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Profession kinésithérapeute

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Profession : kinésithérapeute



On compte aujourd’hui en France métropolitaine plus de quarante mille MK (MK pour Masseurs-kinésithérapeutes) et c’est en 2006 que la profession a fêté le soixantième anniversaire de sa reconnaissance légale. Nos prédécesseurs étaient des « infirmiers-masseurs », sans formation ad hoc, ni reconnaissance.



Qui sommes-nous ?



Afin d’avoir le droit d’exercer, nous-nous devons d’être titulaires d’un diplôme d’Etat. Notre formation s’étale sur trois années après un bac, obtenu de préférence avec option scientifique. Les droits d’entrée aux écoles sont élevés : 8000 euros la première année, ensuite c’est dégressif, 7500 puis 7000 (mêmes prix pour les études d’Ostéopathie). Seuls, deux instituts parisiens relevant de la fonction publique et soumis à numerus clausus (nombre de places limitées), Lariboisière et Saint Maurice, sont gratuits, et accessibles uniquement par concours. Pour se donner un maximum de chances d’accéder à cette filière d’auxiliaire de santé, il est chaudement recommandé d’effectuer une année de préparation au concours d’entrée aux écoles, facturée environ 4000 euros.

Afin d’éviter ces frais, il est possible d’étudier dans la communauté européenne. Depuis de nombreuses années, la Belgique était ainsi envahie par des hordes d’étudiants non-résidants, du coup elle impose maintenant un quota basé sur un tirage au sort. Dans l’hexagone la moitié des élèves sont recrutés via une année de PCEM 1 (première année de médecine).

20 % des kinés travaillent dans le secteur public : centre de rééducation, thalassothérapie, thermalisme, Hôpital. L’immense majorité se consacre donc à la voie libérale. En 2008, il y avait 12000 salariés pour 50 000 libéraux.



Que faisons-nous ?



Par des moyens manuels ou instrumentaux, grâce au massage, la gymnastique médicale, la balnéothérapie, au moyen de thérapies manuelles, à l’aide d’appareils, nous assurons la rééducation des personnes souffrant d’affections congénitales ou acquises, ou bien consécutives à la pratique sportive, ces pathologies affectant les appareils : cardio-respiratoire, circulatoire, moteur, ou neurologique. Nous ne pouvons exercer que sur prescription médicale, sauf dans le domaine de l’esthétique, de la forme et du bien être, qui sont nos autres champs d’élection. En aucun cas le diagnostic médical, ni les indications éventuellement utiles au traitement, ne doivent être portés sur cette prescription médicale. Ils doivent se trouver mentionnés dans une lettre d’accompagnement (ce qui est rarement le cas).

Il nous est maintenant loisible de prescrire du petit matériel : sondes pour l’incontinence urinaire, attelles, ceintures de contention, cannes, etc. Incontestablement, le MK se doit d’avoir des préoccupations éthiques. Il se place dans une optique de meilleure gestion de la qualité de vie, éduque, il a parfois rôle d’expert notamment en ce qui concerne l’ergonomie (bonne gestion de son dos, de ses articulations, dans l’exercice de sa profession). L’éthique se définit comme l’ensemble des devoirs qu’on s’impose dans l’exercice de son métier, en fonction d’un code au travers duquel sont adaptées les règles de la législation générale. La morale quant à elle regroupe les normes nécessaires à une bonne pratique de vie, et prend en compte les interdits sociaux et religieux ; c’est le «devoir bien penser en son âme et conscience», parfois en opposition avec le calibrage sociétal dans lequel on vit, alors que l’éthique serait en quelque sorte le « devoir bien agir » en accord avec les principes normatifs socioculturels. L’éthique est ‘contrainte librement acceptée’, la morale, avec son cortège de référents spirituels, est ‘intime conviction’.



Quelle est notre habituelle extraction sociale ?



Le MK est principalement un enfant de cadre supérieur (35%), alors que les infirmières sont en proportion relativement importante issues de la classe ouvrière. La principale raison en est peut être que les études de kiné coûtent très cher (idem pour les ostéopathes), les couches populaires ne peuvent pas aisément assumer.



A quoi sert l’Ordre des MK ?



La loi de santé publique du 9 Août 2004 a institué l’Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes, mais ce n’est que par décret paru au journal officiel du 9 mars 2006 qu’il y a eu concrétisation. Organisme de droit privé avec mission de service public, il est l’instance qui régit les rapports entre les professionnels, instaure le code de déontologie (article L.4321-21), avec devoir de respecter les principaux autres codes encadrant notre activité (code Civil, de la Santé publique et de la Sécurité sociale). L’Ordre fait respecter les règles de l’observance professionnelle, il a pouvoir de justice, il a également la responsabilité d’organiser des actions d’évaluation des pratiques professionnelle, en lien avec la Haute Autorité de Santé.

Il veille à la qualité de la pratique professionnelle, et combat l’exercice illégal, certaines personnes pouvant œuvrer sans diplôme, ni autorisation. L’Ordre doit également veiller « au maintien des principes de moralité, de probité et de compétence, indispensables à l’exercice de la profession. »