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GillesOrgeret.com, le blog d'un kinésithérapeute : dos, massage, thérapie manuelle, techniques de kiné...par Gilles Orgeret
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Les dangers des tractions à la barre fixe avec le poids du corps.

, 05:49

Véritables sculpteurs des muscles du dos, les exercices de traction à la barre fixe sont très appréciés des bodybuilders en particulier, ainsi que des amateurs de « biscotaux » saillants en général qui s'y emploient souvent dès l'adolescence.

Voilà bien un incontournable de la musculation ! Cependant il n'est pas sans risque.
tractions à la barre fixe.jpg
Le muscle grand dorsal, représenté sur le dessin, est le muscle du grimper. Il est particulièrement sollicité pour cet exercice. C'est son hypertrophie (son augmentation de volume), qui dessine le « V » du dos, tant recherché.

Or, si on le regarde de près, on s'aperçoit qu'il s'insère en haut, sur la berge médiale de l'os du bras (humérus) par un tendon très peu épais, donc fragile. Alors que son insertion basse est très large et concerne la colonne vertébrale depuis la septième dorsale jusqu'au sacrum et l'aile iliaque. A cause de ce particularisme anatomique, certaines personnes développent brutalement une capsulite rétractile de l'épaule. L'épaule est dite « gelée », complètement bloquée durant des mois, ce qui nécessite une rééducation fastidieuse et intense.

Cet exercice est également souvent pratiqué non pour se muscler, mais pour s'étirer le bas du dos : grossière erreur !
Pour éviter le balancement du corps durant le mouvement jambes relevées, il faut contracter abdominaux et fessiers ce qui interdit tout étirement. Cet exercice bloque le dos, il ne l'étire pas.

tractions à la barre fixe 2.JPG

Pour éviter ce phénomène, il faut que les pieds soient en appui au sol. Les épaules ne seront plus ainsi les seules à supporter le poids du corps. Un étirement progressif sur une expiration à une porte convient mieux (attention à ce que la serviette à laquelle on s'accroche ne glisse pas).

Conclusion :

Les étirements passifs sont contre-productifs. Le réflexe myotatique permet à un muscle de s'opposer à son étirement en se contractant.
En réalité, pour s'étirer efficacement le bas du dos, mieux vaut cibler en mouvements actifs de va et vient (ERATM), les muscles des cuisses qui s'insèrent sur le bassin et le dos. Principalement les fléchisseurs de hanches (ilio-psoas, droit fémoral) et rotateurs latéraux (piriformes).

J'ai mis au point un système efficace décrit sur ce blog :« La nouvelle élongation douce active en bassin ». Billet du 13 octobre 2013.

La vertèbre déplacée... un vilain mensonge qui perdure !

, 06:27

Vous souffrez d'une sciatique, d'un lumbago, de cervicalgies (mal au cou), de dorsalgies ? Alors il faut qu'un magicien « vous remette en place » la méchante vertèbre causale devenue subitement baladeuse !
En effet bon nombre d'ostéopathes ou de chiropracteurs propagent encore sans vergogne un tel mensonge. La manipulation, bien sonore, craquante, qui en découle, témoigne de cette « magnifique » réussite. Mais si manipulation il y a bien, elle est surtout mentale. Le patient a été berné, car si une vertèbre se déplace soudain, on se retrouve au bloc opératoire et non chez l'Ostéo. Ce phénomène blesse gravement les racines des nerfs émergeant à chaque vertébral ou bien la moelle épinière, ce qui provoque une paralysie transitoire ou définitive.

Le blocage vertébral segmentaire, bien réel, relève en fait d'un problème musculaire d'origine mécanique, psychologique, ou bien d'un défaut de commande centrale cérébrale.

Faire craquer une articulation pour la remettre (soi-disant) en place figure depuis la nuit des temps dans l'imaginaire collectif comme un geste magique. Au début seuls les rebouteux y avaient recours Puis Andrew Taylor Still, inventeur de l'Ostéopathie et formé lui-même au reboutement, en a fait un acte admissible car pseudo-scientifique. Daniel David Palmer, inventeur de la chiropraxie place le craquement au centre de tous ses soins, évoquant « un ajustement chiropractique visant à réduire une subluxation ».

Même sans avoir recours à une manipulation, tout-un chacun a mainte fois dans sa vie fait l'expérience de craquements indolores survenant à l'improviste. On a subitement l'épaule qui craque lors d'un mouvement un peu ample. Sinon c'est la hanche en se penchant en avant. Le genou peut aussi parfois « manquer d'huile » et grincer à la marche. Les bruits articulaires non traumatiques témoignent de frottements tendineux méniscaux ou articulaires, alors que les craquements post-traumatiques (choc, blessure sportive, mouvement trop ample) s'accompagnent d'une intense douleur, d'un gonflement et d'une impotence fonctionnelle (impossibilité soudaine de se servir de cette articulation). Ils sont le fait d'une entorse ligamentaire ou d'une déchirure musculaire.
Le craquement bien audible lors d'une manipulation vertébrale témoigne de l'effet de « cavitation ». Cela ne veut en aucun cas dire qu'une vertèbre a été remise en place mais qu'elle a été bien ou mal… manipulée. Les gaz dissous dans l'articulation se libèrent brutalement et font du bruit. Le volume de gaz contenu dans une articulation est de 15 %.

Le craquement restaure-t-il durablement la mobilité articulaire ?

Ce gain de mobilité est très temporaire.Il a été scientifiquement étudié et dure MOINS DE TRENTE MINUTES ! Est-on pour autant guéri ? Non.

Une étude de l'INSERM de 2011, conclut que la manipulation chiropractique n'est pas plus efficace que médicaments ou kinésithérapie (privilégier la méthode McKenzie), acupuncture. Quant aux risques des manipulations du cou, il est si élevé (dissection vertébrale) que sa pratique est interdite aux non-médecins. L'otéopathe, le chiropracteur, qui vous manipule le cou, le fait donc en contravention avec la loi.
Mais dites-moi chère lectrice ou lecteur, vous qui avez forcément vu des films de guerre, la manière de briser la nuque d'un guetteur ennemi pour se rapprocher d'une redoute à conquérir, ne consiste-t-elle pas en un violent mouvement semblable à celui de la manipulation cervicale ? Le risque en vaut-il alors la chandelle ? Le capitaine d'une caserne de pompiers me disait qu'il lui arrivait quatre à cinq fois l'an, d'emmener d'urgence un patient « manipulé » à l'Hôpital, parce qu'il ne pouvait plus se relever de la table de soins. Multipliez ce chiffre par le nombre de casernes et vous aurez des sueurs froides dans le dos.

Le mal de dos est un phénomène complexe qui ne ne résume pas à un problème purement local. Il a mainte fois été traité au travers de billets dans ce blog. Je vous en recommande la lecture.

  • Pierre Trudelle. Beaucoup de bruit autour du bruit articulaire . Kinésithérapie, les cahier N° 29-30 – Mai-juin2004 : p. 76-80.

Brodeur R. The audible release associated with jooint manipulation.J manipulative physio ther 1995 ; 18 : 155-64. Watson P, Hamilton A, Mollan RAB. A case of habitual joint cracking leading the radiological damage. BMJ

Scoliose idiopathique de l’enfant : La recherche en nets progrès, la rééducation à la traîne... Pourquoi de telles affirmations ?

, 06:39

A l’occasion du quinzième anniversaire de la Fondation Yves Cotrel, le 3 décembre 2016, des équipes médicales du monde entier se sont réunies à la Fondation Del Duca (Paris) pour évoquer les dernières découvertes relatives à la scoliose idiopathique. En cette occasion diverses origines ayant été démontrées, il ne faudrait donc plus l'appeler : « idiopathique », c’est-à-dire sans cause connue.
Sont démontrées, les origines :
- Génétique. Il y a programmation interne. A l'intérieur de certains de nos gênes l’horloge « scoliose » se déclenche, tic...tac..., notamment par surexpression du gène PCO5, une protéine fortement exprimée dans le mésencéphale, structure cérébrale impliquée dans la motricité involontaire (gestes inconscients), la régulation du tonus (état de tension musculaire qui nous permet de résister à la pesanteur et de ne pas nous écrouler sous son poids) et de la locomotion (notre capacité à bouger).
- Métabolique,
- Neurosensorielle,
- Ainsi que des altérations des organes de l’équilibre.


Par ailleurs existent d'autres troubles qu'il faut absolument prendre en compte :

La scoliose est par essence une maladie du système tonique postural. Les ceintures scapulaire et pelvienne (épaules et hanches), ont habituellement pour vocation d'absorber les contraintes posturales. Or en cas de scoliose elles ne le font plus correctement. Les ligaments sacro-pelviens qui permettent au sacrum d'être solidaire des os iliaques et ainsi de transférer le poids du tronc sur les jambes, deviennent vulnérables et démissionnent parfois. En elle-même, la scoliose augmente les contraintes supportées par les articulations sacro-iliaques. Les restrictions articulaires sus-jacentes dues au port du corset, l'affectent aussi clairement. Le genou quant à lui est un valet soumis à deux maître : la hanche (il dépend de de l’orientation du bassin), et le pied. Il est également étroitement dépendant du creux des reins (lordose lombaire). Un genu-valgum (jambes en X) procède par exemple d'une accentuation de la lordose lombaire (creux des reins), un genu-varum (jambes arquées), d’une diminution de lordose lombaire. Puis, les muscles internes de la cuisse (la patte d'oie) gèrent la stabilité de l'os iliaque (grand os de la hanche) par rapport au tibia. Le pied s'adapte comme il le peut, au risque de déformations diverses.

Des troubles de la marche et/ou du port de la tête (sous dépendance de moelle épinière-cortex cérébral, oreille interne, propioceptivité) se rencontrent également chez l'enfant scoliotique. Si de surcroît celui-ci est myope, peuvent survenir des troubles du positionnement de la tête, ce défaut postural ayant une incidence sur la colonne vertébrale du haut jusqu'en bas. Même un léger défaut de convergence oculaire peut provoquer un déséquilibre musculaire avec bascule et rotation des épaules et du bassin. Rappelons-le, vue et oreille interne sont intimement liés aux muscles du cou par des connexions neuronales.

Relativement à la loi de Delpech, un enfant grandit de manière alternative : tantôt une jambe, tantôt l'autre. Une inégalité légère de longueur des membres inférieure est donc normale. Mais si un capteur perturbé modifie la position du centre de gravité (vue, oreille interne et propioception. La propioception étant ce qui fait qu'on perçoit son corps de manière intuitive sans avoir à réfléchir, avec pour articulations les plus impliquées : chevilles et hanches), un membre inférieur est alors plus sollicité et sa croissance ralentit. Elle devient la jambe courte ce qui déporte l'appui de l'autre côté. Il importe donc de prendre en considération et de corriger vue et équilibre.

Mode de déglutition :

Par ailleurs un enfant souffrant d'une scoliose n'est-il pas resté en mode de déglutition infantile ? Le test visant à déceler une déglutition atypique, consiste à faire déglutir l’enfant dents serrées et lèvres jointes. S’il y parvient aisément, il n’y a pas de trouble. A la naissance la déglutition est une succion déglutition. Sa persistance après l'âge de 5-6 ans est appelée « déglutition primaire ». Entre perte des premières incisives et apparition des dents permanentes existe une béance antérieure, dans laquelle l'enfant peut insérer sa langue pendant la déglutition. Un manque de contact entre dents antagonistes entraîne un défaut propioceptif (les mécanorecepteurs ligamentaires du parodonte sont mal stimulés), des malformations faciales et une dysfonction dans la maturation des comportements réflexes concernant bouche et posture de la tête par mauvaise stimulation des dents, jusqu’à induire une déformation rachidienne (du dos).

Mesurer la scoliose :

Jusqu'à 10°, les scolioses s'aggravent rarement, il suffit de les surveiller. A 2O° elles s'aggravent dans 50 à 80° des cas, systématiquement au-delà. Pourtant certaines scolioses évoluées non détectées, ne se manifestent que par un dommage esthétique, et les douleurs ou complications orthopédiques à l'âge adulte ne sont pas plus fréquentes statistiquement que pour le reste de la population.

La prise en charge médicale devrait relever d'une équipe multidisciplinaire, au cas par cas, ce qui n'est pas une option largement répandue actuellement. En ce qui concerne le médecin, et je cite (Sur internet : FUTURASANTE » Scoliose : les signes cliniques chez l'enfant ». J.C de Mauroy de Curlière de Castelnau Médecin scoliologue) : « Mieux vaudrait avouer au patient son ignorance quant au risque évolutif, d'où nécessité de contrôles rapprochés. Le risque de faire porter un corset inutilement doit être également évoqué. »

Le corset :
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En 1929, Cannon exposait sa théorie de l’homéostasie. Elle peut se traduire par cette formule : « Un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales tend à produire des réponses adaptatives ». Le paraphrasant, je dirai qu'un organisme vivant subissant une forte contrainte extérieure (comme il en est du corset véritable exo-squelette) tend à produire des réponses adaptatives qui lui sont parfois préjudiciables. Le corset inhibe le système neuromusculaire. S'y associe une dystonie neurovégétative, il y a surstimulation du système orthosympathique en raison de l'anxiété permanente générée par le « handicap scoliose ». Une dystonie fonctionnelle (ou dysautonomie) se surajoute à la maladie lésionnelle.

La prescription d’un corset dépend de l’évolutivité de la scoliose plus que de son angulation, mais classiquement la décision est prise dès 15 - 20°. Celui-ci n’a pas pour but de
diminuer la scoliose mais d’en limiter l’aggravation. Cette décision permet hélas à trop de prescripteurs « d’ouvrir le parapluie ». Ils proposent une réponse toute trouvée sans réfléchir au-delà. L'usage du corset rigide est fortement critiqué dans certains pays et plusieurs études ont démontré qu’il y a une faible qualité de preuves en faveur de leur utilisation (Negrini S, Minozzi S, Bettany-Saltikov J, Zaina F, Chockalingam N, Grivas TB et al. Braces for idiopathic scoliosis in adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, issue 1. Art. No. : CD006850. DOI.). Cela rend toute généralisation systématique de son utilisation par simple commodité intellectuelle difficilement recevable. On estime par ailleurs à 30 % le nombre des enfants qui abandonnent très vite ce carcan, tant les contraintes physiques et esthétiques sont lourdes ; sans parler des douleurs engendrées.

En plus du préjudice physique en pleine période de construction du « Moi », il semblerait « normal » que l’enfant souffre ? Non ! Il serait opportun de proposer des patchs enduits de crème emla, afin d'apporter un minimum de soulagement.
30 % des sujets sous corsets s’aggravent quand même de manière notable, cela étant principalement dû à non observance des règles imposées, notamment la durée quotidienne du port.
Le corset modifie radicalement la donne. Pas forcément en bien. Il fait le dos plat et affaiblit la musculature, notamment abdominale et lombaire. Le système neuromusculaire est inhibé. Le diaphragme (muscle de l’inspiration) est en dysfonction du fait de la scoliose mais aussi de par la compression du corset. D'où impact sur le système respiratoire. Le corps en pleine croissance cherche une échappatoire et la trouve en déformations diverses au niveau du bassin (le support du corset) et des membres inférieurs,. Chez les filles qui forment majoritairement le contingent des scoliotiques, quelle incidence de ces éventuelles déformations de leur bassin sur leurs futures grossesses ?
En se référant aux cartilages de croissance de la hanche (le cartilage en Y est le premier à se fermer au moment de la puberté), ceux-ci sont forcément impactés défavorablement de par la pression du corset, surtout si la scoliose flambe tôt, l'âge de démarrage de la puberté connaissant de grandes variantes d'âge d'un sujet à l'autre.
Le genou est étroitement dépendant de la hanche et de la lordose lombaire (creux des reins). Un genu-valgum (genoux en X) procède par exemple d'une accentuation de celle-ci, un genu-varum (jambes arquées) du contraire. Le poids ainsi que la rigidité du corset vont accentuer cette déformation, d'où l'importance de vérifier les membres inférieurs (une surveillance qui ne doit pas faiblir dès sevrage du corset, car le corps se retrouvant sans carapace le centre de gravité va se déplacer, les contraintes corporelles se modifier, et les membres inférieurs de nouveau trinquer), ce qui préoccupe bien peu de médecins. S'il offre une hypothétique stabilisation des courbures, cet effet correcteur cesse dès sevrage du corset. Il arrive en effet qu'on observe un retour à un degré sensiblement identique à l'angle de début du traitement orthopédique. La programmation génétique de la scoliose, c'est à dire la petite horloge interne : tic...tac... tic...tac..., réagit aussitôt que le corset est ôté et se venge. Un exemple à l'appui de cette assertion. On a très longtemps rééduqué les pieds varus équin des bébés par bandage hyper-correcteur, avant de se rendre compte qu'on obtenait un résultat décevant. Pourquoi ? Le bébé lutte contre cette contrainte de toutes ses forces (et il a beaucoup de forces dans les pieds), ce qui a pour effet de renforcer les muscles allant dans le sens de la déviation.

Pour autant peut-on se passer aujourd'hui du corset ? Sûrement pas ! Car rien ne le remplace à même niveau d'efficacité (même relative) et parce que la rééducation est en échec (consulter mes autres billets sur ce blog à son sujet).

Les orthopédistes qui font du « rigide » comme CTM, 3D, ne se remettent pas aisément en question et proposent le même modèle durant des décennies, alors que chaque dos mérite un corset différent. Il serait par exemple souhaitable de s'intéresser d'avantage aux corsets dynamiques. Il y a SpineCor qui se base sur l’application d’un mouvement correcteur, Olympe pour les scolioses adolescentes évolutives souples de 15 à 25°, et le Toilé de Saint-Etienne pour les lombaires ou dorso-lombaires.

La chirurgie

Elle n’est réservée qu’aux cas extrêmes. Au-delà de 40 – 50°.

Rééducation gymnique

Parce que la rééducation consiste en exercices et qu’il apparaît impossible de réaliser une action thérapeutique ciblée à un étage vertébral près, elle est parfaitement inefficace. L’effet correcteur du mouvement ne dure que le temps de sa réalisation et ne se prolonge pas dans le temps. Quand il y a une zone raide, bloquée (il y a aussi des scolioses souples), lors des exercices soi-disant assouplissants, que va-t-il se passer ? La portion souple sera hypersollicitée alors que la zone raide restera bloquée (consulter à ce sujet mon billet du 10/01 /16. « Scoliose idiopathique de l'enfant : la rééducation par exercices est totalement inefficace! »). Ensuite comment peut-on continuer d’accréditer la thèse selon laquelle un dos vrillant dans un sens, il suffit de faire un exercice en sens opposé pour contrebalancer le phénomène ? Aussitôt les exercices terminés la petite horloge interne (la génétique) qui programme la déviation de la colonne … tic…tac, se remet en marche.. tic... tac....

Par contre l'enfant scoliotique doit continuer le sport à l'école (une pratique non agressive. Éviter le risque de chute, de coups, de microtraumatismes, acrosport, judo, rugby). Un autre courant rééducatif parle de « contractures » à l’origine des scolioses, qu’il suffirait de lever pour que tout aille bien. De qui se moque-t-on ? Les causes de la scoliose sont : génétique, métabolique, neurosensorielle avec troubles de l'équilibre. Un conflit mécanique rachidien induit une perturbation statique et dynamique. Au stade de déstabilisation segmentaire survient un travail musculaire chaotique. Les modifications musculaires apparaissent en premier, entraînant un dysfonctionnement musculaire qui conduit à la contracture. Si apparaissent des contractures chez le scoliotique, elles sont la conséquence de la déformation, non la cause. De plus la contracture est douloureuse, alors que la scoliose ne l'est pas en soi.

Mon projet thérapeutique

La complète modalité de mon approche thérapeutique fera l’objet d’un chapitre dans un livre pour professionnels de santé : « Traité de Normologie » actuellement en écriture. Je ne la décrirai donc ici qu’à gros traits.

Je ne prétends pas avoir trouvé la méthode miracle, mais la situation impose que nous réfléchissions d’urgence à une voie thérapeutique plus efficace. Je ne dis pas « je sais », je dis « je cherche ».

Tout d'abord chaque séance (deux par semaine) ne peut se satisfaire de la demi-heure « syndicale », tarifée 16,13 euros par la CPAM au kinésithérapeute conventionné. Il faut être généreux en temps passé avec nos chers enfants.

Conseils

Conseils de ménagement de l'appareil locomoteur dans les activités de la vie quotidienne. Conseils sportifs.

La respiration
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- Usage quotidien d'un appareil d’exercices volumétriques (respiratory fitness) surtout en cas de pectus excavatum. Sous corset la cage thoracique est comprimée, la respiration gênée, l'enfant scoliotique est aisément essoufflé (d’avantage si sa scoliose est thoracique). Modèle présenté : un voldyne.

Bas de contention

En cas de port d'un corset, ils sont utiles quand les jambes « gonflent », le corset exerçant une compression sur les gros troncs artério-veineux du haut des cuisses, ce qui peut provoquer une stase veineuse-lymphatique, donc un gonflement.

La thérapie Normotensive

Il s'agit d'une thérapie manuelle, comme l'ostéopathie, mais elle exclue les manipulations. Elle lève des tensions, débloque, rétablit l'ordre dans les fascias (notre squelette fibreux).

Traitement acupunctural d'appoint

Il s’agit d’agir essentiellement sur les points profonds, riches en capteurs propioceptifs.

Pour le grand Jarricot, le triple Réchauffeur semble répondre au parasympathique crânien, alors que Jenn-Mo répond aux parasympathiques, thoracique, abdominal et pelvien. Avec l’acéthylcholine comme médiateur chimique, le parasympathique, ou système vagal, contrôle les glandes. Il agit sur les sécrétions digestives, mobilise le tractus gastro-intestinal, ralentit les fonctions de l'organisme dans un but de conservation de l'énergie. Or la scoliose génère une dystonie neurovégétative avec hypersollicitation de l'orthosympathique. Il faut stimuler le parasympatique pour rééquilibrer.

Autres modalités

Élongations, renforcement de l'équilibre et de la propioception sont particulièrement ciblés à cause de la surexpression du gène PCO5 qui induit une dérégulation du tonus et des perturbations de la locomotion (notre capacité à bouger), ainsi qu'à cause des atteintes des voies de l'équilibre.
Une approche de ce versus rééducatif vous est présenté par Léane, notre coach sportif :

Le programme de Léane.


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A droite Léane montre du doigt une scoliose lombaire. A gauche, le même dos redressé quelques mois après, grâce à un traitement adapté.
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Sur un siège normal l'enfant s'avachit. Il doit s'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon où sa musculature et son équilibre sont sollicités en permanence. En plus on peut faire tout plein d'exercices sympas avec.

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Exercice d’équilibre et d’assouplissement des hanches soumises à rude épreuve sous corset. Tenir la position cinq à six secondes. Changer de côté.

- Exercices sur plateau instable :

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Debout sur la planche oscillante les enfants ferment les yeux pour mieux travailler leur équilibre. Léane dit : « Faites rouler le skate d’avant en arrière tout en gardant le dos bien droit ! » Puis, changer de côté.

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Les enfants doivent faire tourner le cerceau en coordonnant bien leurs mouvements et en gardant les yeux fermés.

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Léane dit : « Tu bascules ton bassin d'avant en arrière en étirant bien ton dos et en soufflant ! ».

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Assouplissement du bassin soumis à rude épreuve sous corset. Léane dit : « Étire bien ton dos en soufflant profondément ! »

– Élongation vertébrale sur table inclinable :

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Léane place une balle en mousse sous la gibbosité du thorax (là où les côtes tournent), pour exercer une pression douce dessus pendant l'élongation qui va suivre.

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L'élongation (de dix à vingt minutes). Inclinaison de la table : 30°. Une serviette chaude est placée dans le dos de la jeune patiente. Un harnais fixé à des sandows tire sur le bassin. Très confortable, agréable, même.

– Exercices en bassin chauffé de rééducation (32°) :
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Élongation active du dos avec un élastique fixé aux chevilles et un balle de mousse dans le dos, comme précédemment. La patiente fléchit les coudes en tirant sur les poignées. Son corps est étiré. Elle tient la posture 5 secondes, puis relâche cinq secondes également. Durée totale : environ dix minutes.

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Travail de l'équilibre sur planche basculante. Les yeux fermés, il s'agit de faire plusieurs tours complets sur la planche.

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Mouvement régulier, monter puis descendre le tronc. Garder les jambes bien tendues. Cela étire les muscles postérieurs des jambes et beaucoup le dos.

J’ai été opéré(e) d’un hallux valgus…

, 17:45

Témoignage à chaud de F.D :

L'intervention chirurgicale sur hallux valgus (hallux abductus) est maintenant bien rodée (chirurgie percutanée et mini-invasive).

Ce type d’intervention concerne aussi : l’hallux rigidus, la griffe des orteils, le quintus varus, les métatarsalgies, le névrome de Morton, l’épine calcanéenne.

Après quelques douleurs lors de la cicatrisation et à la reprise de l’appui, la rééducation est une phase importante qui permet de retrouver la mobilité du pied et sa réintégration dans un bon schéma de marche.

Une orthèse est nécessaire au début pour redresser correctement le gros orteil (à voir sur les photos).
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A la reprise de la marche, j'ai pu constater des tensions musculaires douloureuses au-dessus du pied, au niveau de la base des phalanges et sur la partie externe. Ce qui est très gênant et peut même à la longue déstabiliser le dos, entraînant ici aussi des douleurs.

Il semblerait que ce soit un problème de positionnement du pied lors de l’appui au sol. Etant encore sensible il provoque une marche dysharmonieuse avec une tendance du pied à basculer vers l’extérieur.

Les straps (bandes collantes anallergiques colorées) posés par Gilles redonnent au pied une bonne position en le stabilisant. Ils provoquent une sensation de confort et de maintien permettant de reprendre la marche dans de bonnes conditions. Le déroulé du pas est amélioré et se fait sans douleur. De plus les straps ne se décollent pas quand on prend sa douche.

La rééducation fera l’objet d’un prochain billet.

J’ai mal au genou, je fais quoi ?

, 16:47

Ce billet présente les principes de base en ce qui concerne les affections les plus communes (genou dégénératif, arthrose, tendinite).

Boris Dolto disait que le genou est une articulation soumise à deux maîtres : hanche et pied. Si on ne se soigne que le genou alors que cheville ou hanche est déjà fragile, bien que « muette », n'exprimant pas son mal, on a tout faux. Il faut également suspecter le dos. Une cruralgie par exemple peut se manifester par une douleur élective au genou.

Plus généralement, toute mauvaise posture peut l'affliger. Faites cette petite expérience pour vous en convaincre : en position debout, membres inférieurs joints, déportez légèrement la tête vers l'avant. Aussitôt la pression sur les genoux augmente. Si on se tient mal, si on est voûté, de travers, c'est ce qui se passe !

Autant un franc surpoids chronique ne pose pas de réel problème en ce qui concerne le dos - on a exagéré le phénomène, le centre de gravité du corps étant abaissé on est stable - autant c’est insupportable sur le long terme pour les genoux qui « trinquent ».

Autres constats :

Le ski met le genou à rude épreuve (entorse, risques de rupture du ligament croisé antérieur).
Genou fragile, il faut éviter les sports violents, à sauts répétés, ou a risque de chute : rugby, foot, basket, judo, équitation.
Au besoin, avant d'aller au sport, porter une genouillère en guise de protection.
Dans les activités de la vie quotidienne ne pas se mettre à genoux. Assis, ne pas les croiser. Pas d’accroupissements. Opter pour la position du chevalier servant : le genou douloureux au sol et en se relevant avec le bon genou et avec franche poussée des mains sur la cuisse.
Les douleurs ne passeront pas seulement aux antalgiques. Le froid soulage (poche de glace, cold pack) très provisoirement, surtout après un traumatisme (chute, entorse, choc) et dans la demi-heure qui suit pour limiter saignement interne et gonflement (après, ça ne sert plus à rien). Éviter le chaud.
La viscosupplémentation est une excellente solution pour le genou arthrosique. Le liquide synovial ne jouant plus son rôle lubrifiant et protecteur, on injecte un gel qui va relancer la fabrication de hyaluronane (acide hyaluronique).
Le chaussage influence les genoux. De hauts talons le maintiennent en légère flexion (favorisant le flessum), ce qui n'est pas bon sur le long terme, et ce d'autant si on a déjà du mal à le tendre complètement.
Dans le cas d’une atteinte du ménisque interne, le port de semelles valgisantes vise à décomprimer le compartiment interne et prévient une aggravation arthrosique. Pour toute atteinte du membre inférieur et afin de faciliter le retour veineux, surélever le pied de son lit avec des cales (10 cm). En fait, nous devrions tous le faire.

Photos

Exemple choisi : atteinte rhumatismale dégénérative du genou droit.
Aucun exercice présenté ici ne doit faire mal. Sinon c'est qu'il est mal réalisé. Mieux vaut l'abandonner.

Photo 1
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Si une genouillère est prescrite, la choisir fenêtrée (avec un trou pour la rotule). Ne jamais la porter la nuit. Les genouillères avec armatures gênent à la marche et la souffrance localisée au genou risque de se reporter ailleurs (mal du dos par exemple).
2
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Assis : garder le genou tendu (en extension). Fléchi, il souffre. Dans cette position et de temps en temps, faire rouler sa jambe de droite à gauche en appui talon, pour détendre la musculature.
3
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Pour se mettre debout après avoir été assis : tourner les fesses du côté du genou qui souffre (ici tourner vers la droite), puis exercer une poussée uniquement avec l'autre jambe pour se relever.
4
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Étirement en va et vient de la musculature postérieure du membre inférieur (ici le droit), l'une des priorités étant d'éviter le flessum. Un genou qui souffre a tendance à rester en permanence un peu plié, ce qui le malmène et provoque un déséquilibre du corps, à risque de chute sur le long terme. Plier puis tendre lentement et plusieurs fois la jambe. Il faut sentir que « ça tire » dans le mollet et derrière le genou. A pratiquer tous les jours, plusieurs fois.
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Exemple d'exercice pour renforcer les muscles de la cuisse, autre priorité pour un genou déficient. Se tenir ainsi sans bouger pendant plusieurs minutes, tout-en lisant un courrier papier ou ses sms par exemple. La posture ne doit pas provoquer de douleur dans le genou. A cette fin le plier plus ou moins jusqu'à trouver la bonne position. A pratiquer plusieurs fois par jour.

Photos six et sept, chez le kiné , pour renforcer le quadriceps :
6
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MAUVAIS EXERCICE !
A ne pas faire, car ainsi le genou souffre. Il se produit un effet « rabot » dévastateur pour la rotule.
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BON EXERCICE !
Ainsi, le genou ne souffre pas et se renforce. Mettre le genou en extension uniquement en tirant sur la poignée, sans contracter ses muscles. Puis tenir la position cinq-six secondes en relevant la pointe du pied. Ramener ensuite le genou en flexion, passivement, avec le système de suspension.
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BON EXERCICE !
Chez soi ou chez un kiné, avec sangle élastique fixée au mur, tendre le genou au maximum en relevant la pointe du pied. Tenir la position quelques secondes.
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Bon exercice d'équilibre sur support instable. Ici un disque de propioception (un oreiller, un coussin, font l'affaire). Yeux fermés, tenter de garder l'équilibre.
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Le Kinesiologic-Taping ou bandage avec bande auto-collante colorée, est une bonne solution lorsque le genou (ou d'autres parties du corps) fait constamment mal et ne supporte pas bien la genouillère, d'autant qu'on peut prendre sa douche avec ; il tient plusieurs jours. Hélas, certaines peaux n'aiment pas. Il y a des allergies, avec pour conséquences : démangeaisons, rougeurs, lésions de la peau (peaux atopiques notamment). Il faut alors l'enlever sans tarder. Il y en a de toutes sortes et couleurs, pour tout type d'articulation, de lésion musculaire, ou pour drainer les fluides sanguin et lymphatique (lymphoedème). Les Ostéo les utilisent beaucoup, à juste titre. Ici il s'agit d'un Taping pour arthrose fémoro-patellaire. Ce système repousse la rotule en avant pour éviter les frottements contre le fémur.
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Rouler un gros ballon de gym contre un mur. Sur la photo notre ami Gilles a gardé son bandage vert rotulien pour « faire plus handicapé », comme ensuite en piscine, mais l'exercice concerne tout genou en souffrance.
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Pompes sur gros ballon, dos bien droit et en gardant les genoux tendus, fesses serrées, pour renforcer les muscles des membres inférieurs (mais pas que...).
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Chez le kiné : exercice de propioception sur planche instable (plateau de Freeman). Yeux fermés, garder l'équilibre en se concentrant sur les réactions de son corps et en tirant sur les sandows pour renforcer sa musculature.

EXERCICES EN BASSIN

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Pour se muscler harmonieusement. En planche dorsale, dos bien droit et genoux tendus, se déplacer latéralement en veillant à ce que les jambes ne précèdent pas le tronc. Tout le corps doit rester bien dans l'axe durant l'exercice.
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Gilles montre le plateau instable sur lequel il se tiendra debout pour l'exercice de la photo suivante.
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Exercice d'équilibre. Yeux fermés et monté sur le plateau instable, faire des tours complets dessus, de plus en plus vite, tout en tenant à bout de bras des bidons vides ou une charge légère pour augmenter le déséquilibre.
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NON !
Exercice interdit !!! Pas d'efforts en rotation de hanche, genoux fléchis. Brasse interdite pour genoux fragiles. Ne pratiquer que les nages avec genoux tendus.
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OUI !
Genoux constamment bien tendus, petits ciseaux ou battements plus ou moins rapides des membres inférieurs.

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Étirement. Plier puis tendre alternativement les genoux. Quand ils sont tendus, relever la pointe des pieds pour bien étirer la structure musculaire postérieure des membres inférieurs (bon exercice également pour le bas du dos).
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Exercice visant à renforcer le quadriceps (muscle du devant de la cuisse). Genou bien tendu, balancer d'avant en arrière la jambe, une sangle élastique (ici caoutchoutée) passée autour de la cheville.
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Pour assouplir le genou : assis, rouler sous le pied une structure ronde (ici une haltère en mousse).
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Gilles se masse le genou au jet. Cela soulage !

Encore un article de presse sur le dos qui désinforme ou lieu d'informer !!!

, 15:54

Dans son numéro de janvier 2017 (N°838 BIS) et présenté en une de couverture, Sciences et Avenir publie un article sans science ni avenir.

Le titre en est : « Tout comprendre sur le mal de dos » . Il débute par ces mots : « Hernies discales, fractures, scolioses…. Les lombalgies, dont souffrent huit français sur dix, ont des causes multiples… Faut-il opérer ou non ? ».

A l’évidence le thème de l'article (en page dix) est la lombalgie commune ou la lombo-sciatique, mais le journaliste fait d'emblée une confusion. Le terme « lombalgie » signifie qu'on souffre du bas du dos, alors que hernies, fractures, scolioses concernent n'importe quel étage vertébral. Par ailleurs la scoliose la plus commune, la scoliose idiopathique des enfants, n’est pas en soi douloureuse. Elle ne provoque pas de lombalgie même située à l'étage lombaire.

Je cite :
« Face à un lumbago ou une sciatique (J'avais raison, l'article ne concerne que le bas du dos), le traitement classique suffit en général à soulager la douleur : du repos …/... et si la salutaire récupération – la position allongée -».
Il est malheureusement démontré que le repos au lit à peu d 'effet. Le lit amollit et provoque un déconditionnement neuromoteur.

Je cite encore :
« Le plus souvent le mal est localisé aux muscles .../... mais tout change si les disques intervertébraux souffrent ».
Même lorsque le disque intervertébral est touché, ce sont les muscles qui font mal. Les spécialistes incriminent aujourd'hui essentiellement les Trigger Points (lombalgies chroniques, aurions-nous tout faux ? O'Sullivan P. Its's time for change with the management of non-specific chronic low back pains. Br J Sports Med 2012;46:224-7). A consulter, en lien ci-dessus, mon billet sur ce blog qui en traite.

En cas de lombalgie commune non spécifique, même si la radio dévoile une grosse hernie, toute crise douloureuse relève de la loi du « tout ou rien » ; c'est à dire que la crise douloureuse est imputable soit aux apophyses articulaires postérieures, soit à la hernie. Puis on guérit de sa crise même si la hernie est toujours là. Par ailleurs bon nombre de personnes ont d'énormes hernies et n'en souffrent jamais. On les dit : « asymptomatiques ». Lorsque sont énoncés les principales causes d’une lombalgie commune, il faut avoir à l'esprit que l’on ne connaît la vraie cause que dans cinq pour cent des cas. Le diagnostic est la plupart du temps incertain.

Dans l'article, pas un mot sur les dévastateurs remaniements cérébraux accompagnant les douleurs chroniques (Bases neurtologiques des douleurs. Gwilym S et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after atrthroplasty. Arthritis Rheum 2010;62:2 9306-40).

En page 14 et dans un encadré intitulé : « S'y retrouver dans la jungle des praticiens », s'agissant de la kinésithérapie, il est dit : « Titulaire d'un diplôme d’État (3 ans) ». Or l’arrêté paru le 16 juin 2015 précise que le recrutement de toutes les écoles kiné à partir de la rentrée 2016-2017 se fera exclusivement par Paces (première année commune aux études de santé), Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), L1 Sciences. Par ailleurs, depuis la réforme de la rentrée 2015, la durée de la scolarité en IFMK (Institut de formation en Masso-Kinésithérapie) est passée de trois à quatre ans.

Plus bas, dans la même colonne, est seulement citée la Méthode Mézières, alors que la « grande Françoise » luttait contre la lordose (le creux des reins). L'unique méthode aujourd'hui officiellement validée et pratiquée par tous les kinés est la méthode McKenzie, qui fait travailler... en lordose... Pas un mot sur elle, curieux.

En ce qui concerne l'ostéopathie, est écrit: « Discipline exercée par des médecins et des kinés... la pratique s'est ouverte à des non-professionnels de santé depuis la loi Kouchner (2002) » Faux, archi-faux ! Apparue en France dans les années soixante grâce à des praticiens formés aux U.S.A ou au Royaume uni, Il y a toujours eu des ostéopathes non médecins, non kinés, de par le monde depuis que cette discipline a été créée par Still au dix neuvième siècle. Kouchner n'a fait que reconnaître cette pratique largement répandue dans l'hexagone.

A risque de devenir barbant, je vais arrêter là ma critique bien qu'il y ait encore beaucoup à dire.

J'ai 29 ans, une petite scoliose, puis-je pratiquer le yoga sans risque ?

, 17:16

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Posture « le guerrier ».

Mélanie, 29 ans, a une scoliose, parfois mal au dos, surtout le cou. Elle me demande si certaines postures du yoga comme : les « postures inversées », « la roue », celles qui obligent à se pencher en avant ou en arrière, les torsions, ne sont pas risquées.
Sans s’en rendre compte elle livre sa part de réponse en citant des asanas qui lui font spontanément peur.
Si malgré cela elle se met à pratiquer en se disant : « Je suis bête, trouillarde, bouge-toi ma fille, un peu d'audace que diable ! », elle va se blesser… Autopunition. Car à l’évidence, dans tout ce que nous entreprenons il importe que corps et esprit soient en accord.
Et quand le cou est fragile certaines postures du yoga risquent en effet de le surmener à l’excès. Par exemple, à chaque fois que l’on fait de grands mouvements de tête (flexion, extension, rotation). Car dès 30° de rotation l'artère vertébrale (qui irrigue le cerveau) est mise en tension. Au-delà on peut la léser sur un mouvement mal conduit, ou « se bloquer » les vertèbres.
D'ailleurs quand on recueille le témoignage de gens qui pratiquent régulièrement le yoga, tous disent que cela n'empêche pas lumbagos et torticolis, mais que les crises sont moins fréquentes, qu'ils se sentent plus souples, plus musclés, mieux dans leur peau.
Il faut bien avoir à l’esprit que le yoga n'est pas un sport mais une discipline impliquant le corps, les sens et le mental. Il ne se résume aucunement à quelques postures acrobatiques. Conception caricaturale ! Il date d'un temps reculé où le quotidien des humains était tout autre. On ne passait pas son temps assis dans sa voiture ou devant un ordinateur. On n'avait pas la même musculature et on vivait moins vieux. Alors qu'aujourd'hui bon nombre de passionnés de yoga sont des sédentaires et des seniors. Le contexte est différent, il faut en tenir compte.
Par ailleurs certain(e)s sportifs prétendent ne rien s'interdire. Qu'il suffit d'écouter son corps et de ne pas le contrarier pour que toute pratique soit cent pour cent bénéfique. Faux ! Malheureusement quand on souffre d'une scoliose depuis l'enfance, le cerveau finit par intégrer cette déformation comme une « norme personnelle acceptable ». Il s'y habitue et pour de ne pas s’embêter la met aux oubliettes. A cause de cela, si on décide de pratiquer une activité à risque de surmenage articulaire, avec une parfaite mauvaise foi le cerveau envoie un message du type : «Pas de problème, fais ce que tu veux. Fie-toi à moi, je contrôle la situation ! ». Ce qui est faux ! Pour y parvenir, il va accepter maintes compromissions avec l'équilibre, la pesanteur, les limites de ce qui est mécaniquement acceptable pour les articulations.
Il suffit de prendre l'exemple des personnes qui deviennent bossues en vieillissant. Quand on leur dit qu'il leur faut se redresser, que c'est mauvais pour le système cardio-pulmonaire et qu'elles risquent de chuter parce que ce positionnement du corps nuit à leur équilibre, elles répondent qu'ainsi voûtées elles n'ont pas mal et que si elles se redressent aussitôt les douleurs apparaissent. Elles sont résignées. Elles ne luttent plus contre leur handicap au risque de le payer un jour très cher.

Recommandations dans la pratique du yoga en cas de scoliose ou de problèmes de dos en général.

D’abord une petite précision : sur internet certains sites proposent : « Des postures de yoga pour assouplir une scoliose. » : mensonge !!! Aucune posture, aucun exercice ne peuvent l'assouplir (consulter mon billet sur ce blog du 10.01.2016). C’est une déformation génétiquement programmée et profondément inscrite dans la mémoire posturale.
Par ailleurs, on a constaté chez les adolescents scoliotiques une diminution globale de la force des extenseurs du tronc (muscles du dos), avec diminution plus nette en rotation vers le côté concave et cela ne s’arrange pas au fil des ans. Il faut donc ajouter à la pratique du yoga des exercices de renforcement musculaire symétriques à haute vélocité (rapides) et force maximale, en privilégiant le côté concave dans le sens de la flexion et de la rotation.
Il est conseillé de s'échauffer avant la séance, cardio-training par exemple. Puis il faut tenir compte de son état de santé, de son âge et de sa forme physique.
Stopper à la moindre douleur.

1 - Proscrire :
Dans tous les cas il faut éviter la recherche de la posture parfaite, comme sur les images. Proscrire d’emblée les grandes rotations de la tête et les torsions exagérées du tronc.
Ainsi : Sava Hita Asana ou élever le tronc. Dhanarasana « l'arc ». Sarva Hita Asana ou élever la tête. Sarva Hita Asana ou se pencher en avant jambes tendues. Utthitalolasana ou balancer le haut du corps. La roue, le chameau, sont moins risqués mais ne sont pas recommandés.

En posture inversée :

Tête au sol avec pieds en l'air.
Postures inversées à risque pour le cou : chandelle, charrue, petit pont, montagne.
Postures inversées à risque pour les lombaires : le pied à la lune. Le vase ouvert vers le haut.

2 - Asanas sans grand risque :

Kashyapasana, gomokhasana (tête de vache). Trikonasana (triangle). Sarva hita Asana ou flexion latérale assis jambes tendues. Meru Prishtahasana ou rotation du buste. Si on protège son cou en contractant bien ses muscles, les postures de yoga inversé : le corbeau dans sa variante tête au sol, le trident, sont acceptables.

3 - Bons Asanas :

Le lotus. Le chat sans creuser le cou. La torsion dans le cobra sans tourner la tête. Le pont. Ardha Matsyendrasana ou « torsion de la colonne ». Khatu Pranam ou « salutation à Khatu ». Le tigre ou Vyaghrasana en évitant de trop relever la tête. Sarva Hita Asanas : roulade sur le côté. Le lièvre, le rameur, le moulin.

(Liste non exhaustive).

En conclusion.
Le yoga n'évite pas les douleurs articulaires. Il ne redresse pas une scoliose ni ne l'assouplit. Cependant si vous avez envie de pratiquer ne vous en privez pas, en suivant toutefois mes conseils. Globalement disons que, pratiqué de manière raisonnable, le yoga fait du bien au corps et à l’esprit.

J'ai du mal à marcher tant j’ai de douleurs ! Le gainage dynamisant anti-douleurs GéO

, 09:25

Fibromyalgie, rhumatisme inflammatoire, handicap du grand âge, ostéoporose évoluée, maladie musculaire, mal de dos chronique, cyphose raide (on se voûte), scoliose, hanche (s) ou genou (x) douloureux en permanence !

Nombre de personnes se « traînent » plus qu'elles ne marchent, tant une ou plusieurs articulations portantes leur font mal au quotidien.
Ce gainage dynamisant dont j’ai eu l’idée voilà bien longtemps, a pour la première fois été décrit dans l'un de mes livres : « Mal de dos : vérités et mensonges ! » Éditions J. Lyon (2011). Il diminue très nettement la fatigue et les douleurs, partageant harmonieusement les efforts entre toutes les articulations du tronc et des membres inférieurs durant les activités quotidiennes. Ainsi, quand les épaules bougent, leur traction sur le bandage soulage les contraintes aux jambes.

Aucun risque de fonte musculaire, on ne se démuscle pas. Le recrutement par propioception des groupes musculaires antagonistes induit une synergie d'action.
Ce gainage est à porter par-dessus les sous-vêtements. Legging ou caleçon long pour éviter le contact direct avec la peau (transpiration, frottements).
La pose est aisée, elle ne nécessite aucune aide. Deux à trois minutes suffisent dès qu'on est habitué. A porter uniquement dans la journée, le plus longtemps possible (même en pratique sportive douce de loisir), jamais pour dormir.

Le matériau :

Élastique tissé plat de 60mm, appelé aussi « gros grain élastique » (vendu par rouleaux de 10m sur internet ou boutique spécialisée).
Cinq mètres de long environ pour un membre inférieur.
De six à huit mètres selon taille et corpulence pour un bandage remontant jusqu’à l’épaule opposée.
Nota : si les reins (lombaires) sont douloureux, utiliser une bande plus longue et faire deux ou trois tours autour en serrant sans trop comprimer l'abdomen.
La couleur est à choisir en fonction de la volonté de rendre le système invisible sous les vêtements.
Pour la fixation du bandage, opter plutôt pour des épingles de sûreté « bébé » qui ne s'ouvrent pas à l'improviste. En placer aux endroits où les bandes se croisent et tendent à glisser.

1 - Maintien partiel

Le bandage supplée à une insuffisance de verrouillage du genou et s'oppose à l'action de tiroir antérieur générée par la force de traction du quadriceps (puissant muscle du devant des cuisses). Il y a recrutement de la chaîne cinétique d'extension du membre inférieur avec effet protecteur sur le genou.

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Plier la bande en deux puis commencer par la plante du pied. Remonter jusqu'à la hanche en croisant. Bien tendre le bandage en permanence durant l'installation. Deux épingles à nourrice en assurent le maintien.

2 - Maintien complet

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Chaque bande est à remonter (en la tendant bien) jusqu’à l’épaule opposée (la droite pour un bandage débutant au pied gauche et inversement).

De la bonne pratique des squats !

, 18:19

Romain, animateur dans un club de boxe pieds-poings, vous propose de faire le point sur les squats :

Grandement utilisé dans la plupart des disciplines sportives, avec ou sans charge additionnelle, le squat est un exercice que l’on retrouve très souvent. Il permet de faire travailler de grandes chaînes musculaires, telles que celles des jambes, des fessiers et du dos.

S’il peut sembler simple dans l’exécution, il faut toutefois se méfier de quelques erreurs qui peuvent à court ou long terme entraîner des douleurs voir des blessures. Je fais appel ici à mon expérience personnelle, puisque je me suis longtemps trompé dans l’exécution de ce type de mouvement.
Heureusement, il n’est jamais trop tard pour corriger ses erreurs !
Actuellement suivi par Gilles Orgeret, j’ai pu bénéficier d’un suivi et de conseils pour continuer la pratique sportive dans de bonnes conditions.

Pour respecter l’intégrité physique, tout au long de l’exécution de ce mouvement, il convient de démarrer et de finir le mouvement à travers un positionnement correct.
Pour cela, nous allons prendre l’exemple d’un squat au poids de corps (ou « air squat ») :

La position de départ s’effectue debout jambes tendues, avec les pieds écartés dans une position naturelle et fonctionnelle (pour faire simple, que vous utiliseriez tous les jours). Cette dernière doit vous permettre de réaliser l’exercice avec une amplitude maximale.
Les pieds sont légèrement ouverts ou parallèles. Avant d’effectuer la flexion, il est bon d’inspirer et de gainer la sangle abdominale.

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Lors de la flexion, il est impératif d’initier le mouvement à partir des hanches et non des genoux.
En effet, la première articulation à être sollicitée est celle qui reçoit le plus de contraintes et les hanches sont conçues pour supporter beaucoup plus de poids que ne le peuvent les genoux.
Pour imager ce mouvement, c’est comme si vous poussiez vos fesses vers l’arrière.
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Durant la poursuite de la flexion, soyez attentifs à ce que les tibias restent perpendiculaires au sol (ou tout du moins verticaux) et que le dos reste droit. Les genoux ne doivent pas dépasser la pointe des pieds. Si les genoux dépassent la pointe des pieds, il y aura alors perte de force au niveau de la chaîne postérieure et augmentation des forces de cisaillement et de torsion sur les tissus mous à l'intérieur de l’articulation (en particulier pour le cartilage, le tendon rotulien, et ligament croisé antérieur).

Autre détail d’importance, les genoux doivent s’ouvrir vers l’extérieur. Que se soit lors de la descente ou de la remontée, les genoux ne doivent jamais revenir vers l’intérieur !

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Si votre mobilité limite votre amplitude de mouvement, vous pouvez effectuer les flexions partiellement et ne pas dépasser un angle de 90°.

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De manière générale, veillez à toujours privilégier la forme plus que l’amplitude du mouvement.

Que l’on soit sportif ou pas et que l’on pratique ou non les squats, il est bon de ménager nos genoux tout au long de la vie quotidienne. Dans la mesure du possible, il faut donc éviter au maximum les flexions complètes des genoux et privilégier des positions telles que celle du « chevalier servant ».

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Lorsque vous vous asseyez, vous effectuez un mouvement presque identique à celui d’un squat. Là encore, vous pouvez grandement protéger vos genoux en vous asseyant et en vous relevant de la bonne façon. Pour cela, reprenez simplement les principes précédemment cités.

Pour résumer :

  • 1> Garder un écartement de jambes fonctionnel.
  • 2> Garder les tibias les plus verticaux possible.
  • 3> Engager les hanches pour initier la descente.
  • 4> Ouvrir ses genoux lors de la descente et de la remontée.

QUTENZA contre les insupportables douleurs chroniques ! OUI, MAIS…

, 08:46

Afin de traiter certaines souffrances au quotidien qui ne laissent aucun répit et qui durent de longs mois, des années, différents moyens ont été tentés pour couper le signal nerveux afférent responsable de la transmission de la douleur.
Quelques exemples :

  • La rhizolyse ou thermo-coagulation, par sonde thermique pour les douleurs du dos. Les rameaux nerveux sensibles sont « grillés » et cessent de transmettre leur message douloureux. Mais cela peut provoquer un affaiblissement musculaire, et surtout, si la zone à traiter a été mal calculée, on peut malencontreusement endommager la racine nerveuse avec pour conséquence des douleurs ravivées et invalidantes.
  • Le « pace maker » lombaire. Il s’agit là d’implanter des électrodes sous la peau et reliées à un générateur de courant basse fréquence (voir le billet du 19.04.14 SCOOP : un « pacemaker » pour soigner le mal de dos ? sur ce blog). Le Magazine l’Express avait titré un peu hâtivement : « Le mal de dos a t’il trouvé sa solution ? ». Non, ce n’est pas la solution miracle.



OUI !

  • Il y a les patchs de Versatis, la lidocaïne étant un anesthésiant (sans grand risque donc). Au départ ils n’étaient prescrits que pour le zona mais leur utilisation s’est depuis étendue. Pour les maux de dos chroniques, cela marche pas mal. On est tranquille douze heures. Ensuite il faut renouveler le patch.
  • Puis il y a QUTENZA, indiqué pour le traitement des douleurs neuropathiques périphériques. Il contient de la capsaïcine (responsable du goût épicé du piment) et agit sur les récepteurs cutanés de la douleur (TRPV1). Sa pose ne se réalise qu’en univers hospitalier, en service de médecine ambulatoire. L’application du patch dure de une à deux heures.


Effets indésirable : là où a été posé le patch, peuvent survenir des sensations passagères d’intense brûlure ; ou bien une intensification de la douleur. Lorsque cela marche, les douleurs disparaissent ou s’atténuent durant des mois. Cela vaut donc le coup d’essayer, d’autant que ce n’est que du piment après tout…

MAIS !

Cela ne traite pas la cause du mal. Il s’agit comme on dit d’un traitement « symptomatique ». On n’est pas guéri pour autant. La sonnette « douleur » est désactivée, c’est tout.
Pour un mal de dos par exemple, il faut ensuite pratiquer une rééducation sérieuse (mon blog fourmille de billets sur le sujet), surveiller ses gestes et postures au quotidien, reprendre un sport. Bref, faire tout ce qu’on ne pouvait pas faire pour améliorer sa santé, tant que la douleur était un insupportable frein qui nous refermait sur nous-même et interdisait tout projet constructif.

Transplantation de cellules souches en cas de lombalgies (mal de dos) rebelles

, 15:43

Quand on a des lombalgies à répétition, souvent insupportables, causées par une hernie discale, c'est-à-dire qu'un petit bout de disque intervertébral (cette galette caoutchouteuse présente entre chaque vertèbre et faisant office d'amortisseur) est sorti hors de son logement et vient comprimer une racine nerveuse, si aucun traitement conservateur n'a d'effet durable (kiné, acupuncture, ostéopathie, gymnastique adaptée) la solution proposée est souvent chirurgicale.

Hélas, après l'opération l'espace entre les deux vertèbres ciblées est réduit, le disque aplati, et les articulations interapophysaires prennent le relais de la souffrance ; elles sont soumises à plus forte contrainte, s'usent, et le conflit avec la racine nerveuse reprend de plus belle. D'autant qu'en matière de crise douloureuse aiguë à ce niveau c'est la loi du « tout ou rien » qui prévaut C'est à dire qu'une fois sur deux c'est le disque qui seul s'exprime, autrement ce sont les articulations interapophysaires.
Quand le chirurgien opère il retire la portion de disque qui fait hernie, sans se préoccuper de l'usure interapophysaire.
Il ne traite donc que la moitié du problème.

1- Présence d'une hernie discale intervertébrale

Des chercheurs Allemands ont expérimenté la transplantation autologue de cellules de disque intervertébral (TACD) pour régénérer les disques intervertébraux. Dans un premier temps la hernie est ôté par procédure chirurgicale (méthode mini-invasive), puis ce petit bout de disque intervertébral est expédié à un labo qui prélève des cellules pour les multiplier par culture. Il n'y a plus ensuite qu'à réinjecter ces cellules dans le disque aplati du sujet donneur. Elles vont se multiplier et redonner volume ainsi qu'élasticité au disque lésé.

2- Absence de hernie discale

Des chercheurs Espagnols en thérapie cellulaire (RéseauTerCel), ponctionnent de la moelle osseuse dans l'os de la hanche (os iliaque), pour la réinjecter ensuite dans un disque intervertébral aplati, gravement endommagé, mais qui ne fait pas hernie.

Conclusion

Malheureusement toute douleur durable chamboule le cerveau (billet sur ce blog du 25.10.2015 : « Douleurs chroniques, traiter le corps ne suffit pas ! »). C'est un peu comme pour les « douleurs de membre fantôme » des amputés ; quand on vous coupe une jambe ensuite vous pouvez par exemple avoir des douleurs précisément localisables au niveau du gros orteil (absent), ou à la plante du pied (absente). Même si tout va bien localement le cerveau disjoncte parfois sans cause connue, et prétend le contraire en vous envoyant le message « mal de dos ».

Une rééducation spécifique impliquant la dysfonction cérébrale s'impose donc dans tous les cas, protocole que peu maîtrisent.

Alors si nous ne sommes que dans la case « recherche », c'est-à-dire expérimentale, réservée à quelques uns, pourquoi ce billet ? Parce que bon nombre de gens souffrant du dos de manière insupportable et durablement ont le droit de savoir que la science progresse.
Ce qui me plaît dans cette démarche de soins est la cible. Il s'agit de redonner du volume à un disque intervertébral abîmé, écrasé. Si on le laisse tel quel, il y a de grandes chances pour que l'usure se communique au fil du temps à toutes les structures environnantes, induisant souvent une hernie ou un affaissement au dessus ou au dessous.

A suivre....

Mal au cou (cervicalgie), je fais quoi ?

, 16:36

Surtout ne pas agir inconsidérément, et malheureusement internet fourmille de mauvais conseils. Puis ne pas faire aveuglément confiance à un professionnel de santé, même bardé de diplômes, sous prétexte qu'il porte une blouse blanche et qu'il en impose.
Sachez user de votre bon sens naturel avant d'accepter un traitement, surtout s'il vous semble lourd ou inadapté.

Il importe en premier lieu de consulter un médecin afin que soit posé un diagnostic écartant tout problème grave (lymphome, myélome, spondylodiscite). Et si le mal est bénin comme dans la majorité des cas, ce praticien vous prescrira peut-être des séances de rééducation. Un kiné qui se contente de vous poser des électrodes sur le cou pendant un quart d'heure, puis de vous papouiller un petit peu histoire de démontrer qu'il mérite encore son titre de « Masseur », ou bien s’il vous met une lampe..., courage fuyez !!! Cela ne sert à rien. L'électrothérapie à basses fréquences sur un temps aussi court n'a d'effet que durant la stimulation, c’est prouvé (www.sante.fr ou www.anaes.fr)*. Chaleur ou massage, s'ils sont agréables, ne soignent pas, c'est juste un complément de soins.

Si vous consultez un ostéopathe, refusez qu'il vous manipule. C'est à dire qu'il se saisisse de votre tête et lui imprime un violent mouvement tournant. C'est interdit depuis l'année 2000 tellement c'est dangereux, excepté en de rares occasions et sur prescription médicale. L'artère vertébrale qui irrigue le cerveau passe dans un canal osseux creusé dans les vertèbres. Une rotation de 30° à peine la met déjà en forte tension, au risque de l'endommager (dissection vertébrale). Pour se défendre, ces praticiens disent qu'ils manipulent uniquement en latéralité, ce qui est mécaniquement impossible. Sur un cou en souffrance l'inclinaison va automatiquement s'accompagner d'une rotation à cause des contractures loco-régionales. Alors halte au massacre !
Par contre l'ostéopathe peut utilement user de manœuvres douces dites tissulaires, non thrustantes.

Le collier cervical est à réserver au cas où le « cou devient trop lourd à porter et fait atrocement mal au moindre mouvement», et ce durant 72 heures au maximum. Après il devient lui-même un obstacle à une rapide guérison et conduit à un déconditionnement neuro-moteur ainsi qu'à des troubles de la propioception (la perception de soi qui permet de repérer et de définir son corps dans l'espace et de tenir l'équilibre).

Pour ma part, je pratique avant tout un bilan diagnostic kiné, à la recherche d'un éventuel syndrome de déficience posturale.
Il faut savoir qu'il existe des connexions neuronales intimes entre muscles oculaires, vestibule (l'équilibre) et muscles de la nuque.
Trio auquel il faut ajouter la mâchoire, car une dysfonction mandibulaire (mâchoire inférieure) peut provoquer des douleurs de cou, c'est prouvé (il existe des stomatologues posturologues).
En séance, le kiné doit non seulement traiter le cou, mais la mâchoire et les éventuels problèmes d'équilibre.
Je traite les dysfonctions musculo-squelettiques en ayant recours à la thérapie normotensive et en stimulant les trigger areas (billet blog du 4.4.2014). Puis j'use d'élongations douces vertébrales, d'électropuncture avec Miniacusonic. Les exercices sur plateau de Freeman et gros ballon de gym, les auto-exercices avec balles de tennis (billet blog du 20.03.16), sont les bienvenus. Par ailleurs la posture assise doit être modifiée si elle n'est pas correcte, ce blog fourmillant de conseils à ce sujet. S'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym est la meilleure option. Il s'agit de passer de la position assise passive à la position assise active. C'est parfait pour renforcer ses muscles sans effort.

Nombre de médecins prescrivent de la rééducation en piscine pour soigner lombaires ou cou. Hélas, si l'on se contente de tremper le patient dans l'eau, il ne se passe rien. Il en ressort seulement... mouillé. A la lecture de ce billet le lecteur comprendra pourquoi.

Et si je dispose moi-même d'un bassin, j'y ai mis beaucoup de matériel (parfois bricolé), afin que les exercices soient adaptés à chaque pathologie.

Il faut également savoir qu'épaules et cou sont liés. Lorsqu'on surmène ses bras c'est le cou qui se plaint en premier (billet blog du 21.6.2015).

La nuit, durant son sommeil, il est utile de porter un tour de cou (billet blog du 9.6.2013) car l'oreiller, même à mémoire de forme, ne suit pas les mouvements de la tête. Si vous passiez la nuit sans bouger du tout, l'oreiller anatomique remplirait son rôle, mais puisque, à l’instar de tout-un chacun, vous tournez de temps en temps la tête, surtout pendant les rêves, l'option du « tour de cou » est la meilleure. Il s'agit d'une petite serviette enroulée et glissée dans une écharpe, ou toute structure tubulaire en tissu (bas de femme, écharpe légère).

Les anneaux claviculaires sont fort utiles à ceux qui se tiennent bossus ou qui ont mal au cou et aux épaules de manière chronique (billet blog 30.10.2014). Pour 19 euros à peine il y a le redresse-dos E-240, société Orliman.

Par ailleurs la vue doit être corrigée. Faites ce test fort simple : Fermez les yeux et avancez légèrement la tête, tel un myope qui avance sa tête en clignant des yeux pour mieux voir. Vous-vous rendrez compte que cela a une incidence sur votre posture. Votre corps se déporte en avant.

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OUI !
Lorsque cela va mieux, et pour restaurer la mobilité de votre cou, placez-vous ainsi contre un mur (dos droit, cou redressé), et tournez lentement épaules et cou de droite à gauche, mais sur peu d'amplitude (moins de 30° de rotation de chaque côté). L'appui des mains permet de contrôler le mouvement, de le guider, et de le stopper à la moindre douleur. Deux, trois minutes, plusieurs fois par jour.

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OUI !
Voici une autre façon d'étirer son cou. A pratiquer alternativement d'un côté puis de l'autre. Sur la photo, l'épaule gauche est étirée vers la droite, tandis que la tête tourne du côté opposé. La tête se tourne en douceur du côté opposé à l'épaule étirée.
Il faut sentir l'étirement musculaire derrière l'épaule (fixateurs de l'omoplate et trapèze).

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NON !!!

A ne pas faire !!! Chercher à retrouver la mobilité de sa tête en la tournant en tous sens, le plus loin possible, et au besoin en tirant dessus avec sa main, comme préconisé à tort par une multitude de sites internet et de professionnels de santé mal avisés.
Tout ce que l'on risque est de se bloquer le cou, ou pire de léser l'artère vertébrale qui irrigue le cerveau.

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OUI !

Certains d'entre nous bougent tout le temps la tête, comme les poulets. Croyez-vous que cela soit une bonne chose ? « Pour voyager loin - dit le proverbe -, il faut ménager sa monture ». Ainsi pour loin mener ses articulations, il est logique de les ménager.
Lorsque vous avez à tourner la tête, tournez d'un bloc sur les pieds comme le font les mannequins sur le podium, les épaules accompagnant les mouvements du cou. En plus, c'est élégant !
N'optez pour les grands mouvements du cou que par absolue nécessité.

  • Douleurs neuropathiques : des prises en charge non médicamenteuses aux décisions stratégiques. V. Guastella, M. Navez, G Mick. Rhumatologie Pratique. Février 2009.

Douleurs chroniques, traiter le corps ne suffit pas…

, 16:09

On dit souvent que les douleurs chroniques « c’est dans la tête », du coup certains sujets souffrants en concluent qu’ils sont un peu « dingos ». Bien sûr que non.

Un article de la revue Rhumatologie Pratique, publié en juin 2011 et intitulé : « Bases neurologiques des douleurs », précisait que plusieurs études Scientifiques mettaient en évidence des altérations morphologiques du cerveau chez le sujet douloureux chronique, avec notamment une atrophie du thalamus*. Atrophie signifie qu’il y a diminution de volume. Le thalamus s’est donc racorni, ce qui n’est pas anodin quand on connaît le rôle de ce noyau gris central. Il gère à la fois douleurs, postures et mouvements. C’est un peu comme si l’on avait un virus dans le disque dur de la tête. Certains jours il est inopérant et tout se passe bien, on bouge, on se déplace sans problème, mais il suffit que le virus s’active sans qu’on sache pourquoi et comment, pour qu’en exécutant un geste anodin du quotidien on se bloque et que se ravive la douleur qui nous est propre.

Ainsi est-il aisé de comprendre par exemple que si l’on souffre du dos en raison d’une hernie discale, et qu’un chirurgien affirme qu’en l’ôtant la douleur s’en ira aussi, il s’agit d’un vilain mensonge. Il faudrait lui rétorquer : « Qu’allez-vous faire pour soigner mon thalamus largement impliqué dans mes douleurs chroniques ? Car sinon les douleurs vont revenir de plus bel ! ». Le chirurgien serait bien embêté pour répondre car il n’en sait rien. Pareil pour l’ostéopathe qui vous manipule et prétend : « Ca y est, vous êtes guéri ! ».

Le thalamus envoie des impulsions électriques appelées onde alpha d’une fréquence comprise entre 8 et 12 hertz, lesquelles modulent les sensations corporelles. Lorsque l’esprit se concentre sur une partie du corps, celle qui fait mal par exemple, il a été démontré que les ondes alpha diminuent sur la zone correspondante du cerveau ; la douleur baisse. Donc méditation, hypnose médicale sont de bonnes solutions pour rééduquer son thalamus… mais pas que... Il faut également radicalement modifier ses mauvaises postures (notamment la station assise, thème abordé plusieurs fois sur ce blog), consulter un professionnel de santé initié à la thérapie manuelle, et travailler l’équilibre yeux fermés pour stimuler la voie bulbo-thalamique.

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Un exemple d’exercice sur plateau instable. Le sujet ferme les yeux. Il se concentre sur la zone de son corps qui fait mal en recherchant le positionnement du corps permettant de l’atténuer. S’il s’agit des lombaires, il lui faudra par exemple plus ou moins cambrer les reins en durcissant les abdominaux, puis tenir la posture un certain temps.

Yoga et méditation

Une amie m’a dit dernièrement : « Le yoga me fait beaucoup de bien pour mes douleurs ! », mais en quoi consiste réellement son yoga, car en occident on a tendance à le considérer comme une sorte de gymnastique douce et relaxante pour l’esprit, ce qui est considérablement réducteur.
Il importe d’en énoncer les cinq principes fondamentaux et indissociables :
L’exercice doit être approprié, la respiration adaptée à l’exercice, tout ceci en mode relaxation, l’esprit ne devant pas vagabonder. Alimentation et méditation sont les autres points forts de cette pratique. Il existe plusieurs façons de méditer certaines postures y aidant mieux. On use également de sons claironnés à haute voix, on visualise des images, des couleurs.

Hypnose médicale

Hypnos signifie « sommeil » en grec, mais dans la pratique de l’hypnose médicale on ne s’endort pas. Le praticien induit chez son patient un état modifié de la conscience. Ce dernier se relaxe, ses sens s’engourdissent. Afin d’atténuer une douleur, il s’agit ensuite par exemple pour le patient de se projeter dans son imaginaire, à la recherche d’un souvenir agréable et d’une façon telle que l’expérience pénible de la douleur passe au second plan.
Autre exercice : se détendre, imaginer que sa douleur est une boule rouge, brûlante, que l’on va expulser de soi en expirant un grand coup.
Cependant ne nous berçons pas d’illusions. Méditation et hypnose n’évacuent pas les douleurs comme par magie, car en cas de rhumatismes invalidants par exemple (polyarthrite, spondylarthrite), de défauts morpho-statiques importants (scoliose, cyphose raide), ils demeurent.
Ainsi Bouddha, pourtant champion de la méditation, avait-il sur la fin de sa vie très mal au dos sans possibilité de s’en débarrasser, si bien qu’il était obligé de se caler avec des coussins durant ses séances. Méditation, hypnose, aident à relativiser, on supporte mieux ses douleurs et on rééduque son thalamus. Aussi demandé-je volontiers à mes patients douloureux chroniques de s’initier à l’une ou l’autre pratique, pour détenir des outils à même de les aider. Cependant ils ont hélas toujours besoin de moi.

L’un de mes outils pédagogiques : « le propulseur énergétique ».

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Légende : le sujet douloureux chronique positionne ses mains de cette manière, pouces posés sur le nombril et auriculaires orientés vers le sol. Il concentre ensuite toute l’énergie négative accumulée en lui (sous forme de douleur et d’anxiété) dans son ventre, avant de l’évacuer par le nombril (le nombril étant connoté « naissance/renaissance », tout un programme…).
Si l’on est agressé verbalement par quelqu’un qui nous fait face, on peut agir de manière identique. Pareil si on se trouve dans un environnement hostile et que l’on désire se calmer.

Gwilim SE et al. Thalamic atrophy associated with painful ostéoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum. 2010 ; 62: 2930-40.

Mal au cou : un nouveau type d'élongation cervicale

, 08:58

Voici ma dernière invention dont les patients raffolent déjà.

Dans un bassin chauffé à 33°, le patient est confortablement étendu, immobile, sur un support flottant souple, son collier cervical étant relié à un sandow élastique qu'on fixe à une barre. Les linges autour de la tête ainsi qu'autour des chevilles servent de protection. La serviette posée sur le torse préserve du froid.

La traction est savamment dosée, et exercée manuellement par l'opérateur dans l'axe du corps à l'aide d'une bande caoutchoutée élastique (MSD-band noir), puis fixée à une barre. La bande peut être retendue en cours de séance pour plus d'efficacité sous accord patient-soignant.

Durée de la séance : de dix minutes à un quart d'heure, et sous constante surveillance.

Crises aiguës exclues, accord médical exigé.
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Un manque de suivi médical à l'origine d'une descente aux enfers

, 15:19

Préambule : Jusqu'à présent, ce blog n'a jamais proposé d'espace d'expression libre aux patients désireux de témoigner de leurs souffrances physiques et psychiques, mais aussi de leur espoir de retrouver au plus tôt une vie à peu près normale. Il y a peu, une jeune fille atteinte d'une scoliose et sous corset m'en a fait la demande, et je lui ai répondu positivement sans hésiter.Dans l'attente de ce témoignage je vous propose de lire celui-ci qui m'a profondément ému parce qu'il ne représente pas hélas une exception. Nombre de patients sont confrontés à un interminable parcours du combattant avant d'entrevoir une issue favorable. Comment dans un pays où la médecine frôle l'excellence, de telles situations peuvent-elles exister, et même se multiplier? Si l'excellence n'est pas suffisante, il faut tenter de faire encore mieux !
Gilles Orgeret.

"Un manque de suivi médical à l'origine d'une descente aux enfers" par P. H.

"Bonjour !

J’avais besoin de faire part de mon expérience de patient lombalgique chronique. Je ne cherche nullement à polémiquer, mais juste à mettre en évidence des manquements médicaux aux conséquences fâcheuses pour les patients. Voici le résumé de mon histoire. En 2009, à la suite d’un cross à cheval, je me suis retrouvé aux urgences totalement paralysé du dos. On m’a sagement renvoyé chez moi avec antalgiques et anti-inflammatoires. Incapable de marcher pendant une semaine, très douloureux ensuite. Ce fut le début d’une longue descente aux enfers. Sur les clichés, deux disques abîmés : L1/L2 et L4/L5, avec une petite hernie en L4/L5. A priori rien d’extraordinaire. Je souffrais énormément et me bloquais tous les quinze jours. Je n’arrivais plus à rien faire. Après plusieurs prises en charge de court terme par mon généraliste, et quelques séances de kiné de surface puisque je n’étais pas en mesure de faire le moindre exercice, on m’a orienté vers un rhumatologue. Ce dernier a essayé toutes sortes d’anti-inflammatoires et myorelaxants, sans succès. Ma situation se dégradait, ma musculature commençait à fondre. Je n’arrivais pas à avoir de rendez-vous à moins de trois mois. Je devais pleurer pour obtenir de quoi soulager ma douleur. J’ai donc tenté un autre rhumatologue dans un grand hôpital public parisien. Après plusieurs mois d’attente, un bref entretien pour m’entendre dire : « Monsieur, vous avez une simple hernie, votre cas ne m’intéresse pas, en revoir ! » (J’ai refusé de payer.)

J’avais de grosses difficultés à marcher et commençai à ne plus pouvoir conduire du tout. Plus aucune nuit complète, beaucoup de souffrance. Retour vers le premier rhumatologue. On m’a commencé des infiltrations de cortisone, sans succès, voire une légère aggravation. J’ai donc tenté une célèbre clinique privée parisienne spécialisée dans la prise en charge du dos. Là, on a continué les infiltrations de cortisone sans se soucier de la façon dont j’arrivais à atteindre la clinique, ou a rentrer chez moi. A la troisième infiltration je devais prendre un taxi, et je suis quasiment tombé dans les pommes de douleur en arrivant chez moi (50 minutes de trajet). Finalement, devant les échecs, en 2012 on m’a mis la colonne sous pression pour mettre en évidence la hernie (une véritable torture quasiment insoutenable), puis quelques jours plus tard - je ne pouvais plus bouger -, on m’a fait une discographie laser. Là encore énormément de souffrance, peu ou pas de suivi post opératoire. Je devais réclamer auprès des médecins pour obtenir de quoi calmer mes douleurs. J’ai tenté des séances de kiné sans trop de succès (exercices difficiles à réaliser vu mon état physique. Séances inadaptées). J’ai alors vu un chirurgien orthopédique qui a conclu que : « je n’avais pas grand-chose, et qu’il fallait juste rééduquer mon dos ». Corset sur mesure à porter en permanence. J’ai arrêté au bout de trois semaines et 10kg de muscles en moins. Impossible de monter ou descendre un escalier, marche difficile, un zombie gorgé de douleurs. J’étais devenu une épave. Un handicapé. J’ai demandé de l’aide auprès d’un « centre antidouleur » qui m’a renvoyé chez moi en m’expliquant qu’ils prenaient en charge de vrais malades : SEP, Cancers etc…, mais pas une douleur lombaire.

J’ai alors commencé à me remuscler tout doucement et à faire de l’automédication (aspirine 1g le matin plus doliprane en fonction de la douleur dans la journée). Ainsi et avec une ceinture lombaire pour tenir debout, j’ai survécu quelques mois sans trop dormir, totalement déprimé. J’arrivais tout juste à travailler sans bouger. Puis je restais chez moi sans bouger, aucune activité possible.

Voilà comment on fabrique un lombalgique chronique !

Début 2015 j’ai rencontré le kiné Gilles Orgeret. Il m’a remis sur les rails. Exercices adaptées progressifs, exercices avec la colonne sous tension, étirements, exercices en piscine, mais surtout suivi de plus d’une heure deux fois par semaine. Des accessoires pour se soulager, comme les patchs à la lidocaïne ou l’usage de TENS anti-douleur (courants de basse fréquence). Des méthodes inventives : la musculation sous tension en piscine (élongation vertébrale active), les bandes élastiques façon « momie ». L’encouragement pour continuer à travailler malgré les difficultés. Tout faire pour rester le plus actif possible, et se remuscler. J’ai en parallèle repris la natation deux fois par semaine. Le travail est toujours en cours, et il me manque encore un suivi médical correct. Néanmoins je marche plus d’une heure, je peux me promener, aller faire de petites courses à pieds. Je monte et je descends des escaliers de taille raisonnable. Je ne suis pas encore sorti d’affaire, mais je sais que je suis sur la bonne voie.

Ma conclusion est qu'il manque une vraie prise en charge globale des patients lombalgiques, car je ne suis pas le seul à subir une telle épreuve. Nous sommes nombreux, bien trop nombreux. Tout traitement d’un patient souffrant du dos doit se faire avec un médecin, un kiné, de la rééducation, une prise en charge antidouleur, et un accompagnement constant dans le temps jusqu’à la guérison. Sans cela, Aucun acte médical technique isolé ne peut fonctionner, aucune prescription médicamenteuse ne sera suffisante.

Vous me pardonnerez d’avoir été un peu long, mais ma souffrance aussi l'est... un peu longue."

Vous souffrez des épaules !

, 14:34

Vos souffrez des épaules (rhumatisme, tendinopathie de la coiffe des rotateurs, tendinite d'épaule, hyperlaxité ligamentaire), voici quelques précautions indispensables à prendre au quotidien.

1/Manœuvre de décoaptation de la tête humérale :

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Légende :

Quotidiennement, une à deux fois par jour, épaule et coude détendus, balancez d’avant en arrière un sac rempli d’une charge de un-demi kilo (une boîte de conserve par exemple). Il ne s’agit pas de le secouer comme un panier à salade, mais d’imiter le balancier d’une horloge en un doux mouvement de va-et-vient, sur le côté ou légèrement en diagonale par rapport au tronc. Ce mouvement ne doit en aucun cas tirer douloureusement sur l’épaule.

2/Manœuvres d’évitement du conflit sous-acromial :

Lorsqu’une activité oblige à lever les bras en l’air, il ne faut jamais le faire en écartant les coudes. Tous les mouvements latéraux sont à risque pour les épaules, car ainsi on n’a pas de force. Ce sont les mouvements exécutés près du corps qui sont sans risque. Imaginez que vous êtes une figurine en plastique avec des épaules qui ne peuvent aller que d’avant en arrière, aux coudes bloqués en position fléchie. Pour les gestes à faire sur le côté, tournez-vous d’un bloc sur le côté, avec regard fixé sur la tâche à accomplir.

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Légende : d’abord je rapproche mes coudes de mon corps.
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Légende : ensuite je lève les bras comme sur la photo, puis j’exécute la tâche utile (je fais mes vitres, je cherche un livre sur un étagère, je prends un objet dans un placard, je suspends mon linge à un fil d’étendage, etc).
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Légende : enfin, quand j’ai fait ce que j’avais à faire bras levés, je les redescends obligatoirement en rapprochant les coudes du corps.

3/ Ouvrir ou fermer une porte.

NON !

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Légende : Mauvais geste ! Pour ouvrir ou fermer une porte, il faut que le coude soit près du corps.
Rappel : tout geste réalisé loin du corps est à risque pour l’épaule !

OUI !

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Légende : pour ouvrir une porte (ou saisir un objet un peu lourd), l’épaule lésée étant ici la droite bien entendu, il est utile de le faire en s’aidant de l’autre membre, la main gauche enserrant le poignet droit.

4/ Deux postures à éviter !

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Légende : Ces postures spontanément prises sans réfléchir pour soulager son dos ou ses jambes, sont néfastes pour une épaule fragile.

5/ Saisir une charge, la bonne méthode !

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Légende : dos droit, genoux fléchis, épaules en arrière, il faut d’abord rapprocher la charge de son corps, avant de la soulever en se redressant par poussée des jambes.

Conclusion.

Il n’est pas nécessaire d’attendre de souffrir des épaules pour les ménager, surtout si vous pratiquez un métier ou un sport qui les surmène. Adoptez dès à présent ces bonnes pratiques qui leur éviteront une usure prématurée, puis enseignez-les à vos enfants.

Lorsque le mal est tenace, difficile à soigner, et que vos activités vous amènent à beaucoup porter, il est également utile d’adopter au quotidien les « anneaux claviculaires » (précédent billet du jeudi 30 octobre 2014).

Quand on souffre du cou on a souvent également mal aux épaules, des difficultés à lever les bras. Les précautions ici présentées sont alors les bienvenues.

Intérêt de l’acupuncture comme technique d’appoint en kinésithérapie

, 06:48

Dans « Le quotidien du Médecin – N° 8867 – 1er décembre 2010 », le Docteur Nina Theysohn écrit : « Par étude I.R.M., il a été prouvé que l’activité des aires cérébrales impliquées dans la douleur, sont significativement atténuées par l’acupuncture. »
A l’Université de Californie, la stimulation d’un point d’acupuncture destiné à traiter les problèmes oculaires, a entraîné une activation de l’aire visuelle du cerveau. A l’université de Hong Kong, en stimulant un point d’acupuncture censé résoudre les problèmes de langage, ont été stimulées les aires cérébrales responsables de la parole. A Harvard, la stimulation d’un point traitant les nausées a activé la zone du cervelet correspondante.
Certains chercheurs évoquent une transmission de l’information acupuncturale au travers du réseau des fibres conjonctives qui relient tous les éléments de notre corps.

L’acupuncture est l’un des secteurs de la médecine chinoise. Science millénaire, puisque remontant à 3000 ans avant J.C., elle agit sur l’ « énergétique » corporelle. Pendant des centaines d’années elle a essentiellement eu une fonction préventive. Tellement que l’on cessait de payer son acupuncteur dès qu’on tombait malade.
L’énergie vitale parcourt le corps selon un trajet précis, au travers de voies invisibles appelées « méridiens », et ce durant 24 heures (cycle circadien), avant recommencement. La plupart du temps, l’acupuncteur utilise des aiguilles (à usage unique pour éviter toute contamination), et pique avec certains points de la peau, pour réguler l’énergie. Parfois il utilise des tiges de bambou. La moxibustion consiste à user de cônes de gingembre ou d’armoise, qu’on fait brûler (combustion comparable à la cigarette) pour stimuler les points.
On peut aussi masser les points (digipuncture). Cette méthode est employée depuis 1952.

Yin et yang sont les deux énergies du corps. Elles sont très différentes et s’affrontent en toutes choses. La matière est yin, l’activité est yang. L’énergie yang stimule les fonctions, le yin apaise. Pour chaque méridien l’énergie est yin à son départ, mais yang à son arrivée.

Nos activités au quotidien influencent grandement notre équilibre énergétique, en bien ou en mal :

  • L’automobile en ville épuise le Yin, et augmente dangereusement le yang.
  • La promenade en forêt tonifie le yin et vide le yang.
  • Le ski tonifie le yin, sans épuiser le yang. Il est bénéfique.
  • Le tennis vide l’excès de yang, mais épuise souvent le yin. Il n’est donc bénéfique qu’en cas d’excès de yang.
  • La course à pied tonifie yin et yang, elle est donc bénéfique.
  • La natation fait passer le yang dans le yin, et n’est donc bénéfique qu’en cas d’excès de yang.
  • Le judo tonifie le Yin au sol, épuise le yang debout.

Bien que l’acupuncture ait une action réflexogène, il ne faut pas la confondre avec : auriculothérapie, réflexologie podale ou endonasale, Bindegewebemassage, ou encore iridologie.

L’auriculothérapie telle que pratiquée en Europe, a été mise au point il y a une cinquantaine d’années, par un médecin Lyonnais : Paul Nier. L’oreille est une image du corps où se retrouvent tous les organes, appareils, articulations, à des points précis. Il y en a deux cents. Stimuler ces points par micro-courant ou aiguille, correspond à influencer la partie du corps en référence. Les aiguilles sont implantées de quinze à vingt minutes. Il existe aussi des aiguilles semi-permanentes. On les pose, puis elles tombent toutes seules. L’acupuncture traditionnelle reconnaît l’existence de points d’oreille, mais n’imagine pas traiter un patient uniquement de cette manière.
La réflexologie podale consiste à stimuler par friction manuelle, des zones précises du pied. La réflexologie endonasale use de cotons-tiges trempés dans des huiles essentielles, pour stimuler à l’intérieur du nez des zones précises en rapport avec les différentes parties du corps. Pour les repérer, chaque bâtonnet à une longueur différente, visant chacun un point précis.
Le Bindegewebemassage s’intéresse au dos qui est aussi une cartographie de tout le corps. Il traite par massages réflexes du bout des doigts sur cette zone corporelle.
L’iridologie n’est pas une réflexothérapie. Elle ne permet pas de soigner, mais de savoir instantanément en regardant l’iris de l’œil du patient, les maladies ou blessures physiques qu’il a subies durant sa vie, car elles s’y inscrivent. Ce sont principalement les homéopathes qui s’en servent pour affiner leur diagnostic, et décider de leur traitement.

Dans le domaine de la kinésithérapie, l’utilité de l’acupuncture est évidente pour aider à soulager douleurs aiguës ou chroniques (dos, sciatiques, névralgies, rhumatismes, migraines, dystrophies de croissance chez l’enfant, troubles psycho-émotionnels et fonctionnels).
Un kiné qui veut pratiquer l’acupuncture n’a pas droit aux aiguilles, à la différence d’un infirmier habilité à faire des piqûres. C’est pourquoi j’use pour ma part d’un Miniacusonic et d’un laser.
L’électropuncture a été initiée en 1825, par un médecin français, le chevalier Jean-Baptiste Sarlandière, qui a eu l’idée d’associer à l’acupuncture une nouveauté de l’époque : l’électricité.
La pointe émoussée de mon Miniacusonic, est reliée à un mini-galvanomètre qui indique la différence de potentiel au niveau du point électrodermique d’acupuncture de la peau. L’électropuncture peut tonifier, disperser, ou inverser la polarité des points traités. Elle chasse les ions positifs, enrichit les tissus d’ions négatifs, favorisant recalcification, cicatrisation, ou guérison.

L’apport d’électricité à travers les points d’acupuncture provoque également la libération de sérotonine et stimule les récepteurs de ce neurotransmetteur de la douleur dans la moelle épinière.

Le laser à infra-rouges que j’utilise aussi, envoie un rayon qui traverse la peau en profondeur, jusqu’à 4 cm, et donc stimule le point d’acupuncture. La longueur d’ondes d’un tel outil doit se situer entre 685 et 785 nm (namomètres). Je le réserve aux sujets réfractaires au courant (qui « pique » un peu), notamment aux enfants.
Les enfants scoliotiques sous corset, voient leur énergie vitale perturbée, le corset freinant l’énergie, notamment au niveau du « méridien ceinture ». Entre autres actions notables, l’électropuncture consolide le support de la colonne vertébrale, par relance de l’énergie au niveau du bassin.

Comment s'étirer le bas du dos et ménager son dos en se levant de son lit ?

, 07:32

S’étirer le bas du dos, quand il est fragile, souvent douloureux.

S’étirer d’un côté puis de l’autre dans l’encadrement d’une porte,
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et en se tournant vers l’arrière, trois-quatre fois de suite (plusieurs fois par jour).

Autre exercice pour le bas du dos : faire comme si on allait s’asseoir par terre en descendant les fesses le plus bas possible (trois fois de suite – plusieurs fois par jour). A pratiquer notamment lorsqu’on a été longtemps assis.
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Ménager son dos en se levant de son lit

Vos reins vous font souffrir (lombalgie, sciatique) ? Levez-vous de la manière décrite ci-dessous, et adoptez-la définitivement (même lorsque vous n’aurez plus mal), afin de ne pas vous bloquer le dos en vous levant :

Juste avant de vous lever, placez vos mains en haut des fesses (paumes tournées vers le matelas), puis décollez le bassin du lit de cinq centimètres environ, en le poussant avec vos mains. Faites ensuite des tout petits mouvements de bassin, d’abord latéraux, puis d’avant en arrière (une dizaine de fois).
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Ensuite :


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pliez les genoux, tournez-vous sur le côté,
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puis :

Passez en position assise au bord du lit...
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Normalement, si on se conforme à ce que les ergonomes préconisent, il suffirait maintenant de vous lever..., comme sur la photo suivante. Pourtant non !


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NON !!! Ne pas agir ainsi. C’est une très mauvaise idée ! Ainsi, le bas de votre dos qui s’est aplati lorsque vous étiez couché, va brusquement se creuser lorsque vous allez vous lever, et peut faire mal ou se coincer carrément (incident de dérouillage).

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OUI ! Sans vous arrêter, continuez le mouvement en vous tournant face au lit, et en posant les mains dessus. Ensuite seulement redressez-vous lentement en poussant avec les mains, et en « écoutant » vos lombaires.

Nota : Si votre lit est bas, mettez vous à genoux, puis redressez un genou (position du chevalier servant), avant de vous remettre debout.

En cas d’épaule douloureuse, de mal au cou, optez pour les « anneaux claviculaires »

, 10:35

Indépendamment des séances de rééducation pratiquées, les patients souffrant des épaules pour tendinites (tendinopathie de la coiffe des rotateurs, du long biceps), ont la nécessité de prendre certaines précautions, comme d’éviter certains gestes à risque, s’ils ne veulent pas aggraver leur problème (recherche des « voies de passage », mouvements pendulaires, renforcement isocinétique de la musculature). Ceux qui souffrent du cou également. Il faut savoir qu’épaules et cou sont intimement liés.

Quant on porte une charge trop lourde par exemple, c’est d’abord le cou qui fait mal, bien avant les épaules. Aussi le kiné doit-il s’occuper de la zone rachidienne cervico-thoracique, avant même de toucher à l’épaule. Tout cela est lié, il y a relation de proximité.

La rééducation de l’épaule dégénérative fera l’objet d’un prochain billet, nous n’entrerons donc pas ici dans le détail.

Il se trouve que lorsqu’on souffre d’une ou des deux épaules, bon nombre de gestes « font mal », et nous handicapent au quotidien, car il est impossible de prendre le temps d’analyser chaque geste précisément avant de le réaliser. La pratique de certaines activités est à haut risque d’aggravation : jardinage, ménage, conduite régulière de certains engins (moto, bus ou taxi), métier d’aide soignante, manipulateur radio, soigneur d’animaux, métiers de la restauration, du bâtiment, déménageur, manutentionnaire, etc.

De la même manière que lorsqu’on souffre du dos on porte une ceinture, le sanglage proposé ici est une « astuce » fort efficace pour pouvoir continuer à vivre normalement sans avoir mal au cou ou aux épaules en s’activant.

Il s’agit des « anneaux claviculaires » qui servent habituellement en cas de fracture de la clavicule, et dont j’ai élargi l’usage.

Durant les activités risquant de surmener vos épaules protégez-vous ainsi :

Se munir d’un tissu solide mais souple, ici il s’agit de Jersey coton, largeur 10 cm.

Photo 1 : passer les deux bouts du jersey en boucle par dessus la partie du jersey placée sur la nuque.
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Photo 2 : le jersey doit être mis bien à plat sur les épaules, il ne doit pas rouler. Ensuite, bien tirer les deux bouts du jersey vers le bas pour abaisser les épaules, d’autant que se produit un certain relâchement du tissu après. Faire un nœud de chaque côté.
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Photo 4 : bon placement des épaules.
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Nota :

Il existe également sur le marché pour moins de cinquante euros, bon nombre d’anneaux claviculaires faciles à enfiler tout seul : exemples : Pour adultes « blocage claviculaire Gibortho » de Gibaud, et pour vos juniors : « Ligaflex Junior » de Thuasne (voir sur internet).

Mal de dos chronique, l’absolue nécessité de traiter les « Trigger points »

, 12:27

La plupart des zones du système nerveux central sont impliquées dans le processus des douleurs, quelles qu’elles soient, et ne lui sont pas spécifiques, répondant à d’autres stimulations. Ainsi n’est-il jamais aisé de définir la cause exacte d’une douleur.
En ce qui concerne le mal de dos chronique commun, la véritable cause n’est connue que dans 5 % des cas. Par ailleurs il a été démontré que le psychique est autant affecté que le physique. Alors comment oser prétendre savoir le soigner efficacement ? Pas un mois cependant sans qu’un magazine de la presse grand public ne publie un article ventant des méthodes novatrices, ou beaucoup moins comme Ostéopathie et Chiropraxie, qui sont des médecines manuelles centenaires. Ces dernières donnent d’excellents résultats sur le court terme, et ont le tort d’avoir pour effet pervers de rendre le patient traité chronique et dépendant *.

En matière de méthode soi-disant novatrice, révolutionnaire, il y a eu dernièrement le traitement par « pace-maker lombaire » qui a fait l’objet d’un précédent billet dans ce blog. Pourquoi traité-je cette méthode de « soi-disant novatrice » ? Parce qu’il existe déjà depuis longtemps la « stimulation cordonale », la différence étant dans les zones stimulées électriquement. Dans le pace-maker lombaire on stimule la musculature, dans la stimulation cordonale, la périphérie de la moelle épinière.

Hélas les chiffres sont là, constants, troublants, au lieu de diminuer, ce mal a tendance à augmenter d’année en année. Il est la première cause mondiale d’arrêt de travail.

Trigger points (points gâchette), explication.

C’est la lecture d’un article dans Rhumatologie Pratique, la revue des médecins Rhumatologues, « Traitement des lombalgies chroniques : aurions-nous tout faux ? » D.-J.B. Septembre 2012 : N° 296, qui a agi en moi comme un déclic.
Il disait :
« …/… Les lombalgies sont liées en grande partie à l’incapacité des muscles de se relaxer, tout en permettant une hyperactivité des autres muscles du tronc parfois hypertrophiés de ce fait. ». De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qui est constamment dur, contracté, chez celui qui souffre de manière chronique du dos ? Que ce soit du bas ou du haut d’ailleurs. Cette sensation gênante fait parfois dire au patient : « la douleur aiguë n’est plus là, je vais beaucoup mieux. Je bouge normalement, mais je sens bien qu’il reste de petits points de tension dans mes muscles là où j’ai eu très mal. Et si je fais un « aux mouvement », un mouvement un peu brusque, je sais que je vais me bloquer de nouveau ! ».

Les « Trigger points » ou en Français « points gâchette », sont des sortes de tout petits nœuds durs, permanents, présents dans la musculature. Travell les a évoqués dans les années 50, et a cartographié tout le corps (voir sur Internet), avec quelques oublis néanmoins, il en existe une flopée. Quand on appuie sur ces points douloureux, on provoque l’irradiation ressentie lors des crises, ou parfois de longs trajets douloureux incompréhensibles. Ainsi, en appuyant sur le trapèze (muscle en relief entre cou et épaules), peut-on parfois susciter un fulgurant trajet douloureux ascendant, soit jusque au dessus de l’œil, soit jusque sur le bord latéral de la mâchoire du même côté, soit descendant vers le milieu du dos.

Il existe des théories pour les expliquer mais aucune certitude, et sans traitement approprié la personne en a de plus en plus. Elle ne « s’en sort pas ! ».

Très peu de professionnels de santé font de leur éradication, une priorité absolue.

Il existe des méthodes aux résultats inconstants :

- On peut masser fortement le point (avec le doigt ou un petit objet dur non traumatisant pour les tissus).
- En Ostéopathie on pratique la « mise en aisance ».
- On peut traiter par un froid intense localisé (cryothérapie).
- Faire du « dry needling », en piquant avec une aiguille d’acupuncture à usage unique.
- Le médecin peut pratiquer une infiltration.

Critique :
Le massage n’est efficace que s’il obéit à un protocole précis, tel que décrit ci-après. En Ostéopathie, le massage du point relève de la caresse. Insuffisant ! Piquer comme infiltrer, ont un effet positif, mais tout transitoire (quelques jours).

Traitement normotensif des Trigger points.

Voilà ma méthode.

Le thérapeute et le patient repèrent ensemble les points par pression très forte. Il est évident que lorsqu’on appuie fort quelque part sur le corps cela fait toujours mal, mais dès qu’on est sur un « trigger », c’est « exquis », fulgurant. On ne confond jamais !
En général, on en trouve une douzaine, ou plus. Sachant qu’il faudra les traiter tous. Chaque point nécessite environ une minute de traitement.

- Pour la zone lombaire, le sujet est en ventral, la jambe du côté à traiter en dehors de la table, reposant sur le genou du thérapeute qui est assis à côté (position de détente des muscles pelvitrochantériens).
- Pour le cou, l’épaule, le sujet est assis devant son thérapeute, lui-même assis.
- Pour les points de membre inférieur : position assise du patient en bord de table, pied ne touchant pas le sol.
- Pour le membre supérieur : sujet assis, détendu.

Le sujet doit se détendre en soufflant bien durant la séance bien que la pression soit très forte, très douloureuse, et de préférence légèrement vibrée (toucher déclenchant).

Le « test d’aggravation ».

S’il traite les lombaires, le thérapeute appuie très fort sur le point, et demande au patient si le point lui fait plus mal en flexion, ou en extension de hanche. Le thérapeute positionne ensuite le segment cuisse dans le sens où la douleur est la moins forte, et pose le genou du patient sur ses cuisses.
Pour le cou et la zone entre les omoplates, le patient tourne le tronc d’un côté puis de l’autre.
Pour les membres, l’articulation la plus proche est bougée en flexion-extension, et rotation (si l’articulation le permet). Tirer aussi en rotation axiale sur les segments de membres.

La « voie de passage ».

Patient détendu, il se laisse entièrement faire, ne contracte pas ses muscles, c’est le thérapeute qui la recherche.
Le thérapeute appuie très fortement sur le point en cherchant le positionnement qui permet un perception bien précise : sous le doigt, le Trigger s’amollit soudainement, il devient moins dur. Dès que l’opérateur à trouvé « sa voie », il y reste, ne change plus la position.

- Au niveau lombaire, avec la main qui n’appuie pas sur le Trigger, l’opérateur tire l’aile iliaque (l’os latéral du bassin) vers le bas et en dehors.
- Pour la zone dorsale (zone des omoplates, à partir de la première vertèbre dorsale), il joue sur de très légères rotations du tronc.
- Pour les Trigger du cou (segment supérieur), le thérapeute, toujours derrière son patient, appuie sur les deux côtés du cou en même temps, en légère traction de la tête (en la tirant ver le haut) sans jamais aucune rotation axiale.
- Pour les membres il tourne le segment de membre concerné sur son axe longitudinal.

L’«effet motte de beurre ».

Soudain, après une minute environ, le point ne fait plus mal du tout, et le doigt du thérapeute s’enfonce un peu comme dans du beurre, sur un ou deux millimètres, pas plus.

Nombre des séances :

Deux fois par semaine au début, puis une fois. Les bienfaits sont ressentis dès la première ou la deuxième séance. Ensuite, il faudra peut-être dix, vingt, trente séances. Mais comme le traitement est sans risque, on peut le renouveler à volonté, et le patient trouve lui même souvent entre deux séances, de nouveaux points à traiter.

Conclusion :

Il est évident que pour soigner un mal de dos chronique, ce traitement à lui seul ne suffit pas. Les livres que j’ai écrit sur le sujet, ainsi que de nombreux billets sur ce blog, en témoignent, et vous donneront l’indispensable complément d’informations. Seulement il doit être systématiquement entrepris, à chaque séance, et donne des résultats remarquables.

  • Estrade J-L. Mais qu’est-ce qui marche dans les sciatiques ? Kinésithérapie Rev. 2007 ; (72) : 4-14.

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