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Choisir le mot juste : qu'entend-on par « tonus musculaire » ?

, 08:26

Certains articles de presse grand public titrent : « Retrouver sans mal son tonus musculaire par quelques exercices ! ».

Ce genre de titre aguicheur relève pourtant d’une mauvaise interprétation de ce qu’est le tonus musculaire humain, lequel ne dépend pas de notre volonté, et ne peut donc pas se modifier avec des exercices, quels qu’ils soient.

Les journalistes devraient plutôt titrer : « Comment augmenter sa réactivité musculaire », ou bien : « Comment devenir plus tonique ». Sans dire « tonus ». Il est vrai que dans le langage courant : « avoir du tonus » signifie être plus vigoureux. Ce qui conduit à une confusion.

Définition :

Le tonus musculaire définit l’état de légère tension musculaire nécessaire, constant, inconscient, qui s’oppose à la force de pesanteur terrestre. C’est à dire que sans tonus, la pesanteur aurait tendance à nous écraser au sol en petit tas inerte, en raison de sa force.

Le personnel médical (notamment les ergothérapeutes) teste parfois le tonus de leurs patients, afin d’évaluer leur capacité à la réalisation d’actes de la vie courante. On parle d’ « eutonie » pour nommer le tonus d’un sujet normal, tandis que les états anormaux du tonus musculaire sont appelés : « hypotonie » (faiblesse), ou « hypertonie » (excès).

En cas d’hypotonie on est « mou », comme dans la maladie de Guillain-Barré, dans les paralysies flasques. En cas d’hypertonie on est « raide » (hypertonie plastique de la maladie de Parkinson. Hypertonie spastique de l’hémiplégie).

L’absorption régulière de nombreux médicaments expose aussi de manière transitoire à des troubles du tonus. VastarelR (Trimetazidine) par exemple, utilisé en cardiologie, fait risquer des troubles parkinsoniens, c'est-à-dire un excès de raideur musculaire.

joyeuses fêtes

, 10:42

Gilles Orgeret se presse de déclarer : "tous les kinés de France se massent avec moi pour vous souhaiter de joyeuses fêtes et une bonne année 2015"

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Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale

, 09:47

Vu à la télé et sur le net, lu dans la presse : « Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale ! ». Du grand n’importe quoi !!!

Certains spécialistes nous avaient déjà prévenus que les cellulaires donneraient le cancer, ou pour le moins nuiraient gravement à notre santé. Cette information n’a rien changé à nos habitudes faute de preuves valables. Et voilà maintenant qu’internet, la télé, la Presse grand public nous révèlent que selon un chirurgien spécialiste de la colonne vertébrale, le Dr Kenneth K. Hansrai, d’avoir la tête penchée en avant sur nos cellulaires et tablettes, de 2 à 4 h par jour, influencerait grandement notre posture, et correspondrait à l’équivalent d’une charge de 27 kilos sur notre cou.
Le journal anglais « Telegraph » de son côté, cite un chiropracteur anglais Rachael Lancaster, qui parle de « texte neck », caractérisant une « épidémie » de maux du cou touchant les accros au smartphone. Rien moins que cela !

Il est vrai que toute posture tenue durant un certain temps est forcément contraignante. Ce n’est pas nouveau. Seulement prétendre ensuite comme le fait le docteur Hansrai, que c’est comme porter un enfant de huit ans sur les épaules, là je m’insurge !!! Il n’y a d’ailleurs qu’à tenter l’expérience. Le résultat sera parlant. Un enfant porté sur les épaules créée une telle contrainte sur celles-ci, qu’il est impossible de tenir la posture plus de quelques minutes, avec à la clé d’immédiates et douloureuses tensions dans le cou et les épaules. Alors que nos tablettes et smartphones sont ultra-légers et ne suscitent pas cet inconvénient.

Et que dire des passionnés de lecture (porteurs de livres parfois très lourds), de tricot, de broderie, qui adoptent la même posture durant des heures ? Pourquoi les exclure de l’étude ? Lire un document en baissant le cou n’est pas nouveau. Ce n’est pas une pratique née avec les tablettes.
J’ajouterai que les sacs des Dames portés des heures durant et contenant tout un fourbi parfois inutile, sont aussi très lourds. Ils tirent sur l’épaule et donc sur le cou.



Les maçons, plombiers, aides-soignantes (qui s’occupent de patients souvent très lourds et peu mobiles) entre autres exemples, qui ne respectent pas les règles d’économie rachidienne (du dos) aussi bien dans leur activité professionnelle que dans leur vie privée (jardinage, bricolage, ménage avec l’usage de l’aspirateur notamment), risquent de souffrir davantage de ce manque de précautions, qu’à cause de l’usage même intensif de leur cellulaire.

Si l’utilisateur de cellulaire, de tablette, fait de la « gonflette » régulièrement, ou bien du VTT, du judo, de la boxe, ces activités peuvent aussi largement contribuer à son mal.



La station assise prolongée sur des sièges inadaptés, est l’une de mes « bêtes noires ». Je l’ai évoquée à maintes reprises dans ce blog. Si l’on est mal assis durant des heures, à pianoter sur un ordinateur ou devant une table à dessin par exemple, les contraintes sont autrement plus considérables sur la colonne vertébrale qu’avec un cellulaire.

L’un de ces « spécialistes » dit qu’il faut : « garder ses oreilles dans l’alignement du corps », c'est-à-dire garder la tête droite en téléphonant ou en utilisant sa tablette. C’est idiot, car dans ce cas on est obligé de soulever son bras plus haut pour atteindre l’oreille, ce qui surmène l’épaule. Or, épaules et cou sont étroitement liés. D’ailleurs, un Kiné ou un Ostéo qui traite chez un patient des douleurs de cou, doit aussi traiter l’épaule, et inversement. Mieux, il doit examiner son patient de la tête aux pieds et corriger l’appui au sol s’il y a lieu.

Il faut savoir que le « phénomène douleur chronique » implique tous les composants du cerveau. En trouver l’origine est un véritable casse-tête. Il est par exemple démontré que l’on ne connait la cause réelle d’une lombalgie commune que dans cinq pour cent des cas.
Alors, incriminer automatiquement le cellulaire ou la tablette numérique pour de subites douleurs du cou, relèverait du grand n’importe quoi.

En cas de douleur chronique, on évoque également une « atrophie » du Thalamus, le noyau cérébral qui contrôle douleurs, mouvements et postures (voir le précédent billet sur ce blog). Ce qui implique de brusques assauts douloureux sans lien direct avec l’activité pratiquée. Le cerveau « disjoncte » brusquement sans prévenir ! De quoi encore compliquer la donne en matière de diagnostic dans l’origine des douleurs.

Un conseil très simple :



En téléphonant ou en maniant sa tablette, il suffit de poser son avant-bras sur un support, ce qui soulage grandement les contraintes exercées sur le cou. Finis les 27 kilos de pression sur le cou !

Halte au spectaculaire à tout prix dans la Presse grand public, au scoop qui n’en est pas un parce que relevant d’études scientifiques mal conduites !

La recherche d'un bon équilibre est l'un des principes fondamentaux de la rééducation !

, 09:17

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Photo : Claude Geffroy

un bon siège, c'est important

, 07:57

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photo : Hellen van Meene

le jour se lève sur le Sacré Coeur

, 05:45

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(photo : JCK)

Pas dangereux le traitement protecteur de l’estomac, en cas de prise régulière d’antiinflammatoires ?

, 06:12

Les inhibiteurs de la pompe à protons (Esoméprazole, Pantoprazole, Oméprazole), sont largement prescrits lors d’absorption d’AINS (Anti-inflammatoires non stéroïdiens).

Leur rôle ?

Protéger la muqueuse gastrique (reflux gastro-oesophagien, régurgitations acides, douleurs à la déglutition).

Quel est le problème ?

Ils sont trop fréquemment présentés comme une protection sans risque. De « doux amis » de la muqueuse gastrique. Tu parles !!!

Si ce traitement dure un mois, pas de problème. Seulement, bon nombre de personnes le subissent des mois, voire des années durant, sans interruption !!!

Exemple : Une jeune fille âgée de quatorze ans, en prend depuis un an (ainsi que des antiinflammatoires), alors que son médecin l’avoue bien volontiers, il ne sait pas ce qu’elle a. Diverses articulations lui font parfois mal… sans diagnostic précis.

Dans la revue « Rhumatos *», destinée aux médecins Rhumatologues, il est dit : « Les inhibiteurs de la pompe à protons sont utiles, mais peuvent avoir des effets secondaires systémiques parfois graves : infections digestives …/… colites …/… augmentation du risque de fracture…/… néphropathie …/… lupus induit… ».

Attention donc aux prescriptions abusives. Il n’existe pas de médicament sans effet secondaire.

Qu’on se le dise !

« Rhumatos »*. Avril 2013.Vol.10. Numéro 87. Page 128. Rubrique : « Echos des congrés ».

6 mai : Sainte Prudence !

, 08:42

6 mai : Sainte Prudence !

C’est également le premier anniversaire de l’investiture à la présidence de Monsieur François Hollande. On ne peut pas mieux choisir pour le définir !

L'absurdité des repas d'affaire

, 14:25

Repas d’affaires ?


Il est de coutume dans notre pays de débattre d’une affaire importante autour d’une bonne table. Si la nourriture est bonne, on s’imagine que les affaires le seront également. Malheureusement, ce n’est pas très malin, pourquoi ?
On ne peut à la fois apprécier nourriture, vins fins, et développer une stratégie mentale constructive.

Pour commencer, la station assise classique dans un fauteuil ordinaire, hanches fléchies à 90°, est très mauvaise pour le dos. Elle augmente les contraintes lombaires de 50 % par rapport à la station debout (tests de Nachemson). Si votre client en affaires est lombalgique chronique, cette position ne l’aidera certes pas à se décontracter et à réfléchir, bien au contraire * ! Et quand il passera de la position assise à la position debout, en fin de repas, il risque fort de se bloquer le dos (incident de dérouillage). Ce qui lui laissera un goût amer du repas et de la transaction.

Dès qu’on commence à manger, ou bien l’esprit se fixe sur ce qu’on ingurgite (liquide ou solide), ou bien il se fixe sur des chiffres, il analyse des contrats, effectue des opérations mentales de marketing. Impossible de réaliser les deux opérations en même temps. Il faut dire également qu’excès alimentaire et vapeurs d’alcool ont tôt fait d’embrumer le cerveau ! Comment voulez-vous dans ces conditions, avoir les idées claires et prendre les bonnes décisions ?

Après, la digestion ne prête pas non plus à la réflexion, vous en conviendrez. On risque plus de somnoler que de « penser positif ».
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En conclusion :

Mieux vaut traiter ses affaires à jeun, l’esprit clair, sur un siège ergonomique, ou debout. Ce n’est qu’ensuite que l’on pensera à boire et manger… pour fêter ça.

  • La bonne position assise au restaurant :

Penser au siège, est une manière de prouver à son invité qu’on respecte son confort avant de satisfaire son appétit. Lui demander « s’il veut un siège prenant soin de ses vertèbres » prouve qu’on s’intéresse à sa santé, au-delà d’un éventuel partenariat professionnel. Il ne peut qu’apprécier.

Il faut s’asseoir en bord du siège, pas au fond (ne pas s’appuyer contre le dossier), bassin basculé en avant, les pieds posés un peu en arrière.
On peut également opter pour le siège avec assise inclinée en avant, de type Mandal (angle tronc/cuisses 120 %).

Et pourquoi ne pas carrément passer de la « position assise passive », à la « position assise active » ? Pourquoi certains restaurants ne proposent-ils pas de gros ballon de gym comme sièges ? C’est dynamique et tonifiant pour le corps. Votre client tonifie ses cuisses et son dos, tout en mangeant. Il fait sa (petite) gym à table !!!

Sympa, et les enfants éventuellement présents, s’amusent.

Les produits laitiers ne sont pas toujours nos amis !

, 13:27

Les produits laitiers ne sont pas toujours nos amis !

Pourquoi ce billet d’humeur ? Parce que les Français s’imaginent qu’il n’y a de calcium, que dans les produits laitiers ! Posez la question autour de vous : « Le calcium, où le trouve-t-on dans notre alimentation ?». Réponse unanime : « Dans les produits laitiers !».

Alors que les eaux minérales par exemple (Taliens, Hépar, Contrex), présentent la même biodisponibilité. Dans certains pays asiatiques ou nordiques on n’en mange pratiquement pas, mais poisson, viande maigre, soja, certains légumes comme le chou, les féculents, en apportent tout autant.

Jusqu’à quel âge un enfant a-t-il besoin de lait ? Jusqu’à ses trois ans seulement.
Dans notre pays, pour s’assurer sa dose quotidienne de calcium, on a tendance à abuser de fromages trop salé, de lait entier, ce qui n’est pas bon pour le cœur, en plus du risque allergique. L’excès de produits laitiers (+de 2g / j) pourrait également favoriser l’apparition de certains cancers, comme celui de la prostate. Il ne protègerait même pas contre l’ostéoporose !
Une information se doit d’être objective. Alors, quand la majorité de la population d’un pays est menée par le bout du nez par des lobbies qui nous poussent à consommer toujours plus leurs produits, il nous faut corriger le tir.

Oui aux produits laitiers, mais sans excès. Il faut DI-VER-SIFIER !!!

joyeuses fetes

, 12:31

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le blog kiné vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année et vous met en garde contre tous les excès ;o)

N’importe quoi dans la presse… comme d’hab !!!!

, 17:10

N’importe quoi dans la presse… comme d’hab !!!!

Quand la presse grand public va-t-elle cesser de véhiculer des informations fausses ?

Si dans chaque article prétendument informatif elle commet autant d’erreurs que dans le domaine de la santé, c’est une catastrophe. Au lieu de nous informer, elle nous désinforme !!!

Dans Femme Actuelle N° 1460 du 17 au 23 septembre 2012, en page 60, un article intitulé : « Ostéopathie, Kiné… qui consulter ? » m’a interpellé. Il est carrément caricatural. Il prétend que la kinésithérapie est là pour « rééduquer », l’ostéopathie pour « corriger les déséquilibres », la chiropraxie pour les « ajustements vertébraux ».

D’abord « rééduquer ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que « corriger les déséquilibres » et pratiquer des « ajustements vertébraux » n’est pas également rééduquer ? Oui, bien entendu ! Donc, le champ d’action de la kinésithérapie englobe également ces domaines soi-disant « réservés » aux ostéopathes et aux chiropracteurs.

L’ostéopathe « corrige les déséquilibres »… Quand on sait que leur champ d’action prépondérante est le « fonctionnel », les algies fonctionnelles, c’est-à-dire le psychosomatique*, il faudrait plutôt dire qu’ils corrigent les déséquilibres psychomoteurs. De plus, eux aussi manipulent les dos. Ce domaine n’est pas réservé aux chiropracteurs, loin de là !!!

Le chiropracteur « ajuste les vertèbres ». De qui se moque-ton ? Il n’y a rien à réajuster dans un mal de dos commun. Les vertèbres ne bougent pas, ne se déplacent pas, c’est démontré scientifiquement depuis des lustres. De plus il force les articulations. Y avoir systématiquement recours est carrément dangereux. L’hypermanipulation est un acte grave. Mieux vaut avoir recours à des manœuvres douces (médicaments anti-douleurs sur un temps court, kinésithérapie de réadaptation neuromotrice, ostéopathie tissulaire, acupuncture), d’autant qu’il a été prouvé que rien ne marche si on ne rééduque pas aussi le muscle. La manipulation n’a d’effet que sur le court terme !!!

Je donne toutes les preuves scientifiques de ce que j’avance dans ce billet dans mon livre « Mal de dos : vérités et mensonges ! » J. Lyon. Editeur.

Messieurs les journalistes, un peu de sérieux s’il vous plaît, y’en a marre !

  • La revue de l’Ostéopathie. N°1-1 :2011. P31.

Réflexions à propos de l’émission : « Ostéopathie, qui nous manipule ? »

, 17:20

- Réflexions à propos de l’émission de la cinq, 20h35, mardi 25 septembre 2012 : « Ostéopathie, qui nous manipule ? »

Cette pratique a les faveurs du plus grand nombre en raison de l’aspect magique du toucher ainsi que du «craquement qui a (soi-disant) remis la vertèbre en place» quand le dos est manipulé. Que les choses soient claires : la vertèbre qui bougerait au moindre faux mouvement est un mensonge. Le jour où c’est le cas, le sujet se retrouve paralysé et bon pour le bloc opératoire ! Le craquement ne signifie en rien que la vertèbre ait bougé, c’est juste un bruit. La vertèbre « pète » (effet de cavitation). – Lire à ce sujet mon livre : « Mal de dos, vérités et mensonges » - D’ailleurs, combien parmi vous se font-ils craquer le dos plusieurs fois par semaine (ou par jour), ce qui donne une fausse impression de soulagement car au fil du temps le mal empire !!!

A l’occasion d’un choc (même émotionnel, même très ancien), d’une maladie, par usure ou vieillissement, surviennent des douleurs rarement insupportables mais lancinantes. Elles proviennent du fait que les articulations présentent d’infimes mouvements gérés par le système musculo-ligamentaire de voisinage qui peuvent gripper. L’esprit et le corps sont conjointement frappés de stupeur. Ils « se bloquent ». C’est cela que traitent les ostéopathes. Il y avait mardi 25 septembre sur la cinq, à 20h45, une émission sur l’ostéopathie, la médecine manuelle la plus en vogue, certains médecins venant témoigner de leur absolu rejet. Or soyons clair : il y a match nul, car aussi bien la médecine que l’ostéopathie ne sont efficaces que si le patient change ses mauvaises habitudes comportementales (mal assis, sédentarité, mauvaise utilisation de son corps). De plus tous les sujets qui ont mal au dos de manière chronique ou des problèmes articulaires aux jambes, ont un mauvais équilibre. S’ils ne rééduquent pas leur équilibre, ils auront beau avaler des anti-inflammatoires, se faire manipuler par un ostéo, avoir recours à la kinésithérapie, à l’acuponcture, etc, rien ne sera efficace à long terme !!! Or l’émission de mardi n’en a absolument rien dit !!!

Se référer à mon prochain livre : « Seniors : on vous ment sur votre santé ! » Grancher Editeur en librairie le mois prochain, ainsi qu’au billet intitulé : « Annonces sensationnelles de la presse : la suite », du 27/04/2012.

Il n’y a pas que l’ostéopathie. Quelle méthode manipulative privilégier :

Il faut différencier celles qui respectent le jeu normal des articulations, de celles qui les forcent.

- Les premières sont douces, on les appelle parfois « fasciathérapies ». Elles s’attachent aux « points-clés », remodèlent. Le praticien se contente de donner «un point d’appui adapté» au bon endroit et à la bonne vitesse pour que les tissus se normalisent et que les articulations qui en dépendent s’ajustent d’elles-mêmes. Il est à noter que l’émotion, les sentiments, s’inscrivent dans les fascias qui composent notre squelette fibreux (tendons, ligaments, aponévroses, tissus d’enveloppement des organes et viscères). C’est comme un livre ouvert sur notre esprit.

- Les secondes forcent l’articulation, vont au-delà du seuil physiologique (amplitude maximum naturelle) comme la chiropraxie ou certaines écoles d’ostéopathie orientées « Thrust ». La vive manipulation est pour elles un principe de base dans tous traitements. Le praticien se considère comme le « moteur de l’ajustement ».

Mon choix :

Le patient doit savoir réclamer en priorité la douceur. Ostéopathie à orientation « tissulaire », étiopathie, reboutement, thérapie normotensive, shiatsu, rolfing, usent majoritairement de manœuvres douces.

Nota :

Il est à noter qu’en raison de leur dangerosité, les manipulations du cou sont interdites aux non médecins, excepté sur prescription médicale. Hélas, bon nombre de praticiens passent outre cette exigence. Certains pêchent par excès, ils manipulent à tour de bras, or l’hypermobilisation est un outrage fait au corps. Dans mon Hôpital, les radiologues m’ont avoué que de trois à quatre fois pas an, des examens décèlent une grave lésion de l’artère vertébrale (celle qui irrigue le cerveau) après manipulation cervicale intempestive. Il n’y a qu’à multiplier ce chiffre par le nombre d’établissements au niveau national, pour obtenir un total effrayant d’accidents !

Un conseil : pour un même étage vertébral, il ne faut pas dépasser trois manipulations par an.

Question : peut-on manipuler sans risque le dos d’un enfant ?

On peut le faire, mais la prudence exige de n’intervenir qu’à partir de l’âge de quinze. Auparavant les raisons de le faire sont rarissimes. Il est à noter que c’est sans effet sur le pronostic des scolioses. Manipuler ne réduira ni le degré de courbure, ni la raideur (une scoliose rapidement évolutive, qui « flambe », doit être mise sous corset).



Ostéopathie

C’est une loi du 4 mars 2002 qui en a légalisé la pratique, suivie due décret N° 2007-435 du 25 mars 2007. Si la Haute Autorité de Santé exige de la médecine de n’user que de méthodes scientifiquement validées, l’ostéopathie a été reconnue sans preuves, ce qui fait grincer des dents bon nombre de médecins. De plus cette dernière établit un diagnostic, et malheureusement celui-ci contredit souvent celui du médecin. Ca créée des conflits. Parfois c’est l’ostéo qui a raison, parfois le toubib. Il faut reconnaître que cette vieille dame de plus de cent trente ans qu’est l’ostéopathie aurait besoin d’un dépoussiérage de fond qu’aucune école n’est prête à entreprendre (il en est de même pour les études de kiné). Quelques exemples à l’appui de ce nécessaire dépoussiérage :

Andrew J. Still, son inventeur (1828-1917), postulait que nombre de maladies proviennent de « déplacements vertébraux ». Faux ! Gageons qu’aujourd’hui avec les progrès de la science, ce brillant concepteur admettrait plutôt un « blocage segmentaire ». Certains ostéopathes affirment avec A. Sutherland, le « Monsieur + » de l’ostéopathie, qu’il y a mouvement possible au niveau des os du crâne. Oui, tant qu’il y a des fontanelles, ensuite il faut y aller au burin et à la perceuse ! D’ailleurs quand un anthropologue retrouve un crâne humain de plusieurs millions d’années, il est souvent intact (à part la mâchoire), preuve de sa solidité. Si les millénaires ne font pas bouger les os d’un crâne comment prétendre que des attouchements ostéopathiques d’une grande douceur peuvent modifier quelque chose en profondeur ? L’émission n’a pas évoqué le problème !

Citons également les lois de Fryette qui ont du plomb dans l’aile, l’expérimentation scientifique ayant démontré leur inefficacité. L’émission n’en a rien dit.

Il y a environ douze mille ostéopathes en France et presque douze mille méthodes différentes, chacun y mettant sa « patte ». Certains pratiquent même ce qu’ils nomment une « ostéopathie émotionnelle » : tout un programme ! Sachons faire le tri.

Nota :

Les ostéo non-médecins n’ont plus le droit d’effectuer de manipulations gynéco-obstétricales, ni de touchers pelviens. Les manipulations du cou, ou sur nourrissons de moins de six mois, ne peuvent être effectuées qu’après accord médical préalable.

  • Le Quotidien du Médecin 14-04-04.

Vive l’Hôpital !!!

, 07:31

Vive l’Hôpital !!!

(Billet d’humeur)



Je viens de feuilleter Le Point N°2074 du 14 juin 2012 qui dénonce en page 86 « Le scandale des Hôpitaux ». Les Hôpitaux français ont accumulé 24 milliards de dettes et « généré une situation explosive », est-il écrit à juste titre. Je travaille moi-même dans un établissement public surendetté. Je connais donc bien la situation.

Il n’est pas question de contester le fait qu’il faille réformer le système, mettre fin aux absurdités de fonctionnement, voire punir les comportements déviants. Pas question non plus de laisser filer le déficit. Je ne conteste rien de tout ça. Alors me direz-vous, qu’est-ce qui me contrarie ? C’est une question d’équilibre. Des dizaines d’articles ont été écrits sur le sujet, sans compter les émissions de télé et de radio, or pas une fois, je dis bien : PAS UNE FOIS je n’ai vu mentionner la considérable RICHESSE apportée par les Hôpitaux !

Argumentons :

- Les pays qui ont peu ou pas d’Hôpitaux, sont pauvres et voués à s’appauvrir encore plus.

- Les Hôpitaux ont mission de soigner les miséreux. Même ceux qui n’ont pas de quoi payer. Si un clandestin arrive sur le territoire avec la tuberculose (ou autre maladie contagieuse), le traiter permet d’éviter une épidémie qui nuirait grandement à la prospérité économique nationale. Des « productifs » tomberaient malades.

- Les Hôpitaux ont permis à un génie visionnaire : Steve Jobs, gravement malade depuis 2003, de créer l’iPhone (2007), et l’iPad (2010). S’il était mort prématurément, des milliers d’emplois n’auraient pas été créés. Les USA n’auraient pas emmagasiné les milliards de bénéfice que son inventivité a générés. On pourrait citer bon nombre de cas similaires, bien entendu.

- J’ai moi-même choisi le secteur public parce qu’il a vocation à pratiquer recherche et formation. J’ai fait quelques menues découvertes qui permettent à un nombre important de personnes de vivre à peu près normalement, de travailler, et donc de continuer à produire de la richesse. Si j’avais été dans le secteur privé, je n’aurais pas eu le temps de chercher, de publier autant, de former des confrères. J’aurais soigné moins bien.



Je lance une bouée à la mer !

Vivement un tout petit article de presse, un seul par pitié, ou bien une émission comme « C’est dans l’air » consacrée à cette richesse produite par les Hôpitaux, et je serai satisfait.

Pour conclure et en guise de corollaire, n’est-il pas essentiel de prendre en compte l’INB (indice national du bonheur), tout autant que le PNB (produit national brut) ?

Effet placebo ?

, 06:48

Effet placebo ?

L’américain Erickson, maître de l’Ecole américaine des thérapies brèves affirme que : « Ce que le psychisme a fait ( il s’agit ici des symptômes, c’est à dire de l’ensemble des signes par lesquels s’exprime le mal), le psychisme peut le défaire pourvu qu’on lui en donne l’occasion, et peu importe ce qui se passe dans l’inconscient. Créons le contexte dans lequel l’inconscient pourra procéder aux réaménagements nécessaires. »

Le médicament placebo est une préparation médicinale volontairement dépourvue de principes actifs. C’est un produit qui imite un médicament mais qui n’en est pas un. Il en a la couleur, l’aspect, le goût, et le patient guérit par suggestion. L’effet placebo est une constante en médecine et paramédical. C’est le cas pour : kinésithérapie, ostéopathie, reboutement, magnétisme, etc. On dit que 40 % de nos bons résultats relèvent de cet effet. Vous manipulez le dos de votre patient, il entend un craquement, du coup il se persuade qu’il est guéri et n’a plus mal. Il oublie que lorsque, machinalement, il fait «craquer ses doigts», il n’avait pas mal avant.

Ce n’est pas parce que le dos craque, que la vertèbre a été « remise en place ». Simple effet de cavitation (les gaz dissous dans l’articulation se libèrent brutalement). Certains charlatans ne prospèrent que grâce à l’effet placebo, les patients satisfaits suffisant à assurer leur pub et la pérennité de leur « art ».

Le « syndrome de conversion » exprime la disparition ou l’altération d’une fonction, sans lésion organique, par seul effet psychogène (c’est dans la tête). Le patient souffre par exemple de : contractures, vertiges, spasmophilie, paralysies psychogènes, uniquement parce qu’il croit être malade. Bon nombre de ce type de personnes déboulent en cabinet de rééducation munis d’une prescription, soit parce que leur médecin ne sait plus à quel saint se fier et cherche à «s’en débarrasser», soit parce que le diagnostic a été mal posé. Alors, bien entendu, l’effet placebo est le traitement le mieux adapté. Puisque leur corps n’a rien, autant ne pas l’agresser inutilement en le bourrant de produits chimiques, en les manipulant à outrance, ou on le mutilant, la chirurgie n’étant pas épargnée. Certains hypochondriaques exigent en effet d’être opérés. Ils vont jusque là ! Comment leur faire comprendre que « c’est seulement dans leur tête », que leur corps n’a rien, quand le psychiatre lui-même n’y parvient pas ? En leur donnant satisfaction. Le chirurgien se contente alors d’inciser la peau… et de refermer. Une « jolie » cicatrice, ainsi qu’un compte rendu opératoire futé, suffisent à contenter le patient, et à le guérir.



Merveilleuse médecine !!!

A propos de Nicolas Canteloup

, 07:54

A propos de Nicolas Canteloup !

Pour une fois, ce n’est pas mon métier qui motive ce billet bien qu’il concerne le préfacier d’un livre sur la santé, mon dernier opus intitulé : « Mal de dos : vérités et mensonges ! ». Comment en dire suffisamment pour susciter l’intérêt du lecteur, sans en dire trop, afin de préserver les petits secrets d’une star de l’humour. Exercice difficile. Il importe de savoir que je n’ai rien à révéler de moche, car je n’ai rien trouvé de moche chez Nicolas, bien au contraire, ce qui n’est pas le cas de toutes les vedettes. J’en ai soigné quelques unes dans ma carrière, et n’ai pas hésité à « éjecter » l’une d’entre elles (tout Masseur-Kinésithérapeute a le droit de refuser ses soins pour des raisons personnelles ou professionnelles, dans la mesure où la personne peut être prise en charge ailleurs - article R- 4321-92 du code de déontologie du Masseur-Kinésithérapeute).

J’ai fait la connaissance de notre star au crâne rasé en 2008, pour une rééducation au long terme (presque deux mois), et n’ai cessé depuis d’entretenir d’excellents rapports aussi bien avec lui qu’avec sa délicieuse compagne (idem pour ses adorables enfants). Je garde de nombreuses photos de cette période qui ne seront jamais publiées, eu égard à mon devoir de discrétion. Comme il surjouait parfois son rôle de patient (sympa), se mettant en scène, j’aurais pu gagner de l’argent en les vendant à des magazines people, mais j’aurais perdu son estime. Tout simplement inenvisageable.

Les qualités que j’apprécie tout particulièrement chez Nicolas, ce sont : simplicité, tolérance, humanisme. Il n’a en aucun cas la grosse tête. Quand il est en soins (rarement car sa santé est excellente), il se mêle aux autres patients, et n’a aucun complexe à leur passer le jet dans le dos en piscine par exemple, ou à aider quelqu’un ayant des difficultés à marcher (sans compter le nombre incalculable d’autographes qu’il a signés sans sourciller). Je ne l’ai jamais entendu dire du mal de quiconque. Quand il épingle une personnalité, il se contente de faire son métier, sans la moindre méchanceté. De plus il n’est jamais grossier (je hais la grossièreté). Plus encore, me plaisent ses absolues priorités qui sont : famille et amis. Vient en deuxième position, comme tout le monde le sait, le cheval (il ne hennit pas encore, mais ça ne saurait tarder). Imitera-t-il un jour la voix des chevaux de course célèbres ? ce n’est pas impossible.



Je pense que maintenant, ce qui pourrait le mieux vous intéresser, cher lecteur ou lectrice de ce billet, ce sont des anecdotes. Je vous en propose deux :



Alors qu’il était en rééducation dans une salle commune où sont pris en charge des malades neurologiques, une très jeune fille souffrant d’une sclérose en plaques l’aborde et lui dit :

- Monsieur, je vous connais. Où nous sommes-nous déjà rencontrés ?

- Cherchez bien, jeune fille. Vous pouvez m’entendre ou me voir tous les jours !

Le visage de la jeune fille s’éclaire :

- Je sais, réplique t’elle, vous êtes le chauffagiste qui a réparé ma chaudière !

- Non !

- Je suis Nicolas Canteloup, l’humoriste !

La jeune fille rétorque, en fronçant les sourcils :

- Ne dites pas n’importe quoi. Vous êtes mon chauffagiste, et vous mentez pour ne pas repasser chez moi alors que le travail n’est pas terminé. Ce n’est pas bien !



Deuxième anecdote :

Nicolas me fait l’extrême gentillesse de m’inviter à ses spectacles. Quand je suis allé le voir à Paris, aux Folies-Bergères, le 14 avril dernier, j’ai pu feuilleter un superbe album de photos venant de sortir en librairie, le concernant. Nombre de photos ont été prises à l’Olympia, et l’on m’y voit le masser mais également pratiquer une manœuvre « normotensive » (technique ressemblant à l’ostéopathie) appelée : « manœuvre en vrille ». A cette fin je « grimpe » sur le sujet. On me voit de dos et on peut croire que je lui fais… un câlin. Il n’en est rien !!! Pourtant je suis certain que toutes les personnes qui voient la photo se posent des questions... Voilà, c’est dit. La pratique de mon métier, la relation constante au corps de l’autre, nous met parfois dans des situations ambigües… Désolé.

Billet d’humeur à la suite d’un coup de fil

, 14:32

Une personne m’appelle hier pour me demander (sans malice) de prendre en charge en rééducation sa maman qui souffre de ses articulations parce qu’« elle n’aime pas faire des efforts, qu’elle n’aime pas marcher ! ».

Son médecin lui prescrit vingt séances de rééducation sans se soucier le moins du monde du déficit abyssal de l’assurance maladie !

A chacun d’apporter sa propre conclusion à ce petit billet.

Bonne année 2012 !

, 08:33

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