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Bien choisir sa chaussure de sport !

, 06:34

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Mercredi 31 mai j’écoutais la radio très tôt le matin, et ce qu’ont dit deux prétendus spécialistes relativement au bon choix de la chaussure de sport m’a interloqué.
Je cite quelques couillonnades:

  • - La marche avec bâtons ne sert à rien.
  • - Si on a mal aux genoux, la course n’est pas aggravante.
  • - A la course, l’attaque par l’avant-pied est préférable.
  • - Depuis qu’existe le talon renforcé c’est bien, mais l’amorti est aboli en six semaines d’utilisation régulière. Il faut alors racheter une autre paire.

Mes réponses critiques :

  • - Relativement à “la marche avec bâtons“, notre coach sportif Gilles précise: “Elle peut être comparée au ski de fond. Les bâtons favorisent la PROPULSION. C‘est un bienfait pour le corps, mais il faut avoir des bras solides. Tous les muscles travaillent (bon pour le dos). A chaque fois qu’on s‘aide avec les bâtons, c’est moins de contraintes pour les jambes!“
  • - La course par contre surmène les genoux en mauvais état au moment de l’impact du pied avec le sol. Cela les secoue fortement, surtout en terrain inégal.

Dans cette émission de radio, pas un seul instant les intervenants n’ont évoqué la notion essentielle évoquée ci-dessous:
A la course, trois types de pied :

  • -Le pied universel qui se caractérise par une pronation quasi-nulle lors de l’attaque du talon (déroulement de votre pied vers l'intérieur pour répartir les chocs produits par le contact avec le sol).
  • -Le pied hyper-pronateur dont le basculement vers l‘intérieur de l‘arrière-pied-cheville dépasse 3° lors de la phase d’appui.
  • -Le pied supinateur qui tourne vers l’extérieur lors de la phase d’appui.



Or la pronation active atténue l’impact des forces de choc sur le talon. Il faut également préciser que la pronation dépend des mouvement de torsion entre avant et arrière-pied. Ainsi une chaussure qui entrave ce mouvement fait courir un risque de lésion.
Lors de la course, le bord externe du pied a une fonction équilibrante, alors que la région antérieure amortit. Il faut donc une bonne souplesse de la chaussure pour que le pied s’adapte convenablement au terrain.

L’amortissement prétendument apporté par la semelle anti-chocs: de l‘enfumage !

Lors de l’attaque du sol par l’arrière-pied, il y a d’abord une phase d’impact du talon au sol et cette force a été rendue responsable de bien des maux (tendinites, problèmes articulaires, maux de dos). Alors les fabriquants de chaussures on proposé des semelles dites “semelles de sport amortisseur de chocs“, ou “semelles sport anti-chocs“, très prisées encore de nos jours. Une réussite commerciale basée sur du vent, car malheureusement ces semelles sont trop épaisses et molles. Du coup elles modifient les forces externes s’exerçant sur les structures internes du pied, sans modifier le pic d’impact lors de l’attaque au sol. Il y a donc un changement de répartition des charges dans le sens d’une PERTE D‘ENERGIE et non dans celui d’un EFFET AMORTISSEUR.

De plus une semellle épaisse et molle contribue à déstabiliser l’arrière-pied lors de la pronation du pied. Inversement une semelle plus dure absorbe certes moins les chocs mais permet un meilleur contrôle de cette pronation. Elle induit donc une moindre perte d’énergie.
La géométrie de la chaussure apporte plus que l’épaisseur d’une semelle ou que son caractère soi-disant absorbant.
L’idéal serait de proposer des semelles à “densité diférenciée“, plus absorbantes vers l’extérieur et plus fermes vers le bord postéro-interne.

Quelle chaussure pour quel pied :

  • La chaussure utilisée pour un sport particulier ne doit servir que pour ce sport. Ne pas utiliser la même paire à la ville ou dans la pratique d‘autres sports.
  • Acheter ses chaussures après avoit bien marché. Ainsi le pied aura gonflé et sera comme après une heure de pratique sportive.
  • Choisir un modèle à semelle extérieure pas trop dure. Un test simple: prise à deux mains, il faut pouvoir un peu tordre la chaussure.
  • La partie avant doit être suffisamment large. C’est à dire qu’il faut laisser un centimètre entre le gros orteil et le bout de la chaussure.
  • Pas de couture intérieure qui risque de blesser.
  • Le laçage est important. Le velcros ne s’adapte pas au pied qui s‘échauffe. Il ne se distend pas. A bannir! Opter pour le lacet.

Conclusion :

La bonne chaussure doit pouvoir s’adapter au pied et non le contraire. Les chaussures standard vendues par centaines de milliers ne peuvent donc jamais représenter le top.
Consulté, un kiné-posturologue ou un podologue-posturologue observera l’usure de vos chaussures ainsi que le comportement de votre corps: debout immobile (colonne, genoux, symétrie des épaules orientation du bassin), votre démarche, votre manière de courir, avant de vous conseiller.

Eventuellement le podologue confectionnera des semelles corrective. En effet la semelle amovible standard vendue avec la chaussure doit souvent être remplacée par du sur-mesure.

Programme court d’exercices d’équilibre à haut niveau d’exigence

, 06:15

Un entrainement intensif de l’équilibre induit des effets bénéfiques à long terme sur la plupart des maladies et permet d’éviter les chutes chez les personnes à risque, notamment chez le sujet âgé. Le sportif quant à lui est nettement plus performant.

Une question me vient à l’esprit… Lorsqu’un enfant veut faire du judo (ou tout autre sport sollicitant grandement l’équilibre), est-ce qu’on teste son équilibre avant ? C’est pourtant essentiel et il existe des tests simples (Romberg, Fukuda, station unipodale, Tinetti). Si son équilibre est précaire il risque de se blesser en chutant, et de toute manière ne sera pas performant dans la pratique de ce sport où les chutes sont répétitives et la nécessité au départ d’un bon équilibre, évidente.

Les capteurs propioceptifs qui nous permettent de maîtriser notre position dans les trois plans de l’espace, sont particulièrement denses au niveau de la partie supérieure du cou. Leur lésion lors de certains processus pathologiques (chutes sur la tête, arthrose, blocage, séquelles d'entorse vertébrale), explique l'existence de troubles de l'équilibre. Par ailleurs dès trente-cinq ans chez tout-un chacun, malade ou en bonne santé, les capteurs propioceptifs vertébraux sont moins performants. C’est pire en cas de mal de dos chronique ; on ne se tient pas bien et on n’en est pas conscient.

Conseils dans la réalisation des exercices ici proposés :

Il ne suffit pas de singer un exercice pour qu’il soit efficace. Il faut savoir ce qu’on recherche : volonté de puissance, de restitution de force explosive, ou comme ici d’équilibre. Puis lors des exercices, il faut répartir harmonieusement entre les différentes articulations de l’appareil locomoteur les contraintes (forces) subies.

Un bon sportif écoute son corps. Exemples :
« Que me dit mon dos ? La posture adoptée durant l’exercice ne le surmène-t-elle pas ? »
« Dans cette position je réveille une tendinite un peu oubliée dans la cuisse. Il me faut donc la modifier… Là, c’est mieux ! »

Le port de la tête est essentiel : Tête trop en avant il y a risque de souffrance des épaules, trop en arrière du cou.
De temps en temps fermez les yeux. Certaines pratiques yeux fermés en équitation ou au Tai Chi, sont excellentes pour bien renforcer son équilibre.
Soyez prudents !
Il ne s’agit pas de tomber en réalisant les exercices ici proposés. Sur les photos il y a des cordelettes accrochées à un barreau de l’espalier pour se tenir, si besoin.
Pratiquer de préférence pieds nus, car les capteurs de l’équilibre sont très nombreux au niveau de la sole plantaire. Le port de chaussures a nettement amoindri le sens de l’équilibre du « chasseur-cueilleur » primitif que nous sommes encore.

Pour augmenter la difficulté des exercices, porter des chevillères lestées de 1 à 2 kg.
Bien entendu tout le monde n’a pas à sa disposition une planche oscillante corporelle comme celle des photos. Pourtant cela ne coûte pas cher à faire fabriquer (environ 80 euros).
Ses dimensions : 190x90cm. Hauteur du plateau 65cm.
Tous les clubs sportifs devraient en posséder une !
Sinon on peut toujours pratiquer sur gros ballon de gym seul. La difficulté est moindre qu’avec la planche oscillante mais conséquente.

Si on n’a pas d’espalier, on peut se tenir à une barre fixée au mur. Bien gonfler le ballon (à la station de gonflage auto).

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Debout sur gros ballon, lancer plusieurs fois de suite une jambe en arrière, puis sur le côté. Changer de jambe d’appui.

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A genoux sur ballon, déplacer le bassin de droite à gauche. Puis bouger les fesses d’avant en arrière. Recommencer.

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Rouler le ballon d’avant en arrière avec la jambe en appui dessus, yeux fermés.

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Rouler le ballon d’avant en arrière, yeux fermés.

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Flexion-extension du genou sur jambe d’appui plusieurs fois de suite en gardant le dos bien droit. Puis se mettre plusieurs fois en flexion du genou côté jambe d’appui et garder la position trois à quatre secondes avant de se redresser. Changer de jambe d’appui.

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Soulever les jambes, puis les écarter et les rapprocher alternativement plusieurs fois de suite.

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Gainage. C’est-à-dire position du corps maintenue avec appui sur la pointe des pieds, puis sur un seul pied.

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Idem que l’exercice précédent en faisant osciller la planche de droite à gauche avec les coudes.

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Fesses surélevées, soulever alternativement chaque jambe en la maintenant en l’air plusieurs secondes.

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Lever ensemble jambe gauche et pied droit ; tenir la position quelques secondes. Puis lever jambe droite et pied gauche.

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Même exercice que précédent avec chevillères lestées pour en augmenter la difficulté.

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Exercice debout comme sur la deuxième photo, mais avec chevillères.

Bon courage. Que l’équilibre et la force soient avec vous !

Etirements, les conneries ça suffit !!!

, 17:10

On lit partout :
« Les étirements sont essentiels pour une pratique sportive sans blessure ». Faux !
« Ils permettent d’éviter une contracture musculaire lors d’un effort intensif ». Faux !
« Les étirements des quadriceps sont très utiles pour affiner les cuisses ! » Faux !
« L’étirement des quadriceps est toujours associé à une extension de la hanche ! » Faux !

Prenons l’exemple de l’étirement du quadriceps, muscle puissant du devant de la cuisse, étirement fort usité dans la pratique des « sports de jambes ».

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Mauvais exercice !!!
Sur le bord des terrains on voit systématiquement les sportifs pratiquer ce grand classique d’étirement passif. Le sujet debout tient dans sa main son coup de pied, buste droit, bassin basculé pour arrondir le bas du dos. Le sujet s’étire en augmentant la flexion du genou. Cet exercice serait aussi un bon test dans un programme de reprise sportive contre le mal au genou pour tester le gain d’amplitude sans douleur.
Il est hélas impossible de maintenir le bassin comme décrit quand on est en appui monopodal (sur une jambe) car cette posture éminemment instable empêche un contrôle correct, on oscille ! Donc en fait ce type d’étirement du quadriceps s’accompagne d’une bascule antérieure du bassin. On creuse les reins. C’est d’ailleurs ce qu’on constate sur les photos diffusées.
Dire qu’on « affine ses cuisses » parce que durant quelques minutes on les allonge un peu en tirant dessus, c’est carrément de la bêtise, aussitôt après l’exercice ils reprennent leur forme initiale. Le quadriceps est un muscle biarticulaire, hanche et genou. Pour assurer une bonne stabilité de ces articulations il se doit d’être en tension de contrôle permanente. S’il est trop lâche, il ne contrôle plus rien.
Quant à affirmer que cet exercice serait un bon test contre le mal au genou c’est improuvé et il y a nettement plus fiable désormais comme test. Le « monitoring ligamentaire » détecte les risques de blessure du membre inférieur en testant le ligament croisé antérieur lequel en est le baromètre.
Un entraînement sérieux implique des outils diagnostics fiables.
Par ailleurs plusieurs études ont démontré que les étirements préalablement à une activité sportive sont contre-productifs. Pourquoi ? Parce qu’ils induisent une diminution de la force, de la température interne des muscles (le refroidissement durant les étirements provoque clairement une diminution des performances), ainsi qu’un phénomène de « creeping ».
Réalisés après ils ne diminuent pas non plus les risques de blessure, ils n’assurent pas une bonne récupération en ne faisant pas diminuer le taux d’acide lactique.
Qu’est-ce que le « creeping » ? Lors de l’étirement, le tendon musculaire s’allonge, ce qui provoque une réorientation des fibres de collagène alors que leur état naturel est torsadé, la capacité d’évitement des contraintes sur le tendon est de ce fait altérée. Prenez l’exemple d’un cordage de marine, s’il est torsadé c’est clairement pour en augmenter la résistance. Détorsadez-le et il sera nettement plus fragile. Simple question de bon sens !!!

Alors que faire ?

- Une séance d’étirements est utile lorsqu’elle est réalisée hors compétition, l’année durant, au sein d’un programme d’entretien de sa forme physique. Il s’agit davantage d’obtenir une meilleure extensibilité, grâce à une meilleure tolérance, car il n’est pas question comme cela a été longtemps affirmé d’une augmentation de longueur musculaire sous l’effet d’une multiplication des sarcomères.
- L’augmentation de la visco-élasticité musculaire et l’amélioration de la résistance de la jonction myotendineuse sont favorisées par des protocoles alternant contraction statique en course externe du segment de membre concerné de 6 à 10 secondes, temps de repos de 3 à 6 secondes et mise en course externe passive de 6 à 10 secondes.
- Les étirements actifs utilisés en complément d’un échauffement cardio-respiratoire permettent de meilleures performances que les étirements passifs associés au même échauffement ; Alors, quels sont-ils ces étirements actifs ou ERAMT (étirements raisonnés actifs myotendineux) ?
L’étirement n’est pas une posture mais un mouvement conduit lent non douloureux « aller-retour » qui dure environ 8 secondes, et non pas en apnée mais en respiration contrôlée. Les ERATM sont à répéter deux fois par muscle. Rester actif ensuite, surtout ne pas s’asseoir.

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Etirement quadriceps et ilio-psoas : le patient étire quadriceps et ilio-psoas gauches en fléchissant son genou droit et en tournant le buste vers la droite. Mouvement lent aller de 4 secondes, suivi d’un mouvement retour lent de 4 secondes.
Pour l’étirement du quadriceps seul :
Debout, en fente avant (position de l’escrimeur), fléchir le genou de la jambe placée devant jusqu’à 90° de flexion sur 4 secondes, puis revenir à la position de départ sur quatre secondes également.

Mes performances en tant que cavalière ou cavalier ne sont pas bonnes bien que je m'entraîne beaucoup. Que faire ?

, 18:00

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“Une élégante cavalière parfaitement avec son cheval !“

En regardant le film "Jappeloup", biographie d’un cheval champion de sauts d’obstacles dans les années quatre-vingt et médaillé d’or aux jeux Olympiques de Séoul en 1988, j'ai réagi en kiné lorsqu'après de nombreuses chutes et échecs en compétitions, Guillaume Canet dans le rôle de Michel Martin s'exclame : " Mon cheval est excellent, c'est moi qui suis un mauvais cavalier. Cela est dû au fait que je concoure pour faire plaisir à mon père !".
Or il semble évident que son personnage avait la passion du cheval et de la compétition. Il ne montait pas pour faire plaisir à qui que ce soit. Seulement, en panne d'idée face à l'échec, il a fait comme tout le monde dans nos sociétés marquées au fer rouge par Freud : il n'a su qu‘incriminer le facteur psychologique. Or, si le problème n'était pas que là ou bien directement ailleurs ?

Au lieu de se presser le ciboulot tel un citron, ce cavalier aurait dû consulter un Posturologue, lequel aurait bilanté sa statique, son équilibre debout, à la recherche d’un “syndrome de déficience posturale“, car il est illusoire de croire que dès que la passion du cheval nous prend, nous devenons automatiquement des Centaures, sortes d'hybrides moitié Homme moitié cheval !
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Même monté en croupe, l’Homo Sapiens reste profondément marqué par son lointain passé de “chasseur cueilleur marcheur“. L’origine de nos problèmes musculo-squelettiques d’individus modernes remonte en effet à la préhistoire, lorsque nos lointains ancêtres ont décidé d‘adopter la marche bipède exclusive. Du coup ils se sont trouvés confrontés à un problème majeur : donner à leur musculature postérieure une longueur adéquate. Faiblesse de la musculature antérieure (notamment abdominale), mal de dos, pubalgie, tendinites des muscles de l'arrière des jambes, sont des conséquences logiques de cette difficile adaptation.

Un exemple : nos épaules ne sont pas encore adaptée à nos activités de bipède, la preuve étant que le meilleur placement de la tête humérale (os du bras) dans sa cavité articulaire est réalisée à 90°de flexion, c'est à dire à quatre pattes. Debout, de nombreux défauts d'alignements peuvent affecter notre équilibre musculaire sans que nous-nous en rendions compte. Certains muscles sont courts et puissants, d'autre étirés et fragiles.
Etant donné qu'un cavalier n'est pas constamment sur son animal, et donc qu'il passe un certain temps debout ou assis sur de mauvais sièges, sa posture, son équilibre, et donc ses performances sportives s'en ressentiront, même s'il s'entraîne beaucoup et croit posséder une bonne technicité.

Autre constat : un bon fonctionnement du genou, l'articulation mise à mal en équitation, impose une bonne fonctionnalité de la hanche et du pied, articulations peu contrôlées de manière régulière par un professionnel de Santé, à moins d'un accident ou d'une douleur. Or il existe mantenant le “monitoring ligamentaire“, que tout cavalier devrait pratiquer au moins une fois par mois, afin de savoir si ses jambes sont en bon état, surtout lorsque se profile une compétition.

Les troubles statiques corporels sont causes d''hypercontraintes articulaires, et d'hypersollicitations musculo-ligamentaires. Il s'agit de les déceler et de les corriger.

Née dans les années quatre-vingt, la Posturologie est pratiquée par bon nombre de professionnels de Santé (médecins, Kinésithérapeutes, Ostéopathes, Infirmiers, Podologues), et vise à trouver l'origine du défaut de posture, et à le corriger. Le plus souvent ces spécialistes pensent qu'il se situe au niveau des pieds (d'où le port de semelles fabriquées par le podologue), des yeux (verres compensateurs et/ou séance d'Orthoptie), ou de la mâchoire ( port de gouttières dentaires en dormant). Or c'est trop réducteur, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, et ce pour plusieurs raisons. Le port de semelles compensatrices n'a de réelle action... que sur le pied, quasiment pas sur le dos. Les gouttières nocturnes, si elles sont utiles, ne suffisent pas à résoudre tous les problèmes de posture. Pareil pour les lunettes.

En attendant il importe néanmoins que tout cavalier consulte régulièrement un Posturologue expérimenté, car celui-ci est dans le vrai dans sa démarche holistique, même s'il y a encore beaucoup à faire pour parfaire le concept.
J'y travaille d''ailleurs, et proposerai une voie nouvelle dans mon prochain livre : “ Normologie.“, lequel sera publié dans un an ou deux.

La balnéothérapie (rééducation dans l’eau)

, 08:59

La balnéothérapie (rééducation dans l’eau).


La mise en flottaison supprime la sollicitation des muscles douloureux, la semi-pesanteur facilite la reprise de la marche. Les principales indications de cette modalité rééducative sont les douleurs communes musculo-squelettiques avec problèmes d’articulations portantes, ou d’épaules. En neurologie elle est d’un certain intérêt lorsque l’équilibre debout à sec est précaire. Aujourd’hui on peut même hydromasser sans mouiller, physiomasser grâce à Hydrojet system.
Soyons clair : si certains patients espèrent guérir en faisant trempette, leurs espoirs sont à l’eau, sauf si le bassin de balnéothérapie se situe à Lourdes ! Même le thermalisme ne convainc pas les spécialistes.
La rééducation en piscine chauffée à 33-35°, en baignoire d’hydrothérapie, en spa jacuzzi, aérobain, est souvent vécue par le patient comme un moment privilégié de relaxation, de bien-être. Si la profondeur de l’édifice est de moins d’un mètre-dix, on parle de bassin de rééducation (2m x 1,80 x O,60). Quand on a pied, c’est plutôt un avantage pour ceux et celles qui ne savent pas nager, ou qui ont la phobie de l’eau.


Quels exercices sont le plus couramment pratiqués ?


La position de flottaison horizontale dans un angle du bassin avec appui de la tête contre la barre, les chevilles éventuellement équipées de flotteurs, reste le grand classique et s’accompagne d’exercices de bascule du bassin et de pédalages des membres inférieurs. En étant debout, sont réalisés des exercices de fentes, d’accroupissements. Puis on marche. Malheureusement, ce programme est nul. Une de mes patientes lombalgique chronique, avait été cliente durant dix années d’un cabinet médical où les seuls exercices préconisés par son kiné avaient été ce qu’elle nommait des ‘abdominaux’, c’est à dire des exercices de pédalages des membres inférieurs en couché dorsal. Elle ne faisait que ça pendant vingt minutes : service minimum ! Qu’est-ce que ce confrère dépourvu d’imagination devait s’ennuyer ! Quelle affreuse routine. Il ne s’était jamais donné la peine d’essayer, au moins de temps en temps, d’innover un tout petit peu ! Avec quelques accessoires, il est pourtant si simple d’initier un programme rééducatif efficace et ludique (aller voir dans : « Le sport est un médicament bio ! » J. Lyon. Editeur. Ou « Le dos du Gay » L’Harmattan. Editeur) !

Conseil du Kiné : Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?

, 10:33

Suite du billet : Le trio «marche-vélo- natation » pour toutes les pathologies y compris les lombalgies ?

8 - Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?
Peut-on la pratiquer seul et si oui, quelles sont les précautions d’usage ? En cas de pratique solitaire, y a-t-il un rythme, une fréquence, une intensité, une dépense énergétique minimales ?

Le sujet malade se doit de ne changer ses habitudes qu’à minima, cependant il doit être plus responsable que le non-malade (ce qui est loin d’être une généralité) et se poser les bonnes questions : est-il en poussée ou non, ou en danger d’y tomber ? Certains médicaments risquent-ils d’altérer son équilibre (antidépresseurs par exemple) dans la pratique de son sport ? Il faut dans tous les cas tenir compte de la pollution atmosphérique (quand il fait beau et chaud en ville, ne pas aller courir), des conditions climatiques (se protéger plus qu’un autre des ardeurs du soleil, ou du froid), de l’altitude. Si on souffre d’une affection respiratoire chronique, l’atmosphère chlorée des piscines n’étant pas bénéfique, il faut éviter de les fréquenter souvent. Penser à s’hydrater, commencer à boire avant le début de l’activité. Choisir ensuite une plage horaire favorable : après 10 heures : gym en salle, step, marche, natation. Footing avant 17 heures. Entre 17 et 18 heures : cardio-training, badmington.

En cas de pratique solitaire la fatigue est le premier signe tangible traduisant un dépassement de la dose prescrite du « sport-médicament », il faut la contrôler et s’arrêter avant. Tant qu’on peut parler sans hacher les mots, ça va. Certaines activités nécessitent de se rendre en club ou sur un terrain qui n’est pas forcément à proximité de son domicile. Si on est soudain très fatigué après le sport, mieux vaut peut être avoir prévu quelqu’un pour être raccompagné.

En montagne, la réceptivité à la pathologie d’altitude est variable selon les individus, et donc, si l’on est seul, l’incident est souvent imprévisible. Chez les sujets à risque (asthme, maladies cardio-respiratoires, antécédents de thrombose), la pratique sportive en altitude favorise l’hypertension artérielle. Dès 2000/2500 mètres d’altitude, la raréfaction de l’oxygène rend la pratique sportive nettement plus difficile. Dans tous les cas, qu’on soit peu ou très malade, il faut être en un lieu accessible, pour pouvoir être éventuellement secouru rapidement, en cas d’incident ou d’accident. Il faut donc qu’un référent fiable soit prévenu « du où, du quand, et du comment » de sa pratique. Il faut pouvoir le contacter sûrement, par exemple par téléphone.

Doit-on au contraire se tourner vers une structure médicalisée, ou vers un kiné, un médecin du sport, un éducateur médico-sportif ? Les approches des kiné, médecins du sport, et éducateurs sont-elles différentes ? Qu’apportent-elles au malade sportif ?

Créés dans les années 40, les centres médico-sportifs avaient pour objectif la délivrance des certificats de non contre indication à la pratique sportive. Le suivi des sportifs et la prévention sont devenus des objectifs quelques années plus tard, mais on assiste à une disparition progressive de ces centres, au profit des CRESIF (Comité Régional d’Education pour la Santé), des CROS (Comité Régional Olympique et sportif), des collectivités locales, ainsi que des délégations régionales sportives. Ces structures ont pleinement leur place dans le monde actuel.

Quant aux professionnels de l’accompagnement médical du sport, ils n’ont pas la même formation, ni les mêmes degrés de compétences, mais ciblent la même population humaine à un moment précis de son activité : le sport.

En première ligne vient le Médecin du sport. Il joue un rôle fondamental dans le suivi des activités sportives collectives ou individuelles, des sujets en bonne ou mauvaise santé. Son rôle est également de prévenir, ou traiter, les accidents ou défaillances dans la pratique sportive. Il est indispensable auprès du sportif durant les compétitions, comme le sont à ses côtés le kiné et l’ostéopathe, alors que ce n’est pas le cas pour les autres métiers du sport, tel l’éducateur médico-sportif.

La formation d’éducateur médico-sportif concerne l’enseignement des activités physiques et sportives dans le sectaire sanitaire. Le postulant doit avoir une licence ou un master en APA, ainsi qu’une formation aux pathologies qu’il prend habituellement en charge, comme le diabète. Dans ce secteur existent déjà : enseignants en APS, éducateur sportif, prof d’APA et éducateurs physiques. Les « casquettes » se multiplient comme l’attrait pour le sport d’un nombre grandissant de personnes malades ou pas.

Les kinés pensent que le métier d’éducateur médico-sportif restreint bel et bien leur champ d’action, mais que c’est un fait établi auquel il faut se faire car irréversible, du fait du profilage en constant remodelage au fil du temps, de l’encadrement du sportif, qu’il soit malade ou non ; d’autant que les compétences du kiné le conduisent à ne pas s’occuper uniquement de ses semblables dans le domaine sportif. Dans le domaine sportif il agit en collaboration avec le médecin du sport. Son action est déterminante dans le cadre de la préparation physique, la surveillance de la compétition, la gestion de l’urgence sur le terrain, et globalement les soins pré et post sportifs. Il est en même temps ergonome (choix du matériel à emporter, réactions individuelles en fonction du geste sportif et dans les activités de la vie quotidienne afin de ménager son appareil locomoteur), il est aussi éducateur alimentaire.Ses conseils ciblent aussi la prévention des maux du sport. Par exemple, quand on a un périnée fragile, il prévient qu’il faut éviter plate-formes vibrantes, trampoline, équitation, sports de sauts.

Il est aussi chercheur, certains confrères étant Docteurs en biomécanique, c’est à dire en mécanique humaine. De ce point de vue, et je m’en ouvre dans mes derniers ouvrages, je pense qu’il ne faut plus faire du sport « à l’ancienne ». C’est à dire étirer et muscler sans préalable, ce préalable étant le renforcement de l’équilibre par la propioception, d’autant que lorsqu’on cherche à muscler et assouplir un sujet présentant un problème d’équilibre et de mauvais réflexes posturaux, on ne fait que renforcer ses défauts et aggraver le tableau !!! C’est pourtant ce qui ce fait partout aujourd’hui. Je donne un exemple : un enfant de dizaine d’années ayant des problèmes d’oreille interne non décelés, demande à faire du judo. Il débute, tombe, se blesse, guérit. Dix, vingt ans après, au cours d’une épreuve de sa vie, il à soudain de nouveau mal là où il souffrait étant petit. La douleur s’est inscrite dans son cerveau, elle est « corticalisée », et donc devenue difficile à déloger. Pour éviter cela, tout sujet sportif malade ou non, doit en priorité travailler régulièrement son équilibre, en choisissant d’abord pour ses activités assises, un gros ballon de gym (ballon de Klein) au détriment des sièges classiques, et en faisant régulièrement des exercices (yeux fermés) sur plateau de Freeman. C’est une planche posée sur un socle ovoïde, ou un support plan arrondi, qui déséquilibre celui qui monte dessus.

Le conseil du Kiné : Le trio «marche-vélo- natation » pour toutes les pathologies y compris les lombalgies ?

, 09:03

Suite du billet : à quoi servent les activités de renforcement musculaire ?

6 - Le trio «marche-vélo- natation » semble être un peu mis à toutes les sauces, conseillé pour presque toutes les pathologies : comment varier les activités ?

Ces modalités sportives sont les plus simples, à la portée de tous ou presque, et les moins onéreuses, c’est pour cela qu’on les cite souvent. Néanmoins le pédalage ou la marche ne sont pas des méthodes complètes d’entraînement des muscles des membres inférieurs. Notamment le quadriceps (le muscle du devant de la cuisse) a un rôle fondamental dans les gestes de transfert d’une position corporelle basse à une position haute, et ces pratiques ne le développent pas suffisamment.

La natation coûte trois fois moins cher qu’une salle de sport, et on trouve pratiquement partout des bassins nautiques publiques, mais alors qu’on montrait autrefois la natation comme l’activité phare en cas de maux de dos ou d’arthrose par exemple, on sait maintenant que ce n’est pas vrai. D’ailleurs tous les nageurs traditionnels ont (un jour) mal au dos. Puis, même si l’eau reste une solution quand on a du mal à se bouger à l’air libre, il faut apprendre un jour à regagner efficacement le plancher des vaches, car nous ne sommes pas des poissons.

Le vélo reste une bonne option mais dans une sociétés où la voiture est reine et les automobilistes peu soucieux de se préoccuper des cyclistes, les accidents sont hélas de plus en plus nombreux. La pollution atmosphérique est un autre paramètre inquiétant. De plus on est assis, et la station assise n’est pas bonne pour le dos. La marche enfin se doit d’être privilégiée, avec les mêmes réserves que pour le vélo (chutes, pollution).

Un autre exemple qui démontre que l’option «marche-vélo-natation» n’est pas un absolu. Quand on a souffert du dos durablement, mieux vaut aller s’exercer dans uns salle de gym durant un à deux mois, avant de reprendre son sport favori.


Il y a trois ou quatre décennies, faire du ski, du tennis, du golf, du trekking, était impensable pour les revenus modestes. Certaines excellentes pratiques sportives comme le Tai chi, carrément inconnues. Tout ou presque est devenu accessible. Grâce à « la toile », à Internet, on découvre constamment de nouveaux sports accessibles à tous ou presque. Il y a même la Wii à un prix abordable.

Une raison entre autres pour varier ses activités : l’enfant devrait changer d’activité sportive tous les deux ans, car sa croissance, les modifications de son corps et de son psychisme, font qu’il n’est pas de façon linéaire profilé pour un seul sport. Le foot par exemple, s’il est pratiqué trop tôt, trop longtemps durant l’enfance, abîme les genoux. La maladie également nous rend inaptes occasionnellement ou définitivement à la pratique de certains sports. Il faut savoir opter pour une autre activité.


7 - Néanmoins les activités physiques en cas de lombalgie, rachialgie, rhumatismes et ostéoporose semblent différentes : que peut-on conseiller aux malades qui souffrent de ces pathologies et pourquoi ?

Il importe de ne pas les mettre toutes dans le même panier. Rhumatismes dégénératifs et inflammatoires par exemple.
Les rhumatismes inflammatoires présentent des signes révélateurs sanguins, ce sont principalement Polyarthrite Rhumatoïde (PR) et Spondylarthrite ankylosante (SPA).

-En cas de PR, la fatigue est importante mais tous les sports non violents sont possibles : Wii Fit, machine elliptique, marche nordique, vélo sur terrain peu pentu, yoga, Tai chi ou QI Gong, danse, gym douce, aquagym, aquastretching, aquabiking.

-En cas de SPA, opter pour natation en eau tiède, mais comme le creux des reins(lordose) a tendance à s’atténuer, le dos à s’arrondir (cyphose dorsale), faire du dos crawlé qui redresse le dos - idem pour le volley ball. Quant au vélo, opter plutôt pour le vélo Hollandais en remontant le guidon, pour les mêmes raisons.
Pour lutter contre les difficultés respiratoires, il y a Le Tai Chi et le Qi Gong, le yoga.
-En cas d’arthrose, les données de la littérature concernent surtout la gonarthrose et la coxarthrose. La pratique d’exercices physiques est à recommander aux sédentaires. Les études montrent une efficacité modérée sur la douleur et la fonction, et qu’ils permettent l’entretien du capital musculaire, voire l’amélioration des amplitudes articulaires, ainsi qu’une perte de poids (bénéfique pour les articulations). Privilégier : Elliptique, tai chi, bicyclette, balnéo. Par contre les sports à fort impact ou mouvements de torsion sont les plus nocifs pour les membres inférieurs, comme : foot, rugby, squash, basket, sports de combat.
-En cas d’ostéoporose il faut pratiquer un sport en charge, car pour être bénéfique sur la masse osseuse, il faut des impacts. Exemple : la marche en terrain inégal, mais ni natation ni cyclisme.
- Mal de Dos : les sports de lancer, javelot, poids, font naviguer le dos dans des amplitudes extrêmes. L’hyperlaxité dans la gym, la danse, si elle n’est pas canalisée par une bonne propioception (perception intime des différentes parties de son corps dans l’espace et dans le mouvement), favorisent les accidents des ‘articulaires postérieures’ (articulations vertébrales situées de part et d’autre du disque intervertébral). Dans les sports de contact et de chutes, ces mêmes ‘articulaires’ sont malmenées. Les positions extrêmes longtemps soutenues : cyclisme, tir, judo, favorisent les contractures qui limitent ensuite le jeu articulaire et déséquilibrent l’ensemble du dos.

Doivent-ils adapter leur équipement ?

De nombreuses pathologies supportent mal les microtraumatismes par défaut du matériel. Il y a aussi le terrain et c’est la chaussure qui protège en premier. Chaussures : ne pas utiliser la même chaussure à la ville et sur le terrain de sport. Plusieurs paires pour varier les appuis. L’acheter en fin de journée. Choisir une pointure supérieure en fonction du terrain. Une chaussure de course a une durée de vie de 1 an environ pour parcourir 1500 m. Ne pas porter de vieilles chaussettes.

Pour les diabétiques, les chaussures (ex : gel cardio) ne doivent pas frotter, respirer, sans couture intérieure risquant de blesser. Chaussettes à la fibre d’argent.

Dans tous les cas : vêtements amples ne gênant pas les mouvements, matières respirantes. Pantalon ne serrant pas au niveau des lombaires.

Eventuellement, ceinture de contention lombaire, genouillères. Raquette anti-vibration.

Le soutien-gorge du sport nécessite un maintien fort pour les sports « à fort impact », ainsi que des matières plutôt respirantes, pas d’armature, pas de couture, volontiers des rembourrages au niveau des bretelles et des fermetures.



A suivre...

Le conseil du Kiné : à quoi servent les activités de renforcement musculaire ?

, 10:07

Suite du billet : quelle préparation ? Pourquoi un sport d'endurance pour les malades ?

5- A quoi servent les activités de renforcement musculaire ? Dans quelles pathologies sont-elles indiquées et Pourquoi ?

Le renforcement musculaire représente l’ensemble des moyens pour entretenir ou augmenter la définition musculaire (des muscles squelettiques striés). C’est une activité anaérobie qui consomme du glucose. Une fois les réserves sanguines et hépatiques de glucose épuisées, le corps puise dans les réserves de graisse. Il permet donc d’augmenter sa masse musculaire maigre, au détriment de la masse grasse. De récentes études scientifiques dévoilent qu’il est plus efficace en matière de perte de tissu adipeux (diabète). Il provoque une élévation du métabolisme de base général (besoins énergétiques minimum de l’organisme. Exemple pour un homme de vingt ans en bonne santé d’1,80 m pour 70 kg = 1500 kilocalories, donc une élévation durable de la consommation de graisses de réserves au repos. Alors qu’avec un entraînement cardiorespiratoire le métabolisme de base retombe assez vite à la normale. De plus, ce dernier pratiqué en excès favoriserait même une perte musculaire (catabolisme). Un entraînement musculaire intense de 60 minutes par exemple, provoque une élévation du métabolisme de base durant les 9 à 15 heures suivant la phase de l’entraînement. Plus la personne acquiert du muscle en relation avec une alimentation adéquate, plus elle « brûle » ses graisses. Seulement, il y a un inconvénient : si elle s’arrête… le processus s’inverse.

Pour rester en bonne santé, la pratique d’exercices de renforcement musculaire utilisant la majorité des muscles au moins deux fois par semaine, est recommandée en plus de l’activité d’endurance, par le Collège américain de médecine du sport et l’Association américaine de cardiologie. Il faut cependant veiller au bon placement de son bassin et de sa colonne vertébrale. Le placement corporel est en effet essentiel pour ne pas créer de déséquilibres.

Lesquelles sont-elles, ces méthodes de renforcement musculaire :
- Contractions concentriques dynamiques (ex : flexion des genoux), ou isométriques (pas de variation de longueur).
- Travail stato-dynamique pour passer d’une phase statique à une phase dynamique. Ex : sauter d’un position élevée et se réceptionner en restant plus ou moins longtemps genoux fléchis.
- Pliométrie = exercices de musculation visant à placer le muscle en position d’étirement avant la phase de contraction pour bénéficier de son élasticité. Exemple : sauter au sol depuis une marche avant de sauter en l’air le plus haut possible.
Il y a aussi l’électrostimulation. Ces appareils qui stimulent nos muscles par courant électrique.

Dans quelles pathologies les privilégier ?

En cas d’amyotrophie (perte de masse musculaire), ou pour suppléer à une partie du corps déficiente.
1 - Amyotrophie.
Pour l’amyotrophie due au vieillissement, la sarcopénie.
En Neurologie ( SEP, AVC, paraplégique ou tétra) pour lutter contre fatigue, gagner en force, sur la fonction et la mobilité, augmenter son périmètre de marche, renforcer son autonomie.
En cas de rhumatisme musculaire comme la Fibromyalgie. Les déplacements, les mouvements sont plus limités, moins douloureux, fatigants, que dans le sport d’endurance.
En rhumatologie dégénérative ( pathos arthrosiques), pour renforcer la masse osseuse.
En cas d’insuffisance rénale ou cardiaque.
Dans la BPOC (bronchite obstructive chronique), dans l’asthme vieillissant, la musculature thoracique est vite déficiente, l’attitude est orientée vers l’arrondissement du dos, avec déficience des muscles rachidiens.

2 - Pour suppléer une partie du corps déficiente. Dans le handicap, par exemple le paraplégique a besoin d’un tronc et de bras solides, pour compenser son déficit aux membres inférieurs.

Y-a-t-il une autre catégorie d’activité sportive ?
Peut être la «Wii thérapie », ce que proposent maintenant toutes les consoles à gym, ainsi que les plate-formes stabylomotrices dévolues aux Kinés et podologues (qui ont les mêmes options que la Wii mais adaptées au professionnel). Nintendo sur DS propose par exemple avec « Face training » d’entraîner les muscles de son visage, il y a aussi le «Visual training » ou gymnastique des yeux. Entraînement qui n’existe pas dans les options traditionnelles des activités sportives.

De plus, ces consoles sont axées sur le ludique et créent des univers dans lesquels on peut se bouger en n’étant plus dans le réel mais dans le virtuel, ainsi que ni tout à fait non plus dans l’endurance et la musculation traditionnelles, puisqu’on n’est pas entouré de « vrais gens » avec lesquels on serait en interaction, sur de « vrais terrains plats ou bosselés », dans des conditions climatiques changeantes, etc. Ceux qui ont créé le concept voulaient avant tout : « faire prendre conscience de son corps », puis par exemple aider les enfants à se latéraliser (bien faire fonctionner ensemble côté droit du corps et côté gauche). Ils ne se doutaient pas de la vogue suscitée et de la nécessaire surenchère aux nouveautés.

C’est là un complément d’entraînement devenu incontournable, accessible aux sujets les plus malades et les plus âgés ; à ceux notamment qui ne peuvent pas sortir de chez eux pour des raisons médicales, ou autres.

Il y a aussi certaines machines comme les plate-formes vibrantes, qui stimulent passivement le muscle, améliorent le retour veineux, et semblent avoir un effet bénéfique sur l’ostéogénèse (lutte contre l’ostéoporose). C’est là une catégorie sportive visant certes le renforcement musculaire, mais en marge de l’entraînement classique. C’est une néo-activité.

A suivre...

Le conseil du Kiné : quelle préparation ? Pourquoi un sport d'endurance pour les malades ?

, 06:53

Suite du billet : une activité sportive pour les malades ?

3 – Y-a-t-il une démarche commune à toute pratique sportive, quelle que soit la pathologie chronique dont on souffre ?

Tout d’abord il faut choisir des sports qui n’exposent pas à des traumatismes, des chocs violents, ne jamais forcer sur un muscle fragilisé, et n’admettre qu’un seuil minimum de douleur ne prêtant pas à conséquence. La respiration doit être utilisée en fonction du type d’effort, de son intensité et de sa durée. Il faut de la régularité, observer une intensité progressive dans l’effort, et privilégier le travail symétrique du corps. Il importe de faire contrôler régulièrement sa vue et son équilibre (bon nombre de médicaments font risquer la chute). Dans la pratique sportive il est essentiel de privilégier le qualitatif au quantitatif, tenir compte de l’ancienneté de la maladie, des handicaps acquis, de la tolérance à l’effort* lors de chaque performance, ainsi que de la motivation. Il faut s’obliger plus que tout autre à s’échauffer. Les principes en sont simples et comprennent une mise en route cardiovasculaire ainsi qu’un programme d’étirements avant le sport pour se préparer, et après pour récupérer. Il faut opter pour les ERAMT (étirements actifs raisonnés myo-tendineux), plutôt que pour les étirements passifs lesquels diminuent la capacité contractile du muscle et provoque une mauvaise vascularisation de celui-ci (mise en course externe maximale passive du groupe musculaire à étirer). L’ERAMT consiste en la réalisation d’un mouvement freinateur, suivi par une contraction concentrique lente (le muscle se raccourcit), afin d’augmenter la chaleur interne du muscle et le préparer à l’effort. Exemple d’ ERAMT des mollets : debout à 50/ 60 cm d’un mur, bras tendus au dessus de la tête, mains en appui sur le mur, genoux en extension (tendus), faire un mouvement alternatif rapide d’appui d’une jambe sur l’autre. Il importe aussi de bien s’hydrater (pas d’alcool ni d’eau gazeuse et s’hydrater durant le sport) et se bien nourrir en fonction du sport choisi (ne pas partir à jeun, ne pas prendre un dernier repas moins de

trois heures avant une compétition, ne pas changer brusquement de régime alimentaire). Après le sport, ne pas s’arrêter d’un coup. S’activer encore, durant quelques minutes.
Le sport pratiqué à haut niveau ou dans un esprit de compétition est néfaste.
Dans le sport à plusieurs, écoute et entraide sont indispensables.

  • Tolérance à l’effort : par exemple les asthmatiques auront intérêt à rechercher le contrôle en terminant les points rapidement, ne pas taper fort, ni frapper à plat, revers d’une main.



4 - A quoi servent les sports d’endurance ? Dans quelles pathologies sont-ils indiqués et pourquoi ?

Les activités sportives sont classées en deux groupes de dépense énergétique. Il y a les activités de courte et intenses durée, ou de puissance, appelées anaérobies, et les disciplines d’endurance, de moyenne et longue durée, appelées aérobies. Le système anaérobie compte pour les efforts jusqu’à deux/trois minutes (haltérophilie, saut en hauteur, sprint de 10m), ensuite c’est le système aérobie qui prend le relais (cyclisme, athlétisme, course à pied).

Dans quelles pathologies favoriser l’endurance : les pathologies cardiaques, diabète, maladies pédiatriques, pneumologiques, rhumatismales, liées à l’âge dont l’Alzheimer. Pourquoi l’endurance ? Parce que quand on est malade, il faut privilégier les activités à faibles contraintes, ne surmenant pas le capital musculo-articulaire (machine elliptique, marche nordique, Tai chi, ski de fond, aquagym). De plus c’est l’endurance qui permet dans la vie quotidienne de poursuivre le plus longtemps un effort musculaire généralisé, alors que la maladie diminue cette capacité. Par ailleurs, la plupart de nos activités professionnelles et de loisirs recourent essentiellement à l’endurance. On se doit d’être endurant quand on jardine, qu’on est paysan, dans les métiers du bâtiment, et même quand on fait l’amour...

A suivre...

Le conseil du Kiné : une activité sportive pour les malades ?

, 08:54

Suite du billet : Le sport, un traitement à part entière ?

2 - Quelles sont les questions à se poser pour pratiquer une activité physique ou sportive alors qu’on est déjà malade (cancer, diabète de type II, maladies cardio-respiratoires, asthme, maux de dos, rhumatismes, ostéoporose ?

Quand on est malade, l’activité physique à visée sportive se doit de respecter : âge, pathologie, objectif de réadaptation, niveau acceptable d’activités physiques. Quelle activité physique est la mieux adaptée à notre(nos) pathologie (effectuer un diagnostic éducatif avec un professionnel de la santé, pour des effets attendus sur santé et habitudes de vie), et à quelle fréquence ? Un sport qu’on aime, mais mal adapté à notre état de santé (mentale et physique), peut être source d’incidents ou d’accidents, puis de découragement, voire d’une perte supplémentaire de force et d’autonomie.

L’entraînement physique est destiné à améliorer la définition musculaire. Il change l’aspect physique. Si une pathologie affecte déjà notre aspect, il ne faut pas aggraver les déséquilibres préexistants.

Quelles questions se poser pour pratiquer ?

Chaque pathologie chronique nécessite des précautions que le malade connaît heureusement, en général, grâce à son médecin traitant et/ou son kiné, son éducateur médico-sportif. Il faut dans tous les cas contrôler son effort, ne pas à aller jusqu’à la fatigue, voire la dépasser. Il faut contrôler la rapidité de transition entre repos et effort, la rapidité de la récupération.

Maintenant, quelques exemples concrets :

- Le cancéreux se doit d’avoir si possible une activité physique d’un minimum de trente minutes au moins trois fois par semaine, même durant sa chimiothérapie, ce qui permet une réduction des symptômes secondaires à la maladie ou son traitement, et à la fatigue. S’il est dénutri, il doit suivre les conseils d’un nutritionniste afin d’assumer ses besoins particuliers, et éviter les activités physique gourmandes en énergie. Lui sont conseillés : Wii Fit, elliptique, sports d’eau tiède, marche nordique, stretching, body combat, soft aerobic, Tai Chi, ski de fond.

- Le diabétique de type 2 se doit de connaître le niveau d’activité requis pour perdre du poids qu’il trouve dans : gym active comme soft aerobic, marche sportive, randonnée, ski de fond, vélo à plus de 15 km/heure ou en montée.

-. L’insuffisant cardiaque doit plus qu’un autre, déterminer sa fréquence cardiaque maximale acceptable (nombre de battements minute). Elle se mesure en se prêtant, après échauffement, à un exercice de 4 à 6 minutes intense. Cependant on ne doit pas s’enfermer dans ce carcan du « tout prévu à l’avance ». Le niveau d’effort acceptable doit être basé sur la capacité du cœur d’adaptation à l’effort ainsi que la rapidité de la récupération, et tenir compte d’une éventuelle lassitude sous-jacente, ou au contraire d’un état d’euphorie trompeur. Les facteurs de risque de mort subite sont : fréquence cardiaque élevée au repos, élévation de cette fréquence insuffisante durant l’effort, et diminution faible après. L’entraînement par intervalles courts serait le stimulus le plus puissant pour fortifier la fonction cardiaque. Exemple : réaliser 15 secondes d’efforts, suivis de 45 secondes de récupération. L’usage du cardiofréquencemètre est dans tous les cas fort utile. Après 50 ans, le sport reste indispensable, mais la reprise ou le début d’une activité sportive, donnent obligatoirement lieu à un bilan cardiaque chez un cardiologue. Marche, footing, vélo, golf, ski de fond, Tai chi, accrosports, lui sont profitables.

- Les malades atteints de BPCO ( bronchite chronique obstructive) sont particulièrement handicapés dans l’utilisation de leurs membres supérieurs. Ils se doivent de les renforcer : gym en salle, Wii Fit, lancers de ballons. Le Tai chi leur permet de maîtriser leur souffle et de renforcer leur équilibre déficients. Le jonglage par exemple permet une meilleure coordination et un gain en endurance pour les membres supérieurs.

- L’asthmatique doit savoir plus qu’un autre que le sport ne compense pas le tabagisme. Mieux vaut qu’il prenne des broncho-dilatateurs 15 minutes avant l’activité, et il doit préférer les sports de fond. Il est à l’aise avec des disciplines nécessitant des efforts discontinus tels tennis, footing, il est moins performant dans les sports d’endurance. Un entraînement intensif favorise les épisodes infectieux. La fréquentation des animaux à poils (équitation), est un facteur allergisant. L’atmosphère chaude et humide des piscines lui est favorable, mais la natation est asthmogène et le chlore déconseillé. Mieux vaut nager en mer.

- En cas de maux de dos, de rhumatismes, même si on a mal, il faut se bouger, parce que le manque d’activités affaiblit muscles et articulation. Il conduit à un déconditionnement neuro-moteur : « Le muscle est cause du mal de dos commun et son unique solution ! ». Eviter les sports traumatisants, à risques de chutes ou de chocs, ou provoquant des efforts en rotation du dos : haltérophilie, rugby, foot, judo.

- Dans le cas de l’arthrose, on a longtemps cru que le sport était déconseillé. Hors poussées congestives, il faut au contraire « se bouger la santé » pour récupérer plus vite et limiter le handicap, comme le recommande l’EULAR (European League Again Rheumatism). Seules les activités trop contraignantes sont interdites. Ce n’est pas tant l’arthrose qui fait mal que les déséquilibres musculaires et articulaires qui lui font escorte !

- Favorisent l’apparition de l’ostéoporose : excès de tabac et d’alcool, surconsommation de café, utilisation régulière d’antidépresseurs tricycliques, corticothérapie au long cours (plus de trois mois consécutifs), hypogonadisme, rhumatismes inflammatoires, atteintes pulmonaires (BPCO, asthme), transplantation d’organes. Une moindre utilisation d’une partie du corps ou de son ensemble, un alitement prolongé ou un confinement dans un fauteuil roulant, peuvent conduire également à cette perte osseuse. Ainsi une femme immobilisée pendant un mois, peut perdre plus de masse osseuse qu’elle n’en aurait perdu normalement en un ou deux ans sous l’effet du processus ostéoporotique classique accompagnant la ménopause. Par ailleurs et en vieillissant, la perte d’efficacité des muscles permettant d’adapter nos postures à notre environnement (chaînes posturales), conduit à l’ostéoporose. Moins sollicitées, moins tractées, nos vertèbres se déminéralisent. Marcher ne suffit pas pour lutter contre l’ostéoporose. Il faut que l’os soit soumis à impacts, comme sautiller (action ostéogénique). Toute activité sportive doit cependant être entreprise avec modération. Sont conseillés : plate-forme vibrante (interdite aux périnées fragiles), stepper, machine elliptique, jogging, saut à la corde, gym, badmington, aquabiking, aquafitness.

A suivre...

Le conseil du Kiné : le sport, un traitement à part entière ?

, 06:07

Petit quiz sport et santé

1 - Peut-on considérer le sport comme un traitement à part entière et si oui pourquoi ? Quels sont les bénéfices et l’action thérapeutique ?

Au XXIè siècle, nous autres occidentaux sommes plutôt sédentaires. Nous n’avons plus à courir, grimper, monter aux arbres pour échapper aux prédateurs, courir après le gibier, nous ne sommes plus assis quotidiennement sur un cheval, bien que nous ayons encore les caractéristiques corporelles du « chasseur-cueilleur ». Pour entretenir ou augmenter notre tonicité musculaire, il nous faut donc « nous bouger la santé ». L’entraînement physique permet en premier lieu d’optimiser la définition musculaire qui nous est propre. A poids égal, la graisse est 5 à 6 fois plus volumineuse que le muscle. Avec le sport la silhouette change, s’affine, on est autre.

Quel que soit son âge, un entraînement physique raisonnable permet d’atténuer bon nombre de symptômes des maladies, atténue la fatigue, augmente la force musculaire, entretient les articulations, la souplesse, augmente le périmètres de marche et la sphère d’activités. Il diminue la tension artérielle et le taux de cholestérol dans le sang. Il permet de diminuer (ou d’échapper à) une surconsommation de médicaments, de limiter les hospitalisations et les traitements lourds, prévient ou atténue le mal au dos, divise par deux le risque de cancer du poumon, de 30 % celui du cancer du sein. Apparition et progression du cancer de la prostate, diminuent de 70 % chez les hommes pratiquant plus de trois heures de sport par semaine. La dépense physique lutte également contre la déprime plus efficacement que les antidépresseurs. Grâce à elle, on a un meilleur tonus psychique, il y a maintien de la confiance et de l’estime de soi. Elle diminue les risques de chute (le Tai chi permettrait de réduire de 25 % le risque de chute).

En période de stress, le rhumatisme par exemple est plus douloureux et l’ankylose s’installe vite. Le sport permet alors de diminuer la douleur et d’éviter l’ankylose. Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, il ralentit la progression de la maladie, étant plus efficace que les « sports cérébraux » pour booster les fonctions cognitives (mémoire, raisonnement, concentration). Il entretient les schémas moteurs, les capacités fonctionnelles, et favorise de nouvelles connexions dans la zone concernée de la mémoire. On peut opter par exemple pour Wii Fit, marche nordique, sport accompagné.

Dans quelles circonstances peut-il suffire ?

Quelques exemples édifiants :

30 minutes de marche à allure soutenue (4 à 5 Km/h), tous les jours, diminuerait par cinq le risque de mortalité par inactivité (le sédentaire). Dans le cas de l’ostéoporose il a été démontré un lien avec la dépression. Les dépressifs auraient un risque de fracture supérieur que le non dépressif. Le sport évite aussi à bon nombre de sujets ostéoporotiques la déprime par mésestime de soi : peur de ne plus pouvoir assurer ses tâches quotidiennes, de tomber dans la dépendance, etc. Les douleurs physiques touchent 40 à 80 % des malades déprimés, et plus le nombre de plaintes somatiques (corporelles) est élevé, plus le risque de dépression est important. Le sport permet de sortir de cette boucle infernale.
Toutes les maladies psychosomatiques (dermatologiques, nerveuses, certains maux de dos, certaines souffrances du genou de l’adolescente) trouvent là un médicament bio (comme c’est dit dans l’un de mes livres).

Dans le cas de la prévention du diabète de type 2, régime et exercice le retardent de 14 ans. Ceux qui font de l’exercice et surveillent leur alimentation dans la population des 20 à 70 ans, ont un risque diminué de moitié de devenir diabétique. Un obèse qui fait une activité physique soutenue, même sans perdre de poids, aura moins de risque cardio-vasculaire qu’un sujet à poids normal mais sédentaire. Dans le cas de lésion définitive de l’oreille interne, la seule façon de gagner un meilleur équilibre (ce qui évite les chutes) est de compenser par les autres composantes de l’équilibre au travers du sport (yoga, tai chi, Qi Gong, Katas du karaté, Wii Fit).

Dans quelles pathologies agit-il en soutien, en complément du traitement médical ?

Pratiquement toutes, car même lorsqu’on est dépendant et incapable de quitter son lit, il reste essentiel de bonifier et/ou d’entretenir son capital musculo-articulaire restant fonctionnel (et son moral, car le sport est anti-stress). Ca reste la plus saine des occupations.

A suivre...

Se soigner en faisant du sport

, 16:11

Citation de l'article d'Anne Vidalie dans l'Express du 02/04/2010 :

"Au CHU de Clermont-Ferrand, un service prend en charge des pathologies par l'activité sportive.

L'activité physique ne permet pas seulement de rester jeune et en bonne santé. Sous surveillance médicale, elle contribue à soigner de nombreuses pathologies. Jeanine, Dominique et Joseph sont des pionniers. Avant de se croiser régulièrement entre les tapis de course et les rameurs du club de sport SantéForm, ces trois habitants de Clermont-Ferrand ont réapprivoisé leurs corps éprouvés par la maladie... au centre hospitalier universitaire (CHU).

Là, dans le service de médecine du sport, Stéphane Penando, éducateur médico-sportif, leur a appris à faire travailler leurs muscles et leur souffle à raison de trois séances hebdomadaires d'une heure pendant trois ou quatre mois. "Mon service, ouvert il y a trois ans, est le seul, en France, à prendre en charge des pathologies par l'activité sportive", précise le Pr Martine Duclos.

Cours de gym et sport en sall en guise de médicaments

Une fois bouclé ce programme, Jeanine, Dominique et Joseph n'ont pas remisé leurs sacs de sport. Disparue, la "sainte horreur de l'activité physique" que nourrissait Jeanine Goutille, 56 ans. Deux soirs par semaine, après le travail, cette secrétaire comptable diabétique part s'entraîner.

Pendant les vacances, elle s'astreint à 5 kilomètres de marche quotidienne. "Je suis passée de quatre comprimés à deux par jour, se réjouit-elle. Et je peux me permettre des écarts alimentaires de temps en temps. En prime, j'ai perdu 12 kilos et, même si je prends encore des antidépresseurs à petite dose, je me sens mieux!"

Bien doser l'effort

Quel sport choisir? A quelle fréquence faut-il le pratiquer? "La réponse à ces questions ne peut qu'être taillée sur mesure pour chaque patient", souligne Gilles Orgeret, kinésithérapeute au service de rééducation de l'hôpital de Poissy (Yvelines). Parmi les valeurs sûres figurent les disciplines privilégiant l'endurance: le vélo (pas le VTT), le rameur, le jogging léger (avec de bonnes chaussures) ou la marche rapide, le ski de fond, le golf, le kayak et même l'équitation, excellente... pour le dos. "Sans oublier les exercices sur Wii Fit pour ceux qui ont besoin de reprendre confiance en leur corps", précise le kiné. Règle d'or à respecter: être toujours en mesure de parler malgré l'essoufflement.

Dominique Casteix, 57 ans, opérée en 2006 d'un cancer du poumon, a retrouvé la pêche. "Moi qui m'étais transformée en petite vieille haletant dans les montées, je suis redevenue comme avant, raconte cette ex-infirmière. Avec 2 centimètres de tour de taille et de hanche en moins." Ses "médicaments": chaque semaine, deux séances de sport à la salle et deux cours de gymnastique dans une association.

Quant à Joseph Aubry, 74 ans dont trois décennies de tabagie, il a renoué avec le plaisir des longueurs en piscine, lui qui s'essoufflait de plus en plus vite. "Broncho-pneumopathie chronique obstructive", a diagnostiqué un pneumologue. Qui l'a envoyé illico soulever des haltères et faire du vélo au CHU. Désormais, Joseph est, lui aussi, un client assidu du club SantéForm.

Les réfractaires à l'activité physique doivent se faire une raison: "Le sport est un traitement très efficace dans bon nombre de pathologies, à condition d'être bien dosé", souligne le Dr Christian Daulouède, spécialiste de médecine physique et sportive, auteur de Mieux vivre par le sport (éd. Sud-Ouest).

Les cardiologues ont été les premiers à se convaincre des bienfaits de l'effort. "Désormais, un patient qui a subi un pontage coronarien est encouragé à faire du vélo, à nager ou à courir, sous surveillance médicale, dix jours après l'opération, pour éviter la récidive", explique le Dr Benoît Pétillon, cardiologue à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

C'est la course à pied qu'a choisie Cyrille Bougault, 39 ans, souffrant d'une grave cardiomyopathie. A force d'entraînements quotidiens, ce chef d'entreprise parisien a atteint son objectif : courir le semi-marathon le 10 août 2008. Un an, jour pour jour, après le déclenchement de sa maladie. "Grâce au sport, mon coeur est redevenu complètement normal", s'enthousiasme-t-il.

La liste des pathologies que le sport aide à combattre est longue

Les cardiaques ne sont pas les seuls malades qui ont intérêt à chausser des baskets. "L'activité physique est un multimédicament, résume le Pr Duclos: elle fait baisser la tension, le taux de glucose, ainsi que le niveau du mauvais cholestérol et des triglycérides." A l'inverse, elle dope la production d'hormone de croissance et le potentiel cognitif de l'individu.

Résultat: la liste des pathologies que le sport aide à combattre est longue, des problèmes cardio-vasculaires au diabète en passant par les insuffisances respiratoires, l'obésité, la dépression, l'hypertension, l'ostéoporose, l'arthrose et les maladies neurodégénératives. Il pourrait bien, aussi, réduire les risques de rechute en cas de cancer du sein et du côlon.

Les médecins prennent conscience que l'activité physique soigne. Il faut les former à ce nouveau type de prescription. "Contrairement aux idées reçues, même les personnes qui souffrent du dos ont intérêt à s'adonner à une activité physique", pointe le kinésithérapeute Gilles Orgeret, auteur du livre Le sport est un médicament bio (éd. Josette Lyon). Valérie Lecerf, 40 ans, ne le démentira pas. Voilà deux ans que cette Parisienne, atteinte d'une lombalgie chronique, pratique le tai-chi. "La douleur est toujours là, reconnaît-elle, mais j'ai repris confiance en mon dos. J'ai recommencé à danser et j'avale moins de pilules."

Cette "médecine de l'exercice", pourtant synonyme de réduction de la consommation médicamenteuse, des consultations médicales et des séjours hospitaliers, a longtemps fait figure de parent pauvre de la santé. "Dans un pays qui a tendance à survaloriser le cerveau au détriment du corps, la recherche sur les bénéfices du sport est encore peu développée", note le Dr Christophe Delong, chef du service de médecine physique de l'hôpital Sainte-Périne, à Paris.

Mais les temps changent. "Les médecins prennent conscience que l'activité physique soigne et il faut les former à ce nouveau type de prescription, observe le Dr Bruno Sesboüé, qui exerce au CHU de Caen. Ils ne peuvent plus se contenter de vagues conseils généraux, du genre "faites un peu d'exercice". Ils doivent apprendre à préciser quelle activité et à quelle dose." A quand des ordonnances préconisant "une heure de vélo, trois fois par semaine" ou "deux séances hebdomadaires de jogging"?"

Le sport est un médicament bio

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Le sport est un médicament bio Gilles Orgeret Éditions J.Lyon, 2008 280 pages

Présentation de l’éditeur
Le sport mérite-t-il le label bio et naturel? Est-il possible de le hisser au statut de médicament? Oui, si l'on considère que, quel que soit son état de santé, on peut et on doit pratiquer un sport ou une activité physique régulière. Le sport soulage, guérit parfois. Il fait partie intégrante d'une hygiène de vie accomplie et devient un médicament naturel utilisable par tous. Pour la première fois, un livre répertorie : les sports à privilégier ou à éviter selon les pathologies; les sports à conseiller selon l'âge (de l'enfant à l'adulte); des exercices illustrés à pratiquer régulièrement pour s'entretenir (étirements, respiration, dos, seins, périnée, abdominaux, etc.); des conseils diététiques indissociables de l'activité physique; les nouveaux sports proposant des alternatives intéressantes; les façons de soigner les traumatismes dus au sport (crampes, courbature, etc.); les abus et erreurs à éviter.

Commentaire

D'emblée, ce livre étonne. Par son titre accrocheur, évidemment, et par le fait qu'il traite de sport pour personnes avec un problème de santé. Ce qui nous permet de constater que, si les librairies débordent d'ouvrages sur la bonne forme physique, il existe fort peu d'information de ce type pour les populations souffrant de limitations physiologiques. En l'occurrence, l'auteur consacre une dizaine de pages à chacun des 16 thèmes : maladies cancéreuses, diabétiques, pneumologiques, rhumatismales, etc. (en plus de couvrir plusieurs sujets connexes, comme on peut le lire dans la description ci-dessus). Or, les médecins ont rarement des conseils assez précis à donner à leurs patients pour les encourager à reprendre une activité physique, si importante pour la santé. Masseur-kinésithérapeute dans un hôpital français, M. Orgeret a déjà écrit plusieurs livres intéressants, dont deux sur les maux de dos.

Lucie Dumoulin