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La vertèbre déplacée... un vilain mensonge qui perdure !

, 06:27

Vous souffrez d'une sciatique, d'un lumbago, de cervicalgies (mal au cou), de dorsalgies ? Alors il faut qu'un magicien « vous remette en place » la méchante vertèbre causale devenue subitement baladeuse !
En effet bon nombre d'ostéopathes ou de chiropracteurs propagent encore sans vergogne un tel mensonge. La manipulation, bien sonore, craquante, qui en découle, témoigne de cette « magnifique » réussite. Mais si manipulation il y a bien, elle est surtout mentale. Le patient a été berné, car si une vertèbre se déplace soudain, on se retrouve au bloc opératoire et non chez l'Ostéo. Ce phénomène blesse gravement les racines des nerfs émergeant à chaque vertébral ou bien la moelle épinière, ce qui provoque une paralysie transitoire ou définitive.

Le blocage vertébral segmentaire, bien réel, relève en fait d'un problème musculaire d'origine mécanique, psychologique, ou bien d'un défaut de commande centrale cérébrale.

Faire craquer une articulation pour la remettre (soi-disant) en place figure depuis la nuit des temps dans l'imaginaire collectif comme un geste magique. Au début seuls les rebouteux y avaient recours Puis Andrew Taylor Still, inventeur de l'Ostéopathie et formé lui-même au reboutement, en a fait un acte admissible car pseudo-scientifique. Daniel David Palmer, inventeur de la chiropraxie place le craquement au centre de tous ses soins, évoquant « un ajustement chiropractique visant à réduire une subluxation ».

Même sans avoir recours à une manipulation, tout-un chacun a mainte fois dans sa vie fait l'expérience de craquements indolores survenant à l'improviste. On a subitement l'épaule qui craque lors d'un mouvement un peu ample. Sinon c'est la hanche en se penchant en avant. Le genou peut aussi parfois « manquer d'huile » et grincer à la marche. Les bruits articulaires non traumatiques témoignent de frottements tendineux méniscaux ou articulaires, alors que les craquements post-traumatiques (choc, blessure sportive, mouvement trop ample) s'accompagnent d'une intense douleur, d'un gonflement et d'une impotence fonctionnelle (impossibilité soudaine de se servir de cette articulation). Ils sont le fait d'une entorse ligamentaire ou d'une déchirure musculaire.
Le craquement bien audible lors d'une manipulation vertébrale témoigne de l'effet de « cavitation ». Cela ne veut en aucun cas dire qu'une vertèbre a été remise en place mais qu'elle a été bien ou mal… manipulée. Les gaz dissous dans l'articulation se libèrent brutalement et font du bruit. Le volume de gaz contenu dans une articulation est de 15 %.

Le craquement restaure-t-il durablement la mobilité articulaire ?

Ce gain de mobilité est très temporaire.Il a été scientifiquement étudié et dure MOINS DE TRENTE MINUTES ! Est-on pour autant guéri ? Non.

Une étude de l'INSERM de 2011, conclut que la manipulation chiropractique n'est pas plus efficace que médicaments ou kinésithérapie (privilégier la méthode McKenzie), acupuncture. Quant aux risques des manipulations du cou, il est si élevé (dissection vertébrale) que sa pratique est interdite aux non-médecins. L'otéopathe, le chiropracteur, qui vous manipule le cou, le fait donc en contravention avec la loi.
Mais dites-moi chère lectrice ou lecteur, vous qui avez forcément vu des films de guerre, la manière de briser la nuque d'un guetteur ennemi pour se rapprocher d'une redoute à conquérir, ne consiste-t-elle pas en un violent mouvement semblable à celui de la manipulation cervicale ? Le risque en vaut-il alors la chandelle ? Le capitaine d'une caserne de pompiers me disait qu'il lui arrivait quatre à cinq fois l'an, d'emmener d'urgence un patient « manipulé » à l'Hôpital, parce qu'il ne pouvait plus se relever de la table de soins. Multipliez ce chiffre par le nombre de casernes et vous aurez des sueurs froides dans le dos.

Le mal de dos est un phénomène complexe qui ne ne résume pas à un problème purement local. Il a mainte fois été traité au travers de billets dans ce blog. Je vous en recommande la lecture.

  • Pierre Trudelle. Beaucoup de bruit autour du bruit articulaire . Kinésithérapie, les cahier N° 29-30 – Mai-juin2004 : p. 76-80.

Brodeur R. The audible release associated with jooint manipulation.J manipulative physio ther 1995 ; 18 : 155-64. Watson P, Hamilton A, Mollan RAB. A case of habitual joint cracking leading the radiological damage. BMJ

Bien choisir sa chaussure de sport !

, 06:34

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Mercredi 31 mai j’écoutais la radio très tôt le matin, et ce qu’ont dit deux prétendus spécialistes relativement au bon choix de la chaussure de sport m’a interloqué.
Je cite quelques couillonnades:

  • - La marche avec bâtons ne sert à rien.
  • - Si on a mal aux genoux, la course n’est pas aggravante.
  • - A la course, l’attaque par l’avant-pied est préférable.
  • - Depuis qu’existe le talon renforcé c’est bien, mais l’amorti est aboli en six semaines d’utilisation régulière. Il faut alors racheter une autre paire.

Mes réponses critiques :

  • - Relativement à “la marche avec bâtons“, notre coach sportif Gilles précise: “Elle peut être comparée au ski de fond. Les bâtons favorisent la PROPULSION. C‘est un bienfait pour le corps, mais il faut avoir des bras solides. Tous les muscles travaillent (bon pour le dos). A chaque fois qu’on s‘aide avec les bâtons, c’est moins de contraintes pour les jambes!“
  • - La course par contre surmène les genoux en mauvais état au moment de l’impact du pied avec le sol. Cela les secoue fortement, surtout en terrain inégal.

Dans cette émission de radio, pas un seul instant les intervenants n’ont évoqué la notion essentielle évoquée ci-dessous:
A la course, trois types de pied :

  • -Le pied universel qui se caractérise par une pronation quasi-nulle lors de l’attaque du talon (déroulement de votre pied vers l'intérieur pour répartir les chocs produits par le contact avec le sol).
  • -Le pied hyper-pronateur dont le basculement vers l‘intérieur de l‘arrière-pied-cheville dépasse 3° lors de la phase d’appui.
  • -Le pied supinateur qui tourne vers l’extérieur lors de la phase d’appui.



Or la pronation active atténue l’impact des forces de choc sur le talon. Il faut également préciser que la pronation dépend des mouvement de torsion entre avant et arrière-pied. Ainsi une chaussure qui entrave ce mouvement fait courir un risque de lésion.
Lors de la course, le bord externe du pied a une fonction équilibrante, alors que la région antérieure amortit. Il faut donc une bonne souplesse de la chaussure pour que le pied s’adapte convenablement au terrain.

L’amortissement prétendument apporté par la semelle anti-chocs: de l‘enfumage !

Lors de l’attaque du sol par l’arrière-pied, il y a d’abord une phase d’impact du talon au sol et cette force a été rendue responsable de bien des maux (tendinites, problèmes articulaires, maux de dos). Alors les fabriquants de chaussures on proposé des semelles dites “semelles de sport amortisseur de chocs“, ou “semelles sport anti-chocs“, très prisées encore de nos jours. Une réussite commerciale basée sur du vent, car malheureusement ces semelles sont trop épaisses et molles. Du coup elles modifient les forces externes s’exerçant sur les structures internes du pied, sans modifier le pic d’impact lors de l’attaque au sol. Il y a donc un changement de répartition des charges dans le sens d’une PERTE D‘ENERGIE et non dans celui d’un EFFET AMORTISSEUR.

De plus une semellle épaisse et molle contribue à déstabiliser l’arrière-pied lors de la pronation du pied. Inversement une semelle plus dure absorbe certes moins les chocs mais permet un meilleur contrôle de cette pronation. Elle induit donc une moindre perte d’énergie.
La géométrie de la chaussure apporte plus que l’épaisseur d’une semelle ou que son caractère soi-disant absorbant.
L’idéal serait de proposer des semelles à “densité diférenciée“, plus absorbantes vers l’extérieur et plus fermes vers le bord postéro-interne.

Quelle chaussure pour quel pied :

  • La chaussure utilisée pour un sport particulier ne doit servir que pour ce sport. Ne pas utiliser la même paire à la ville ou dans la pratique d‘autres sports.
  • Acheter ses chaussures après avoit bien marché. Ainsi le pied aura gonflé et sera comme après une heure de pratique sportive.
  • Choisir un modèle à semelle extérieure pas trop dure. Un test simple: prise à deux mains, il faut pouvoir un peu tordre la chaussure.
  • La partie avant doit être suffisamment large. C’est à dire qu’il faut laisser un centimètre entre le gros orteil et le bout de la chaussure.
  • Pas de couture intérieure qui risque de blesser.
  • Le laçage est important. Le velcros ne s’adapte pas au pied qui s‘échauffe. Il ne se distend pas. A bannir! Opter pour le lacet.

Conclusion :

La bonne chaussure doit pouvoir s’adapter au pied et non le contraire. Les chaussures standard vendues par centaines de milliers ne peuvent donc jamais représenter le top.
Consulté, un kiné-posturologue ou un podologue-posturologue observera l’usure de vos chaussures ainsi que le comportement de votre corps: debout immobile (colonne, genoux, symétrie des épaules orientation du bassin), votre démarche, votre manière de courir, avant de vous conseiller.

Eventuellement le podologue confectionnera des semelles corrective. En effet la semelle amovible standard vendue avec la chaussure doit souvent être remplacée par du sur-mesure.

J’ai mal au genou, je fais quoi ?

, 16:47

Ce billet présente les principes de base en ce qui concerne les affections les plus communes (genou dégénératif, arthrose, tendinite).

Boris Dolto disait que le genou est une articulation soumise à deux maîtres : hanche et pied. Si on ne se soigne que le genou alors que cheville ou hanche est déjà fragile, bien que « muette », n'exprimant pas son mal, on a tout faux. Il faut également suspecter le dos. Une cruralgie par exemple peut se manifester par une douleur élective au genou.

Plus généralement, toute mauvaise posture peut l'affliger. Faites cette petite expérience pour vous en convaincre : en position debout, membres inférieurs joints, déportez légèrement la tête vers l'avant. Aussitôt la pression sur les genoux augmente. Si on se tient mal, si on est voûté, de travers, c'est ce qui se passe !

Autant un franc surpoids chronique ne pose pas de réel problème en ce qui concerne le dos - on a exagéré le phénomène, le centre de gravité du corps étant abaissé on est stable - autant c’est insupportable sur le long terme pour les genoux qui « trinquent ».

Autres constats :

Le ski met le genou à rude épreuve (entorse, risques de rupture du ligament croisé antérieur).
Genou fragile, il faut éviter les sports violents, à sauts répétés, ou a risque de chute : rugby, foot, basket, judo, équitation.
Au besoin, avant d'aller au sport, porter une genouillère en guise de protection.
Dans les activités de la vie quotidienne ne pas se mettre à genoux. Assis, ne pas les croiser. Pas d’accroupissements. Opter pour la position du chevalier servant : le genou douloureux au sol et en se relevant avec le bon genou et avec franche poussée des mains sur la cuisse.
Les douleurs ne passeront pas seulement aux antalgiques. Le froid soulage (poche de glace, cold pack) très provisoirement, surtout après un traumatisme (chute, entorse, choc) et dans la demi-heure qui suit pour limiter saignement interne et gonflement (après, ça ne sert plus à rien). Éviter le chaud.
La viscosupplémentation est une excellente solution pour le genou arthrosique. Le liquide synovial ne jouant plus son rôle lubrifiant et protecteur, on injecte un gel qui va relancer la fabrication de hyaluronane (acide hyaluronique).
Le chaussage influence les genoux. De hauts talons le maintiennent en légère flexion (favorisant le flessum), ce qui n'est pas bon sur le long terme, et ce d'autant si on a déjà du mal à le tendre complètement.
Dans le cas d’une atteinte du ménisque interne, le port de semelles valgisantes vise à décomprimer le compartiment interne et prévient une aggravation arthrosique. Pour toute atteinte du membre inférieur et afin de faciliter le retour veineux, surélever le pied de son lit avec des cales (10 cm). En fait, nous devrions tous le faire.

Photos

Exemple choisi : atteinte rhumatismale dégénérative du genou droit.
Aucun exercice présenté ici ne doit faire mal. Sinon c'est qu'il est mal réalisé. Mieux vaut l'abandonner.

Photo 1
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Si une genouillère est prescrite, la choisir fenêtrée (avec un trou pour la rotule). Ne jamais la porter la nuit. Les genouillères avec armatures gênent à la marche et la souffrance localisée au genou risque de se reporter ailleurs (mal du dos par exemple).
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Assis : garder le genou tendu (en extension). Fléchi, il souffre. Dans cette position et de temps en temps, faire rouler sa jambe de droite à gauche en appui talon, pour détendre la musculature.
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Pour se mettre debout après avoir été assis : tourner les fesses du côté du genou qui souffre (ici tourner vers la droite), puis exercer une poussée uniquement avec l'autre jambe pour se relever.
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Étirement en va et vient de la musculature postérieure du membre inférieur (ici le droit), l'une des priorités étant d'éviter le flessum. Un genou qui souffre a tendance à rester en permanence un peu plié, ce qui le malmène et provoque un déséquilibre du corps, à risque de chute sur le long terme. Plier puis tendre lentement et plusieurs fois la jambe. Il faut sentir que « ça tire » dans le mollet et derrière le genou. A pratiquer tous les jours, plusieurs fois.
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Exemple d'exercice pour renforcer les muscles de la cuisse, autre priorité pour un genou déficient. Se tenir ainsi sans bouger pendant plusieurs minutes, tout-en lisant un courrier papier ou ses sms par exemple. La posture ne doit pas provoquer de douleur dans le genou. A cette fin le plier plus ou moins jusqu'à trouver la bonne position. A pratiquer plusieurs fois par jour.

Photos six et sept, chez le kiné , pour renforcer le quadriceps :
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MAUVAIS EXERCICE !
A ne pas faire, car ainsi le genou souffre. Il se produit un effet « rabot » dévastateur pour la rotule.
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BON EXERCICE !
Ainsi, le genou ne souffre pas et se renforce. Mettre le genou en extension uniquement en tirant sur la poignée, sans contracter ses muscles. Puis tenir la position cinq-six secondes en relevant la pointe du pied. Ramener ensuite le genou en flexion, passivement, avec le système de suspension.
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BON EXERCICE !
Chez soi ou chez un kiné, avec sangle élastique fixée au mur, tendre le genou au maximum en relevant la pointe du pied. Tenir la position quelques secondes.
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Bon exercice d'équilibre sur support instable. Ici un disque de propioception (un oreiller, un coussin, font l'affaire). Yeux fermés, tenter de garder l'équilibre.
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Le Kinesiologic-Taping ou bandage avec bande auto-collante colorée, est une bonne solution lorsque le genou (ou d'autres parties du corps) fait constamment mal et ne supporte pas bien la genouillère, d'autant qu'on peut prendre sa douche avec ; il tient plusieurs jours. Hélas, certaines peaux n'aiment pas. Il y a des allergies, avec pour conséquences : démangeaisons, rougeurs, lésions de la peau (peaux atopiques notamment). Il faut alors l'enlever sans tarder. Il y en a de toutes sortes et couleurs, pour tout type d'articulation, de lésion musculaire, ou pour drainer les fluides sanguin et lymphatique (lymphoedème). Les Ostéo les utilisent beaucoup, à juste titre. Ici il s'agit d'un Taping pour arthrose fémoro-patellaire. Ce système repousse la rotule en avant pour éviter les frottements contre le fémur.
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Rouler un gros ballon de gym contre un mur. Sur la photo notre ami Gilles a gardé son bandage vert rotulien pour « faire plus handicapé », comme ensuite en piscine, mais l'exercice concerne tout genou en souffrance.
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Pompes sur gros ballon, dos bien droit et en gardant les genoux tendus, fesses serrées, pour renforcer les muscles des membres inférieurs (mais pas que...).
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Chez le kiné : exercice de propioception sur planche instable (plateau de Freeman). Yeux fermés, garder l'équilibre en se concentrant sur les réactions de son corps et en tirant sur les sandows pour renforcer sa musculature.

EXERCICES EN BASSIN

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Pour se muscler harmonieusement. En planche dorsale, dos bien droit et genoux tendus, se déplacer latéralement en veillant à ce que les jambes ne précèdent pas le tronc. Tout le corps doit rester bien dans l'axe durant l'exercice.
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Gilles montre le plateau instable sur lequel il se tiendra debout pour l'exercice de la photo suivante.
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Exercice d'équilibre. Yeux fermés et monté sur le plateau instable, faire des tours complets dessus, de plus en plus vite, tout en tenant à bout de bras des bidons vides ou une charge légère pour augmenter le déséquilibre.
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NON !
Exercice interdit !!! Pas d'efforts en rotation de hanche, genoux fléchis. Brasse interdite pour genoux fragiles. Ne pratiquer que les nages avec genoux tendus.
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OUI !
Genoux constamment bien tendus, petits ciseaux ou battements plus ou moins rapides des membres inférieurs.

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Étirement. Plier puis tendre alternativement les genoux. Quand ils sont tendus, relever la pointe des pieds pour bien étirer la structure musculaire postérieure des membres inférieurs (bon exercice également pour le bas du dos).
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Exercice visant à renforcer le quadriceps (muscle du devant de la cuisse). Genou bien tendu, balancer d'avant en arrière la jambe, une sangle élastique (ici caoutchoutée) passée autour de la cheville.
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Pour assouplir le genou : assis, rouler sous le pied une structure ronde (ici une haltère en mousse).
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Gilles se masse le genou au jet. Cela soulage !

Etirements, les conneries ça suffit !!!

, 17:10

On lit partout :
« Les étirements sont essentiels pour une pratique sportive sans blessure ». Faux !
« Ils permettent d’éviter une contracture musculaire lors d’un effort intensif ». Faux !
« Les étirements des quadriceps sont très utiles pour affiner les cuisses ! » Faux !
« L’étirement des quadriceps est toujours associé à une extension de la hanche ! » Faux !

Prenons l’exemple de l’étirement du quadriceps, muscle puissant du devant de la cuisse, étirement fort usité dans la pratique des « sports de jambes ».

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Mauvais exercice !!!
Sur le bord des terrains on voit systématiquement les sportifs pratiquer ce grand classique d’étirement passif. Le sujet debout tient dans sa main son coup de pied, buste droit, bassin basculé pour arrondir le bas du dos. Le sujet s’étire en augmentant la flexion du genou. Cet exercice serait aussi un bon test dans un programme de reprise sportive contre le mal au genou pour tester le gain d’amplitude sans douleur.
Il est hélas impossible de maintenir le bassin comme décrit quand on est en appui monopodal (sur une jambe) car cette posture éminemment instable empêche un contrôle correct, on oscille ! Donc en fait ce type d’étirement du quadriceps s’accompagne d’une bascule antérieure du bassin. On creuse les reins. C’est d’ailleurs ce qu’on constate sur les photos diffusées.
Dire qu’on « affine ses cuisses » parce que durant quelques minutes on les allonge un peu en tirant dessus, c’est carrément de la bêtise, aussitôt après l’exercice ils reprennent leur forme initiale. Le quadriceps est un muscle biarticulaire, hanche et genou. Pour assurer une bonne stabilité de ces articulations il se doit d’être en tension de contrôle permanente. S’il est trop lâche, il ne contrôle plus rien.
Quant à affirmer que cet exercice serait un bon test contre le mal au genou c’est improuvé et il y a nettement plus fiable désormais comme test. Le « monitoring ligamentaire » détecte les risques de blessure du membre inférieur en testant le ligament croisé antérieur lequel en est le baromètre.
Un entraînement sérieux implique des outils diagnostics fiables.
Par ailleurs plusieurs études ont démontré que les étirements préalablement à une activité sportive sont contre-productifs. Pourquoi ? Parce qu’ils induisent une diminution de la force, de la température interne des muscles (le refroidissement durant les étirements provoque clairement une diminution des performances), ainsi qu’un phénomène de « creeping ».
Réalisés après ils ne diminuent pas non plus les risques de blessure, ils n’assurent pas une bonne récupération en ne faisant pas diminuer le taux d’acide lactique.
Qu’est-ce que le « creeping » ? Lors de l’étirement, le tendon musculaire s’allonge, ce qui provoque une réorientation des fibres de collagène alors que leur état naturel est torsadé, la capacité d’évitement des contraintes sur le tendon est de ce fait altérée. Prenez l’exemple d’un cordage de marine, s’il est torsadé c’est clairement pour en augmenter la résistance. Détorsadez-le et il sera nettement plus fragile. Simple question de bon sens !!!

Alors que faire ?

- Une séance d’étirements est utile lorsqu’elle est réalisée hors compétition, l’année durant, au sein d’un programme d’entretien de sa forme physique. Il s’agit davantage d’obtenir une meilleure extensibilité, grâce à une meilleure tolérance, car il n’est pas question comme cela a été longtemps affirmé d’une augmentation de longueur musculaire sous l’effet d’une multiplication des sarcomères.
- L’augmentation de la visco-élasticité musculaire et l’amélioration de la résistance de la jonction myotendineuse sont favorisées par des protocoles alternant contraction statique en course externe du segment de membre concerné de 6 à 10 secondes, temps de repos de 3 à 6 secondes et mise en course externe passive de 6 à 10 secondes.
- Les étirements actifs utilisés en complément d’un échauffement cardio-respiratoire permettent de meilleures performances que les étirements passifs associés au même échauffement ; Alors, quels sont-ils ces étirements actifs ou ERAMT (étirements raisonnés actifs myotendineux) ?
L’étirement n’est pas une posture mais un mouvement conduit lent non douloureux « aller-retour » qui dure environ 8 secondes, et non pas en apnée mais en respiration contrôlée. Les ERATM sont à répéter deux fois par muscle. Rester actif ensuite, surtout ne pas s’asseoir.

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Etirement quadriceps et ilio-psoas : le patient étire quadriceps et ilio-psoas gauches en fléchissant son genou droit et en tournant le buste vers la droite. Mouvement lent aller de 4 secondes, suivi d’un mouvement retour lent de 4 secondes.
Pour l’étirement du quadriceps seul :
Debout, en fente avant (position de l’escrimeur), fléchir le genou de la jambe placée devant jusqu’à 90° de flexion sur 4 secondes, puis revenir à la position de départ sur quatre secondes également.

Vous souffrez des épaules !

, 14:34

Vos souffrez des épaules (rhumatisme, tendinopathie de la coiffe des rotateurs, tendinite d'épaule, hyperlaxité ligamentaire), voici quelques précautions indispensables à prendre au quotidien.

1/Manœuvre de décoaptation de la tête humérale :

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Légende :

Quotidiennement, une à deux fois par jour, épaule et coude détendus, balancez d’avant en arrière un sac rempli d’une charge de un-demi kilo (une boîte de conserve par exemple). Il ne s’agit pas de le secouer comme un panier à salade, mais d’imiter le balancier d’une horloge en un doux mouvement de va-et-vient, sur le côté ou légèrement en diagonale par rapport au tronc. Ce mouvement ne doit en aucun cas tirer douloureusement sur l’épaule.

2/Manœuvres d’évitement du conflit sous-acromial :

Lorsqu’une activité oblige à lever les bras en l’air, il ne faut jamais le faire en écartant les coudes. Tous les mouvements latéraux sont à risque pour les épaules, car ainsi on n’a pas de force. Ce sont les mouvements exécutés près du corps qui sont sans risque. Imaginez que vous êtes une figurine en plastique avec des épaules qui ne peuvent aller que d’avant en arrière, aux coudes bloqués en position fléchie. Pour les gestes à faire sur le côté, tournez-vous d’un bloc sur le côté, avec regard fixé sur la tâche à accomplir.

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Légende : d’abord je rapproche mes coudes de mon corps.
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Légende : ensuite je lève les bras comme sur la photo, puis j’exécute la tâche utile (je fais mes vitres, je cherche un livre sur un étagère, je prends un objet dans un placard, je suspends mon linge à un fil d’étendage, etc).
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Légende : enfin, quand j’ai fait ce que j’avais à faire bras levés, je les redescends obligatoirement en rapprochant les coudes du corps.

3/ Ouvrir ou fermer une porte.

NON !

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Légende : Mauvais geste ! Pour ouvrir ou fermer une porte, il faut que le coude soit près du corps.
Rappel : tout geste réalisé loin du corps est à risque pour l’épaule !

OUI !

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Légende : pour ouvrir une porte (ou saisir un objet un peu lourd), l’épaule lésée étant ici la droite bien entendu, il est utile de le faire en s’aidant de l’autre membre, la main gauche enserrant le poignet droit.

4/ Deux postures à éviter !

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Légende : Ces postures spontanément prises sans réfléchir pour soulager son dos ou ses jambes, sont néfastes pour une épaule fragile.

5/ Saisir une charge, la bonne méthode !

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Légende : dos droit, genoux fléchis, épaules en arrière, il faut d’abord rapprocher la charge de son corps, avant de la soulever en se redressant par poussée des jambes.

Conclusion.

Il n’est pas nécessaire d’attendre de souffrir des épaules pour les ménager, surtout si vous pratiquez un métier ou un sport qui les surmène. Adoptez dès à présent ces bonnes pratiques qui leur éviteront une usure prématurée, puis enseignez-les à vos enfants.

Lorsque le mal est tenace, difficile à soigner, et que vos activités vous amènent à beaucoup porter, il est également utile d’adopter au quotidien les « anneaux claviculaires » (précédent billet du jeudi 30 octobre 2014).

Quand on souffre du cou on a souvent également mal aux épaules, des difficultés à lever les bras. Les précautions ici présentées sont alors les bienvenues.

Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale

, 09:47

Vu à la télé et sur le net, lu dans la presse : « Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale ! ». Du grand n’importe quoi !!!

Certains spécialistes nous avaient déjà prévenus que les cellulaires donneraient le cancer, ou pour le moins nuiraient gravement à notre santé. Cette information n’a rien changé à nos habitudes faute de preuves valables. Et voilà maintenant qu’internet, la télé, la Presse grand public nous révèlent que selon un chirurgien spécialiste de la colonne vertébrale, le Dr Kenneth K. Hansrai, d’avoir la tête penchée en avant sur nos cellulaires et tablettes, de 2 à 4 h par jour, influencerait grandement notre posture, et correspondrait à l’équivalent d’une charge de 27 kilos sur notre cou.
Le journal anglais « Telegraph » de son côté, cite un chiropracteur anglais Rachael Lancaster, qui parle de « texte neck », caractérisant une « épidémie » de maux du cou touchant les accros au smartphone. Rien moins que cela !

Il est vrai que toute posture tenue durant un certain temps est forcément contraignante. Ce n’est pas nouveau. Seulement prétendre ensuite comme le fait le docteur Hansrai, que c’est comme porter un enfant de huit ans sur les épaules, là je m’insurge !!! Il n’y a d’ailleurs qu’à tenter l’expérience. Le résultat sera parlant. Un enfant porté sur les épaules créée une telle contrainte sur celles-ci, qu’il est impossible de tenir la posture plus de quelques minutes, avec à la clé d’immédiates et douloureuses tensions dans le cou et les épaules. Alors que nos tablettes et smartphones sont ultra-légers et ne suscitent pas cet inconvénient.

Et que dire des passionnés de lecture (porteurs de livres parfois très lourds), de tricot, de broderie, qui adoptent la même posture durant des heures ? Pourquoi les exclure de l’étude ? Lire un document en baissant le cou n’est pas nouveau. Ce n’est pas une pratique née avec les tablettes.
J’ajouterai que les sacs des Dames portés des heures durant et contenant tout un fourbi parfois inutile, sont aussi très lourds. Ils tirent sur l’épaule et donc sur le cou.



Les maçons, plombiers, aides-soignantes (qui s’occupent de patients souvent très lourds et peu mobiles) entre autres exemples, qui ne respectent pas les règles d’économie rachidienne (du dos) aussi bien dans leur activité professionnelle que dans leur vie privée (jardinage, bricolage, ménage avec l’usage de l’aspirateur notamment), risquent de souffrir davantage de ce manque de précautions, qu’à cause de l’usage même intensif de leur cellulaire.

Si l’utilisateur de cellulaire, de tablette, fait de la « gonflette » régulièrement, ou bien du VTT, du judo, de la boxe, ces activités peuvent aussi largement contribuer à son mal.



La station assise prolongée sur des sièges inadaptés, est l’une de mes « bêtes noires ». Je l’ai évoquée à maintes reprises dans ce blog. Si l’on est mal assis durant des heures, à pianoter sur un ordinateur ou devant une table à dessin par exemple, les contraintes sont autrement plus considérables sur la colonne vertébrale qu’avec un cellulaire.

L’un de ces « spécialistes » dit qu’il faut : « garder ses oreilles dans l’alignement du corps », c'est-à-dire garder la tête droite en téléphonant ou en utilisant sa tablette. C’est idiot, car dans ce cas on est obligé de soulever son bras plus haut pour atteindre l’oreille, ce qui surmène l’épaule. Or, épaules et cou sont étroitement liés. D’ailleurs, un Kiné ou un Ostéo qui traite chez un patient des douleurs de cou, doit aussi traiter l’épaule, et inversement. Mieux, il doit examiner son patient de la tête aux pieds et corriger l’appui au sol s’il y a lieu.

Il faut savoir que le « phénomène douleur chronique » implique tous les composants du cerveau. En trouver l’origine est un véritable casse-tête. Il est par exemple démontré que l’on ne connait la cause réelle d’une lombalgie commune que dans cinq pour cent des cas.
Alors, incriminer automatiquement le cellulaire ou la tablette numérique pour de subites douleurs du cou, relèverait du grand n’importe quoi.

En cas de douleur chronique, on évoque également une « atrophie » du Thalamus, le noyau cérébral qui contrôle douleurs, mouvements et postures (voir le précédent billet sur ce blog). Ce qui implique de brusques assauts douloureux sans lien direct avec l’activité pratiquée. Le cerveau « disjoncte » brusquement sans prévenir ! De quoi encore compliquer la donne en matière de diagnostic dans l’origine des douleurs.

Un conseil très simple :



En téléphonant ou en maniant sa tablette, il suffit de poser son avant-bras sur un support, ce qui soulage grandement les contraintes exercées sur le cou. Finis les 27 kilos de pression sur le cou !

Halte au spectaculaire à tout prix dans la Presse grand public, au scoop qui n’en est pas un parce que relevant d’études scientifiques mal conduites !

Rééducation en Rhumatologie

, 21:25

(suite du billet : Rééducation gériatrique)

La plupart du temps non seulement les médicaments ne guérissent pas, mais ils apportent un lot impressionnant d’atteintes bien plus graves, cardio-respiratoires, ou digestives. Souvenons-nous du Vioxx, qu’on a interdit après quelques accidents gravissimes !
Ainsi ostéopathie, kinésithérapie, ergothérapie, cures thermales, occupent-elles une place essentielle dans la prise en charge de ces pathologies.
Il y a d’un côté les atteintes ostéoarticulaires dégénératives qui concernent l’usure prématurée et le vieillissement, de l’autre les affections inflammatoires dont les principales sont la PR (polyarthrite rhumatoïde), et la SPA (spondylarthrite ankylosante).

En France, la première cause de ce type de consultation est le dos (j’ai écrit plusieurs billets sur le sujet, ainsi que des livres. Les consulter), la deuxième l’épaule douloureuse simple. L’arthrose est devenue le problème de santé «number one», en occident.
Nota : Les cellules graisseuses produisent certaines protéines (adipocitokines) qui favorisent l’arthrose ou déclenchent aisément une crise articulaire aiguë. C’est pourquoi les personnes en surpoids chronique peuvent souffrir sans autre raison (faux mouvement, portage de charges lourdes).

Coxarthrose :

La coxarthrose est une affections articulaire destructrice fréquente au grand âge, et conduisant à la prothèse (PTH). L’obésité a peu d’impact sur cette maladie mais influe sur la gonarthrose (arthrose du genou). Il faut noter les atouts de la voie chirurgicale mini-invasive, avec abord musculaire limité, qui permet d’éviter les risques de luxation.
Le traitement kiné débute par un enseignement des gestes luxants à éviter. Il faut autonomiser le patient le plus vite possible. Sont pratiqués : exercices visant au renforcement du quadriceps (muscle du devant de la cuisse) et des stabilisateurs de hanche (moyen fessier), réapprentisssage à la marche, exercices en piscine. Il faut également renforcer l’équilibre.

Gonarthrose :

L’arthroplastie de genou (PTG), nécessite une mobilisation précoce de la rotule, une récupération toute aussi précoce des amplitudes articulaires en même temps que de la fonction. C’est à dire une flexion à 90°, et une extension complète sans flessum (le genou ne parvient pas à se tendre complètement). Il faut aussi obtenir un bon verrouillage du genou, lutter contre les troubles thrombo-emboliques (phlébite), éviter la boiterie à la marche, ainsi que les déficits musculaires, articulaires et fonctionnels.
L’arthrose de la main quant à elle nécessite souvent, en période de poussée, le port d’une orthèse de repos. Pour plus d’infos sur ces pathologies, ainsi que sur les affections inflammatoires, se référer à mon livre : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »



L’épaule douloureuse simple : généralités.

Neuf fois sur dix, il s’agit d’une lésion de la coiffe des rotateurs (les tendons des muscles qui font bouger l’épaule). Trop souvent le médecin diagnostique fièrement d’emblée une tendinite du biceps, alors que ce n’est qu’un simple symptôme présent dans quatre vingt dix pour cent des cas. En cas de tendinopathies de la coiffe, le problème relève d’un défaut de cinématique (mouvements). La tête de l’humérus (l’os du bras) n’est pas bien centrée dans sa cavité articulaire. Il sera donc inutile de « papouiller, massoter, ultrasoner » si on ne tente pas de faire en sorte qu’elle se repositionne bien.

Aucune méthode rééducative n’a démontré son efficacité par rapport aux autres, mais il y a des principes généraux. Le MK (Masseur-Kiné) doit traiter cou et omoplates. Il importe d’atténuer la douleur en récupérant une meilleure fonctionnalité de l’épaule. Cela se pratique en travaillant la « cinématique » de celle-ci, à sec et/ou en bassin. Il s’agit d’exploiter les capacités fonctionnelles restantes par des mobilisations appropriées, des exercices gymniques et respiratoires. Il faut également corriger les gestes à risques (recherche des voies de passage). Un massage décontracturant est agréablement perçu par le patient, souvent réclamé, mais insuffisant. Le froid (cryothérapie) est un autre grand classique. Une séance d’une demi-heure est un minimum.

En cas d’épaule gelée (quand elle est bloquée et que la plupart des mouvements deviennent difficiles ou impossibles), la rééducation use en plus d’étirements localisés ( manœuvres de Mennel ou normotensives).

La rééducation sur tendinite : généralités.

Les tendinopathies (tendinites) ne sont pas l’apanage exclusif du sportif, loin s’en faut.
D’une manière générale et après un période de mise au repos, le traitement rééducatif comprend un travail musculaire de type Stanish (pour en savoir plus : internet), une rééducation sensori-motrice (propioceptive), un réajustement des équilibres musculaires, ainsi que des techniques visant à faciliter la cicatrisation ou à diminuer la douleur. Les ultrasons sont peu efficaces (étude randomisée conduite par AP D’Vaz et al - Cambridge - par rapport aux AINS, de l’infiltration ou du placebo.)

prochain billet : Rééducation de l’urgence

Traitements médicaux contre l’arthrose, efficaces ? Non, semble-t-il !

, 05:48

En ce qui concerne les AASAL (anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente), déjà en 2010, l’American Collège of Rheumatology les avait retirés de la liste de ses recommandations. Depuis, la Commission de transparence française (CT)* a conclu : « Les AASAL n’empêchent pas la dégradation articulaire, leurs effets sur la douleur et la gêne fonctionnelle sont minimes et de pertinence clinique discutable, le service médical rendu est insuffisant pour justifier leur prise en charge par la solidarité nationale ! »
Or que voit-on ? En France, tous les rhumatisants sont gavés de ce type de médicaments l’année durant. Du coup, au lieu d’être bonifiée, leur santé se dégrade.
Peut-on espérer un changement dans les prescriptions des rhumatologues au vu de telles conclusions scientifiques ? Je réponds clairement non ! Rien ne changera !
Je connais déjà la réponse qu’on me servira : « Les patients réclament leurs médicaments ! ». Oui, mais être professionnel de santé c’est éduquer, ce n’est pas se laisser mener par le bout du nez par ses patients.

La prise en charge de l’arthrose ne doit pas se suffire au traitement des symptômes, en particulier de la douleur, sachant de surcroît que la liaison entre les deux est très mal établie. Prenons l’exemple concret de l’arthrose vertébrale. Je cite **: « On sait depuis longtemps que l’arthrose vertébrale n’est pas toujours douloureuse, loin de là, et plusieurs travaux ont montré qu’il était impossible sur des radiographies de sujets de même âge, de distinguer les sujets qui souffrent de ceux qui ne souffrent pas. Il est difficile (le plus souvent impossible), d’identifier une cause anatomique précise des lombalgies chroniques où les facteurs psychologiques intriqués ont un rôle majeur. »
Voilà qui est clairement dit. Chez le sujet douloureux chronique (plus de trois mois), le message douloureux est faussé, notamment au niveau du thalamus. Le cerveau « beugue » en analysant ce message. Ce qui fait qu’on peut avoir vraiment mal sans que la région concernée présente le moindre trouble en rapport. Donc tenter uniquement de stopper le « message douleur » par des médicaments est un non-sens thérapeutique !

Les problèmes découlant de l’arthrose relèvent essentiellement d’un déconditionnement neuro-moteur. C’est prouvé. Le mouvement fait peur, on a peur d’être aggravé, or c’est en bougeant intelligemment qu’on peut s’en sortir (prophylaxie vertébrale c'est-à-dire apprentissage des gestes qui ménagent les articulations, propioception, exercices favorisant le gainage, réentraînement à l’effort). L’aide, le suivi, d’un professionnel de santé habilité est indispensable. Certains patients n’ayant plus confiance en leur Rhumatologue, se tournent vers leur ostéo qui leur dit : « Quand vous avez mal, venez me voir, ça suffit ! ». Faux ! Ca ne suffit pas, on ne peut pas s’en sortir comme ça ! Le kiné qui se contente de vous poser sur la peau des électrodes reliées à un appareil de basses fréquences (TENS), et qui vous papouille cinq minutes, ne vous rend pas plus service.
Alors quelle prise en charge est efficace ?
Un peu de psychothérapie, un rien de saine diététique alimentaire, un zest de thérapie manuelle, un chouïa d’acupuncture, un soupçon de kinesiologic Tape, des conseils visant à mieux gérer son corps (station assise, équilibre, auto-étirements actifs myotendineux), quelques exercices à la maison au quotidien en privilégiant le gainage, et pourquoi pas débuter une activité sportive (Taï-chi, gym en salle, elliptique, Wii Fit, marche, aquagym, vélo).
La prise en charge doit être complète pour être efficace. Se contenter d’une option ne suffit pas. Ainsi lorsqu’on est réfractaire au moindre effort, si on se complait dans sa vie de sédentaire en demandant seulement « qu’on nous enlève la douleur » sans changer certaines choses dans sa vie, on est fichu !!! Ceux qui vous diront le contraire sont des charlatans s’intéressant plus à votre carte de crédit qu’à votre santé ! Ils sont légion !

  • Rhumatos. Septembre 2013. Vol 10. Numéro 90.
    • Revue du Rhumatisme. Monographies. Février 2011.Vol 78 ; N°1. P19.

Exercice 3 de renforcement de l’équilibre proposé par Amandine

, 12:24

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suite du billet exercice equilibre 2

Notre ami Gilles (pas le kiné) étire la musculature postérieure de son corps en un mouvement d’avant en arrière sur la planche oscillante, les yeux fermés, tout en soufflant bien. Cet exercice est bon pour les maux de dos. Il peut être réalisé contre un mur mais dans ce cas l’étirement est moindre et il n’y a pas de renforcement de l’équilibre.

Exercice 2 de renforcement de l’équilibre proposé par Amandine.

, 10:38

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suite du billet exercice equilibre

Les yeux fermés rouler un ballon sous son pied, en maintien du creux lombaire.

exercice 3

Exercices de renforcement de l’équilibre sur planche oscillante corporelle

, 12:06

Exercices de renforcement de l’équilibre sur planche oscillante corporelle proposés par Amandine.

Ces exercices sont destinés à ceux qui souffrent de manière chronique de leurs articulations car ils ont souvent de graves pertes d’équilibre, d’où risque de chute mais également de mauvaise gestion des mouvements au quotidien, de douloureux « faux mouvements ».
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Cet exercice permet de renforcer les muscles des hanches. Faire rouler sous son pied un skate contre résistance élastique (sandow). En même temps contrôler son dos, creux des reins maintenu (ni accentué ni réduit). Fermer de temps en temps les yeux, car ainsi on est plus concentré sur ce qu’on fait.

exercice 2