Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

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La vertèbre déplacée... un vilain mensonge qui perdure !

, 06:27

Vous souffrez d'une sciatique, d'un lumbago, de cervicalgies (mal au cou), de dorsalgies ? Alors il faut qu'un magicien « vous remette en place » la méchante vertèbre causale devenue subitement baladeuse !
En effet bon nombre d'ostéopathes ou de chiropracteurs propagent encore sans vergogne un tel mensonge. La manipulation, bien sonore, craquante, qui en découle, témoigne de cette « magnifique » réussite. Mais si manipulation il y a bien, elle est surtout mentale. Le patient a été berné, car si une vertèbre se déplace soudain, on se retrouve au bloc opératoire et non chez l'Ostéo. Ce phénomène blesse gravement les racines des nerfs émergeant à chaque vertébral ou bien la moelle épinière, ce qui provoque une paralysie transitoire ou définitive.

Le blocage vertébral segmentaire, bien réel, relève en fait d'un problème musculaire d'origine mécanique, psychologique, ou bien d'un défaut de commande centrale cérébrale.

Faire craquer une articulation pour la remettre (soi-disant) en place figure depuis la nuit des temps dans l'imaginaire collectif comme un geste magique. Au début seuls les rebouteux y avaient recours Puis Andrew Taylor Still, inventeur de l'Ostéopathie et formé lui-même au reboutement, en a fait un acte admissible car pseudo-scientifique. Daniel David Palmer, inventeur de la chiropraxie place le craquement au centre de tous ses soins, évoquant « un ajustement chiropractique visant à réduire une subluxation ».

Même sans avoir recours à une manipulation, tout-un chacun a mainte fois dans sa vie fait l'expérience de craquements indolores survenant à l'improviste. On a subitement l'épaule qui craque lors d'un mouvement un peu ample. Sinon c'est la hanche en se penchant en avant. Le genou peut aussi parfois « manquer d'huile » et grincer à la marche. Les bruits articulaires non traumatiques témoignent de frottements tendineux méniscaux ou articulaires, alors que les craquements post-traumatiques (choc, blessure sportive, mouvement trop ample) s'accompagnent d'une intense douleur, d'un gonflement et d'une impotence fonctionnelle (impossibilité soudaine de se servir de cette articulation). Ils sont le fait d'une entorse ligamentaire ou d'une déchirure musculaire.
Le craquement bien audible lors d'une manipulation vertébrale témoigne de l'effet de « cavitation ». Cela ne veut en aucun cas dire qu'une vertèbre a été remise en place mais qu'elle a été bien ou mal… manipulée. Les gaz dissous dans l'articulation se libèrent brutalement et font du bruit. Le volume de gaz contenu dans une articulation est de 15 %.

Le craquement restaure-t-il durablement la mobilité articulaire ?

Ce gain de mobilité est très temporaire.Il a été scientifiquement étudié et dure MOINS DE TRENTE MINUTES ! Est-on pour autant guéri ? Non.

Une étude de l'INSERM de 2011, conclut que la manipulation chiropractique n'est pas plus efficace que médicaments ou kinésithérapie (privilégier la méthode McKenzie), acupuncture. Quant aux risques des manipulations du cou, il est si élevé (dissection vertébrale) que sa pratique est interdite aux non-médecins. L'otéopathe, le chiropracteur, qui vous manipule le cou, le fait donc en contravention avec la loi.
Mais dites-moi chère lectrice ou lecteur, vous qui avez forcément vu des films de guerre, la manière de briser la nuque d'un guetteur ennemi pour se rapprocher d'une redoute à conquérir, ne consiste-t-elle pas en un violent mouvement semblable à celui de la manipulation cervicale ? Le risque en vaut-il alors la chandelle ? Le capitaine d'une caserne de pompiers me disait qu'il lui arrivait quatre à cinq fois l'an, d'emmener d'urgence un patient « manipulé » à l'Hôpital, parce qu'il ne pouvait plus se relever de la table de soins. Multipliez ce chiffre par le nombre de casernes et vous aurez des sueurs froides dans le dos.

Le mal de dos est un phénomène complexe qui ne ne résume pas à un problème purement local. Il a mainte fois été traité au travers de billets dans ce blog. Je vous en recommande la lecture.

  • Pierre Trudelle. Beaucoup de bruit autour du bruit articulaire . Kinésithérapie, les cahier N° 29-30 – Mai-juin2004 : p. 76-80.

Brodeur R. The audible release associated with jooint manipulation.J manipulative physio ther 1995 ; 18 : 155-64. Watson P, Hamilton A, Mollan RAB. A case of habitual joint cracking leading the radiological damage. BMJ

J’ai mal au genou, je fais quoi ?

, 16:47

Ce billet présente les principes de base en ce qui concerne les affections les plus communes (genou dégénératif, arthrose, tendinite).

Boris Dolto disait que le genou est une articulation soumise à deux maîtres : hanche et pied. Si on ne se soigne que le genou alors que cheville ou hanche est déjà fragile, bien que « muette », n'exprimant pas son mal, on a tout faux. Il faut également suspecter le dos. Une cruralgie par exemple peut se manifester par une douleur élective au genou.

Plus généralement, toute mauvaise posture peut l'affliger. Faites cette petite expérience pour vous en convaincre : en position debout, membres inférieurs joints, déportez légèrement la tête vers l'avant. Aussitôt la pression sur les genoux augmente. Si on se tient mal, si on est voûté, de travers, c'est ce qui se passe !

Autant un franc surpoids chronique ne pose pas de réel problème en ce qui concerne le dos - on a exagéré le phénomène, le centre de gravité du corps étant abaissé on est stable - autant c’est insupportable sur le long terme pour les genoux qui « trinquent ».

Autres constats :

Le ski met le genou à rude épreuve (entorse, risques de rupture du ligament croisé antérieur).
Genou fragile, il faut éviter les sports violents, à sauts répétés, ou a risque de chute : rugby, foot, basket, judo, équitation.
Au besoin, avant d'aller au sport, porter une genouillère en guise de protection.
Dans les activités de la vie quotidienne ne pas se mettre à genoux. Assis, ne pas les croiser. Pas d’accroupissements. Opter pour la position du chevalier servant : le genou douloureux au sol et en se relevant avec le bon genou et avec franche poussée des mains sur la cuisse.
Les douleurs ne passeront pas seulement aux antalgiques. Le froid soulage (poche de glace, cold pack) très provisoirement, surtout après un traumatisme (chute, entorse, choc) et dans la demi-heure qui suit pour limiter saignement interne et gonflement (après, ça ne sert plus à rien). Éviter le chaud.
La viscosupplémentation est une excellente solution pour le genou arthrosique. Le liquide synovial ne jouant plus son rôle lubrifiant et protecteur, on injecte un gel qui va relancer la fabrication de hyaluronane (acide hyaluronique).
Le chaussage influence les genoux. De hauts talons le maintiennent en légère flexion (favorisant le flessum), ce qui n'est pas bon sur le long terme, et ce d'autant si on a déjà du mal à le tendre complètement.
Dans le cas d’une atteinte du ménisque interne, le port de semelles valgisantes vise à décomprimer le compartiment interne et prévient une aggravation arthrosique. Pour toute atteinte du membre inférieur et afin de faciliter le retour veineux, surélever le pied de son lit avec des cales (10 cm). En fait, nous devrions tous le faire.

Photos

Exemple choisi : atteinte rhumatismale dégénérative du genou droit.
Aucun exercice présenté ici ne doit faire mal. Sinon c'est qu'il est mal réalisé. Mieux vaut l'abandonner.

Photo 1
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Si une genouillère est prescrite, la choisir fenêtrée (avec un trou pour la rotule). Ne jamais la porter la nuit. Les genouillères avec armatures gênent à la marche et la souffrance localisée au genou risque de se reporter ailleurs (mal du dos par exemple).
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Assis : garder le genou tendu (en extension). Fléchi, il souffre. Dans cette position et de temps en temps, faire rouler sa jambe de droite à gauche en appui talon, pour détendre la musculature.
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Pour se mettre debout après avoir été assis : tourner les fesses du côté du genou qui souffre (ici tourner vers la droite), puis exercer une poussée uniquement avec l'autre jambe pour se relever.
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Étirement en va et vient de la musculature postérieure du membre inférieur (ici le droit), l'une des priorités étant d'éviter le flessum. Un genou qui souffre a tendance à rester en permanence un peu plié, ce qui le malmène et provoque un déséquilibre du corps, à risque de chute sur le long terme. Plier puis tendre lentement et plusieurs fois la jambe. Il faut sentir que « ça tire » dans le mollet et derrière le genou. A pratiquer tous les jours, plusieurs fois.
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Exemple d'exercice pour renforcer les muscles de la cuisse, autre priorité pour un genou déficient. Se tenir ainsi sans bouger pendant plusieurs minutes, tout-en lisant un courrier papier ou ses sms par exemple. La posture ne doit pas provoquer de douleur dans le genou. A cette fin le plier plus ou moins jusqu'à trouver la bonne position. A pratiquer plusieurs fois par jour.

Photos six et sept, chez le kiné , pour renforcer le quadriceps :
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MAUVAIS EXERCICE !
A ne pas faire, car ainsi le genou souffre. Il se produit un effet « rabot » dévastateur pour la rotule.
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BON EXERCICE !
Ainsi, le genou ne souffre pas et se renforce. Mettre le genou en extension uniquement en tirant sur la poignée, sans contracter ses muscles. Puis tenir la position cinq-six secondes en relevant la pointe du pied. Ramener ensuite le genou en flexion, passivement, avec le système de suspension.
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BON EXERCICE !
Chez soi ou chez un kiné, avec sangle élastique fixée au mur, tendre le genou au maximum en relevant la pointe du pied. Tenir la position quelques secondes.
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Bon exercice d'équilibre sur support instable. Ici un disque de propioception (un oreiller, un coussin, font l'affaire). Yeux fermés, tenter de garder l'équilibre.
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Le Kinesiologic-Taping ou bandage avec bande auto-collante colorée, est une bonne solution lorsque le genou (ou d'autres parties du corps) fait constamment mal et ne supporte pas bien la genouillère, d'autant qu'on peut prendre sa douche avec ; il tient plusieurs jours. Hélas, certaines peaux n'aiment pas. Il y a des allergies, avec pour conséquences : démangeaisons, rougeurs, lésions de la peau (peaux atopiques notamment). Il faut alors l'enlever sans tarder. Il y en a de toutes sortes et couleurs, pour tout type d'articulation, de lésion musculaire, ou pour drainer les fluides sanguin et lymphatique (lymphoedème). Les Ostéo les utilisent beaucoup, à juste titre. Ici il s'agit d'un Taping pour arthrose fémoro-patellaire. Ce système repousse la rotule en avant pour éviter les frottements contre le fémur.
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Rouler un gros ballon de gym contre un mur. Sur la photo notre ami Gilles a gardé son bandage vert rotulien pour « faire plus handicapé », comme ensuite en piscine, mais l'exercice concerne tout genou en souffrance.
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Pompes sur gros ballon, dos bien droit et en gardant les genoux tendus, fesses serrées, pour renforcer les muscles des membres inférieurs (mais pas que...).
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Chez le kiné : exercice de propioception sur planche instable (plateau de Freeman). Yeux fermés, garder l'équilibre en se concentrant sur les réactions de son corps et en tirant sur les sandows pour renforcer sa musculature.

EXERCICES EN BASSIN

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Pour se muscler harmonieusement. En planche dorsale, dos bien droit et genoux tendus, se déplacer latéralement en veillant à ce que les jambes ne précèdent pas le tronc. Tout le corps doit rester bien dans l'axe durant l'exercice.
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Gilles montre le plateau instable sur lequel il se tiendra debout pour l'exercice de la photo suivante.
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Exercice d'équilibre. Yeux fermés et monté sur le plateau instable, faire des tours complets dessus, de plus en plus vite, tout en tenant à bout de bras des bidons vides ou une charge légère pour augmenter le déséquilibre.
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NON !
Exercice interdit !!! Pas d'efforts en rotation de hanche, genoux fléchis. Brasse interdite pour genoux fragiles. Ne pratiquer que les nages avec genoux tendus.
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OUI !
Genoux constamment bien tendus, petits ciseaux ou battements plus ou moins rapides des membres inférieurs.

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Étirement. Plier puis tendre alternativement les genoux. Quand ils sont tendus, relever la pointe des pieds pour bien étirer la structure musculaire postérieure des membres inférieurs (bon exercice également pour le bas du dos).
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Exercice visant à renforcer le quadriceps (muscle du devant de la cuisse). Genou bien tendu, balancer d'avant en arrière la jambe, une sangle élastique (ici caoutchoutée) passée autour de la cheville.
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Pour assouplir le genou : assis, rouler sous le pied une structure ronde (ici une haltère en mousse).
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Gilles se masse le genou au jet. Cela soulage !

Mal au cou (cervicalgie), je fais quoi ?

, 16:36

Surtout ne pas agir inconsidérément, et malheureusement internet fourmille de mauvais conseils. Puis ne pas faire aveuglément confiance à un professionnel de santé, même bardé de diplômes, sous prétexte qu'il porte une blouse blanche et qu'il en impose.
Sachez user de votre bon sens naturel avant d'accepter un traitement, surtout s'il vous semble lourd ou inadapté.

Il importe en premier lieu de consulter un médecin afin que soit posé un diagnostic écartant tout problème grave (lymphome, myélome, spondylodiscite). Et si le mal est bénin comme dans la majorité des cas, ce praticien vous prescrira peut-être des séances de rééducation. Un kiné qui se contente de vous poser des électrodes sur le cou pendant un quart d'heure, puis de vous papouiller un petit peu histoire de démontrer qu'il mérite encore son titre de « Masseur », ou bien s’il vous met une lampe..., courage fuyez !!! Cela ne sert à rien. L'électrothérapie à basses fréquences sur un temps aussi court n'a d'effet que durant la stimulation, c’est prouvé (www.sante.fr ou www.anaes.fr)*. Chaleur ou massage, s'ils sont agréables, ne soignent pas, c'est juste un complément de soins.

Si vous consultez un ostéopathe, refusez qu'il vous manipule. C'est à dire qu'il se saisisse de votre tête et lui imprime un violent mouvement tournant. C'est interdit depuis l'année 2000 tellement c'est dangereux, excepté en de rares occasions et sur prescription médicale. L'artère vertébrale qui irrigue le cerveau passe dans un canal osseux creusé dans les vertèbres. Une rotation de 30° à peine la met déjà en forte tension, au risque de l'endommager (dissection vertébrale). Pour se défendre, ces praticiens disent qu'ils manipulent uniquement en latéralité, ce qui est mécaniquement impossible. Sur un cou en souffrance l'inclinaison va automatiquement s'accompagner d'une rotation à cause des contractures loco-régionales. Alors halte au massacre !
Par contre l'ostéopathe peut utilement user de manœuvres douces dites tissulaires, non thrustantes.

Le collier cervical est à réserver au cas où le « cou devient trop lourd à porter et fait atrocement mal au moindre mouvement», et ce durant 72 heures au maximum. Après il devient lui-même un obstacle à une rapide guérison et conduit à un déconditionnement neuro-moteur ainsi qu'à des troubles de la propioception (la perception de soi qui permet de repérer et de définir son corps dans l'espace et de tenir l'équilibre).

Pour ma part, je pratique avant tout un bilan diagnostic kiné, à la recherche d'un éventuel syndrome de déficience posturale.
Il faut savoir qu'il existe des connexions neuronales intimes entre muscles oculaires, vestibule (l'équilibre) et muscles de la nuque.
Trio auquel il faut ajouter la mâchoire, car une dysfonction mandibulaire (mâchoire inférieure) peut provoquer des douleurs de cou, c'est prouvé (il existe des stomatologues posturologues).
En séance, le kiné doit non seulement traiter le cou, mais la mâchoire et les éventuels problèmes d'équilibre.
Je traite les dysfonctions musculo-squelettiques en ayant recours à la thérapie normotensive et en stimulant les trigger areas (billet blog du 4.4.2014). Puis j'use d'élongations douces vertébrales, d'électropuncture avec Miniacusonic. Les exercices sur plateau de Freeman et gros ballon de gym, les auto-exercices avec balles de tennis (billet blog du 20.03.16), sont les bienvenus. Par ailleurs la posture assise doit être modifiée si elle n'est pas correcte, ce blog fourmillant de conseils à ce sujet. S'asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym est la meilleure option. Il s'agit de passer de la position assise passive à la position assise active. C'est parfait pour renforcer ses muscles sans effort.

Nombre de médecins prescrivent de la rééducation en piscine pour soigner lombaires ou cou. Hélas, si l'on se contente de tremper le patient dans l'eau, il ne se passe rien. Il en ressort seulement... mouillé. A la lecture de ce billet le lecteur comprendra pourquoi.

Et si je dispose moi-même d'un bassin, j'y ai mis beaucoup de matériel (parfois bricolé), afin que les exercices soient adaptés à chaque pathologie.

Il faut également savoir qu'épaules et cou sont liés. Lorsqu'on surmène ses bras c'est le cou qui se plaint en premier (billet blog du 21.6.2015).

La nuit, durant son sommeil, il est utile de porter un tour de cou (billet blog du 9.6.2013) car l'oreiller, même à mémoire de forme, ne suit pas les mouvements de la tête. Si vous passiez la nuit sans bouger du tout, l'oreiller anatomique remplirait son rôle, mais puisque, à l’instar de tout-un chacun, vous tournez de temps en temps la tête, surtout pendant les rêves, l'option du « tour de cou » est la meilleure. Il s'agit d'une petite serviette enroulée et glissée dans une écharpe, ou toute structure tubulaire en tissu (bas de femme, écharpe légère).

Les anneaux claviculaires sont fort utiles à ceux qui se tiennent bossus ou qui ont mal au cou et aux épaules de manière chronique (billet blog 30.10.2014). Pour 19 euros à peine il y a le redresse-dos E-240, société Orliman.

Par ailleurs la vue doit être corrigée. Faites ce test fort simple : Fermez les yeux et avancez légèrement la tête, tel un myope qui avance sa tête en clignant des yeux pour mieux voir. Vous-vous rendrez compte que cela a une incidence sur votre posture. Votre corps se déporte en avant.

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OUI !
Lorsque cela va mieux, et pour restaurer la mobilité de votre cou, placez-vous ainsi contre un mur (dos droit, cou redressé), et tournez lentement épaules et cou de droite à gauche, mais sur peu d'amplitude (moins de 30° de rotation de chaque côté). L'appui des mains permet de contrôler le mouvement, de le guider, et de le stopper à la moindre douleur. Deux, trois minutes, plusieurs fois par jour.

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OUI !
Voici une autre façon d'étirer son cou. A pratiquer alternativement d'un côté puis de l'autre. Sur la photo, l'épaule gauche est étirée vers la droite, tandis que la tête tourne du côté opposé. La tête se tourne en douceur du côté opposé à l'épaule étirée.
Il faut sentir l'étirement musculaire derrière l'épaule (fixateurs de l'omoplate et trapèze).

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NON !!!

A ne pas faire !!! Chercher à retrouver la mobilité de sa tête en la tournant en tous sens, le plus loin possible, et au besoin en tirant dessus avec sa main, comme préconisé à tort par une multitude de sites internet et de professionnels de santé mal avisés.
Tout ce que l'on risque est de se bloquer le cou, ou pire de léser l'artère vertébrale qui irrigue le cerveau.

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OUI !

Certains d'entre nous bougent tout le temps la tête, comme les poulets. Croyez-vous que cela soit une bonne chose ? « Pour voyager loin - dit le proverbe -, il faut ménager sa monture ». Ainsi pour loin mener ses articulations, il est logique de les ménager.
Lorsque vous avez à tourner la tête, tournez d'un bloc sur les pieds comme le font les mannequins sur le podium, les épaules accompagnant les mouvements du cou. En plus, c'est élégant !
N'optez pour les grands mouvements du cou que par absolue nécessité.

  • Douleurs neuropathiques : des prises en charge non médicamenteuses aux décisions stratégiques. V. Guastella, M. Navez, G Mick. Rhumatologie Pratique. Février 2009.

Douleurs chroniques, traiter le corps ne suffit pas…

, 16:09

On dit souvent que les douleurs chroniques « c’est dans la tête », du coup certains sujets souffrants en concluent qu’ils sont un peu « dingos ». Bien sûr que non.

Un article de la revue Rhumatologie Pratique, publié en juin 2011 et intitulé : « Bases neurologiques des douleurs », précisait que plusieurs études Scientifiques mettaient en évidence des altérations morphologiques du cerveau chez le sujet douloureux chronique, avec notamment une atrophie du thalamus*. Atrophie signifie qu’il y a diminution de volume. Le thalamus s’est donc racorni, ce qui n’est pas anodin quand on connaît le rôle de ce noyau gris central. Il gère à la fois douleurs, postures et mouvements. C’est un peu comme si l’on avait un virus dans le disque dur de la tête. Certains jours il est inopérant et tout se passe bien, on bouge, on se déplace sans problème, mais il suffit que le virus s’active sans qu’on sache pourquoi et comment, pour qu’en exécutant un geste anodin du quotidien on se bloque et que se ravive la douleur qui nous est propre.

Ainsi est-il aisé de comprendre par exemple que si l’on souffre du dos en raison d’une hernie discale, et qu’un chirurgien affirme qu’en l’ôtant la douleur s’en ira aussi, il s’agit d’un vilain mensonge. Il faudrait lui rétorquer : « Qu’allez-vous faire pour soigner mon thalamus largement impliqué dans mes douleurs chroniques ? Car sinon les douleurs vont revenir de plus bel ! ». Le chirurgien serait bien embêté pour répondre car il n’en sait rien. Pareil pour l’ostéopathe qui vous manipule et prétend : « Ca y est, vous êtes guéri ! ».

Le thalamus envoie des impulsions électriques appelées onde alpha d’une fréquence comprise entre 8 et 12 hertz, lesquelles modulent les sensations corporelles. Lorsque l’esprit se concentre sur une partie du corps, celle qui fait mal par exemple, il a été démontré que les ondes alpha diminuent sur la zone correspondante du cerveau ; la douleur baisse. Donc méditation, hypnose médicale sont de bonnes solutions pour rééduquer son thalamus… mais pas que... Il faut également radicalement modifier ses mauvaises postures (notamment la station assise, thème abordé plusieurs fois sur ce blog), consulter un professionnel de santé initié à la thérapie manuelle, et travailler l’équilibre yeux fermés pour stimuler la voie bulbo-thalamique.

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Un exemple d’exercice sur plateau instable. Le sujet ferme les yeux. Il se concentre sur la zone de son corps qui fait mal en recherchant le positionnement du corps permettant de l’atténuer. S’il s’agit des lombaires, il lui faudra par exemple plus ou moins cambrer les reins en durcissant les abdominaux, puis tenir la posture un certain temps.

Yoga et méditation

Une amie m’a dit dernièrement : « Le yoga me fait beaucoup de bien pour mes douleurs ! », mais en quoi consiste réellement son yoga, car en occident on a tendance à le considérer comme une sorte de gymnastique douce et relaxante pour l’esprit, ce qui est considérablement réducteur.
Il importe d’en énoncer les cinq principes fondamentaux et indissociables :
L’exercice doit être approprié, la respiration adaptée à l’exercice, tout ceci en mode relaxation, l’esprit ne devant pas vagabonder. Alimentation et méditation sont les autres points forts de cette pratique. Il existe plusieurs façons de méditer certaines postures y aidant mieux. On use également de sons claironnés à haute voix, on visualise des images, des couleurs.

Hypnose médicale

Hypnos signifie « sommeil » en grec, mais dans la pratique de l’hypnose médicale on ne s’endort pas. Le praticien induit chez son patient un état modifié de la conscience. Ce dernier se relaxe, ses sens s’engourdissent. Afin d’atténuer une douleur, il s’agit ensuite par exemple pour le patient de se projeter dans son imaginaire, à la recherche d’un souvenir agréable et d’une façon telle que l’expérience pénible de la douleur passe au second plan.
Autre exercice : se détendre, imaginer que sa douleur est une boule rouge, brûlante, que l’on va expulser de soi en expirant un grand coup.
Cependant ne nous berçons pas d’illusions. Méditation et hypnose n’évacuent pas les douleurs comme par magie, car en cas de rhumatismes invalidants par exemple (polyarthrite, spondylarthrite), de défauts morpho-statiques importants (scoliose, cyphose raide), ils demeurent.
Ainsi Bouddha, pourtant champion de la méditation, avait-il sur la fin de sa vie très mal au dos sans possibilité de s’en débarrasser, si bien qu’il était obligé de se caler avec des coussins durant ses séances. Méditation, hypnose, aident à relativiser, on supporte mieux ses douleurs et on rééduque son thalamus. Aussi demandé-je volontiers à mes patients douloureux chroniques de s’initier à l’une ou l’autre pratique, pour détenir des outils à même de les aider. Cependant ils ont hélas toujours besoin de moi.

L’un de mes outils pédagogiques : « le propulseur énergétique ».

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Légende : le sujet douloureux chronique positionne ses mains de cette manière, pouces posés sur le nombril et auriculaires orientés vers le sol. Il concentre ensuite toute l’énergie négative accumulée en lui (sous forme de douleur et d’anxiété) dans son ventre, avant de l’évacuer par le nombril (le nombril étant connoté « naissance/renaissance », tout un programme…).
Si l’on est agressé verbalement par quelqu’un qui nous fait face, on peut agir de manière identique. Pareil si on se trouve dans un environnement hostile et que l’on désire se calmer.

Gwilim SE et al. Thalamic atrophy associated with painful ostéoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum. 2010 ; 62: 2930-40.

Mal au cou : un nouveau type d'élongation cervicale

, 08:58

Voici ma dernière invention dont les patients raffolent déjà.

Dans un bassin chauffé à 33°, le patient est confortablement étendu, immobile, sur un support flottant souple, son collier cervical étant relié à un sandow élastique qu'on fixe à une barre. Les linges autour de la tête ainsi qu'autour des chevilles servent de protection. La serviette posée sur le torse préserve du froid.

La traction est savamment dosée, et exercée manuellement par l'opérateur dans l'axe du corps à l'aide d'une bande caoutchoutée élastique (MSD-band noir), puis fixée à une barre. La bande peut être retendue en cours de séance pour plus d'efficacité sous accord patient-soignant.

Durée de la séance : de dix minutes à un quart d'heure, et sous constante surveillance.

Crises aiguës exclues, accord médical exigé.
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Intérêt de l’acupuncture comme technique d’appoint en kinésithérapie

, 06:48

Dans « Le quotidien du Médecin – N° 8867 – 1er décembre 2010 », le Docteur Nina Theysohn écrit : « Par étude I.R.M., il a été prouvé que l’activité des aires cérébrales impliquées dans la douleur, sont significativement atténuées par l’acupuncture. »
A l’Université de Californie, la stimulation d’un point d’acupuncture destiné à traiter les problèmes oculaires, a entraîné une activation de l’aire visuelle du cerveau. A l’université de Hong Kong, en stimulant un point d’acupuncture censé résoudre les problèmes de langage, ont été stimulées les aires cérébrales responsables de la parole. A Harvard, la stimulation d’un point traitant les nausées a activé la zone du cervelet correspondante.
Certains chercheurs évoquent une transmission de l’information acupuncturale au travers du réseau des fibres conjonctives qui relient tous les éléments de notre corps.

L’acupuncture est l’un des secteurs de la médecine chinoise. Science millénaire, puisque remontant à 3000 ans avant J.C., elle agit sur l’ « énergétique » corporelle. Pendant des centaines d’années elle a essentiellement eu une fonction préventive. Tellement que l’on cessait de payer son acupuncteur dès qu’on tombait malade.
L’énergie vitale parcourt le corps selon un trajet précis, au travers de voies invisibles appelées « méridiens », et ce durant 24 heures (cycle circadien), avant recommencement. La plupart du temps, l’acupuncteur utilise des aiguilles (à usage unique pour éviter toute contamination), et pique avec certains points de la peau, pour réguler l’énergie. Parfois il utilise des tiges de bambou. La moxibustion consiste à user de cônes de gingembre ou d’armoise, qu’on fait brûler (combustion comparable à la cigarette) pour stimuler les points.
On peut aussi masser les points (digipuncture). Cette méthode est employée depuis 1952.

Yin et yang sont les deux énergies du corps. Elles sont très différentes et s’affrontent en toutes choses. La matière est yin, l’activité est yang. L’énergie yang stimule les fonctions, le yin apaise. Pour chaque méridien l’énergie est yin à son départ, mais yang à son arrivée.

Nos activités au quotidien influencent grandement notre équilibre énergétique, en bien ou en mal :

  • L’automobile en ville épuise le Yin, et augmente dangereusement le yang.
  • La promenade en forêt tonifie le yin et vide le yang.
  • Le ski tonifie le yin, sans épuiser le yang. Il est bénéfique.
  • Le tennis vide l’excès de yang, mais épuise souvent le yin. Il n’est donc bénéfique qu’en cas d’excès de yang.
  • La course à pied tonifie yin et yang, elle est donc bénéfique.
  • La natation fait passer le yang dans le yin, et n’est donc bénéfique qu’en cas d’excès de yang.
  • Le judo tonifie le Yin au sol, épuise le yang debout.

Bien que l’acupuncture ait une action réflexogène, il ne faut pas la confondre avec : auriculothérapie, réflexologie podale ou endonasale, Bindegewebemassage, ou encore iridologie.

L’auriculothérapie telle que pratiquée en Europe, a été mise au point il y a une cinquantaine d’années, par un médecin Lyonnais : Paul Nier. L’oreille est une image du corps où se retrouvent tous les organes, appareils, articulations, à des points précis. Il y en a deux cents. Stimuler ces points par micro-courant ou aiguille, correspond à influencer la partie du corps en référence. Les aiguilles sont implantées de quinze à vingt minutes. Il existe aussi des aiguilles semi-permanentes. On les pose, puis elles tombent toutes seules. L’acupuncture traditionnelle reconnaît l’existence de points d’oreille, mais n’imagine pas traiter un patient uniquement de cette manière.
La réflexologie podale consiste à stimuler par friction manuelle, des zones précises du pied. La réflexologie endonasale use de cotons-tiges trempés dans des huiles essentielles, pour stimuler à l’intérieur du nez des zones précises en rapport avec les différentes parties du corps. Pour les repérer, chaque bâtonnet à une longueur différente, visant chacun un point précis.
Le Bindegewebemassage s’intéresse au dos qui est aussi une cartographie de tout le corps. Il traite par massages réflexes du bout des doigts sur cette zone corporelle.
L’iridologie n’est pas une réflexothérapie. Elle ne permet pas de soigner, mais de savoir instantanément en regardant l’iris de l’œil du patient, les maladies ou blessures physiques qu’il a subies durant sa vie, car elles s’y inscrivent. Ce sont principalement les homéopathes qui s’en servent pour affiner leur diagnostic, et décider de leur traitement.

Dans le domaine de la kinésithérapie, l’utilité de l’acupuncture est évidente pour aider à soulager douleurs aiguës ou chroniques (dos, sciatiques, névralgies, rhumatismes, migraines, dystrophies de croissance chez l’enfant, troubles psycho-émotionnels et fonctionnels).
Un kiné qui veut pratiquer l’acupuncture n’a pas droit aux aiguilles, à la différence d’un infirmier habilité à faire des piqûres. C’est pourquoi j’use pour ma part d’un Miniacusonic et d’un laser.
L’électropuncture a été initiée en 1825, par un médecin français, le chevalier Jean-Baptiste Sarlandière, qui a eu l’idée d’associer à l’acupuncture une nouveauté de l’époque : l’électricité.
La pointe émoussée de mon Miniacusonic, est reliée à un mini-galvanomètre qui indique la différence de potentiel au niveau du point électrodermique d’acupuncture de la peau. L’électropuncture peut tonifier, disperser, ou inverser la polarité des points traités. Elle chasse les ions positifs, enrichit les tissus d’ions négatifs, favorisant recalcification, cicatrisation, ou guérison.

L’apport d’électricité à travers les points d’acupuncture provoque également la libération de sérotonine et stimule les récepteurs de ce neurotransmetteur de la douleur dans la moelle épinière.

Le laser à infra-rouges que j’utilise aussi, envoie un rayon qui traverse la peau en profondeur, jusqu’à 4 cm, et donc stimule le point d’acupuncture. La longueur d’ondes d’un tel outil doit se situer entre 685 et 785 nm (namomètres). Je le réserve aux sujets réfractaires au courant (qui « pique » un peu), notamment aux enfants.
Les enfants scoliotiques sous corset, voient leur énergie vitale perturbée, le corset freinant l’énergie, notamment au niveau du « méridien ceinture ». Entre autres actions notables, l’électropuncture consolide le support de la colonne vertébrale, par relance de l’énergie au niveau du bassin.

Profession kiné : garder un œil d’expert. L’éternel thème de la lombalgie chronique

, 07:09

En hommage ce jour à Monsieur Roger Federer, qui est handicapé par son dos.

On est aisément conduit à remettre en question ce que nous avons appris durant nos études, étant donné qu’il y a beaucoup de théories qui s’avèrent fausses au fil du temps, et qui sont encore enseignées comme des dogmes. Ainsi les différentes approches concernant les protrusions discales rachidiennes (hernies) concernant la « décompression », la « stabilisation », méthodes rééducatives largement préconisées et qui sont malheureusement assez contradictoires. Les exercices de « décompression » sont censés remédier à l'action néfaste de la pesanteur. Toutefois il y a l’exemple des astronautes qui ont quand même des problèmes de dos, et ceci même en l'absence de pesanteur.
Par ailleurs les techniques de « décompression », telles « inversion » ou « stretching », peuvent entrainer une hypermobilité vertébrale, c'est-à-dire une forme inquiétante d’instabilité.
En ce qui concerne la « stabilisation rachidienne », tout verrouiller comme le préconisent bon nombre de confrères (le fameux « verrouillage lombaire ») n'est pas non plus une solution, car une bille placée entre deux cylindres aura tendance à être expulsée d'autant plus facilement que les haubans reliant les deux cylindres sont tendus.

Le problème majeur découlant des hernies intradiscales vient sans doute de « patterns de mouvements défectueux acquis». C’est-à-dire de schémas moteurs devenus inefficaces. Les gestes et mouvements que nous exécutons alors, même ceux qui visent à cibler l’économie rachidienne comme de bien plier les genoux en se baissant pour ramasser un objet au lieu de courber le dos, ne sont plus efficaces.
Le problème relève d’un mauvais fonctionnement du cerveau.
Le thalamus (l’un des centres de commandement majeurs du cerveau régissant douleur, postures et mouvements) est endommagé, il envoie parfois de mauvais signaux*. Pour donner un exemple simple, si l’on compare notre cerveau à un ordinateur, c’est un peu comme s’il était parasité par un virus. Imaginons que pour exécuter un mouvement, nous tapions sur le clavier : « Baisse-toi pour ramasser ton stylo (par exemple) en faisant bien attention à ton dos ! ». Si le virus est inactif, le geste va se faire sans mal, mais si le virus est actif, il va parasiter le mouvement et l’on sera victime d’un prétendu « faux mouvement ». Le cerveau aura enregistré : « Ouille, en me baissant, je vais fatalement avoir mal ! », même si le mouvement a été correctement réalisé.

Comment s’en sortir alors ?
De quels moyens le kiné dispose-t-il pour améliorer cela ?

Ma solution, laquelle, si elle n’a pas été testée scientifiquement a le mérite d’aller dans le bon sens puisqu’elle est logique, consiste à stimuler la propioception** par la voie nerveuse centrale « voie bulbo-thalamique ». La propioception consciente étant à la base de notre schéma corporel.

Exemples d’exercices, à réaliser et c’est important, les yeux fermés, quotidiennement pendant trois minutes :

- « L’arbre », du Yoga. Debout sur un pied, tenir la position le plus longtemps possible.

- Mettre un matelas en mousse sur le sol et marcher dessus les yeux fermés.

- Rouler un gros ballon (swiss ball, Klein) sous un pied, puis sous l’autre (exercice décrit avec photo sur ce blog au 30.09.2012). S’asseoir dessus, lever un pied, puis l’autre.

D’autres exercices sont décrits dans ce blog, avec photos à l’appui (14 et 27 décembre 2012).

· Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. “Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.
· ** La propioception désigne l’ensemble des composants corporels concourant à la perception du corps et au maintien de l’équilibre.

Scoliose de l’enfant

, 09:19

Une maman m’a dit récemment : « Il n’y a rien sur votre blog concernant la scoliose ! ». J’ai répondu : « Coupable ! ». Comment cela se peut-il, alors que mon expérience est continue et s’étale sur trente années ? D’où ce billet.
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(photo : Michael Kenna : statue, Vaux le Vicomte)

Définition

La scoliose juvénile idiopathique* évolutive (non neurologique ou neuromusculaire), se caractérise par une déformation de la colonne vertébrale dans les trois plans de l’espace (frontale, le fameux « S », avec rotation et inclinaison des vertèbres). Les scolioses dorsales (thoraciques) sont toujours plus évolutives, donc plus graves que celles situées plus bas (thoraco-lombaires et lombaires).
Les vertèbres sont comme les cubes en plastique avec lesquels jouent les enfants. Au nombre de vingt quatre, elles sont empilées et solidement accrochées l’une à l’autre. En cas de scoliose ce complexe assemblage se déforme, incapable de s’adapter correctement aux contraintes de la pesanteur. L’enfant est déséquilibré « de la tête aux pieds ».

Voilà bien défini un syndrome de déficience posturale, à prendre en compte en rééducation dans toute sa complexité, au risque sinon de ne pas être efficace.

Risque évolutif

Une scoliose est dite évolutive quand elle s’aggrave d’au moins un degré par mois au test de Cobb, deux degrés par mois durant un an correspondant aussi à une notion d’évolutivité inquiétante. En fait, il s’agit d’une « révolution », le corps se modifiant profondément avec déficit esthétique (déformation du dos) et fonctionnel (perte de souplesse, déséquilibre musculaire, parfois même problèmes respiratoires pour les scolioses dorsales). S’y ajoute une dimension psychologique qui n’est pas la moindre. A l’âge où s’affine le souci de l’apparence, il est difficile d’assumer la déformation de son dos, notamment quand « l’autre » a les yeux dessus, comme à la plage ou en pratique sportive. En cas de port d’un corset, c’est pire. Entre onze et quinze ans s’opère la structuration du « MOI ». Cette tranche d’âge se caractérise par une instabilité psychologique qui ne facilite pas les choses. L’aide d’un psychothérapeute peut s’avérer nécessaire.

Il est dit que la scoliose débute dans le ventre de la maman. Plus elle apparaît tôt dans l’enfance (nourrisson : 0 >1 an, juvénile : 3 > puberté, adolescent : dès la puberté), plus elle risque de s’aggraver. Il ne faut pas manquer de la dépister avant la puberté, et moins encore de rater le virage dangereux de la poussée pubertaire appelé « couloir stratégique** », au début de l’ossification de la crête iliaque *** (Côtée « Risser 1 »). A : « Risser 0 », le risque est quatre fois plus grand qu’à « Risser 3 ou 4 ».

Alors qu’une scoliose de moins de 20° a fort peu de risques de s’aggraver, les trois quart s’aggravent au-delà de 20°, et toutes à plus de 30°.

Autres facteurs de mauvais pronostic : dos plat, asymétrie des côtes.

Appareillage

Une scoliose évolutive qui dépasse 20°, oblige au port d’un corset (Cheneau, Boston, Lyonnais, Milwaukee), ainsi qu’à la pratique régulière d’une rééducation de qualité. Il est porté de manière permanente ou parfois seulement la nuit, la croissance se faisant principalement durant le sommeil. Pour accepter le corset, on ne peut demander à un enfant, comme le font certains professionnels de santé, de «se projeter sur l’avenir » en s’imaginant à l’âge adulte. Lui dire par exemple : « Quand tu seras grand(e), tu seras bien contente d’avoir un dos plus droit, ton avenir est tout ce qui compte ! ». Pour un enfant seul compte le moment présent, et alors que jusqu’ici il pouvait faire des galipettes, des roulades, courir en tous sens, chahuter, avec le corset c’est fini. Ses proches devront donc l’aider à réorganiser ses activités, et à trouver de nouveaux pôles d’intérêt ludiques pour atténuer le traumatisme psychologique. Il faut se méfier des enfants qui prétendent que cela ne leur pose aucun problème. Ils refoulent leur dépit. En résumé, il importe de se mettre à la portée de l’enfant, de l’écouter et lui expliquer les choses avec des mots qu’il peut comprendre. Un enfant n’a rien d’un adulte en miniature !!! Le port permanent d’une telle « carapace », provoque un paramorphisme inversé (altération de la forme à visée correctrice). Avant le corset, la progressive déformation de la colonne oblige les membres inférieurs à s’adapter pour maintenir l’équilibre, ce processus est subitement inversé. L’enfant ne peut garder l’équilibre que s’il modifie de nouveau ses appuis, avec pour conséquence une orientation modifiée de ses hanches, genoux et pieds, et donc une incidence sur la musculature gainant ces articulations. Le « haubanage » s’oriente différemment, il suit le « fluage » vertébral, d’où risques de tensions voire de déformations à plus ou moins long terme au niveau des membres inférieurs, si le « virage » correcteur du corset n’est pas convenablement réalisé. Le port de la tête même est modifié, pour adapter le regard. Tout cela provoque un inévitable chamboulement dans l’équilibre. D’où l’importance d’une rééducation de qualité ne ciblant pas que l’assouplissement, mais également la propioception, voire l’oreille interne si elle est atteinte. Si l’équilibre n’est pas amélioré par la rééducation, le travail d’assouplissement entrepris par exemple ne tiendra pas. Les tensions musculaires et contractures reviendront, étant consécutives à de constantes adaptations (inconscientes) aux postures adoptées spontanément par le sujet durant la journée. Thérapies Manuelles (Ostéopathie, Myothérapie, Thérapie Normotensive).

L’avantage de ces thérapies est qu’elles considèrent le patient dans sa globalité (concept holistique), traquant et traitant les répercussions de la scoliose sur l’ensemble du corps.



Toute manipulation (le thrust) pour soi-disant assouplir la colonne, est rigoureusement interdite car inefficace et dangereuse ! En général aucun jeune de moins de seize ans ne doit être manipulé pour quelque raison que ce soit.

Par contre les manœuvres douces de thérapie manuelle dites « tissulaires » (sur les fascias) sont utiles, bien qu’elles ne suffisent pas à traiter à elles-seules efficacement la scoliose. Quand le corset s’impose par exemple, il ne faut pas tergiverser et le porter ! Si votre Ostéo prétend pouvoir assumer à lui seul la scoliose de votre enfant sans l’aide du corset, ne vous laissez pas convaincre, changez d’Ostéopathe.

La thérapie manuelle par Brachy-Myothérapie est d’un grand intérêt (voir sur internet).

Ma préférence va à la thérapie Normotensive (voir sur internet).

L'électrostimulation externe nocturne

La stimulation électrique se pratique de nuit, du côté convexe de la courbure vertébrale, par électrodes posées sur la peau et reliées à un petit boîtier fournissant un courant de basses fréquences (le muscle se contracte sous son effet).
Indications :
Scolioses évolutives en période de croissance, souples, inférieures à trente degrés.
Problèmes :
- Elle est mal supportée. Le courant n’est pas agréable. De plus, quand on bouge durant le sommeil, les électrodes ont tendance à bouger et envoient de petites décharges fortement désagréables qui réveillent le dormeur en sursaut.
- Son efficacité est largement contestée.

Rééducation
Mon expérience concerne la tranche d’âge onze - seize ans.
Toutes les scolioses dépassant les quinze degrés, celles s’aggravant de un à deux degrés par mois, imposent une rééducation de qualité. La durée de prise en charge s’étale sur plusieurs années, et ne doit surtout pas rater le fameux « couloir stratégique »**. La rééducation s’arrête à la fin de la croissance, le dos nécessitant ensuite les mêmes précautions que pour n’importe qui d’autre (prévention des gestes à risques, lutte contre la sédentarité).
Les enfants souffrant de scoliose ne risquent pas à l’âge adulte de souffrir davantage de leur dos que n’importe qui d’autre s’ils en prennent soin, mettant notamment en pratique tout au long de leur vie les conseils que je prodigue au fil de mes billets dans ce blog.

Les publications scientifiques nous enseignent que malgré les traitements, les scolioses régressant spontanément sont exceptionnelles, et cela toujours en période pré-pubertaire ainsi que seulement pour les moins de 15°. Si ce chiffre est décourageant au niveau national, la raison en est que la plupart du temps la prise en charge est défaillante. Combien d’enfants bénéficient-ils de l’ensemble des contrôles et soins détaillés dans ce billet ?

La rééducation oui, mais sérieusement conduite

Attention aux séances de rééducation bâclées ! Quelques exemples :
- Une séance de gym sans surveillance. Le Kiné doit constamment veiller à ce que les exercices soient correctement réalisés. Trop souvent les exercices sont montrés à l’enfant lors de la première séance, puis les autres fois il est laissé seul sans surveillance.
- Trente inclinaisons du tronc en position assise d’un côté puis de l’autre, avec ensuite un petit massage, est une escroquerie (masser un dos scoliotique ne sert aucunement à l’améliorer. C’est juste un petit plaisir) !
- Une séance ciblant le renforcement des abdos est une absurdité (tel cet exercice : enfant couché sur le dos hanches fléchies, on lui demande de dessiner des lettres en l’air du bout des pieds). En cas de dos plat, si l’idée est d’arrondir le dos en raccourcissant les abdos, tout ce qu’on obtient est un (hypothétique) effacement de la lordose lombaire, ce qui augmente les contraintes lombo-sacrées. Le dos reste plat mais ce méplat se prolonge vers le bas avec surmenage du cou qui se courbe d’avantage pour que le regard reste horizontal. De plus, faire du renforcement abdominal une priorité (crunch, sit up) induit un dangereux déséquilibre musculaire, et augmente les pressions sur le périnée (risques de fuites urinaires chez les sujets fragiles).

Sport
Il faut gainer, harmoniser la musculature dans son ensemble, sans oublier les membres (un tronc musclé avec des membres grêles est une absurdité !). Il faut renforcer les muscles faibles de l’ensemble du corps pour les mettre au niveau de ceux qui sont forts.
Il faut se rappeler également que la force de l’enfant est limitée. Toute recherche de renforcement est illusoire en raison de la forte production énergétique due à la croissance.
Quant aux exercices d’assouplissement, pour être efficaces ils doivent être actifs. Les étirements passifs sont contre-productifs. Il faut faire pratiquer à l’enfant des ERATM (Etirements raisonnés actifs myotendineux. Voir sur internet). S’ils sont accompagnés d’élongations axiales comme je les pratique, et/ou accompagnés d’une thérapie manuelle, l’effet est bien supérieur.
Certains médecins disent qu’il vaut mieux éviter le sport durant la première année du corset. C’est une erreur. Le port d’un corset 18 heures, ou plus souvent 23h sur 24, s’oppose à un fonctionnement normal de la musculature et
contrarie la propioception. C’est dire l’importance du sport pour compenser (notamment les sports à impact et en extension comme basket, volley ball).
Si l’enfant doit impérativement continuer le sport à l’école et durant ses loisirs, il doit éviter les activités à risques de chutes (judo), ou sources de traumatismes fréquents (rugby, foot, accrogym). Activité sportive intensive et sports asymétriques (escrime, tir à l’arc, tennis) qui augmentent les paramorphismes (altérations de la forme), sont vivement déconseillés.

Vincent est le gentil papa d’une petite fille adorable dont je m’occupe. Comme tout papa inquiet il a consulté sur internet presque tout ce qui se rapportait à la scoliose. Il m’a dit savoir que : « Certaines nageuses professionnelles qui ont des scolioses, se sont retrouvées très jeunes en bassin d’abord uniquement à cause de leur scoliose parce que leur médecin le leur préconisait, la passion de la natation étant venue après. Trois heures de dos crawlé par jour ont fait des miracles ! ».Vrai ! Seulement, un entraînement pareil n’est pas à la portée de tout le monde. Il est à noter également que le dos crawlé ne suffit pas, car ce sont les muscles antérieurs du tronc et ceux des épaules qui sont largement privilégiés au détriment des muscles postérieurs (ceux du dos), surtout en cas d’entraînement intensif. Il faut toujours y ajouter à sec un gainage du dos.

Exemples de bons exercices proposés sur ce blog : ceux des 10 septembre 2012, et 23 juin 2013.

La pratique de l’équitation sans excès et hors compétition est utile, car un bon cavalier corrige son assiette. Pratiquant le « trop enlevé », il n’est jamais avachi sur son cheval, il se tient bien droit. La bonne position assise, celle qui soulage les vertèbres lombaires (les reins), n’est-elle pas d’ailleurs celle du cavalier (130° angle tronc-cuisses) ?
La rééducation telle que je la conçois
La scoliose n’est pas un « accident » local, mais résulte d’une accumulation de déséquilibres moteurs, articulaires, et neurologiques. Il faut donc attaquer de front tous ces problèmes. Se présente un véritable « syndrome de déficience posturale ». L’enfant a du mal à se tenir debout, il lutte inefficacement contre la pesanteur.

Problèmes d’équilibre
Il y a atteinte de la propioception, et parfois des problèmes vestibulaires. Des tests simples permettent de les évaluer (Romberg pour la propioception, Fukuda pour le vestibule). Mon premier test simplissime consiste à demander à mon patient de se tenir sur un pied puis sur l’autre, yeux fermés.
Le port de la tête est en rapport avec le système vestibulo-labyrinthique. Une asymétrie de tonus des muscles du cou est quasi systématique chez le scoliotique. La tête est mal positionnée sur son « tuteur-colonne ». Pour garder le regard horizontal, le sujet compense en inclinant très légèrement son cou, ce qui modifie toutes les courbures de sa colonne.

La posturologie s’intéresse au sujet debout, or nous sommes devenus des « homos sedens », assis des heures durant, souvent avachis.
La chaise classique à dossier vertical que l’on trouve partout, notamment à l’école, est une agression pour le dos. La pression sur les vertèbres lombaires est augmentée de 50 % par rapport à la station debout (tests de Nachemson). L’apprentissage du vélo peut même poser problème à cause de ces soucis d’équilibre. Dès que l’équilibre a été amélioré par la rééducation, l’enfant tient sur son vélo.
La marche doit être analysée par le kiné et corrigée devant miroir (le port de la tête aussi). Bien s’asseoir !

La consigne est de s’asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym (Swiss-ball, ballon de Klein), ou sur siège à assise inclinée en avant (assise Mandal). Finie la chaise classique, encore moins le canapé moelleux ! Il s’agit de passer de la station assise passive à la station assise active (voir les billets s’y rapportant sur ce blog).
Malheureusement les sièges des Ecoles, Lycées et Facultés sont des engins de torture pour le dos. Très tôt nos chers bambins apprennent à l’école à mal s’asseoir !!! Etonnez-vous après qu’ils en gardent l’habitude ! Sur un siège classique à dossier vertical, il faut s’asseoir sur le bord de l’assise.
L’usage d’un coussin ferme triangulaire de cinq centimètres d’épaisseur placé sur l’assise, pointe du triangle en avant, permet d’obtenir une légère extension des hanches. Il est donc recommandé aux porteurs de corset. L’adaptation de la station assise à l’école étant un problème, le kiné ne doit pas hésiter à donner ses directives par écrit au professeur principal. Comme réclamer un siège plus bas.

Debout, l’appui au sol doit être analysé (enregistrement stabilomoteur chez un podologue), avec prescription éventuelle de semelles propioceptives, bien qu’il ne faille pas en attendre de miracles. Prises isolément elles ont peu d’effet sur le dos mais s’intègrent logiquement dans un programme global de reconstruction posturale.
- Nota : Tout enfant scoliotique doit perdre l’habitude de croiser les jambes en position assise. Cela entraîne une bascule du bassin, et le dos s’incurve pour compenser. C’est pour tout le monde de toute façon une mauvaise habitude à combattre.

La vue
Les capteurs et effecteurs oculaires sont souvent atteints. Le capteur propioceptif visuel comprend douze muscles oculomoteurs qui ne remplissent pas toujours correctement leur rôle dans leur contribution à l’équilibre général du corps.
Solutions :
- Port de lunettes prismées, prescrites par un Optométriste si nécessaire. Tout enfant scoliotique devrait consulter un Optométriste.
- Une rééducation orthoptique.

La mâchoire
Musculatures de la mâchoire et du cou sont dépendantes l’une de l’autre. Il faut rechercher un éventuel SADAM ( syndrôme algodysfonctionnel de l’appareil manducateur) par « clichés dynamiques bouche ouvert – bouche fermée ». Prescrit par un Orthodontiste, le port d’une gouttière dentaire nocturne peut s’avérer nécessaire.

Le viscéral
Une lésion du contenu abdominal agit sur la mécanique de l’abdomen, et se répercute sur la mécanique générale du corps. Il n’est qu’à donner l’exemple de la femme enceinte chez laquelle dès le septième mois, la masse fœtale tire les vertèbres lombaires en avant, parfois jusqu’à une ptose de la zone sus-pubienne. Une hypertension abdominale unilatérale favorise une attitude scoliotique.

Thérapie normotensive
Le terme « normotensive », procède de la contraction de deux mots : normalisation et tensions (neuromusculaires). Elle prend en compte l’ensemble du corps et traite le syndrome de déficience posturale.

Cette thérapie manuelle est basée sur : le toucher déclenchant (triggering touch), le toucher détenseur (relaxing touch), et un traitement original des « trigger points » (voir billet sur ce blog). Elle traite les dysfonctions de l’appareil locomoteur et viscérales.
Nota :
Des contractures des muscles paravertébraux sont observées cliniquement dans le cas de la scoliose, un problème vestibulaire ou propioceptif du système oculomoteur, les favorisant. Il faut donc rééduquer le problème vestibulaire ou propioceptif.

Acupuncture
Elle est une des branches de la Médecine Chinoise, et affirme réguler l’énergie du corps en agissant sur certains points clés par aiguilles et autres modalités. Je pratique l’électropuncture à l’aide d’un « mini-acusonic » et d’un laser (pour les plus jeunes ou les plus sensibles au courant), la croissance étant une période de flambée énergétique tout autant que de flambées hormonale et scoliotique.
Les points d’acupuncture sont des points de moindre résistance électrique. Les appareils d’électropuncture repèrent ces points dits « électrodermiques », et envoient de petites impulsions correctrices. La longueur d’ondes d’un laser à Infra-Rouges (685-785 nm), permet une pénétration à travers la couche cutanée jusqu’à trois à quatre centimètre de profondeur. Le laser peut donc remplacer l’aiguille.
Certains chercheurs émettent l’hypothèse d’une transmission de l’information acupuncturale à travers le réseau des fibres conjonctives. Points clé : 62 V (thalamus-ouvre), 3 IG (tonique général), RP 5 (thalamus). Stimulation par balayage laser du méridien curieux Chong Mai (qui contrôle l’énergie de tout le corps), points sur Du Mai (Roé Jenn Mai + VB + R).
En auriculothérapie : 0’, L8, T2, W’’ + point thalamique.

Exercices de rééducation
- Sur planche oscillante corporelle (sur ce blog, exemple d’exercice au 27 décembre 2012),
- Sur swiss-ball (exemples : billets des 23.06.3013 et 28 avril 2013 sur ce blog),
- En bassin chauffé.
- Quelques exercices à domicile.
Privilégier gainage et équilibre (exercices pratiqués de préférence yeux fermés, Ex : « l’arbre » en yoga, yeux fermés).

Elongations Mes jeunes patient(e)s bénéficient d’élongations douces **** dont les modalités sont décrites dans ce blog, la plus efficace étant sans conteste « l’élongation active axiale en bassin chauffé » de mon invention (billet du 13 octobre 2013).

Conclusion :
Parents, exigez des soins de qualité pour vos petits anges, leur avenir en dépend !!!

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  • Ce qui veut dire : « dont on ne connaît pas la cause », bien qu’on soupçonne fortement une cause génétique. Dans 85 % des cas ce sont des filles qui ont des scolioses. Ce qui suscite une question : le gène « X » sexuel est-il impliqué ? De plus la maman ou la grand-mère de l’enfant atteint de scoliose est fréquemment aussi scoliotique.


** Entre onze et treize ans d’âge osseux chez la fille, entre treize et quinze ans chez le garçon. Toute scoliose qui augmente de plus de 1° par mois dans cette période est dite « maligne ».

*** L’os iliaque est l’os plat latéral du bassin, dont l’ossification de la crête est prise en compte pour définir les phases de la croissance. A Risser 5, la croissance est terminée.

**** Les tractions vertébrales sont interdites aussi bien pour les enfants que pour les adultes, car si on « vous tire dessus », le corps réagit heureusement par des contractions musculaires pour éviter l’arrachement (stretch reflexe).

Rééducation en Rhumatologie

, 21:25

(suite du billet : Rééducation gériatrique)

La plupart du temps non seulement les médicaments ne guérissent pas, mais ils apportent un lot impressionnant d’atteintes bien plus graves, cardio-respiratoires, ou digestives. Souvenons-nous du Vioxx, qu’on a interdit après quelques accidents gravissimes !
Ainsi ostéopathie, kinésithérapie, ergothérapie, cures thermales, occupent-elles une place essentielle dans la prise en charge de ces pathologies.
Il y a d’un côté les atteintes ostéoarticulaires dégénératives qui concernent l’usure prématurée et le vieillissement, de l’autre les affections inflammatoires dont les principales sont la PR (polyarthrite rhumatoïde), et la SPA (spondylarthrite ankylosante).

En France, la première cause de ce type de consultation est le dos (j’ai écrit plusieurs billets sur le sujet, ainsi que des livres. Les consulter), la deuxième l’épaule douloureuse simple. L’arthrose est devenue le problème de santé «number one», en occident.
Nota : Les cellules graisseuses produisent certaines protéines (adipocitokines) qui favorisent l’arthrose ou déclenchent aisément une crise articulaire aiguë. C’est pourquoi les personnes en surpoids chronique peuvent souffrir sans autre raison (faux mouvement, portage de charges lourdes).

Coxarthrose :

La coxarthrose est une affections articulaire destructrice fréquente au grand âge, et conduisant à la prothèse (PTH). L’obésité a peu d’impact sur cette maladie mais influe sur la gonarthrose (arthrose du genou). Il faut noter les atouts de la voie chirurgicale mini-invasive, avec abord musculaire limité, qui permet d’éviter les risques de luxation.
Le traitement kiné débute par un enseignement des gestes luxants à éviter. Il faut autonomiser le patient le plus vite possible. Sont pratiqués : exercices visant au renforcement du quadriceps (muscle du devant de la cuisse) et des stabilisateurs de hanche (moyen fessier), réapprentisssage à la marche, exercices en piscine. Il faut également renforcer l’équilibre.

Gonarthrose :

L’arthroplastie de genou (PTG), nécessite une mobilisation précoce de la rotule, une récupération toute aussi précoce des amplitudes articulaires en même temps que de la fonction. C’est à dire une flexion à 90°, et une extension complète sans flessum (le genou ne parvient pas à se tendre complètement). Il faut aussi obtenir un bon verrouillage du genou, lutter contre les troubles thrombo-emboliques (phlébite), éviter la boiterie à la marche, ainsi que les déficits musculaires, articulaires et fonctionnels.
L’arthrose de la main quant à elle nécessite souvent, en période de poussée, le port d’une orthèse de repos. Pour plus d’infos sur ces pathologies, ainsi que sur les affections inflammatoires, se référer à mon livre : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »



L’épaule douloureuse simple : généralités.

Neuf fois sur dix, il s’agit d’une lésion de la coiffe des rotateurs (les tendons des muscles qui font bouger l’épaule). Trop souvent le médecin diagnostique fièrement d’emblée une tendinite du biceps, alors que ce n’est qu’un simple symptôme présent dans quatre vingt dix pour cent des cas. En cas de tendinopathies de la coiffe, le problème relève d’un défaut de cinématique (mouvements). La tête de l’humérus (l’os du bras) n’est pas bien centrée dans sa cavité articulaire. Il sera donc inutile de « papouiller, massoter, ultrasoner » si on ne tente pas de faire en sorte qu’elle se repositionne bien.

Aucune méthode rééducative n’a démontré son efficacité par rapport aux autres, mais il y a des principes généraux. Le MK (Masseur-Kiné) doit traiter cou et omoplates. Il importe d’atténuer la douleur en récupérant une meilleure fonctionnalité de l’épaule. Cela se pratique en travaillant la « cinématique » de celle-ci, à sec et/ou en bassin. Il s’agit d’exploiter les capacités fonctionnelles restantes par des mobilisations appropriées, des exercices gymniques et respiratoires. Il faut également corriger les gestes à risques (recherche des voies de passage). Un massage décontracturant est agréablement perçu par le patient, souvent réclamé, mais insuffisant. Le froid (cryothérapie) est un autre grand classique. Une séance d’une demi-heure est un minimum.

En cas d’épaule gelée (quand elle est bloquée et que la plupart des mouvements deviennent difficiles ou impossibles), la rééducation use en plus d’étirements localisés ( manœuvres de Mennel ou normotensives).

La rééducation sur tendinite : généralités.

Les tendinopathies (tendinites) ne sont pas l’apanage exclusif du sportif, loin s’en faut.
D’une manière générale et après un période de mise au repos, le traitement rééducatif comprend un travail musculaire de type Stanish (pour en savoir plus : internet), une rééducation sensori-motrice (propioceptive), un réajustement des équilibres musculaires, ainsi que des techniques visant à faciliter la cicatrisation ou à diminuer la douleur. Les ultrasons sont peu efficaces (étude randomisée conduite par AP D’Vaz et al - Cambridge - par rapport aux AINS, de l’infiltration ou du placebo.)

prochain billet : Rééducation de l’urgence

Rééducation gériatrique

, 04:56

(suite du billet : Rééducation en Pédiatrie)

Qu’il s’agisse de rhumatismes, de séquelles d’AVC (accident vasculaire cérébral), de maladie de Parkinson (consulter le billet précédent : «Rééducation en neurologie»), le vieillissement est générateur d’un cortège impressionnant de maux et de déficiences aussi divers qu’affligeants. Quels sont-ils ces pépins de santé ? Désadaptation à l’effort, perte d’autonomie sous la forme d’une incapacité à la déambulation, membre(s) supérieur peu ou non fonctionnel, difficultés voire incapacité à l’habillage, à la toilette, dépression.

Ce qui prime, parmi les objectifs masso-kinésithérapiques, c’est l’amélioration de l’équilibre, assis et debout. Il faut ensuite s’intéresser à l’augmentation ou au maintien du périmètre de marche, travail des transferts tels que passages assis-debout et debout-assis, gain d’amplitudes articulaires (notamment les chevilles pour une meilleure adaptation posturale, pour l’équilibre, ainsi que pour une diminution des risques de chutes).

De l’intérêt de la canne :

L’utilisation d’une canne est indiquée dans le cas d’une incapacité à tenir l’équilibre sur un pied pendant plus de dix secondes. L’impossibilité de réaliser cet exercice correctement des deux côtés durant le même laps de temps implique l’utilisation d’une canne anglaise. Dès que le risque de chute est important, il faut avoir recours au déambulateur.

Prochain billet : rééducation en Rhumatologie.

Rééducation en Pédiatrie

, 16:10

(suite du billet : Rééducation en neurologie)

Quand un genou fait mal, ou si l’enfant marche avec «les pieds en dedans», il faut avant tout examiner la hanche. C’est souvent elle la fautive. Le genou n’étant qu’un valet soumis à deux maîtres : hanche et pied (Dr Dolto). Une boiterie doit conduire à un examen de tout le membre inférieur, bassin et dos, en prenant en compte le fait qu’une inégalité de longueur des membres inférieurs (trois centimètres voire plus), n’en est jamais responsable. Des jambes arquées avant l’âge de deux ans, ou ensuite au contraire des genoux en X jusqu’à l’âge de dix ans, c’est banal. Non pathologique.

Un pied plat est quasi normal, un pied creux par contre, fait craindre une maladie neurologique. Rééducateurs avides de multiplier des actes inutiles mais rémunérateurs, passez votre chemin !

La kinésithérapie respiratoire du tout petit vise à assurer un désencombrement bronchique et une meilleure ventilation alvéolaire, car avant deux ans ses efforts sont souvent aléatoires, plus encore quand il a du mal à se retourner dans son lit. En conséquence il faut l’aider à tousser utile. Cette rééducation est pratiquée depuis longtemps en un plan annuel national bien rôdé : le plan bronchiolite. Les mains des kinés est l’élément déterminant de la prise en charge de ces enfants. Elles caressent, massent, mobilisent, soulagent, rassurent. Quelques accessoires facilitent le désencombrement des voies aériennes supérieures : kleenex et sérum physiologique, mouche bébé, sonde d’aspiration avec aspirateur portatif. L’éducation des parents au drainage rhinopharyngé laisse encore à désirer, pourtant, s’il était correctement pratiqué, la société ferait l’économie de bien des hospitalisations abusives. Beaucoup de parents se présentent aux urgences pédiatriques avec un enfant encombré tout simplement parc qu’il n’a pas été correctement mouché, et le médecin peut être tenté « d’ouvrir le parapluie » en l’hospitalisant de manière abusive.

En novembre 2006, la revue médicale «Prescrire» jetait un premier pavé dans la mare en écrivant : «Bronchiolite, pas de kinésithérapie systématique. Absence d’efficacité démontrée, mais risque de fractures de côtes». Pour plus d’informations, consulter la rubrique : billets censurés.

Prochain billet : rééducation en gériatrie.

Rééducation à visée esthétique (cellulite, soins post-opératoires).

, 05:44

(suite du billet Rééducation cardio-pulmonaire)

Pendant des siècles manger à sa faim a été une priorité absolue. Désormais on ne subit plus son régime alimentaire, on le choisit. Et puis il y a la mode et ses dérives. Les croisades menées par les disciples du « maigre is beautiful » jettent l’anathème sur le moindre bourrelet. Pour être «in», on se doit d’être svelte. Calories et cholestérol sont traqués (à juste titre), et la grande distribution se charge de nous fournir en produits lights, bio, diététiques qui ne règlent pas le problème. On sait par exemple que le sujet consommant du light a tendance à ingérer de plus grandes quantités. Du coup, résultat nul.

De fait, l’obésité est un phénomène en aggravation, et frappe des populations de plus en plus jeunes.

Les origines du surpoids chronique sont nombreuses : hérédité, environnement psychoaffectif et socioculturel (en Afrique, les rondeurs sont encore signe de prospérité et de bonne santé), désordres métaboliques (grossesse, ménopause, diabète gras), origine médicamenteuse (estrogènes, benzodiazépines), prise de poids à l’arrêt du tabac. Globalement on peut dire qu’il existe chez ces personnes une perturbation entre sorties et entrées énergétiques avec positivation chronique des entrées, et ce phénomène se manifeste par une surcharge pondérale. Une enquête alimentaire récente concernant l’obésité n’a décelé que quinze à vingt pour cent d’hyperphages (ils mangent trop). Cependant, globalement, leur appétence semble hélas plus axée sur graisses et sucres.

La prise en charge du surpoids est forcément pluridisciplinaire, impliquant un endocrinologue, un médecin nutritionniste ou une diététicienne, un psychologue, parfois un cardiologue (du fait des risques d’hypertension, ou d’insuffisance coronarienne), un rhumatologue (effet délétère du surpoids chronique sur le squelette, en particulier sur les genoux) et de plus en plus fréquemment un kiné, car c’est ici que se situent la mise en œuvre du massage et du palper-rouler mécanique à visée thérapeutique, mais également esthétique, de la cellulite. Pour l’anecdote, ce terme est une originalité française. Un vilain mot démoralisateur inventé par Alquier et Pavot en 1920 pour définir un banal capiton de l’hypoderme (adipose oedémateuse). C’est une prétendue disgrâce physique qui est devenue source de profits parfois considérables, voire d’arnaques. Aujourd’hui les deux tiers des femmes à poids normal veulent maigrir.

Endermologie :
Au vu de ce qui précède, il est évident que la « bataille du maigrir intelligemment » ne peut se résumer à l’usage d’une machine, même si elle donne quelques bons résultats. Je veux évoquer ici ces appareils de mobilisation tissulaire par palper-rouler mécanique, qui sont de simples gadgets alors que la publicité les présente comme une solution miracle (Cellu M6, concept LPG). L’endermologie reproduit le palper-rouler avec effet de légère aspiration sur 5 mm de profondeur du tissu cellulaire sous-cutané. Cette forme de lipomassage peut conduire à l’élimination par voie urinaire de dérivés graisseux de surface, et trouve ainsi sa logique utilisation dans le domaine de l’esthétique.

L’usage du Cellu M6, concept LPG, est réservé exclusivement aux MK. De fait, ils en usent et en abusent parfois. Les résultats sont certes intéressants, puisque après quelques séances on constate avec régularité une atténuation des capitons, une diminution des volumes graisseux avec bonne résolution de l’effet « peau d’orange », une diminution de l’œdème de stase, une amélioration de la micro-circulation locale, et globalement un aspect plus ferme et lissé de la peau. Mais qu’en est-il sur le long terme ? Et puis surtout, toute cette graisse qui s’évacue dans le sang, est-ce bon pour la santé ? D’autant que l’effet yoyo contribue à renouveler souvent l’expérience.
L’endermologie trouve par contre ses indications dans le domaine sportif, aidant à lutter contre la fatigue d’origine métabolique, la courbature. C’est également utile en ce qui concerne certains tableaux d’accompagnement de maladies comme le lymphoedème du bras après cancer du sein, ou en orthopédie après opération du genou, ou pour traiter les cicatrices adhérentes et séquelles cutanées de brûlures.

Panties de sudation…
Les essais pseudo-scientifiques testant le panty de sudation ou les claquettes minceur, attestent un peu hâtivement des mêmes résultats, et le problème est là. Quand on veut prouver qu’un appareil ou qu’un médicament est efficace, on choisit les outils d’évaluation scientifiques qui ne risquent pas de compromettre le résultat. On ne triche pas, on ruse. La preuve.

Aucun traitement de la cellulite n’est définitif, et tout professionnel un tant soit peu informé, le sait !

Une parenthèse est à faire ici en ce qui concerne les abdos/fessiers, dont les coquettes sont très friandes pour lutter contre leur «petit bedon inesthétique». Pour tonifier ses abdos sans risques il est souhaitable de choisir une méthode sans danger de type hypopressive selon De Gasquet ou Caufriez (à documenter sur internet). Il s’agit de revenir à une rééducation physiologique, car les exercices habituellement pratiqués en salle de gym, surmènent le muscle transverse de l’abdomen et le périnée. On a les « barres de chocolat » avec en prime des fuites urinaires. La méthode hypopressive préconise un autograndissement précédant une inspiration en gonflant le ventre, suivi d’une expiration à ventre rentré. A pratiquer dans toutes les positions. Les efforts en inspiration sont les ennemis du périnée.

Nota :
Ce n’est parce qu’on est en soins esthétiques qu’il faut négliger son confort. Ainsi, quand on souffre de manière chronique du dos, attention à ne pas réveiller de vieilles douleurs en restant trop longtemps en position allongée ventral sur plan dur. Si on a mal au cou, il faut éviter qu’on vous positionne la tête trop en arrière, en hyperextension du cou (chez le coiffeur également). Il faut demander poliment à être bien installé.

Prochain billet : rééducation gynéco-obstétrique.

Rééducation cardio-pulmonaire.

, 06:29

(suite du billet : Les programmes rééducatifs habituels, propres à chaque catégorie de maladie, en huit billets successifs.)

Dans ce domaine le désencombrement bronchique prime. Il est parfois vital. En fait c’est même la seule urgence kiné officiellement reconnue. Viennent ensuite la réadaptation et le réentraînement à l’effort ainsi que les assouplissements (les patients sont raides), pour générer plus d’activités physiques dans la vie quotidienne. La pathologie respiratoire est plus supportable qu’un déficit moteur ou articulaire, car même réduite de moitié, la ventilation restante suffit à assumer la plupart des occupations quotidiennes, si l’on évite les activités qui fatiguent ou essoufflent.
Dès qu’un sujet est déjà affaibli, si ses défenses naturelles sont diminuées depuis longtemps (SIDA, tuberculose), il risque de voir son état de santé se dégrader rapidement si l’appareil cardio-pulmonaire n’est pas rééduqué rapidement (jusqu’à défaillance ou détresse cardio-respiratoire) S’il est encombré, qu’il a du mal à cracher, le processus d’oxygénation du sang se trouve perturbé (hypercapnie). De plus, des sécrétions stagnantes favorisent l’infection microbienne. Une prescription de rééducation s’impose aussi dans le cas d’une broncho-pneumopathie aiguë ou chronique chez l’adulte ou l’enfant, incapables de se défendre seuls, en spécialité de : neurologie, traumatologie, pédiatrie, après chirurgie cardiaque ou abdominale, ou pour traiter certaines déformations enraidissantes du thorax (scoliose ou cyphose grave).

Les techniques de ventilation localisée à type d’accélération du flux expiratoire, de mobilisation thoracique ou d’expansion dirigée abdomino-diaphragmatique, sont variées. Le kinésithérapeute place ses mains sur une zone du thorax, puis le sujet, en inspirant, doit les repousser, par séries de dix à vingt mouvements. Ensuite le soignant met une main frénatrice sur l’abdomen, le patient inspire en gonflant le ventre et expire en le rentrant.
Il existe maintenant des exerciseurs volumétriques qui permettent de travailler seul (Respiflo VS 5000), très utiles en complément d’une séance de rééducation respiratoire. Ils ne doivent cependant pas systématiquement la remplacer. Parfois un cas de conscience se profile quand un médecin prescrit explicitement du «clapping ». Il y tient. Ca arrive encore. Ces tapes inamicales portées contre un pauvre thorax qui ne vous a rien fait de mal, ne sont plus d’actualités. Elles se sont révélées peu efficaces. Leur seul avantage est de stimuler un sujet un peu récalcitrant. Obéir à la prescription médicale ou non ? That is the question !
La rééducation vise essentiellement les coronariens non opérés ou opérés, les convalescents après chirurgie cardiaque, les artériopathies des membres inférieurs. Dans le traitement de l’infarctus, la réadaptation cardio-vasculaire a radicalement changé son fusil d’épaule. Fini le repos strict au lit, la réadaptation à l’effort est précoce, et progressive. Elle a pour principe un retour accéléré à une vie sociale et professionnelle normales. Exercices respiratoires, augmentation progressive du périmètre de marche, escaliers, séances de gymnastique en groupe, renforcement musculaire, travail sur bicyclette ergométrique et tapis roulant, sont préconisés.
La rééducation respiratoire après chirurgie cardiaque tient une place prépondérante. Ensuite la correction de la cardiopathie en elle-même autorise une vie normale, ainsi que bon nombre d’activités sportives telles que : marche rapide, aquagym, gymnastique (cyclorameur, step, tapis roulant, élastogym) ski nordique, tennis de table, équitation (pas de parcours d’obstacles), tir à l’arc, gymnastique.
es méthodes de relaxation (sophrologie, yoga, zen shiatsu), sont très utiles pour la gestion du stress.
La rééducation influence grandement le pronostic de la maladie coronarienne avec diminution notable de la mortalité à long terme, ce qui implique qu’un MK qui ne fait pas son boulot condamne son patient à une mort prématurée !

Bronchiolite :
Chaque année, en France, de 500000 à 700000 bambins en souffrent. Pour autant doit-on parler d’épidémie, alors que dans les autres pays ce n’est pas le cas ? Le battage médiatique ne crée t-il pas un mouvement de panique générale qui engorge à l’excès les services pédiatriques ? Il y a pourtant en Angleterre et en Allemagne les mêmes nez qui coulent, les mêmes sibilants et râles bronchitiques, mais les parents sont sans doute mieux éduqués. Ils savent mieux moucher leurs mouflets, et ne font pas systématiquement le siège des services d’Urgences des Hôpitaux, à la moindre croûte qui colle aux narines.
La fièvre est une défense naturelle du corps à laquelle bébé doit s’habituer, la morve aussi, de même doit-il également apprendre à se combattre les virus. Le mouche-bébé est un outil précieux propre à déboucher bien des tuyauteries naturelles, sans qu’il soit besoin d’avoir systématiquement recours à une agressive broncho-aspiration. Les parents français doivent être mieux éduqués, et de manière systématique, à la prise en charge de leur bambin. D’autant que la kinésithérapie n’a pas prouvé son réel intérêt dans le cas de la bronchiolite du nouveau-né (j’ai écrit un billet argumenté sur le sujet).

Prochain billet : rééducation à visée esthétique.

Fibromyalgie

, 09:08

Ce billet répond à un appel de détresse de Madame R… habitant Arles, confrontée à la pauvreté des moyens proposés dans sa région pour lutter contre son mal. Hélas, ce problème ne concerne pas que le sud de la France.
Bien que ce SPID ou « syndrome polyalgique idiopathique diffus » ait été reconnu en janvier 2007 comme une maladie (une entité clinique), bon nombre de professionnels de santé continuent à considérer que : « ce n’est que manifestation d’une profonde dépression », relevant donc essentiellement de la psychothérapie, avec à la clé « rejet », « déni », voire « discrimination »(le quotidien du Médecin N° 8568 Mardi 12 Mai 2009. P 10.). C’est une des raisons pour lesquelles, il n’y a pas eu d’effort massif national entrepris pour trouver des solutions.

Ce boulet à porter au quotidien se caractérise par des douleurs chroniques de tout le corps, énormément de fatigue, ainsi que des troubles du sommeil. Etonnez-vous après ça d’être profondément déprimé, il y a de quoi ! La fibromyalgie serait en fait due à un dysfonctionnement central de la perception de la douleur. Donc, si l’on n’agit pas sur cette dysfonction, pas de chance de s’améliorer.
J’ai eu l’idée d’utiliser la voie bulbo-thalamique pour la rééduquer (exercices de propioception yeux fermés, cités ci-après).

Dans un récent numéro de Rhumatologie Pratique, la revue des Rhumatologues, le Professeur Yves Maugars de Nantes écrivait un article fort intéressant intitulé : « Fibromyalgie et douleurs chroniques », dans lequel il évoquait une « impasse thérapeutique ». Il citait une analyse de la littérature qui déconseillait : « nutriments, thérapies anti-stress, antalgiques opioïdes, myorelaxants, psychotropes, kétamine, anesthésiques locaux, neuroleptiques, oxybate de sodium, sédatifs ». Thérapeutiques très peu efficaces et non dénuées d’effets secondaires, d’après lui. Or, la grande majorité des fibromyalgiques français sont bourrés de ce type de médicaments l’année durant… sans autre résultat que de les abrutir ! Cet article recommandait par ailleurs : exercices physiques, thérapies comportementales et relaxation. Nous allons évoquer ces options.
Si vous désirez en savoir plus sur ce médecin renommé et ses écrits, il y a internet.

Le sommeil :

Il tient un rôle essentiel dans la sédation des douleurs grâce à la libération de l’hormone de croissance et de substances anabolisantes durant la phase IV, dite de « sommeil profond », d’où l’importance d’un sommeil de qualité quand on est fibromyalgique.
Si vous avez du mal à vous endormir, vous pouvez essayer la Marjolaine à coquille en huile essentielle. De deux à cinq gouttes trois fois par jour à absorber dans du miel, puis en se couchant déposer deux-trois gouttes sur le plexus solaire, masser deux minutes, et en respirer longuement la bonne odeur un peu piquante.

Les options thérapeutiques :

La cryostimulation corps entier (CCE) :

Accessible à tous, ce traitement par le froid est essentiellement proposé aux sujets souffrant de douleurs articulaires chroniques. Il vise à les exposer durant 2 à 4 minutes à des températures comprise entre – 110° C et – 160 °C. L’effet obtenu est un « choc thermique ». Les fonctions biologiques sont provisoirement améliorées. Il y a également une amélioration du sommeil. En cas de fibromyalgie, ce peut être un traitement d’attaque massive des douleurs, cependant la rééducation telle que proposée ci-après s’impose en complément.

L’hypnose médicale :

Classiquement appelée le « quatrième état de conscience », l’hypnose permet une prise en charge globale de la douleur. Elle a pour objet de remplacer les mauvais apprentissages et les mauvais réflexes, par d’autres plus adéquats. Or le fibromyalgique a besoin de se réapproprier ce corps qui lui « sort par les yeux » parce qu’il le fait en permanence souffrir. D’où l’utilité de tenter l’hypnose.


Traitement kiné :

Fréquence des séances :

Une à deux séances de rééducation par semaine semble un bon rythme. En évitant les périodes de grande fatigue. Durée globale des séances : 1h30.

Le traitement de la douleur myofasciale : . Quelle que soit la localisation de la douleur, ce type de douleur existe que la racine nerveuse soit touchée ou non. Dans un précédent billet j’évoquais la cause supposée des lombalgies chroniques (Rhumatologie Pratique). Il s’agit de petits muscles ou de petites parties de muscles, « raides », qui ne se détendent jamais. Certains points, multiples, situés dans la zone musculaire où se situe le mal, sont très douloureux à la pression et reproduisent la douleur ressentie habituellement selon un certain trajet et à distance du lieu touché. C’est ce qu’on appelle les : « trigger points » ou « zones gâchettes ». Afin de les traiter, l’ostéopathe effectue une « mise en aisance ». Moi-même je réalise un traitement normotensif (ma spécialité) plus appuyé que le traitement ostéopathique (efficace également notamment en cas de douleurs du dos, il fera l’objet d’un prochain billet).



Traiter à chaque séance.

Acupuncture :

Une séance d’acupuncture par mois est suffisante. Elle solutionne le déséquilibre énergétique et doit particulièrement viser ici les troubles digestifs associés. Je pratique moi-même l’électropuncture, c'est-à-dire l’acupuncture sans aiguilles. Mon « Mini-acusonic » repère les points électrodermiques, et envoie de petites impulsions rééquilibrantes. L’apport d’électricité semble provoquer une libération de sérotonine (lire à ce sujet : Psychologie Magazine – avril 2013. La bonne idée : l’électropuncture. P 192).

La rééducation neuro-motrice :

Il est souhaitable que les patients bénéficient d’abord de conseils d’hygiène de vie (prévention des gestes à risques risquant de déclencher le mal). Il faut qu’ils « se bougent » en acceptant une dose supportable de douleur. Ne plus rien faire sous prétexte « qu’on a mal » aggrave les symptômes.

Pour ma part, je réalise un examen complet (toutes les dix séances) et un traitement normotensifs. A défaut, une consultation ostéopathique à orientation « tissulaire » est conseillée (sans manipulations).

Important !

Tous les patients douloureux chroniques subissent une atteinte du thalamus. Un article de Rhumatologie Pratique de juin 2011 évoque même une « atrophie » ( Gwilym SE et al ; Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.). Je propose donc en rééducation la voie bulbo-thalamique, c'est-à-dire le renforcement de la propioception, yeux fermés (sur plateaux de Freeman par exemple). En clair, il faut renforcer son équilibre.



Réaliser également des auto-exercices au quotidien (cinq minutes), notamment sur gros ballon de gym (consulter ce blog). Il est recommandé au patient d’en acheter un et de s’en servir comme siège le plus souvent possible ; d’autant que la station assise trop longtemps maintenue sur un siège classique est bloquante (voir sur ce blog le billet relatif à la station assise).
Nota : éviter les canapés et fauteuils trop moelleux.

15 à 20 minutes.

Rééducation en bassin de natation :

Elle est utile si le bassin est bien chauffé (33, 34°). Les nages traditionnelles ne donnent pas l’amélioration attendue. Par exemple crawl et dos crawlé tirent trop sur les épaules. Par contre aquastretching, aquabiking, aquagym, aqua-yoga, sont de bonnes options si la séance ne dure pas plus de vingt minutes.

Elongations :

J’ai inventé trois types d’élongation, en photos dans ce blog. Le patient choisit la modalité qu’il préfère. Tous les fibromyalgiques ont besoin de s’étirer, comme les chats, car ils ont l’impression de se « tasser », au fil du temps (ça nous concerne tous, non ?).
Durée : 10mn.

Sports à pratiquer :

L’activité doit être modérée, pratiquée de manière progressive, en privilégiant l’échauffement et les étirements (étirements actifs raisonnés myotendineux uniquement). Sont de bonnes options : marche rapide ou nordique, stretching, fitness doux, soft aerobic, vélo en terrain peu pentu, machine elliptique, Qi Gong, Taï Chi, relaxation (sophrologie).

A lire : Le sport est un médicament Bio ! G Orgeret. Editions J. Lyon

Nota :

Ces traitements ne sont pas tous systématiquement pratiqués à chaque fois, car une séance trop longue fatigue. Le patient donne son avis sur les options thérapeutiques qui lui semblent le plus appropriées le jour de la séance, en fonction de ses forces, de sa fatigue, de son moral, de ses douleurs, de sa disponibilité.

N.B : Pour plus de renseignements sur les méthodes originales présentées et non détaillées au risque de devoir produire un billet de vingt pages, consulter internet.

Les programmes rééducatifs habituels, propres à chaque catégorie de maladie, en huit billets successifs.

, 05:55

Présentation du sujet :

Ces billets ne visent pas à tout dire, mais à en dire suffisamment afin que vous sachiez ce que vous pouvez exiger au minimum de votre kiné, afin d’éviter un traitement inadapté. Tout en étant conscient du fait qu’il peut s’écarter de ce schéma, adapter son art en fonction de chaque individu, innover. L’essentiel est qu’il occupe sa demi-heure à rééduquer efficacement.

En pratique, comment ça se passe ?
En règle générale, plus l’affection est grave, mieux le malade est à même de juger du traitement qui lui est profitable, parce qu’à force de fréquenter les établissements de soins, il devient un expert de sa maladie. Il ne s’en laisse plus compter et sait distinguer entre un soin opportun et un autre «nullos». Le petit nouveau, celui qui est malade pour la première fois par contre, ne peut être un «expert en sa maladie». Il ne sait pas ce qui va lui faire du bien. D’autant qu’il a pris tant de conseils à droite et à gauche, qu’il ne sait plus à quel saint se vouer.

Dérives ?
Il y a des kinés qui tournent le dos à la médecine traditionnelle et deviennent des adeptes inconditionnels de méthodes en marges, lesquelles flirtent parfois avec l’ésotérisme ou la magie. Les gourous opportunistes existent de toute éternité et fascinent un large pan des masses souffrantes, car le désespoir est à l’origine de toutes les dérives addictives (dépendance), qu’elles soient d’ordre religieux ou thérapeutique. Quant aux efforts que fait la science pour mettre en garde ces patients dérivants, ils sont vains. Cependant, certaines méthodes en marge, inventées par des gens sérieux, sont réellement efficaces et sans danger. Il serait dommage d’en priver le patient sous le prétexte que la science ne les a pas validées, du fait seulement parfois, que les instruments de mesure utilisés sont inadéquats.
Il faut être particulièrement vigilant, aiguiser son sens critique, pour être à même de faire le tri entre bon grain et ivraie, bonne méthode et arnaque. Pas facile ! C’est un des buts de ce blog, ainsi que de mes livres qui trempent dans le même jus.

Quel est la finalité d’un traitement rééducatif ?
Il s’agit d’entretenir ou de restaurer les capacités physiques du patient à leur niveau optimal. Si le traitement ne dure que cinq minutes, s’il se résume à la pose d’électrodes, à quelques pas autour d’un lit, à dix mouvements de flexion–extension de l’articulation atteinte, comme cela se pratique dans bon nombre de cabinets de kinés, ou à domicile, le challenge est impossible à tenir. Arnaque !

Le rythme habituel des séances ?
En phase aiguë, il est quotidien, voire bi-quotidien (bronchiolite), y compris le dimanche. En phase chronique, de deux à trois séances hebdomadaires.

Conclusion :
Il y a des confrères qui ne s’informent et ne se forment plus (formation continue), dès leur diplôme en poche : «Monsieur Spok sait tout, il entend tout, grâce à ses grandes oreilles !» Un médecin fraîchement diplômé verra sa compétence sujette à caution après cinq ans d’exercice s’il n’ouvre plus un livre, ni ne consulte la moindre revue professionnelle. Il en est de même pour un MK.

Prochain billet : la rééducation cardio-pulmonaire.

Les méthodes kiné abandonnées ou en déficit de reconnaissance

, 17:15

Pouliethérapie, électrothérapie de haute et moyenne fréquence comme les ondes radar ou les micro-ondes (des ondes électromagnétiques très courtes) - à moins qu’on veuille faire cuire son patient au four micro-ondes -, mais aussi certains gestes comme le clapping en rééducation respiratoire, sont aujourd’hui décriés et abandonnés. Le clapping consiste en tapes assénées dans le dos pour décrocher les crachats. Et pourtant, combien de générations de MK (Masseur-Kiné) ont-ils reçu les félicitations du pneumologue, parce que «le patient allait bien mieux », après ce geste thérapeutique maintenant banni !

Parfois, les Hautes Instances nationales de la profession, ne rejettent pas totalement un acte ou une méthode, mais les soumettent à recommandations particulières. Pour la lombalgie subaiguë (mal au bas du dos) par exemple, le massage est désigné comme plus efficace qu’ultrasons* ou infrarouges (lampes chauffantes). Autre exemple cette fois d’une méthodologie rééducative boutée en touche du fait de l’évolution des concepts scientifiques contemporains : la méthode Bobath, longtemps star incontestée dans le domaine de l’hémiplégie. Elle n’a plus le vent en poupe, au profit de Perfetti, Brunnstrom, ou Carr et Shepherd. L’un des arguments en sa défaveur est que cette pratique néglige l’utilisation de la main du patient. Elle met ensuite l’accent sur le contrôle gestuel au détriment de la force, pourtant essentielle dans certaines activités comme la marche, il faut le reconnaître.

Autre surprise ! Les sacro-saints étirements sportifs pratiqués sur le terrain avant la performance, et pourtant préconisés depuis l’antiquité, ne seraient pas favorables du fait que le muscle se refroidit lors de leur pratique **.

On pourrait faire le reproche aux Ecoles de kinésithérapie de ne pas faire régulièrement le tri dans le panel des méthodologies de soins qu’elles enseignent à leurs élèves. Elles se contentent d’un fond de commerce parfois dépassé, voire obsolète, et ne se préoccupent pas de prospecter certaines techniques émergeantes, peu médiatisées mais efficaces, et qui plus est d’un grand intérêt thérapeutique. Pour rappel, le programme des études n’a pas été remis à jour depuis 1989 !

  • L’usage des ultrasons est très répandu. C’est tellement pratique. Il suffit de balader sa sonde sur la zone malade sans se creuser la cervelle. Pourtant, à la question : « Les ultrasons, sont-ils efficaces vis-à-vis des douleurs musculo-squelettiques et des lésions des tissus mous ? », la revue spécialisée Kinésithérapie / les annale N° 2-3 Fev-mars 2002/ p.4-12, concluait : « Qu’il soit branché ou non, les effets cliniques sont identiques. Il n’y a pas actuellement d’argument biophysique pour justifier l’utilisation thérapeutique des ultrasons. Les auteurs ont recensé trente cinq études contrôlées randomisées dont la valeur méthodologique est indiscutable.
** Etirements et performance sportive. P. Prévost - KS n° 446 – 07/ 04 - p5 – K.S n°426- 10-04- p 43.

Traitements médicaux contre l’arthrose, efficaces ? Non, semble-t-il !

, 05:48

En ce qui concerne les AASAL (anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente), déjà en 2010, l’American Collège of Rheumatology les avait retirés de la liste de ses recommandations. Depuis, la Commission de transparence française (CT)* a conclu : « Les AASAL n’empêchent pas la dégradation articulaire, leurs effets sur la douleur et la gêne fonctionnelle sont minimes et de pertinence clinique discutable, le service médical rendu est insuffisant pour justifier leur prise en charge par la solidarité nationale ! »
Or que voit-on ? En France, tous les rhumatisants sont gavés de ce type de médicaments l’année durant. Du coup, au lieu d’être bonifiée, leur santé se dégrade.
Peut-on espérer un changement dans les prescriptions des rhumatologues au vu de telles conclusions scientifiques ? Je réponds clairement non ! Rien ne changera !
Je connais déjà la réponse qu’on me servira : « Les patients réclament leurs médicaments ! ». Oui, mais être professionnel de santé c’est éduquer, ce n’est pas se laisser mener par le bout du nez par ses patients.

La prise en charge de l’arthrose ne doit pas se suffire au traitement des symptômes, en particulier de la douleur, sachant de surcroît que la liaison entre les deux est très mal établie. Prenons l’exemple concret de l’arthrose vertébrale. Je cite **: « On sait depuis longtemps que l’arthrose vertébrale n’est pas toujours douloureuse, loin de là, et plusieurs travaux ont montré qu’il était impossible sur des radiographies de sujets de même âge, de distinguer les sujets qui souffrent de ceux qui ne souffrent pas. Il est difficile (le plus souvent impossible), d’identifier une cause anatomique précise des lombalgies chroniques où les facteurs psychologiques intriqués ont un rôle majeur. »
Voilà qui est clairement dit. Chez le sujet douloureux chronique (plus de trois mois), le message douloureux est faussé, notamment au niveau du thalamus. Le cerveau « beugue » en analysant ce message. Ce qui fait qu’on peut avoir vraiment mal sans que la région concernée présente le moindre trouble en rapport. Donc tenter uniquement de stopper le « message douleur » par des médicaments est un non-sens thérapeutique !

Les problèmes découlant de l’arthrose relèvent essentiellement d’un déconditionnement neuro-moteur. C’est prouvé. Le mouvement fait peur, on a peur d’être aggravé, or c’est en bougeant intelligemment qu’on peut s’en sortir (prophylaxie vertébrale c'est-à-dire apprentissage des gestes qui ménagent les articulations, propioception, exercices favorisant le gainage, réentraînement à l’effort). L’aide, le suivi, d’un professionnel de santé habilité est indispensable. Certains patients n’ayant plus confiance en leur Rhumatologue, se tournent vers leur ostéo qui leur dit : « Quand vous avez mal, venez me voir, ça suffit ! ». Faux ! Ca ne suffit pas, on ne peut pas s’en sortir comme ça ! Le kiné qui se contente de vous poser sur la peau des électrodes reliées à un appareil de basses fréquences (TENS), et qui vous papouille cinq minutes, ne vous rend pas plus service.
Alors quelle prise en charge est efficace ?
Un peu de psychothérapie, un rien de saine diététique alimentaire, un zest de thérapie manuelle, un chouïa d’acupuncture, un soupçon de kinesiologic Tape, des conseils visant à mieux gérer son corps (station assise, équilibre, auto-étirements actifs myotendineux), quelques exercices à la maison au quotidien en privilégiant le gainage, et pourquoi pas débuter une activité sportive (Taï-chi, gym en salle, elliptique, Wii Fit, marche, aquagym, vélo).
La prise en charge doit être complète pour être efficace. Se contenter d’une option ne suffit pas. Ainsi lorsqu’on est réfractaire au moindre effort, si on se complait dans sa vie de sédentaire en demandant seulement « qu’on nous enlève la douleur » sans changer certaines choses dans sa vie, on est fichu !!! Ceux qui vous diront le contraire sont des charlatans s’intéressant plus à votre carte de crédit qu’à votre santé ! Ils sont légion !

  • Rhumatos. Septembre 2013. Vol 10. Numéro 90.
    • Revue du Rhumatisme. Monographies. Février 2011.Vol 78 ; N°1. P19.

Choisir le mot juste : qu'entend-on par « tonus musculaire » ?

, 15:47

Certains articles de presse grand public titrent : « Retrouver son tonus musculaire ! » (après une maladie ou un effort physique par exemple.).

Ceci relève d’une faute de sens étant donné que notre tonus ne dépend pas de notre volonté.

Il faudrait titrer : - La « récupération physique » après l’effort du sportif.

Ou :

- Le renforcement de la « tonicité musculaire » du sédentaire.

Définition :

Le tonus musculaire définit l’état de légère tension musculaire nécessaire, constant, inconscient, qui s’oppose à la force de pesanteur terrestre. C’est à dire que sans tonus, en raison de sa force la pesanteur aurait tendance à nous écraser au sol en petit tas inerte.

Le personnel médical (notamment les ergothérapeutes) teste parfois le tonus de certains patients, afin d’évaluer leur capacité à la réalisation d’actes de la vie courante.

On parle d’eutonie pour nommer le tonus d’un sujet normal, tandis que les états anormaux du tonus sont appelés : hypotonie, ou hypertonie (musculaires).

En cas d’hypotonie on est « mou », comme dans la maladie de Guillain-Barré, dans les paralysies flasques.

En cas d’hypertonie on est « raide » (hypertonie plastique de la maladie de Parkinson. Hypertonie spastique de l’hémiplégie).

L’absorption régulière de nombreux médicaments expose aussi de manière transitoire à des troubles du tonus. VastarelR (Trimetazidine) par exemple, utilisé en cardiologie, fait risquer des troubles parkinsoniens, c'est-à-dire un excès de raideur musculaire.

Psycho et relaxothérapie : quésaco ?

, 11:42

1 / Psychothérapie :

Tout est psychosomatique, car comment séparer l’esprit du corps ? Psychothérapie signifie « soigner les angoisses, phobies, troubles psychosomatiques, par des mots et en remontant aux causes profondes. »

Sans aller jusqu’à prétendre devoir explorer l’inconscient de ses patients puisqu’il n’est pas psychothérapeute de formation, le MK (Masseur-Kiné) a tout intérêt à s’intéresser au contexte psychosocial, l’environnemental, dans lequel ceux-là évoluent, et à en tenir compte dans sa relation à autrui, ainsi que dans le choix de ses méthodes (une femme très pudique par exemple, peut être fort mal à l’aise en bassin de rééducation et renâcler. Il y a toujours une autre option ; l’eau ne faisant de toute façon pas de miracles). En raison d’une maladie ou du vieillissement, les modifications des fonctions cognitives (intellect) comme l’attention, la mémoire, relèvent d’une rééducation (méthodes de facilitation) mais aussi d’un accompagnement psychothérapique.

La psychothérapie invite à sortir d’une mentalité de « victime de la vie », dans laquelle un trop grand nombre de personnes ont tendance à se réfugier. Pas de repli sur soi. Chacun doit exercer sa capacité à affronter ses propres défaillances, les assumer. Il faut cesser de se dévaloriser, chacun ayant droit à une place pleine et entière dans notre société. Parfois, pour traiter l’esprit, on utilise l’outil «musculo-articulaire». En secteur psychiatrique, en ce qui concerne le schizophrène par exemple, une approche identificatrice par le biais du massage ou de la gym, est déjà en usage. Ce type d’approche thérapeutique aide à lutter contre une certaine difficulté à dissocier son corps du monde extérieur. La gym permet aussi au sujet souffrant de troubles psychopathologiques, de se repositionner par rapport à un défaut d’activités (il se laisse aller, ne fait plus rien), ainsi que de porter sur son corps un regard plus positif.

2/ Relaxothérapies :

Ce sont des méthodes visant à l’obtention d’un contrôle tonico-émotionnel, très utiles pour soulager les phénomènes douloureux chroniques. Elles concernent les sujets présentant un trouble de leur schéma corporel comme l’hémiplégique, ou plus largement les sportifs afin d’améliorer leurs performances (tennis, ski, foot, escrime, sports de combat). La sophrologie par exemple, s’attache à étudier et discipliner les différents niveaux de la conscience. Il s’agit, par la concentration, d’atteindre «l’état sophronique».

Certaines méthodes ont été conçues par des physiologistes : Jacobson, Alexander, Cripps, donc relativement accessibles aux relaxologues de tous poils, alors que d’autres : Schultz, Storkvis, de Ajurriaguerra, sont nées de l’esprit inventif de psychiatres, donc à vocation plus médico-centrée. Certaines sont à composante suggestive. Elles se servent d’exercices précis, de phrases, que le sujet intègre en état d’auto-hypnose. Les autres, comme le yoga, tendent à décharger le corps du stress accumulé. Les méthodes couramment usitées par les MK (Masseur-Kiné), sont : le massage relaxant, les techniques de détente du plexus solaire, la manœuvre anti-stress minute, le drainage lymphatique manuel du visage (pour en savoir plus : internet).

Le patient est rarement conscient de ses tensions musculaires non douloureuses, donc non perceptibles sauf quand le MK met le doigt dessus. L’exercice de base consiste en une prise de conscience, tension/détention, La respiration tient une place importante. Les principales indications sont : états de stress, angoisse, insomnies, spasmophilie, problèmes féminins (endométriose, règles irrégulières.)

Les centres de consultation de la douleur proposent la relaxothérapie à leurs patients, et ils ont raison. L’hypnose médicale est également très efficace pour combattre les douleurs chroniques.

La prévention, quésaco ?

, 15:32

La prévention, quésaco ?

Dans le langage courant on dit avec bon sens : « Mieux vaut prévenir que guérir ! ». L’article 31 de la convention nationale traitant des droits et devoirs de la profession de Masseur-Kinésithérapeute, précise à juste titre : « La prévention est un élément essentiel de la politique de santé.».

La participation des MK à cette bonne action ne date pas d’hier, mais cela ne concerne pas qu’eux. Dans toutes disciplines médicales il y a lieu de pratiquer la prévention. Il faut prendre le temps d’éduquer le sujet, l’aider à combattre ses mauvaises habitudes. Hélas, dans les cabinets, c’est une option parfois zappée parce que les scientifiques lui trouvent peu d’efficacité, comme en matière d’évitement des maux de dos quand il s’agit de conseiller au patient de plier les genoux plutôt que son dos lorsqu’il ramasse un objet lourd. Car il a été démontré que l’apprentissage des bonnes postures tel qu’il est pratiqué par les écoles du dos par exemple, a peu d’intérêt. Efficacité quasi-nulle. Mieux vaudrait en fin de compte diminuer les contraintes et la fatigabilité au travail *. Je pense qu’il faut néanmoins continuer à passer le message prévention en matière de maux de dos. Les scientifiques ont conclu à l’inefficacité du programme-prévention parce qu’il est obsolète. Il faut le réactualiser, en insistant notamment sur les dangers de la station assise prolongée (consulter mon livre : Mal de dos, vérités et mensonges). Dans ma pratique professionnelle, c’est un des fondamentaux.

Autres domaines où la prévention est importante : dans le plan hivernal anti-bronchiolite il faut éduquer les parents au mouchage de leur chérubin. Sur le plan sportif il y a la prévention des gestes à risques de micro-traumatismes. Chez les personnes âgées la prévention du risque de chute est primordiale. A quoi bon rééduquer si l’on n’apprend pas à se protéger.

Voilà donc quelques uns des aspects de cette mission indispensable à la santé publique qu’est la prévention. Trop de MK zappent cette incontournable phase rééducative, ces conseils qui « prennent du temps ».

  • Dr C. Bailly. Lombalgies : la rééducation n’est pas systématique. Panorama du Médecin. 12 juin 2006. N°5022. P 54

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