Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

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Encore un article de presse sur le dos qui désinforme ou lieu d'informer !!!

, 15:54

Dans son numéro de janvier 2017 (N°838 BIS) et présenté en une de couverture, Sciences et Avenir publie un article sans science ni avenir.

Le titre en est : « Tout comprendre sur le mal de dos » . Il débute par ces mots : « Hernies discales, fractures, scolioses…. Les lombalgies, dont souffrent huit français sur dix, ont des causes multiples… Faut-il opérer ou non ? ».

A l’évidence le thème de l'article (en page dix) est la lombalgie commune ou la lombo-sciatique, mais le journaliste fait d'emblée une confusion. Le terme « lombalgie » signifie qu'on souffre du bas du dos, alors que hernies, fractures, scolioses concernent n'importe quel étage vertébral. Par ailleurs la scoliose la plus commune, la scoliose idiopathique des enfants, n’est pas en soi douloureuse. Elle ne provoque pas de lombalgie même située à l'étage lombaire.

Je cite :
« Face à un lumbago ou une sciatique (J'avais raison, l'article ne concerne que le bas du dos), le traitement classique suffit en général à soulager la douleur : du repos …/... et si la salutaire récupération – la position allongée -».
Il est malheureusement démontré que le repos au lit à peu d 'effet. Le lit amollit et provoque un déconditionnement neuromoteur.

Je cite encore :
« Le plus souvent le mal est localisé aux muscles .../... mais tout change si les disques intervertébraux souffrent ».
Même lorsque le disque intervertébral est touché, ce sont les muscles qui font mal. Les spécialistes incriminent aujourd'hui essentiellement les Trigger Points (lombalgies chroniques, aurions-nous tout faux ? O'Sullivan P. Its's time for change with the management of non-specific chronic low back pains. Br J Sports Med 2012;46:224-7). A consulter, en lien ci-dessus, mon billet sur ce blog qui en traite.

En cas de lombalgie commune non spécifique, même si la radio dévoile une grosse hernie, toute crise douloureuse relève de la loi du « tout ou rien » ; c'est à dire que la crise douloureuse est imputable soit aux apophyses articulaires postérieures, soit à la hernie. Puis on guérit de sa crise même si la hernie est toujours là. Par ailleurs bon nombre de personnes ont d'énormes hernies et n'en souffrent jamais. On les dit : « asymptomatiques ». Lorsque sont énoncés les principales causes d’une lombalgie commune, il faut avoir à l'esprit que l’on ne connaît la vraie cause que dans cinq pour cent des cas. Le diagnostic est la plupart du temps incertain.

Dans l'article, pas un mot sur les dévastateurs remaniements cérébraux accompagnant les douleurs chroniques (Bases neurtologiques des douleurs. Gwilym S et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after atrthroplasty. Arthritis Rheum 2010;62:2 9306-40).

En page 14 et dans un encadré intitulé : « S'y retrouver dans la jungle des praticiens », s'agissant de la kinésithérapie, il est dit : « Titulaire d'un diplôme d’État (3 ans) ». Or l’arrêté paru le 16 juin 2015 précise que le recrutement de toutes les écoles kiné à partir de la rentrée 2016-2017 se fera exclusivement par Paces (première année commune aux études de santé), Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), L1 Sciences. Par ailleurs, depuis la réforme de la rentrée 2015, la durée de la scolarité en IFMK (Institut de formation en Masso-Kinésithérapie) est passée de trois à quatre ans.

Plus bas, dans la même colonne, est seulement citée la Méthode Mézières, alors que la « grande Françoise » luttait contre la lordose (le creux des reins). L'unique méthode aujourd'hui officiellement validée et pratiquée par tous les kinés est la méthode McKenzie, qui fait travailler... en lordose... Pas un mot sur elle, curieux.

En ce qui concerne l'ostéopathie, est écrit: « Discipline exercée par des médecins et des kinés... la pratique s'est ouverte à des non-professionnels de santé depuis la loi Kouchner (2002) » Faux, archi-faux ! Apparue en France dans les années soixante grâce à des praticiens formés aux U.S.A ou au Royaume uni, Il y a toujours eu des ostéopathes non médecins, non kinés, de par le monde depuis que cette discipline a été créée par Still au dix neuvième siècle. Kouchner n'a fait que reconnaître cette pratique largement répandue dans l'hexagone.

A risque de devenir barbant, je vais arrêter là ma critique bien qu'il y ait encore beaucoup à dire.

Programme court d’exercices d’équilibre à haut niveau d’exigence

, 06:15

Un entrainement intensif de l’équilibre induit des effets bénéfiques à long terme sur la plupart des maladies et permet d’éviter les chutes chez les personnes à risque, notamment chez le sujet âgé. Le sportif quant à lui est nettement plus performant.

Une question me vient à l’esprit… Lorsqu’un enfant veut faire du judo (ou tout autre sport sollicitant grandement l’équilibre), est-ce qu’on teste son équilibre avant ? C’est pourtant essentiel et il existe des tests simples (Romberg, Fukuda, station unipodale, Tinetti). Si son équilibre est précaire il risque de se blesser en chutant, et de toute manière ne sera pas performant dans la pratique de ce sport où les chutes sont répétitives et la nécessité au départ d’un bon équilibre, évidente.

Les capteurs propioceptifs qui nous permettent de maîtriser notre position dans les trois plans de l’espace, sont particulièrement denses au niveau de la partie supérieure du cou. Leur lésion lors de certains processus pathologiques (chutes sur la tête, arthrose, blocage, séquelles d'entorse vertébrale), explique l'existence de troubles de l'équilibre. Par ailleurs dès trente-cinq ans chez tout-un chacun, malade ou en bonne santé, les capteurs propioceptifs vertébraux sont moins performants. C’est pire en cas de mal de dos chronique ; on ne se tient pas bien et on n’en est pas conscient.

Conseils dans la réalisation des exercices ici proposés :

Il ne suffit pas de singer un exercice pour qu’il soit efficace. Il faut savoir ce qu’on recherche : volonté de puissance, de restitution de force explosive, ou comme ici d’équilibre. Puis lors des exercices, il faut répartir harmonieusement entre les différentes articulations de l’appareil locomoteur les contraintes (forces) subies.

Un bon sportif écoute son corps. Exemples :
« Que me dit mon dos ? La posture adoptée durant l’exercice ne le surmène-t-elle pas ? »
« Dans cette position je réveille une tendinite un peu oubliée dans la cuisse. Il me faut donc la modifier… Là, c’est mieux ! »

Le port de la tête est essentiel : Tête trop en avant il y a risque de souffrance des épaules, trop en arrière du cou.
De temps en temps fermez les yeux. Certaines pratiques yeux fermés en équitation ou au Tai Chi, sont excellentes pour bien renforcer son équilibre.
Soyez prudents !
Il ne s’agit pas de tomber en réalisant les exercices ici proposés. Sur les photos il y a des cordelettes accrochées à un barreau de l’espalier pour se tenir, si besoin.
Pratiquer de préférence pieds nus, car les capteurs de l’équilibre sont très nombreux au niveau de la sole plantaire. Le port de chaussures a nettement amoindri le sens de l’équilibre du « chasseur-cueilleur » primitif que nous sommes encore.

Pour augmenter la difficulté des exercices, porter des chevillères lestées de 1 à 2 kg.
Bien entendu tout le monde n’a pas à sa disposition une planche oscillante corporelle comme celle des photos. Pourtant cela ne coûte pas cher à faire fabriquer (environ 80 euros).
Ses dimensions : 190x90cm. Hauteur du plateau 65cm.
Tous les clubs sportifs devraient en posséder une !
Sinon on peut toujours pratiquer sur gros ballon de gym seul. La difficulté est moindre qu’avec la planche oscillante mais conséquente.

Si on n’a pas d’espalier, on peut se tenir à une barre fixée au mur. Bien gonfler le ballon (à la station de gonflage auto).

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Debout sur gros ballon, lancer plusieurs fois de suite une jambe en arrière, puis sur le côté. Changer de jambe d’appui.

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A genoux sur ballon, déplacer le bassin de droite à gauche. Puis bouger les fesses d’avant en arrière. Recommencer.

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Rouler le ballon d’avant en arrière avec la jambe en appui dessus, yeux fermés.

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Rouler le ballon d’avant en arrière, yeux fermés.

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Flexion-extension du genou sur jambe d’appui plusieurs fois de suite en gardant le dos bien droit. Puis se mettre plusieurs fois en flexion du genou côté jambe d’appui et garder la position trois à quatre secondes avant de se redresser. Changer de jambe d’appui.

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Soulever les jambes, puis les écarter et les rapprocher alternativement plusieurs fois de suite.

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Gainage. C’est-à-dire position du corps maintenue avec appui sur la pointe des pieds, puis sur un seul pied.

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Idem que l’exercice précédent en faisant osciller la planche de droite à gauche avec les coudes.

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Fesses surélevées, soulever alternativement chaque jambe en la maintenant en l’air plusieurs secondes.

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Lever ensemble jambe gauche et pied droit ; tenir la position quelques secondes. Puis lever jambe droite et pied gauche.

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Même exercice que précédent avec chevillères lestées pour en augmenter la difficulté.

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Exercice debout comme sur la deuxième photo, mais avec chevillères.

Bon courage. Que l’équilibre et la force soient avec vous !

Transplantation de cellules souches en cas de lombalgies (mal de dos) rebelles

, 15:43

Quand on a des lombalgies à répétition, souvent insupportables, causées par une hernie discale, c'est-à-dire qu'un petit bout de disque intervertébral (cette galette caoutchouteuse présente entre chaque vertèbre et faisant office d'amortisseur) est sorti hors de son logement et vient comprimer une racine nerveuse, si aucun traitement conservateur n'a d'effet durable (kiné, acupuncture, ostéopathie, gymnastique adaptée) la solution proposée est souvent chirurgicale.

Hélas, après l'opération l'espace entre les deux vertèbres ciblées est réduit, le disque aplati, et les articulations interapophysaires prennent le relais de la souffrance ; elles sont soumises à plus forte contrainte, s'usent, et le conflit avec la racine nerveuse reprend de plus belle. D'autant qu'en matière de crise douloureuse aiguë à ce niveau c'est la loi du « tout ou rien » qui prévaut C'est à dire qu'une fois sur deux c'est le disque qui seul s'exprime, autrement ce sont les articulations interapophysaires.
Quand le chirurgien opère il retire la portion de disque qui fait hernie, sans se préoccuper de l'usure interapophysaire.
Il ne traite donc que la moitié du problème.

1- Présence d'une hernie discale intervertébrale

Des chercheurs Allemands ont expérimenté la transplantation autologue de cellules de disque intervertébral (TACD) pour régénérer les disques intervertébraux. Dans un premier temps la hernie est ôté par procédure chirurgicale (méthode mini-invasive), puis ce petit bout de disque intervertébral est expédié à un labo qui prélève des cellules pour les multiplier par culture. Il n'y a plus ensuite qu'à réinjecter ces cellules dans le disque aplati du sujet donneur. Elles vont se multiplier et redonner volume ainsi qu'élasticité au disque lésé.

2- Absence de hernie discale

Des chercheurs Espagnols en thérapie cellulaire (RéseauTerCel), ponctionnent de la moelle osseuse dans l'os de la hanche (os iliaque), pour la réinjecter ensuite dans un disque intervertébral aplati, gravement endommagé, mais qui ne fait pas hernie.

Conclusion

Malheureusement toute douleur durable chamboule le cerveau (billet sur ce blog du 25.10.2015 : « Douleurs chroniques, traiter le corps ne suffit pas ! »). C'est un peu comme pour les « douleurs de membre fantôme » des amputés ; quand on vous coupe une jambe ensuite vous pouvez par exemple avoir des douleurs précisément localisables au niveau du gros orteil (absent), ou à la plante du pied (absente). Même si tout va bien localement le cerveau disjoncte parfois sans cause connue, et prétend le contraire en vous envoyant le message « mal de dos ».

Une rééducation spécifique impliquant la dysfonction cérébrale s'impose donc dans tous les cas, protocole que peu maîtrisent.

Alors si nous ne sommes que dans la case « recherche », c'est-à-dire expérimentale, réservée à quelques uns, pourquoi ce billet ? Parce que bon nombre de gens souffrant du dos de manière insupportable et durablement ont le droit de savoir que la science progresse.
Ce qui me plaît dans cette démarche de soins est la cible. Il s'agit de redonner du volume à un disque intervertébral abîmé, écrasé. Si on le laisse tel quel, il y a de grandes chances pour que l'usure se communique au fil du temps à toutes les structures environnantes, induisant souvent une hernie ou un affaissement au dessus ou au dessous.

A suivre....

Scoliose idiopathique de l'enfant : la science progresse à l'amble de ce que j'affirme et préconise en matière de rééducation !

, 08:39

Le 3 décembre 2015, lors d'un congrès parisien célébrant le 15 ème anniversaire de la Fondation Yves Cottrel, et dont le thème était : « Scoliose : la recherche à un tournant de son histoire ! », sujet ensuite repris dans le magazine « Le Point » du 03-12-2015, il a été dit qu'on a découvert un gène responsable de certaines formes familiales de scoliose idiopathiques (équipe du Professeur Ederly. CHU de Lyon). Il y aurait notamment mutation sur le gène 5 (et ce ne serait pas le seul à être impliqué), ce type de mutation favorisant le pronostic évolutif de la scoliose.

Quant au développement de cette déformation vertébrale à l'adolescence, outre le rôle de certains facteurs hormonaux (incrétines, estrogènes), est évoquée la voie neurosensorielle (équilibre du corps, sa perception dans l'espace ; symétrie droite-gauche), des anomalies de la propioception ainsi que des altérations de l'oreille interne ayant été mis en évidence.

Tout cela va dans le sens de ce que j'ai toujours affirmé et que je préconise dans ce blog. Au travers d'un premier billet d'abord, daté du 29-04-2014 : « Scoliose de l'enfant ! », puis, le 10-01-2016, sous le titre : « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace ! ».

Le livre à substratum scientifique sur lequel je travaille, mais qui ne sortira pas avant deux ou trois ans en librairie faute de temps pour m'y consacrer davantage, proposera une thérapeutique complète et parfaitement adaptée.

Douleurs chroniques, traiter le corps ne suffit pas…

, 16:09

On dit souvent que les douleurs chroniques « c’est dans la tête », du coup certains sujets souffrants en concluent qu’ils sont un peu « dingos ». Bien sûr que non.

Un article de la revue Rhumatologie Pratique, publié en juin 2011 et intitulé : « Bases neurologiques des douleurs », précisait que plusieurs études Scientifiques mettaient en évidence des altérations morphologiques du cerveau chez le sujet douloureux chronique, avec notamment une atrophie du thalamus*. Atrophie signifie qu’il y a diminution de volume. Le thalamus s’est donc racorni, ce qui n’est pas anodin quand on connaît le rôle de ce noyau gris central. Il gère à la fois douleurs, postures et mouvements. C’est un peu comme si l’on avait un virus dans le disque dur de la tête. Certains jours il est inopérant et tout se passe bien, on bouge, on se déplace sans problème, mais il suffit que le virus s’active sans qu’on sache pourquoi et comment, pour qu’en exécutant un geste anodin du quotidien on se bloque et que se ravive la douleur qui nous est propre.

Ainsi est-il aisé de comprendre par exemple que si l’on souffre du dos en raison d’une hernie discale, et qu’un chirurgien affirme qu’en l’ôtant la douleur s’en ira aussi, il s’agit d’un vilain mensonge. Il faudrait lui rétorquer : « Qu’allez-vous faire pour soigner mon thalamus largement impliqué dans mes douleurs chroniques ? Car sinon les douleurs vont revenir de plus bel ! ». Le chirurgien serait bien embêté pour répondre car il n’en sait rien. Pareil pour l’ostéopathe qui vous manipule et prétend : « Ca y est, vous êtes guéri ! ».

Le thalamus envoie des impulsions électriques appelées onde alpha d’une fréquence comprise entre 8 et 12 hertz, lesquelles modulent les sensations corporelles. Lorsque l’esprit se concentre sur une partie du corps, celle qui fait mal par exemple, il a été démontré que les ondes alpha diminuent sur la zone correspondante du cerveau ; la douleur baisse. Donc méditation, hypnose médicale sont de bonnes solutions pour rééduquer son thalamus… mais pas que... Il faut également radicalement modifier ses mauvaises postures (notamment la station assise, thème abordé plusieurs fois sur ce blog), consulter un professionnel de santé initié à la thérapie manuelle, et travailler l’équilibre yeux fermés pour stimuler la voie bulbo-thalamique.

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Un exemple d’exercice sur plateau instable. Le sujet ferme les yeux. Il se concentre sur la zone de son corps qui fait mal en recherchant le positionnement du corps permettant de l’atténuer. S’il s’agit des lombaires, il lui faudra par exemple plus ou moins cambrer les reins en durcissant les abdominaux, puis tenir la posture un certain temps.

Yoga et méditation

Une amie m’a dit dernièrement : « Le yoga me fait beaucoup de bien pour mes douleurs ! », mais en quoi consiste réellement son yoga, car en occident on a tendance à le considérer comme une sorte de gymnastique douce et relaxante pour l’esprit, ce qui est considérablement réducteur.
Il importe d’en énoncer les cinq principes fondamentaux et indissociables :
L’exercice doit être approprié, la respiration adaptée à l’exercice, tout ceci en mode relaxation, l’esprit ne devant pas vagabonder. Alimentation et méditation sont les autres points forts de cette pratique. Il existe plusieurs façons de méditer certaines postures y aidant mieux. On use également de sons claironnés à haute voix, on visualise des images, des couleurs.

Hypnose médicale

Hypnos signifie « sommeil » en grec, mais dans la pratique de l’hypnose médicale on ne s’endort pas. Le praticien induit chez son patient un état modifié de la conscience. Ce dernier se relaxe, ses sens s’engourdissent. Afin d’atténuer une douleur, il s’agit ensuite par exemple pour le patient de se projeter dans son imaginaire, à la recherche d’un souvenir agréable et d’une façon telle que l’expérience pénible de la douleur passe au second plan.
Autre exercice : se détendre, imaginer que sa douleur est une boule rouge, brûlante, que l’on va expulser de soi en expirant un grand coup.
Cependant ne nous berçons pas d’illusions. Méditation et hypnose n’évacuent pas les douleurs comme par magie, car en cas de rhumatismes invalidants par exemple (polyarthrite, spondylarthrite), de défauts morpho-statiques importants (scoliose, cyphose raide), ils demeurent.
Ainsi Bouddha, pourtant champion de la méditation, avait-il sur la fin de sa vie très mal au dos sans possibilité de s’en débarrasser, si bien qu’il était obligé de se caler avec des coussins durant ses séances. Méditation, hypnose, aident à relativiser, on supporte mieux ses douleurs et on rééduque son thalamus. Aussi demandé-je volontiers à mes patients douloureux chroniques de s’initier à l’une ou l’autre pratique, pour détenir des outils à même de les aider. Cependant ils ont hélas toujours besoin de moi.

L’un de mes outils pédagogiques : « le propulseur énergétique ».

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Légende : le sujet douloureux chronique positionne ses mains de cette manière, pouces posés sur le nombril et auriculaires orientés vers le sol. Il concentre ensuite toute l’énergie négative accumulée en lui (sous forme de douleur et d’anxiété) dans son ventre, avant de l’évacuer par le nombril (le nombril étant connoté « naissance/renaissance », tout un programme…).
Si l’on est agressé verbalement par quelqu’un qui nous fait face, on peut agir de manière identique. Pareil si on se trouve dans un environnement hostile et que l’on désire se calmer.

Gwilim SE et al. Thalamic atrophy associated with painful ostéoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum. 2010 ; 62: 2930-40.

les bienfaits du massage

, 09:09


tout le bien-être, toute la détente d'un bon massage par un masseur kinésithérapeute diplômé
(un gif animé du site Bretzel Liquide)

Mal au cou : un nouveau type d'élongation cervicale

, 08:58

Voici ma dernière invention dont les patients raffolent déjà.

Dans un bassin chauffé à 33°, le patient est confortablement étendu, immobile, sur un support flottant souple, son collier cervical étant relié à un sandow élastique qu'on fixe à une barre. Les linges autour de la tête ainsi qu'autour des chevilles servent de protection. La serviette posée sur le torse préserve du froid.

La traction est savamment dosée, et exercée manuellement par l'opérateur dans l'axe du corps à l'aide d'une bande caoutchoutée élastique (MSD-band noir), puis fixée à une barre. La bande peut être retendue en cours de séance pour plus d'efficacité sous accord patient-soignant.

Durée de la séance : de dix minutes à un quart d'heure, et sous constante surveillance.

Crises aiguës exclues, accord médical exigé.
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Vous souffrez des épaules !

, 14:34

Vos souffrez des épaules (rhumatisme, tendinopathie de la coiffe des rotateurs, tendinite d'épaule, hyperlaxité ligamentaire), voici quelques précautions indispensables à prendre au quotidien.

1/Manœuvre de décoaptation de la tête humérale :

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Légende :

Quotidiennement, une à deux fois par jour, épaule et coude détendus, balancez d’avant en arrière un sac rempli d’une charge de un-demi kilo (une boîte de conserve par exemple). Il ne s’agit pas de le secouer comme un panier à salade, mais d’imiter le balancier d’une horloge en un doux mouvement de va-et-vient, sur le côté ou légèrement en diagonale par rapport au tronc. Ce mouvement ne doit en aucun cas tirer douloureusement sur l’épaule.

2/Manœuvres d’évitement du conflit sous-acromial :

Lorsqu’une activité oblige à lever les bras en l’air, il ne faut jamais le faire en écartant les coudes. Tous les mouvements latéraux sont à risque pour les épaules, car ainsi on n’a pas de force. Ce sont les mouvements exécutés près du corps qui sont sans risque. Imaginez que vous êtes une figurine en plastique avec des épaules qui ne peuvent aller que d’avant en arrière, aux coudes bloqués en position fléchie. Pour les gestes à faire sur le côté, tournez-vous d’un bloc sur le côté, avec regard fixé sur la tâche à accomplir.

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Légende : d’abord je rapproche mes coudes de mon corps.
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Légende : ensuite je lève les bras comme sur la photo, puis j’exécute la tâche utile (je fais mes vitres, je cherche un livre sur un étagère, je prends un objet dans un placard, je suspends mon linge à un fil d’étendage, etc).
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Légende : enfin, quand j’ai fait ce que j’avais à faire bras levés, je les redescends obligatoirement en rapprochant les coudes du corps.

3/ Ouvrir ou fermer une porte.

NON !

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Légende : Mauvais geste ! Pour ouvrir ou fermer une porte, il faut que le coude soit près du corps.
Rappel : tout geste réalisé loin du corps est à risque pour l’épaule !

OUI !

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Légende : pour ouvrir une porte (ou saisir un objet un peu lourd), l’épaule lésée étant ici la droite bien entendu, il est utile de le faire en s’aidant de l’autre membre, la main gauche enserrant le poignet droit.

4/ Deux postures à éviter !

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Légende : Ces postures spontanément prises sans réfléchir pour soulager son dos ou ses jambes, sont néfastes pour une épaule fragile.

5/ Saisir une charge, la bonne méthode !

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Légende : dos droit, genoux fléchis, épaules en arrière, il faut d’abord rapprocher la charge de son corps, avant de la soulever en se redressant par poussée des jambes.

Conclusion.

Il n’est pas nécessaire d’attendre de souffrir des épaules pour les ménager, surtout si vous pratiquez un métier ou un sport qui les surmène. Adoptez dès à présent ces bonnes pratiques qui leur éviteront une usure prématurée, puis enseignez-les à vos enfants.

Lorsque le mal est tenace, difficile à soigner, et que vos activités vous amènent à beaucoup porter, il est également utile d’adopter au quotidien les « anneaux claviculaires » (précédent billet du jeudi 30 octobre 2014).

Quand on souffre du cou on a souvent également mal aux épaules, des difficultés à lever les bras. Les précautions ici présentées sont alors les bienvenues.

Intérêt de l’acupuncture comme technique d’appoint en kinésithérapie

, 06:48

Dans « Le quotidien du Médecin – N° 8867 – 1er décembre 2010 », le Docteur Nina Theysohn écrit : « Par étude I.R.M., il a été prouvé que l’activité des aires cérébrales impliquées dans la douleur, sont significativement atténuées par l’acupuncture. »
A l’Université de Californie, la stimulation d’un point d’acupuncture destiné à traiter les problèmes oculaires, a entraîné une activation de l’aire visuelle du cerveau. A l’université de Hong Kong, en stimulant un point d’acupuncture censé résoudre les problèmes de langage, ont été stimulées les aires cérébrales responsables de la parole. A Harvard, la stimulation d’un point traitant les nausées a activé la zone du cervelet correspondante.
Certains chercheurs évoquent une transmission de l’information acupuncturale au travers du réseau des fibres conjonctives qui relient tous les éléments de notre corps.

L’acupuncture est l’un des secteurs de la médecine chinoise. Science millénaire, puisque remontant à 3000 ans avant J.C., elle agit sur l’ « énergétique » corporelle. Pendant des centaines d’années elle a essentiellement eu une fonction préventive. Tellement que l’on cessait de payer son acupuncteur dès qu’on tombait malade.
L’énergie vitale parcourt le corps selon un trajet précis, au travers de voies invisibles appelées « méridiens », et ce durant 24 heures (cycle circadien), avant recommencement. La plupart du temps, l’acupuncteur utilise des aiguilles (à usage unique pour éviter toute contamination), et pique avec certains points de la peau, pour réguler l’énergie. Parfois il utilise des tiges de bambou. La moxibustion consiste à user de cônes de gingembre ou d’armoise, qu’on fait brûler (combustion comparable à la cigarette) pour stimuler les points.
On peut aussi masser les points (digipuncture). Cette méthode est employée depuis 1952.

Yin et yang sont les deux énergies du corps. Elles sont très différentes et s’affrontent en toutes choses. La matière est yin, l’activité est yang. L’énergie yang stimule les fonctions, le yin apaise. Pour chaque méridien l’énergie est yin à son départ, mais yang à son arrivée.

Nos activités au quotidien influencent grandement notre équilibre énergétique, en bien ou en mal :

  • L’automobile en ville épuise le Yin, et augmente dangereusement le yang.
  • La promenade en forêt tonifie le yin et vide le yang.
  • Le ski tonifie le yin, sans épuiser le yang. Il est bénéfique.
  • Le tennis vide l’excès de yang, mais épuise souvent le yin. Il n’est donc bénéfique qu’en cas d’excès de yang.
  • La course à pied tonifie yin et yang, elle est donc bénéfique.
  • La natation fait passer le yang dans le yin, et n’est donc bénéfique qu’en cas d’excès de yang.
  • Le judo tonifie le Yin au sol, épuise le yang debout.

Bien que l’acupuncture ait une action réflexogène, il ne faut pas la confondre avec : auriculothérapie, réflexologie podale ou endonasale, Bindegewebemassage, ou encore iridologie.

L’auriculothérapie telle que pratiquée en Europe, a été mise au point il y a une cinquantaine d’années, par un médecin Lyonnais : Paul Nier. L’oreille est une image du corps où se retrouvent tous les organes, appareils, articulations, à des points précis. Il y en a deux cents. Stimuler ces points par micro-courant ou aiguille, correspond à influencer la partie du corps en référence. Les aiguilles sont implantées de quinze à vingt minutes. Il existe aussi des aiguilles semi-permanentes. On les pose, puis elles tombent toutes seules. L’acupuncture traditionnelle reconnaît l’existence de points d’oreille, mais n’imagine pas traiter un patient uniquement de cette manière.
La réflexologie podale consiste à stimuler par friction manuelle, des zones précises du pied. La réflexologie endonasale use de cotons-tiges trempés dans des huiles essentielles, pour stimuler à l’intérieur du nez des zones précises en rapport avec les différentes parties du corps. Pour les repérer, chaque bâtonnet à une longueur différente, visant chacun un point précis.
Le Bindegewebemassage s’intéresse au dos qui est aussi une cartographie de tout le corps. Il traite par massages réflexes du bout des doigts sur cette zone corporelle.
L’iridologie n’est pas une réflexothérapie. Elle ne permet pas de soigner, mais de savoir instantanément en regardant l’iris de l’œil du patient, les maladies ou blessures physiques qu’il a subies durant sa vie, car elles s’y inscrivent. Ce sont principalement les homéopathes qui s’en servent pour affiner leur diagnostic, et décider de leur traitement.

Dans le domaine de la kinésithérapie, l’utilité de l’acupuncture est évidente pour aider à soulager douleurs aiguës ou chroniques (dos, sciatiques, névralgies, rhumatismes, migraines, dystrophies de croissance chez l’enfant, troubles psycho-émotionnels et fonctionnels).
Un kiné qui veut pratiquer l’acupuncture n’a pas droit aux aiguilles, à la différence d’un infirmier habilité à faire des piqûres. C’est pourquoi j’use pour ma part d’un Miniacusonic et d’un laser.
L’électropuncture a été initiée en 1825, par un médecin français, le chevalier Jean-Baptiste Sarlandière, qui a eu l’idée d’associer à l’acupuncture une nouveauté de l’époque : l’électricité.
La pointe émoussée de mon Miniacusonic, est reliée à un mini-galvanomètre qui indique la différence de potentiel au niveau du point électrodermique d’acupuncture de la peau. L’électropuncture peut tonifier, disperser, ou inverser la polarité des points traités. Elle chasse les ions positifs, enrichit les tissus d’ions négatifs, favorisant recalcification, cicatrisation, ou guérison.

L’apport d’électricité à travers les points d’acupuncture provoque également la libération de sérotonine et stimule les récepteurs de ce neurotransmetteur de la douleur dans la moelle épinière.

Le laser à infra-rouges que j’utilise aussi, envoie un rayon qui traverse la peau en profondeur, jusqu’à 4 cm, et donc stimule le point d’acupuncture. La longueur d’ondes d’un tel outil doit se situer entre 685 et 785 nm (namomètres). Je le réserve aux sujets réfractaires au courant (qui « pique » un peu), notamment aux enfants.
Les enfants scoliotiques sous corset, voient leur énergie vitale perturbée, le corset freinant l’énergie, notamment au niveau du « méridien ceinture ». Entre autres actions notables, l’électropuncture consolide le support de la colonne vertébrale, par relance de l’énergie au niveau du bassin.

Comment s'étirer le bas du dos et ménager son dos en se levant de son lit ?

, 07:32

S’étirer le bas du dos, quand il est fragile, souvent douloureux.

S’étirer d’un côté puis de l’autre dans l’encadrement d’une porte,
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et en se tournant vers l’arrière, trois-quatre fois de suite (plusieurs fois par jour).

Autre exercice pour le bas du dos : faire comme si on allait s’asseoir par terre en descendant les fesses le plus bas possible (trois fois de suite – plusieurs fois par jour). A pratiquer notamment lorsqu’on a été longtemps assis.
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Ménager son dos en se levant de son lit

Vos reins vous font souffrir (lombalgie, sciatique) ? Levez-vous de la manière décrite ci-dessous, et adoptez-la définitivement (même lorsque vous n’aurez plus mal), afin de ne pas vous bloquer le dos en vous levant :

Juste avant de vous lever, placez vos mains en haut des fesses (paumes tournées vers le matelas), puis décollez le bassin du lit de cinq centimètres environ, en le poussant avec vos mains. Faites ensuite des tout petits mouvements de bassin, d’abord latéraux, puis d’avant en arrière (une dizaine de fois).
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Ensuite :


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pliez les genoux, tournez-vous sur le côté,
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puis :

Passez en position assise au bord du lit...
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Normalement, si on se conforme à ce que les ergonomes préconisent, il suffirait maintenant de vous lever..., comme sur la photo suivante. Pourtant non !


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NON !!! Ne pas agir ainsi. C’est une très mauvaise idée ! Ainsi, le bas de votre dos qui s’est aplati lorsque vous étiez couché, va brusquement se creuser lorsque vous allez vous lever, et peut faire mal ou se coincer carrément (incident de dérouillage).

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OUI ! Sans vous arrêter, continuez le mouvement en vous tournant face au lit, et en posant les mains dessus. Ensuite seulement redressez-vous lentement en poussant avec les mains, et en « écoutant » vos lombaires.

Nota : Si votre lit est bas, mettez vous à genoux, puis redressez un genou (position du chevalier servant), avant de vous remettre debout.

Mal de dos chronique, l’absolue nécessité de traiter les « Trigger points »

, 12:27

La plupart des zones du système nerveux central sont impliquées dans le processus des douleurs, quelles qu’elles soient, et ne lui sont pas spécifiques, répondant à d’autres stimulations. Ainsi n’est-il jamais aisé de définir la cause exacte d’une douleur.
En ce qui concerne le mal de dos chronique commun, la véritable cause n’est connue que dans 5 % des cas. Par ailleurs il a été démontré que le psychique est autant affecté que le physique. Alors comment oser prétendre savoir le soigner efficacement ? Pas un mois cependant sans qu’un magazine de la presse grand public ne publie un article ventant des méthodes novatrices, ou beaucoup moins comme Ostéopathie et Chiropraxie, qui sont des médecines manuelles centenaires. Ces dernières donnent d’excellents résultats sur le court terme, et ont le tort d’avoir pour effet pervers de rendre le patient traité chronique et dépendant *.

En matière de méthode soi-disant novatrice, révolutionnaire, il y a eu dernièrement le traitement par « pace-maker lombaire » qui a fait l’objet d’un précédent billet dans ce blog. Pourquoi traité-je cette méthode de « soi-disant novatrice » ? Parce qu’il existe déjà depuis longtemps la « stimulation cordonale », la différence étant dans les zones stimulées électriquement. Dans le pace-maker lombaire on stimule la musculature, dans la stimulation cordonale, la périphérie de la moelle épinière.

Hélas les chiffres sont là, constants, troublants, au lieu de diminuer, ce mal a tendance à augmenter d’année en année. Il est la première cause mondiale d’arrêt de travail.

Trigger points (points gâchette), explication.

C’est la lecture d’un article dans Rhumatologie Pratique, la revue des médecins Rhumatologues, « Traitement des lombalgies chroniques : aurions-nous tout faux ? » D.-J.B. Septembre 2012 : N° 296, qui a agi en moi comme un déclic.
Il disait :
« …/… Les lombalgies sont liées en grande partie à l’incapacité des muscles de se relaxer, tout en permettant une hyperactivité des autres muscles du tronc parfois hypertrophiés de ce fait. ». De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qui est constamment dur, contracté, chez celui qui souffre de manière chronique du dos ? Que ce soit du bas ou du haut d’ailleurs. Cette sensation gênante fait parfois dire au patient : « la douleur aiguë n’est plus là, je vais beaucoup mieux. Je bouge normalement, mais je sens bien qu’il reste de petits points de tension dans mes muscles là où j’ai eu très mal. Et si je fais un « aux mouvement », un mouvement un peu brusque, je sais que je vais me bloquer de nouveau ! ».

Les « Trigger points » ou en Français « points gâchette », sont des sortes de tout petits nœuds durs, permanents, présents dans la musculature. Travell les a évoqués dans les années 50, et a cartographié tout le corps (voir sur Internet), avec quelques oublis néanmoins, il en existe une flopée. Quand on appuie sur ces points douloureux, on provoque l’irradiation ressentie lors des crises, ou parfois de longs trajets douloureux incompréhensibles. Ainsi, en appuyant sur le trapèze (muscle en relief entre cou et épaules), peut-on parfois susciter un fulgurant trajet douloureux ascendant, soit jusque au dessus de l’œil, soit jusque sur le bord latéral de la mâchoire du même côté, soit descendant vers le milieu du dos.

Il existe des théories pour les expliquer mais aucune certitude, et sans traitement approprié la personne en a de plus en plus. Elle ne « s’en sort pas ! ».

Très peu de professionnels de santé font de leur éradication, une priorité absolue.

Il existe des méthodes aux résultats inconstants :

- On peut masser fortement le point (avec le doigt ou un petit objet dur non traumatisant pour les tissus).
- En Ostéopathie on pratique la « mise en aisance ».
- On peut traiter par un froid intense localisé (cryothérapie).
- Faire du « dry needling », en piquant avec une aiguille d’acupuncture à usage unique.
- Le médecin peut pratiquer une infiltration.

Critique :
Le massage n’est efficace que s’il obéit à un protocole précis, tel que décrit ci-après. En Ostéopathie, le massage du point relève de la caresse. Insuffisant ! Piquer comme infiltrer, ont un effet positif, mais tout transitoire (quelques jours).

Traitement normotensif des Trigger points.

Voilà ma méthode.

Le thérapeute et le patient repèrent ensemble les points par pression très forte. Il est évident que lorsqu’on appuie fort quelque part sur le corps cela fait toujours mal, mais dès qu’on est sur un « trigger », c’est « exquis », fulgurant. On ne confond jamais !
En général, on en trouve une douzaine, ou plus. Sachant qu’il faudra les traiter tous. Chaque point nécessite environ une minute de traitement.

- Pour la zone lombaire, le sujet est en ventral, la jambe du côté à traiter en dehors de la table, reposant sur le genou du thérapeute qui est assis à côté (position de détente des muscles pelvitrochantériens).
- Pour le cou, l’épaule, le sujet est assis devant son thérapeute, lui-même assis.
- Pour les points de membre inférieur : position assise du patient en bord de table, pied ne touchant pas le sol.
- Pour le membre supérieur : sujet assis, détendu.

Le sujet doit se détendre en soufflant bien durant la séance bien que la pression soit très forte, très douloureuse, et de préférence légèrement vibrée (toucher déclenchant).

Le « test d’aggravation ».

S’il traite les lombaires, le thérapeute appuie très fort sur le point, et demande au patient si le point lui fait plus mal en flexion, ou en extension de hanche. Le thérapeute positionne ensuite le segment cuisse dans le sens où la douleur est la moins forte, et pose le genou du patient sur ses cuisses.
Pour le cou et la zone entre les omoplates, le patient tourne le tronc d’un côté puis de l’autre.
Pour les membres, l’articulation la plus proche est bougée en flexion-extension, et rotation (si l’articulation le permet). Tirer aussi en rotation axiale sur les segments de membres.

La « voie de passage ».

Patient détendu, il se laisse entièrement faire, ne contracte pas ses muscles, c’est le thérapeute qui la recherche.
Le thérapeute appuie très fortement sur le point en cherchant le positionnement qui permet un perception bien précise : sous le doigt, le Trigger s’amollit soudainement, il devient moins dur. Dès que l’opérateur à trouvé « sa voie », il y reste, ne change plus la position.

- Au niveau lombaire, avec la main qui n’appuie pas sur le Trigger, l’opérateur tire l’aile iliaque (l’os latéral du bassin) vers le bas et en dehors.
- Pour la zone dorsale (zone des omoplates, à partir de la première vertèbre dorsale), il joue sur de très légères rotations du tronc.
- Pour les Trigger du cou (segment supérieur), le thérapeute, toujours derrière son patient, appuie sur les deux côtés du cou en même temps, en légère traction de la tête (en la tirant ver le haut) sans jamais aucune rotation axiale.
- Pour les membres il tourne le segment de membre concerné sur son axe longitudinal.

L’«effet motte de beurre ».

Soudain, après une minute environ, le point ne fait plus mal du tout, et le doigt du thérapeute s’enfonce un peu comme dans du beurre, sur un ou deux millimètres, pas plus.

Nombre des séances :

Deux fois par semaine au début, puis une fois. Les bienfaits sont ressentis dès la première ou la deuxième séance. Ensuite, il faudra peut-être dix, vingt, trente séances. Mais comme le traitement est sans risque, on peut le renouveler à volonté, et le patient trouve lui même souvent entre deux séances, de nouveaux points à traiter.

Conclusion :

Il est évident que pour soigner un mal de dos chronique, ce traitement à lui seul ne suffit pas. Les livres que j’ai écrit sur le sujet, ainsi que de nombreux billets sur ce blog, en témoignent, et vous donneront l’indispensable complément d’informations. Seulement il doit être systématiquement entrepris, à chaque séance, et donne des résultats remarquables.

  • Estrade J-L. Mais qu’est-ce qui marche dans les sciatiques ? Kinésithérapie Rev. 2007 ; (72) : 4-14.

Fibromyalgie

, 09:08

Ce billet répond à un appel de détresse de Madame R… habitant Arles, confrontée à la pauvreté des moyens proposés dans sa région pour lutter contre son mal. Hélas, ce problème ne concerne pas que le sud de la France.
Bien que ce SPID ou « syndrome polyalgique idiopathique diffus » ait été reconnu en janvier 2007 comme une maladie (une entité clinique), bon nombre de professionnels de santé continuent à considérer que : « ce n’est que manifestation d’une profonde dépression », relevant donc essentiellement de la psychothérapie, avec à la clé « rejet », « déni », voire « discrimination »(le quotidien du Médecin N° 8568 Mardi 12 Mai 2009. P 10.). C’est une des raisons pour lesquelles, il n’y a pas eu d’effort massif national entrepris pour trouver des solutions.

Ce boulet à porter au quotidien se caractérise par des douleurs chroniques de tout le corps, énormément de fatigue, ainsi que des troubles du sommeil. Etonnez-vous après ça d’être profondément déprimé, il y a de quoi ! La fibromyalgie serait en fait due à un dysfonctionnement central de la perception de la douleur. Donc, si l’on n’agit pas sur cette dysfonction, pas de chance de s’améliorer.
J’ai eu l’idée d’utiliser la voie bulbo-thalamique pour la rééduquer (exercices de propioception yeux fermés, cités ci-après).

Dans un récent numéro de Rhumatologie Pratique, la revue des Rhumatologues, le Professeur Yves Maugars de Nantes écrivait un article fort intéressant intitulé : « Fibromyalgie et douleurs chroniques », dans lequel il évoquait une « impasse thérapeutique ». Il citait une analyse de la littérature qui déconseillait : « nutriments, thérapies anti-stress, antalgiques opioïdes, myorelaxants, psychotropes, kétamine, anesthésiques locaux, neuroleptiques, oxybate de sodium, sédatifs ». Thérapeutiques très peu efficaces et non dénuées d’effets secondaires, d’après lui. Or, la grande majorité des fibromyalgiques français sont bourrés de ce type de médicaments l’année durant… sans autre résultat que de les abrutir ! Cet article recommandait par ailleurs : exercices physiques, thérapies comportementales et relaxation. Nous allons évoquer ces options.
Si vous désirez en savoir plus sur ce médecin renommé et ses écrits, il y a internet.

Le sommeil :

Il tient un rôle essentiel dans la sédation des douleurs grâce à la libération de l’hormone de croissance et de substances anabolisantes durant la phase IV, dite de « sommeil profond », d’où l’importance d’un sommeil de qualité quand on est fibromyalgique.
Si vous avez du mal à vous endormir, vous pouvez essayer la Marjolaine à coquille en huile essentielle. De deux à cinq gouttes trois fois par jour à absorber dans du miel, puis en se couchant déposer deux-trois gouttes sur le plexus solaire, masser deux minutes, et en respirer longuement la bonne odeur un peu piquante.

Les options thérapeutiques :

La cryostimulation corps entier (CCE) :

Accessible à tous, ce traitement par le froid est essentiellement proposé aux sujets souffrant de douleurs articulaires chroniques. Il vise à les exposer durant 2 à 4 minutes à des températures comprise entre – 110° C et – 160 °C. L’effet obtenu est un « choc thermique ». Les fonctions biologiques sont provisoirement améliorées. Il y a également une amélioration du sommeil. En cas de fibromyalgie, ce peut être un traitement d’attaque massive des douleurs, cependant la rééducation telle que proposée ci-après s’impose en complément.

L’hypnose médicale :

Classiquement appelée le « quatrième état de conscience », l’hypnose permet une prise en charge globale de la douleur. Elle a pour objet de remplacer les mauvais apprentissages et les mauvais réflexes, par d’autres plus adéquats. Or le fibromyalgique a besoin de se réapproprier ce corps qui lui « sort par les yeux » parce qu’il le fait en permanence souffrir. D’où l’utilité de tenter l’hypnose.


Traitement kiné :

Fréquence des séances :

Une à deux séances de rééducation par semaine semble un bon rythme. En évitant les périodes de grande fatigue. Durée globale des séances : 1h30.

Le traitement de la douleur myofasciale : . Quelle que soit la localisation de la douleur, ce type de douleur existe que la racine nerveuse soit touchée ou non. Dans un précédent billet j’évoquais la cause supposée des lombalgies chroniques (Rhumatologie Pratique). Il s’agit de petits muscles ou de petites parties de muscles, « raides », qui ne se détendent jamais. Certains points, multiples, situés dans la zone musculaire où se situe le mal, sont très douloureux à la pression et reproduisent la douleur ressentie habituellement selon un certain trajet et à distance du lieu touché. C’est ce qu’on appelle les : « trigger points » ou « zones gâchettes ». Afin de les traiter, l’ostéopathe effectue une « mise en aisance ». Moi-même je réalise un traitement normotensif (ma spécialité) plus appuyé que le traitement ostéopathique (efficace également notamment en cas de douleurs du dos, il fera l’objet d’un prochain billet).



Traiter à chaque séance.

Acupuncture :

Une séance d’acupuncture par mois est suffisante. Elle solutionne le déséquilibre énergétique et doit particulièrement viser ici les troubles digestifs associés. Je pratique moi-même l’électropuncture, c'est-à-dire l’acupuncture sans aiguilles. Mon « Mini-acusonic » repère les points électrodermiques, et envoie de petites impulsions rééquilibrantes. L’apport d’électricité semble provoquer une libération de sérotonine (lire à ce sujet : Psychologie Magazine – avril 2013. La bonne idée : l’électropuncture. P 192).

La rééducation neuro-motrice :

Il est souhaitable que les patients bénéficient d’abord de conseils d’hygiène de vie (prévention des gestes à risques risquant de déclencher le mal). Il faut qu’ils « se bougent » en acceptant une dose supportable de douleur. Ne plus rien faire sous prétexte « qu’on a mal » aggrave les symptômes.

Pour ma part, je réalise un examen complet (toutes les dix séances) et un traitement normotensifs. A défaut, une consultation ostéopathique à orientation « tissulaire » est conseillée (sans manipulations).

Important !

Tous les patients douloureux chroniques subissent une atteinte du thalamus. Un article de Rhumatologie Pratique de juin 2011 évoque même une « atrophie » ( Gwilym SE et al ; Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.). Je propose donc en rééducation la voie bulbo-thalamique, c'est-à-dire le renforcement de la propioception, yeux fermés (sur plateaux de Freeman par exemple). En clair, il faut renforcer son équilibre.



Réaliser également des auto-exercices au quotidien (cinq minutes), notamment sur gros ballon de gym (consulter ce blog). Il est recommandé au patient d’en acheter un et de s’en servir comme siège le plus souvent possible ; d’autant que la station assise trop longtemps maintenue sur un siège classique est bloquante (voir sur ce blog le billet relatif à la station assise).
Nota : éviter les canapés et fauteuils trop moelleux.

15 à 20 minutes.

Rééducation en bassin de natation :

Elle est utile si le bassin est bien chauffé (33, 34°). Les nages traditionnelles ne donnent pas l’amélioration attendue. Par exemple crawl et dos crawlé tirent trop sur les épaules. Par contre aquastretching, aquabiking, aquagym, aqua-yoga, sont de bonnes options si la séance ne dure pas plus de vingt minutes.

Elongations :

J’ai inventé trois types d’élongation, en photos dans ce blog. Le patient choisit la modalité qu’il préfère. Tous les fibromyalgiques ont besoin de s’étirer, comme les chats, car ils ont l’impression de se « tasser », au fil du temps (ça nous concerne tous, non ?).
Durée : 10mn.

Sports à pratiquer :

L’activité doit être modérée, pratiquée de manière progressive, en privilégiant l’échauffement et les étirements (étirements actifs raisonnés myotendineux uniquement). Sont de bonnes options : marche rapide ou nordique, stretching, fitness doux, soft aerobic, vélo en terrain peu pentu, machine elliptique, Qi Gong, Taï Chi, relaxation (sophrologie).

A lire : Le sport est un médicament Bio ! G Orgeret. Editions J. Lyon

Nota :

Ces traitements ne sont pas tous systématiquement pratiqués à chaque fois, car une séance trop longue fatigue. Le patient donne son avis sur les options thérapeutiques qui lui semblent le plus appropriées le jour de la séance, en fonction de ses forces, de sa fatigue, de son moral, de ses douleurs, de sa disponibilité.

N.B : Pour plus de renseignements sur les méthodes originales présentées et non détaillées au risque de devoir produire un billet de vingt pages, consulter internet.

Un PAPAS ? ( suite)

, 08:36

(suite de l'article PAPAS )

Dans un deuxième temps, je vais tenter de vous faire comprendre ma fonction, mes activités, ainsi que ma spécificité. Nous obtenons le statut de Professeur d'APA à partir du niveau d'études Licence (bac+3), ensuite certains comme moi, font le choix de se spécialiser en continuant sur un Master (bac+5).
Pour ma part, ma spécialisation portait sur la Performance et la Rééducation fonctionnelle.

Un professeur d'APA encadre toute activité physique et sportive destinée à un public porteur d'une limitation, d'une déficience, d'un handicap, d'une pathologie aiguë et/ou chronique ou encourant un risque de santé, dans le but de favoriser un retour à l'autonomie dans les gestes quotidiens. Son travail consiste à la conception, à la conduite, et à l'évaluation de programmes de réadaptation d'intégration par les APA.

Concrètement, le travail de terrain prend diverses formes, selon le public concerné, le projet institutionnel, les lieux de pratique, les activités, la pathologie, etc. Mon article est plus orienté vers mon poste actuel, au sein du monde hospitalier. Si vous prenez un même professeur d'APA, mais exerçant dans une association, son rôle, et ses missions seront orientées vers de l'entraînement sportif.

Nous retrouverons les activités de :

  • § développement de la condition physique (réentraînement à l'effort, renforcement musculaire, amplitude articulaire, etc.)
  • § éducation physique et sportive spécialisée
  • § éducation à la santé (prévention notamment), prophylaxie
  • § prévention des chutes, travail de l'équilibre, travail de marche
  • § animation d'activités physiques et sportives adaptées
  • § travail de mémorisation
  • § travail de coordination
  • § travail de relaxation
  • § utilisation d'aides techniques
  • § etc.

Pour autant, le professeur d'APA ne soigne pas directement, il agit sur des leviers permettant la compensation d'un déficit ou sa réduction. Il prend en charge une ou plusieurs personnes, et leur propose un programme construit et personnalisé d'APA en lien avec une problématique de santé. Ce programme contient donc des évaluations, des séances de pratique, des temps pour l'éducation à la santé... Il est progressif et adapté à l'état de chaque personne.

Sa spécificité, est sa méthodologie d'intervention qui prend en compte ses éléments dans la conception de ses séances. Il intervient généralement au sein d'équipes pluridisciplinaires de prise en charge, c'est à dire qu'il travaille en collaboration avec d'autres professionnels issus d'autres disciplines (éducateur spécialisé, infirmier, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien, médecin, AMP, animateur ...). Dans une optique de prise en charge globale et donc pluridisciplinaire, chaque discipline apporte ses propres outils et ses méthodes. Pour l'enseignant d'APA, c'est l'activité physique adaptée qui sert d'outil d'intervention.

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CONCLUSION
L'APA est utilisée dans des secteurs variés comme ceux de la santé, du handicap, de la réadaptation, de la rééducation, de l'éducation spécialisée, du vieillissement... Plusieurs spécialités de la médecine comportent désormais l'activité physique dans leurs stratégies thérapeutiques : MPR, cardiologie, pneumologie, gérontologie, psychiatrie, orthopédie, diabétologie... Les professeurs d'APA ont toutes les compétences pour développer des programmes d'activité physique adaptés. Nous trouvons également des professeurs d'APA indépendants, intervenant en libéral ou proposant leurs services dans des cabinets de santé en collaboration, et en complémentarité des kinésithérapeutes.

Les programmes rééducatifs habituels, propres à chaque catégorie de maladie, en huit billets successifs.

, 05:55

Présentation du sujet :

Ces billets ne visent pas à tout dire, mais à en dire suffisamment afin que vous sachiez ce que vous pouvez exiger au minimum de votre kiné, afin d’éviter un traitement inadapté. Tout en étant conscient du fait qu’il peut s’écarter de ce schéma, adapter son art en fonction de chaque individu, innover. L’essentiel est qu’il occupe sa demi-heure à rééduquer efficacement.

En pratique, comment ça se passe ?
En règle générale, plus l’affection est grave, mieux le malade est à même de juger du traitement qui lui est profitable, parce qu’à force de fréquenter les établissements de soins, il devient un expert de sa maladie. Il ne s’en laisse plus compter et sait distinguer entre un soin opportun et un autre «nullos». Le petit nouveau, celui qui est malade pour la première fois par contre, ne peut être un «expert en sa maladie». Il ne sait pas ce qui va lui faire du bien. D’autant qu’il a pris tant de conseils à droite et à gauche, qu’il ne sait plus à quel saint se vouer.

Dérives ?
Il y a des kinés qui tournent le dos à la médecine traditionnelle et deviennent des adeptes inconditionnels de méthodes en marges, lesquelles flirtent parfois avec l’ésotérisme ou la magie. Les gourous opportunistes existent de toute éternité et fascinent un large pan des masses souffrantes, car le désespoir est à l’origine de toutes les dérives addictives (dépendance), qu’elles soient d’ordre religieux ou thérapeutique. Quant aux efforts que fait la science pour mettre en garde ces patients dérivants, ils sont vains. Cependant, certaines méthodes en marge, inventées par des gens sérieux, sont réellement efficaces et sans danger. Il serait dommage d’en priver le patient sous le prétexte que la science ne les a pas validées, du fait seulement parfois, que les instruments de mesure utilisés sont inadéquats.
Il faut être particulièrement vigilant, aiguiser son sens critique, pour être à même de faire le tri entre bon grain et ivraie, bonne méthode et arnaque. Pas facile ! C’est un des buts de ce blog, ainsi que de mes livres qui trempent dans le même jus.

Quel est la finalité d’un traitement rééducatif ?
Il s’agit d’entretenir ou de restaurer les capacités physiques du patient à leur niveau optimal. Si le traitement ne dure que cinq minutes, s’il se résume à la pose d’électrodes, à quelques pas autour d’un lit, à dix mouvements de flexion–extension de l’articulation atteinte, comme cela se pratique dans bon nombre de cabinets de kinés, ou à domicile, le challenge est impossible à tenir. Arnaque !

Le rythme habituel des séances ?
En phase aiguë, il est quotidien, voire bi-quotidien (bronchiolite), y compris le dimanche. En phase chronique, de deux à trois séances hebdomadaires.

Conclusion :
Il y a des confrères qui ne s’informent et ne se forment plus (formation continue), dès leur diplôme en poche : «Monsieur Spok sait tout, il entend tout, grâce à ses grandes oreilles !» Un médecin fraîchement diplômé verra sa compétence sujette à caution après cinq ans d’exercice s’il n’ouvre plus un livre, ni ne consulte la moindre revue professionnelle. Il en est de même pour un MK.

Prochain billet : la rééducation cardio-pulmonaire.

Choisir le mot juste : qu'entend-on par « tonus musculaire » ?

, 15:47

Certains articles de presse grand public titrent : « Retrouver son tonus musculaire ! » (après une maladie ou un effort physique par exemple.).

Ceci relève d’une faute de sens étant donné que notre tonus ne dépend pas de notre volonté.

Il faudrait titrer : - La « récupération physique » après l’effort du sportif.

Ou :

- Le renforcement de la « tonicité musculaire » du sédentaire.

Définition :

Le tonus musculaire définit l’état de légère tension musculaire nécessaire, constant, inconscient, qui s’oppose à la force de pesanteur terrestre. C’est à dire que sans tonus, en raison de sa force la pesanteur aurait tendance à nous écraser au sol en petit tas inerte.

Le personnel médical (notamment les ergothérapeutes) teste parfois le tonus de certains patients, afin d’évaluer leur capacité à la réalisation d’actes de la vie courante.

On parle d’eutonie pour nommer le tonus d’un sujet normal, tandis que les états anormaux du tonus sont appelés : hypotonie, ou hypertonie (musculaires).

En cas d’hypotonie on est « mou », comme dans la maladie de Guillain-Barré, dans les paralysies flasques.

En cas d’hypertonie on est « raide » (hypertonie plastique de la maladie de Parkinson. Hypertonie spastique de l’hémiplégie).

L’absorption régulière de nombreux médicaments expose aussi de manière transitoire à des troubles du tonus. VastarelR (Trimetazidine) par exemple, utilisé en cardiologie, fait risquer des troubles parkinsoniens, c'est-à-dire un excès de raideur musculaire.

l'équilibre

, 03:04

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le travail de l'équilibre, c'est primordial.

La prévention, quésaco ?

, 15:32

La prévention, quésaco ?

Dans le langage courant on dit avec bon sens : « Mieux vaut prévenir que guérir ! ». L’article 31 de la convention nationale traitant des droits et devoirs de la profession de Masseur-Kinésithérapeute, précise à juste titre : « La prévention est un élément essentiel de la politique de santé.».

La participation des MK à cette bonne action ne date pas d’hier, mais cela ne concerne pas qu’eux. Dans toutes disciplines médicales il y a lieu de pratiquer la prévention. Il faut prendre le temps d’éduquer le sujet, l’aider à combattre ses mauvaises habitudes. Hélas, dans les cabinets, c’est une option parfois zappée parce que les scientifiques lui trouvent peu d’efficacité, comme en matière d’évitement des maux de dos quand il s’agit de conseiller au patient de plier les genoux plutôt que son dos lorsqu’il ramasse un objet lourd. Car il a été démontré que l’apprentissage des bonnes postures tel qu’il est pratiqué par les écoles du dos par exemple, a peu d’intérêt. Efficacité quasi-nulle. Mieux vaudrait en fin de compte diminuer les contraintes et la fatigabilité au travail *. Je pense qu’il faut néanmoins continuer à passer le message prévention en matière de maux de dos. Les scientifiques ont conclu à l’inefficacité du programme-prévention parce qu’il est obsolète. Il faut le réactualiser, en insistant notamment sur les dangers de la station assise prolongée (consulter mon livre : Mal de dos, vérités et mensonges). Dans ma pratique professionnelle, c’est un des fondamentaux.

Autres domaines où la prévention est importante : dans le plan hivernal anti-bronchiolite il faut éduquer les parents au mouchage de leur chérubin. Sur le plan sportif il y a la prévention des gestes à risques de micro-traumatismes. Chez les personnes âgées la prévention du risque de chute est primordiale. A quoi bon rééduquer si l’on n’apprend pas à se protéger.

Voilà donc quelques uns des aspects de cette mission indispensable à la santé publique qu’est la prévention. Trop de MK zappent cette incontournable phase rééducative, ces conseils qui « prennent du temps ».

  • Dr C. Bailly. Lombalgies : la rééducation n’est pas systématique. Panorama du Médecin. 12 juin 2006. N°5022. P 54

La physiothérapie, quésaco ?

, 16:11

La physiothérapie regroupe l’ensemble des moyens physiques utilisés par le kiné :
Les naturels : chaud, froid, boue (fangothérapie), paraffine, eau.
Les artificiels : électricité, toutes autres sources de radiation, vibrations mécaniques.
Il y a également le mouvement, quand il est utilisé pour soigner.

Ce billet se rapporte spécifiquement à l’électrothérapie.
Quésaco ? C’est l’une des composantes de la physiothérapie qui agit sur douleur et inflammation, en influençant de manière bénéfique chaleur locale et micro-circulation corporelles. Les chouchous des kinés libéraux sont les neurostimulateurs portables de basse fréquence ou TENS, utilisés hélas à tours de bras en les faisant passer pour les appareils du miracle, ce qu’ils ne sont pas (ils traitent le symptôme, non la cause du mal). A leur sujet, des revues professionnelles prédisaient « la mort annoncée de l’électrothérapie antalgique de basse fréquence.* Pourtant leur mode n’a pas cessé !

Citons également dans la panoplie : ondes de chocs radiales, extracorporelles, palper-rouler mécanique, infra-sons (de peu d’intérêt), appareils de biofeedback, ultrasonothérapie** (qui ne traite que la fibrose, pas l’inflammation, bien qu’elle soit fréquemment utilisée à cette fin), cryothérapie gazeuse hyperbare (c’est du gaz carbonique à –78°C, et à forte pression, qui crée un choc thermique avec réponse endocrinienne et enzymatique du corps + une inhibition des récepteurs de la douleur.).

Pourquoi mes confrères ne s’intéressent-ils pas à un appareil de coût fort modique et aux effets thérapeutiques excellents (effet dysclérolythique) ? Il donne l’illusion du mouvement, aide à sa restauration, avec en plus un réel effet antalgique. De quoi s’agit-il ? D’un appareil distribuant des vibrations transcutanées. A suivre !

Comme pour toute autre méthodologie thérapeutique, l’électrophysiothérapie présente ses limites, ses contre-indications, ses dangers. Elle est notamment interdite en période de grossesse. C’est l’outil thérapeutique le plus lié aux risques iatrogènes (risques dus au traitement lui même). L’accident à craindre principalement est la brûlure. Il suffit que la peau du patient présente des zones de faiblesse (peau hypersensible, boutons, eczéma, cicatrice, petite lésion, infection localisée, varices), pour que la technique soit inadaptée. Une indication thérapeutique inadéquate, un mauvais réglage, une ignorance des contre-indications, suffisent à provoquer un incident grave. La brûlure électrique met hélas beaucoup de temps à guérir et laisse la plupart du temps une vilaine cicatrice. Le risque est majoré quand le praticien utilise un appareil à courant électrique galvanique. D’autres appareils font courir un risque réel de brûlure, ce sont ceux qui fournissent des courants variables polarisés, ceux à haute fréquence (diathermie aujourd’hui inusitée, les ultrasons ou vibrations mécaniques), ondes électromagnétiques (interdites aux porteurs de pace maker ou de métal dans leur corps comme une prothèse), infrarouges qui chauffent sans émission de lumière, et ultraviolets.

Les effets bénéfiques de ces appareils sont hélas souvent médiocres, et si ça marche c’est sur le court terme***.

Les centres anti-douleurs encouragent leurs patients à acheter de petits neurostimulateurs endomorphiniques portables(TENS), en partie remboursés par la Sécu. C’est une option recevable en ce qui concerne notamment les rachialgiques chroniques (mal de dos), car ils permettent de réduire leur consommation quotidienne d’antalgiques sans risque d’accoutumance, à condition d’être utilisés quotidiennement plusieurs heures durant.

Nota :
Il faut savoir prendre en compte le rapport personnel du patient au soin qui lui est proposé, son rejet plus ou moins conscient lié parfois à une phobie envers la fée électricité.

  • Kinésithérapie / les Annales N°1 - Janvier 2002 - p.13-31.



** L’usage des ultrasons est très répandu, c’est tellement pratique. Pourtant, à la question : « Les ultrasons, sont-ils efficaces vis-à-vis des douleurs musculo-squelettiques et des lésions des tissus mous ? », la revue spécialisée Kinésithérapie / les annale N° 2-3 fev-mars 2002/ p.4- 12, concluait : « Qu’il soit branché ou non, les effets cliniques sont identiques. Il n’y a pas actuellement d’argument biophysique pour justifier l’utilisation thérapeutique des ultrasons ». Les auteurs ont recensé trente cinq études contrôlées randomisées les condamnant et dont la valeur méthodologique est indiscutable.

*** Le Quotidien du Médecin – 24 sept 2007 – N° 822 – page 9.

Rencontre avec un auteur : Gilles Orgeret

, 08:44


Projet de terminale en audio-visuel : interview de l'auteur, ses livres, sa vie. Réalisation : Cassandre Bâton

Nouvelle polémique sur la bronchiolite

, 06:19

« Il n’y a pas d’événement, il n’y a que des interprétations ! », disait Nietsche.
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Photo : Hayatın İçinden

Dans le magazine « L’Express » du 12 décembre 2012, en page 42, dans un encadré, les bienfaits de la kinésithérapie respiratoire, très fréquemment prescrite aux nourrissons, est « encore » mise à mal. Pourquoi ce mot : « encore » ? Parce que dans un précédent billet du 31 mars 2012, rubrique « billets censurés », je citais ici, dans ce blog, trois études internationales déconseillant déjà l’usage de cette pratique qui « n’accélèrerait pas la guérison ».
La revue médicale « Prescrire » qui est la source de cette nouvelle information, provoque donc encore la polémique.
Pour les nombreux confrères défenseurs de ce geste thérapeutique qui voudraient continuer à le pratiquer, il y a urgence à pratiquer ne serait-ce qu’une étude sérieuse prouvant son efficacité. La revue précise que les résultats étayant cette thèse ont été obtenus sur des enfants hospitalisés, donc gravement atteints. Ce qui la rend crédible. Car lorsqu’un enfant est peu gravement atteint, cela ne devient qu’un soin de confort, voire du placebo. La Sécurité Sociale peut-elle encore se permettre de rembourser des dizaines de milliers d’actes au résultat aléatoire ? Je n’en connais pas le chiffre, mais en période d’épidémie c’est colossal.

Mon avis :
Le problème de la kinésithérapie est que nous-nous devons de ne pratiquer que des méthodes validées scientifiquement. C’est un carcan qui ne pèse pas sur les épaules de l’Ostéopathie, par exemple (parce qu’elle n’est pas remboursée), bien qu’efficace à plus d’un titre. Auparavant et durant des décennies, le MK n’était pas tenu de justifier du choix de ses méthodes. Dans un précédent billet du 1er juin 2012 : « De la difficile validation scientifique », je précisais que l’Agence Nationale de l’Accréditation et de l’Evaluation en Santé (ANAES), est chargée d’évaluer et de valider les outils kinésithérapiques. Pour être validée et mériter une reconnaissance nationale ainsi qu’une large diffusion, une méthode de soins doit « absolument » se plier à un formatage défini par le standard nommé IMRAD. Celle qui ne passe pas sous ces fourches caudines, est écartée. Or la validation pèche souvent dans sa méthodologie, ou alors comment expliquer qu’une multitude de méthodes ont été validées puis condamnées, quelques années après ? Citons : la méthode Klapp, la pouliethérapie, les tractions vertébrales, la méthode Williams de renforcement musculaire, les courants de haute fréquence (diathermie, radar). Un « standard incontournable » en rééducation neurologique également : la méthode Bobath, a également du plomb dans l’aile.

Il est urgent de réviser ces normes IMRAD ! Ainsi que l’enseignement en kinésithérapie, périmé, car datant de 1986.

Il en est de même pour les médicaments qui sont mis sur le marché, puis retirés. On a tous en mémoire l’affaire du « Médiator », aujourd’hui les statines, condamnées par le Professeur Philippe Even ; ainsi que son livre « Le guide des médicaments », un pavé dans la mare, co-écrit avec le Professeur Bernard Debré.

Alors notre métier est-il scientifique ? Peut-on tout prouver ? Clairement non ! Et c’est aussi le cas de la médecine. Gageons qu’aucune étude rigoureuse ne pourra jamais analyser précisément les mécanismes neurophysiologiques complexes permettant d’expliquer les bienfaits réels de la rééducation. La certitude scientifique n’existe pas.

Trop de science tue la science (rappel) !!!

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