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QUTENZA contre les insupportables douleurs chroniques ! OUI, MAIS…

, 08:46

Afin de traiter certaines souffrances au quotidien qui ne laissent aucun répit et qui durent de longs mois, des années, différents moyens ont été tentés pour couper le signal nerveux afférent responsable de la transmission de la douleur.
Quelques exemples :

  • La rhizolyse ou thermo-coagulation, par sonde thermique pour les douleurs du dos. Les rameaux nerveux sensibles sont « grillés » et cessent de transmettre leur message douloureux. Mais cela peut provoquer un affaiblissement musculaire, et surtout, si la zone à traiter a été mal calculée, on peut malencontreusement endommager la racine nerveuse avec pour conséquence des douleurs ravivées et invalidantes.
  • Le « pace maker » lombaire. Il s’agit là d’implanter des électrodes sous la peau et reliées à un générateur de courant basse fréquence (voir le billet du 19.04.14 SCOOP : un « pacemaker » pour soigner le mal de dos ? sur ce blog). Le Magazine l’Express avait titré un peu hâtivement : « Le mal de dos a t’il trouvé sa solution ? ». Non, ce n’est pas la solution miracle.



OUI !

  • Il y a les patchs de Versatis, la lidocaïne étant un anesthésiant (sans grand risque donc). Au départ ils n’étaient prescrits que pour le zona mais leur utilisation s’est depuis étendue. Pour les maux de dos chroniques, cela marche pas mal. On est tranquille douze heures. Ensuite il faut renouveler le patch.
  • Puis il y a QUTENZA, indiqué pour le traitement des douleurs neuropathiques périphériques. Il contient de la capsaïcine (responsable du goût épicé du piment) et agit sur les récepteurs cutanés de la douleur (TRPV1). Sa pose ne se réalise qu’en univers hospitalier, en service de médecine ambulatoire. L’application du patch dure de une à deux heures.


Effets indésirable : là où a été posé le patch, peuvent survenir des sensations passagères d’intense brûlure ; ou bien une intensification de la douleur. Lorsque cela marche, les douleurs disparaissent ou s’atténuent durant des mois. Cela vaut donc le coup d’essayer, d’autant que ce n’est que du piment après tout…

MAIS !

Cela ne traite pas la cause du mal. Il s’agit comme on dit d’un traitement « symptomatique ». On n’est pas guéri pour autant. La sonnette « douleur » est désactivée, c’est tout.
Pour un mal de dos par exemple, il faut ensuite pratiquer une rééducation sérieuse (mon blog fourmille de billets sur le sujet), surveiller ses gestes et postures au quotidien, reprendre un sport. Bref, faire tout ce qu’on ne pouvait pas faire pour améliorer sa santé, tant que la douleur était un insupportable frein qui nous refermait sur nous-même et interdisait tout projet constructif.

L’effet pervers des médicaments sur la rééducation

, 15:13

L’effet pervers des médicaments sur la rééducation.

Il faut être clair : il n’y a pas de médicament sans effet secondaire ! Or, la plupart des patients qui nous consultent absorbent un véritable cocktail de médicaments qui contrecarre nos efforts. Bon nombre d’affections articulaires, de tendinites, sont pourtant directement provoquées ou aggravées par certains médicaments, et si leur consommation n’est pas strictement contrôlée, limitée au minimum, il n’y a pas lieu d’espérer de guérison.

Quelques exemples : les barbituriques tels que Gardénal ou Rimifon sont mis en cause dans la survenue de capsulites rétractiles d’épaule. Les diurétiques augmentent les risques d’accès de goutte chez les hyperuricémiques. Les sulfamides ainsi que certains anti-viraux, corticoïdes injectables, AINS, bétabloquants, ont régulièrement été incriminés dans la survenue de lombalgies, de douleurs articulaires (1). Quelle que soit la méthode rééducative (ou ostéopathique) choisie, le résultat sera alors forcément décevant, d’où les discutables critiques que l’on pourrait faire au rééducateur du fait de son inefficacité dans de telles conditions.


1 - B. Bannwarth, P. Bertin, R. Trèves, J. Dehais. Affections articulaires induites par les médicaments. Le concours médical. 04-12-99.3066-3071.