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La scoliose (idiopathique) d’un enfant peut-elle s’aggraver parce qu’il est triste ? Autrement dit : le bon ou le mauvais moral influence-t-il le pronostic de la scoliose ?

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C’est la question que m’a récemment posée une maman relativement à sa fille qui était instable émotionnellement à la suite d’une brouille avec sa meilleure amie, et parce qu’un podologue lui a dit que cela pouvait aggraver ses problèmes de dos.

Les mots mal digérés peuvent s’exprimer par des maux physiques, c’est vrai. Corps et esprit sont intimement liés et un coup de déprime peut bloquer le dos. On dit alors que c’est psychosomatique, c’est dans la tête, on « en a plein le dos ». Tout le monde le sait plus ou moins désormais. Pourtant rien ne prouve qu’une scoliose puisse s’aggraver brutalement parce qu’un enfant est triste en raison d’un événementiel traumatisant. D’ailleurs quand on n’a pas le même dos que ses copains et copines on a implicitement le moral atteint. De surcroît, si on est obligé de porter un corset alors qu’on aborde avec l’adolescence, l’âge de la coquetterie, c’est pire. Si l’on est différent cela blesse forcément, notamment à cause du regard parfois peu compatissant d’autrui.
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Il est également vrai que la posture associant une attitude introvertie est de mauvais pronostic pour la scoliose, surtout thoracique (l’enfant se referme sur lui-même, épaules enroulées, poitrine resserrée, avec, lorsqu’on le regarde de profil, le corps qui part en arrière). Alors qu’à l’inverse un enfant en attitude « d’ouverture », extraverti est de meilleur pronostic, (de profil il projette son corps vers l’avant avec les épaules bien en arrière). Si un enfant scoliotique est durablement déprimé, il se refermera sur lui-même, « refermera sa scoliose », sa posture sera davantage perturbée alors qu’il lui faut se corriger en permanence, se « booster », mobiliser toutes ses forces pour combattre sa déformation vertébrale.
En 1929, Cannon avait exposé sa théorie de l’homéostasie qui se traduit par cette formule : « un organisme fortement sollicité par certaines situations environnementales, tend à produire des réponses adaptatives ». En extrapolant on peut dire qu’un environnement stressant pousse une personne à réagir positivement… ou négativement. Et c’est l’élément qu’il faut prendre en compte. Face à l’adversité, il faut que l’enfant positive.
Il est démontré que les causes d’une scoliose idiopathique sont génétiques, hormonales et neurosensorielles (perturbation de la posture, de l’équilibre du corps et de sa perception dans l’espace). Dans ce tableau, le bon ou le mauvais moral perturbe uniquement la posture (la façon de se tenir) déjà grandement perturbée. Rien d'inquiétant si la rééducation est bien conduite, ce qui hélas est loin d’être systématique (voir les billets sur ce blog : « Scoliose de l’enfant » des 26.9.14/10.01.16/29.02.16).

En conclusion :

Une scoliose en elle-même suffit à plomber le moral, ce qui affecte le maintien global du corps. Y ajouter une peine de cœur, un problème familial, un souci scolaire, ne changera pas grand-chose. Un soutien psychologique s’impose de toute manière.

Additif :
Comme je viens de le préciser plus avant, il est démontré que les facteurs métaboliques interviennent dans la causalité et la progression de la scoliose idiopathique de l’adolescent. Ce sont les incrétines, hormones gasto-intestinales bien connues pour leur rôle stimulant dans la sécrétion de l’insuline, qui sont incriminées. Une thérapie nutritionnelle semble donc s’imposer. On « est » clairement ce que l’on mange.

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