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Mes performances en tant que cavalière ou cavalier ne sont pas bonnes bien que je m'entraîne beaucoup. Que faire ?

, 18:00 - Lien permanent

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“Une élégante cavalière parfaitement avec son cheval !“

En regardant le film "Jappeloup", biographie d’un cheval champion de sauts d’obstacles dans les années quatre-vingt et médaillé d’or aux jeux Olympiques de Séoul en 1988, j'ai réagi en kiné lorsqu'après de nombreuses chutes et échecs en compétitions, Guillaume Canet dans le rôle de Michel Martin s'exclame : " Mon cheval est excellent, c'est moi qui suis un mauvais cavalier. Cela est dû au fait que je concoure pour faire plaisir à mon père !".
Or il semble évident que son personnage avait la passion du cheval et de la compétition. Il ne montait pas pour faire plaisir à qui que ce soit. Seulement, en panne d'idée face à l'échec, il a fait comme tout le monde dans nos sociétés marquées au fer rouge par Freud : il n'a su qu‘incriminer le facteur psychologique. Or, si le problème n'était pas que là ou bien directement ailleurs ?

Au lieu de se presser le ciboulot tel un citron, ce cavalier aurait dû consulter un Posturologue, lequel aurait bilanté sa statique, son équilibre debout, à la recherche d’un “syndrome de déficience posturale“, car il est illusoire de croire que dès que la passion du cheval nous prend, nous devenons automatiquement des Centaures, sortes d'hybrides moitié Homme moitié cheval !
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Même monté en croupe, l’Homo Sapiens reste profondément marqué par son lointain passé de “chasseur cueilleur marcheur“. L’origine de nos problèmes musculo-squelettiques d’individus modernes remonte en effet à la préhistoire, lorsque nos lointains ancêtres ont décidé d‘adopter la marche bipède exclusive. Du coup ils se sont trouvés confrontés à un problème majeur : donner à leur musculature postérieure une longueur adéquate. Faiblesse de la musculature antérieure (notamment abdominale), mal de dos, pubalgie, tendinites des muscles de l'arrière des jambes, sont des conséquences logiques de cette difficile adaptation.

Un exemple : nos épaules ne sont pas encore adaptée à nos activités de bipède, la preuve étant que le meilleur placement de la tête humérale (os du bras) dans sa cavité articulaire est réalisée à 90°de flexion, c'est à dire à quatre pattes. Debout, de nombreux défauts d'alignements peuvent affecter notre équilibre musculaire sans que nous-nous en rendions compte. Certains muscles sont courts et puissants, d'autre étirés et fragiles.
Etant donné qu'un cavalier n'est pas constamment sur son animal, et donc qu'il passe un certain temps debout ou assis sur de mauvais sièges, sa posture, son équilibre, et donc ses performances sportives s'en ressentiront, même s'il s'entraîne beaucoup et croit posséder une bonne technicité.

Autre constat : un bon fonctionnement du genou, l'articulation mise à mal en équitation, impose une bonne fonctionnalité de la hanche et du pied, articulations peu contrôlées de manière régulière par un professionnel de Santé, à moins d'un accident ou d'une douleur. Or il existe mantenant le “monitoring ligamentaire“, que tout cavalier devrait pratiquer au moins une fois par mois, afin de savoir si ses jambes sont en bon état, surtout lorsque se profile une compétition.

Les troubles statiques corporels sont causes d''hypercontraintes articulaires, et d'hypersollicitations musculo-ligamentaires. Il s'agit de les déceler et de les corriger.

Née dans les années quatre-vingt, la Posturologie est pratiquée par bon nombre de professionnels de Santé (médecins, Kinésithérapeutes, Ostéopathes, Infirmiers, Podologues), et vise à trouver l'origine du défaut de posture, et à le corriger. Le plus souvent ces spécialistes pensent qu'il se situe au niveau des pieds (d'où le port de semelles fabriquées par le podologue), des yeux (verres compensateurs et/ou séance d'Orthoptie), ou de la mâchoire ( port de gouttières dentaires en dormant). Or c'est trop réducteur, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, et ce pour plusieurs raisons. Le port de semelles compensatrices n'a de réelle action... que sur le pied, quasiment pas sur le dos. Les gouttières nocturnes, si elles sont utiles, ne suffisent pas à résoudre tous les problèmes de posture. Pareil pour les lunettes.

En attendant il importe néanmoins que tout cavalier consulte régulièrement un Posturologue expérimenté, car celui-ci est dans le vrai dans sa démarche holistique, même s'il y a encore beaucoup à faire pour parfaire le concept.
J'y travaille d''ailleurs, et proposerai une voie nouvelle dans mon prochain livre : “ Normologie.“, lequel sera publié dans un an ou deux.

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