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Rééducation en neurologie

, 10:29

( suite du billet : Rééducation en gynécologie-obstétrique )

Dans ce secteur, les pathologies sont classées en deux groupes. A savoir les atteintes périphériques, celles du nerf ou neurone périphérique (polio, polynévrites), et les affections centrales pour la moelle et le cerveau (Hémiplégie, Parkinson, sclérose en plaques, infirmité motrice cérébrale, paraplégie et tétraplégie, ces dernières pathologies relevant le plus souvent d’une atteinte traumatique). La SEP (sclérose en plaques) est une affection dans laquelle la gaine isolante entourant les nerfs est détruite. Certains mouvements deviennent difficiles à exécuter, incoordonnés.

Si la rééducation des affections périphériques peut relever de modalités assez classiques (prévention de l’enraidissement articulaire et des attitudes vicieuses, massages, récupération progressive de la force musculaire, travail global à sec ou en piscine), dans le cas des atteintes centrales le MK (Masseur-Kiné) se doit de pratiquer certaines techniques portant le nom de leur inventeur. Il s’agit principalement des méthodes Kabat, Bobath, Perfetti, Brunnstrom, Carr et Shepherd. Le MK lambda se contentant de mettre en pratique ses connaissances scolaires, ne sera tout simplement pas à la hauteur. Passez votre chemin !
La rééducation tient ici une place majeure et il n’est pas question de s’occuper de plusieurs patients en même temps, ou d’y passer dix minutes. Le projet thérapeutique implique une prise en charge préventive ou curative axée sur les limitations articulaires, fonctions respiratoire et motrice, marche, équilibre (contrôle des chutes). De plus, bon nombre de malades sont profondément atteints psychiquement, il n’est pas question d’ignorer ce problème en se disant : « Je n’ai pas le temps, laissons cela au psy !»
L’ergothérapeute de son côté, a une place primordiale, et s’occupera des fonctions cognitives (intellect).

Para et tétraplégies :
La paraplégie est la paralysie partielle ou complète des membres inférieurs, éventuellement du tronc. La tétraplégie étant la paralysie des quatre membres, elle aussi partielle ou complète. En période d’alitement ou de consolidation osseuse, le sujet se trouve cocooné par une équipe chirurgicale et médicale spécialisée qui suit un protocole rigoureux, bien codifié. Les manquements aux règles, les négligences, sont rares du fait de la multiplicité des systèmes de contrôle. Si un soin est bâclé, si un bras, une jambe s’enraidit en mauvaise position par exemple, si une escarre apparaît (blessure par compression sur une zone d’appui, et qui peut devenir très profonde quand la personne alitée n’a pas été régulièrement positionnée), l’un quelconque des participants de l’équipe s’en rendra rapidement compte, et interviendra.
A la sortie de ces services pointus, compétents, le blessé médullaire a tout appris de ce qui est nécessaire à l’optimisation de son autonomie. La mobilisation passive des articulations du niveau sous-lésionnel (en dessous de l’atteinte nerveuse), ainsi qu’une verticalisation régulière sur «stand up» ou plan incliné (on remet le sujet progressivement debout) afin d’éviter les troubles thrombo-emboliques, sont ensuite poursuivies en ambulatoire dans un cabinet, ou dans un centre paramédical.


Maladie de Parkinson :
La maladie de Parkinson se caractérise par trois symptômes qui sont, tremblements de repos, rigidité, et raréfaction des mouvements. Appuyé par de solides bilans, l’objectif rééducatif est de conserver l’autonomie par des mouvements actifs et passifs de toutes les articulations du corps, des exercices d’équilibration, précédés de massages afin d’atténuer les douleurs. Le contexte psychique, là aussi est en général assez lourd. Il faut en tenir compte. En 2011, j’ai contribué à un ouvrage collectif en langue anglaise, où je propose un type de rééducation neuve et originale, consultable sur ce blog.


Hémiplégie :
C’est une affection neuro-motrice concernant la moitié du corps (visage, tronc et membres d’un même côté), dont l’origine est une atteinte cérébrale. Sa cause la plus fréquente est un accident vasculaire cérébral. Les troubles associés sont ceux de la parole, perception visuelle, sensibilité, l’intellect. Après les soins d’urgence, il s’agit de trouver la méthode rééducative la mieux adaptée. C’est là que ça se corse car les kinés ne savent plus à quel saint se vouer. Après sainte «Bobath» mise à bas de sa stèle après des décennies d’adoration, voilà que débarquent saints «Perfetti », «Brunnstrôm», «Carr et Shepherd», qui lui sont préférés.
La rééducation de l’hémiplégique est sans doute la plus complexe qui soit. D’où nécessité de faire un bilan complet, et ensuite de passer beaucoup de temps avec son patient qui est parfois long à la détente, ainsi que réceptif à certaines heures de la journée seulement.
Outre le kiné, il y a les ergothérapeutes qui interviennent, s’occupant des fonctions cognitives (intellect), de la récupération du membre supérieur, ainsi que psychomotriciens et AMT (aides médico-techniques).


Arnaques rééducatives
L’une de mes patientes la quarantaine, cadre de santé dans un service de rhumatologie en clinique, souffre d’un syndrome cérébelleux entraînant de sérieux troubles de l’équilibre. Avant d’être hospitalisée dans mon hôpital, elle a bénéficié de soins chez un kiné de ville qui se contentait de lui demander de monter sur une petite planche à bascule (plateau de Freeman), et de tenir l’équilibre pendant vingt minutes, sans surveillance. C’est tout ! Dans ce cabinet, le «turn over» est de dix clients, toutes les vint minutes. Bien que trente séances lui aient été prescrites, elle arrête au bout de dix, parce que : «ça ne lui fait rien». Quand cette malade a découvert en quoi consistait une séance «normale», croyez-vous qu’elle en ait voulu au MK escroc ? Que nenni ! Rares sont ceux qui s’insurgent. Ils subissent sans état d’âme leur thérapeutique bâclée. L’arnaque est en dehors de leur champ de conscience. La plupart du temps, plus leur pathologie est grave, plus ils se sentent dépendants, moins ils ont d’exigences. Pourquoi ? L’une des raisons sans doute est que leur sens critique est émoussé. S’ils se mettent à désespérer du « magnifique » système de santé à la française, le «meilleur du monde», ils sont perdus, il n’y a plus d’espoir. Une autre raison est qu’ils mobilisent toutes leurs forces contre la maladie. Ils n’en ont plus pour se défendre contre le système qui les gère. Leur pathologie occupe tout leur espace, ils ne peuvent tout simplement pas tout gérer.


Dernier exemple détestable : traiter une scoliose effondrée chez une personne de cinquante ans atteinte d’une SEP depuis l’âge de onze ans, par l’application de «quatre électrodes» sur le dos (comme si le courant pouvait régénérer les nerfs !) pendant un quart d’heure, trois fois par semaine ! Il ne faut certes pas fatiguer ces personnes sous peine de déclencher une crise, mais de là à bâcler…

Prochain billet : rééducation en Pédiatrie.

Choisir le mot juste : qu'entend-on par « tonus musculaire » ?

, 15:47

Certains articles de presse grand public titrent : « Retrouver son tonus musculaire ! » (après une maladie ou un effort physique par exemple.).

Ceci relève d’une faute de sens étant donné que notre tonus ne dépend pas de notre volonté.

Il faudrait titrer : - La « récupération physique » après l’effort du sportif.

Ou :

- Le renforcement de la « tonicité musculaire » du sédentaire.

Définition :

Le tonus musculaire définit l’état de légère tension musculaire nécessaire, constant, inconscient, qui s’oppose à la force de pesanteur terrestre. C’est à dire que sans tonus, en raison de sa force la pesanteur aurait tendance à nous écraser au sol en petit tas inerte.

Le personnel médical (notamment les ergothérapeutes) teste parfois le tonus de certains patients, afin d’évaluer leur capacité à la réalisation d’actes de la vie courante.

On parle d’eutonie pour nommer le tonus d’un sujet normal, tandis que les états anormaux du tonus sont appelés : hypotonie, ou hypertonie (musculaires).

En cas d’hypotonie on est « mou », comme dans la maladie de Guillain-Barré, dans les paralysies flasques.

En cas d’hypertonie on est « raide » (hypertonie plastique de la maladie de Parkinson. Hypertonie spastique de l’hémiplégie).

L’absorption régulière de nombreux médicaments expose aussi de manière transitoire à des troubles du tonus. VastarelR (Trimetazidine) par exemple, utilisé en cardiologie, fait risquer des troubles parkinsoniens, c'est-à-dire un excès de raideur musculaire.

Rehabilitation by Normotensive Therapy in Parkinson's Disease

, 08:39

En guise de nouveauté, il y a la sortie en décembre 2011, d'un ouvrage collectif à l'international, en anglais uniquement, auquel j'ai participé. Il s'agit de :

"Parkinson's Disease. Book 6. INTECH Editor, ISBN 978-953-307-1420-8."

Je vous propose ici la lecture de ma partie, intitulée : Rehabilitation_of_patients_suffering_from_parkinson_s_disease_by_normotensive_therapy

Il est également disponible en version papier et consultable sur internet à l'adresse : http://www.intechopen.com/articles/show/title/rehabilitation-of-patients-suffering-from-parkinson-s-disease-by-normotensive-therapy]

Amicalement.

Gilles Orgeret

Apport de la thérapie normotensive dans le traitement de l’hémiplégie et de la maladie de Parkinson

, 17:00

Apport de la Thérapie Normotensive dans le traitement de l’hémiplégie et de la maladie de Parkinson
Gilles Orgeret 1, Thierry Gavardin 2, Guy Hoffmann 3 1 Masseur Kinésithérapeute, CHI Poissy.
2 Médecin de médecine physique et de réadaptation fonctionnelle, chef du service de rééducation, CHI Poissy.
3 Masseur Kinésithérapeute, Bagnières de Bigorre.
Tirés à part : Gilles Orgeret
4 Service de rééducation, CHI Poissy, 78303 Poissy Cedex

Résumé

Les atteintes neurologiques centrales s’accompagnent fréquemment de désordres orthopédiques, eux-mêmes majorés lorsque le patient souffre de séquelles d’affections plus anciennes, en particulier rhumatismales dégénératives, du fait de leur fréquence. Au nombre des handicaps, on retrouve les adhérences des structures capsulo-ligamentaires, vectrices d’enraidissement et les rétractions secondaires au manque de sollicitation des structures péri-articulaires.

Ces tableaux complexes sont générateurs de douleurs d’attitude, d’impotence fonctionnelle, et de troubles sensori-moteurs. Le traitement normotensif contribue, du fait de sa spécificité, à renforcer grandement les afférences proprioceptives. Il permet de restaurer une plus grande liberté scapulo-thoracique, d’améliorer la ventilation souvent perturbée par un déficit d’ampliation thoracique, d’atténuer l’attitude en cyphose chez le parkinsonien notamment, et donc de bonifier le tableau fonctionnel, les réactions posturales, la démarche, l’équilibre, ainsi que les douleurs d’attitude.

Dans ces deux pathologies que sont l’hémiplégie et la maladie de Parkinson, il importe d’optimiser les activités motrices, dans un but de plus grande autonomie et la thérapie normotensive y participe.

Plan

La thérapie normotensive (-)

Le toucher déclenchant

Le toucher détenseur

L’hémiplégie acquise (-)

Définition

Prise en charge rééducative

Prise en charge normotensive

Traitement de la face

Un exemple de traitement costal :

Traitement du membre supérieur

Traitement normotensif du membre inférieur

La maladie de Parkinson (-)

Définition

Rééducation

Orientation du traitement normotensif

Un exemple de modelage normotensif de cyphose raide (figure 9)

Conclusion

RÉFÉRENCES

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