Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

GillesOrgeret.com, le blog d'un kinésithérapeute : dos, massage, thérapie manuelle, techniques de kiné...par Gilles Orgeret
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les bienfaits du massage

, 09:09


tout le bien-être, toute la détente d'un bon massage par un masseur kinésithérapeute diplômé
(un gif animé du site Bretzel Liquide)

réflexologie plantaire

, 15:42

reflexologie_plantaire_dos.jpg
On peut soulager certaines douleurs en massant les points de la voûte plantaire en rapport avec l'organe de la zone malade.

dessin : Gilles Orgeret

bonne année de massages

, 09:55

bonne_annee__voeux_massage_kine.jpg

que les mains de votre masseur-kinésithérapeute soient douces !

Massage ou papouillothérapie ?

, 10:56

Massage ou papouillothérapie ?

Le massage permet d’activer la circulation locale, d’entretenir une bonne oxygénation tissulaire, son action est décontracturante ou au contraire stimulante, discrètement anti-inflammatoire, hélas sa réelle efficacité en tant que méthode de soin à part entière n’est pas prouvée.

En Espagne, « los massajes » ne sont pas l’exclusivité des fisioterapeutas, mais dans l’hexagone il reste encore l’apanage des MK, qu’il soit à visée médicale ou de confort, sauf que les esthéticiennes par la loi du 13 juillet 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises, ont obtenu « le modelage esthétique de confort sans finalité médicale (article 38) ». On joue sur les mots ! Concrètement les MK ont perdu une bataille en attendant de perdre la guerre. Quelque part, c’était prévisible, du fait d’une perte d’intérêt de la profession pour cette modalité thérapeutique emblématique, devenue trop souvent une ‘papouillothérapie’ sans âme, et peu à peu délaissée au profit d’une mécanisation à tout crin. Il est certes plus rentable et moins fatigant de brancher sur machine quatre ou six patients tous les quart d’heure ! Une minorité d’irréductibles gaulois, des « masseurthérapix », continue de cultiver cet art millénaire, et il faut s’en réjouir. La majorité des français (75%) pense que le massage est affaire de professionnels et qu’il doit être réservé aux kinés.

Les massages à la mode sont le shantala et l’ayurvédique indiens, le massage du Kerala, le do in et le tuina chinois, le shiatsu, le reiki japonais.

Qu’est-ce qui différencie radicalement ces modalités de toucher les unes des autres, alors que si on y regarde de plus près on s’aperçoit qu’il n’y a pas trente six manières de faire. C’est un contact « mains contre peau », une pression plus ou moins forte, une relation plus ou moins intime, puisque le toucher est intimité. C’est tout. Qu’est ce qui fait qu’on est plus attiré par une forme de massage plutôt que par une autre ? Affaire individuelle. On préfère telle méthode plutôt que telle autre parce que notre imprégnation socio-culturelle, notre environnement, déterminent nos choix.



Certaines techniques cherchent à percevoir le mal enfoui au plus profond du soma (la matière) par « palpation-diagnostic » comme la biokinergie, laquelle (prétend-elle) dénoue les tensions musculaires de l’organisme appelées « enroulements tissulaires spiralés » à l’origine (disent-ils) du déséquilibre du système énergétique. D’autres, comme le massage enseigné en école de kiné, sont à simple visée symptomatique (on a mal là, on masse là, alors que souvent la vraie cause est profonde, lointaine). Les manières de masser européennes sont volontiers « techno-logiques », c’est à dire qu’elles s’imposent une rigueur basée sur nos connaissances de la physiologie du corps humain. Les manières africaines quant-à elles, tendent à forger autant le caractère que le corps : le massage doit éduquer, préparer à une vie d’homme (ou de femme). Les manières orientales se préoccupent de l’énergie vitale qui parcourt notre corps au travers d’un réseau de canaux invisibles (les méridiens d’acupuncture) ; elles sont volontiers préventives, et se doivent d’éviter avant tout la maladie. Le principe ayurvédique, d’origine indienne, agit par polarités afin de dénouer l’énergie bloquée dans les chakras (centres énergétiques du corps).

C’est une thérapie énergétique.

Tant qu’on est dans le domaine du modelage de confort, on peut tolérer des théories fantaisistes, mais à partir du moment où on aborde la maladie, c’est terminé. Pour donner un exemple, il ne suffit pas d’être étiqueté masseur, pour être capable de traiter correctement un lymphoedème après chirurgie sur cancer du sein. Il faut être initié au drainage lymphatique inventé par Vodder dans les années mille neuf cent vingt. Hélas, j’ai vu bon nombre de spécialistes en drainage lymphatique, abandonner cette pratique du fait qu’elle est épuisante et surmène à la longue le dos du pratiquant.



Masser en choisissant une posture de confort pour son patient :

Quand on masse le dos de quelqu’un qui en souffre, il faut qu’il soit confortablement installé. Installé sur le ventre, par exemple, on n’est pas à l’aise. Il y a de fort confortables sièges de massages.



Se masser la plante du pied est-il efficace ?



Prétendre soigner un organe malade en se massant certains points du revêtement cutané, s’appelle la réflexologie. La peau est une « carte Michelin de la santé » qui reflète toutes les parties du corps. On trouve une complète cartographie sur : crâne, pavillon de l’oreille, paume des mains, dos, cloisons nasales, plantes des pieds, iris de l’œil. Est-ce que l’on peut pour autant guérir de quoi que ce soit en agissant de la sorte ? Sérieusement non ! Tout au plus peut-on espérer un soulagement temporaire. Ca peut aider à prendre moins de médicaments, et rien que pour ça, c’est bien.



Les pommades : leur intérêt réel ou supposé ?



En cas d’effort sportif il est rassurant de masser en usant d’huiles essentielles de capscicine, de romarin, de gingembre, de ravensare. L’arnica lutte contre les coups. Effet thérapeutique très-très réduit. Quant aux crèmes amincissantes, si les meilleures d’entre elles permettent une diminution des périmètres anthropométriques (jusqu’à deux centimètres de tour de cuisses), c’est essentiellement parce que les client(e)s font parallèlement des efforts pour garantir la réussite de ce challenge qu’est l’affinement de la silhouette (activité physique majorée, petit régime adapté). Les tests d’efficacité de ces produits devraient sérieusement prendre en compte ces paramètres là et non se contenter de mesurer les tours de taille et de cuisses.



Le palper-rouler mécanique.



La vogue de l’endermologie est indiscutable. Il s’agit, sans douleurs, de solutionner les transformations pathologiques du tissu conjonctif en service de cancérologie (pour traiter le lymphoedème), en post-chirurgie, auprès des grands brûlés, en usant d'appareils LPG ou Cellusculpts. Ils luttent efficacement contre œdème, cicatrice, fibrose.

Mais quand il s’agit, comme c’est le cas dans bon nombre de cabinets de Kinésithérapie, de désagréger la cellulite au prix du caviar (entre soixante et cent vingt euros la séance !), de vidanger les adipocytes (cellules graisseuses), il y a arnaque si le patient n'est pas clairement informé des limites du traitement. Bien que le bénéfice soit réel après quelques séances, l’adipocyte (cellule graisseuse) est toujours là, actif et prêt à se gorger de nouveau de graisse au moindre nouvel excès alimentaire. C’est un sac capable au gré des régimes, d’augmenter ou de réduire de quarante fois sa taille initiale.

Métier : kinésithérapeute : le côté « lumineux » et le côté « obscur » !

, 13:35

Le côté « lumineux » et le côté « obscur » de la profession de kinésithérapeute !

En comptant l’année de préparation, les kinés sont définis comme : « Bac + quatre ». La plupart exercent en secteur privé. C’est une profession paramédicale, c’est-à-dire qu’elle dépend d’un médecin prescripteur. Si l’on veut être remboursé à 100 % par Sécurité Sociale et Mutuelle, on ne consulte un kiné que si un médecin prescrit les séances. Le nombre de ces séances et leurs modalités sont en principe laissés à la convenance du kiné, bien que le médecin puisse orienter ce choix, réclamant spécifiquement par exemple : conseils de prévention, massages, exercices en piscine ou à sec, etc.
Durée officielle des séances : une demi-heure.

Les reproches :

- Le principal reproche que l’on puisse faire au kiné est de traiter le symptôme : « Vous avez mal là, on vous masse là ! », la vraie cause étant souvent éloignée de la zone qui fait mal, cachée, voire mystérieuse. De plus il a une fâcheuse tendance à bâcler ou à zapper les « bilans-kiné » permettant de choisir le traitement le mieux adapté.

Donnons l’exemple du mal de dos commun : quand on sait que sa véritable cause n’est connue que dans cinq pour cent des cas, comment oser prétendre le soulager en se contentant de promener dessus une sonde à ultra-sons durant quelques minutes alors que le seul effet avéré des Ultra-Sons est défibrosant (le mal de dos n’est pas un problème de fibrose), ou en faisant pratiquer trois/quatre exercices à la va-vite, souvent inadaptés, comme le renforcement des abdominaux qui a le tort d’augmenter les contraintes lombo-sacrées, de favoriser la délordose (atténuation de la cambrure des reins) et d’augmenter par là même le mal au lieu de le soulager ( pour plus d’infos, lire : « Mal de dos : vérités et mensonges. » J Lyon Editeur) ? Il faut plutôt rééduquer le caisson lombo-périnéo-abdominal (l’abdomen), dans son ensemble « contenant/contenu » !

- Par ailleurs il utilise trop de machines, pas suffisamment ses mains. Pourtant le toucher est irremplaçable, il crée le lien, apaise. Il sollicite également la sensibilité profonde (perception du mouvement et de la position dans l’espace des différentes parties de notre corps) souvent déficitaire quand on est malade ou handicapé.

- Enfin, sur la demi-heure due, le traitement effectif dépasse rarement le quart d’heure… Que voulez-vous soigner efficacement en un quart d’heure ??? Comme du coup, la guérison se fait attendre, on multiplie les séances à l’infini... avec pour seul résultat de creuser encore plus le déficit de la sécurité sociale !!!

- Dans certains domaines où le kiné était particulièrement apprécié, comme le désencombrement bronchique des nouveau-nés, plusieurs études ont malheureusement démontré qu’il n’en était rien (Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62). A ce sujet, se référer à mon précédent billet édité dans ce Blog.

- Dans bon nombre de cabinet c’est le travail à la chaîne. Les patients sont installés dans une salle, on leur pose des électrodes « là où ça fait mal » durant un quart d’heure, ensuite ils passent à la caisse. Les kinés ne les touchent même plus, ou alors ce sont des papouilles expédiées en trois minutes. Etonnez-vous après ça que le kiné ait perdu l’exclusivité de l’art du massage, les esthéticiennes pratiquant par exemple le « modelage » qui en est une forme déguisée.

Au crédit du kiné :

- Il garde une bonne image auprès de la population, il est apprécié, et c’est énorme quand on connait le poids du facteur psychologique dans la plupart des maladies. On consulte une fois son médecin, puis on est entre les mains de son kiné pour dix, quinze, quarante séances, ce qui permet de tisser des liens. Il écoute, rassure.

- Bon nombre de kinés sont aussi Ostéopathes, ou bien se forment à d’autres méthodes fort utiles (Maitland, Chaînes musculaires, rééducation périnéale, Normotensive …), ils sont « multi-tâches », accumulant les compétences.

Prenons des exemples :

Votre pathologie nécessite l’usage de cannes : le kiné vous aide alors à choisir celles qui sont le plus adaptées à votre handicap et vous montre comment les utiliser. Il peut également fabriquer un petit appareillage (collier cervical, attelle).

Vous êtes malade, fragile, et voulez faire du sport : le kiné est à même de vous conseiller ceux que vous pouvez pratiquer, et de vous apprendre comment vous ménager dans les activités de la vie quotidienne.

Dans bon nombre de pathologies comme en neurologie, en traumatologie (les accidents), en cardiologie, en gynéco-obstétrique, il éduque, remet son patient d’aplomb en suivant un protocole rigoureux en rapport avec la pathologie concernée, et en étroite collaboration avec le personnel soignant. Il aide son patient à se rétablir et à se réinsérer au plus vite dans son environnement socioprofessionnel.

Enfin ses soins sont remboursés aux assurés sociaux, ce qui le rend accessible au plus grand nombre.

Conclusion :

Tous les métiers ont leurs attraits, dénoncer leurs dérives permet de les corriger. Nous avons la santé de nos patients entre les mains, nous-nous devons de leur donner le meilleur, en les préservant du pire. En aucun cas la profession ne peut être un business.

Fin