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kiné / patient, une relation de confiance

, 10:12

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Comment masser bébé !

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« Voix, toucher, odorat », sont les premières formes de communication parfaitement opérationnelles chez bébé, et ce dès le premier jour de sa vie.

En 2005, sortait chez Chiron Editeur, l’un de mes livres intitulé : « Comment masser bébé, le kidding-massage ! »
Contrairement à d’autres cultures, masser son enfant n’est hélas pas quelque chose de naturel pour nous français. Or, sais t’on qu’un bébé peut présenter un retard de croissance, ou même des atteintes psychomotrices, s’il n’est pas touché ? Le toucher est « structurant » pour sa personnalité, et bénéfique pour sa santé mentale.

Masser bébé peut débuter dès la naissance, à la maternité donc. Plus tôt cela se fera, plus fort sera le lien affectif. Mais ce massage ne doit pas être quelque chose de très élaboré, ni durer longtemps. Cinq minutes environ suffisent (quitte à le répéter deux fois dans la journée).
Si l'on ne sait pas comment s'y prendre (parce qu’on n’a pas lu mon livre, lol !), l'on peut commencer par lui frotter doucement le dos dans son bain, puis après le bain. S’il est trop petit, maigrichon, il faut le faire avec une douceur majorée. Souvent la maman a peur de lui faire du mal en manipulant bébé, surtout si c’est son premier, elle ne sait pas par « quel bout le prendre ». Pourtant, dans certaines régions de l’Afrique sub-sahariennes, dès la naissance on ne craint pas de le suspendre par les pieds pour le fortifier, et il n’y a jamais d’accident. Bébé n’est ni en sucre, ni aussi fragile que l’on pense.
En Afrique du nord (Kabylie, Maroc), bébé est emmailloté durant la nuit jusqu’à l’âge de six mois, et tous les matins sa maman le masse pour « fortifier ses os ». Bien entendu masser ne fortifie pas vraiment ses os, mais l’aide à prendre conscience de son enveloppe cutanée. Il en apprend la texture et les contours.
En Asie, on pratique le massage du début jusqu'à la fin de la vie pour prévenir les maladies.
A la vérité le bien-être ressenti libère des hormones anti-douleurs, et les hormones de bien-être aident à renforcer nos défenses naturelles.

Peut-on masser bébé sur tout le corps ?

Bien évidemment non ! A l’évidence le sexe en premier lieu est un interdit, puis certaines zones réfractaires aux caresses comme aisselles, pli de l’aine, ou derrière le genou. Le ventre aussi pose problème car il est fragile, siège parfois d’une digestion difficile. Mieux vaut le confier à un professionnel. Puis, certains moments de la journée sont plus bénéfiques que d’autres, parce que bébé est plus réceptif. S’il a faim, mieux vaut éviter, ce n’est pas l’urgence du moment.
Mais par exemple après le change, ou dans un petit rituel après la tétée du soir et avant de faire dodo,
Si bébé a séjourné un certain temps dans une couveuse, ou qu'il vous a été retiré à cause d'une infection, il faudra rattraper le temps perdu en lui redonnant confiance en son corps, et le massage est un bon moyen. « Si maman me caresse, c’est que mon corps est gentil en définitive, bien qu’il m’ait fait mal ! » pense-t-il peut-être…

Quelques exemples de massages aisés à réaliser, et que l’on trouve détaillés dans mon livre :
Le « wawabisou ». Maman (ou papa) met ses lèvres à quelques centimètres de la peau de bébé en disant de nombreuses fois : « Wa-wa-wa », et en soufflant comme pour faire de la buée sur une vitre.
Il y a aussi le « bisou du papillon ». Maman (ou papa), met ses cils en contact avec la peau de bébé et ouvre puis ferme alternativement les paupières.

Un conseil : attention à la (bonne) température de la pièce, et au confort (matelas moelleux, couverture).

Si papa ou maman n’a pas « envie » mais se force à masser son chérubin « pour son bien » mieux vaut s'abstenir, car bébé le sentira et n’appréciera pas non plus. Le massage est échange, il y a interaction entre donneur de caresses et receveur.

En conclusion, il serait bon de se poser cette question cruciale : quand on est un bébé devenu vieux, ne meurt-on pas de ne plus être touché, parfois  ?

bonne année de massages

, 09:55

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que les mains de votre masseur-kinésithérapeute soient douces !

Massage ou papouillothérapie ?

, 10:56

Massage ou papouillothérapie ?

Le massage permet d’activer la circulation locale, d’entretenir une bonne oxygénation tissulaire, son action est décontracturante ou au contraire stimulante, discrètement anti-inflammatoire, hélas sa réelle efficacité en tant que méthode de soin à part entière n’est pas prouvée.

En Espagne, « los massajes » ne sont pas l’exclusivité des fisioterapeutas, mais dans l’hexagone il reste encore l’apanage des MK, qu’il soit à visée médicale ou de confort, sauf que les esthéticiennes par la loi du 13 juillet 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises, ont obtenu « le modelage esthétique de confort sans finalité médicale (article 38) ». On joue sur les mots ! Concrètement les MK ont perdu une bataille en attendant de perdre la guerre. Quelque part, c’était prévisible, du fait d’une perte d’intérêt de la profession pour cette modalité thérapeutique emblématique, devenue trop souvent une ‘papouillothérapie’ sans âme, et peu à peu délaissée au profit d’une mécanisation à tout crin. Il est certes plus rentable et moins fatigant de brancher sur machine quatre ou six patients tous les quart d’heure ! Une minorité d’irréductibles gaulois, des « masseurthérapix », continue de cultiver cet art millénaire, et il faut s’en réjouir. La majorité des français (75%) pense que le massage est affaire de professionnels et qu’il doit être réservé aux kinés.

Les massages à la mode sont le shantala et l’ayurvédique indiens, le massage du Kerala, le do in et le tuina chinois, le shiatsu, le reiki japonais.

Qu’est-ce qui différencie radicalement ces modalités de toucher les unes des autres, alors que si on y regarde de plus près on s’aperçoit qu’il n’y a pas trente six manières de faire. C’est un contact « mains contre peau », une pression plus ou moins forte, une relation plus ou moins intime, puisque le toucher est intimité. C’est tout. Qu’est ce qui fait qu’on est plus attiré par une forme de massage plutôt que par une autre ? Affaire individuelle. On préfère telle méthode plutôt que telle autre parce que notre imprégnation socio-culturelle, notre environnement, déterminent nos choix.



Certaines techniques cherchent à percevoir le mal enfoui au plus profond du soma (la matière) par « palpation-diagnostic » comme la biokinergie, laquelle (prétend-elle) dénoue les tensions musculaires de l’organisme appelées « enroulements tissulaires spiralés » à l’origine (disent-ils) du déséquilibre du système énergétique. D’autres, comme le massage enseigné en école de kiné, sont à simple visée symptomatique (on a mal là, on masse là, alors que souvent la vraie cause est profonde, lointaine). Les manières de masser européennes sont volontiers « techno-logiques », c’est à dire qu’elles s’imposent une rigueur basée sur nos connaissances de la physiologie du corps humain. Les manières africaines quant-à elles, tendent à forger autant le caractère que le corps : le massage doit éduquer, préparer à une vie d’homme (ou de femme). Les manières orientales se préoccupent de l’énergie vitale qui parcourt notre corps au travers d’un réseau de canaux invisibles (les méridiens d’acupuncture) ; elles sont volontiers préventives, et se doivent d’éviter avant tout la maladie. Le principe ayurvédique, d’origine indienne, agit par polarités afin de dénouer l’énergie bloquée dans les chakras (centres énergétiques du corps).

C’est une thérapie énergétique.

Tant qu’on est dans le domaine du modelage de confort, on peut tolérer des théories fantaisistes, mais à partir du moment où on aborde la maladie, c’est terminé. Pour donner un exemple, il ne suffit pas d’être étiqueté masseur, pour être capable de traiter correctement un lymphoedème après chirurgie sur cancer du sein. Il faut être initié au drainage lymphatique inventé par Vodder dans les années mille neuf cent vingt. Hélas, j’ai vu bon nombre de spécialistes en drainage lymphatique, abandonner cette pratique du fait qu’elle est épuisante et surmène à la longue le dos du pratiquant.



Masser en choisissant une posture de confort pour son patient :

Quand on masse le dos de quelqu’un qui en souffre, il faut qu’il soit confortablement installé. Installé sur le ventre, par exemple, on n’est pas à l’aise. Il y a de fort confortables sièges de massages.



Se masser la plante du pied est-il efficace ?



Prétendre soigner un organe malade en se massant certains points du revêtement cutané, s’appelle la réflexologie. La peau est une « carte Michelin de la santé » qui reflète toutes les parties du corps. On trouve une complète cartographie sur : crâne, pavillon de l’oreille, paume des mains, dos, cloisons nasales, plantes des pieds, iris de l’œil. Est-ce que l’on peut pour autant guérir de quoi que ce soit en agissant de la sorte ? Sérieusement non ! Tout au plus peut-on espérer un soulagement temporaire. Ca peut aider à prendre moins de médicaments, et rien que pour ça, c’est bien.



Les pommades : leur intérêt réel ou supposé ?



En cas d’effort sportif il est rassurant de masser en usant d’huiles essentielles de capscicine, de romarin, de gingembre, de ravensare. L’arnica lutte contre les coups. Effet thérapeutique très-très réduit. Quant aux crèmes amincissantes, si les meilleures d’entre elles permettent une diminution des périmètres anthropométriques (jusqu’à deux centimètres de tour de cuisses), c’est essentiellement parce que les client(e)s font parallèlement des efforts pour garantir la réussite de ce challenge qu’est l’affinement de la silhouette (activité physique majorée, petit régime adapté). Les tests d’efficacité de ces produits devraient sérieusement prendre en compte ces paramètres là et non se contenter de mesurer les tours de taille et de cuisses.



Le palper-rouler mécanique.



La vogue de l’endermologie est indiscutable. Il s’agit, sans douleurs, de solutionner les transformations pathologiques du tissu conjonctif en service de cancérologie (pour traiter le lymphoedème), en post-chirurgie, auprès des grands brûlés, en usant d'appareils LPG ou Cellusculpts. Ils luttent efficacement contre œdème, cicatrice, fibrose.

Mais quand il s’agit, comme c’est le cas dans bon nombre de cabinets de Kinésithérapie, de désagréger la cellulite au prix du caviar (entre soixante et cent vingt euros la séance !), de vidanger les adipocytes (cellules graisseuses), il y a arnaque si le patient n'est pas clairement informé des limites du traitement. Bien que le bénéfice soit réel après quelques séances, l’adipocyte (cellule graisseuse) est toujours là, actif et prêt à se gorger de nouveau de graisse au moindre nouvel excès alimentaire. C’est un sac capable au gré des régimes, d’augmenter ou de réduire de quarante fois sa taille initiale.

Douleurs physiques et morales : le poids des maux, celui des mots. L’importance du toucher.

, 10:19

Les études démontrent que le principal motif de consultation en Ostéopathie concerne les maux fonctionnels (1), c'est-à-dire ces douleurs du corps qui proviennent uniquement d’un mal-être, mais toutes les disciplines médicales ont leurs « fonctionnels », aucune n’y réchappe, pas même la chirurgie.

Quand on souffre du dos par exemple, on croit la plupart du temps que la cause en est une hernie discale, alors qu’en fait ce sont parfois nos ennuis au boulot ou en famille qu’il faut incriminer, et les mains de l’ostéopathe, du kiné, vont « miraculeusement » nous soigner uniquement parce qu’elles nous touchent, nous rassurent, nous « font du bien ». Touts les métiers de santé ont dans leur clientèle des hypochondriaques, ces gens qui ont des maladies imaginaires. Même la chirurgie n’est pas épargnée, et certaines personnes ne sont satisfaites qu’une fois opérées, même s’il n’y avait pas lieu d’intervenir. L’anxiété est un amplificateur de douleurs quand il n’en est pas l’unique cause. Alors, sommes-nous tous des masochistes qui s’ignorent, car nous-nous complaisons durant toute la vie à maltraiter notre corps (et notre esprit) : recherche de sensations fortes (sports extrêmes, excès d’alcool), mauvaise bouffe, mauvaise hygiène, excès en tous genres (ou à l’opposé ascèse) ou au contraire sédentarité excessive, fainéantise. Il est donc acquis qu’on le maltraite parfois pour soulager une douleur mentale, mais pourquoi opposer le mal au mal ? Ne pourrait-on soulager la douleur mentale par une dosette de bien-être ? Le premier bien-être à la portée de tous est le toucher. Un enfant qui n’est pas touché perd l’appétit, il dépérit, et quand on est vieux ne meurt-on pas tout simplement de ne plus être touché ? Et je ne veux pas parler ici du massage thérapeutique, ou du câlin, mais d’un contact physique basique sans connotation affective. La main rassure, guérit, ordonne, impose, désigne, détermine la relation à l’autre. L’imposition des mains quant-à elle implique un transfert d’énergie et de puissance (2), ce qui conduit certains sujets déviants à en abuser pour dominer, et en tirer un avantage excessif. Dans la profession médicale ces charlatans pullulent. Comment s’en défendre ? Impossible, car ils sont souvent ceux qui ont la meilleure réputation ! Tout ce qu’on peut tenter est de poser des limites à ce qu’ils ont le droit de nous faire. Tant qu’on contrôle la situation, que

notre éthique, notre morale n’en souffrent pas, c’est acceptable. Ensuite, le billet de sortie est notre formidable système de santé qui nous permet d’aller voir ailleurs. Il ne faut pas hésiter à multiplier les expériences (non dangereuses). En comparant l’un et l’autre, on finit par se faire une idée assez juste de la compétence. Il faut par ailleurs se méfier des médias qui disent souvent n’importe quoi, car bon nombre de naïfs pensent : « C’est vrai puisque c’est écrit ! ». Les « billets censurés » de ce Blog en témoignent.

Même si au bout du compte, après bon nombre d’expériences malheureuses, on est désabusé, il ne faut pas abandonner, car le toucher est, et restera de toute éternité, un acte magique, adoucissant aussi bien les douleurs morales que physiques. Je regrette même que psychiatres et psychologues n’aient aucune relation tactile avec leurs patients. Un « psy-masseur », ça serait chouette ! Je sais bien que c’est pour garder une certaine distance, pour éviter de s’impliquer dans un inévitable et malencontreux « transfert », certes je vais trop loin, je divague, mais les allonger sur un divan en les regardant de loin (ou pas du tout), mettre trop de distance, n’est peut être pas la meilleure manière de les guérir, d’ailleurs ils ne guérissent pas.

Le toucher possède un tel pouvoir guérisseur !!! Les magnétiseurs l’ont bien compris.

« ‘Mon’ réel est celui des apparences enseignées, autant que celles que me fournissent mes sens » disait Gaston Bachelard (3). Le psychisme humain a trois ports d’attache qui sont le réel, l’imaginaire et le symbolique. Le principe de science doit forcément cohabiter avec la croyance ainsi qu’avec l’effet « nocebo » de l’échange verbal (équivalent du placebo médicamenteux).

C’est dans la parole, le véhicule des mots, que le patient trouve (aussi) le goût de guérir.

Bibliographie :

1- Yves Lepers. « Placebo » en clinique ostéopathique. La revue de l’Ostéopathie. N° 1-1 ; 2011. P 31.

2- Chevalier J, Gheerbrant A. Dictionnaire des symboles. Paris : Laffont/Jupiter ;1982.1060 p.

3 - La formation de l’esprit scientifique, contribution à une psychanalyse de la connaissance objective. Vrin Editeur, 1993.

Comment masser bébé - Le Kidding Massage

, 08:14

Bébé, tant attendu, est à la maison.
Vous vous émerveillez à le regarder s'éveiller au monde, grandir jour après jour. Vous l'aimez, lui parlez, sans peut-être soupçonner qu'il existe une autre façon de communiquer qui ne passe pas seulement par la parole... Il s'agit bien entendu des massages qui créent un lien unique entre parents et enfant, tout en permettant à bébé de découvrir un langage subtil et un bien-être par rapport à son corps.
Le massage relaxe, crée des liens, active les fonctions psychomotrices de bébé. Ici, les massages sont aussi matière au jeu, à l'éveil (massages avec une balle, bisous, chatouillis). Ils sont source d'amour avec un grand " A ".
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