Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

GillesOrgeret.com, le blog d'un kinésithérapeute : dos, massage, thérapie manuelle, techniques de kiné...par Gilles Orgeret
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Chère visiteuse, cher visiteur

, 11:18

Je suis masseur-kinésithérapeute et thérapeute manuel spécialisé en thérapie Normotensive. Passionné par mon métier, j'ai écrit de nombreux ouvrages et articles scientifiques.

Avec des mots simples, compréhensibles par tous, ce blog gratuit vise à vous éclairer relativement aux soins que se doit de prodiguer un kinésithérapeute. A cette fin, chaque billet du site est aussi complet que possible et riche en photos.

La grande majorité des patients passant entre mes mains, n'ont pas été éduqués à la prévention des gestes et postures à risques, ni aux sports qu'ils peuvent pratiquer. Pourtant c'est essentiel. C'est pourquoi je donne ici ce type de conseils.

Il m'importe de porter un regard critique sur la presse grand public quand elle véhicule  des idées fausses.

Ayant de nombreux amis médecins ou sportifs fort compétents, j'ai trouvé utile qu'ils aient leur rubrique VIP (vos invités privilégiés), afin qu'ils vous fassent profiter de leur science, même si le sujet traité déborde du cadre de la kinésithérapie.

Il y a, ça et là, quelques notes d'humour.

Nombre de visiteurs même habitant très loin de mon cabinet, me contactent afin que je les prenne en charge. Hélas, je suis sans cesse overbooké ; c'est très rarement possible. Ce que je peux faire :  donner des conseils personnalisés. C'est tout. A mon grand regret.

Je suis votre dévoué, tout près de chacune et chacun d'entre vous avec le coeur.

Gilles Orgeret

Bien choisir sa chaussure de sport !

, 06:34

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Mercredi 31 mai j’écoutais la radio très tôt le matin, et ce qu’ont dit deux prétendus spécialistes relativement au bon choix de la chaussure de sport m’a interloqué.
Je cite quelques couillonnades:

  • - La marche avec bâtons ne sert à rien.
  • - Si on a mal aux genoux, la course n’est pas aggravante.
  • - A la course, l’attaque par l’avant-pied est préférable.
  • - Depuis qu’existe le talon renforcé c’est bien, mais l’amorti est aboli en six semaines d’utilisation régulière. Il faut alors racheter une autre paire.

Mes réponses critiques :

  • - Relativement à “la marche avec bâtons“, notre coach sportif Gilles précise: “Elle peut être comparée au ski de fond. Les bâtons favorisent la PROPULSION. C‘est un bienfait pour le corps, mais il faut avoir des bras solides. Tous les muscles travaillent (bon pour le dos). A chaque fois qu’on s‘aide avec les bâtons, c’est moins de contraintes pour les jambes!“
  • - La course par contre surmène les genoux en mauvais état au moment de l’impact du pied avec le sol. Cela les secoue fortement, surtout en terrain inégal.

Dans cette émission de radio, pas un seul instant les intervenants n’ont évoqué la notion essentielle évoquée ci-dessous:
A la course, trois types de pied :

  • -Le pied universel qui se caractérise par une pronation quasi-nulle lors de l’attaque du talon (déroulement de votre pied vers l'intérieur pour répartir les chocs produits par le contact avec le sol).
  • -Le pied hyper-pronateur dont le basculement vers l‘intérieur de l‘arrière-pied-cheville dépasse 3° lors de la phase d’appui.
  • -Le pied supinateur qui tourne vers l’extérieur lors de la phase d’appui.



Or la pronation active atténue l’impact des forces de choc sur le talon. Il faut également préciser que la pronation dépend des mouvement de torsion entre avant et arrière-pied. Ainsi une chaussure qui entrave ce mouvement fait courir un risque de lésion.
Lors de la course, le bord externe du pied a une fonction équilibrante, alors que la région antérieure amortit. Il faut donc une bonne souplesse de la chaussure pour que le pied s’adapte convenablement au terrain.

L’amortissement prétendument apporté par la semelle anti-chocs: de l‘enfumage !

Lors de l’attaque du sol par l’arrière-pied, il y a d’abord une phase d’impact du talon au sol et cette force a été rendue responsable de bien des maux (tendinites, problèmes articulaires, maux de dos). Alors les fabriquants de chaussures on proposé des semelles dites “semelles de sport amortisseur de chocs“, ou “semelles sport anti-chocs“, très prisées encore de nos jours. Une réussite commerciale basée sur du vent, car malheureusement ces semelles sont trop épaisses et molles. Du coup elles modifient les forces externes s’exerçant sur les structures internes du pied, sans modifier le pic d’impact lors de l’attaque au sol. Il y a donc un changement de répartition des charges dans le sens d’une PERTE D‘ENERGIE et non dans celui d’un EFFET AMORTISSEUR.

De plus une semellle épaisse et molle contribue à déstabiliser l’arrière-pied lors de la pronation du pied. Inversement une semelle plus dure absorbe certes moins les chocs mais permet un meilleur contrôle de cette pronation. Elle induit donc une moindre perte d’énergie.
La géométrie de la chaussure apporte plus que l’épaisseur d’une semelle ou que son caractère soi-disant absorbant.
L’idéal serait de proposer des semelles à “densité diférenciée“, plus absorbantes vers l’extérieur et plus fermes vers le bord postéro-interne.

Quelle chaussure pour quel pied :

  • La chaussure utilisée pour un sport particulier ne doit servir que pour ce sport. Ne pas utiliser la même paire à la ville ou dans la pratique d‘autres sports.
  • Acheter ses chaussures après avoit bien marché. Ainsi le pied aura gonflé et sera comme après une heure de pratique sportive.
  • Choisir un modèle à semelle extérieure pas trop dure. Un test simple: prise à deux mains, il faut pouvoir un peu tordre la chaussure.
  • La partie avant doit être suffisamment large. C’est à dire qu’il faut laisser un centimètre entre le gros orteil et le bout de la chaussure.
  • Pas de couture intérieure qui risque de blesser.
  • Le laçage est important. Le velcros ne s’adapte pas au pied qui s‘échauffe. Il ne se distend pas. A bannir! Opter pour le lacet.

Conclusion :

La bonne chaussure doit pouvoir s’adapter au pied et non le contraire. Les chaussures standard vendues par centaines de milliers ne peuvent donc jamais représenter le top.
Consulté, un kiné-posturologue ou un podologue-posturologue observera l’usure de vos chaussures ainsi que le comportement de votre corps: debout immobile (colonne, genoux, symétrie des épaules orientation du bassin), votre démarche, votre manière de courir, avant de vous conseiller.

Eventuellement le podologue confectionnera des semelles corrective. En effet la semelle amovible standard vendue avec la chaussure doit souvent être remplacée par du sur-mesure.

Mal au cou (cervicalgie), je fais quoi ?

, 16:36

Surtout ne pas agir inconsidérément, et malheureusement internet fourmille de mauvais conseils. Puis ne pas faire aveuglément confiance à un professionnel de santé, même bardé de diplômes, sous prétexte qu'il porte une blouse blanche et qu'il en impose.
Sachez user de votre bon sens naturel avant d'accepter un traitement, surtout s'il vous semble lourd ou inadapté.

Il importe en premier lieu de consulter un médecin afin que soit posé un diagnostic écartant tout problème grave (lymphome, myélome, spondylodiscite). Et si le mal est bénin comme dans la majorité des cas, ce praticien vous prescrira peut-être des séances de rééducation. Un kiné qui se contente de vous poser des électrodes sur le cou pendant un quart d'heure, puis de vous papouiller un petit peu histoire de démontrer qu'il mérite encore son titre de « Masseur », ou bien s’il vous met une lampe..., courage fuyez !!! Cela ne sert à rien. L'électrothérapie à basses fréquences sur un temps aussi court n'a d'effet que durant la stimulation, c’est prouvé (www.sante.fr ou www.anaes.fr)*. Chaleur ou massage, s'ils sont agréables, ne soignent pas, c'est juste un complément de soins.

Si vous consultez un ostéopathe, refusez qu'il vous manipule. C'est à dire qu'il se saisisse de votre tête et lui imprime un violent mouvement tournant. C'est interdit depuis l'année 2000 tellement c'est dangereux, excepté en de rares occasions et sur prescription médicale. L'artère vertébrale qui irrigue le cerveau passe dans un canal osseux creusé dans les vertèbres. Une rotation de 30° à peine la met déjà en forte tension, au risque de l'endommager (dissection vertébrale). Pour se défendre, ces praticiens disent qu'ils manipulent uniquement en latéralité, ce qui est mécaniquement impossible. Sur un cou en souffrance l'inclinaison va automatiquement s'accompagner d'une rotation à cause des contractures loco-régionales. Alors halte au massacre !
Par contre l'ostéopathe peut utilement user de manœuvres douces dites tissulaires, non thrustantes.

Le collier cervical est à réserver au cas où le « cou devient trop lourd à porter et fait atrocement mal au moindre mouvement», et ce durant 72 heures au maximum. Après il devient lui-même un obstacle à une rapide guérison et conduit à un déconditionnement neuro-moteur ainsi qu'à des troubles de la propioception (la perception de soi qui permet de repérer et de définir son corps dans l'espace et de tenir l'équilibre).

Pour ma part, je pratique avant tout un bilan diagnostic kiné, à la recherche d'un éventuel syndrome de déficience posturale.
Il faut savoir qu'il existe des connexions neuronales intimes entre muscles oculaires, vestibule (l'équilibre) et muscles de la nuque.
Trio auquel il faut ajouter la mâchoire, car une dysfonction mandibulaire (mâchoire inférieure) peut provoquer des douleurs de cou, c'est prouvé (il existe des stomatologues posturologues).
En séance, le kiné doit non seulement traiter le cou, mais la mâchoire et les éventuels problèmes d'équilibre.
Je traite les dysfonctions musculo-squelettiques en ayant recours à la thérapie normotensive et en stimulant les trigger areas (billet blog du 4.4.2014). Puis j'use d'élongations douces vertébrales, d'électropuncture avec Miniacusonic. Les exercices sur plateau de Freeman et gros ballon de gym, les auto-exercices avec balles de tennis (billet blog du 20.03.16), sont les bienvenus. Par ailleurs la posture assise doit être modifiée si elle n'est pas correcte, ce blog fourmillant de conseils à ce sujet. S'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym est la meilleure option. Il s'agit de passer de la position assise passive à la position assise active. C'est parfait pour renforcer ses muscles sans effort.

Nombre de médecins prescrivent de la rééducation en piscine pour soigner lombaires ou cou. Hélas, si l'on se contente de tremper le patient dans l'eau, il ne se passe rien. Il en ressort seulement... mouillé. A la lecture de ce billet le lecteur comprendra pourquoi.

Et si je dispose moi-même d'un bassin, j'y ai mis beaucoup de matériel (parfois bricolé), afin que les exercices soient adaptés à chaque pathologie.

Il faut également savoir qu'épaules et cou sont liés. Lorsqu'on surmène ses bras c'est le cou qui se plaint en premier (billet blog du 21.6.2015).

La nuit, durant son sommeil, il est utile de porter un tour de cou (billet blog du 9.6.2013) car l'oreiller, même à mémoire de forme, ne suit pas les mouvements de la tête. Si vous passiez la nuit sans bouger du tout, l'oreiller anatomique remplirait son rôle, mais puisque, à l’instar de tout-un chacun, vous tournez de temps en temps la tête, surtout pendant les rêves, l'option du « tour de cou » est la meilleure. Il s'agit d'une petite serviette enroulée et glissée dans une écharpe, ou toute structure tubulaire en tissu (bas de femme, écharpe légère).

Les anneaux claviculaires sont fort utiles à ceux qui se tiennent bossus ou qui ont mal au cou et aux épaules de manière chronique (billet blog 30.10.2014). Pour 19 euros à peine il y a le redresse-dos E-240, société Orliman.

Par ailleurs la vue doit être corrigée. Faites ce test fort simple : Fermez les yeux et avancez légèrement la tête, tel un myope qui avance sa tête en clignant des yeux pour mieux voir. Vous-vous rendrez compte que cela a une incidence sur votre posture. Votre corps se déporte en avant.

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OUI !
Lorsque cela va mieux, et pour restaurer la mobilité de votre cou, placez-vous ainsi contre un mur (dos droit, cou redressé), et tournez lentement épaules et cou de droite à gauche, mais sur peu d'amplitude (moins de 30° de rotation de chaque côté). L'appui des mains permet de contrôler le mouvement, de le guider, et de le stopper à la moindre douleur. Deux, trois minutes, plusieurs fois par jour.

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OUI !
Voici une autre façon d'étirer son cou. A pratiquer alternativement d'un côté puis de l'autre. Sur la photo, l'épaule gauche est étirée vers la droite, tandis que la tête tourne du côté opposé. La tête se tourne en douceur du côté opposé à l'épaule étirée.
Il faut sentir l'étirement musculaire derrière l'épaule (fixateurs de l'omoplate et trapèze).

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NON !!!

A ne pas faire !!! Chercher à retrouver la mobilité de sa tête en la tournant en tous sens, le plus loin possible, et au besoin en tirant dessus avec sa main, comme préconisé à tort par une multitude de sites internet et de professionnels de santé mal avisés.
Tout ce que l'on risque est de se bloquer le cou, ou pire de léser l'artère vertébrale qui irrigue le cerveau.

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OUI !

Certains d'entre nous bougent tout le temps la tête, comme les poulets. Croyez-vous que cela soit une bonne chose ? « Pour voyager loin - dit le proverbe -, il faut ménager sa monture ». Ainsi pour loin mener ses articulations, il est logique de les ménager.
Lorsque vous avez à tourner la tête, tournez d'un bloc sur les pieds comme le font les mannequins sur le podium, les épaules accompagnant les mouvements du cou. En plus, c'est élégant !
N'optez pour les grands mouvements du cou que par absolue nécessité.

  • Douleurs neuropathiques : des prises en charge non médicamenteuses aux décisions stratégiques. V. Guastella, M. Navez, G Mick. Rhumatologie Pratique. Février 2009.

mal de dos : les gestes qui soulagent : la technique dite "de la grosse caisse"

, 10:56


gif animé par James Curran
gif animés avez-vous donc une âme

joyeuses fêtes

, 10:42

Gilles Orgeret se presse de déclarer : "tous les kinés de France se massent avec moi pour vous souhaiter de joyeuses fêtes et une bonne année 2015"

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Mal de dos chronique, l’absolue nécessité de traiter les « Trigger points »

, 12:27

La plupart des zones du système nerveux central sont impliquées dans le processus des douleurs, quelles qu’elles soient, et ne lui sont pas spécifiques, répondant à d’autres stimulations. Ainsi n’est-il jamais aisé de définir la cause exacte d’une douleur.
En ce qui concerne le mal de dos chronique commun, la véritable cause n’est connue que dans 5 % des cas. Par ailleurs il a été démontré que le psychique est autant affecté que le physique. Alors comment oser prétendre savoir le soigner efficacement ? Pas un mois cependant sans qu’un magazine de la presse grand public ne publie un article ventant des méthodes novatrices, ou beaucoup moins comme Ostéopathie et Chiropraxie, qui sont des médecines manuelles centenaires. Ces dernières donnent d’excellents résultats sur le court terme, et ont le tort d’avoir pour effet pervers de rendre le patient traité chronique et dépendant *.

En matière de méthode soi-disant novatrice, révolutionnaire, il y a eu dernièrement le traitement par « pace-maker lombaire » qui a fait l’objet d’un précédent billet dans ce blog. Pourquoi traité-je cette méthode de « soi-disant novatrice » ? Parce qu’il existe déjà depuis longtemps la « stimulation cordonale », la différence étant dans les zones stimulées électriquement. Dans le pace-maker lombaire on stimule la musculature, dans la stimulation cordonale, la périphérie de la moelle épinière.

Hélas les chiffres sont là, constants, troublants, au lieu de diminuer, ce mal a tendance à augmenter d’année en année. Il est la première cause mondiale d’arrêt de travail.

Trigger points (points gâchette), explication.

C’est la lecture d’un article dans Rhumatologie Pratique, la revue des médecins Rhumatologues, « Traitement des lombalgies chroniques : aurions-nous tout faux ? » D.-J.B. Septembre 2012 : N° 296, qui a agi en moi comme un déclic.
Il disait :
« …/… Les lombalgies sont liées en grande partie à l’incapacité des muscles de se relaxer, tout en permettant une hyperactivité des autres muscles du tronc parfois hypertrophiés de ce fait. ». De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qui est constamment dur, contracté, chez celui qui souffre de manière chronique du dos ? Que ce soit du bas ou du haut d’ailleurs. Cette sensation gênante fait parfois dire au patient : « la douleur aiguë n’est plus là, je vais beaucoup mieux. Je bouge normalement, mais je sens bien qu’il reste de petits points de tension dans mes muscles là où j’ai eu très mal. Et si je fais un « aux mouvement », un mouvement un peu brusque, je sais que je vais me bloquer de nouveau ! ».

Les « Trigger points » ou en Français « points gâchette », sont des sortes de tout petits nœuds durs, permanents, présents dans la musculature. Travell les a évoqués dans les années 50, et a cartographié tout le corps (voir sur Internet), avec quelques oublis néanmoins, il en existe une flopée. Quand on appuie sur ces points douloureux, on provoque l’irradiation ressentie lors des crises, ou parfois de longs trajets douloureux incompréhensibles. Ainsi, en appuyant sur le trapèze (muscle en relief entre cou et épaules), peut-on parfois susciter un fulgurant trajet douloureux ascendant, soit jusque au dessus de l’œil, soit jusque sur le bord latéral de la mâchoire du même côté, soit descendant vers le milieu du dos.

Il existe des théories pour les expliquer mais aucune certitude, et sans traitement approprié la personne en a de plus en plus. Elle ne « s’en sort pas ! ».

Très peu de professionnels de santé font de leur éradication, une priorité absolue.

Il existe des méthodes aux résultats inconstants :

- On peut masser fortement le point (avec le doigt ou un petit objet dur non traumatisant pour les tissus).
- En Ostéopathie on pratique la « mise en aisance ».
- On peut traiter par un froid intense localisé (cryothérapie).
- Faire du « dry needling », en piquant avec une aiguille d’acupuncture à usage unique.
- Le médecin peut pratiquer une infiltration.

Critique :
Le massage n’est efficace que s’il obéit à un protocole précis, tel que décrit ci-après. En Ostéopathie, le massage du point relève de la caresse. Insuffisant ! Piquer comme infiltrer, ont un effet positif, mais tout transitoire (quelques jours).

Traitement normotensif des Trigger points.

Voilà ma méthode.

Le thérapeute et le patient repèrent ensemble les points par pression très forte. Il est évident que lorsqu’on appuie fort quelque part sur le corps cela fait toujours mal, mais dès qu’on est sur un « trigger », c’est « exquis », fulgurant. On ne confond jamais !
En général, on en trouve une douzaine, ou plus. Sachant qu’il faudra les traiter tous. Chaque point nécessite environ une minute de traitement.

- Pour la zone lombaire, le sujet est en ventral, la jambe du côté à traiter en dehors de la table, reposant sur le genou du thérapeute qui est assis à côté (position de détente des muscles pelvitrochantériens).
- Pour le cou, l’épaule, le sujet est assis devant son thérapeute, lui-même assis.
- Pour les points de membre inférieur : position assise du patient en bord de table, pied ne touchant pas le sol.
- Pour le membre supérieur : sujet assis, détendu.

Le sujet doit se détendre en soufflant bien durant la séance bien que la pression soit très forte, très douloureuse, et de préférence légèrement vibrée (toucher déclenchant).

Le « test d’aggravation ».

S’il traite les lombaires, le thérapeute appuie très fort sur le point, et demande au patient si le point lui fait plus mal en flexion, ou en extension de hanche. Le thérapeute positionne ensuite le segment cuisse dans le sens où la douleur est la moins forte, et pose le genou du patient sur ses cuisses.
Pour le cou et la zone entre les omoplates, le patient tourne le tronc d’un côté puis de l’autre.
Pour les membres, l’articulation la plus proche est bougée en flexion-extension, et rotation (si l’articulation le permet). Tirer aussi en rotation axiale sur les segments de membres.

La « voie de passage ».

Patient détendu, il se laisse entièrement faire, ne contracte pas ses muscles, c’est le thérapeute qui la recherche.
Le thérapeute appuie très fortement sur le point en cherchant le positionnement qui permet un perception bien précise : sous le doigt, le Trigger s’amollit soudainement, il devient moins dur. Dès que l’opérateur à trouvé « sa voie », il y reste, ne change plus la position.

- Au niveau lombaire, avec la main qui n’appuie pas sur le Trigger, l’opérateur tire l’aile iliaque (l’os latéral du bassin) vers le bas et en dehors.
- Pour la zone dorsale (zone des omoplates, à partir de la première vertèbre dorsale), il joue sur de très légères rotations du tronc.
- Pour les Trigger du cou (segment supérieur), le thérapeute, toujours derrière son patient, appuie sur les deux côtés du cou en même temps, en légère traction de la tête (en la tirant ver le haut) sans jamais aucune rotation axiale.
- Pour les membres il tourne le segment de membre concerné sur son axe longitudinal.

L’«effet motte de beurre ».

Soudain, après une minute environ, le point ne fait plus mal du tout, et le doigt du thérapeute s’enfonce un peu comme dans du beurre, sur un ou deux millimètres, pas plus.

Nombre des séances :

Deux fois par semaine au début, puis une fois. Les bienfaits sont ressentis dès la première ou la deuxième séance. Ensuite, il faudra peut-être dix, vingt, trente séances. Mais comme le traitement est sans risque, on peut le renouveler à volonté, et le patient trouve lui même souvent entre deux séances, de nouveaux points à traiter.

Conclusion :

Il est évident que pour soigner un mal de dos chronique, ce traitement à lui seul ne suffit pas. Les livres que j’ai écrit sur le sujet, ainsi que de nombreux billets sur ce blog, en témoignent, et vous donneront l’indispensable complément d’informations. Seulement il doit être systématiquement entrepris, à chaque séance, et donne des résultats remarquables.

  • Estrade J-L. Mais qu’est-ce qui marche dans les sciatiques ? Kinésithérapie Rev. 2007 ; (72) : 4-14.

Posturo-logique. Equilibre

, 14:56

La recherche de l’équilibre est le facteur déterminant du contrôle postural. Il doit être pour nous, professionnels de santé, une priorité thérapeutique. Le défaut durable d’équilibre est si perturbateur, qu’il est en soi source de douleurs chroniques qu’aucun traitement de physiologie antalgique classique ne sera capable de solutionner. Le traitement symptomatique n’est pas satisfaisant. Il faut aller directement à la cause des douleurs.

Gardons toujours à l’esprit une conception holistique de l’individu.

Le contrôle sensori-moteur de nos postures et de nos mouvements est soumis à fluctuations tout au cours de notre vie. Il se révèle hélas relativement peu performant pour la majorité de la population, malade ou non. Si cet outil est durablement perturbé, à la longue apparaissent : fatigue, tendinopathies, arthralgies dégénératives, hernies discales. Quatre entrées sensorielles peuvent être à l’origine de cette perturbation de contrôle : oreille interne, afférence podale, vue, mâchoire, que nous-nous devons donc de prendre systématiquement en compte. Par ailleurs, très tôt dans la vie (dès l’âge de trente cinq ans), les muscles extenseurs posturaux s’affaiblissent naturellement, ce qui entraîne des difficultés pour le rachis (la colonne vertébrale) à s’adapter à la verticalité. On peine alors, plus ou moins consciemment, à maintenir une posture satisfaisante, c'est-à-dire économique. Par ailleurs lorsqu’une personne âgée chute lourdement, son équilibre peut être définitivement atteint (tableau de « post-chute » et syndrome dysexécutif).

Le comportement moteur humain est organisé par référence à une verticale biologique, construite par le cerveau à partir d’informations visuelles et graviceptives (otolithiques et somesthésiques). Evoquer la notion de position dans un environnement, implique un système associé à un référentiel (Berthoz 1997). Le référentiel basé sur la verticale gravitaire, est majoritairement renseigné par le système vestibulaire. Celui qui est basé sur des points de repère dans l’espace, est majoritairement renseigné par la vue. Quant à celui qui est propre à l’individu, il est basé sur des informations issues du système somesthésique (une des bases du traitement normotensif que je pratique).

Certaines lésions cérébrales peuvent altérer la capacité à maintenir sa position ou à en changer dans les trois postures fondamentales : couchée, assise, debout. Parfois peuvent se rencontrer des anomalies sévères du sens de la verticalité. Cela vaut pour les perceptions : visuelle, tactile, et posturale de la verticale. En pathologie neurologique (ou vestibulaire), les anomalies de la verticale subjective consistent en l’existence d’un biais directionnel, et/ou en une incertitude sur le sens de la verticalité. Toute lésion cérébrale chevauchant une zone impliquée dans l’intégration graviceptive vestibulaire ou somesthésique, peut entraîner une perturbation de la construction de la verticale subjective. Une lésion des voies vestibulaires touchant les voies graviceptives somesthésiques donnera une inclinaison de la verticale subjective portant sur la perception posturale de la verticale. Le thalamus postéro-latéral ne serait pas uniquement un relais pour les voies vestibulaires, il pourrait être une structure fondamentale pour le contrôle de la station érigée. Les gravicepteurs vestibulaires, somesthésiques, et viscéraux contribuent à la mise à jour de cette verticale subjective (Dominic Perennou. L’altération du sens de la verticalité : une nouvelle approche de l’incapacité posturale post AVC. L’AVC de l’urgence à la réadaptation. dominic.perennou@chu-dijon.fr.).

Cependant, si la contribution des informations visuelles et somesthésiques au contrôle de la posture bipédique est bien établie, celle des informations vestibulaires reste sujette à question. Fitzpatrick & MacCloskey (1994) rapportent des seuils de sensibilité des canaux semi-circulaires supérieurs aux accélérations des oscillations posturales classiques observées en posture statique debout non perturbée.

Notre sensibilité tactile est véhiculée par divers mécanorécepteurs (corpuscles de Meissner, de Pacini, de Ruffini, disques de Merckel). Ils fournissent au système nerveux central des informations sur le monde extérieur, essentiellement par le biais des mains et des pieds. Les récepteurs tactiles issus de la sole plantaire ont été le plus largement mis en vedette, mais les autres informations cutanées sont incontournables. Depuis les pieds jusqu’à la tête, la continuité de l’information sensorielle contribuant à notre équilibre, s’opère par le biais de multiples muscles et articulations associés en chaînes. Les voûtes plantaires renseignent sur la variation des appuis, les yeux renseignent sur le rapport à l’environnement. Il y a relation directe entre mâchoire et cou, ainsi qu’existent des connexions entre muscles de l’œil et ceux de la nuque.

La stabilité de la tête ne peut être obtenue que s’il y a équilibre dans les articulations de la mâchoire (Bogumila Sobczak. Influence de la kinésithérapie sur l’état fonctionnel des articulations temporo-mandibulaires, de la colonne vertébrale et des membres. Kinésithérapie Scientifique - N° 433 - Mai 2003. P 19. // Malafosse P. Le trépied de la statique. Kinésithérapie Scientifique. N° 328. Novembre 1993. P 11- 25).

Plusieurs études de recherche (Amblard & Carblanc, 1980 ; Nougier et al., 1997 ; Berencsi et al. , 2005 ; Schmid et al., 2008 ; Uchiyama & Demura, 2008) suggèrent d’une part que les visions centrale et périphérique jouent un rôle complémentaire dans le contrôle de la posture bipédique, d’autre part que la contribution relative de chacune des visions est dépendante des informations fournies par les autres systèmes sensoriels, notamment les informations somato-sensorielles issues du segment pied-cheville. Si les capteurs sensoriels sont localisés dans différentes parties du corps, l’information qu’ils génèrent converge vers des structures sous-corticales et corticales communes qui contrôlent le système postural par l’intermédiaire de différents réflexes. Le réflexe vestibulo-oculaire permet la stabilisation du regard, les réflexes vestibulo-spinal et vestibulo-oculo-cervical permettent le contrôle global et le maintien de la posture par leur action sur le réflexe myotatique.

A prendre en compte.

merci Gilles

, 16:09

Elle est à toi, cette chanson
Toi, Orgeret qui sans façon
M'as créé quatre exercices à faire
Quand dans mon corps c'était la misère
Ce n'était rien qu'un peu de soin
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manière d'un grand festin
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Les méthodes kiné hors normes, parfois bizarroïdes

, 15:54

Les tibétains considèrent que nos pensées, nos convictions, nos attachements, sont des « liens mentaux » qui orientent le choix de nos vies. Il arrive que l’on crée un « lien mental » tellement fort avec un guérisseur, que notre vie en sera transformée à tout jamais.

Le MK (masseur-Kiné) nouvellement diplômé est fier de pouvoir mettre en pratique les méthodes de soins bien franchouillardes que lui ont inculquées ses enseignants. Seulement au sortir de l’école, seul dans son cabinet, il se trouve rapidement confronté aux dures lois du «reality show». Aussi déchante t-il dès qu’un patient lui réclame « la toute nouvelle méthode de soins à la mode importée d’Inde ou de chine, que vante Elle ou l’Express » et à laquelle il n’a pas été initié bien entendu !

Toute nouveauté thérapeutique non scientifiquement prouvée, rencontre forcément son public de malades fragilisés, en perte de repères, et ayant perdu confiance en la médecine traditionnelle. Personne n’a le choix de sa naissance, de sa race, de ses caractéristiques génétiques, et il faut une bonne dose de distanciation pour être capable de se recréer soi-même libre de toute influence, de toute idée reçue. Les croyances nous imprègnent dès avant notre naissance. Or bon nombre de cultures croient au miracle et à la magie, du coup lorsque quelqu’un nous propose une méthode magique en matière de soins, on a envie d’y croire.

Et en effet à n’en point douter certaines méthodes bizarroïdes sont efficaces et sans danger, de même que certains individus possèdent un véritable don hors normes de guérisseur. Cette évidence s’impose à nous depuis la nuit des temps au travers d’innombrables témoignages. La nier équivaut à refuser la part de magie inhérente à la nature humaine. Il n’est qu’à citer Heïnrich Himmler, le second du régime nazi, qui s’enticha à la fin des années trente du Finlandais Félix Kersten, dont les massages soulageaient ses épouvantables crampes d’estomac alors qu’aucun autre traitement n’y parvenait.

Conclusion

Bon nombre de méthodes non reconnues, non validées scientifiquement, sont plus efficaces que la plupart des traitements officiels (l’ostéopathie dont les vertus ne sont plus à prouver, n’est pas validée scientifiquement). Reste à faire le tri. La formation continue en kinésithérapie en propose d’ailleurs un large éventail : micro-kinésithérapie, massage holistique à visée énergétique, concept neuronal, Sohier, méthode Mézières…, la liste est longue.

Pour être remboursées, ces techniques correspondant à un acte complémentaire non inscrit à la nomenclature (Nomenclature Générale des Actes Professionnels), nécessitent un devis dûment signé par patient et praticien. Ce recours doit être justifié et ne pas dépasser 30 % des actes.

Bien qu’il n’existe pas de spécialisation reconnue en kinésithérapie (et c’est bien dommage), une exigence particulière du patient, une méthode rééducative utilisée en marge, peu connue, se note par la cotation « HN » (hors nomenclature) sur la feuille de soins. Actuellement, la Sécurité Sociale a mis cette pratique sur la sellette. Elle trouve qu’il y a abus et en débat.

premiers articles de presse sur le livre « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »

, 09:52

Parution des premiers articles de presse consacrés au livre de Gilles Orgerte « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »

Le Télégramme de Brest : "Après un premier chapitre sur le phénomène « anti-âge » et la place des seniors au sein de la famille et de la société, l'auteur dénonce, point par point, mensonges et idées reçues en matière de santé du corps et de l'esprit (alimentation, Alzheimer, arthrose, coeur, sexe, yoga...). Le tout s'appuyant sur plus de cent articles médicaux et scientifiques. Le dernier chapitre propose les activités physiques les mieux adaptées à l'état de santé de chacun."
Télégramme de Brest

Capgeris, portail des services aux personnes âgées : aide à domicile, maintien à domicile , maison de retraite , résidences avec services pour sénior :
"Le livre de Gilles Orgeret, masseur-kinsithérapeute, est construit en trois chapitres.
L'auteur replace, dans un premier temps, le senior dans sa véritable place – une place positive – dans la société.
Puis il examine à la loupe, de A à Z, les grands thèmes de santé.
Enfin, l’ouvrage se clôt sur des méthodes d’exercices illustrés, adaptés aux pathologies.
Gilles Orgeret est masseur-kinsithérapeute au sein d’un grand hôpital de l’ouest parisien.
Grand spécialiste du dos, il a écrit de nombreux articles destinés aux professionnels de la santé et enseigne également la thérapie normotensive dans plusieurs villes européennes."
Capgeris

Profession kinésithérapeute

, 17:35

Profession : kinésithérapeute



On compte aujourd’hui en France métropolitaine plus de quarante mille MK (MK pour Masseurs-kinésithérapeutes) et c’est en 2006 que la profession a fêté le soixantième anniversaire de sa reconnaissance légale. Nos prédécesseurs étaient des « infirmiers-masseurs », sans formation ad hoc, ni reconnaissance.



Qui sommes-nous ?



Afin d’avoir le droit d’exercer, nous-nous devons d’être titulaires d’un diplôme d’Etat. Notre formation s’étale sur trois années après un bac, obtenu de préférence avec option scientifique. Les droits d’entrée aux écoles sont élevés : 8000 euros la première année, ensuite c’est dégressif, 7500 puis 7000 (mêmes prix pour les études d’Ostéopathie). Seuls, deux instituts parisiens relevant de la fonction publique et soumis à numerus clausus (nombre de places limitées), Lariboisière et Saint Maurice, sont gratuits, et accessibles uniquement par concours. Pour se donner un maximum de chances d’accéder à cette filière d’auxiliaire de santé, il est chaudement recommandé d’effectuer une année de préparation au concours d’entrée aux écoles, facturée environ 4000 euros.

Afin d’éviter ces frais, il est possible d’étudier dans la communauté européenne. Depuis de nombreuses années, la Belgique était ainsi envahie par des hordes d’étudiants non-résidants, du coup elle impose maintenant un quota basé sur un tirage au sort. Dans l’hexagone la moitié des élèves sont recrutés via une année de PCEM 1 (première année de médecine).

20 % des kinés travaillent dans le secteur public : centre de rééducation, thalassothérapie, thermalisme, Hôpital. L’immense majorité se consacre donc à la voie libérale. En 2008, il y avait 12000 salariés pour 50 000 libéraux.



Que faisons-nous ?



Par des moyens manuels ou instrumentaux, grâce au massage, la gymnastique médicale, la balnéothérapie, au moyen de thérapies manuelles, à l’aide d’appareils, nous assurons la rééducation des personnes souffrant d’affections congénitales ou acquises, ou bien consécutives à la pratique sportive, ces pathologies affectant les appareils : cardio-respiratoire, circulatoire, moteur, ou neurologique. Nous ne pouvons exercer que sur prescription médicale, sauf dans le domaine de l’esthétique, de la forme et du bien être, qui sont nos autres champs d’élection. En aucun cas le diagnostic médical, ni les indications éventuellement utiles au traitement, ne doivent être portés sur cette prescription médicale. Ils doivent se trouver mentionnés dans une lettre d’accompagnement (ce qui est rarement le cas).

Il nous est maintenant loisible de prescrire du petit matériel : sondes pour l’incontinence urinaire, attelles, ceintures de contention, cannes, etc. Incontestablement, le MK se doit d’avoir des préoccupations éthiques. Il se place dans une optique de meilleure gestion de la qualité de vie, éduque, il a parfois rôle d’expert notamment en ce qui concerne l’ergonomie (bonne gestion de son dos, de ses articulations, dans l’exercice de sa profession). L’éthique se définit comme l’ensemble des devoirs qu’on s’impose dans l’exercice de son métier, en fonction d’un code au travers duquel sont adaptées les règles de la législation générale. La morale quant à elle regroupe les normes nécessaires à une bonne pratique de vie, et prend en compte les interdits sociaux et religieux ; c’est le «devoir bien penser en son âme et conscience», parfois en opposition avec le calibrage sociétal dans lequel on vit, alors que l’éthique serait en quelque sorte le « devoir bien agir » en accord avec les principes normatifs socioculturels. L’éthique est ‘contrainte librement acceptée’, la morale, avec son cortège de référents spirituels, est ‘intime conviction’.



Quelle est notre habituelle extraction sociale ?



Le MK est principalement un enfant de cadre supérieur (35%), alors que les infirmières sont en proportion relativement importante issues de la classe ouvrière. La principale raison en est peut être que les études de kiné coûtent très cher (idem pour les ostéopathes), les couches populaires ne peuvent pas aisément assumer.



A quoi sert l’Ordre des MK ?



La loi de santé publique du 9 Août 2004 a institué l’Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes, mais ce n’est que par décret paru au journal officiel du 9 mars 2006 qu’il y a eu concrétisation. Organisme de droit privé avec mission de service public, il est l’instance qui régit les rapports entre les professionnels, instaure le code de déontologie (article L.4321-21), avec devoir de respecter les principaux autres codes encadrant notre activité (code Civil, de la Santé publique et de la Sécurité sociale). L’Ordre fait respecter les règles de l’observance professionnelle, il a pouvoir de justice, il a également la responsabilité d’organiser des actions d’évaluation des pratiques professionnelle, en lien avec la Haute Autorité de Santé.

Il veille à la qualité de la pratique professionnelle, et combat l’exercice illégal, certaines personnes pouvant œuvrer sans diplôme, ni autorisation. L’Ordre doit également veiller « au maintien des principes de moralité, de probité et de compétence, indispensables à l’exercice de la profession. »

Conseil du Kiné : Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?

, 10:33

Suite du billet : Le trio «marche-vélo- natation » pour toutes les pathologies y compris les lombalgies ?

8 - Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?
Peut-on la pratiquer seul et si oui, quelles sont les précautions d’usage ? En cas de pratique solitaire, y a-t-il un rythme, une fréquence, une intensité, une dépense énergétique minimales ?

Le sujet malade se doit de ne changer ses habitudes qu’à minima, cependant il doit être plus responsable que le non-malade (ce qui est loin d’être une généralité) et se poser les bonnes questions : est-il en poussée ou non, ou en danger d’y tomber ? Certains médicaments risquent-ils d’altérer son équilibre (antidépresseurs par exemple) dans la pratique de son sport ? Il faut dans tous les cas tenir compte de la pollution atmosphérique (quand il fait beau et chaud en ville, ne pas aller courir), des conditions climatiques (se protéger plus qu’un autre des ardeurs du soleil, ou du froid), de l’altitude. Si on souffre d’une affection respiratoire chronique, l’atmosphère chlorée des piscines n’étant pas bénéfique, il faut éviter de les fréquenter souvent. Penser à s’hydrater, commencer à boire avant le début de l’activité. Choisir ensuite une plage horaire favorable : après 10 heures : gym en salle, step, marche, natation. Footing avant 17 heures. Entre 17 et 18 heures : cardio-training, badmington.

En cas de pratique solitaire la fatigue est le premier signe tangible traduisant un dépassement de la dose prescrite du « sport-médicament », il faut la contrôler et s’arrêter avant. Tant qu’on peut parler sans hacher les mots, ça va. Certaines activités nécessitent de se rendre en club ou sur un terrain qui n’est pas forcément à proximité de son domicile. Si on est soudain très fatigué après le sport, mieux vaut peut être avoir prévu quelqu’un pour être raccompagné.

En montagne, la réceptivité à la pathologie d’altitude est variable selon les individus, et donc, si l’on est seul, l’incident est souvent imprévisible. Chez les sujets à risque (asthme, maladies cardio-respiratoires, antécédents de thrombose), la pratique sportive en altitude favorise l’hypertension artérielle. Dès 2000/2500 mètres d’altitude, la raréfaction de l’oxygène rend la pratique sportive nettement plus difficile. Dans tous les cas, qu’on soit peu ou très malade, il faut être en un lieu accessible, pour pouvoir être éventuellement secouru rapidement, en cas d’incident ou d’accident. Il faut donc qu’un référent fiable soit prévenu « du où, du quand, et du comment » de sa pratique. Il faut pouvoir le contacter sûrement, par exemple par téléphone.

Doit-on au contraire se tourner vers une structure médicalisée, ou vers un kiné, un médecin du sport, un éducateur médico-sportif ? Les approches des kiné, médecins du sport, et éducateurs sont-elles différentes ? Qu’apportent-elles au malade sportif ?

Créés dans les années 40, les centres médico-sportifs avaient pour objectif la délivrance des certificats de non contre indication à la pratique sportive. Le suivi des sportifs et la prévention sont devenus des objectifs quelques années plus tard, mais on assiste à une disparition progressive de ces centres, au profit des CRESIF (Comité Régional d’Education pour la Santé), des CROS (Comité Régional Olympique et sportif), des collectivités locales, ainsi que des délégations régionales sportives. Ces structures ont pleinement leur place dans le monde actuel.

Quant aux professionnels de l’accompagnement médical du sport, ils n’ont pas la même formation, ni les mêmes degrés de compétences, mais ciblent la même population humaine à un moment précis de son activité : le sport.

En première ligne vient le Médecin du sport. Il joue un rôle fondamental dans le suivi des activités sportives collectives ou individuelles, des sujets en bonne ou mauvaise santé. Son rôle est également de prévenir, ou traiter, les accidents ou défaillances dans la pratique sportive. Il est indispensable auprès du sportif durant les compétitions, comme le sont à ses côtés le kiné et l’ostéopathe, alors que ce n’est pas le cas pour les autres métiers du sport, tel l’éducateur médico-sportif.

La formation d’éducateur médico-sportif concerne l’enseignement des activités physiques et sportives dans le sectaire sanitaire. Le postulant doit avoir une licence ou un master en APA, ainsi qu’une formation aux pathologies qu’il prend habituellement en charge, comme le diabète. Dans ce secteur existent déjà : enseignants en APS, éducateur sportif, prof d’APA et éducateurs physiques. Les « casquettes » se multiplient comme l’attrait pour le sport d’un nombre grandissant de personnes malades ou pas.

Les kinés pensent que le métier d’éducateur médico-sportif restreint bel et bien leur champ d’action, mais que c’est un fait établi auquel il faut se faire car irréversible, du fait du profilage en constant remodelage au fil du temps, de l’encadrement du sportif, qu’il soit malade ou non ; d’autant que les compétences du kiné le conduisent à ne pas s’occuper uniquement de ses semblables dans le domaine sportif. Dans le domaine sportif il agit en collaboration avec le médecin du sport. Son action est déterminante dans le cadre de la préparation physique, la surveillance de la compétition, la gestion de l’urgence sur le terrain, et globalement les soins pré et post sportifs. Il est en même temps ergonome (choix du matériel à emporter, réactions individuelles en fonction du geste sportif et dans les activités de la vie quotidienne afin de ménager son appareil locomoteur), il est aussi éducateur alimentaire.Ses conseils ciblent aussi la prévention des maux du sport. Par exemple, quand on a un périnée fragile, il prévient qu’il faut éviter plate-formes vibrantes, trampoline, équitation, sports de sauts.

Il est aussi chercheur, certains confrères étant Docteurs en biomécanique, c’est à dire en mécanique humaine. De ce point de vue, et je m’en ouvre dans mes derniers ouvrages, je pense qu’il ne faut plus faire du sport « à l’ancienne ». C’est à dire étirer et muscler sans préalable, ce préalable étant le renforcement de l’équilibre par la propioception, d’autant que lorsqu’on cherche à muscler et assouplir un sujet présentant un problème d’équilibre et de mauvais réflexes posturaux, on ne fait que renforcer ses défauts et aggraver le tableau !!! C’est pourtant ce qui ce fait partout aujourd’hui. Je donne un exemple : un enfant de dizaine d’années ayant des problèmes d’oreille interne non décelés, demande à faire du judo. Il débute, tombe, se blesse, guérit. Dix, vingt ans après, au cours d’une épreuve de sa vie, il à soudain de nouveau mal là où il souffrait étant petit. La douleur s’est inscrite dans son cerveau, elle est « corticalisée », et donc devenue difficile à déloger. Pour éviter cela, tout sujet sportif malade ou non, doit en priorité travailler régulièrement son équilibre, en choisissant d’abord pour ses activités assises, un gros ballon de gym (ballon de Klein) au détriment des sièges classiques, et en faisant régulièrement des exercices (yeux fermés) sur plateau de Freeman. C’est une planche posée sur un socle ovoïde, ou un support plan arrondi, qui déséquilibre celui qui monte dessus.

Métier : kinésithérapeute : le côté « lumineux » et le côté « obscur » !

, 13:35

Le côté « lumineux » et le côté « obscur » de la profession de kinésithérapeute !

En comptant l’année de préparation, les kinés sont définis comme : « Bac + quatre ». La plupart exercent en secteur privé. C’est une profession paramédicale, c’est-à-dire qu’elle dépend d’un médecin prescripteur. Si l’on veut être remboursé à 100 % par Sécurité Sociale et Mutuelle, on ne consulte un kiné que si un médecin prescrit les séances. Le nombre de ces séances et leurs modalités sont en principe laissés à la convenance du kiné, bien que le médecin puisse orienter ce choix, réclamant spécifiquement par exemple : conseils de prévention, massages, exercices en piscine ou à sec, etc.
Durée officielle des séances : une demi-heure.

Les reproches :

- Le principal reproche que l’on puisse faire au kiné est de traiter le symptôme : « Vous avez mal là, on vous masse là ! », la vraie cause étant souvent éloignée de la zone qui fait mal, cachée, voire mystérieuse. De plus il a une fâcheuse tendance à bâcler ou à zapper les « bilans-kiné » permettant de choisir le traitement le mieux adapté.

Donnons l’exemple du mal de dos commun : quand on sait que sa véritable cause n’est connue que dans cinq pour cent des cas, comment oser prétendre le soulager en se contentant de promener dessus une sonde à ultra-sons durant quelques minutes alors que le seul effet avéré des Ultra-Sons est défibrosant (le mal de dos n’est pas un problème de fibrose), ou en faisant pratiquer trois/quatre exercices à la va-vite, souvent inadaptés, comme le renforcement des abdominaux qui a le tort d’augmenter les contraintes lombo-sacrées, de favoriser la délordose (atténuation de la cambrure des reins) et d’augmenter par là même le mal au lieu de le soulager ( pour plus d’infos, lire : « Mal de dos : vérités et mensonges. » J Lyon Editeur) ? Il faut plutôt rééduquer le caisson lombo-périnéo-abdominal (l’abdomen), dans son ensemble « contenant/contenu » !

- Par ailleurs il utilise trop de machines, pas suffisamment ses mains. Pourtant le toucher est irremplaçable, il crée le lien, apaise. Il sollicite également la sensibilité profonde (perception du mouvement et de la position dans l’espace des différentes parties de notre corps) souvent déficitaire quand on est malade ou handicapé.

- Enfin, sur la demi-heure due, le traitement effectif dépasse rarement le quart d’heure… Que voulez-vous soigner efficacement en un quart d’heure ??? Comme du coup, la guérison se fait attendre, on multiplie les séances à l’infini... avec pour seul résultat de creuser encore plus le déficit de la sécurité sociale !!!

- Dans certains domaines où le kiné était particulièrement apprécié, comme le désencombrement bronchique des nouveau-nés, plusieurs études ont malheureusement démontré qu’il n’en était rien (Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62). A ce sujet, se référer à mon précédent billet édité dans ce Blog.

- Dans bon nombre de cabinet c’est le travail à la chaîne. Les patients sont installés dans une salle, on leur pose des électrodes « là où ça fait mal » durant un quart d’heure, ensuite ils passent à la caisse. Les kinés ne les touchent même plus, ou alors ce sont des papouilles expédiées en trois minutes. Etonnez-vous après ça que le kiné ait perdu l’exclusivité de l’art du massage, les esthéticiennes pratiquant par exemple le « modelage » qui en est une forme déguisée.

Au crédit du kiné :

- Il garde une bonne image auprès de la population, il est apprécié, et c’est énorme quand on connait le poids du facteur psychologique dans la plupart des maladies. On consulte une fois son médecin, puis on est entre les mains de son kiné pour dix, quinze, quarante séances, ce qui permet de tisser des liens. Il écoute, rassure.

- Bon nombre de kinés sont aussi Ostéopathes, ou bien se forment à d’autres méthodes fort utiles (Maitland, Chaînes musculaires, rééducation périnéale, Normotensive …), ils sont « multi-tâches », accumulant les compétences.

Prenons des exemples :

Votre pathologie nécessite l’usage de cannes : le kiné vous aide alors à choisir celles qui sont le plus adaptées à votre handicap et vous montre comment les utiliser. Il peut également fabriquer un petit appareillage (collier cervical, attelle).

Vous êtes malade, fragile, et voulez faire du sport : le kiné est à même de vous conseiller ceux que vous pouvez pratiquer, et de vous apprendre comment vous ménager dans les activités de la vie quotidienne.

Dans bon nombre de pathologies comme en neurologie, en traumatologie (les accidents), en cardiologie, en gynéco-obstétrique, il éduque, remet son patient d’aplomb en suivant un protocole rigoureux en rapport avec la pathologie concernée, et en étroite collaboration avec le personnel soignant. Il aide son patient à se rétablir et à se réinsérer au plus vite dans son environnement socioprofessionnel.

Enfin ses soins sont remboursés aux assurés sociaux, ce qui le rend accessible au plus grand nombre.

Conclusion :

Tous les métiers ont leurs attraits, dénoncer leurs dérives permet de les corriger. Nous avons la santé de nos patients entre les mains, nous-nous devons de leur donner le meilleur, en les préservant du pire. En aucun cas la profession ne peut être un business.

Fin

Santé des seniors

, 06:34

En ce moment je corrige et me prépare à faire les photos du prochain livre grand public que je prépare, il cible la santé des seniors. Sa sortie, programmée pour mai-juin, sera annoncée ici.
C'est chose faite : Seniors, on vous ment sur votre santé

Assis ou debout, comment travailler sans s'abîmer ? La video

, 06:50

Assis ou debout, comment travailler sans s'abîmer ?
La video de l'interview de Gille Orgeret sur M6 diffusée le 08/02/2011

"Devant un ordinateur ou debout, nous passons en moyenne 7 heures par jour à travailler. De longues journées qui peuvent parfois se transformer en calvaire si l’on travaille dans une mauvaise position. Mal de dos, tension dans la nuque ou jambes lourdes, en fin de journée nous sommes souvent éreintés. Etre assis est-il plus reposant que de travailler debout ? Quels sont les avantages et les inconvénients de chacune des positions ? Comment adopter la bonne position pour préserver notre corps ?"

Ouverture de gillesorgeret.com

, 11:56

Création ce jour de gillesorgeret.com, blog destiné à mieux faire connaître mon travail quotidien de masseur kinésithérapeute dans un grand hôpital parisien, mes ouvrages, mon enseignement en thérapie normotensive, ma passion pour mon métier.

Gilles Orgeret.