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Bien choisir sa chaussure de sport !

, 06:34

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Mercredi 31 mai j’écoutais la radio très tôt le matin, et ce qu’ont dit deux prétendus spécialistes relativement au bon choix de la chaussure de sport m’a interloqué.
Je cite quelques couillonnades:

  • - La marche avec bâtons ne sert à rien.
  • - Si on a mal aux genoux, la course n’est pas aggravante.
  • - A la course, l’attaque par l’avant-pied est préférable.
  • - Depuis qu’existe le talon renforcé c’est bien, mais l’amorti est aboli en six semaines d’utilisation régulière. Il faut alors racheter une autre paire.

Mes réponses critiques :

  • - Relativement à “la marche avec bâtons“, notre coach sportif Gilles précise: “Elle peut être comparée au ski de fond. Les bâtons favorisent la PROPULSION. C‘est un bienfait pour le corps, mais il faut avoir des bras solides. Tous les muscles travaillent (bon pour le dos). A chaque fois qu’on s‘aide avec les bâtons, c’est moins de contraintes pour les jambes!“
  • - La course par contre surmène les genoux en mauvais état au moment de l’impact du pied avec le sol. Cela les secoue fortement, surtout en terrain inégal.

Dans cette émission de radio, pas un seul instant les intervenants n’ont évoqué la notion essentielle évoquée ci-dessous:
A la course, trois types de pied :

  • -Le pied universel qui se caractérise par une pronation quasi-nulle lors de l’attaque du talon (déroulement de votre pied vers l'intérieur pour répartir les chocs produits par le contact avec le sol).
  • -Le pied hyper-pronateur dont le basculement vers l‘intérieur de l‘arrière-pied-cheville dépasse 3° lors de la phase d’appui.
  • -Le pied supinateur qui tourne vers l’extérieur lors de la phase d’appui.



Or la pronation active atténue l’impact des forces de choc sur le talon. Il faut également préciser que la pronation dépend des mouvement de torsion entre avant et arrière-pied. Ainsi une chaussure qui entrave ce mouvement fait courir un risque de lésion.
Lors de la course, le bord externe du pied a une fonction équilibrante, alors que la région antérieure amortit. Il faut donc une bonne souplesse de la chaussure pour que le pied s’adapte convenablement au terrain.

L’amortissement prétendument apporté par la semelle anti-chocs: de l‘enfumage !

Lors de l’attaque du sol par l’arrière-pied, il y a d’abord une phase d’impact du talon au sol et cette force a été rendue responsable de bien des maux (tendinites, problèmes articulaires, maux de dos). Alors les fabriquants de chaussures on proposé des semelles dites “semelles de sport amortisseur de chocs“, ou “semelles sport anti-chocs“, très prisées encore de nos jours. Une réussite commerciale basée sur du vent, car malheureusement ces semelles sont trop épaisses et molles. Du coup elles modifient les forces externes s’exerçant sur les structures internes du pied, sans modifier le pic d’impact lors de l’attaque au sol. Il y a donc un changement de répartition des charges dans le sens d’une PERTE D‘ENERGIE et non dans celui d’un EFFET AMORTISSEUR.

De plus une semellle épaisse et molle contribue à déstabiliser l’arrière-pied lors de la pronation du pied. Inversement une semelle plus dure absorbe certes moins les chocs mais permet un meilleur contrôle de cette pronation. Elle induit donc une moindre perte d’énergie.
La géométrie de la chaussure apporte plus que l’épaisseur d’une semelle ou que son caractère soi-disant absorbant.
L’idéal serait de proposer des semelles à “densité diférenciée“, plus absorbantes vers l’extérieur et plus fermes vers le bord postéro-interne.

Quelle chaussure pour quel pied :

  • La chaussure utilisée pour un sport particulier ne doit servir que pour ce sport. Ne pas utiliser la même paire à la ville ou dans la pratique d‘autres sports.
  • Acheter ses chaussures après avoit bien marché. Ainsi le pied aura gonflé et sera comme après une heure de pratique sportive.
  • Choisir un modèle à semelle extérieure pas trop dure. Un test simple: prise à deux mains, il faut pouvoir un peu tordre la chaussure.
  • La partie avant doit être suffisamment large. C’est à dire qu’il faut laisser un centimètre entre le gros orteil et le bout de la chaussure.
  • Pas de couture intérieure qui risque de blesser.
  • Le laçage est important. Le velcros ne s’adapte pas au pied qui s‘échauffe. Il ne se distend pas. A bannir! Opter pour le lacet.

Conclusion :

La bonne chaussure doit pouvoir s’adapter au pied et non le contraire. Les chaussures standard vendues par centaines de milliers ne peuvent donc jamais représenter le top.
Consulté, un kiné-posturologue ou un podologue-posturologue observera l’usure de vos chaussures ainsi que le comportement de votre corps: debout immobile (colonne, genoux, symétrie des épaules orientation du bassin), votre démarche, votre manière de courir, avant de vous conseiller.

Eventuellement le podologue confectionnera des semelles corrective. En effet la semelle amovible standard vendue avec la chaussure doit souvent être remplacée par du sur-mesure.

J’ai mal au genou, je fais quoi ?

, 16:47

Ce billet présente les principes de base en ce qui concerne les affections les plus communes (genou dégénératif, arthrose, tendinite).

Boris Dolto disait que le genou est une articulation soumise à deux maîtres : hanche et pied. Si on ne se soigne que le genou alors que cheville ou hanche est déjà fragile, bien que « muette », n'exprimant pas son mal, on a tout faux. Il faut également suspecter le dos. Une cruralgie par exemple peut se manifester par une douleur élective au genou.

Plus généralement, toute mauvaise posture peut l'affliger. Faites cette petite expérience pour vous en convaincre : en position debout, membres inférieurs joints, déportez légèrement la tête vers l'avant. Aussitôt la pression sur les genoux augmente. Si on se tient mal, si on est voûté, de travers, c'est ce qui se passe !

Autant un franc surpoids chronique ne pose pas de réel problème en ce qui concerne le dos - on a exagéré le phénomène, le centre de gravité du corps étant abaissé on est stable - autant c’est insupportable sur le long terme pour les genoux qui « trinquent ».

Autres constats :

Le ski met le genou à rude épreuve (entorse, risques de rupture du ligament croisé antérieur).
Genou fragile, il faut éviter les sports violents, à sauts répétés, ou a risque de chute : rugby, foot, basket, judo, équitation.
Au besoin, avant d'aller au sport, porter une genouillère en guise de protection.
Dans les activités de la vie quotidienne ne pas se mettre à genoux. Assis, ne pas les croiser. Pas d’accroupissements. Opter pour la position du chevalier servant : le genou douloureux au sol et en se relevant avec le bon genou et avec franche poussée des mains sur la cuisse.
Les douleurs ne passeront pas seulement aux antalgiques. Le froid soulage (poche de glace, cold pack) très provisoirement, surtout après un traumatisme (chute, entorse, choc) et dans la demi-heure qui suit pour limiter saignement interne et gonflement (après, ça ne sert plus à rien). Éviter le chaud.
La viscosupplémentation est une excellente solution pour le genou arthrosique. Le liquide synovial ne jouant plus son rôle lubrifiant et protecteur, on injecte un gel qui va relancer la fabrication de hyaluronane (acide hyaluronique).
Le chaussage influence les genoux. De hauts talons le maintiennent en légère flexion (favorisant le flessum), ce qui n'est pas bon sur le long terme, et ce d'autant si on a déjà du mal à le tendre complètement.
Dans le cas d’une atteinte du ménisque interne, le port de semelles valgisantes vise à décomprimer le compartiment interne et prévient une aggravation arthrosique. Pour toute atteinte du membre inférieur et afin de faciliter le retour veineux, surélever le pied de son lit avec des cales (10 cm). En fait, nous devrions tous le faire.

Photos

Exemple choisi : atteinte rhumatismale dégénérative du genou droit.
Aucun exercice présenté ici ne doit faire mal. Sinon c'est qu'il est mal réalisé. Mieux vaut l'abandonner.

Photo 1
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Si une genouillère est prescrite, la choisir fenêtrée (avec un trou pour la rotule). Ne jamais la porter la nuit. Les genouillères avec armatures gênent à la marche et la souffrance localisée au genou risque de se reporter ailleurs (mal du dos par exemple).
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Assis : garder le genou tendu (en extension). Fléchi, il souffre. Dans cette position et de temps en temps, faire rouler sa jambe de droite à gauche en appui talon, pour détendre la musculature.
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Pour se mettre debout après avoir été assis : tourner les fesses du côté du genou qui souffre (ici tourner vers la droite), puis exercer une poussée uniquement avec l'autre jambe pour se relever.
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Étirement en va et vient de la musculature postérieure du membre inférieur (ici le droit), l'une des priorités étant d'éviter le flessum. Un genou qui souffre a tendance à rester en permanence un peu plié, ce qui le malmène et provoque un déséquilibre du corps, à risque de chute sur le long terme. Plier puis tendre lentement et plusieurs fois la jambe. Il faut sentir que « ça tire » dans le mollet et derrière le genou. A pratiquer tous les jours, plusieurs fois.
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Exemple d'exercice pour renforcer les muscles de la cuisse, autre priorité pour un genou déficient. Se tenir ainsi sans bouger pendant plusieurs minutes, tout-en lisant un courrier papier ou ses sms par exemple. La posture ne doit pas provoquer de douleur dans le genou. A cette fin le plier plus ou moins jusqu'à trouver la bonne position. A pratiquer plusieurs fois par jour.

Photos six et sept, chez le kiné , pour renforcer le quadriceps :
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MAUVAIS EXERCICE !
A ne pas faire, car ainsi le genou souffre. Il se produit un effet « rabot » dévastateur pour la rotule.
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BON EXERCICE !
Ainsi, le genou ne souffre pas et se renforce. Mettre le genou en extension uniquement en tirant sur la poignée, sans contracter ses muscles. Puis tenir la position cinq-six secondes en relevant la pointe du pied. Ramener ensuite le genou en flexion, passivement, avec le système de suspension.
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BON EXERCICE !
Chez soi ou chez un kiné, avec sangle élastique fixée au mur, tendre le genou au maximum en relevant la pointe du pied. Tenir la position quelques secondes.
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Bon exercice d'équilibre sur support instable. Ici un disque de propioception (un oreiller, un coussin, font l'affaire). Yeux fermés, tenter de garder l'équilibre.
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Le Kinesiologic-Taping ou bandage avec bande auto-collante colorée, est une bonne solution lorsque le genou (ou d'autres parties du corps) fait constamment mal et ne supporte pas bien la genouillère, d'autant qu'on peut prendre sa douche avec ; il tient plusieurs jours. Hélas, certaines peaux n'aiment pas. Il y a des allergies, avec pour conséquences : démangeaisons, rougeurs, lésions de la peau (peaux atopiques notamment). Il faut alors l'enlever sans tarder. Il y en a de toutes sortes et couleurs, pour tout type d'articulation, de lésion musculaire, ou pour drainer les fluides sanguin et lymphatique (lymphoedème). Les Ostéo les utilisent beaucoup, à juste titre. Ici il s'agit d'un Taping pour arthrose fémoro-patellaire. Ce système repousse la rotule en avant pour éviter les frottements contre le fémur.
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Rouler un gros ballon de gym contre un mur. Sur la photo notre ami Gilles a gardé son bandage vert rotulien pour « faire plus handicapé », comme ensuite en piscine, mais l'exercice concerne tout genou en souffrance.
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Pompes sur gros ballon, dos bien droit et en gardant les genoux tendus, fesses serrées, pour renforcer les muscles des membres inférieurs (mais pas que...).
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Chez le kiné : exercice de propioception sur planche instable (plateau de Freeman). Yeux fermés, garder l'équilibre en se concentrant sur les réactions de son corps et en tirant sur les sandows pour renforcer sa musculature.

EXERCICES EN BASSIN

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Pour se muscler harmonieusement. En planche dorsale, dos bien droit et genoux tendus, se déplacer latéralement en veillant à ce que les jambes ne précèdent pas le tronc. Tout le corps doit rester bien dans l'axe durant l'exercice.
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Gilles montre le plateau instable sur lequel il se tiendra debout pour l'exercice de la photo suivante.
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Exercice d'équilibre. Yeux fermés et monté sur le plateau instable, faire des tours complets dessus, de plus en plus vite, tout en tenant à bout de bras des bidons vides ou une charge légère pour augmenter le déséquilibre.
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NON !
Exercice interdit !!! Pas d'efforts en rotation de hanche, genoux fléchis. Brasse interdite pour genoux fragiles. Ne pratiquer que les nages avec genoux tendus.
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OUI !
Genoux constamment bien tendus, petits ciseaux ou battements plus ou moins rapides des membres inférieurs.

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Étirement. Plier puis tendre alternativement les genoux. Quand ils sont tendus, relever la pointe des pieds pour bien étirer la structure musculaire postérieure des membres inférieurs (bon exercice également pour le bas du dos).
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Exercice visant à renforcer le quadriceps (muscle du devant de la cuisse). Genou bien tendu, balancer d'avant en arrière la jambe, une sangle élastique (ici caoutchoutée) passée autour de la cheville.
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Pour assouplir le genou : assis, rouler sous le pied une structure ronde (ici une haltère en mousse).
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Gilles se masse le genou au jet. Cela soulage !

J'ai du mal à marcher tant j’ai de douleurs ! Le gainage dynamisant anti-douleurs GéO

, 09:25

Fibromyalgie, rhumatisme inflammatoire, handicap du grand âge, ostéoporose évoluée, maladie musculaire, mal de dos chronique, cyphose raide (on se voûte), scoliose, hanche (s) ou genou (x) douloureux en permanence !

Nombre de personnes se « traînent » plus qu'elles ne marchent, tant une ou plusieurs articulations portantes leur font mal au quotidien.
Ce gainage dynamisant dont j’ai eu l’idée voilà bien longtemps, a pour la première fois été décrit dans l'un de mes livres : « Mal de dos : vérités et mensonges ! » Éditions J. Lyon (2011). Il diminue très nettement la fatigue et les douleurs, partageant harmonieusement les efforts entre toutes les articulations du tronc et des membres inférieurs durant les activités quotidiennes. Ainsi, quand les épaules bougent, leur traction sur le bandage soulage les contraintes aux jambes.

Aucun risque de fonte musculaire, on ne se démuscle pas. Le recrutement par propioception des groupes musculaires antagonistes induit une synergie d'action.
Ce gainage est à porter par-dessus les sous-vêtements. Legging ou caleçon long pour éviter le contact direct avec la peau (transpiration, frottements).
La pose est aisée, elle ne nécessite aucune aide. Deux à trois minutes suffisent dès qu'on est habitué. A porter uniquement dans la journée, le plus longtemps possible (même en pratique sportive douce de loisir), jamais pour dormir.

Le matériau :

Élastique tissé plat de 60mm, appelé aussi « gros grain élastique » (vendu par rouleaux de 10m sur internet ou boutique spécialisée).
Cinq mètres de long environ pour un membre inférieur.
De six à huit mètres selon taille et corpulence pour un bandage remontant jusqu’à l’épaule opposée.
Nota : si les reins (lombaires) sont douloureux, utiliser une bande plus longue et faire deux ou trois tours autour en serrant sans trop comprimer l'abdomen.
La couleur est à choisir en fonction de la volonté de rendre le système invisible sous les vêtements.
Pour la fixation du bandage, opter plutôt pour des épingles de sûreté « bébé » qui ne s'ouvrent pas à l'improviste. En placer aux endroits où les bandes se croisent et tendent à glisser.

1 - Maintien partiel

Le bandage supplée à une insuffisance de verrouillage du genou et s'oppose à l'action de tiroir antérieur générée par la force de traction du quadriceps (puissant muscle du devant des cuisses). Il y a recrutement de la chaîne cinétique d'extension du membre inférieur avec effet protecteur sur le genou.

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Plier la bande en deux puis commencer par la plante du pied. Remonter jusqu'à la hanche en croisant. Bien tendre le bandage en permanence durant l'installation. Deux épingles à nourrice en assurent le maintien.

2 - Maintien complet

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Chaque bande est à remonter (en la tendant bien) jusqu’à l’épaule opposée (la droite pour un bandage débutant au pied gauche et inversement).

De la bonne pratique des squats !

, 18:19

Romain, animateur dans un club de boxe pieds-poings, vous propose de faire le point sur les squats :

Grandement utilisé dans la plupart des disciplines sportives, avec ou sans charge additionnelle, le squat est un exercice que l’on retrouve très souvent. Il permet de faire travailler de grandes chaînes musculaires, telles que celles des jambes, des fessiers et du dos.

S’il peut sembler simple dans l’exécution, il faut toutefois se méfier de quelques erreurs qui peuvent à court ou long terme entraîner des douleurs voir des blessures. Je fais appel ici à mon expérience personnelle, puisque je me suis longtemps trompé dans l’exécution de ce type de mouvement.
Heureusement, il n’est jamais trop tard pour corriger ses erreurs !
Actuellement suivi par Gilles Orgeret, j’ai pu bénéficier d’un suivi et de conseils pour continuer la pratique sportive dans de bonnes conditions.

Pour respecter l’intégrité physique, tout au long de l’exécution de ce mouvement, il convient de démarrer et de finir le mouvement à travers un positionnement correct.
Pour cela, nous allons prendre l’exemple d’un squat au poids de corps (ou « air squat ») :

La position de départ s’effectue debout jambes tendues, avec les pieds écartés dans une position naturelle et fonctionnelle (pour faire simple, que vous utiliseriez tous les jours). Cette dernière doit vous permettre de réaliser l’exercice avec une amplitude maximale.
Les pieds sont légèrement ouverts ou parallèles. Avant d’effectuer la flexion, il est bon d’inspirer et de gainer la sangle abdominale.

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Lors de la flexion, il est impératif d’initier le mouvement à partir des hanches et non des genoux.
En effet, la première articulation à être sollicitée est celle qui reçoit le plus de contraintes et les hanches sont conçues pour supporter beaucoup plus de poids que ne le peuvent les genoux.
Pour imager ce mouvement, c’est comme si vous poussiez vos fesses vers l’arrière.
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Durant la poursuite de la flexion, soyez attentifs à ce que les tibias restent perpendiculaires au sol (ou tout du moins verticaux) et que le dos reste droit. Les genoux ne doivent pas dépasser la pointe des pieds. Si les genoux dépassent la pointe des pieds, il y aura alors perte de force au niveau de la chaîne postérieure et augmentation des forces de cisaillement et de torsion sur les tissus mous à l'intérieur de l’articulation (en particulier pour le cartilage, le tendon rotulien, et ligament croisé antérieur).

Autre détail d’importance, les genoux doivent s’ouvrir vers l’extérieur. Que se soit lors de la descente ou de la remontée, les genoux ne doivent jamais revenir vers l’intérieur !

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Si votre mobilité limite votre amplitude de mouvement, vous pouvez effectuer les flexions partiellement et ne pas dépasser un angle de 90°.

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De manière générale, veillez à toujours privilégier la forme plus que l’amplitude du mouvement.

Que l’on soit sportif ou pas et que l’on pratique ou non les squats, il est bon de ménager nos genoux tout au long de la vie quotidienne. Dans la mesure du possible, il faut donc éviter au maximum les flexions complètes des genoux et privilégier des positions telles que celle du « chevalier servant ».

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Lorsque vous vous asseyez, vous effectuez un mouvement presque identique à celui d’un squat. Là encore, vous pouvez grandement protéger vos genoux en vous asseyant et en vous relevant de la bonne façon. Pour cela, reprenez simplement les principes précédemment cités.

Pour résumer :

  • 1> Garder un écartement de jambes fonctionnel.
  • 2> Garder les tibias les plus verticaux possible.
  • 3> Engager les hanches pour initier la descente.
  • 4> Ouvrir ses genoux lors de la descente et de la remontée.

Etirements, les conneries ça suffit !!!

, 17:10

On lit partout :
« Les étirements sont essentiels pour une pratique sportive sans blessure ». Faux !
« Ils permettent d’éviter une contracture musculaire lors d’un effort intensif ». Faux !
« Les étirements des quadriceps sont très utiles pour affiner les cuisses ! » Faux !
« L’étirement des quadriceps est toujours associé à une extension de la hanche ! » Faux !

Prenons l’exemple de l’étirement du quadriceps, muscle puissant du devant de la cuisse, étirement fort usité dans la pratique des « sports de jambes ».

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Mauvais exercice !!!
Sur le bord des terrains on voit systématiquement les sportifs pratiquer ce grand classique d’étirement passif. Le sujet debout tient dans sa main son coup de pied, buste droit, bassin basculé pour arrondir le bas du dos. Le sujet s’étire en augmentant la flexion du genou. Cet exercice serait aussi un bon test dans un programme de reprise sportive contre le mal au genou pour tester le gain d’amplitude sans douleur.
Il est hélas impossible de maintenir le bassin comme décrit quand on est en appui monopodal (sur une jambe) car cette posture éminemment instable empêche un contrôle correct, on oscille ! Donc en fait ce type d’étirement du quadriceps s’accompagne d’une bascule antérieure du bassin. On creuse les reins. C’est d’ailleurs ce qu’on constate sur les photos diffusées.
Dire qu’on « affine ses cuisses » parce que durant quelques minutes on les allonge un peu en tirant dessus, c’est carrément de la bêtise, aussitôt après l’exercice ils reprennent leur forme initiale. Le quadriceps est un muscle biarticulaire, hanche et genou. Pour assurer une bonne stabilité de ces articulations il se doit d’être en tension de contrôle permanente. S’il est trop lâche, il ne contrôle plus rien.
Quant à affirmer que cet exercice serait un bon test contre le mal au genou c’est improuvé et il y a nettement plus fiable désormais comme test. Le « monitoring ligamentaire » détecte les risques de blessure du membre inférieur en testant le ligament croisé antérieur lequel en est le baromètre.
Un entraînement sérieux implique des outils diagnostics fiables.
Par ailleurs plusieurs études ont démontré que les étirements préalablement à une activité sportive sont contre-productifs. Pourquoi ? Parce qu’ils induisent une diminution de la force, de la température interne des muscles (le refroidissement durant les étirements provoque clairement une diminution des performances), ainsi qu’un phénomène de « creeping ».
Réalisés après ils ne diminuent pas non plus les risques de blessure, ils n’assurent pas une bonne récupération en ne faisant pas diminuer le taux d’acide lactique.
Qu’est-ce que le « creeping » ? Lors de l’étirement, le tendon musculaire s’allonge, ce qui provoque une réorientation des fibres de collagène alors que leur état naturel est torsadé, la capacité d’évitement des contraintes sur le tendon est de ce fait altérée. Prenez l’exemple d’un cordage de marine, s’il est torsadé c’est clairement pour en augmenter la résistance. Détorsadez-le et il sera nettement plus fragile. Simple question de bon sens !!!

Alors que faire ?

- Une séance d’étirements est utile lorsqu’elle est réalisée hors compétition, l’année durant, au sein d’un programme d’entretien de sa forme physique. Il s’agit davantage d’obtenir une meilleure extensibilité, grâce à une meilleure tolérance, car il n’est pas question comme cela a été longtemps affirmé d’une augmentation de longueur musculaire sous l’effet d’une multiplication des sarcomères.
- L’augmentation de la visco-élasticité musculaire et l’amélioration de la résistance de la jonction myotendineuse sont favorisées par des protocoles alternant contraction statique en course externe du segment de membre concerné de 6 à 10 secondes, temps de repos de 3 à 6 secondes et mise en course externe passive de 6 à 10 secondes.
- Les étirements actifs utilisés en complément d’un échauffement cardio-respiratoire permettent de meilleures performances que les étirements passifs associés au même échauffement ; Alors, quels sont-ils ces étirements actifs ou ERAMT (étirements raisonnés actifs myotendineux) ?
L’étirement n’est pas une posture mais un mouvement conduit lent non douloureux « aller-retour » qui dure environ 8 secondes, et non pas en apnée mais en respiration contrôlée. Les ERATM sont à répéter deux fois par muscle. Rester actif ensuite, surtout ne pas s’asseoir.

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Etirement quadriceps et ilio-psoas : le patient étire quadriceps et ilio-psoas gauches en fléchissant son genou droit et en tournant le buste vers la droite. Mouvement lent aller de 4 secondes, suivi d’un mouvement retour lent de 4 secondes.
Pour l’étirement du quadriceps seul :
Debout, en fente avant (position de l’escrimeur), fléchir le genou de la jambe placée devant jusqu’à 90° de flexion sur 4 secondes, puis revenir à la position de départ sur quatre secondes également.

Rééducation en Rhumatologie

, 21:25

(suite du billet : Rééducation gériatrique)

La plupart du temps non seulement les médicaments ne guérissent pas, mais ils apportent un lot impressionnant d’atteintes bien plus graves, cardio-respiratoires, ou digestives. Souvenons-nous du Vioxx, qu’on a interdit après quelques accidents gravissimes !
Ainsi ostéopathie, kinésithérapie, ergothérapie, cures thermales, occupent-elles une place essentielle dans la prise en charge de ces pathologies.
Il y a d’un côté les atteintes ostéoarticulaires dégénératives qui concernent l’usure prématurée et le vieillissement, de l’autre les affections inflammatoires dont les principales sont la PR (polyarthrite rhumatoïde), et la SPA (spondylarthrite ankylosante).

En France, la première cause de ce type de consultation est le dos (j’ai écrit plusieurs billets sur le sujet, ainsi que des livres. Les consulter), la deuxième l’épaule douloureuse simple. L’arthrose est devenue le problème de santé «number one», en occident.
Nota : Les cellules graisseuses produisent certaines protéines (adipocitokines) qui favorisent l’arthrose ou déclenchent aisément une crise articulaire aiguë. C’est pourquoi les personnes en surpoids chronique peuvent souffrir sans autre raison (faux mouvement, portage de charges lourdes).

Coxarthrose :

La coxarthrose est une affections articulaire destructrice fréquente au grand âge, et conduisant à la prothèse (PTH). L’obésité a peu d’impact sur cette maladie mais influe sur la gonarthrose (arthrose du genou). Il faut noter les atouts de la voie chirurgicale mini-invasive, avec abord musculaire limité, qui permet d’éviter les risques de luxation.
Le traitement kiné débute par un enseignement des gestes luxants à éviter. Il faut autonomiser le patient le plus vite possible. Sont pratiqués : exercices visant au renforcement du quadriceps (muscle du devant de la cuisse) et des stabilisateurs de hanche (moyen fessier), réapprentisssage à la marche, exercices en piscine. Il faut également renforcer l’équilibre.

Gonarthrose :

L’arthroplastie de genou (PTG), nécessite une mobilisation précoce de la rotule, une récupération toute aussi précoce des amplitudes articulaires en même temps que de la fonction. C’est à dire une flexion à 90°, et une extension complète sans flessum (le genou ne parvient pas à se tendre complètement). Il faut aussi obtenir un bon verrouillage du genou, lutter contre les troubles thrombo-emboliques (phlébite), éviter la boiterie à la marche, ainsi que les déficits musculaires, articulaires et fonctionnels.
L’arthrose de la main quant à elle nécessite souvent, en période de poussée, le port d’une orthèse de repos. Pour plus d’infos sur ces pathologies, ainsi que sur les affections inflammatoires, se référer à mon livre : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »



L’épaule douloureuse simple : généralités.

Neuf fois sur dix, il s’agit d’une lésion de la coiffe des rotateurs (les tendons des muscles qui font bouger l’épaule). Trop souvent le médecin diagnostique fièrement d’emblée une tendinite du biceps, alors que ce n’est qu’un simple symptôme présent dans quatre vingt dix pour cent des cas. En cas de tendinopathies de la coiffe, le problème relève d’un défaut de cinématique (mouvements). La tête de l’humérus (l’os du bras) n’est pas bien centrée dans sa cavité articulaire. Il sera donc inutile de « papouiller, massoter, ultrasoner » si on ne tente pas de faire en sorte qu’elle se repositionne bien.

Aucune méthode rééducative n’a démontré son efficacité par rapport aux autres, mais il y a des principes généraux. Le MK (Masseur-Kiné) doit traiter cou et omoplates. Il importe d’atténuer la douleur en récupérant une meilleure fonctionnalité de l’épaule. Cela se pratique en travaillant la « cinématique » de celle-ci, à sec et/ou en bassin. Il s’agit d’exploiter les capacités fonctionnelles restantes par des mobilisations appropriées, des exercices gymniques et respiratoires. Il faut également corriger les gestes à risques (recherche des voies de passage). Un massage décontracturant est agréablement perçu par le patient, souvent réclamé, mais insuffisant. Le froid (cryothérapie) est un autre grand classique. Une séance d’une demi-heure est un minimum.

En cas d’épaule gelée (quand elle est bloquée et que la plupart des mouvements deviennent difficiles ou impossibles), la rééducation use en plus d’étirements localisés ( manœuvres de Mennel ou normotensives).

La rééducation sur tendinite : généralités.

Les tendinopathies (tendinites) ne sont pas l’apanage exclusif du sportif, loin s’en faut.
D’une manière générale et après un période de mise au repos, le traitement rééducatif comprend un travail musculaire de type Stanish (pour en savoir plus : internet), une rééducation sensori-motrice (propioceptive), un réajustement des équilibres musculaires, ainsi que des techniques visant à faciliter la cicatrisation ou à diminuer la douleur. Les ultrasons sont peu efficaces (étude randomisée conduite par AP D’Vaz et al - Cambridge - par rapport aux AINS, de l’infiltration ou du placebo.)

prochain billet : Rééducation de l’urgence