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Rééducation en neurologie

, 10:29

( suite du billet : Rééducation en gynécologie-obstétrique )

Dans ce secteur, les pathologies sont classées en deux groupes. A savoir les atteintes périphériques, celles du nerf ou neurone périphérique (polio, polynévrites), et les affections centrales pour la moelle et le cerveau (Hémiplégie, Parkinson, sclérose en plaques, infirmité motrice cérébrale, paraplégie et tétraplégie, ces dernières pathologies relevant le plus souvent d’une atteinte traumatique). La SEP (sclérose en plaques) est une affection dans laquelle la gaine isolante entourant les nerfs est détruite. Certains mouvements deviennent difficiles à exécuter, incoordonnés.

Si la rééducation des affections périphériques peut relever de modalités assez classiques (prévention de l’enraidissement articulaire et des attitudes vicieuses, massages, récupération progressive de la force musculaire, travail global à sec ou en piscine), dans le cas des atteintes centrales le MK (Masseur-Kiné) se doit de pratiquer certaines techniques portant le nom de leur inventeur. Il s’agit principalement des méthodes Kabat, Bobath, Perfetti, Brunnstrom, Carr et Shepherd. Le MK lambda se contentant de mettre en pratique ses connaissances scolaires, ne sera tout simplement pas à la hauteur. Passez votre chemin !
La rééducation tient ici une place majeure et il n’est pas question de s’occuper de plusieurs patients en même temps, ou d’y passer dix minutes. Le projet thérapeutique implique une prise en charge préventive ou curative axée sur les limitations articulaires, fonctions respiratoire et motrice, marche, équilibre (contrôle des chutes). De plus, bon nombre de malades sont profondément atteints psychiquement, il n’est pas question d’ignorer ce problème en se disant : « Je n’ai pas le temps, laissons cela au psy !»
L’ergothérapeute de son côté, a une place primordiale, et s’occupera des fonctions cognitives (intellect).

Para et tétraplégies :
La paraplégie est la paralysie partielle ou complète des membres inférieurs, éventuellement du tronc. La tétraplégie étant la paralysie des quatre membres, elle aussi partielle ou complète. En période d’alitement ou de consolidation osseuse, le sujet se trouve cocooné par une équipe chirurgicale et médicale spécialisée qui suit un protocole rigoureux, bien codifié. Les manquements aux règles, les négligences, sont rares du fait de la multiplicité des systèmes de contrôle. Si un soin est bâclé, si un bras, une jambe s’enraidit en mauvaise position par exemple, si une escarre apparaît (blessure par compression sur une zone d’appui, et qui peut devenir très profonde quand la personne alitée n’a pas été régulièrement positionnée), l’un quelconque des participants de l’équipe s’en rendra rapidement compte, et interviendra.
A la sortie de ces services pointus, compétents, le blessé médullaire a tout appris de ce qui est nécessaire à l’optimisation de son autonomie. La mobilisation passive des articulations du niveau sous-lésionnel (en dessous de l’atteinte nerveuse), ainsi qu’une verticalisation régulière sur «stand up» ou plan incliné (on remet le sujet progressivement debout) afin d’éviter les troubles thrombo-emboliques, sont ensuite poursuivies en ambulatoire dans un cabinet, ou dans un centre paramédical.


Maladie de Parkinson :
La maladie de Parkinson se caractérise par trois symptômes qui sont, tremblements de repos, rigidité, et raréfaction des mouvements. Appuyé par de solides bilans, l’objectif rééducatif est de conserver l’autonomie par des mouvements actifs et passifs de toutes les articulations du corps, des exercices d’équilibration, précédés de massages afin d’atténuer les douleurs. Le contexte psychique, là aussi est en général assez lourd. Il faut en tenir compte. En 2011, j’ai contribué à un ouvrage collectif en langue anglaise, où je propose un type de rééducation neuve et originale, consultable sur ce blog.


Hémiplégie :
C’est une affection neuro-motrice concernant la moitié du corps (visage, tronc et membres d’un même côté), dont l’origine est une atteinte cérébrale. Sa cause la plus fréquente est un accident vasculaire cérébral. Les troubles associés sont ceux de la parole, perception visuelle, sensibilité, l’intellect. Après les soins d’urgence, il s’agit de trouver la méthode rééducative la mieux adaptée. C’est là que ça se corse car les kinés ne savent plus à quel saint se vouer. Après sainte «Bobath» mise à bas de sa stèle après des décennies d’adoration, voilà que débarquent saints «Perfetti », «Brunnstrôm», «Carr et Shepherd», qui lui sont préférés.
La rééducation de l’hémiplégique est sans doute la plus complexe qui soit. D’où nécessité de faire un bilan complet, et ensuite de passer beaucoup de temps avec son patient qui est parfois long à la détente, ainsi que réceptif à certaines heures de la journée seulement.
Outre le kiné, il y a les ergothérapeutes qui interviennent, s’occupant des fonctions cognitives (intellect), de la récupération du membre supérieur, ainsi que psychomotriciens et AMT (aides médico-techniques).


Arnaques rééducatives
L’une de mes patientes la quarantaine, cadre de santé dans un service de rhumatologie en clinique, souffre d’un syndrome cérébelleux entraînant de sérieux troubles de l’équilibre. Avant d’être hospitalisée dans mon hôpital, elle a bénéficié de soins chez un kiné de ville qui se contentait de lui demander de monter sur une petite planche à bascule (plateau de Freeman), et de tenir l’équilibre pendant vingt minutes, sans surveillance. C’est tout ! Dans ce cabinet, le «turn over» est de dix clients, toutes les vint minutes. Bien que trente séances lui aient été prescrites, elle arrête au bout de dix, parce que : «ça ne lui fait rien». Quand cette malade a découvert en quoi consistait une séance «normale», croyez-vous qu’elle en ait voulu au MK escroc ? Que nenni ! Rares sont ceux qui s’insurgent. Ils subissent sans état d’âme leur thérapeutique bâclée. L’arnaque est en dehors de leur champ de conscience. La plupart du temps, plus leur pathologie est grave, plus ils se sentent dépendants, moins ils ont d’exigences. Pourquoi ? L’une des raisons sans doute est que leur sens critique est émoussé. S’ils se mettent à désespérer du « magnifique » système de santé à la française, le «meilleur du monde», ils sont perdus, il n’y a plus d’espoir. Une autre raison est qu’ils mobilisent toutes leurs forces contre la maladie. Ils n’en ont plus pour se défendre contre le système qui les gère. Leur pathologie occupe tout leur espace, ils ne peuvent tout simplement pas tout gérer.


Dernier exemple détestable : traiter une scoliose effondrée chez une personne de cinquante ans atteinte d’une SEP depuis l’âge de onze ans, par l’application de «quatre électrodes» sur le dos (comme si le courant pouvait régénérer les nerfs !) pendant un quart d’heure, trois fois par semaine ! Il ne faut certes pas fatiguer ces personnes sous peine de déclencher une crise, mais de là à bâcler…

Prochain billet : rééducation en Pédiatrie.

SCOOP : un « pacemaker » pour soigner le mal de dos ?

, 05:28

Le jeudi 27 mars 2014, une bonne partie de la presse s’emballait d’un coup. L’Express titrait : « Le mal de dos a-t-il trouvé sa solution ? », Le Parisien publiait un article sur deux pleines pages, dans le même esprit.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’électrodes implantées directement dans le corps, de part et d’autre de la colonne vertébrale, et reliées à un stimulateur également implanté qui génère des impulsions électriques.

Déjà une critique : les patients souffrant de la maladie de Parkinson et ayant des électrodes implantées dans le cerveau, sont par moment et brusquement agités de mouvements incontrôlables. La maîtrise d’un stimulateur électrique n’est jamais parfaite, et qui dit que les électrodes mises à demeure ne vont pas bouger, ou même à la longue provoquer des brûlures ?

La société qui commercialise a fait des tests sur 26 personnes, avec au total une vraie amélioration. C’est nettement insuffisant pour crier « cocorico ! » comme elle le fait.

L’article du Parisien précise : « Un implant destiné à des patients âgés de 45 à 55 ans qui ont tout essayé », et juste en dessous, il y a le témoignage avec photo d’un jeune de 28 ans qui souffre de lombalgie chronique invalidante, lequel : « Retrouve espoir avec cette découverte ! ». L’implant serait destiné à des personnes de 45 à 55 ans (on se demande pourquoi cette limitation), et le seul témoignage est celui d’un jeune de 28 ans.

Cherchez l’erreur !

Il est précisé que l’action qui bloque la douleur utilise un circuit nerveux allant au cerveau. On connaît bien ce système qui s’appelle le « Gate Contrôl ». Le courant électrique bloque le message douloureux, hélas, provisoirement, le patient n’est pas guéri pour autant. Les « consultations de la Douleur » proposent depuis des décennies à leurs patients des TENS. Les patients collent sur leur dos des électrodes reliées à un stimulateur basses fréquences, externe celui-ci (mais assez semblable à l’implant). Ainsi, durant plusieurs heures, la douleur est « effacée ».

Il est vrai que lorsqu’on souffre de façon chronique, le thalamus, qui gère douleurs, mouvements et postures, dysfonctionne. Ce n’est malheureusement pas en usant d’un appareil électrique qu’on peut le rééduquer. Ensuite, la stimulation électrique ne résout que « l’équation douleur » - et encore tout provisoirement -, mais en aucun cas NE SOIGNE le mal de dos.

Il est dit « le patient n’est pas obligé de garder le dispositif à vie. Une fois la douleur partie, ils peuvent le faire enlever ! » Formidable ! Mais comment enlever définitivement la douleur ? Uniquement en traitant la vraie CAUSE, alors qu’on ne la connaît pas !!! Car il est démontré qu’on ne connaît la vraie cause des lombalgies communes que dans 5 % des cas.

Pour bien soigner, un diagnostic indiscutable s’impose.

Quand on sait par ailleurs que chez le sujet chronique, il y a toujours une implication psychologique, cela signifie que « se surajoute un problème mental à un problème physique ».

Je pense malgré ces réserves, que le « pace maker lombaire», a sa place pleine et entière dans la boîte à outils des traitements des maux de dos. Seulement, de là à prétendre qu’avec lui : « Le mal de dos a trouvé sa solution ! », il y a pour le moins excès d’enthousiasme.

Messieurs les journalistes, s’il vous plaît, arrêtez de vouloir faire à tout prix dans le spectaculaire, en abusant de titres aguicheurs !

J’ai abordé le « casse tête du mal de dos » dans plusieurs livres, en livrant quelques solutions simples. Mais on n’est pas au bout. Il faudra encore longtemps avant de trouver une solution définitive satisfaisante.

Rééducation en gynécologie-obstétrique

, 10:33

(suite du billet : Rééducation à visée esthétique (cellulite, soins post-opératoires). )

Fuites urinaires :

La rééducation uro-gynécologique est largement pratiquée du fait que bon nombre de femmes souffrent de fuites urinaires (des hommes aussi, principalement après intervention sur cancer de la prostate), cependant le MK (Masseur-Kiné) ne doit pas se contenter du biofeedback, c’est à dire de mettre dans l’orifice, le vagin ou l’anus, une sonde reliée à un appareil à composants électroniques, permettant de visualiser grâce à des diodes lumineuses, ou une émission sonore, la contractilité des muscles du périnée. Il doit également prendre en compte la statique de l’ensemble du caisson abdomino-lombo-pelvien à pression variable qu’est le bassin. Il faut prendre en compte non seulement les capacités de soutènement du petit bassin, mais celles du ventre et du dos. A vouloir tonifier à tout crin le releveur de l’anus, tout ce qu’on obtient c’est une dyspareunie (douleurs aux rapports sexuels). Bravo ! Seul le faisceau pubo-rectal peut être considéré comme un élément éducable, or il est minuscule, et ne peut prétendre à lui seul jouer le rôle d’Atlas soutenant la voûte céleste ! Il faut reconnaître que 90 % des MK négligent totalement cette phase primordiale de la rééducation, parce qu’ils ignorent tout des concepts des chaînes musculaires, et s’y entendent encore moins en matière de thérapies manuelles. Du coup, le résultat est décevant. Pourtant personne ne proteste. La rééducation est bâclée mais ne génère pas l’indignation.

Le docteur Maigne avait démontré voilà plusieurs décennies qu’on réduisant l’hyperlordose lombaire (creux des reins exagéré), on pouvait diminuer de 40% le taux des fuites. Pourquoi ? Parce qu’en position debout, les pressions subies par le périnée, du fait de la pesanteur et de la charge abdominale, se reportent normalement en arrière vers le coccyx, or quand la lordose est très marquée c’est plus en avant, au niveau de la filière uro-génitale, que les contraintes se déportent, d’où risques augmentés de fuites.

A l’origine, le biofeedback permettait l’analyse en mesure électrique des ondes cérébrales alpha, c’est le principe de l’EEG (Electroencéphalogramme), puis il y eut l’EMG (Electromyogramme) ou analyse électrique de l’état de tension musculaire, qui est intervenu en complément des méthodes traditionnelles de relaxation (Schultz, Jacobson, sophrologie, yoga).

En cas de grossesse :

Quand la femme enceinte a mal au dos, bon nombre de pratiques de physiothérapie sont interdites telles que l’utilisation de courants antalgiques de haute (ultrasons) et moyenne fréquence, mais il est possible d’utiliser la chaleur sèche ou humide, le massage, les neurostimulateurs de basses fréquences, de faire pratiquer la balnéothérapie, d’avoir recours aux thérapies manuelles non agressives, ainsi qu’à l’acuponcture.

Prochain billet : rééducation en neurologie.

bonne année 2014

, 08:39

attention à vos articulations !
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(plus d'humour noir sur http://www.yves.brette.biz/

Nouvelle polémique sur la bronchiolite

, 06:19

« Il n’y a pas d’événement, il n’y a que des interprétations ! », disait Nietsche.
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Photo : Hayatın İçinden

Dans le magazine « L’Express » du 12 décembre 2012, en page 42, dans un encadré, les bienfaits de la kinésithérapie respiratoire, très fréquemment prescrite aux nourrissons, est « encore » mise à mal. Pourquoi ce mot : « encore » ? Parce que dans un précédent billet du 31 mars 2012, rubrique « billets censurés », je citais ici, dans ce blog, trois études internationales déconseillant déjà l’usage de cette pratique qui « n’accélèrerait pas la guérison ».
La revue médicale « Prescrire » qui est la source de cette nouvelle information, provoque donc encore la polémique.
Pour les nombreux confrères défenseurs de ce geste thérapeutique qui voudraient continuer à le pratiquer, il y a urgence à pratiquer ne serait-ce qu’une étude sérieuse prouvant son efficacité. La revue précise que les résultats étayant cette thèse ont été obtenus sur des enfants hospitalisés, donc gravement atteints. Ce qui la rend crédible. Car lorsqu’un enfant est peu gravement atteint, cela ne devient qu’un soin de confort, voire du placebo. La Sécurité Sociale peut-elle encore se permettre de rembourser des dizaines de milliers d’actes au résultat aléatoire ? Je n’en connais pas le chiffre, mais en période d’épidémie c’est colossal.

Mon avis :
Le problème de la kinésithérapie est que nous-nous devons de ne pratiquer que des méthodes validées scientifiquement. C’est un carcan qui ne pèse pas sur les épaules de l’Ostéopathie, par exemple (parce qu’elle n’est pas remboursée), bien qu’efficace à plus d’un titre. Auparavant et durant des décennies, le MK n’était pas tenu de justifier du choix de ses méthodes. Dans un précédent billet du 1er juin 2012 : « De la difficile validation scientifique », je précisais que l’Agence Nationale de l’Accréditation et de l’Evaluation en Santé (ANAES), est chargée d’évaluer et de valider les outils kinésithérapiques. Pour être validée et mériter une reconnaissance nationale ainsi qu’une large diffusion, une méthode de soins doit « absolument » se plier à un formatage défini par le standard nommé IMRAD. Celle qui ne passe pas sous ces fourches caudines, est écartée. Or la validation pèche souvent dans sa méthodologie, ou alors comment expliquer qu’une multitude de méthodes ont été validées puis condamnées, quelques années après ? Citons : la méthode Klapp, la pouliethérapie, les tractions vertébrales, la méthode Williams de renforcement musculaire, les courants de haute fréquence (diathermie, radar). Un « standard incontournable » en rééducation neurologique également : la méthode Bobath, a également du plomb dans l’aile.

Il est urgent de réviser ces normes IMRAD ! Ainsi que l’enseignement en kinésithérapie, périmé, car datant de 1986.

Il en est de même pour les médicaments qui sont mis sur le marché, puis retirés. On a tous en mémoire l’affaire du « Médiator », aujourd’hui les statines, condamnées par le Professeur Philippe Even ; ainsi que son livre « Le guide des médicaments », un pavé dans la mare, co-écrit avec le Professeur Bernard Debré.

Alors notre métier est-il scientifique ? Peut-on tout prouver ? Clairement non ! Et c’est aussi le cas de la médecine. Gageons qu’aucune étude rigoureuse ne pourra jamais analyser précisément les mécanismes neurophysiologiques complexes permettant d’expliquer les bienfaits réels de la rééducation. La certitude scientifique n’existe pas.

Trop de science tue la science (rappel) !!!

La faillite du monde ? La faute en est au « principe de Peter » !

, 13:00

La faillite du monde ? La faute en est au « principe de Peter » !

Qu’est-ce que c’est que ce binse, vous dites-vous ? Connais pas ?

J’avais proposé à Arte d’en faire un thème de soirée… Ca les a effrayés !

Pourquoi les gens paniquent-ils dès qu’il s’agit de soulever le couvercle ? Parce que ce fléau gangrène toutes les couches des sociétés du monde, et que les gens qui détiennent le pouvoir ne désirent pas que ça change étant donné qu’ils sont les premiers concernés, et qu’ils profitent du système. Ils sont les enfants chéris du principe de Peter * !!! Pour résumer, ce principe dénonce le fait que tout individu tend à s’élever dans sa vie socioprofessionnelle à son niveau d’incompétence, puis qu’il fait son possible pour s’y tenir, et que ça ne se remarque pas. A cette fin, il attend de ses subalternes qu’ils résolvent ses problèmes. Autre possibilité, il prend une décision, c’est un échec, il leur met la faute sur le dos. Le fautif est toujours « l’autre ».

Pourquoi n’y a-t-il pas de faille au système ? Parce que « le chef du chef » est souvent dans la même situation, jusqu’en haut de la hiérarchie. Personne n’aime être dénoncé comme incompétent. On peut même être incompétent dans sa vie privée. Car on est parfois « incompétent en amour ». Alors, pour dissimuler ses minables faiblesses, on en accuse « l’autre ». Les politiques, les entreprises, la religion même, baignent dans le principe de Peter jusqu’au cou. Les décideurs ne sont pas forcément les plus compétents. Les conséquences sont catastrophiques. Tel général gâteux envoie ses bataillons à la mort, il est décoré. Tel chef d’un service de recherche reçoit le prix Nobel pour une découverte qu’on doit à son équipe (à des subalternes de génie), et dans laquelle il n’a même pas trempé un neurone.

Tel chirurgien est très compétent à trente ans, nommé chef de service il ne l’est plus à quarante cinq. On ne le réévaluera jamais.

Un boss qui a sous ses ordres un individu plus doué que lui, fera son possible pour que ça ne se voit pas. Il le marginalisera, le cassera, ou lui dérobera ses idées. Il y a des corollaires à ce principe : les méchants, les frustrés de tous poils. Ceux-là dépensent leur énergie pour casser leur entreprise, leur famille, l’«autre» en général. Ils sont compétents en destruction.

Je me rappelle avoir vu à la télé une émission sur une société en difficulté parce que ses employés étaient en grève depuis de longues semaines. La faute en revenait disaient-ils, au D.R.H. qui les harcelait moralement (c’était peut-être vrai). Que croyez-vous qu’il arrivât ? La boîte a fermé et le seul qui a retrouvé du boulot c’est…. le D.R.H. Car quel patron a envie d’engager un employé qui s’est trouvé activement mêlé à la faillite de son entreprise ? Il se dit : « Et si cet employé fout aussi le bordel chez moi ? Je ne prends pas le risque ! ». C’est peut-être injuste dans l’absolu, mais c’est ainsi.

Quand il y a un problème on cherche la solution logique. On édicte une loi par exemple. On croit alors avoir résolu le problème, alors qu’aussitôt la majorité des gens feront tout pour la contourner. Du coup, c’est un échec. On sait que ça fonctionne ainsi depuis la nuit des temps, mais on continue le même scénario.

Autre exemple : l’aménagement des routes. Il faut croire que les décideurs n’empruntent jamais ces routes-là, ou alors ils les prennent en plein milieu de la nuit quand il n’y a pas d’embouteillage ! Ou bien avec chauffeur et gyrophare (je dois cet exemple pertinent à Brunilde) !

Pour terminer, la « cerise sur le gâteau » : la Grèce. Comme elle va mal, on exige de son gouvernement qu’il fasse rentrer plus d’impôts. Or, et c’est du vécu (un ami ayant fait du tourisme en juin 2012 me l’a rapporté), maintenant, où que vous alliez, il n’est plus question de chèque ou de carte bleue. Même à l’Hôtel. On n’accepte plus que du liquide. Du coup, encore moins de rentrées financières pour l’Etat, et une crise qui s’aggrave. Je n’ai entendu aucun journaliste dénoncer ce phénomène. Il leur faut donner une image lisse du monde. Donc, mentir !



Où est le problème, me direz-vous ? C’est qu’à force de bugs, la machine grippe et finit par s’arrêter. Ca conduit à des émeutes ou une révolution. Elle s’arrêtera.

Voilà, j’ai poussé mon coup de gueule, je suis satisfait !!!

  • L.J. Peter et R. Hull. Le principe de Peter. Le livre de poche.





Pour terminer, je vous propose une histoire drôle qu’on m’a servie voilà quelques années et dont je ne connais pas l’origine. Je l’ai un peu modifiée afin qu’elle illustre plus fidèlement ce qu’est le principe de Peter.

Histoire de ballon

Un homme en ballon réalise qu’il ne sait plus où il se trouve. L’endroit est à peu près désert. Il réduit l’altitude, et aperçoit fort opportunément une femme. Il lui crie :

- Pouvez-vous m’aider ? Je ne sais pas où je suis ?

- Vous êtes dans un ballon gonflé à l’air chaud, flottant à approximativement à 10 mètres du sol. L’endroit où nous sommes se situe entre 40 et 41 degrés de latitude nord, et entre 56 et 60 degrés de longitude ouest.

- Vous êtes Ingénieur ? Réplique l’homme en ballon.

- Oui ! Comment le savez-vous ?

- Tout ce que vous m’avez dit est sûrement techniquement exact, mais je ne toujours pas où je suis exactement. Franchement, vous ne m’aidez pas, et me faites perdre mon temps !

- Et moi je peux vous dire également votre profession. Vous êtes un politique de haut vol. Un ministre de la République, peut-être !

- Effectivement. Je suis votre Ministre des finances. Comment avez-vous deviné ?

- Eh bien, vous ne savez pas où vous êtes, vous ne savez pas où vous allez. Vous avez atteint cette position en brassant beaucoup d’air. Vous faites des promesses que vous ne pouvez tenir. Vous attendez de vos subalternes qu’ils résolvent vos problèmes. Le fait est que vous êtes toujours dans une situation inextricable dont vous êtes seul responsable, mais maintenant, étrangement, vous considérez que c’est de ma faute !

L’effet pervers des médicaments sur la rééducation

, 15:13

L’effet pervers des médicaments sur la rééducation.

Il faut être clair : il n’y a pas de médicament sans effet secondaire ! Or, la plupart des patients qui nous consultent absorbent un véritable cocktail de médicaments qui contrecarre nos efforts. Bon nombre d’affections articulaires, de tendinites, sont pourtant directement provoquées ou aggravées par certains médicaments, et si leur consommation n’est pas strictement contrôlée, limitée au minimum, il n’y a pas lieu d’espérer de guérison.

Quelques exemples : les barbituriques tels que Gardénal ou Rimifon sont mis en cause dans la survenue de capsulites rétractiles d’épaule. Les diurétiques augmentent les risques d’accès de goutte chez les hyperuricémiques. Les sulfamides ainsi que certains anti-viraux, corticoïdes injectables, AINS, bétabloquants, ont régulièrement été incriminés dans la survenue de lombalgies, de douleurs articulaires (1). Quelle que soit la méthode rééducative (ou ostéopathique) choisie, le résultat sera alors forcément décevant, d’où les discutables critiques que l’on pourrait faire au rééducateur du fait de son inefficacité dans de telles conditions.


1 - B. Bannwarth, P. Bertin, R. Trèves, J. Dehais. Affections articulaires induites par les médicaments. Le concours médical. 04-12-99.3066-3071.

Methodes anti-age : des affirmations sans fondement en provenance de la presse grand-public

, 06:04

Méthodes anti-âge : des affirmations sans fondement en provenance de la presse grand-public

Le magazine ELLE du 3 février 2012 publie en page 105, un article intitulé : « Anti-âge suivez la méthode douce », avec en sous-titre : « Débloquer les nœuds qui nous crispent et relancer l’énergie pour retrouver des traits détendus et une peau rebondie… » S’ensuit la mise en vedette de méthodes « lissantes pour la peau » : Méditation et Ostéolift.

La méditation :

Depuis quand la méditation est-elle un lifting naturel ? Il n’y a qu’à observer le visage des Sages Bouddhistes, bonzes et autres Yogis. Au pire, quand ils gros c’est l’obésité qui tend leur trait, et quand ils sont minces ils sont souvent ridés comme des pommes reinettes !!!! Conclusion : les gens qui méditent toute la journée auraient donc plus de rides que la moyenne et ne s’en portent pas plus mal !) !

Il est dit dans cet article : «Le stress et les tensions qui crispent les traits sont éliminés. » Un peu plus loin : « On s’assoit confortablement, par terre ou sur une chaise, dos droit. » Si la méditation peut certes décrisper le visage, cela ne dure que le temps de la séance. Chimère, mensonge que de prétendre que cela peut être durable, d’autant plus si l’on fume sa clope aussitôt après la séance. Le tabac est le premier des «agresseurs cutanés», nous condamnant aux rides au coin des yeux à cause de la fumée qui les plisse, ainsi qu’aux ridules du coin de lèvres constamment enroulées autour de la clope. Evoquons également les rides d’expression : quand on rit souvent, les yeux se plissent. Certaines personnes ont le visage riche d’expressions différentes, ce qui, à la longue créée des rides.

Quant-à l’abus du bronzage, voilà bien un autre agresseur cutané reconnu qui accélère les rides, qu’on pratique ou non la méditation. Les autres agresseurs étant principalement : alcool, médicaments, cholestérol, diabète, pollution atmosphérique, déshydratation, le phénomène « yoyo » dans la prise de poids, un sommeil de mauvaise qualité ou insuffisant, l’hérédité. Pourtant, dans cet article, il n’en est pas fait mention. Trop contre-productif !!! Il faut bien entendu éviter tout ce qui peut décrédibiliser l’argumentaire pour le moins faiblard. La « station assise dos droit sur une chaise » proposée pour méditer, est un autre non-sens, car si l’on est fragile des lombaires ça ne peut que nous faire grimacer de douleur au lieu de nous lisser les traits !!! La station assise est nocive pour la santé : assis dos droit à 90°, les pressions exercées sur le disque intervertébral L5-S1, augmentent de 50 % (Tests de Nachemson). Il faut adopter la « station assise active » sur gros ballon ou Sway, Jellyfish, en préservant la cambrure des reins. Pour en savoir plus, se référer à mon livre : « Mal de dos : vérités et mensonges », en page 135, car la station assise n’est pas le thème central de ce billet.

L’ostéolift :

Dans cet article il est dit : « Je fais une séance par mois depuis deux ans. Après j’ai le visage reposé et plus d’éclat, témoigne Pascale 52 ans, je n’ai pas l’impression d’avoir la peau d’une personne de mon âge ». Ce témoignage n’a de la valeur que si cette dame ne pratique que l’ostéolift pour « avoir une peau jeune ». Utilise-t-elle par ailleurs des crèmes anti-âge ? A-t-elle recours au botox ? Voit-elle régulièrement une esthéticienne ? On n’en sait rien.

Plus loin, on lit : «Certaines manœuvres (ostéopathiques) décongestionnantes ciblent les poches sous les yeux ». Toutes les personnes qui ont de véritables poches sous les yeux, bien installées, savent qu’il n’y a que la chirurgie esthétique pour les ôter. Sinon des poches occasionnelles ne sont que le signe d’une fatigue passagère. Il suffit de se reposer, dormir un peu, à la rigueur se mettre des rondelles de concombre sur les paupières, pour que ça passe. Point besoin d’ostéolift !

Frédéric Zénouda fondateur de la revue « Référence Ostéopathie » confirme : « Tout engorgement au niveau digestif, circulatoire ou respiratoire a des conséquences sur la peau. En relançant le drainage et en mobilisant les tissus, on agit sur sa qualité et sa tonicité ». Ce Monsieur se porte caution pour une méthode non validée (où sont les tests scientifiques démontrant la validité de cette méthode ?) avec des arguments largement discutables, car le processus de survenue des rides ou leur disparition nécessite autre chose que « drainage et mobilisation des tissus » (ne pas fumer, ne pas abuser du bronzage, etc), d’autant qu’à trop tirer sur la peau on risque plus de la distendre que de la retendre. Au total un peu léger comme validation, surtout à 100 euros la séance. Pourtant le magazine s’en contente. A ce prix, l’efficacité devrait être démontrée ! Une crème anti-rides ne peut arriver sur le marché que « testée cliniquement ». Il devrait en être de même pour ces techniques.

Aculift :

Quant à l’acupuncture « joli teint », affirmer que les aiguilles « tonifient les muscles peaucier » est pour le moins hasardeux. Par quel moyen ??? Comment une aiguille peut-elle tonifier un muscle ? Un micro-courant électrique oui, si l’aiguille est branchée à un générateur, et encore en ciblant le « point moteur ».

Par ailleurs l’existence des méridiens d’acupuncture n’a pas été prouvée, et on est très loin d’avoir les moyens de le faire prochainement. Alors comment peut-on « illuminer un teint brouillé en ciblant les méridiens du foie ou des reins » alors que l’existence même de ces méridiens est discutable, non prouvée ? Seule l’action de cette médecine sur la douleur a été validée.

Tous ces mensonges véhiculés par la presse, mieux vaut en rire de crainte d’avoir à en pleurer, même si ça nous donne quelques rides d’expression supplémentaires (pour paraphraser Beaumarché) !|/post/2011/05/21/Mal-de-dos-%3A-v%C3%A9rit%C3%A9s-et-mensonges-180-mensonges-qui-emp%C3%AAchent-de-gu%C3%A9rir]

annonces sensationnelles de la presse : la suite

, 06:42

(Suite du précédent billet intitulé : « Santé, attention aux annonces sensationnelles... ment fausses de la presse grand public !»)

Du nouveau sur les douleurs chroniques !!!

Il importe de préciser que ce billet s’inspire d’un paragraphe de mon prochain ouvrage : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! » Grancher Editeur.

Dans les états douloureux chroniques, plusieurs études ont mis en évidence des lésions au niveau du cerveau, avec rien de moins qu’une atrophie du thalamus (il se ratatine), un petit noyau qui gère douleurs et mouvements (Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associatied with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum 2010; 62: 2 930-40). Par ailleurs, et d’après le Docteur Pierre Volkmann Médecin de Médecine Physique, Lyon, France, quand on souffre durablement d’une zone du corps, sa représentation cérébrale s’efface.
Au niveau du cortex cérébral (l’écorce) il y a ce qu’on appelle l’Homonculus, la « carte Michelin » du corps où sont inscrites toutes ses pièces. Si on a mal durablement à l’épaule par exemple, le corps ne sait plus qu’il a une épaule. Même si on se soigne, le message ne s’imprime plus. C’est comme si l’option « enregistrer » de notre ordinateur n’existait pas : on écrit son texte, impossible de l’enregistrer, il faut inlassablement réécrire la même chose chaque jour. On peut bien alors consulter médecin, ostéo, acuponcteur, faire de la gym, rien ne marche durablement, les progrès obtenus s’effacent aussi, on rechute.

Alors comment s’en sortir ?

En réalisant des exercices spécifiques qui vont peu à peu créer de nouveaux circuits nerveux allant, pixel après pixel, redessiner la zone effacée. La douleur chronique provoque une atteinte du thalamus, or la propioception (perception de nos postures et mouvements en rapport avec l’environnement) emprunte les voies bulbo-thalamiques (et cérebelleuse). C’est donc par la propioception qu’on agit préférentiellement, mais il importe aussi de stimuler l’oreille interne par des exercices appropriés. Une grave atteinte de l’oreille interne est à l’origine d’une démarche déviée, avec jambes très écartées.

Nota :
Pour les exercices, se référer au livre cité en début de billet (sortie : été 2012).

Unification :

Il importe de réaliser un travail d’unification entre intérieur et extérieur du corps, associer intimement corps et esprit de la manière la plus simple qui soit. Rien de magique. A cette fin, paupières closes, le sujet exécute ses exercices en se concentrant sur chaque partie de son corps. Il analyse ce qui ne va pas et peut être corrigé : bassin/genou/cheville instable, déséquilibre avant ou arrière du tronc / tête... Il s’attarde ensuite sur la zone qui le fait habituellement souffrir, et cherche à expulser son mal (ou son stress), tel un gaz nocif, en soufflant à fond. Autre méthode : se fixer sur un souvenir agréable et le relier de manière thérapeutique à la zone du corps en souffrance afin de la remodeler.

Santé : Attention aux annonces sensationnelles...ment fausses de la presse grand public !

, 06:47

Santé : Attention aux annonces « sensationnelles.. ment » fausses de la presse grand public !

Dans son N° 1415 du 7 au13 novembre 2011, le magazine Femme Actuelle publiait un article intitulé : « Finie la douleur, huit traitements qui changent tout ! ». Hélas, ces huit traitements ne changent rien du tout, et je vais ici en faire la démonstration.

1/ Il est dit : « Des injections ciblées diminuent les doses de médicaments », c’est vrai mais l’action est provisoire, et l’injection en péridural est un acte risqué (infection, paralysie). Les principales indications de ces injections seraient la chirurgie du dos : « pour éviter que les douleurs ne s’incrustent ». Faux ! Si les douleurs « s’incrustent » c’est parce que la chirurgie du dos ne vise pas à traiter la douleur mais l’atteinte du nerf (neuropathie).L’effet de la chirurgie du dos sur les douleurs est nul, d’autant que la hernie discale n’est pas la cause du mal de dos, elle n’en est qu’une des conséquences (Voir « Mal de dos : vérités et mensonges » Ed J. Lyon. G. Orgeret).

2/ « Une pompe implantable qui diffuse en continu… » Comme il est signalé, cette méthode ne traite pas les douleurs qui se situent au dessus de la moelle.

3/ Si les TENS sont en effet utiles (petits boitiers électriques qui diffusent en continu des courants de basse fréquence), leur efficacité est nulle certains jours chez un même patient, on ne sait pourquoi, et de moins en moins probante au fil du temps. Dans l’article, il est donné pour « preuve», leur utilisation par les « Centres Anti-douleur ». Quand on sait que ces derniers affichent une efficacité de 15 à 20 % seulement, c’est moins que l’effet placebo (on se guérit tout seul par action mentale), ce dernier concernant 40 % de tous les traitements, même la chirurgie. L’article cite l’exemple d’une patiente souffrant de sciatiques à répétition qui porte son neurostimulateur en permanence. On peut dire que c’est un cache-misère, puisqu’on ne traite pas la vraie cause de son mal. On se contente d’effacer l’information-douleur au quotidien pour se donner bonne conscience, et pendant ce temps le sujet s’aggrave, car la douleur est une information capitale, une pièce à conviction importante dans la recherche du coupable qu’il faut à tout prix démasquer.

4/ « Le froid aux effets antalgiques et anti-inflammatoires » : Le pistolet cryo-stimulateur cité a un moindre effet que les frictions au glaçon, parce que la température affichée est sans doute de – 78° au sortir du pistolet, mais qu’il y a dispersion avant d’arriver à la peau, quelques centimètres en dessous. La sensation de froid est moins intense qu’avec le glaçon. Les packs de gel qu’on met au congélateur, les bouillottes remplies de glaçons, gardent donc un intérêt quasi-identique, pour un prix dérisoire. Quant à la « cryothérapie corps entier », on peut se demander ce que la peau en pense si on renouvelle l’expérience trop souvent, ou sous protection insuffisante (risque de brûlure). On sait depuis des siècles que le froid anesthésie, mais les gens vivant dans les zones polaires n’ont pas moins de rhumatismes que ceux qui vivent à l’Equateur ! Résumer un traitement contre la douleur à une application de froid, est là encore manière de mettre le vrai problème de la cause du mal, de côté. Répétons-le, la douleur est une information. Le corps dit : « Je t’informe qu’une de mes pièces ne fonctionne pas bien, veux-tu réaliser s’il te plaît la réparation (ou l’échange standard).»

5 / La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) consiste à solliciter le cerveau à l’aide d’aimants. En matière de santé, les aimants sont utilisés depuis la plus haute antiquité. Cléopâtre s’en appliquait sur les tempes afin de « préserver sa beauté ». Dans l’article de Femme Actuelle, il est dit : « Sont générées des micro-impulsions magnétiques. Celles-ci modifient l’activité des neurones qui vont moduler la douleur ». Comment le sait-on, et quels sont les moyens de contrôle pour « diriger » ces ondes là où on désire qu’elles aillent, et pas n’importe où afin de soigner et ne pas nuire ??? Pas de réponse ! Quand on sait que les ondes électromagnétiques générées par les postes-relais des portables, ainsi que les portables eux-mêmes, sont sources d’interminables polémiques, que beaucoup disent qu’ils seraient à l’origine de cancers, comment peut-on agir ainsi sans problème de conscience ?

6/ « Des électrodes à la surface du cerveau ou sous la peau pour les névralgies de la face et les migraines…». Poser des corps étranger sur le cerveau n’est pas un acte anodin et fait courir des risques (infection, détérioration neuronale, excès de stimuli) et l’effet bénéfique s’estompe avec le temps. Quand on a tout essayé en vain cela peut être envisageable, mais présenter ce traitement comme une grande victoire, est excessif.

7/ Sprays, comprimés, adhésifs, patchs chauffants : Il est dit : « Il n’est pas nécessaire de coller le patch là où on a mal »… faux ! La dose de produit actif est trop faible pour agir à distance. Tout cela fait partie de la panoplie des « petits moyens », comme encore le baume des Pyrénées, l’argile verte, l’homéopathie, et ca ne mérite pas de figurer dans un article choc intitulé : « 8 traitements qui changent tout ».

8 / Les nouvelles thérapies manuelles : l’aquaostéopathie et la microkinésithérapie. L’ostéopathie a été inventée en 1874 par un américain, A.T. Still, c’est une bonne méthode mais qu’on la pratique à sec ou dans l’eau c’est du pareil au même, il est pour le moins mensonger de qualifier l’aquaostéopathie de « nouveauté qui change tout » ! Quant-à la microkinésithérapie inventée il y a plus de trente ans, elle a été « démolie » par une expérimentation du 14 juillet 1991 (La Microkinésithérapie Compte rendu d’une expérimentation G Bernard, D Perrein, J Samuel, D Grosjean, P Bénini Kinésithérapie Scientifique N0 323 Mai 1993). La conclusion de cette expérimentation étant, je cite : « L’analyse statistique des résultats ne permet pas de valider l’hypothèse testée, à savoir : « la micropalpation de l’articulation permettrait de déterminer la perception de mobilité. L’un des éléments de base de la Microkinésithérapie n’a donc pas fait la preuve de sa réalité. » » C’était en 1991, il y a plus de vingt ans, où est la nouveauté ? Quel intérêt ?

En conclusion :

La douleur est un « appel à l’aide », la traiter sans s’attaquer à l’origine du mal est carrément dangereux. C’est fermer les yeux sur la réalité. De plus, on sait depuis des décennies que les médicaments en général, même ceux contre la douleur, sont à la longue source de rhumatismes causant des douleurs (Bannwarth B, Bertin P, Trèves R, Dehais J. Affections articulaires induites par les médicaments. Le concours Médical. 04-12-99-121-39).
Par ailleurs, au fil du temps, les traitements détaillés dans Femme Actuelle perdent en efficacité, ce qui oblige à en revenir ensuite aux traitements « de cheval », comme la morphine, et voilà… la boucle est bouclée, et la déception du patient au rendez-vous !
Heureusement il y a de l’espoir, des voies s’entrouvrent. Il faut savoir par exemple que dans le cas des douleurs chroniques, la zone concernée qui est normalement gravée en permanence au niveau du cerveau (homonculus), s’efface (travaux du Docteur Pierre Volkmann de Lyon). Dans le cas de ces mêmes douleurs chroniques, on observe à la longue une atrophie du thalamus (une zone du cerveau impliquée dans douleurs, postures, et mouvements).
Si on traite la douleur et qu’on ne se préoccupe pas de cette représentation cérébrale déficiente, le patient(e) n’a aucune chance de s’en sortir !!!! Le traitement consiste en une prise en charge très spécifique dont je suis l’initiateur, et tendant à stimuler régulièrement cette zone. Ce sera l’objet d’un prochain billet dans cet espace de blogosphère, afin de vous tenir en haleine, cher lecteur.

A suivre

Métier : kinésithérapeute : le côté « lumineux » et le côté « obscur » !

, 13:35

Le côté « lumineux » et le côté « obscur » de la profession de kinésithérapeute !

En comptant l’année de préparation, les kinés sont définis comme : « Bac + quatre ». La plupart exercent en secteur privé. C’est une profession paramédicale, c’est-à-dire qu’elle dépend d’un médecin prescripteur. Si l’on veut être remboursé à 100 % par Sécurité Sociale et Mutuelle, on ne consulte un kiné que si un médecin prescrit les séances. Le nombre de ces séances et leurs modalités sont en principe laissés à la convenance du kiné, bien que le médecin puisse orienter ce choix, réclamant spécifiquement par exemple : conseils de prévention, massages, exercices en piscine ou à sec, etc.
Durée officielle des séances : une demi-heure.

Les reproches :

- Le principal reproche que l’on puisse faire au kiné est de traiter le symptôme : « Vous avez mal là, on vous masse là ! », la vraie cause étant souvent éloignée de la zone qui fait mal, cachée, voire mystérieuse. De plus il a une fâcheuse tendance à bâcler ou à zapper les « bilans-kiné » permettant de choisir le traitement le mieux adapté.

Donnons l’exemple du mal de dos commun : quand on sait que sa véritable cause n’est connue que dans cinq pour cent des cas, comment oser prétendre le soulager en se contentant de promener dessus une sonde à ultra-sons durant quelques minutes alors que le seul effet avéré des Ultra-Sons est défibrosant (le mal de dos n’est pas un problème de fibrose), ou en faisant pratiquer trois/quatre exercices à la va-vite, souvent inadaptés, comme le renforcement des abdominaux qui a le tort d’augmenter les contraintes lombo-sacrées, de favoriser la délordose (atténuation de la cambrure des reins) et d’augmenter par là même le mal au lieu de le soulager ( pour plus d’infos, lire : « Mal de dos : vérités et mensonges. » J Lyon Editeur) ? Il faut plutôt rééduquer le caisson lombo-périnéo-abdominal (l’abdomen), dans son ensemble « contenant/contenu » !

- Par ailleurs il utilise trop de machines, pas suffisamment ses mains. Pourtant le toucher est irremplaçable, il crée le lien, apaise. Il sollicite également la sensibilité profonde (perception du mouvement et de la position dans l’espace des différentes parties de notre corps) souvent déficitaire quand on est malade ou handicapé.

- Enfin, sur la demi-heure due, le traitement effectif dépasse rarement le quart d’heure… Que voulez-vous soigner efficacement en un quart d’heure ??? Comme du coup, la guérison se fait attendre, on multiplie les séances à l’infini... avec pour seul résultat de creuser encore plus le déficit de la sécurité sociale !!!

- Dans certains domaines où le kiné était particulièrement apprécié, comme le désencombrement bronchique des nouveau-nés, plusieurs études ont malheureusement démontré qu’il n’en était rien (Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62). A ce sujet, se référer à mon précédent billet édité dans ce Blog.

- Dans bon nombre de cabinet c’est le travail à la chaîne. Les patients sont installés dans une salle, on leur pose des électrodes « là où ça fait mal » durant un quart d’heure, ensuite ils passent à la caisse. Les kinés ne les touchent même plus, ou alors ce sont des papouilles expédiées en trois minutes. Etonnez-vous après ça que le kiné ait perdu l’exclusivité de l’art du massage, les esthéticiennes pratiquant par exemple le « modelage » qui en est une forme déguisée.

Au crédit du kiné :

- Il garde une bonne image auprès de la population, il est apprécié, et c’est énorme quand on connait le poids du facteur psychologique dans la plupart des maladies. On consulte une fois son médecin, puis on est entre les mains de son kiné pour dix, quinze, quarante séances, ce qui permet de tisser des liens. Il écoute, rassure.

- Bon nombre de kinés sont aussi Ostéopathes, ou bien se forment à d’autres méthodes fort utiles (Maitland, Chaînes musculaires, rééducation périnéale, Normotensive …), ils sont « multi-tâches », accumulant les compétences.

Prenons des exemples :

Votre pathologie nécessite l’usage de cannes : le kiné vous aide alors à choisir celles qui sont le plus adaptées à votre handicap et vous montre comment les utiliser. Il peut également fabriquer un petit appareillage (collier cervical, attelle).

Vous êtes malade, fragile, et voulez faire du sport : le kiné est à même de vous conseiller ceux que vous pouvez pratiquer, et de vous apprendre comment vous ménager dans les activités de la vie quotidienne.

Dans bon nombre de pathologies comme en neurologie, en traumatologie (les accidents), en cardiologie, en gynéco-obstétrique, il éduque, remet son patient d’aplomb en suivant un protocole rigoureux en rapport avec la pathologie concernée, et en étroite collaboration avec le personnel soignant. Il aide son patient à se rétablir et à se réinsérer au plus vite dans son environnement socioprofessionnel.

Enfin ses soins sont remboursés aux assurés sociaux, ce qui le rend accessible au plus grand nombre.

Conclusion :

Tous les métiers ont leurs attraits, dénoncer leurs dérives permet de les corriger. Nous avons la santé de nos patients entre les mains, nous-nous devons de leur donner le meilleur, en les préservant du pire. En aucun cas la profession ne peut être un business.

Fin

La kinésithérapie est-elle efficace dans le traitement de la bronchiolite du nouveau-né ?

, 06:14

Inauguration aujourd'hui d'une nouvelle catégorie : emo15.gifBillets censurésemo15.gif.

Vous y seront présentés régulièrement des textes à contenu "politiquement peu correct" ou franchement polémique !emo15.gif

La kinésithérapie est-elle efficace dans le traitement de la bronchiolite du nouveau-né ? Réponse : NON !!!

Les résultats d’une première étude datant de 2007 (1) concluent : « A ce jour, malgré quelques tentatives, aucune étude n’a démontré le bénéfice des techniques de kinésithérapie respiratoire dans la bronchiolite ! »

Un deuxième article paru dans Panorama du Médecin (2) conclue : « A l’encontre de ce que l’on pouvait attendre, le délai de guérison est identique dans le groupe d’enfants sous aspiration nasale seule par rapport à celui ajoutant la kinésithérapie ! ».

Un troisième article (3), très récent conclue : « La kinésithérapie traditionnelle n’a pas fait les preuves de son efficacité …/… En conclusion les nourrissons hospitalisés pour bronchiolite ne tirent pas un bénéfice évident de ce traitement !».

Alors pourquoi l’Assurance-Maladie devrait-elle continuer à rembourser des soins inefficaces ?

Bibliographie :

1 - Beauvois E, Fouré H, Gouilly P, Reychel G. Kinésithérapie dans la bronchiolite : doute raisonné ou raison de douter ? Kinésithérapie la revue 2007 ;(63) :51-2.
2 – Bailly C. Bronchiolite aiguë. La kinésithérapie est-elle réellement efficace ? Panorama du Médecin. 19 octobre 2009. N° 5159.
3 - Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62.