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Mot-clé - bronchiolite

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Rééducation cardio-pulmonaire.

, 06:29

(suite du billet : Les programmes rééducatifs habituels, propres à chaque catégorie de maladie, en huit billets successifs.)

Dans ce domaine le désencombrement bronchique prime. Il est parfois vital. En fait c’est même la seule urgence kiné officiellement reconnue. Viennent ensuite la réadaptation et le réentraînement à l’effort ainsi que les assouplissements (les patients sont raides), pour générer plus d’activités physiques dans la vie quotidienne. La pathologie respiratoire est plus supportable qu’un déficit moteur ou articulaire, car même réduite de moitié, la ventilation restante suffit à assumer la plupart des occupations quotidiennes, si l’on évite les activités qui fatiguent ou essoufflent.
Dès qu’un sujet est déjà affaibli, si ses défenses naturelles sont diminuées depuis longtemps (SIDA, tuberculose), il risque de voir son état de santé se dégrader rapidement si l’appareil cardio-pulmonaire n’est pas rééduqué rapidement (jusqu’à défaillance ou détresse cardio-respiratoire) S’il est encombré, qu’il a du mal à cracher, le processus d’oxygénation du sang se trouve perturbé (hypercapnie). De plus, des sécrétions stagnantes favorisent l’infection microbienne. Une prescription de rééducation s’impose aussi dans le cas d’une broncho-pneumopathie aiguë ou chronique chez l’adulte ou l’enfant, incapables de se défendre seuls, en spécialité de : neurologie, traumatologie, pédiatrie, après chirurgie cardiaque ou abdominale, ou pour traiter certaines déformations enraidissantes du thorax (scoliose ou cyphose grave).

Les techniques de ventilation localisée à type d’accélération du flux expiratoire, de mobilisation thoracique ou d’expansion dirigée abdomino-diaphragmatique, sont variées. Le kinésithérapeute place ses mains sur une zone du thorax, puis le sujet, en inspirant, doit les repousser, par séries de dix à vingt mouvements. Ensuite le soignant met une main frénatrice sur l’abdomen, le patient inspire en gonflant le ventre et expire en le rentrant.
Il existe maintenant des exerciseurs volumétriques qui permettent de travailler seul (Respiflo VS 5000), très utiles en complément d’une séance de rééducation respiratoire. Ils ne doivent cependant pas systématiquement la remplacer. Parfois un cas de conscience se profile quand un médecin prescrit explicitement du «clapping ». Il y tient. Ca arrive encore. Ces tapes inamicales portées contre un pauvre thorax qui ne vous a rien fait de mal, ne sont plus d’actualités. Elles se sont révélées peu efficaces. Leur seul avantage est de stimuler un sujet un peu récalcitrant. Obéir à la prescription médicale ou non ? That is the question !
La rééducation vise essentiellement les coronariens non opérés ou opérés, les convalescents après chirurgie cardiaque, les artériopathies des membres inférieurs. Dans le traitement de l’infarctus, la réadaptation cardio-vasculaire a radicalement changé son fusil d’épaule. Fini le repos strict au lit, la réadaptation à l’effort est précoce, et progressive. Elle a pour principe un retour accéléré à une vie sociale et professionnelle normales. Exercices respiratoires, augmentation progressive du périmètre de marche, escaliers, séances de gymnastique en groupe, renforcement musculaire, travail sur bicyclette ergométrique et tapis roulant, sont préconisés.
La rééducation respiratoire après chirurgie cardiaque tient une place prépondérante. Ensuite la correction de la cardiopathie en elle-même autorise une vie normale, ainsi que bon nombre d’activités sportives telles que : marche rapide, aquagym, gymnastique (cyclorameur, step, tapis roulant, élastogym) ski nordique, tennis de table, équitation (pas de parcours d’obstacles), tir à l’arc, gymnastique.
es méthodes de relaxation (sophrologie, yoga, zen shiatsu), sont très utiles pour la gestion du stress.
La rééducation influence grandement le pronostic de la maladie coronarienne avec diminution notable de la mortalité à long terme, ce qui implique qu’un MK qui ne fait pas son boulot condamne son patient à une mort prématurée !

Bronchiolite :
Chaque année, en France, de 500000 à 700000 bambins en souffrent. Pour autant doit-on parler d’épidémie, alors que dans les autres pays ce n’est pas le cas ? Le battage médiatique ne crée t-il pas un mouvement de panique générale qui engorge à l’excès les services pédiatriques ? Il y a pourtant en Angleterre et en Allemagne les mêmes nez qui coulent, les mêmes sibilants et râles bronchitiques, mais les parents sont sans doute mieux éduqués. Ils savent mieux moucher leurs mouflets, et ne font pas systématiquement le siège des services d’Urgences des Hôpitaux, à la moindre croûte qui colle aux narines.
La fièvre est une défense naturelle du corps à laquelle bébé doit s’habituer, la morve aussi, de même doit-il également apprendre à se combattre les virus. Le mouche-bébé est un outil précieux propre à déboucher bien des tuyauteries naturelles, sans qu’il soit besoin d’avoir systématiquement recours à une agressive broncho-aspiration. Les parents français doivent être mieux éduqués, et de manière systématique, à la prise en charge de leur bambin. D’autant que la kinésithérapie n’a pas prouvé son réel intérêt dans le cas de la bronchiolite du nouveau-né (j’ai écrit un billet argumenté sur le sujet).

Prochain billet : rééducation à visée esthétique.

Nouvelle polémique sur la bronchiolite

, 06:19

« Il n’y a pas d’événement, il n’y a que des interprétations ! », disait Nietsche.
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Photo : Hayatın İçinden

Dans le magazine « L’Express » du 12 décembre 2012, en page 42, dans un encadré, les bienfaits de la kinésithérapie respiratoire, très fréquemment prescrite aux nourrissons, est « encore » mise à mal. Pourquoi ce mot : « encore » ? Parce que dans un précédent billet du 31 mars 2012, rubrique « billets censurés », je citais ici, dans ce blog, trois études internationales déconseillant déjà l’usage de cette pratique qui « n’accélèrerait pas la guérison ».
La revue médicale « Prescrire » qui est la source de cette nouvelle information, provoque donc encore la polémique.
Pour les nombreux confrères défenseurs de ce geste thérapeutique qui voudraient continuer à le pratiquer, il y a urgence à pratiquer ne serait-ce qu’une étude sérieuse prouvant son efficacité. La revue précise que les résultats étayant cette thèse ont été obtenus sur des enfants hospitalisés, donc gravement atteints. Ce qui la rend crédible. Car lorsqu’un enfant est peu gravement atteint, cela ne devient qu’un soin de confort, voire du placebo. La Sécurité Sociale peut-elle encore se permettre de rembourser des dizaines de milliers d’actes au résultat aléatoire ? Je n’en connais pas le chiffre, mais en période d’épidémie c’est colossal.

Mon avis :
Le problème de la kinésithérapie est que nous-nous devons de ne pratiquer que des méthodes validées scientifiquement. C’est un carcan qui ne pèse pas sur les épaules de l’Ostéopathie, par exemple (parce qu’elle n’est pas remboursée), bien qu’efficace à plus d’un titre. Auparavant et durant des décennies, le MK n’était pas tenu de justifier du choix de ses méthodes. Dans un précédent billet du 1er juin 2012 : « De la difficile validation scientifique », je précisais que l’Agence Nationale de l’Accréditation et de l’Evaluation en Santé (ANAES), est chargée d’évaluer et de valider les outils kinésithérapiques. Pour être validée et mériter une reconnaissance nationale ainsi qu’une large diffusion, une méthode de soins doit « absolument » se plier à un formatage défini par le standard nommé IMRAD. Celle qui ne passe pas sous ces fourches caudines, est écartée. Or la validation pèche souvent dans sa méthodologie, ou alors comment expliquer qu’une multitude de méthodes ont été validées puis condamnées, quelques années après ? Citons : la méthode Klapp, la pouliethérapie, les tractions vertébrales, la méthode Williams de renforcement musculaire, les courants de haute fréquence (diathermie, radar). Un « standard incontournable » en rééducation neurologique également : la méthode Bobath, a également du plomb dans l’aile.

Il est urgent de réviser ces normes IMRAD ! Ainsi que l’enseignement en kinésithérapie, périmé, car datant de 1986.

Il en est de même pour les médicaments qui sont mis sur le marché, puis retirés. On a tous en mémoire l’affaire du « Médiator », aujourd’hui les statines, condamnées par le Professeur Philippe Even ; ainsi que son livre « Le guide des médicaments », un pavé dans la mare, co-écrit avec le Professeur Bernard Debré.

Alors notre métier est-il scientifique ? Peut-on tout prouver ? Clairement non ! Et c’est aussi le cas de la médecine. Gageons qu’aucune étude rigoureuse ne pourra jamais analyser précisément les mécanismes neurophysiologiques complexes permettant d’expliquer les bienfaits réels de la rééducation. La certitude scientifique n’existe pas.

Trop de science tue la science (rappel) !!!

La kinésithérapie est-elle efficace dans le traitement de la bronchiolite du nouveau-né ?

, 06:14

Inauguration aujourd'hui d'une nouvelle catégorie : emo15.gifBillets censurésemo15.gif.

Vous y seront présentés régulièrement des textes à contenu "politiquement peu correct" ou franchement polémique !emo15.gif

La kinésithérapie est-elle efficace dans le traitement de la bronchiolite du nouveau-né ? Réponse : NON !!!

Les résultats d’une première étude datant de 2007 (1) concluent : « A ce jour, malgré quelques tentatives, aucune étude n’a démontré le bénéfice des techniques de kinésithérapie respiratoire dans la bronchiolite ! »

Un deuxième article paru dans Panorama du Médecin (2) conclue : « A l’encontre de ce que l’on pouvait attendre, le délai de guérison est identique dans le groupe d’enfants sous aspiration nasale seule par rapport à celui ajoutant la kinésithérapie ! ».

Un troisième article (3), très récent conclue : « La kinésithérapie traditionnelle n’a pas fait les preuves de son efficacité …/… En conclusion les nourrissons hospitalisés pour bronchiolite ne tirent pas un bénéfice évident de ce traitement !».

Alors pourquoi l’Assurance-Maladie devrait-elle continuer à rembourser des soins inefficaces ?

Bibliographie :

1 - Beauvois E, Fouré H, Gouilly P, Reychel G. Kinésithérapie dans la bronchiolite : doute raisonné ou raison de douter ? Kinésithérapie la revue 2007 ;(63) :51-2.
2 – Bailly C. Bronchiolite aiguë. La kinésithérapie est-elle réellement efficace ? Panorama du Médecin. 19 octobre 2009. N° 5159.
3 - Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62.