Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

GillesOrgeret.com, le blog d'un kinésithérapeute : dos, massage, thérapie manuelle, techniques de kiné...par Gilles Orgeret
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - educateur medico-sportif

Fil des billets Fil des commentaires

Conseil du Kiné : Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?

, 10:33

Suite du billet : Le trio «marche-vélo- natation » pour toutes les pathologies y compris les lombalgies ?

8 - Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?
Peut-on la pratiquer seul et si oui, quelles sont les précautions d’usage ? En cas de pratique solitaire, y a-t-il un rythme, une fréquence, une intensité, une dépense énergétique minimales ?

Le sujet malade se doit de ne changer ses habitudes qu’à minima, cependant il doit être plus responsable que le non-malade (ce qui est loin d’être une généralité) et se poser les bonnes questions : est-il en poussée ou non, ou en danger d’y tomber ? Certains médicaments risquent-ils d’altérer son équilibre (antidépresseurs par exemple) dans la pratique de son sport ? Il faut dans tous les cas tenir compte de la pollution atmosphérique (quand il fait beau et chaud en ville, ne pas aller courir), des conditions climatiques (se protéger plus qu’un autre des ardeurs du soleil, ou du froid), de l’altitude. Si on souffre d’une affection respiratoire chronique, l’atmosphère chlorée des piscines n’étant pas bénéfique, il faut éviter de les fréquenter souvent. Penser à s’hydrater, commencer à boire avant le début de l’activité. Choisir ensuite une plage horaire favorable : après 10 heures : gym en salle, step, marche, natation. Footing avant 17 heures. Entre 17 et 18 heures : cardio-training, badmington.

En cas de pratique solitaire la fatigue est le premier signe tangible traduisant un dépassement de la dose prescrite du « sport-médicament », il faut la contrôler et s’arrêter avant. Tant qu’on peut parler sans hacher les mots, ça va. Certaines activités nécessitent de se rendre en club ou sur un terrain qui n’est pas forcément à proximité de son domicile. Si on est soudain très fatigué après le sport, mieux vaut peut être avoir prévu quelqu’un pour être raccompagné.

En montagne, la réceptivité à la pathologie d’altitude est variable selon les individus, et donc, si l’on est seul, l’incident est souvent imprévisible. Chez les sujets à risque (asthme, maladies cardio-respiratoires, antécédents de thrombose), la pratique sportive en altitude favorise l’hypertension artérielle. Dès 2000/2500 mètres d’altitude, la raréfaction de l’oxygène rend la pratique sportive nettement plus difficile. Dans tous les cas, qu’on soit peu ou très malade, il faut être en un lieu accessible, pour pouvoir être éventuellement secouru rapidement, en cas d’incident ou d’accident. Il faut donc qu’un référent fiable soit prévenu « du où, du quand, et du comment » de sa pratique. Il faut pouvoir le contacter sûrement, par exemple par téléphone.

Doit-on au contraire se tourner vers une structure médicalisée, ou vers un kiné, un médecin du sport, un éducateur médico-sportif ? Les approches des kiné, médecins du sport, et éducateurs sont-elles différentes ? Qu’apportent-elles au malade sportif ?

Créés dans les années 40, les centres médico-sportifs avaient pour objectif la délivrance des certificats de non contre indication à la pratique sportive. Le suivi des sportifs et la prévention sont devenus des objectifs quelques années plus tard, mais on assiste à une disparition progressive de ces centres, au profit des CRESIF (Comité Régional d’Education pour la Santé), des CROS (Comité Régional Olympique et sportif), des collectivités locales, ainsi que des délégations régionales sportives. Ces structures ont pleinement leur place dans le monde actuel.

Quant aux professionnels de l’accompagnement médical du sport, ils n’ont pas la même formation, ni les mêmes degrés de compétences, mais ciblent la même population humaine à un moment précis de son activité : le sport.

En première ligne vient le Médecin du sport. Il joue un rôle fondamental dans le suivi des activités sportives collectives ou individuelles, des sujets en bonne ou mauvaise santé. Son rôle est également de prévenir, ou traiter, les accidents ou défaillances dans la pratique sportive. Il est indispensable auprès du sportif durant les compétitions, comme le sont à ses côtés le kiné et l’ostéopathe, alors que ce n’est pas le cas pour les autres métiers du sport, tel l’éducateur médico-sportif.

La formation d’éducateur médico-sportif concerne l’enseignement des activités physiques et sportives dans le sectaire sanitaire. Le postulant doit avoir une licence ou un master en APA, ainsi qu’une formation aux pathologies qu’il prend habituellement en charge, comme le diabète. Dans ce secteur existent déjà : enseignants en APS, éducateur sportif, prof d’APA et éducateurs physiques. Les « casquettes » se multiplient comme l’attrait pour le sport d’un nombre grandissant de personnes malades ou pas.

Les kinés pensent que le métier d’éducateur médico-sportif restreint bel et bien leur champ d’action, mais que c’est un fait établi auquel il faut se faire car irréversible, du fait du profilage en constant remodelage au fil du temps, de l’encadrement du sportif, qu’il soit malade ou non ; d’autant que les compétences du kiné le conduisent à ne pas s’occuper uniquement de ses semblables dans le domaine sportif. Dans le domaine sportif il agit en collaboration avec le médecin du sport. Son action est déterminante dans le cadre de la préparation physique, la surveillance de la compétition, la gestion de l’urgence sur le terrain, et globalement les soins pré et post sportifs. Il est en même temps ergonome (choix du matériel à emporter, réactions individuelles en fonction du geste sportif et dans les activités de la vie quotidienne afin de ménager son appareil locomoteur), il est aussi éducateur alimentaire.Ses conseils ciblent aussi la prévention des maux du sport. Par exemple, quand on a un périnée fragile, il prévient qu’il faut éviter plate-formes vibrantes, trampoline, équitation, sports de sauts.

Il est aussi chercheur, certains confrères étant Docteurs en biomécanique, c’est à dire en mécanique humaine. De ce point de vue, et je m’en ouvre dans mes derniers ouvrages, je pense qu’il ne faut plus faire du sport « à l’ancienne ». C’est à dire étirer et muscler sans préalable, ce préalable étant le renforcement de l’équilibre par la propioception, d’autant que lorsqu’on cherche à muscler et assouplir un sujet présentant un problème d’équilibre et de mauvais réflexes posturaux, on ne fait que renforcer ses défauts et aggraver le tableau !!! C’est pourtant ce qui ce fait partout aujourd’hui. Je donne un exemple : un enfant de dizaine d’années ayant des problèmes d’oreille interne non décelés, demande à faire du judo. Il débute, tombe, se blesse, guérit. Dix, vingt ans après, au cours d’une épreuve de sa vie, il à soudain de nouveau mal là où il souffrait étant petit. La douleur s’est inscrite dans son cerveau, elle est « corticalisée », et donc devenue difficile à déloger. Pour éviter cela, tout sujet sportif malade ou non, doit en priorité travailler régulièrement son équilibre, en choisissant d’abord pour ses activités assises, un gros ballon de gym (ballon de Klein) au détriment des sièges classiques, et en faisant régulièrement des exercices (yeux fermés) sur plateau de Freeman. C’est une planche posée sur un socle ovoïde, ou un support plan arrondi, qui déséquilibre celui qui monte dessus.