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Les dangers des tractions à la barre fixe avec le poids du corps.

, 05:49

Véritables sculpteurs des muscles du dos, les exercices de traction à la barre fixe sont très appréciés des bodybuilders en particulier, ainsi que des amateurs de « biscotaux » saillants en général qui s'y emploient souvent dès l'adolescence.

Voilà bien un incontournable de la musculation ! Cependant il n'est pas sans risque.
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Le muscle grand dorsal, représenté sur le dessin, est le muscle du grimper. Il est particulièrement sollicité pour cet exercice. C'est son hypertrophie (son augmentation de volume), qui dessine le « V » du dos, tant recherché.

Or, si on le regarde de près, on s'aperçoit qu'il s'insère en haut, sur la berge médiale de l'os du bras (humérus) par un tendon très peu épais, donc fragile. Alors que son insertion basse est très large et concerne la colonne vertébrale depuis la septième dorsale jusqu'au sacrum et l'aile iliaque. A cause de ce particularisme anatomique, certaines personnes développent brutalement une capsulite rétractile de l'épaule. L'épaule est dite « gelée », complètement bloquée durant des mois, ce qui nécessite une rééducation fastidieuse et intense.

Cet exercice est également souvent pratiqué non pour se muscler, mais pour s'étirer le bas du dos : grossière erreur !
Pour éviter le balancement du corps durant le mouvement jambes relevées, il faut contracter abdominaux et fessiers ce qui interdit tout étirement. Cet exercice bloque le dos, il ne l'étire pas.

tractions à la barre fixe 2.JPG

Pour éviter ce phénomène, il faut que les pieds soient en appui au sol. Les épaules ne seront plus ainsi les seules à supporter le poids du corps. Un étirement progressif sur une expiration à une porte convient mieux (attention à ce que la serviette à laquelle on s'accroche ne glisse pas).

Conclusion :

Les étirements passifs sont contre-productifs. Le réflexe myotatique permet à un muscle de s'opposer à son étirement en se contractant.
En réalité, pour s'étirer efficacement le bas du dos, mieux vaut cibler en mouvements actifs de va et vient (ERATM), les muscles des cuisses qui s'insèrent sur le bassin et le dos. Principalement les fléchisseurs de hanches (ilio-psoas, droit fémoral) et rotateurs latéraux (piriformes).

J'ai mis au point un système efficace décrit sur ce blog :« La nouvelle élongation douce active en bassin ». Billet du 13 octobre 2013.

Scoliose idiopathique de l’enfant : La recherche en nets progrès, la rééducation à la traîne... Pourquoi de telles affirmations ?

, 06:39

A l’occasion du quinzième anniversaire de la Fondation Yves Cotrel, le 3 décembre 2016, des équipes médicales du monde entier se sont réunies à la Fondation Del Duca (Paris) pour évoquer les dernières découvertes relatives à la scoliose idiopathique. En cette occasion diverses origines ayant été démontrées, il ne faudrait donc plus l'appeler : « idiopathique », c’est-à-dire sans cause connue.
Sont démontrées, les origines :
- Génétique. Il y a programmation interne. A l'intérieur de certains de nos gênes l’horloge « scoliose » se déclenche, tic...tac..., notamment par surexpression du gène PCO5, une protéine fortement exprimée dans le mésencéphale, structure cérébrale impliquée dans la motricité involontaire (gestes inconscients), la régulation du tonus (état de tension musculaire qui nous permet de résister à la pesanteur et de ne pas nous écrouler sous son poids) et de la locomotion (notre capacité à bouger).
- Métabolique,
- Neurosensorielle,
- Ainsi que des altérations des organes de l’équilibre.


Par ailleurs existent d'autres troubles qu'il faut absolument prendre en compte :

La scoliose est par essence une maladie du système tonique postural. Les ceintures scapulaire et pelvienne (épaules et hanches), ont habituellement pour vocation d'absorber les contraintes posturales. Or en cas de scoliose elles ne le font plus correctement. Les ligaments sacro-pelviens qui permettent au sacrum d'être solidaire des os iliaques et ainsi de transférer le poids du tronc sur les jambes, deviennent vulnérables et démissionnent parfois. En elle-même, la scoliose augmente les contraintes supportées par les articulations sacro-iliaques. Les restrictions articulaires sus-jacentes dues au port du corset, l'affectent aussi clairement. Le genou quant à lui est un valet soumis à deux maître : la hanche (il dépend de de l’orientation du bassin), et le pied. Il est également étroitement dépendant du creux des reins (lordose lombaire). Un genu-valgum (jambes en X) procède par exemple d'une accentuation de la lordose lombaire (creux des reins), un genu-varum (jambes arquées), d’une diminution de lordose lombaire. Puis, les muscles internes de la cuisse (la patte d'oie) gèrent la stabilité de l'os iliaque (grand os de la hanche) par rapport au tibia. Le pied s'adapte comme il le peut, au risque de déformations diverses.

Des troubles de la marche et/ou du port de la tête (sous dépendance de moelle épinière-cortex cérébral, oreille interne, propioceptivité) se rencontrent également chez l'enfant scoliotique. Si de surcroît celui-ci est myope, peuvent survenir des troubles du positionnement de la tête, ce défaut postural ayant une incidence sur la colonne vertébrale du haut jusqu'en bas. Même un léger défaut de convergence oculaire peut provoquer un déséquilibre musculaire avec bascule et rotation des épaules et du bassin. Rappelons-le, vue et oreille interne sont intimement liés aux muscles du cou par des connexions neuronales.

Relativement à la loi de Delpech, un enfant grandit de manière alternative : tantôt une jambe, tantôt l'autre. Une inégalité légère de longueur des membres inférieure est donc normale. Mais si un capteur perturbé modifie la position du centre de gravité (vue, oreille interne et propioception. La propioception étant ce qui fait qu'on perçoit son corps de manière intuitive sans avoir à réfléchir, avec pour articulations les plus impliquées : chevilles et hanches), un membre inférieur est alors plus sollicité et sa croissance ralentit. Elle devient la jambe courte ce qui déporte l'appui de l'autre côté. Il importe donc de prendre en considération et de corriger vue et équilibre.

Mode de déglutition :

Par ailleurs un enfant souffrant d'une scoliose n'est-il pas resté en mode de déglutition infantile ? Le test visant à déceler une déglutition atypique, consiste à faire déglutir l’enfant dents serrées et lèvres jointes. S’il y parvient aisément, il n’y a pas de trouble. A la naissance la déglutition est une succion déglutition. Sa persistance après l'âge de 5-6 ans est appelée « déglutition primaire ». Entre perte des premières incisives et apparition des dents permanentes existe une béance antérieure, dans laquelle l'enfant peut insérer sa langue pendant la déglutition. Un manque de contact entre dents antagonistes entraîne un défaut propioceptif (les mécanorecepteurs ligamentaires du parodonte sont mal stimulés), des malformations faciales et une dysfonction dans la maturation des comportements réflexes concernant bouche et posture de la tête par mauvaise stimulation des dents, jusqu’à induire une déformation rachidienne (du dos).

Mesurer la scoliose :

Jusqu'à 10°, les scolioses s'aggravent rarement, il suffit de les surveiller. A 2O° elles s'aggravent dans 50 à 80° des cas, systématiquement au-delà. Pourtant certaines scolioses évoluées non détectées, ne se manifestent que par un dommage esthétique, et les douleurs ou complications orthopédiques à l'âge adulte ne sont pas plus fréquentes statistiquement que pour le reste de la population.

La prise en charge médicale devrait relever d'une équipe multidisciplinaire, au cas par cas, ce qui n'est pas une option largement répandue actuellement. En ce qui concerne le médecin, et je cite (Sur internet : FUTURASANTE » Scoliose : les signes cliniques chez l'enfant ». J.C de Mauroy de Curlière de Castelnau Médecin scoliologue) : « Mieux vaudrait avouer au patient son ignorance quant au risque évolutif, d'où nécessité de contrôles rapprochés. Le risque de faire porter un corset inutilement doit être également évoqué. »

Le corset :
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En 1929, Cannon exposait sa théorie de l’homéostasie. Elle peut se traduire par cette formule : « Un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales tend à produire des réponses adaptatives ». Le paraphrasant, je dirai qu'un organisme vivant subissant une forte contrainte extérieure (comme il en est du corset véritable exo-squelette) tend à produire des réponses adaptatives qui lui sont parfois préjudiciables. Le corset inhibe le système neuromusculaire. S'y associe une dystonie neurovégétative, il y a surstimulation du système orthosympathique en raison de l'anxiété permanente générée par le « handicap scoliose ». Une dystonie fonctionnelle (ou dysautonomie) se surajoute à la maladie lésionnelle.

La prescription d’un corset dépend de l’évolutivité de la scoliose plus que de son angulation, mais classiquement la décision est prise dès 15 - 20°. Celui-ci n’a pas pour but de
diminuer la scoliose mais d’en limiter l’aggravation. Cette décision permet hélas à trop de prescripteurs « d’ouvrir le parapluie ». Ils proposent une réponse toute trouvée sans réfléchir au-delà. L'usage du corset rigide est fortement critiqué dans certains pays et plusieurs études ont démontré qu’il y a une faible qualité de preuves en faveur de leur utilisation (Negrini S, Minozzi S, Bettany-Saltikov J, Zaina F, Chockalingam N, Grivas TB et al. Braces for idiopathic scoliosis in adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, issue 1. Art. No. : CD006850. DOI.). Cela rend toute généralisation systématique de son utilisation par simple commodité intellectuelle difficilement recevable. On estime par ailleurs à 30 % le nombre des enfants qui abandonnent très vite ce carcan, tant les contraintes physiques et esthétiques sont lourdes ; sans parler des douleurs engendrées.

En plus du préjudice physique en pleine période de construction du « Moi », il semblerait « normal » que l’enfant souffre ? Non ! Il serait opportun de proposer des patchs enduits de crème emla, afin d'apporter un minimum de soulagement.
30 % des sujets sous corsets s’aggravent quand même de manière notable, cela étant principalement dû à non observance des règles imposées, notamment la durée quotidienne du port.
Le corset modifie radicalement la donne. Pas forcément en bien. Il fait le dos plat et affaiblit la musculature, notamment abdominale et lombaire. Le système neuromusculaire est inhibé. Le diaphragme (muscle de l’inspiration) est en dysfonction du fait de la scoliose mais aussi de par la compression du corset. D'où impact sur le système respiratoire. Le corps en pleine croissance cherche une échappatoire et la trouve en déformations diverses au niveau du bassin (le support du corset) et des membres inférieurs,. Chez les filles qui forment majoritairement le contingent des scoliotiques, quelle incidence de ces éventuelles déformations de leur bassin sur leurs futures grossesses ?
En se référant aux cartilages de croissance de la hanche (le cartilage en Y est le premier à se fermer au moment de la puberté), ceux-ci sont forcément impactés défavorablement de par la pression du corset, surtout si la scoliose flambe tôt, l'âge de démarrage de la puberté connaissant de grandes variantes d'âge d'un sujet à l'autre.
Le genou est étroitement dépendant de la hanche et de la lordose lombaire (creux des reins). Un genu-valgum (genoux en X) procède par exemple d'une accentuation de celle-ci, un genu-varum (jambes arquées) du contraire. Le poids ainsi que la rigidité du corset vont accentuer cette déformation, d'où l'importance de vérifier les membres inférieurs (une surveillance qui ne doit pas faiblir dès sevrage du corset, car le corps se retrouvant sans carapace le centre de gravité va se déplacer, les contraintes corporelles se modifier, et les membres inférieurs de nouveau trinquer), ce qui préoccupe bien peu de médecins. S'il offre une hypothétique stabilisation des courbures, cet effet correcteur cesse dès sevrage du corset. Il arrive en effet qu'on observe un retour à un degré sensiblement identique à l'angle de début du traitement orthopédique. La programmation génétique de la scoliose, c'est à dire la petite horloge interne : tic...tac... tic...tac..., réagit aussitôt que le corset est ôté et se venge. Un exemple à l'appui de cette assertion. On a très longtemps rééduqué les pieds varus équin des bébés par bandage hyper-correcteur, avant de se rendre compte qu'on obtenait un résultat décevant. Pourquoi ? Le bébé lutte contre cette contrainte de toutes ses forces (et il a beaucoup de forces dans les pieds), ce qui a pour effet de renforcer les muscles allant dans le sens de la déviation.

Pour autant peut-on se passer aujourd'hui du corset ? Sûrement pas ! Car rien ne le remplace à même niveau d'efficacité (même relative) et parce que la rééducation est en échec (consulter mes autres billets sur ce blog à son sujet).

Les orthopédistes qui font du « rigide » comme CTM, 3D, ne se remettent pas aisément en question et proposent le même modèle durant des décennies, alors que chaque dos mérite un corset différent. Il serait par exemple souhaitable de s'intéresser d'avantage aux corsets dynamiques. Il y a SpineCor qui se base sur l’application d’un mouvement correcteur, Olympe pour les scolioses adolescentes évolutives souples de 15 à 25°, et le Toilé de Saint-Etienne pour les lombaires ou dorso-lombaires.

La chirurgie

Elle n’est réservée qu’aux cas extrêmes. Au-delà de 40 – 50°.

Rééducation gymnique

Parce que la rééducation consiste en exercices et qu’il apparaît impossible de réaliser une action thérapeutique ciblée à un étage vertébral près, elle est parfaitement inefficace. L’effet correcteur du mouvement ne dure que le temps de sa réalisation et ne se prolonge pas dans le temps. Quand il y a une zone raide, bloquée (il y a aussi des scolioses souples), lors des exercices soi-disant assouplissants, que va-t-il se passer ? La portion souple sera hypersollicitée alors que la zone raide restera bloquée (consulter à ce sujet mon billet du 10/01 /16. « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace! »). Ensuite comment peut-on continuer d’accréditer la thèse selon laquelle un dos vrillant dans un sens, il suffit de faire un exercice en sens opposé pour contrebalancer le phénomène ? Aussitôt les exercices terminés la petite horloge interne (la génétique) qui programme la déviation de la colonne … tic…tac, se remet en marche.. tic... tac....

Par contre l'enfant scoliotique doit continuer le sport à l'école (une pratique non agressive. Éviter le risque de chute, de coups, de microtraumatismes, acrosport, judo, rugby). Un autre courant rééducatif parle de « contractures » à l’origine des scolioses, qu’il suffirait de lever pour que tout aille bien. De qui se moque-t-on ? Les causes de la scoliose sont : génétique, métabolique, neurosensorielle avec troubles de l'équilibre. Un conflit mécanique rachidien induit une perturbation statique et dynamique. Au stade de déstabilisation segmentaire survient un travail musculaire chaotique. Les modifications musculaires apparaissent en premier, entraînant un dysfonctionnement musculaire qui conduit à la contracture. Si apparaissent des contractures chez le scoliotique, elles sont la conséquence de la déformation, non la cause. De plus la contracture est douloureuse, alors que la scoliose ne l'est pas en soi.

Mon projet thérapeutique

La complète modalité de mon approche thérapeutique fera l’objet d’un chapitre dans un livre pour professionnels de santé : « Traité de Normologie » actuellement en écriture. Je ne la décrirai donc ici qu’à gros traits.

Je ne prétends pas avoir trouvé la méthode miracle, mais la situation impose que nous réfléchissions d’urgence à une voie thérapeutique plus efficace. Je ne dis pas « je sais », je dis « je cherche ».

Tout d'abord chaque séance (deux par semaine) ne peut se satisfaire de la demi-heure « syndicale », tarifée 16,13 euros par la CPAM au kinésithérapeute conventionné. Il faut être généreux en temps passé avec nos chers enfants.

Conseils

Conseils de ménagement de l'appareil locomoteur dans les activités de la vie quotidienne. Conseils sportifs.

La respiration
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- Usage quotidien d'un appareil d’exercices volumétriques (respiratory fitness) surtout en cas de pectus excavatum. Sous corset la cage thoracique est comprimée, la respiration gênée, l'enfant scoliotique est aisément essoufflé (d’avantage si sa scoliose est thoracique). Modèle présenté : un voldyne.

Bas de contention

En cas de port d'un corset, ils sont utiles quand les jambes « gonflent », le corset exerçant une compression sur les gros troncs artério-veineux du haut des cuisses, ce qui peut provoquer une stase veineuse-lymphatique, donc un gonflement.

La thérapie Normotensive

Il s'agit d'une thérapie manuelle, comme l'ostéopathie, mais elle exclue les manipulations. Elle lève des tensions, débloque, rétablit l'ordre dans les fascias (notre squelette fibreux).

Traitement acupunctural d'appoint

Il s’agit d’agir essentiellement sur les points profonds, riches en capteurs propioceptifs.

Pour le grand Jarricot, le triple Réchauffeur semble répondre au parasympathique crânien, alors que Jenn-Mo répond aux parasympathiques, thoracique, abdominal et pelvien. Avec l’acéthylcholine comme médiateur chimique, le parasympathique, ou système vagal, contrôle les glandes. Il agit sur les sécrétions digestives, mobilise le tractus gastro-intestinal, ralentit les fonctions de l'organisme dans un but de conservation de l'énergie. Or la scoliose génère une dystonie neurovégétative avec hypersollicitation de l'orthosympathique. Il faut stimuler le parasympatique pour rééquilibrer.

Autres modalités

Élongations, renforcement de l'équilibre et de la propioception sont particulièrement ciblés à cause de la surexpression du gène PCO5 qui induit une dérégulation du tonus et des perturbations de la locomotion (notre capacité à bouger), ainsi qu'à cause des atteintes des voies de l'équilibre.
Une approche de ce versus rééducatif vous est présenté par Léane, notre coach sportif :

Le programme de Léane.


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A droite Léane montre du doigt une scoliose lombaire. A gauche, le même dos redressé quelques mois après, grâce à un traitement adapté.
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Sur un siège normal l'enfant s'avachit. Il doit s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon où sa musculature et son équilibre sont sollicités en permanence. En plus on peut faire tout plein d'exercices sympas avec.

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Exercice d’équilibre et d’assouplissement des hanches soumises à rude épreuve sous corset. Tenir la position cinq à six secondes. Changer de côté.

- Exercices sur plateau instable :

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Debout sur la planche oscillante les enfants ferment les yeux pour mieux travailler leur équilibre. Léane dit : « Faites rouler le skate d’avant en arrière tout en gardant le dos bien droit ! » Puis, changer de côté.

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Les enfants doivent faire tourner le cerceau en coordonnant bien leurs mouvements et en gardant les yeux fermés.

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Léane dit : « Tu bascules ton bassin d'avant en arrière en étirant bien ton dos et en soufflant ! ».

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Assouplissement du bassin soumis à rude épreuve sous corset. Léane dit : « Étire bien ton dos en soufflant profondément ! »

– Élongation vertébrale sur table inclinable :

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Léane place une balle en mousse sous la gibbosité du thorax (là où les côtes tournent), pour exercer une pression douce dessus pendant l'élongation qui va suivre.

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L'élongation (de dix à vingt minutes). Inclinaison de la table : 30°. Une serviette chaude est placée dans le dos de la jeune patiente. Un harnais fixé à des sandows tire sur le bassin. Très confortable, agréable, même.

– Exercices en bassin chauffé de rééducation (32°) :
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Élongation active du dos avec un élastique fixé aux chevilles et un balle de mousse dans le dos, comme précédemment. La patiente fléchit les coudes en tirant sur les poignées. Son corps est étiré. Elle tient la posture 5 secondes, puis relâche cinq secondes également. Durée totale : environ dix minutes.

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Travail de l'équilibre sur planche basculante. Les yeux fermés, il s'agit de faire plusieurs tours complets sur la planche.

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Mouvement régulier, monter puis descendre le tronc. Garder les jambes bien tendues. Cela étire les muscles postérieurs des jambes et beaucoup le dos.

J’ai mal au genou, je fais quoi ?

, 16:47

Ce billet présente les principes de base en ce qui concerne les affections les plus communes (genou dégénératif, arthrose, tendinite).

Boris Dolto disait que le genou est une articulation soumise à deux maîtres : hanche et pied. Si on ne se soigne que le genou alors que cheville ou hanche est déjà fragile, bien que « muette », n'exprimant pas son mal, on a tout faux. Il faut également suspecter le dos. Une cruralgie par exemple peut se manifester par une douleur élective au genou.

Plus généralement, toute mauvaise posture peut l'affliger. Faites cette petite expérience pour vous en convaincre : en position debout, membres inférieurs joints, déportez légèrement la tête vers l'avant. Aussitôt la pression sur les genoux augmente. Si on se tient mal, si on est voûté, de travers, c'est ce qui se passe !

Autant un franc surpoids chronique ne pose pas de réel problème en ce qui concerne le dos - on a exagéré le phénomène, le centre de gravité du corps étant abaissé on est stable - autant c’est insupportable sur le long terme pour les genoux qui « trinquent ».

Autres constats :

Le ski met le genou à rude épreuve (entorse, risques de rupture du ligament croisé antérieur).
Genou fragile, il faut éviter les sports violents, à sauts répétés, ou a risque de chute : rugby, foot, basket, judo, équitation.
Au besoin, avant d'aller au sport, porter une genouillère en guise de protection.
Dans les activités de la vie quotidienne ne pas se mettre à genoux. Assis, ne pas les croiser. Pas d’accroupissements. Opter pour la position du chevalier servant : le genou douloureux au sol et en se relevant avec le bon genou et avec franche poussée des mains sur la cuisse.
Les douleurs ne passeront pas seulement aux antalgiques. Le froid soulage (poche de glace, cold pack) très provisoirement, surtout après un traumatisme (chute, entorse, choc) et dans la demi-heure qui suit pour limiter saignement interne et gonflement (après, ça ne sert plus à rien). Éviter le chaud.
La viscosupplémentation est une excellente solution pour le genou arthrosique. Le liquide synovial ne jouant plus son rôle lubrifiant et protecteur, on injecte un gel qui va relancer la fabrication de hyaluronane (acide hyaluronique).
Le chaussage influence les genoux. De hauts talons le maintiennent en légère flexion (favorisant le flessum), ce qui n'est pas bon sur le long terme, et ce d'autant si on a déjà du mal à le tendre complètement.
Dans le cas d’une atteinte du ménisque interne, le port de semelles valgisantes vise à décomprimer le compartiment interne et prévient une aggravation arthrosique. Pour toute atteinte du membre inférieur et afin de faciliter le retour veineux, surélever le pied de son lit avec des cales (10 cm). En fait, nous devrions tous le faire.

Photos

Exemple choisi : atteinte rhumatismale dégénérative du genou droit.
Aucun exercice présenté ici ne doit faire mal. Sinon c'est qu'il est mal réalisé. Mieux vaut l'abandonner.

Photo 1
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Si une genouillère est prescrite, la choisir fenêtrée (avec un trou pour la rotule). Ne jamais la porter la nuit. Les genouillères avec armatures gênent à la marche et la souffrance localisée au genou risque de se reporter ailleurs (mal du dos par exemple).
2
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Assis : garder le genou tendu (en extension). Fléchi, il souffre. Dans cette position et de temps en temps, faire rouler sa jambe de droite à gauche en appui talon, pour détendre la musculature.
3
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Pour se mettre debout après avoir été assis : tourner les fesses du côté du genou qui souffre (ici tourner vers la droite), puis exercer une poussée uniquement avec l'autre jambe pour se relever.
4
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Étirement en va et vient de la musculature postérieure du membre inférieur (ici le droit), l'une des priorités étant d'éviter le flessum. Un genou qui souffre a tendance à rester en permanence un peu plié, ce qui le malmène et provoque un déséquilibre du corps, à risque de chute sur le long terme. Plier puis tendre lentement et plusieurs fois la jambe. Il faut sentir que « ça tire » dans le mollet et derrière le genou. A pratiquer tous les jours, plusieurs fois.
5
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Exemple d'exercice pour renforcer les muscles de la cuisse, autre priorité pour un genou déficient. Se tenir ainsi sans bouger pendant plusieurs minutes, tout-en lisant un courrier papier ou ses sms par exemple. La posture ne doit pas provoquer de douleur dans le genou. A cette fin le plier plus ou moins jusqu'à trouver la bonne position. A pratiquer plusieurs fois par jour.

Photos six et sept, chez le kiné , pour renforcer le quadriceps :
6
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MAUVAIS EXERCICE !
A ne pas faire, car ainsi le genou souffre. Il se produit un effet « rabot » dévastateur pour la rotule.
7
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BON EXERCICE !
Ainsi, le genou ne souffre pas et se renforce. Mettre le genou en extension uniquement en tirant sur la poignée, sans contracter ses muscles. Puis tenir la position cinq-six secondes en relevant la pointe du pied. Ramener ensuite le genou en flexion, passivement, avec le système de suspension.
8
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BON EXERCICE !
Chez soi ou chez un kiné, avec sangle élastique fixée au mur, tendre le genou au maximum en relevant la pointe du pied. Tenir la position quelques secondes.
9
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Bon exercice d'équilibre sur support instable. Ici un disque de propioception (un oreiller, un coussin, font l'affaire). Yeux fermés, tenter de garder l'équilibre.
10
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Le Kinesiologic-Taping ou bandage avec bande auto-collante colorée, est une bonne solution lorsque le genou (ou d'autres parties du corps) fait constamment mal et ne supporte pas bien la genouillère, d'autant qu'on peut prendre sa douche avec ; il tient plusieurs jours. Hélas, certaines peaux n'aiment pas. Il y a des allergies, avec pour conséquences : démangeaisons, rougeurs, lésions de la peau (peaux atopiques notamment). Il faut alors l'enlever sans tarder. Il y en a de toutes sortes et couleurs, pour tout type d'articulation, de lésion musculaire, ou pour drainer les fluides sanguin et lymphatique (lymphoedème). Les Ostéo les utilisent beaucoup, à juste titre. Ici il s'agit d'un Taping pour arthrose fémoro-patellaire. Ce système repousse la rotule en avant pour éviter les frottements contre le fémur.
11
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Rouler un gros ballon de gym contre un mur. Sur la photo notre ami Gilles a gardé son bandage vert rotulien pour « faire plus handicapé », comme ensuite en piscine, mais l'exercice concerne tout genou en souffrance.
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Pompes sur gros ballon, dos bien droit et en gardant les genoux tendus, fesses serrées, pour renforcer les muscles des membres inférieurs (mais pas que...).
13
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Chez le kiné : exercice de propioception sur planche instable (plateau de Freeman). Yeux fermés, garder l'équilibre en se concentrant sur les réactions de son corps et en tirant sur les sandows pour renforcer sa musculature.

EXERCICES EN BASSIN

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Pour se muscler harmonieusement. En planche dorsale, dos bien droit et genoux tendus, se déplacer latéralement en veillant à ce que les jambes ne précèdent pas le tronc. Tout le corps doit rester bien dans l'axe durant l'exercice.
15
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Gilles montre le plateau instable sur lequel il se tiendra debout pour l'exercice de la photo suivante.
16
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Exercice d'équilibre. Yeux fermés et monté sur le plateau instable, faire des tours complets dessus, de plus en plus vite, tout en tenant à bout de bras des bidons vides ou une charge légère pour augmenter le déséquilibre.
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NON !
Exercice interdit !!! Pas d'efforts en rotation de hanche, genoux fléchis. Brasse interdite pour genoux fragiles. Ne pratiquer que les nages avec genoux tendus.
18
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OUI !
Genoux constamment bien tendus, petits ciseaux ou battements plus ou moins rapides des membres inférieurs.

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Étirement. Plier puis tendre alternativement les genoux. Quand ils sont tendus, relever la pointe des pieds pour bien étirer la structure musculaire postérieure des membres inférieurs (bon exercice également pour le bas du dos).
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Exercice visant à renforcer le quadriceps (muscle du devant de la cuisse). Genou bien tendu, balancer d'avant en arrière la jambe, une sangle élastique (ici caoutchoutée) passée autour de la cheville.
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Pour assouplir le genou : assis, rouler sous le pied une structure ronde (ici une haltère en mousse).
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Gilles se masse le genou au jet. Cela soulage !

Programme court d’exercices d’équilibre à haut niveau d’exigence

, 06:15

Un entrainement intensif de l’équilibre induit des effets bénéfiques à long terme sur la plupart des maladies et permet d’éviter les chutes chez les personnes à risque, notamment chez le sujet âgé. Le sportif quant à lui est nettement plus performant.

Une question me vient à l’esprit… Lorsqu’un enfant veut faire du judo (ou tout autre sport sollicitant grandement l’équilibre), est-ce qu’on teste son équilibre avant ? C’est pourtant essentiel et il existe des tests simples (Romberg, Fukuda, station unipodale, Tinetti). Si son équilibre est précaire il risque de se blesser en chutant, et de toute manière ne sera pas performant dans la pratique de ce sport où les chutes sont répétitives et la nécessité au départ d’un bon équilibre, évidente.

Les capteurs propioceptifs qui nous permettent de maîtriser notre position dans les trois plans de l’espace, sont particulièrement denses au niveau de la partie supérieure du cou. Leur lésion lors de certains processus pathologiques (chutes sur la tête, arthrose, blocage, séquelles d'entorse vertébrale), explique l'existence de troubles de l'équilibre. Par ailleurs dès trente-cinq ans chez tout-un chacun, malade ou en bonne santé, les capteurs propioceptifs vertébraux sont moins performants. C’est pire en cas de mal de dos chronique ; on ne se tient pas bien et on n’en est pas conscient.

Conseils dans la réalisation des exercices ici proposés :

Il ne suffit pas de singer un exercice pour qu’il soit efficace. Il faut savoir ce qu’on recherche : volonté de puissance, de restitution de force explosive, ou comme ici d’équilibre. Puis lors des exercices, il faut répartir harmonieusement entre les différentes articulations de l’appareil locomoteur les contraintes (forces) subies.

Un bon sportif écoute son corps. Exemples :
« Que me dit mon dos ? La posture adoptée durant l’exercice ne le surmène-t-elle pas ? »
« Dans cette position je réveille une tendinite un peu oubliée dans la cuisse. Il me faut donc la modifier… Là, c’est mieux ! »

Le port de la tête est essentiel : Tête trop en avant il y a risque de souffrance des épaules, trop en arrière du cou.
De temps en temps fermez les yeux. Certaines pratiques yeux fermés en équitation ou au Tai Chi, sont excellentes pour bien renforcer son équilibre.
Soyez prudents !
Il ne s’agit pas de tomber en réalisant les exercices ici proposés. Sur les photos il y a des cordelettes accrochées à un barreau de l’espalier pour se tenir, si besoin.
Pratiquer de préférence pieds nus, car les capteurs de l’équilibre sont très nombreux au niveau de la sole plantaire. Le port de chaussures a nettement amoindri le sens de l’équilibre du « chasseur-cueilleur » primitif que nous sommes encore.

Pour augmenter la difficulté des exercices, porter des chevillères lestées de 1 à 2 kg.
Bien entendu tout le monde n’a pas à sa disposition une planche oscillante corporelle comme celle des photos. Pourtant cela ne coûte pas cher à faire fabriquer (environ 80 euros).
Ses dimensions : 190x90cm. Hauteur du plateau 65cm.
Tous les clubs sportifs devraient en posséder une !
Sinon on peut toujours pratiquer sur gros ballon de gym seul. La difficulté est moindre qu’avec la planche oscillante mais conséquente.

Si on n’a pas d’espalier, on peut se tenir à une barre fixée au mur. Bien gonfler le ballon (à la station de gonflage auto).

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Debout sur gros ballon, lancer plusieurs fois de suite une jambe en arrière, puis sur le côté. Changer de jambe d’appui.

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A genoux sur ballon, déplacer le bassin de droite à gauche. Puis bouger les fesses d’avant en arrière. Recommencer.

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Rouler le ballon d’avant en arrière avec la jambe en appui dessus, yeux fermés.

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Rouler le ballon d’avant en arrière, yeux fermés.

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Flexion-extension du genou sur jambe d’appui plusieurs fois de suite en gardant le dos bien droit. Puis se mettre plusieurs fois en flexion du genou côté jambe d’appui et garder la position trois à quatre secondes avant de se redresser. Changer de jambe d’appui.

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Soulever les jambes, puis les écarter et les rapprocher alternativement plusieurs fois de suite.

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Gainage. C’est-à-dire position du corps maintenue avec appui sur la pointe des pieds, puis sur un seul pied.

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Idem que l’exercice précédent en faisant osciller la planche de droite à gauche avec les coudes.

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Fesses surélevées, soulever alternativement chaque jambe en la maintenant en l’air plusieurs secondes.

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Lever ensemble jambe gauche et pied droit ; tenir la position quelques secondes. Puis lever jambe droite et pied gauche.

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Même exercice que précédent avec chevillères lestées pour en augmenter la difficulté.

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Exercice debout comme sur la deuxième photo, mais avec chevillères.

Bon courage. Que l’équilibre et la force soient avec vous !

Mal au cou (cervicalgie), je fais quoi ?

, 16:36

Surtout ne pas agir inconsidérément, et malheureusement internet fourmille de mauvais conseils. Puis ne pas faire aveuglément confiance à un professionnel de santé, même bardé de diplômes, sous prétexte qu'il porte une blouse blanche et qu'il en impose.
Sachez user de votre bon sens naturel avant d'accepter un traitement, surtout s'il vous semble lourd ou inadapté.

Il importe en premier lieu de consulter un médecin afin que soit posé un diagnostic écartant tout problème grave (lymphome, myélome, spondylodiscite). Et si le mal est bénin comme dans la majorité des cas, ce praticien vous prescrira peut-être des séances de rééducation. Un kiné qui se contente de vous poser des électrodes sur le cou pendant un quart d'heure, puis de vous papouiller un petit peu histoire de démontrer qu'il mérite encore son titre de « Masseur », ou bien s’il vous met une lampe..., courage fuyez !!! Cela ne sert à rien. L'électrothérapie à basses fréquences sur un temps aussi court n'a d'effet que durant la stimulation, c’est prouvé (www.sante.fr ou www.anaes.fr)*. Chaleur ou massage, s'ils sont agréables, ne soignent pas, c'est juste un complément de soins.

Si vous consultez un ostéopathe, refusez qu'il vous manipule. C'est à dire qu'il se saisisse de votre tête et lui imprime un violent mouvement tournant. C'est interdit depuis l'année 2000 tellement c'est dangereux, excepté en de rares occasions et sur prescription médicale. L'artère vertébrale qui irrigue le cerveau passe dans un canal osseux creusé dans les vertèbres. Une rotation de 30° à peine la met déjà en forte tension, au risque de l'endommager (dissection vertébrale). Pour se défendre, ces praticiens disent qu'ils manipulent uniquement en latéralité, ce qui est mécaniquement impossible. Sur un cou en souffrance l'inclinaison va automatiquement s'accompagner d'une rotation à cause des contractures loco-régionales. Alors halte au massacre !
Par contre l'ostéopathe peut utilement user de manœuvres douces dites tissulaires, non thrustantes.

Le collier cervical est à réserver au cas où le « cou devient trop lourd à porter et fait atrocement mal au moindre mouvement», et ce durant 72 heures au maximum. Après il devient lui-même un obstacle à une rapide guérison et conduit à un déconditionnement neuro-moteur ainsi qu'à des troubles de la propioception (la perception de soi qui permet de repérer et de définir son corps dans l'espace et de tenir l'équilibre).

Pour ma part, je pratique avant tout un bilan diagnostic kiné, à la recherche d'un éventuel syndrome de déficience posturale.
Il faut savoir qu'il existe des connexions neuronales intimes entre muscles oculaires, vestibule (l'équilibre) et muscles de la nuque.
Trio auquel il faut ajouter la mâchoire, car une dysfonction mandibulaire (mâchoire inférieure) peut provoquer des douleurs de cou, c'est prouvé (il existe des stomatologues posturologues).
En séance, le kiné doit non seulement traiter le cou, mais la mâchoire et les éventuels problèmes d'équilibre.
Je traite les dysfonctions musculo-squelettiques en ayant recours à la thérapie normotensive et en stimulant les trigger areas (billet blog du 4.4.2014). Puis j'use d'élongations douces vertébrales, d'électropuncture avec Miniacusonic. Les exercices sur plateau de Freeman et gros ballon de gym, les auto-exercices avec balles de tennis (billet blog du 20.03.16), sont les bienvenus. Par ailleurs la posture assise doit être modifiée si elle n'est pas correcte, ce blog fourmillant de conseils à ce sujet. S'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym est la meilleure option. Il s'agit de passer de la position assise passive à la position assise active. C'est parfait pour renforcer ses muscles sans effort.

Nombre de médecins prescrivent de la rééducation en piscine pour soigner lombaires ou cou. Hélas, si l'on se contente de tremper le patient dans l'eau, il ne se passe rien. Il en ressort seulement... mouillé. A la lecture de ce billet le lecteur comprendra pourquoi.

Et si je dispose moi-même d'un bassin, j'y ai mis beaucoup de matériel (parfois bricolé), afin que les exercices soient adaptés à chaque pathologie.

Il faut également savoir qu'épaules et cou sont liés. Lorsqu'on surmène ses bras c'est le cou qui se plaint en premier (billet blog du 21.6.2015).

La nuit, durant son sommeil, il est utile de porter un tour de cou (billet blog du 9.6.2013) car l'oreiller, même à mémoire de forme, ne suit pas les mouvements de la tête. Si vous passiez la nuit sans bouger du tout, l'oreiller anatomique remplirait son rôle, mais puisque, à l’instar de tout-un chacun, vous tournez de temps en temps la tête, surtout pendant les rêves, l'option du « tour de cou » est la meilleure. Il s'agit d'une petite serviette enroulée et glissée dans une écharpe, ou toute structure tubulaire en tissu (bas de femme, écharpe légère).

Les anneaux claviculaires sont fort utiles à ceux qui se tiennent bossus ou qui ont mal au cou et aux épaules de manière chronique (billet blog 30.10.2014). Pour 19 euros à peine il y a le redresse-dos E-240, société Orliman.

Par ailleurs la vue doit être corrigée. Faites ce test fort simple : Fermez les yeux et avancez légèrement la tête, tel un myope qui avance sa tête en clignant des yeux pour mieux voir. Vous-vous rendrez compte que cela a une incidence sur votre posture. Votre corps se déporte en avant.

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OUI !
Lorsque cela va mieux, et pour restaurer la mobilité de votre cou, placez-vous ainsi contre un mur (dos droit, cou redressé), et tournez lentement épaules et cou de droite à gauche, mais sur peu d'amplitude (moins de 30° de rotation de chaque côté). L'appui des mains permet de contrôler le mouvement, de le guider, et de le stopper à la moindre douleur. Deux, trois minutes, plusieurs fois par jour.

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OUI !
Voici une autre façon d'étirer son cou. A pratiquer alternativement d'un côté puis de l'autre. Sur la photo, l'épaule gauche est étirée vers la droite, tandis que la tête tourne du côté opposé. La tête se tourne en douceur du côté opposé à l'épaule étirée.
Il faut sentir l'étirement musculaire derrière l'épaule (fixateurs de l'omoplate et trapèze).

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NON !!!

A ne pas faire !!! Chercher à retrouver la mobilité de sa tête en la tournant en tous sens, le plus loin possible, et au besoin en tirant dessus avec sa main, comme préconisé à tort par une multitude de sites internet et de professionnels de santé mal avisés.
Tout ce que l'on risque est de se bloquer le cou, ou pire de léser l'artère vertébrale qui irrigue le cerveau.

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OUI !

Certains d'entre nous bougent tout le temps la tête, comme les poulets. Croyez-vous que cela soit une bonne chose ? « Pour voyager loin - dit le proverbe -, il faut ménager sa monture ». Ainsi pour loin mener ses articulations, il est logique de les ménager.
Lorsque vous avez à tourner la tête, tournez d'un bloc sur les pieds comme le font les mannequins sur le podium, les épaules accompagnant les mouvements du cou. En plus, c'est élégant !
N'optez pour les grands mouvements du cou que par absolue nécessité.

  • Douleurs neuropathiques : des prises en charge non médicamenteuses aux décisions stratégiques. V. Guastella, M. Navez, G Mick. Rhumatologie Pratique. Février 2009.

Se relever d’une chaise sans se bloquer le bas du dos. Etirements

, 08:22

Se relever d’une chaise sans se bloquer le bas du dos

Après avoir été longtemps assis, même si le siège est ergonomique parfois cela coince douloureusement. Afin d’éviter cet inconvénient il importe de prendre quelques précautions indispensables.
Deux cas de figure : siège avec et sans accoudoirs.

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Se rapprocher du bord de l’assise, se tourner sur le côté (du côté où cela ne fait pas mal), d’une main prendre appui sur la cuisse, de l’autre sur le coin antérieur de l’assise (ou l’accoudoir), puis se relever en un mouvement tournant pour faire face au siège.
Ensuite il faut s’étirer dès qu’on a passé autour d’une demi-heure assis.

Etirement du bas du dos.

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En appui des mains contre un mur ou sur un meuble, croiser les jambes (jambe côté douloureux de préférence en avant), et plier un peu les genoux, sans trop. Puis pousser les fesses en arrière et vers le bas le plus loin possible en soufflant bien et sans reculer les genoux. Recommencer cinq à six fois.

Cet exercice est excellent quand on souffre du bas du dos, que l’on ait été ou non assis. Le répéter plusieurs fois par jour.

Mal au dos, petite piqûre de rappel !

, 11:58

Le thème du mal de dos a mainte fois été évoqué sur ce blog mais je me suis rendu compte qu’il manquait un condensé de l’essentiel. Le voici.

En voiture !
Que vous souffriez des lombaires, des dorsales, ou du cou, adoptez la bouteille plastique vide (et même sur votre siège de travail).

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Il s’agit de conserver le creux des reins, pourquoi ? Parce qu’une pression constante exercée au niveau lombaire a un effet érecteur, cela redresse la colonne jusqu’au cou. Sans bomme lombaire le dos est globalement arrondi, on est avachi.
De plus cela évite l’effet de « dérouillage » subi en quittant son siège, car subitement il faut recreuser sa lordose et cela coince parfois.
Pourquoi une bouteille vide plutôt qu’un coussin ? Parce que le vide intérieur amortit les secousses de la route retransmises par le siège. Il existe bien sûr des voitures équipées d’une bomme lombaire, seulement elle est fixe et ne tient pas compte d’un fait : personne n’a la même longueur de tronc ni la même corpulence.
Il faut déplacer la bouteille plus ou moins haut dans son dos en fonction du confort ressenti.

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Assis au bureau, à la maison, inutile d’acheter un siège cher et soi-disant ergonomique. Une planchette rembourrée (le dossier ou l’assise d’une vieille chaise) placée au bord de l’assise pour obtenir un effet basculant fait parfaitement l’affaire. Ainsi l’assiette se modifie-t-elle en permanence. Les contraintes au niveau lombaire variant cela évite un écrasement des disques intervertébraux et soulage le dos.

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S’étirer le bas du dos pour soulager ses douleurs ou les éviter !
Un genou relevé, cuisse maintenue contre la paroi, pousser sur le mur avec la main tout-en tournant les épaules du côté du genou relevé jusqu’à ressentir un bon étirement aux niveaux fessier et lombaire. Changer de côté. A répéter cinq, six fois, plusieurs fois par jour, et chaque fois qu’on est resté un long moment assis.

Soulager ses douleurs avec des balles de tennis !

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Deux balles sont nécessaires.

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Mal au cou ou faiblesse des muscles cervicaux.
Se coucher sur plan dur (table ou bien au sol), la tête posée sur une balle qu’on écrase en faisant le double-menton tout-en relevant le torse par poussée des coudes. Tenir la position trois secondes. Recommencer vingt fois. A pratiquer plusieurs fois par jour.

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Mal au cou ou bien entre les omoplates.
Placer les balles au niveau des points douloureux et bouger son torse latéralement d’un côté et de l’autre. Sur le moment cela fait mal, mais qu’est-ce que cela soulage après ! Si vous n’avez mal que d’un côté il faut quand même une deuxième balle placée de manière symétrique.

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Massage lombaire.
Placer les balles de tennis au niveau des reins, là où cela fait mal, et plusieurs fois de suite bouger son bassin d’un côté puis de l’autre en appuyant bien sur les balles.

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Renforcement des muscles du cou et réveil propioceptif (ensemble des structures corporelles contribuant à l’équilibre).
Une bande élastique fixée à un point d’amarrage et passée autour du front, tout-en gardant le dos bien droit, regard horizontal, avancer d’un pas, reculer d’autant, recommencer plusieurs fois sans bouger la tête. Puis faire le même exercice en se retournant.

Ce qu’il ne faut pas faire !!!
La plupart des pseudo-spécialistes vous recommandent de forcer sur votre cou quand il est raide, et ce afin de récupérer sa souplesse. Il s’agit d’essayer de venir toucher son épaule avec l’oreille, ou bien de tourner la tête au maximum d’un côté puis de l’autre… Surtout pas !!! Vous avez toutes les chances d’aggraver la situation. L’artère vertébrale qui chemine au niveau du cou dans un petit canal osseux creusé dans les vertèbres est malmenée dès 30 ° de rotation. Si un cou est raide, il faut en trouver la raison et la traiter. La souplesse reviendra automatiquement après (un peu de chaleur ou un massage sont les bienvenus).

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Exercices pour le cou :
Ce type d’exercice permet un bon réveil propioceptif.
Debout sur la pointe des pieds, dos droit, double menton, écraser la balle de tennis avec son front pendant cinq secondes, puis se retourner, écraser la balle maintenue à la base du crâne. Recommencer plusieurs fois.

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En cas de douleurs entre les omoplates (dorsalgo), debout sur la pointe des pieds, bras tendus, alternativement et rapidement faire le dos rond puis le creuser en rapprochant les omoplates l’une de l’autre une dizaine de fois de suite.

Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace !

, 12:43

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Scoliose idiopathique juvénile lombaire gauche.

Le mouvement n'apporte aucune réelle modification correctrice. Son effet correcteur ne dure que le temps de sa réalisation et ne se prolonge pas dans le temps !
La rééducation dite classique et faite de recettes, d'une suite calibrée d'exercices, s'attaque aux conséquences de la scoliose, non à sa cause, ce qui interdit tout bon résultat. De plus, vue dans l'espace, la déformation tridimensionnelle de la scoliose sape les fondements des démonstrations cinésiologiques ou études biomécaniques valables pour un sujet sain que nous professionnels de santé possédons en guise de référentiel.
Lorsqu'un kinésithérapeute conventionné prend en charge un enfant pour rééduquer sa scoliose, il importe d'abord de savoir ce que cela sous-entend : des séances bihebdomadaires d'une demi-heure. Ce qui représente bien peu en réalité pour traiter une déformation concernant les niveaux osseux, articulaire, myofascial, et psychomoteur. Un vrai casse-tête !

Bon nombre de confrères pourtant sérieux, motivés, et conformément aux directives données par Charrière et Roy, pensent qu'il faut prendre les meilleurs exercices dans chaque méthode en respectant une progression entre les séances.
Discours empreint de bonnes intentions mais sans réel effet, tant il est vrai déjà que quel que soit l'exercice choisi, il apparaît d'emblée impossible de réaliser une action thérapeutique ciblée à un étage vertébral près.
Est également préconisée « une rééducation qui doit se concrétiser par un automatisme le plus inconscient possible » ; l'enfant apprend à « sentir son corps » qui doit être perçu de l'intérieur grâce au sens propioceptif. La position des segments corporels doit être perçue au niveau cérébral cortical grâce aux récepteurs propioceptifs. Le kiné recherche les défauts en observant le sujet immobile puis en mouvement. Il note les dysharmonies, le manque de coordination, la mauvaise intégration de la respiration et s'efforce de les corriger en agissant sélectivement sur les parties en défaut. Le sujet apprend ensuite à enregistrer la valeur de la posture. A ce petit jeu la scoliose en partie d'origine génétique, très évolutive dès que débute la puberté, et qui déforme gravement le corps, est la plus forte. Victoire par K.O !

En cas de corset :

Il importe de savoir que le port d'un corset, indispensable quand la scoliose est grave, provoque un paramorphisme (altération de la forme) inversé. Avant le corset, le corps s'adapte d'une certaine manière à la scoliose, les membres inférieurs se déformant pour tenir l'équilibre. Ainsi en cas d'hyperlordose lombaire observe-t-on une hypertonie des biceps cruraux, des tenseurs du fascia lata, une tendance au récurvatum des genoux, une abduction tibiale avec hypertonie du soléaire, un valgus des pieds. Puis avec le corset, lequel aggrave notamment le phénomène de dos plat, les jambes se doivent de s'orienter différemment. Le morphotype est bouleversé et une rééducation gymnique est incapable d'y remédier. Le port de semelles correctrices non plus, car à la base on ne sait de toute manière pas si c'est le redressement du bassin lié à la verticalisation qui initie la détorsion fémorale, ce processus d'adaptation se poursuivant par le bas, ou bien le creusement de l'arche interne du pied qui est à l'origine de la torsion tibiale externe.

Alors que faut-il faire ? Comment rééduquer au mieux ?

D'abord, bilanter :

La scoliose idiopathique étant à l'évidence un syndrome de déficience posturale, un bilan diagnostic masso-kinésithérapique s'impose d'emblée (antécédents, sport, position assise, qualité de vie, état bucco-dentaire, vue, étude du rachis, du bassin et des membres). En cas de scoliose par exemple, l'attitude du corps partant en arrière et qui se ferme sur l'intérieur (chaîne musculaire antéro-latérale dominante), est aggravante. Au contraire, l'association corps en avant et ouvert vers l'extérieur, est plus aisément corrigeable.

Tester l'équilibre :
Entre autres, le test de Fukuda pour l'oreille interne, le Romberg pour la propioception, le Stewart-Holmes pour un trouble du tonus postural.

Corriger la posture :
Dans les écrits spécialisés il est dit que : « le kinésithérapeute doit viser une éducation neuromusculaire cherchant à corriger le schéma corporel du sujet au cours des gestes et attitudes de la vie quotidienne ». Ce qui se résume au classique : « Tiens-toi droite(e) !!! », l'intégration d'une attitude posturale corrigée, visée totalement inefficace et pernicieuse. A la longue l'enfant en a marre d'être sans cesse repris puisque malgré sa bonne volonté sa scoliose ne s'améliore pas. Selon la loi de Hueter-Volkman ou Delpech toute contrainte en compression ralentit la croissance osseuse et inversement. Ainsi les postures adoptées par l'enfant en croissance favorisent-elles la formation des courbures dans le plan sagittal bien que certaines observations montrant l'existence d'une cyphose et d'une lordose rachidienne chez l'embryon prouvent que la croissance osseuse n'est pas seule en cause : l'acteur génétique intervient. Cependant, globalement, la solidité du rachis dépend des courbures sagittales, lordoses et cyphose. Aussi importe-t-il d'aider l'enfant à corriger ses postures quand c'est possible. Et si toute tentative de prise de conscience de la déformation, tout apprentissage de correction active, sont voués à l'échec (l'enfant n'a pas notion de ce qu'est un dos droit, l'enquiquiner pour l'y obliger ne sert à rien), la position de travail (la station assise notamment, une vraie contrainte pour le dos) peut aisément être corrigée.
Assis sur ballon à son bureau de travail, l'enfant ne peut s'avachir. Il corrige constamment et inconsciemment sa posture, ce qui fait naturellement travailler ses muscles : notamment cuisses, abdominaux, érecteurs rachidiens. Mieux vaut un enfant assis en permanence sur gros ballon (sauf à l'école hélas!), que deux séances d'une demi-heure de mauvais exercices chez un kiné. Un gros ballon de gym incite au jeu, un jeu musculaire gagnant.

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Nota : face à un ordinateur le regard doit être pratiquement horizontal, écran se situant cependant légèrement en dessous du niveau des yeux pour ne pas fatiguer la vue. L'enfant que je suis en rééducation doit par ailleurs porter durant une à deux heures en semaine, à des moments choisis, une paire de lunettes dont le verre côté œil direct sera rendu opaque par cache amovible, afin de combattre ses mauvaises habitudes posturales et améliorer son schéma corporel.

Thérapie normotensive :
Un contact direct spécifique avec la peau permet une action correctrice sur le processus pathomécanique engendré par la scoliose. La thérapie normotensive s'y emploie activement. Afin que perdure ensuite la correction posturale engendrée, sont posés sur la peau ce que je nomme des « post-it propiceptifs », c'est à dire de petites bandes de Kinésiologic-Tape, qui sont la mémoire du doigt correcteur. Une information propioceptive à garder jusqu'à la séance suivante.

Acupuncture au laser ou par mini-acusonic :
La croissance, la puberté, sont une véritable déflagration énergétique. L'acupuncture vise à corriger l'énergétique interne, alors que la thérapie normotensive vise l'externe. Il y a complémentarité.

Les exercices :
La croissance des os est influencée par différents paramètres : génétiques, nutritionnels, endocriniens et mécaniques. Les mécaniques, représentés par la gravité et la musculature, ont un rôle prédominant. Les exercices, s'ils ne suffisent pas à combattre une scoliose, sont par contre indispensables pour inciter l'enfant à se bouger, la sédentarité lui étant fatale. Des exercices sur gros ballon de gym comme décrits dans le billet: « Mal de dos, enfants et adolescents » du 21/07/15, sur planche oscillante corporelle pour renforcer l'équilibre, ou ceux du billet : « Amandine propose » du 13/10/13, sont indiqués.
L'enfant doit également faire du sport à l'école, avec certains interdits comme l'acrosport à trop forte contrainte pour le dos . Il ne doit pas être écarté en tant qu'inapte, ce qui est faux et dévalorisant.
En guise d'exercice, et ce pour renforcer la propioception, le kinésithérapeute peut demander à l'enfant de percevoir la différence de stabilité entre ses membres inférieurs ainsi que la pression à l'appui, ses pieds étant posés sur deux balances de pesée.

Autre exercice : contrôle de la stabilité de chacun des membres inférieurs, genou légèrement fléchi.

Élongation douce vertébrale active en bassin :

La photo de démonstration est sur ce blog, à la date du 13/10/13.
Un muscle ne peut être convenablement étiré que s'il s'est contracté au préalable. Étiré passivement au contraire il se contracte (réflexe myotatique) pour éviter la disjonction articulaire. Cette élongation de mon invention en bassin chauffé, a par ailleurs le mérite de faire travailler les muscles.

Conclusion :

Rééduquer un enfant scoliotique n'est pas une mince affaire. Spontanément il n'en a aucune envie, d'autant qu'il n'a pas idée de la gravité de son problème. Il faut donc hélas l'y contraindre pour son bien, d'une manière ou d'une autre. En l'occurrence l'implication des parents, lesquels le plus souvent assistent à mes séances, est indispensable. Si papa et maman « s'en foutent », ou bien s'ils n'adhèrent pas à mon projet rééducatif, je souffre d'un sérieux handicap. Fréquemment les enfants que je prends en charge pleurent, ou du moins rechignent durant deux ou trois séances, puis ils sourient et coopèrent complètement au fur et à mesure des progrès obtenus.
Dès qu'il s'agit de prendre en charge quelqu'un, qu'il soit jeune ou vieux, il faut l'aimer. L'amour envers son prochain est indispensable au bon exercice de mon métier.

NOTA :
Le lecteur intéressé par ce billet pourra également consulter celui du 29/09/2014, intitulé : « Scoliose de l'enfant ».

Katas du karaté contre le mal de dos

, 08:45

Les méthodes pour soigner le mal de dos commun sont nombreuses, à chacun d’opter pour celle qui a ses faveurs. Cependant il importe dans tous les cas de rééduquer le muscle, sinon l’on ne s’en sort pas bien. Une activité physique adaptée est indispensable. Et si la natation fait (à tort) l’unanimité, certains conseilleurs mal informés prétendent que le karaté serait contre-indiqué. Pour ce qui est des combats oui, absolument, par contre les katas sont une excellente forme de rééducation neuro-motrice, si l’on prend en compte les indispensables précautions exposées dans cette vidéo. Il y a même possibilité de pratiquer avec sa ceinture de soutien lombaire, si l’on a quelques craintes.
Igor, votre coach, vous ouvre la voie. Bonne pratique !


Katas du karaté contre le mal de dos par sterilisation-hopital

Douleurs chroniques, traiter le corps ne suffit pas…

, 16:09

On dit souvent que les douleurs chroniques « c’est dans la tête », du coup certains sujets souffrants en concluent qu’ils sont un peu « dingos ». Bien sûr que non.

Un article de la revue Rhumatologie Pratique, publié en juin 2011 et intitulé : « Bases neurologiques des douleurs », précisait que plusieurs études Scientifiques mettaient en évidence des altérations morphologiques du cerveau chez le sujet douloureux chronique, avec notamment une atrophie du thalamus*. Atrophie signifie qu’il y a diminution de volume. Le thalamus s’est donc racorni, ce qui n’est pas anodin quand on connaît le rôle de ce noyau gris central. Il gère à la fois douleurs, postures et mouvements. C’est un peu comme si l’on avait un virus dans le disque dur de la tête. Certains jours il est inopérant et tout se passe bien, on bouge, on se déplace sans problème, mais il suffit que le virus s’active sans qu’on sache pourquoi et comment, pour qu’en exécutant un geste anodin du quotidien on se bloque et que se ravive la douleur qui nous est propre.

Ainsi est-il aisé de comprendre par exemple que si l’on souffre du dos en raison d’une hernie discale, et qu’un chirurgien affirme qu’en l’ôtant la douleur s’en ira aussi, il s’agit d’un vilain mensonge. Il faudrait lui rétorquer : « Qu’allez-vous faire pour soigner mon thalamus largement impliqué dans mes douleurs chroniques ? Car sinon les douleurs vont revenir de plus bel ! ». Le chirurgien serait bien embêté pour répondre car il n’en sait rien. Pareil pour l’ostéopathe qui vous manipule et prétend : « Ca y est, vous êtes guéri ! ».

Le thalamus envoie des impulsions électriques appelées onde alpha d’une fréquence comprise entre 8 et 12 hertz, lesquelles modulent les sensations corporelles. Lorsque l’esprit se concentre sur une partie du corps, celle qui fait mal par exemple, il a été démontré que les ondes alpha diminuent sur la zone correspondante du cerveau ; la douleur baisse. Donc méditation, hypnose médicale sont de bonnes solutions pour rééduquer son thalamus… mais pas que... Il faut également radicalement modifier ses mauvaises postures (notamment la station assise, thème abordé plusieurs fois sur ce blog), consulter un professionnel de santé initié à la thérapie manuelle, et travailler l’équilibre yeux fermés pour stimuler la voie bulbo-thalamique.

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Un exemple d’exercice sur plateau instable. Le sujet ferme les yeux. Il se concentre sur la zone de son corps qui fait mal en recherchant le positionnement du corps permettant de l’atténuer. S’il s’agit des lombaires, il lui faudra par exemple plus ou moins cambrer les reins en durcissant les abdominaux, puis tenir la posture un certain temps.

Yoga et méditation

Une amie m’a dit dernièrement : « Le yoga me fait beaucoup de bien pour mes douleurs ! », mais en quoi consiste réellement son yoga, car en occident on a tendance à le considérer comme une sorte de gymnastique douce et relaxante pour l’esprit, ce qui est considérablement réducteur.
Il importe d’en énoncer les cinq principes fondamentaux et indissociables :
L’exercice doit être approprié, la respiration adaptée à l’exercice, tout ceci en mode relaxation, l’esprit ne devant pas vagabonder. Alimentation et méditation sont les autres points forts de cette pratique. Il existe plusieurs façons de méditer certaines postures y aidant mieux. On use également de sons claironnés à haute voix, on visualise des images, des couleurs.

Hypnose médicale

Hypnos signifie « sommeil » en grec, mais dans la pratique de l’hypnose médicale on ne s’endort pas. Le praticien induit chez son patient un état modifié de la conscience. Ce dernier se relaxe, ses sens s’engourdissent. Afin d’atténuer une douleur, il s’agit ensuite par exemple pour le patient de se projeter dans son imaginaire, à la recherche d’un souvenir agréable et d’une façon telle que l’expérience pénible de la douleur passe au second plan.
Autre exercice : se détendre, imaginer que sa douleur est une boule rouge, brûlante, que l’on va expulser de soi en expirant un grand coup.
Cependant ne nous berçons pas d’illusions. Méditation et hypnose n’évacuent pas les douleurs comme par magie, car en cas de rhumatismes invalidants par exemple (polyarthrite, spondylarthrite), de défauts morpho-statiques importants (scoliose, cyphose raide), ils demeurent.
Ainsi Bouddha, pourtant champion de la méditation, avait-il sur la fin de sa vie très mal au dos sans possibilité de s’en débarrasser, si bien qu’il était obligé de se caler avec des coussins durant ses séances. Méditation, hypnose, aident à relativiser, on supporte mieux ses douleurs et on rééduque son thalamus. Aussi demandé-je volontiers à mes patients douloureux chroniques de s’initier à l’une ou l’autre pratique, pour détenir des outils à même de les aider. Cependant ils ont hélas toujours besoin de moi.

L’un de mes outils pédagogiques : « le propulseur énergétique ».

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Légende : le sujet douloureux chronique positionne ses mains de cette manière, pouces posés sur le nombril et auriculaires orientés vers le sol. Il concentre ensuite toute l’énergie négative accumulée en lui (sous forme de douleur et d’anxiété) dans son ventre, avant de l’évacuer par le nombril (le nombril étant connoté « naissance/renaissance », tout un programme…).
Si l’on est agressé verbalement par quelqu’un qui nous fait face, on peut agir de manière identique. Pareil si on se trouve dans un environnement hostile et que l’on désire se calmer.

Gwilim SE et al. Thalamic atrophy associated with painful ostéoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum. 2010 ; 62: 2930-40.

Etirements, les conneries ça suffit !!!

, 17:10

On lit partout :
« Les étirements sont essentiels pour une pratique sportive sans blessure ». Faux !
« Ils permettent d’éviter une contracture musculaire lors d’un effort intensif ». Faux !
« Les étirements des quadriceps sont très utiles pour affiner les cuisses ! » Faux !
« L’étirement des quadriceps est toujours associé à une extension de la hanche ! » Faux !

Prenons l’exemple de l’étirement du quadriceps, muscle puissant du devant de la cuisse, étirement fort usité dans la pratique des « sports de jambes ».

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Mauvais exercice !!!
Sur le bord des terrains on voit systématiquement les sportifs pratiquer ce grand classique d’étirement passif. Le sujet debout tient dans sa main son coup de pied, buste droit, bassin basculé pour arrondir le bas du dos. Le sujet s’étire en augmentant la flexion du genou. Cet exercice serait aussi un bon test dans un programme de reprise sportive contre le mal au genou pour tester le gain d’amplitude sans douleur.
Il est hélas impossible de maintenir le bassin comme décrit quand on est en appui monopodal (sur une jambe) car cette posture éminemment instable empêche un contrôle correct, on oscille ! Donc en fait ce type d’étirement du quadriceps s’accompagne d’une bascule antérieure du bassin. On creuse les reins. C’est d’ailleurs ce qu’on constate sur les photos diffusées.
Dire qu’on « affine ses cuisses » parce que durant quelques minutes on les allonge un peu en tirant dessus, c’est carrément de la bêtise, aussitôt après l’exercice ils reprennent leur forme initiale. Le quadriceps est un muscle biarticulaire, hanche et genou. Pour assurer une bonne stabilité de ces articulations il se doit d’être en tension de contrôle permanente. S’il est trop lâche, il ne contrôle plus rien.
Quant à affirmer que cet exercice serait un bon test contre le mal au genou c’est improuvé et il y a nettement plus fiable désormais comme test. Le « monitoring ligamentaire » détecte les risques de blessure du membre inférieur en testant le ligament croisé antérieur lequel en est le baromètre.
Un entraînement sérieux implique des outils diagnostics fiables.
Par ailleurs plusieurs études ont démontré que les étirements préalablement à une activité sportive sont contre-productifs. Pourquoi ? Parce qu’ils induisent une diminution de la force, de la température interne des muscles (le refroidissement durant les étirements provoque clairement une diminution des performances), ainsi qu’un phénomène de « creeping ».
Réalisés après ils ne diminuent pas non plus les risques de blessure, ils n’assurent pas une bonne récupération en ne faisant pas diminuer le taux d’acide lactique.
Qu’est-ce que le « creeping » ? Lors de l’étirement, le tendon musculaire s’allonge, ce qui provoque une réorientation des fibres de collagène alors que leur état naturel est torsadé, la capacité d’évitement des contraintes sur le tendon est de ce fait altérée. Prenez l’exemple d’un cordage de marine, s’il est torsadé c’est clairement pour en augmenter la résistance. Détorsadez-le et il sera nettement plus fragile. Simple question de bon sens !!!

Alors que faire ?

- Une séance d’étirements est utile lorsqu’elle est réalisée hors compétition, l’année durant, au sein d’un programme d’entretien de sa forme physique. Il s’agit davantage d’obtenir une meilleure extensibilité, grâce à une meilleure tolérance, car il n’est pas question comme cela a été longtemps affirmé d’une augmentation de longueur musculaire sous l’effet d’une multiplication des sarcomères.
- L’augmentation de la visco-élasticité musculaire et l’amélioration de la résistance de la jonction myotendineuse sont favorisées par des protocoles alternant contraction statique en course externe du segment de membre concerné de 6 à 10 secondes, temps de repos de 3 à 6 secondes et mise en course externe passive de 6 à 10 secondes.
- Les étirements actifs utilisés en complément d’un échauffement cardio-respiratoire permettent de meilleures performances que les étirements passifs associés au même échauffement ; Alors, quels sont-ils ces étirements actifs ou ERAMT (étirements raisonnés actifs myotendineux) ?
L’étirement n’est pas une posture mais un mouvement conduit lent non douloureux « aller-retour » qui dure environ 8 secondes, et non pas en apnée mais en respiration contrôlée. Les ERATM sont à répéter deux fois par muscle. Rester actif ensuite, surtout ne pas s’asseoir.

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Etirement quadriceps et ilio-psoas : le patient étire quadriceps et ilio-psoas gauches en fléchissant son genou droit et en tournant le buste vers la droite. Mouvement lent aller de 4 secondes, suivi d’un mouvement retour lent de 4 secondes.
Pour l’étirement du quadriceps seul :
Debout, en fente avant (position de l’escrimeur), fléchir le genou de la jambe placée devant jusqu’à 90° de flexion sur 4 secondes, puis revenir à la position de départ sur quatre secondes également.

Mal au cou : un nouveau type d'élongation cervicale

, 08:58

Voici ma dernière invention dont les patients raffolent déjà.

Dans un bassin chauffé à 33°, le patient est confortablement étendu, immobile, sur un support flottant souple, son collier cervical étant relié à un sandow élastique qu'on fixe à une barre. Les linges autour de la tête ainsi qu'autour des chevilles servent de protection. La serviette posée sur le torse préserve du froid.

La traction est savamment dosée, et exercée manuellement par l'opérateur dans l'axe du corps à l'aide d'une bande caoutchoutée élastique (MSD-band noir), puis fixée à une barre. La bande peut être retendue en cours de séance pour plus d'efficacité sous accord patient-soignant.

Durée de la séance : de dix minutes à un quart d'heure, et sous constante surveillance.

Crises aiguës exclues, accord médical exigé.
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Mal de dos, enfants et adolescents

, 10:40

Les douleurs musculo-squelettiques diffuses touchent près de 8 % de la population préadolescente (ils ont des douleurs « baladeuses », ayant tantôt mal à une épaule, un genou, un coude, etc...), et entre 20 et 50 % des enfants de tous âges se plaignent de douleurs électives au dos, plus ou moins répétitives, avec prévalence chez les filles. Bien que la cause de ces rachialgies soit la plupart du temps bénigne et imputable aux aléas de la croissance, il ne faut pas les prendre à la légère pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il importe de ne pas passer à côté d’une cause grave : infectieuse, inflammatoire, tumorale, puis parce que les éventuels troubles posturaux de la croissance (scoliose, maladie de Scheuermann, spondylolisthésis), doivent être dépistés au plus tôt et traités (consulter mon billet sur la scoliose du 26.09 .14). Enfin il faut bien avoir à l'idée que « le corps se souvient », qu'il n'oublie rien et peut ensuite nous resservir cette souffrance physique à n’importe quel moment de notre vie, avec comme élément déclencheur un événement traumatisant : divorce, deuil, stress au travail (ce qui signifie qu'un conflit psychique peut provoquer un symptôme physique).

L'adolescence est l'âge d'apparition des premiers signes d'usure vertébrale (altérations dégénératives disco-vertébrales). 20 à 50 % des adolescents n'ayant pourtant jamais mal au dos présentent des images de dégénérescence discale, ce qui inquiète d'autant les parents que la plupart des articles publiés sur le sujet font paniquer en pronostiquant qu'ils sont : « l'étape préalable à la lombalgie mécanique de la hernie discale ! ». Il faut bien avoir à l'esprit que la découverte d'une hernie discale sur un dos en souffrance risque de relever de la pure coïncidence, l'arthrose rachidienne n'étant quant à elle pas systématiquement douloureuse, loin de là (billets-blog des 03.05.14 et 19.06.12 et Revue du rhumatisme, monographies – février 2011- Vol.78-n°1.).

En panne d'idée sérieuse, les spécialistes prétendent volontiers que le mal de dos des enfants résulte purement et simplement du port d'un cartable trop lourd, et/ou d'une mauvaise posture trop longtemps maintenue (assis, avachi devant l'écran de tété, une manette de console vidéo en main). Autres causes invoquées : le surpoids (deux ados sur trois sont en surpoids), trop ou pas assez d'exercices physiques, les troubles du sommeil, ou encore une souffrance psychologique. Oui, tout cela est plus ou moins vrai mais ne suffit pas à expliquer la fréquence de ce mal, ni sa persistance quand on a supprimé cartable, console de jeux, et aliments qui font grossir. Par ailleurs les études faites dans ce domaine ne concernent que les sociétés occidentales, et je voudrais bien savoir ce qu'il en est dans les sociétés en voie de développement. Question que je me pose de manière récurrente en regardant sur « Arte » à la télé, cette formidable émission intitulée : « Chemins d'école, chemins de tous les dangers ! », et qui nous montre des enfants obligés de faire des kilomètres à pied au milieu de contrées hostiles, ou de se déplacer en barque et de ramer tout aussi longuement, sans à l'arrivée se plaindre davantage de leur dos que les petits occidentaux.

Le cartable :

Il n'est pas porté suffisamment longtemps dans la journée pour être à lui seul responsable de maux de dos. Pourtant la logique impose d'en contrôler le contenu, un dos en pleine croissance ne devant pas supporter de charges excessives. Mais dites-moi donc ? Les petits français ne sont-ils pas de plus en plus attirés par la « gonflette », la musculation, alors même que de soulever de manière répétitive de lourdes charges est néfaste pour leurs articulations. D'un côté on vide leurs cartables et de l'autre on les laisse soulever de la fonte. Cherchez l'erreur !

Le surpoids :

Un excès de poids chronique endommage plus sûrement les genoux que le dos. Il modifie l'axe du membre inférieur, c'est pourquoi il doit être combattu. Et même si les cellules graisseuses produisent des adipocytokines responsables parfois de douleurs articulaires, ce n'est pas le dos qui le premier est en ligne de mire en cas de surpoids. D'ailleurs les problèmes de dos affectent plus volontiers les adolescents de grande taille et pas forcément en surpoids. Rayon alimentation il ne faut pas zapper le complexe « gluten + lait », mauvais pour les articulations (Sport-Santé-Magazine nov-déc 2014). Nos chères têtes blondes en consomment trop. Un enfant n'a réellement besoin de lait que durant les trois premières années de sa vie. Il faut également savoir que les problèmes de ventre sont à prendre en compte parmi les causes du mal de dos. La constipation notamment étant un fléau que l’on combat en augmentant la part des fibres (manger figues, prunes, ou graisse de lin).

Troubles du sommeil, problèmes émotionnels et comportementaux, induisent aisément des symptômes douloureux multiples et récurrents.

Alors, quelles voies explorer ?

Les brusques poussées de croissance, parfois spectaculaires à l’adolescence, font que l’enfant est en constante recherche de repères anatomiques fiables, et qu’il n’a pas toujours les réflexes adaptés à un corps qui « marche plus vite que lui ». Cela perturbe grandement sa propioception, c'est à dire le « sens de la posture et du mouvement » grâce à des capteurs sensoriels situés dans les muscles, les cartilages et les articulations. Ce sens permet de sentir la position de son corps sans le voir. Le vestibule (élément de l'oreille interne) est également déterminant dans le contrôle de nos postures et de nos mouvements. L'enfant n'a pas spontanément de référence de verticalité ni de détection instantanée de ses mouvements. L'on sait également qu'un défaut avéré d'informations vestibulaires entraîne une hypotonie musculaire de l'axe tête-cou-tronc (déficit de force et de contrôle). Pour lutter contre la déstabilisation suscitée par une telle déficience l'enfant bloque sa tête et se raidit. Il est dépassé par la situation, ce qui entraîne un mal-être le rendant encore plus « maladroit ». Sans information vestibulaire fiable un enfant déploie beaucoup d'énergie à surmonter l'instabilité de sa tête et de son tronc, et si par ailleurs il a des problèmes de vue c'est pire.

La relation est ainsi faite entre propioception et dos, ou vestibule et dos, et donc avec le mal de dos pouvant découler d'un dysfonctionnement de la propioception ou du vestibule. Le test de Romberg évalue la propioception, celui de Fukuda ou bien le Video Head Impulse Test (VHIT) adapté aux enfants évaluent le vestibule.

Autres voies à explorer :

Celles des pathologies vertébrales familiales, du psoriasis, du développement psychomoteur, sont également à explorer. Traitement kinésithérapique.

1 - Prévention, conseils d'hygiène de vie :

Des conseils d'hygiène posturale ne sont utiles que dans la mesure où les parents montrent l'exemple, et que je n'entende plus le fallacieux argument : « Oui mais pour nous, c'est trop tard ! », parce que c'est archi-faux. On peut se corriger à tout âge. Une des premières mesures à prendre est de mettre au rebut la chaise classique, et de la remplacer par un gros ballon de gym. L'enfant devra passer de la position assise passive à la position assise active. Assis sur un siège classique un enfant à tendance à s'avachir, alors que sur ballon il ne le peut pas sous peine de tomber. Il oscille dessus en permanence, ce qui fait travailler les muscles du bas de son corps, l'oblige à contrôler son dos, et renforce son équilibre. Par ailleurs on peut pratiquer bon nombre d'exercices sur gros ballons, certains étant décrits dans différents billets de ce blog.

L'activité physique :

La sédentarité est l'un des exécrables maux de nos sociétés dites évoluées. Ayant écrit un livre intitulé : « Le sport est un médicament bio ! », J. Lyon Éditeur, je ne puis que conseiller aux enfants de se bouger, en choisissant néanmoins un sport adapté à leur personnalité et qui leur plaise. Pas question de chercher à devenir un champion du sport X ou Y, parce que c'était le rêve avorté de papa ou de maman. Par ailleurs, bien entendu, attention aux risques de chutes et traumatismes.

Une chose à savoir : la natation ne soulage pas les maux de dos. D'ailleurs la plupart de nos compétiteurs de haut niveau finissent par avoir mal au dos.

2 - La rééducation que je pratique : (durée totale de la séance : environ une heure).

Il faut avoir le regard d'un posturologue, examiner au préalable l'enfant en sous-vêtements, à la recherche d'un syndrome de déficience posturale. Inspection clinique, détection d'éventuels troubles de la mâchoire (l'articulation temporo-mandibulaire jouant un rôle essentiel dans le maintien de la posture), étude de la statique et de la mobilité rachidienne, examen des membres inférieurs, de la démarche, recherche de l'équilibre yeux fermés, test de Romberg, Fukuda, et bilan neurologique associé à l'examen de la peau à la recherche d’éventuelles « tâches de café » (neurofibromatose).

- Traitement normotensif. J'examine l'enfant debout, face-dos-profil, puis j'apporte les premières corrections normotensives ciblant mâchoire, cou et bassin. Le bassin est le socle, la tête étant l'apex dans le sens astronomique du mot, à savoir : « le point de l'espace vers lequel l'individu se dirige ». Le sacrum quant à lui génère de l’énergie vers le bas. Alors que toutes les parties du corps peuvent être mises au repos, le cou se doit d'accompagner les mouvements du regard. Il ne se repose jamais, et le positionnement de la tête détermine le placement des autres segments corporels. Ensuite j'examine de nouveau l'enfant à la recherche de dysfonctions mécaniques immédiatement corrigeables, et « détense » du bout des doigts, en posant souvent de petites bandes collantes colorées (kinésilogic-tape), comme autant de « post-it propioceptifs ». 4 à 8 bandes au total, maximum 5cm de long sur un à deux de large. Puis, je traite les Trigger Points (billet-blog 04.09.15), les douleurs rachidiennes chroniques en procédant pour beaucoup (O’Sullivan P. it’s time for change with the management of non-specific chronic low back pain. Br J Sports Med 2012 ; 46 : 224-7).

- Traitement acupunctural au laser : Il s’agit par exemple de relancer l’énergie dans le bassin par ouverture du vaisseau curieux de Chong Mai, méridien des attaques.

- Élongation vertébrale : A sec, sur table inclinable (billets-blog des 29.06.13 et 22.04.13), ou bien en bassin selon une modalité dont je suis l'inventeur (billet-blog du 13.10.13).

- Exercices : - En bassin. - Auto-exercices à domicile. - Pour rééduquer le vestibule, un exemple : Yeux fermés, debout, bras tendus le long du corps, pieds joints et pointes des pieds relevées par rapport au talon, tourner la tête de droite à gauche assez vite. Arrêter le mouvement et ouvrir les yeux dès qu’apparaît un vertige. Recommencer plusieurs fois.

- Trois exemples d'exercices à l'espalier, sur gros ballon de gym et sous étroite surveillance du kiné.

Étirement du dos :

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- Les mains s'accrochant à un barreau, le plus haut possible, yeux fermés, l'enfant inspire par le nez en gonflant le ventre et en se grandissant, puis il souffle par la bouche en rentrant le ventre et en poussant les fesse en arrière et le plus bas possible (en lordosant).

Deux exercices pour renforcer l'équilibre :

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- Yeux fermés l'enfant est assis sur ballon, lequel est lui-même posé sur grande planche oscillante corporelle. L'enfant lève successivement un pied puis l'autre, le tient en l'air quelques secondes, et doit maîtriser son équilibre en se grandissant (mode respiratoire identique à l'exercice précédent).

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- Les enfants se font face, yeux fermés. D'un côté ils se tiennent par la main en exerçant une légère poussée, de l'autre ils se tiennent à l'espalier. En parfaite coordination ils font rouler le ballon d'avant en arrière.

Autres exemples d'exercices avec ballon, dans les billets-blog des 14-23-27 décembre 2012.

Vous souffrez des épaules !

, 14:34

Vos souffrez des épaules (rhumatisme, tendinopathie de la coiffe des rotateurs, tendinite d'épaule, hyperlaxité ligamentaire), voici quelques précautions indispensables à prendre au quotidien.

1/Manœuvre de décoaptation de la tête humérale :

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Légende :

Quotidiennement, une à deux fois par jour, épaule et coude détendus, balancez d’avant en arrière un sac rempli d’une charge de un-demi kilo (une boîte de conserve par exemple). Il ne s’agit pas de le secouer comme un panier à salade, mais d’imiter le balancier d’une horloge en un doux mouvement de va-et-vient, sur le côté ou légèrement en diagonale par rapport au tronc. Ce mouvement ne doit en aucun cas tirer douloureusement sur l’épaule.

2/Manœuvres d’évitement du conflit sous-acromial :

Lorsqu’une activité oblige à lever les bras en l’air, il ne faut jamais le faire en écartant les coudes. Tous les mouvements latéraux sont à risque pour les épaules, car ainsi on n’a pas de force. Ce sont les mouvements exécutés près du corps qui sont sans risque. Imaginez que vous êtes une figurine en plastique avec des épaules qui ne peuvent aller que d’avant en arrière, aux coudes bloqués en position fléchie. Pour les gestes à faire sur le côté, tournez-vous d’un bloc sur le côté, avec regard fixé sur la tâche à accomplir.

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Légende : d’abord je rapproche mes coudes de mon corps.
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Légende : ensuite je lève les bras comme sur la photo, puis j’exécute la tâche utile (je fais mes vitres, je cherche un livre sur un étagère, je prends un objet dans un placard, je suspends mon linge à un fil d’étendage, etc).
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Légende : enfin, quand j’ai fait ce que j’avais à faire bras levés, je les redescends obligatoirement en rapprochant les coudes du corps.

3/ Ouvrir ou fermer une porte.

NON !

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Légende : Mauvais geste ! Pour ouvrir ou fermer une porte, il faut que le coude soit près du corps.
Rappel : tout geste réalisé loin du corps est à risque pour l’épaule !

OUI !

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Légende : pour ouvrir une porte (ou saisir un objet un peu lourd), l’épaule lésée étant ici la droite bien entendu, il est utile de le faire en s’aidant de l’autre membre, la main gauche enserrant le poignet droit.

4/ Deux postures à éviter !

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Légende : Ces postures spontanément prises sans réfléchir pour soulager son dos ou ses jambes, sont néfastes pour une épaule fragile.

5/ Saisir une charge, la bonne méthode !

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Légende : dos droit, genoux fléchis, épaules en arrière, il faut d’abord rapprocher la charge de son corps, avant de la soulever en se redressant par poussée des jambes.

Conclusion.

Il n’est pas nécessaire d’attendre de souffrir des épaules pour les ménager, surtout si vous pratiquez un métier ou un sport qui les surmène. Adoptez dès à présent ces bonnes pratiques qui leur éviteront une usure prématurée, puis enseignez-les à vos enfants.

Lorsque le mal est tenace, difficile à soigner, et que vos activités vous amènent à beaucoup porter, il est également utile d’adopter au quotidien les « anneaux claviculaires » (précédent billet du jeudi 30 octobre 2014).

Quand on souffre du cou on a souvent également mal aux épaules, des difficultés à lever les bras. Les précautions ici présentées sont alors les bienvenues.

Comment s'étirer le bas du dos et ménager son dos en se levant de son lit ?

, 07:32

S’étirer le bas du dos, quand il est fragile, souvent douloureux.

S’étirer d’un côté puis de l’autre dans l’encadrement d’une porte,
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et en se tournant vers l’arrière, trois-quatre fois de suite (plusieurs fois par jour).

Autre exercice pour le bas du dos : faire comme si on allait s’asseoir par terre en descendant les fesses le plus bas possible (trois fois de suite – plusieurs fois par jour). A pratiquer notamment lorsqu’on a été longtemps assis.
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Ménager son dos en se levant de son lit

Vos reins vous font souffrir (lombalgie, sciatique) ? Levez-vous de la manière décrite ci-dessous, et adoptez-la définitivement (même lorsque vous n’aurez plus mal), afin de ne pas vous bloquer le dos en vous levant :

Juste avant de vous lever, placez vos mains en haut des fesses (paumes tournées vers le matelas), puis décollez le bassin du lit de cinq centimètres environ, en le poussant avec vos mains. Faites ensuite des tout petits mouvements de bassin, d’abord latéraux, puis d’avant en arrière (une dizaine de fois).
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Ensuite :


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pliez les genoux, tournez-vous sur le côté,
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puis :

Passez en position assise au bord du lit...
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Normalement, si on se conforme à ce que les ergonomes préconisent, il suffirait maintenant de vous lever..., comme sur la photo suivante. Pourtant non !


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NON !!! Ne pas agir ainsi. C’est une très mauvaise idée ! Ainsi, le bas de votre dos qui s’est aplati lorsque vous étiez couché, va brusquement se creuser lorsque vous allez vous lever, et peut faire mal ou se coincer carrément (incident de dérouillage).

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OUI ! Sans vous arrêter, continuez le mouvement en vous tournant face au lit, et en posant les mains dessus. Ensuite seulement redressez-vous lentement en poussant avec les mains, et en « écoutant » vos lombaires.

Nota : Si votre lit est bas, mettez vous à genoux, puis redressez un genou (position du chevalier servant), avant de vous remettre debout.

Profession kiné : garder un œil d’expert. L’éternel thème de la lombalgie chronique

, 07:09

En hommage ce jour à Monsieur Roger Federer, qui est handicapé par son dos.

On est aisément conduit à remettre en question ce que nous avons appris durant nos études, étant donné qu’il y a beaucoup de théories qui s’avèrent fausses au fil du temps, et qui sont encore enseignées comme des dogmes. Ainsi les différentes approches concernant les protrusions discales rachidiennes (hernies) concernant la « décompression », la « stabilisation », méthodes rééducatives largement préconisées et qui sont malheureusement assez contradictoires. Les exercices de « décompression » sont censés remédier à l'action néfaste de la pesanteur. Toutefois il y a l’exemple des astronautes qui ont quand même des problèmes de dos, et ceci même en l'absence de pesanteur.
Par ailleurs les techniques de « décompression », telles « inversion » ou « stretching », peuvent entrainer une hypermobilité vertébrale, c'est-à-dire une forme inquiétante d’instabilité.
En ce qui concerne la « stabilisation rachidienne », tout verrouiller comme le préconisent bon nombre de confrères (le fameux « verrouillage lombaire ») n'est pas non plus une solution, car une bille placée entre deux cylindres aura tendance à être expulsée d'autant plus facilement que les haubans reliant les deux cylindres sont tendus.

Le problème majeur découlant des hernies intradiscales vient sans doute de « patterns de mouvements défectueux acquis». C’est-à-dire de schémas moteurs devenus inefficaces. Les gestes et mouvements que nous exécutons alors, même ceux qui visent à cibler l’économie rachidienne comme de bien plier les genoux en se baissant pour ramasser un objet au lieu de courber le dos, ne sont plus efficaces.
Le problème relève d’un mauvais fonctionnement du cerveau.
Le thalamus (l’un des centres de commandement majeurs du cerveau régissant douleur, postures et mouvements) est endommagé, il envoie parfois de mauvais signaux*. Pour donner un exemple simple, si l’on compare notre cerveau à un ordinateur, c’est un peu comme s’il était parasité par un virus. Imaginons que pour exécuter un mouvement, nous tapions sur le clavier : « Baisse-toi pour ramasser ton stylo (par exemple) en faisant bien attention à ton dos ! ». Si le virus est inactif, le geste va se faire sans mal, mais si le virus est actif, il va parasiter le mouvement et l’on sera victime d’un prétendu « faux mouvement ». Le cerveau aura enregistré : « Ouille, en me baissant, je vais fatalement avoir mal ! », même si le mouvement a été correctement réalisé.

Comment s’en sortir alors ?
De quels moyens le kiné dispose-t-il pour améliorer cela ?

Ma solution, laquelle, si elle n’a pas été testée scientifiquement a le mérite d’aller dans le bon sens puisqu’elle est logique, consiste à stimuler la propioception** par la voie nerveuse centrale « voie bulbo-thalamique ». La propioception consciente étant à la base de notre schéma corporel.

Exemples d’exercices, à réaliser et c’est important, les yeux fermés, quotidiennement pendant trois minutes :

- « L’arbre », du Yoga. Debout sur un pied, tenir la position le plus longtemps possible.

- Mettre un matelas en mousse sur le sol et marcher dessus les yeux fermés.

- Rouler un gros ballon (swiss ball, Klein) sous un pied, puis sous l’autre (exercice décrit avec photo sur ce blog au 30.09.2012). S’asseoir dessus, lever un pied, puis l’autre.

D’autres exercices sont décrits dans ce blog, avec photos à l’appui (14 et 27 décembre 2012).

· Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. “Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.
· ** La propioception désigne l’ensemble des composants corporels concourant à la perception du corps et au maintien de l’équilibre.

Rééducation en gynécologie-obstétrique

, 10:33

(suite du billet : Rééducation à visée esthétique (cellulite, soins post-opératoires). )

Fuites urinaires :

La rééducation uro-gynécologique est largement pratiquée du fait que bon nombre de femmes souffrent de fuites urinaires (des hommes aussi, principalement après intervention sur cancer de la prostate), cependant le MK (Masseur-Kiné) ne doit pas se contenter du biofeedback, c’est à dire de mettre dans l’orifice, le vagin ou l’anus, une sonde reliée à un appareil à composants électroniques, permettant de visualiser grâce à des diodes lumineuses, ou une émission sonore, la contractilité des muscles du périnée. Il doit également prendre en compte la statique de l’ensemble du caisson abdomino-lombo-pelvien à pression variable qu’est le bassin. Il faut prendre en compte non seulement les capacités de soutènement du petit bassin, mais celles du ventre et du dos. A vouloir tonifier à tout crin le releveur de l’anus, tout ce qu’on obtient c’est une dyspareunie (douleurs aux rapports sexuels). Bravo ! Seul le faisceau pubo-rectal peut être considéré comme un élément éducable, or il est minuscule, et ne peut prétendre à lui seul jouer le rôle d’Atlas soutenant la voûte céleste ! Il faut reconnaître que 90 % des MK négligent totalement cette phase primordiale de la rééducation, parce qu’ils ignorent tout des concepts des chaînes musculaires, et s’y entendent encore moins en matière de thérapies manuelles. Du coup, le résultat est décevant. Pourtant personne ne proteste. La rééducation est bâclée mais ne génère pas l’indignation.

Le docteur Maigne avait démontré voilà plusieurs décennies qu’on réduisant l’hyperlordose lombaire (creux des reins exagéré), on pouvait diminuer de 40% le taux des fuites. Pourquoi ? Parce qu’en position debout, les pressions subies par le périnée, du fait de la pesanteur et de la charge abdominale, se reportent normalement en arrière vers le coccyx, or quand la lordose est très marquée c’est plus en avant, au niveau de la filière uro-génitale, que les contraintes se déportent, d’où risques augmentés de fuites.

A l’origine, le biofeedback permettait l’analyse en mesure électrique des ondes cérébrales alpha, c’est le principe de l’EEG (Electroencéphalogramme), puis il y eut l’EMG (Electromyogramme) ou analyse électrique de l’état de tension musculaire, qui est intervenu en complément des méthodes traditionnelles de relaxation (Schultz, Jacobson, sophrologie, yoga).

En cas de grossesse :

Quand la femme enceinte a mal au dos, bon nombre de pratiques de physiothérapie sont interdites telles que l’utilisation de courants antalgiques de haute (ultrasons) et moyenne fréquence, mais il est possible d’utiliser la chaleur sèche ou humide, le massage, les neurostimulateurs de basses fréquences, de faire pratiquer la balnéothérapie, d’avoir recours aux thérapies manuelles non agressives, ainsi qu’à l’acuponcture.

Prochain billet : rééducation en neurologie.

Amandine vous propose !

, 10:40

Amandine vous propose !

Rappelez-vous ce slogan d’une célèbre eau minérale : « C’est beau l’équilibre ! ». Faites-en une règle de vie. L’équilibre implique autant le physique que le mental. L’un ne va pas sans l’autre. Impossible !

Si vous souffrez du dos de manière chronique, vous avez forcément des problèmes d’équilibre. Problèmes parfois insoupçonnés. Il ne manquerait plus que vous tombiez !!!

Pour vous en convaincre, tentez cette expérience : yeux fermés, essayez de garder l’équilibre sur un pied, puis sur l’autre, bras tendus sur le côté.

Résultat :

Première hypothèse : sur un pied je tiens l’équilibre, pas sur l’autre.

Deuxième hypothèse : c’est « la cata » ! Je n’ai d’équilibre ni sur l’un, ni sur l’autre.

Je vous propose cet exercice de renforcement de l’équilibre (propioception*). A pratiquer quotidiennement pendant cinq minutes, de préférence, yeux fermés.

exercice_kine_equilibre_020.JPG
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  • Propioception : maîtrise des informations corporelles qui concourent à gérer l’équilibre.

Traitement « GéO » de la maladie de Dupuytren non opérée !

, 05:25

Traitement « GéO » de la maladie de Dupuytren non opérée !

La maladie de Dupuytren est une fibrose rétractile de l’aponévrose palmaire entraînant un blocage en flexion du doigt concerné (le plus souvent l’annulaire, ensuite l’auriculaire, médius, index). Le traitement est chirurgical (aponévrotomie percutanée) avec les suites bonnes et mauvaises inhérentes à tout acte chirurgical.

J’ai inventé une nouvelle méthode (à ma connaissance personne n’en a encore eu l’idée) permettant le plus souvent d’éviter je l’espère, l’opération. Elle s’applique au sujet dont le doigt est encore relativement souple. Il convient de traiter en effet le plus précocement possible dès les premiers signes de fibrose rétractile.

Séances quotidiennes :

Dupuytren_1.JPG
le matériel. Une seringue de vingt ml découpée au bout, et dont le piston est positionné du côté du bout coupé (elle peut également servir ensuite pour assouplir toutes sortes de cicatrices). Inutile d’acheter un matériel plus onéreux.
Dupuytren_2.JPG
Appuyer fermement la seringue au niveau de la bride. Le thérapeute et le patient la maintiennent tous les deux bien collée sur la peau que l’air ne passe pas. Le vide est assuré par le piston, lequel est soulevé d’un millimètre environ par le praticien, et maintenu ainsi durant toute la durée de l’exercice.
Dupuytren_3.JPG
à l’aide de son autre main, le patient pousse son doigt atteint (ici l’annulaire) en extension maximum (le plus loin possible). Puis il fléchit activement son doigt.

Recommencer la manœuvre cinq à dix fois de suite.

Si possible frotter ensuite avec un glaçon la zone indurée durant une à deux minutes.

Poursuivre le traitement aussi longtemps que nécessaire. Je n’ai pas le recul suffisant pour donner des consignes plus précises.
Chers confrères essayez ma méthode, et donnez m’en témoignage sur ce blog !
Faisons ainsi ensemble avancer la kinésithérapie !

Nouvelle élongation douce active en bassin pour le mal de dos

, 05:50

Mon esprit tortueux vient de produire ce nouveau type d’élongation pour les chroniques du dos.

Il n’est pas question de parler de « traction », ce traitement étant proscrit depuis longtemps puisqu’il produit l’effet inverse de celui recherché, à savoir augmenter les contractures au lieu de les réduire (à cause du réflexe myotatique).

Bassin chauffé à 33°.

Le patient est installé confortablement (veiller à bien soutenir la tête). Une longue bande élastique de rééducation est fixée aux chevilles (MSD-BAND extra-dure) lesquelles sont protégées par un linge.

1er temps :

Les mains tiennent un circuit de poulie. On démarre membres supérieurs en extension au dessus de la tête et près du corps. La bande élastique fixée aux chevilles est tendue au maximum (c’est le patient qui décide de la traction non douloureuse supportable), puis attachée à une barre dans l’axe du corps.

2è temps :
elongation_en_bassin_pour_mal_de_dos.jpg
photo Manu Kamoizan

Le sujet fléchit les coudes (attention : le maintenir rapprochés du tronc pour ne pas surmener les épaules) ce qui garantit l’étirement du dos, puisque les chevilles sont attachées. Le sujet maintient la traction cinq secondes à chaque fois (c’est à dire en restant dans la position présentée sur la photo).

L’exercice peut être interrompu à tout moment. Dans ce cas le sujet lâche le circuit de poulie. Ce qui lui permet d’aller se détacher tout seul les pieds.

Durée de l’exercice : dix, quinze minutes, voire plus. La première fois cinq minutes seulement, à valeur de test.

Nota :

Parmi les patients ayant expérimenté ce type d’élongation, certains souffraient également légèrement d’une épaule et n’ont pas été aggravés. De toute manière, à la moindre gêne, il est aisé d’interrompre l’exercice.

Le professionnel de santé ne s’éloigne pas. Il surveille en permanence.

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