

Alors que faire ?

- Une séance d’étirements est utile lorsqu’elle est réalisée hors compétition, l’année durant, au sein d’un programme d’entretien de sa forme physique. Il s’agit davantage d’obtenir une meilleure extensibilité, grâce à une meilleure tolérance, car il n’est pas question comme cela a été longtemps affirmé d’une augmentation de longueur musculaire sous l’effet d’une multiplication des sarcomères.
- L’augmentation de la visco-élasticité musculaire et l’amélioration de la résistance de la jonction myotendineuse sont favorisées par des protocoles alternant contraction statique en course externe du segment de membre concerné de 6 à 10 secondes, temps de repos de 3 à 6 secondes et mise en course externe passive de 6 à 10 secondes.
- Les étirements actifs utilisés en complément d’un échauffement cardio-respiratoire permettent de meilleures performances que les étirements passifs associés au même échauffement ; Alors, quels sont-ils ces étirements actifs ou ERAMT (étirements raisonnés actifs myotendineux) ?
L’étirement n’est pas une posture mais un mouvement conduit lent non douloureux « aller-retour » qui dure environ 8 secondes, et non pas en apnée mais en respiration contrôlée. Les ERATM sont à répéter deux fois par muscle. Rester actif ensuite, surtout ne pas s’asseoir.

IMG_1625.JPG

Etirement quadriceps et ilio-psoas : le patient étire quadriceps et ilio-psoas gauches en fléchissant son genou droit et en tournant le buste vers la droite. Mouvement lent aller de 4 secondes, suivi d’un mouvement retour lent de 4 secondes.
Pour l’étirement du quadriceps seul :
Debout, en fente avant (position de l’escrimeur), fléchir le genou de la jambe placée devant jusqu’à 90° de flexion sur 4 secondes, puis revenir à la position de départ sur quatre secondes également.

les bienfaits du massage

, 09:09


tout le bien-être, toute la détente d'un bon massage par un masseur kinésithérapeute diplômé
(un gif animé du site Bretzel Liquide)

Mes performances en tant que cavalière ou cavalier ne sont pas bonnes bien que je m'entraîne beaucoup. Que faire ?

, 18:00

IMG_3050b.jpg
“Une élégante cavalière parfaitement avec son cheval !“

En regardant le film "Jappeloup", biographie d’un cheval champion de sauts d’obstacles dans les années quatre-vingt et médaillé d’or aux jeux Olympiques de Séoul en 1988, j'ai réagi en kiné lorsqu'après de nombreuses chutes et échecs en compétitions, Guillaume Canet dans le rôle de Michel Martin s'exclame : " Mon cheval est excellent, c'est moi qui suis un mauvais cavalier. Cela est dû au fait que je concoure pour faire plaisir à mon père !".
Or il semble évident que son personnage avait la passion du cheval et de la compétition. Il ne montait pas pour faire plaisir à qui que ce soit. Seulement, en panne d'idée face à l'échec, il a fait comme tout le monde dans nos sociétés marquées au fer rouge par Freud : il n'a su qu‘incriminer le facteur psychologique. Or, si le problème n'était pas que là ou bien directement ailleurs ?

Au lieu de se presser le ciboulot tel un citron, ce cavalier aurait dû consulter un Posturologue, lequel aurait bilanté sa statique, son équilibre debout, à la recherche d’un “syndrome de déficience posturale“, car il est illusoire de croire que dès que la passion du cheval nous prend, nous devenons automatiquement des Centaures, sortes d'hybrides moitié Homme moitié cheval !
Jeanne_2015-1.jpg
Même monté en croupe, l’Homo Sapiens reste profondément marqué par son lointain passé de “chasseur cueilleur marcheur“. L’origine de nos problèmes musculo-squelettiques d’individus modernes remonte en effet à la préhistoire, lorsque nos lointains ancêtres ont décidé d‘adopter la marche bipède exclusive. Du coup ils se sont trouvés confrontés à un problème majeur : donner à leur musculature postérieure une longueur adéquate. Faiblesse de la musculature antérieure (notamment abdominale), mal de dos, pubalgie, tendinites des muscles de l'arrière des jambes, sont des conséquences logiques de cette difficile adaptation.

Un exemple : nos épaules ne sont pas encore adaptée à nos activités de bipède, la preuve étant que le meilleur placement de la tête humérale (os du bras) dans sa cavité articulaire est réalisée à 90°de flexion, c'est à dire à quatre pattes. Debout, de nombreux défauts d'alignements peuvent affecter notre équilibre musculaire sans que nous-nous en rendions compte. Certains muscles sont courts et puissants, d'autre étirés et fragiles.
Etant donné qu'un cavalier n'est pas constamment sur son animal, et donc qu'il passe un certain temps debout ou assis sur de mauvais sièges, sa posture, son équilibre, et donc ses performances sportives s'en ressentiront, même s'il s'entraîne beaucoup et croit posséder une bonne technicité.

Autre constat : un bon fonctionnement du genou, l'articulation mise à mal en équitation, impose une bonne fonctionnalité de la hanche et du pied, articulations peu contrôlées de manière régulière par un professionnel de Santé, à moins d'un accident ou d'une douleur. Or il existe mantenant le “monitoring ligamentaire“, que tout cavalier devrait pratiquer au moins une fois par mois, afin de savoir si ses jambes sont en bon état, surtout lorsque se profile une compétition.

Les troubles statiques corporels sont causes d''hypercontraintes articulaires, et d'hypersollicitations musculo-ligamentaires. Il s'agit de les déceler et de les corriger.

Née dans les années quatre-vingt, la Posturologie est pratiquée par bon nombre de professionnels de Santé (médecins, Kinésithérapeutes, Ostéopathes, Infirmiers, Podologues), et vise à trouver l'origine du défaut de posture, et à le corriger. Le plus souvent ces spécialistes pensent qu'il se situe au niveau des pieds (d'où le port de semelles fabriquées par le podologue), des yeux (verres compensateurs et/ou séance d'Orthoptie), ou de la mâchoire ( port de gouttières dentaires en dormant). Or c'est trop réducteur, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, et ce pour plusieurs raisons. Le port de semelles compensatrices n'a de réelle action... que sur le pied, quasiment pas sur le dos. Les gouttières nocturnes, si elles sont utiles, ne suffisent pas à résoudre tous les problèmes de posture. Pareil pour les lunettes.

En attendant il importe néanmoins que tout cavalier consulte régulièrement un Posturologue expérimenté, car celui-ci est dans le vrai dans sa démarche holistique, même s'il y a encore beaucoup à faire pour parfaire le concept.
J'y travaille d''ailleurs, et proposerai une voie nouvelle dans mon prochain livre : “ Normologie.“, lequel sera publié dans un an ou deux.

Un manque de suivi médical à l'origine d'une descente aux enfers

, 15:19

Préambule : Jusqu'à présent, ce blog n'a jamais proposé d'espace d'expression libre aux patients désireux de témoigner de leurs souffrances physiques et psychiques, mais aussi de leur espoir de retrouver au plus tôt une vie à peu près normale. Il y a peu, une jeune fille atteinte d'une scoliose et sous corset m'en a fait la demande, et je lui ai répondu positivement sans hésiter.Dans l'attente de ce témoignage je vous propose de lire celui-ci qui m'a profondément ému parce qu'il ne représente pas hélas une exception. Nombre de patients sont confrontés à un interminable parcours du combattant avant d'entrevoir une issue favorable. Comment dans un pays où la médecine frôle l'excellence, de telles situations peuvent-elles exister, et même se multiplier? Si l'excellence n'est pas suffisante, il faut tenter de faire encore mieux !
Gilles Orgeret.

"Un manque de suivi médical à l'origine d'une descente aux enfers" par P. H.

"Bonjour !

J’avais besoin de faire part de mon expérience de patient lombalgique chronique. Je ne cherche nullement à polémiquer, mais juste à mettre en évidence des manquements médicaux aux conséquences fâcheuses pour les patients. Voici le résumé de mon histoire. En 2009, à la suite d’un cross à cheval, je me suis retrouvé aux urgences totalement paralysé du dos. On m’a sagement renvoyé chez moi avec antalgiques et anti-inflammatoires. Incapable de marcher pendant une semaine, très douloureux ensuite. Ce fut le début d’une longue descente aux enfers. Sur les clichés, deux disques abîmés : L1/L2 et L4/L5, avec une petite hernie en L4/L5. A priori rien d’extraordinaire. Je souffrais énormément et me bloquais tous les quinze jours. Je n’arrivais plus à rien faire. Après plusieurs prises en charge de court terme par mon généraliste, et quelques séances de kiné de surface puisque je n’étais pas en mesure de faire le moindre exercice, on m’a orienté vers un rhumatologue. Ce dernier a essayé toutes sortes d’anti-inflammatoires et myorelaxants, sans succès. Ma situation se dégradait, ma musculature commençait à fondre. Je n’arrivais pas à avoir de rendez-vous à moins de trois mois. Je devais pleurer pour obtenir de quoi soulager ma douleur. J’ai donc tenté un autre rhumatologue dans un grand hôpital public parisien. Après plusieurs mois d’attente, un bref entretien pour m’entendre dire : « Monsieur, vous avez une simple hernie, votre cas ne m’intéresse pas, en revoir ! » (J’ai refusé de payer.)

J’avais de grosses difficultés à marcher et commençai à ne plus pouvoir conduire du tout. Plus aucune nuit complète, beaucoup de souffrance. Retour vers le premier rhumatologue. On m’a commencé des infiltrations de cortisone, sans succès, voire une légère aggravation. J’ai donc tenté une célèbre clinique privée parisienne spécialisée dans la prise en charge du dos. Là, on a continué les infiltrations de cortisone sans se soucier de la façon dont j’arrivais à atteindre la clinique, ou a rentrer chez moi. A la troisième infiltration je devais prendre un taxi, et je suis quasiment tombé dans les pommes de douleur en arrivant chez moi (50 minutes de trajet). Finalement, devant les échecs, en 2012 on m’a mis la colonne sous pression pour mettre en évidence la hernie (une véritable torture quasiment insoutenable), puis quelques jours plus tard - je ne pouvais plus bouger -, on m’a fait une discographie laser. Là encore énormément de souffrance, peu ou pas de suivi post opératoire. Je devais réclamer auprès des médecins pour obtenir de quoi calmer mes douleurs. J’ai tenté des séances de kiné sans trop de succès (exercices difficiles à réaliser vu mon état physique. Séances inadaptées). J’ai alors vu un chirurgien orthopédique qui a conclu que : « je n’avais pas grand-chose, et qu’il fallait juste rééduquer mon dos ». Corset sur mesure à porter en permanence. J’ai arrêté au bout de trois semaines et 10kg de muscles en moins. Impossible de monter ou descendre un escalier, marche difficile, un zombie gorgé de douleurs. J’étais devenu une épave. Un handicapé. J’ai demandé de l’aide auprès d’un « centre antidouleur » qui m’a renvoyé chez moi en m’expliquant qu’ils prenaient en charge de vrais malades : SEP, Cancers etc…, mais pas une douleur lombaire.

J’ai alors commencé à me remuscler tout doucement et à faire de l’automédication (aspirine 1g le matin plus doliprane en fonction de la douleur dans la journée). Ainsi et avec une ceinture lombaire pour tenir debout, j’ai survécu quelques mois sans trop dormir, totalement déprimé. J’arrivais tout juste à travailler sans bouger. Puis je restais chez moi sans bouger, aucune activité possible.

Voilà comment on fabrique un lombalgique chronique !

Début 2015 j’ai rencontré le kiné Gilles Orgeret. Il m’a remis sur les rails. Exercices adaptées progressifs, exercices avec la colonne sous tension, étirements, exercices en piscine, mais surtout suivi de plus d’une heure deux fois par semaine. Des accessoires pour se soulager, comme les patchs à la lidocaïne ou l’usage de TENS anti-douleur (courants de basse fréquence). Des méthodes inventives : la musculation sous tension en piscine (élongation vertébrale active), les bandes élastiques façon « momie ». L’encouragement pour continuer à travailler malgré les difficultés. Tout faire pour rester le plus actif possible, et se remuscler. J’ai en parallèle repris la natation deux fois par semaine. Le travail est toujours en cours, et il me manque encore un suivi médical correct. Néanmoins je marche plus d’une heure, je peux me promener, aller faire de petites courses à pieds. Je monte et je descends des escaliers de taille raisonnable. Je ne suis pas encore sorti d’affaire, mais je sais que je suis sur la bonne voie.

Ma conclusion est qu'il manque une vraie prise en charge globale des patients lombalgiques, car je ne suis pas le seul à subir une telle épreuve. Nous sommes nombreux, bien trop nombreux. Tout traitement d’un patient souffrant du dos doit se faire avec un médecin, un kiné, de la rééducation, une prise en charge antidouleur, et un accompagnement constant dans le temps jusqu’à la guérison. Sans cela, Aucun acte médical technique isolé ne peut fonctionner, aucune prescription médicamenteuse ne sera suffisante.

Vous me pardonnerez d’avoir été un peu long, mais ma souffrance aussi l'est... un peu longue."

Mal de dos, enfants et adolescents

, 10:40

Les douleurs musculo-squelettiques diffuses touchent près de 8 % de la population préadolescente (ils ont des douleurs « baladeuses », ayant tantôt mal à une épaule, un genou, un coude, etc...), et entre 20 et 50 % des enfants de tous âges se plaignent de douleurs électives au dos, plus ou moins répétitives, avec prévalence chez les filles. Bien que la cause de ces rachialgies soit la plupart du temps bénigne et imputable aux aléas de la croissance, il ne faut pas les prendre à la légère pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il importe de ne pas passer à côté d’une cause grave : infectieuse, inflammatoire, tumorale, puis parce que les éventuels troubles posturaux de la croissance (scoliose, maladie de Scheuermann, spondylolisthésis), doivent être dépistés au plus tôt et traités (consulter mon billet sur la scoliose du 26.09 .14). Enfin il faut bien avoir à l'idée que « le corps se souvient », qu'il n'oublie rien et peut ensuite nous resservir cette souffrance physique à n’importe quel moment de notre vie, avec comme élément déclencheur un événement traumatisant : divorce, deuil, stress au travail (ce qui signifie qu'un conflit psychique peut provoquer un symptôme physique).

L'adolescence est l'âge d'apparition des premiers signes d'usure vertébrale (altérations dégénératives disco-vertébrales). 20 à 50 % des adolescents n'ayant pourtant jamais mal au dos présentent des images de dégénérescence discale, ce qui inquiète d'autant les parents que la plupart des articles publiés sur le sujet font paniquer en pronostiquant qu'ils sont : « l'étape préalable à la lombalgie mécanique de la hernie discale ! ». Il faut bien avoir à l'esprit que la découverte d'une hernie discale sur un dos en souffrance risque de relever de la pure coïncidence, l'arthrose rachidienne n'étant quant à elle pas systématiquement douloureuse, loin de là (billets-blog des 03.05.14 et 19.06.12 et Revue du rhumatisme, monographies – février 2011- Vol.78-n°1.).

En panne d'idée sérieuse, les spécialistes prétendent volontiers que le mal de dos des enfants résulte purement et simplement du port d'un cartable trop lourd, et/ou d'une mauvaise posture trop longtemps maintenue (assis, avachi devant l'écran de tété, une manette de console vidéo en main). Autres causes invoquées : le surpoids (deux ados sur trois sont en surpoids), trop ou pas assez d'exercices physiques, les troubles du sommeil, ou encore une souffrance psychologique. Oui, tout cela est plus ou moins vrai mais ne suffit pas à expliquer la fréquence de ce mal, ni sa persistance quand on a supprimé cartable, console de jeux, et aliments qui font grossir. Par ailleurs les études faites dans ce domaine ne concernent que les sociétés occidentales, et je voudrais bien savoir ce qu'il en est dans les sociétés en voie de développement. Question que je me pose de manière récurrente en regardant sur « Arte » à la télé, cette formidable émission intitulée : « Chemins d'école, chemins de tous les dangers ! », et qui nous montre des enfants obligés de faire des kilomètres à pied au milieu de contrées hostiles, ou de se déplacer en barque et de ramer tout aussi longuement, sans à l'arrivée se plaindre davantage de leur dos que les petits occidentaux.

Le cartable :

Il n'est pas porté suffisamment longtemps dans la journée pour être à lui seul responsable de maux de dos. Pourtant la logique impose d'en contrôler le contenu, un dos en pleine croissance ne devant pas supporter de charges excessives. Mais dites-moi donc ? Les petits français ne sont-ils pas de plus en plus attirés par la « gonflette », la musculation, alors même que de soulever de manière répétitive de lourdes charges est néfaste pour leurs articulations. D'un côté on vide leurs cartables et de l'autre on les laisse soulever de la fonte. Cherchez l'erreur !

Le surpoids :

Un excès de poids chronique endommage plus sûrement les genoux que le dos. Il modifie l'axe du membre inférieur, c'est pourquoi il doit être combattu. Et même si les cellules graisseuses produisent des adipocytokines responsables parfois de douleurs articulaires, ce n'est pas le dos qui le premier est en ligne de mire en cas de surpoids. D'ailleurs les problèmes de dos affectent plus volontiers les adolescents de grande taille et pas forcément en surpoids. Rayon alimentation il ne faut pas zapper le complexe « gluten + lait », mauvais pour les articulations (Sport-Santé-Magazine nov-déc 2014). Nos chères têtes blondes en consomment trop. Un enfant n'a réellement besoin de lait que durant les trois premières années de sa vie. Il faut également savoir que les problèmes de ventre sont à prendre en compte parmi les causes du mal de dos. La constipation notamment étant un fléau que l’on combat en augmentant la part des fibres (manger figues, prunes, ou graisse de lin).

Troubles du sommeil, problèmes émotionnels et comportementaux, induisent aisément des symptômes douloureux multiples et récurrents.

Alors, quelles voies explorer ?

Les brusques poussées de croissance, parfois spectaculaires à l’adolescence, font que l’enfant est en constante recherche de repères anatomiques fiables, et qu’il n’a pas toujours les réflexes adaptés à un corps qui « marche plus vite que lui ». Cela perturbe grandement sa propioception, c'est à dire le « sens de la posture et du mouvement » grâce à des capteurs sensoriels situés dans les muscles, les cartilages et les articulations. Ce sens permet de sentir la position de son corps sans le voir. Le vestibule (élément de l'oreille interne) est également déterminant dans le contrôle de nos postures et de nos mouvements. L'enfant n'a pas spontanément de référence de verticalité ni de détection instantanée de ses mouvements. L'on sait également qu'un défaut avéré d'informations vestibulaires entraîne une hypotonie musculaire de l'axe tête-cou-tronc (déficit de force et de contrôle). Pour lutter contre la déstabilisation suscitée par une telle déficience l'enfant bloque sa tête et se raidit. Il est dépassé par la situation, ce qui entraîne un mal-être le rendant encore plus « maladroit ». Sans information vestibulaire fiable un enfant déploie beaucoup d'énergie à surmonter l'instabilité de sa tête et de son tronc, et si par ailleurs il a des problèmes de vue c'est pire.

La relation est ainsi faite entre propioception et dos, ou vestibule et dos, et donc avec le mal de dos pouvant découler d'un dysfonctionnement de la propioception ou du vestibule. Le test de Romberg évalue la propioception, celui de Fukuda ou bien le Video Head Impulse Test (VHIT) adapté aux enfants évaluent le vestibule.

Autres voies à explorer :

Celles des pathologies vertébrales familiales, du psoriasis, du développement psychomoteur, sont également à explorer. Traitement kinésithérapique.

1 - Prévention, conseils d'hygiène de vie :

Des conseils d'hygiène posturale ne sont utiles que dans la mesure où les parents montrent l'exemple, et que je n'entende plus le fallacieux argument : « Oui mais pour nous, c'est trop tard ! », parce que c'est archi-faux. On peut se corriger à tout âge. Une des premières mesures à prendre est de mettre au rebut la chaise classique, et de la remplacer par un gros ballon de gym. L'enfant devra passer de la position assise passive à la position assise active. Assis sur un siège classique un enfant à tendance à s'avachir, alors que sur ballon il ne le peut pas sous peine de tomber. Il oscille dessus en permanence, ce qui fait travailler les muscles du bas de son corps, l'oblige à contrôler son dos, et renforce son équilibre. Par ailleurs on peut pratiquer bon nombre d'exercices sur gros ballons, certains étant décrits dans différents billets de ce blog.

L'activité physique :

La sédentarité est l'un des exécrables maux de nos sociétés dites évoluées. Ayant écrit un livre intitulé : « Le sport est un médicament bio ! », J. Lyon Éditeur, je ne puis que conseiller aux enfants de se bouger, en choisissant néanmoins un sport adapté à leur personnalité et qui leur plaise. Pas question de chercher à devenir un champion du sport X ou Y, parce que c'était le rêve avorté de papa ou de maman. Par ailleurs, bien entendu, attention aux risques de chutes et traumatismes.

Une chose à savoir : la natation ne soulage pas les maux de dos. D'ailleurs la plupart de nos compétiteurs de haut niveau finissent par avoir mal au dos.

2 - La rééducation que je pratique : (durée totale de la séance : environ une heure).

Il faut avoir le regard d'un posturologue, examiner au préalable l'enfant en sous-vêtements, à la recherche d'un syndrome de déficience posturale. Inspection clinique, détection d'éventuels troubles de la mâchoire (l'articulation temporo-mandibulaire jouant un rôle essentiel dans le maintien de la posture), étude de la statique et de la mobilité rachidienne, examen des membres inférieurs, de la démarche, recherche de l'équilibre yeux fermés, test de Romberg, Fukuda, et bilan neurologique associé à l'examen de la peau à la recherche d’éventuelles « tâches de café » (neurofibromatose).

- Traitement normotensif. J'examine l'enfant debout, face-dos-profil, puis j'apporte les premières corrections normotensives ciblant mâchoire, cou et bassin. Le bassin est le socle, la tête étant l'apex dans le sens astronomique du mot, à savoir : « le point de l'espace vers lequel l'individu se dirige ». Le sacrum quant à lui génère de l’énergie vers le bas. Alors que toutes les parties du corps peuvent être mises au repos, le cou se doit d'accompagner les mouvements du regard. Il ne se repose jamais, et le positionnement de la tête détermine le placement des autres segments corporels. Ensuite j'examine de nouveau l'enfant à la recherche de dysfonctions mécaniques immédiatement corrigeables, et « détense » du bout des doigts, en posant souvent de petites bandes collantes colorées (kinésilogic-tape), comme autant de « post-it propioceptifs ». 4 à 8 bandes au total, maximum 5cm de long sur un à deux de large. Puis, je traite les Trigger Points (billet-blog 04.09.15), les douleurs rachidiennes chroniques en procédant pour beaucoup (O’Sullivan P. it’s time for change with the management of non-specific chronic low back pain. Br J Sports Med 2012 ; 46 : 224-7).

- Traitement acupunctural au laser : Il s’agit par exemple de relancer l’énergie dans le bassin par ouverture du vaisseau curieux de Chong Mai, méridien des attaques.

- Élongation vertébrale : A sec, sur table inclinable (billets-blog des 29.06.13 et 22.04.13), ou bien en bassin selon une modalité dont je suis l'inventeur (billet-blog du 13.10.13).

- Exercices : - En bassin. - Auto-exercices à domicile. - Pour rééduquer le vestibule, un exemple : Yeux fermés, debout, bras tendus le long du corps, pieds joints et pointes des pieds relevées par rapport au talon, tourner la tête de droite à gauche assez vite. Arrêter le mouvement et ouvrir les yeux dès qu’apparaît un vertige. Recommencer plusieurs fois.

- Trois exemples d'exercices à l'espalier, sur gros ballon de gym et sous étroite surveillance du kiné.

Étirement du dos :

IMG_20150710_114214.jpg
- Les mains s'accrochant à un barreau, le plus haut possible, yeux fermés, l'enfant inspire par le nez en gonflant le ventre et en se grandissant, puis il souffle par la bouche en rentrant le ventre et en poussant les fesse en arrière et le plus bas possible (en lordosant).

Deux exercices pour renforcer l'équilibre :

IMG_20150710_114255.jpg

- Yeux fermés l'enfant est assis sur ballon, lequel est lui-même posé sur grande planche oscillante corporelle. L'enfant lève successivement un pied puis l'autre, le tient en l'air quelques secondes, et doit maîtriser son équilibre en se grandissant (mode respiratoire identique à l'exercice précédent).

IMG_20150710_114405.jpg
- Les enfants se font face, yeux fermés. D'un côté ils se tiennent par la main en exerçant une légère poussée, de l'autre ils se tiennent à l'espalier. En parfaite coordination ils font rouler le ballon d'avant en arrière.

Autres exemples d'exercices avec ballon, dans les billets-blog des 14-23-27 décembre 2012.

Vous souffrez des épaules !

, 14:34

Vos souffrez des épaules (rhumatisme, tendinopathie de la coiffe des rotateurs, tendinite d'épaule, hyperlaxité ligamentaire), voici quelques précautions indispensables à prendre au quotidien.

1/Manœuvre de décoaptation de la tête humérale :

IMG_20150526_114015.jpg
Légende :

Quotidiennement, une à deux fois par jour, épaule et coude détendus, balancez d’avant en arrière un sac rempli d’une charge de un-demi kilo (une boîte de conserve par exemple). Il ne s’agit pas de le secouer comme un panier à salade, mais d’imiter le balancier d’une horloge en un doux mouvement de va-et-vient, sur le côté ou légèrement en diagonale par rapport au tronc. Ce mouvement ne doit en aucun cas tirer douloureusement sur l’épaule.

2/Manœuvres d’évitement du conflit sous-acromial :

Lorsqu’une activité oblige à lever les bras en l’air, il ne faut jamais le faire en écartant les coudes. Tous les mouvements latéraux sont à risque pour les épaules, car ainsi on n’a pas de force. Ce sont les mouvements exécutés près du corps qui sont sans risque. Imaginez que vous êtes une figurine en plastique avec des épaules qui ne peuvent aller que d’avant en arrière, aux coudes bloqués en position fléchie. Pour les gestes à faire sur le côté, tournez-vous d’un bloc sur le côté, avec regard fixé sur la tâche à accomplir.

IMG_20150526_114221.jpg
IMG_20150526_114231.jpg
Légende : d’abord je rapproche mes coudes de mon corps.
IMG_20150526_114249.jpg
Légende : ensuite je lève les bras comme sur la photo, puis j’exécute la tâche utile (je fais mes vitres, je cherche un livre sur un étagère, je prends un objet dans un placard, je suspends mon linge à un fil d’étendage, etc).
IMG_20150526_114256.jpg
Légende : enfin, quand j’ai fait ce que j’avais à faire bras levés, je les redescends obligatoirement en rapprochant les coudes du corps.

3/ Ouvrir ou fermer une porte.

NON !

IMG_20150526_114838.jpg
Légende : Mauvais geste ! Pour ouvrir ou fermer une porte, il faut que le coude soit près du corps.
Rappel : tout geste réalisé loin du corps est à risque pour l’épaule !

OUI !

IMG_20150526_114929.jpg
Légende : pour ouvrir une porte (ou saisir un objet un peu lourd), l’épaule lésée étant ici la droite bien entendu, il est utile de le faire en s’aidant de l’autre membre, la main gauche enserrant le poignet droit.

4/ Deux postures à éviter !

IMG_20150526_115041.jpg
IMG_20150526_115117.jpg
Légende : Ces postures spontanément prises sans réfléchir pour soulager son dos ou ses jambes, sont néfastes pour une épaule fragile.

5/ Saisir une charge, la bonne méthode !

IMG_20150526_115522.jpg
IMG_20150526_115528.jpg
Légende : dos droit, genoux fléchis, épaules en arrière, il faut d’abord rapprocher la charge de son corps, avant de la soulever en se redressant par poussée des jambes.

Conclusion.

Il n’est pas nécessaire d’attendre de souffrir des épaules pour les ménager, surtout si vous pratiquez un métier ou un sport qui les surmène. Adoptez dès à présent ces bonnes pratiques qui leur éviteront une usure prématurée, puis enseignez-les à vos enfants.

Lorsque le mal est tenace, difficile à soigner, et que vos activités vous amènent à beaucoup porter, il est également utile d’adopter au quotidien les « anneaux claviculaires » (précédent billet du jeudi 30 octobre 2014).

Quand on souffre du cou on a souvent également mal aux épaules, des difficultés à lever les bras. Les précautions ici présentées sont alors les bienvenues.

Comment masser bébé !

, 12:47

« Voix, toucher, odorat », sont les premières formes de communication parfaitement opérationnelles chez bébé, et ce dès le premier jour de sa vie.

En 2005, sortait chez Chiron Editeur, l’un de mes livres intitulé : « Comment masser bébé, le kidding-massage ! »
Contrairement à d’autres cultures, masser son enfant n’est hélas pas quelque chose de naturel pour nous français. Or, sais t’on qu’un bébé peut présenter un retard de croissance, ou même des atteintes psychomotrices, s’il n’est pas touché ? Le toucher est « structurant » pour sa personnalité, et bénéfique pour sa santé mentale.

Masser bébé peut débuter dès la naissance, à la maternité donc. Plus tôt cela se fera, plus fort sera le lien affectif. Mais ce massage ne doit pas être quelque chose de très élaboré, ni durer longtemps. Cinq minutes environ suffisent (quitte à le répéter deux fois dans la journée).
Si l'on ne sait pas comment s'y prendre (parce qu’on n’a pas lu mon livre, lol !), l'on peut commencer par lui frotter doucement le dos dans son bain, puis après le bain. S’il est trop petit, maigrichon, il faut le faire avec une douceur majorée. Souvent la maman a peur de lui faire du mal en manipulant bébé, surtout si c’est son premier, elle ne sait pas par « quel bout le prendre ». Pourtant, dans certaines régions de l’Afrique sub-sahariennes, dès la naissance on ne craint pas de le suspendre par les pieds pour le fortifier, et il n’y a jamais d’accident. Bébé n’est ni en sucre, ni aussi fragile que l’on pense.
En Afrique du nord (Kabylie, Maroc), bébé est emmailloté durant la nuit jusqu’à l’âge de six mois, et tous les matins sa maman le masse pour « fortifier ses os ». Bien entendu masser ne fortifie pas vraiment ses os, mais l’aide à prendre conscience de son enveloppe cutanée. Il en apprend la texture et les contours.
En Asie, on pratique le massage du début jusqu'à la fin de la vie pour prévenir les maladies.
A la vérité le bien-être ressenti libère des hormones anti-douleurs, et les hormones de bien-être aident à renforcer nos défenses naturelles.

Peut-on masser bébé sur tout le corps ?

Bien évidemment non ! A l’évidence le sexe en premier lieu est un interdit, puis certaines zones réfractaires aux caresses comme aisselles, pli de l’aine, ou derrière le genou. Le ventre aussi pose problème car il est fragile, siège parfois d’une digestion difficile. Mieux vaut le confier à un professionnel. Puis, certains moments de la journée sont plus bénéfiques que d’autres, parce que bébé est plus réceptif. S’il a faim, mieux vaut éviter, ce n’est pas l’urgence du moment.
Mais par exemple après le change, ou dans un petit rituel après la tétée du soir et avant de faire dodo,
Si bébé a séjourné un certain temps dans une couveuse, ou qu'il vous a été retiré à cause d'une infection, il faudra rattraper le temps perdu en lui redonnant confiance en son corps, et le massage est un bon moyen. « Si maman me caresse, c’est que mon corps est gentil en définitive, bien qu’il m’ait fait mal ! » pense-t-il peut-être…

Quelques exemples de massages aisés à réaliser, et que l’on trouve détaillés dans mon livre :
Le « wawabisou ». Maman (ou papa) met ses lèvres à quelques centimètres de la peau de bébé en disant de nombreuses fois : « Wa-wa-wa », et en soufflant comme pour faire de la buée sur une vitre.
Il y a aussi le « bisou du papillon ». Maman (ou papa), met ses cils en contact avec la peau de bébé et ouvre puis ferme alternativement les paupières.

Un conseil : attention à la (bonne) température de la pièce, et au confort (matelas moelleux, couverture).

Si papa ou maman n’a pas « envie » mais se force à masser son chérubin « pour son bien » mieux vaut s'abstenir, car bébé le sentira et n’appréciera pas non plus. Le massage est échange, il y a interaction entre donneur de caresses et receveur.

En conclusion, il serait bon de se poser cette question cruciale : quand on est un bébé devenu vieux, ne meurt-on pas de ne plus être touché, parfois  ?

- page 1 de 3