Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

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mercredi 19 novembre 2014

Profession kiné : garder un œil d’expert. L’éternel thème de la lombalgie chronique

En hommage ce jour à Monsieur Roger Federer, qui est handicapé par son dos.

On est aisément conduit à remettre en question ce que nous avons appris durant nos études, étant donné qu’il y a beaucoup de théories qui s’avèrent fausses au fil du temps, et qui sont encore enseignées comme des dogmes. Ainsi les différentes approches concernant les protrusions discales rachidiennes (hernies) concernant la « décompression », la « stabilisation », méthodes rééducatives largement préconisées et qui sont malheureusement assez contradictoires. Les exercices de « décompression » sont censés remédier à l'action néfaste de la pesanteur. Toutefois il y a l’exemple des astronautes qui ont quand même des problèmes de dos, et ceci même en l'absence de pesanteur.
Par ailleurs les techniques de « décompression », telles « inversion » ou « stretching », peuvent entrainer une hypermobilité vertébrale, c'est-à-dire une forme inquiétante d’instabilité.
En ce qui concerne la « stabilisation rachidienne », tout verrouiller comme le préconisent bon nombre de confrères (le fameux « verrouillage lombaire ») n'est pas non plus une solution, car une bille placée entre deux cylindres aura tendance à être expulsée d'autant plus facilement que les haubans reliant les deux cylindres sont tendus.

Le problème majeur découlant des hernies intradiscales vient sans doute de « patterns de mouvements défectueux acquis». C’est-à-dire de schémas moteurs devenus inefficaces. Les gestes et mouvements que nous exécutons alors, même ceux qui visent à cibler l’économie rachidienne comme de bien plier les genoux en se baissant pour ramasser un objet au lieu de courber le dos, ne sont plus efficaces.
Le problème relève d’un mauvais fonctionnement du cerveau.
Le thalamus (l’un des centres de commandement majeurs du cerveau régissant douleur, postures et mouvements) est endommagé, il envoie parfois de mauvais signaux*. Pour donner un exemple simple, si l’on compare notre cerveau à un ordinateur, c’est un peu comme s’il était parasité par un virus. Imaginons que pour exécuter un mouvement, nous tapions sur le clavier : « Baisse-toi pour ramasser ton stylo (par exemple) en faisant bien attention à ton dos ! ». Si le virus est inactif, le geste va se faire sans mal, mais si le virus est actif, il va parasiter le mouvement et l’on sera victime d’un prétendu « faux mouvement ». Le cerveau aura enregistré : « Ouille, en me baissant, je vais fatalement avoir mal ! », même si le mouvement a été correctement réalisé.

Comment s’en sortir alors ?
De quels moyens le kiné dispose-t-il pour améliorer cela ?

Ma solution, laquelle, si elle n’a pas été testée scientifiquement a le mérite d’aller dans le bon sens puisqu’elle est logique, consiste à stimuler la propioception** par la voie nerveuse centrale « voie bulbo-thalamique ». La propioception consciente étant à la base de notre schéma corporel.

Exemples d’exercices, à réaliser et c’est important, les yeux fermés, quotidiennement pendant trois minutes :

- « L’arbre », du Yoga. Debout sur un pied, tenir la position le plus longtemps possible.

- Mettre un matelas en mousse sur le sol et marcher dessus les yeux fermés.

- Rouler un gros ballon (swiss ball, Klein) sous un pied, puis sous l’autre (exercice décrit avec photo sur ce blog au 30.09.2012). S’asseoir dessus, lever un pied, puis l’autre.

D’autres exercices sont décrits dans ce blog, avec photos à l’appui (14 et 27 décembre 2012).

· Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. “Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.
· ** La propioception désigne l’ensemble des composants corporels concourant à la perception du corps et au maintien de l’équilibre.

jeudi 30 octobre 2014

En cas d’épaule douloureuse, de mal au cou, optez pour les « anneaux claviculaires »

Indépendamment des séances de rééducation pratiquées, les patients souffrant des épaules pour tendinites (tendinopathie de la coiffe des rotateurs, du long biceps), ont la nécessité de prendre certaines précautions, comme d’éviter certains gestes à risque, s’ils ne veulent pas aggraver leur problème (recherche des « voies de passage », mouvements pendulaires, renforcement isocinétique de la musculature). Ceux qui souffrent du cou également. Il faut savoir qu’épaules et cou sont intimement liés.

Quant on porte une charge trop lourde par exemple, c’est d’abord le cou qui fait mal, bien avant les épaules. Aussi le kiné doit-il s’occuper de la zone rachidienne cervico-thoracique, avant même de toucher à l’épaule. Tout cela est lié, il y a relation de proximité.

La rééducation de l’épaule dégénérative fera l’objet d’un prochain billet, nous n’entrerons donc pas ici dans le détail.

Il se trouve que lorsqu’on souffre d’une ou des deux épaules, bon nombre de gestes « font mal », et nous handicapent au quotidien, car il est impossible de prendre le temps d’analyser chaque geste précisément avant de le réaliser. La pratique de certaines activités est à haut risque d’aggravation : jardinage, ménage, conduite régulière de certains engins (moto, bus ou taxi), métier d’aide soignante, manipulateur radio, soigneur d’animaux, métiers de la restauration, du bâtiment, déménageur, manutentionnaire, etc.

De la même manière que lorsqu’on souffre du dos on porte une ceinture, le sanglage proposé ici est une « astuce » fort efficace pour pouvoir continuer à vivre normalement sans avoir mal au cou ou aux épaules en s’activant.

Il s’agit des « anneaux claviculaires » qui servent habituellement en cas de fracture de la clavicule, et dont j’ai élargi l’usage.

Durant les activités risquant de surmener vos épaules protégez-vous ainsi :

Se munir d’un tissu solide mais souple, ici il s’agit de Jersey coton, largeur 10 cm.

Photo 1 : passer les deux bouts du jersey en boucle par dessus la partie du jersey placée sur la nuque.
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Photo 2 : le jersey doit être mis bien à plat sur les épaules, il ne doit pas rouler. Ensuite, bien tirer les deux bouts du jersey vers le bas pour abaisser les épaules, d’autant que se produit un certain relâchement du tissu après. Faire un nœud de chaque côté.
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Photo 4 : bon placement des épaules.
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Nota :

Il existe également sur le marché pour moins de cinquante euros, bon nombre d’anneaux claviculaires faciles à enfiler tout seul : exemples : Pour adultes « blocage claviculaire Gibortho » de Gibaud, et pour vos juniors : « Ligaflex Junior » de Thuasne (voir sur internet).

dimanche 12 octobre 2014

Le thème de la photo n'est pas celui qu'on pense !

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photo : Philippe Brière

La dame âgée est fort mal assise, elle ne ménage ni ses hanches, ni son dos. Quant-au photographe, lui non plus ne montre pas le bon exemple.
Rares sont les personnes qui ménagent leurs articulations dans les activités de la vie quotidienne. Pourtant, ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?
Dans un monde où surabondent les images, on ne voit jamais quiconque donner le bon exemple en pliant les genoux plutôt que le dos en se baissant, ni être convenablement assis, la bonne position assise étant celle qui respecte un angle tronc-cuisses de 130° ( la position du cavalier). Position qui surmène le moins les vertèbres lombaires.

Etonnez-vous après cela que les médecins du travail, les ergonomes, ne parviennent pas à faire efficacement passer leur message ! Les personnes auxquelles ils s'adressent ont emmagasiné tellement d'images contraires au bon usage, qu'elles sont devenues hermétiques.

Il en est de même pour le tabac ou l'abus d'alcool. Tant que les médias continueront de déverser des millions d'images de peoples cigarette au bec ou en train de se soûler, peoples qui sont des références absolues pour bon nombre d'entre nous, le message ne passera pas. Cessons de nous illusionner !

vendredi 26 septembre 2014

Scoliose de l’enfant

Une maman m’a dit récemment : « Il n’y a rien sur votre blog concernant la scoliose ! ». J’ai répondu : « Coupable ! ». Comment cela se peut-il, alors que mon expérience est continue et s’étale sur trente années ? D’où ce billet.
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(photo : Michael Kenna : statue, Vaux le Vicomte)

Définition

La scoliose juvénile idiopathique* évolutive (non neurologique ou neuromusculaire), se caractérise par une déformation de la colonne vertébrale dans les trois plans de l’espace (frontale, le fameux « S », avec rotation et inclinaison des vertèbres). Les scolioses dorsales (thoraciques) sont toujours plus évolutives, donc plus graves que celles situées plus bas (thoraco-lombaires et lombaires).
Les vertèbres sont comme les cubes en plastique avec lesquels jouent les enfants. Au nombre de vingt quatre, elles sont empilées et solidement accrochées l’une à l’autre. En cas de scoliose ce complexe assemblage se déforme, incapable de s’adapter correctement aux contraintes de la pesanteur. L’enfant est déséquilibré « de la tête aux pieds ».

Voilà bien défini un syndrome de déficience posturale, à prendre en compte en rééducation dans toute sa complexité, au risque sinon de ne pas être efficace.

Risque évolutif

Une scoliose est dite évolutive quand elle s’aggrave d’au moins un degré par mois au test de Cobb, deux degrés par mois durant un an correspondant aussi à une notion d’évolutivité inquiétante. En fait, il s’agit d’une « révolution », le corps se modifiant profondément avec déficit esthétique (déformation du dos) et fonctionnel (perte de souplesse, déséquilibre musculaire, parfois même problèmes respiratoires pour les scolioses dorsales). S’y ajoute une dimension psychologique qui n’est pas la moindre. A l’âge où s’affine le souci de l’apparence, il est difficile d’assumer la déformation de son dos, notamment quand « l’autre » a les yeux dessus, comme à la plage ou en pratique sportive. En cas de port d’un corset, c’est pire. Entre onze et quinze ans s’opère la structuration du « MOI ». Cette tranche d’âge se caractérise par une instabilité psychologique qui ne facilite pas les choses. L’aide d’un psychothérapeute peut s’avérer nécessaire.

Il est dit que la scoliose débute dans le ventre de la maman. Plus elle apparaît tôt dans l’enfance (nourrisson : 0 >1 an, juvénile : 3 > puberté, adolescent : dès la puberté), plus elle risque de s’aggraver. Il ne faut pas manquer de la dépister avant la puberté, et moins encore de rater le virage dangereux de la poussée pubertaire appelé « couloir stratégique** », au début de l’ossification de la crête iliaque *** (Côtée « Risser 1 »). A : « Risser 0 », le risque est quatre fois plus grand qu’à « Risser 3 ou 4 ».

Alors qu’une scoliose de moins de 20° a fort peu de risques de s’aggraver, les trois quart s’aggravent au-delà de 20°, et toutes à plus de 30°.

Autres facteurs de mauvais pronostic : dos plat, asymétrie des côtes.

Appareillage

Une scoliose évolutive qui dépasse 20°, oblige au port d’un corset (Cheneau, Boston, Lyonnais, Milwaukee), ainsi qu’à la pratique régulière d’une rééducation de qualité. Il est porté de manière permanente ou parfois seulement la nuit, la croissance se faisant principalement durant le sommeil. Pour accepter le corset, on ne peut demander à un enfant, comme le font certains professionnels de santé, de «se projeter sur l’avenir » en s’imaginant à l’âge adulte. Lui dire par exemple : « Quand tu seras grand(e), tu seras bien contente d’avoir un dos plus droit, ton avenir est tout ce qui compte ! ». Pour un enfant seul compte le moment présent, et alors que jusqu’ici il pouvait faire des galipettes, des roulades, courir en tous sens, chahuter, avec le corset c’est fini. Ses proches devront donc l’aider à réorganiser ses activités, et à trouver de nouveaux pôles d’intérêt ludiques pour atténuer le traumatisme psychologique. Il faut se méfier des enfants qui prétendent que cela ne leur pose aucun problème. Ils refoulent leur dépit. En résumé, il importe de se mettre à la portée de l’enfant, de l’écouter et lui expliquer les choses avec des mots qu’il peut comprendre. Un enfant n’a rien d’un adulte en miniature !!! Le port permanent d’une telle « carapace », provoque un paramorphisme inversé (altération de la forme à visée correctrice). Avant le corset, la progressive déformation de la colonne oblige les membres inférieurs à s’adapter pour maintenir l’équilibre, ce processus est subitement inversé. L’enfant ne peut garder l’équilibre que s’il modifie de nouveau ses appuis, avec pour conséquence une orientation modifiée de ses hanches, genoux et pieds, et donc une incidence sur la musculature gainant ces articulations. Le « haubanage » s’oriente différemment, il suit le « fluage » vertébral, d’où risques de tensions voire de déformations à plus ou moins long terme au niveau des membres inférieurs, si le « virage » correcteur du corset n’est pas convenablement réalisé. Le port de la tête même est modifié, pour adapter le regard. Tout cela provoque un inévitable chamboulement dans l’équilibre. D’où l’importance d’une rééducation de qualité ne ciblant pas que l’assouplissement, mais également la propioception, voire l’oreille interne si elle est atteinte. Si l’équilibre n’est pas amélioré par la rééducation, le travail d’assouplissement entrepris par exemple ne tiendra pas. Les tensions musculaires et contractures reviendront, étant consécutives à de constantes adaptations (inconscientes) aux postures adoptées spontanément par le sujet durant la journée. Thérapies Manuelles (Ostéopathie, Myothérapie, Thérapie Normotensive).

L’avantage de ces thérapies est qu’elles considèrent le patient dans sa globalité (concept holistique), traquant et traitant les répercussions de la scoliose sur l’ensemble du corps.



Toute manipulation (le thrust) pour soi-disant assouplir la colonne, est rigoureusement interdite car inefficace et dangereuse ! En général aucun jeune de moins de seize ans ne doit être manipulé pour quelque raison que ce soit.

Par contre les manœuvres douces de thérapie manuelle dites « tissulaires » (sur les fascias) sont utiles, bien qu’elles ne suffisent pas à traiter à elles-seules efficacement la scoliose. Quand le corset s’impose par exemple, il ne faut pas tergiverser et le porter ! Si votre Ostéo prétend pouvoir assumer à lui seul la scoliose de votre enfant sans l’aide du corset, ne vous laissez pas convaincre, changez d’Ostéopathe.

La thérapie manuelle par Brachy-Myothérapie est d’un grand intérêt (voir sur internet).

Ma préférence va à la thérapie Normotensive (voir sur internet).

L'électrostimulation externe nocturne

La stimulation électrique se pratique de nuit, du côté convexe de la courbure vertébrale, par électrodes posées sur la peau et reliées à un petit boîtier fournissant un courant de basses fréquences (le muscle se contracte sous son effet).
Indications :
Scolioses évolutives en période de croissance, souples, inférieures à trente degrés.
Problèmes :
- Elle est mal supportée. Le courant n’est pas agréable. De plus, quand on bouge durant le sommeil, les électrodes ont tendance à bouger et envoient de petites décharges fortement désagréables qui réveillent le dormeur en sursaut.
- Son efficacité est largement contestée.

Rééducation
Mon expérience concerne la tranche d’âge onze - seize ans.
Toutes les scolioses dépassant les quinze degrés, celles s’aggravant de un à deux degrés par mois, imposent une rééducation de qualité. La durée de prise en charge s’étale sur plusieurs années, et ne doit surtout pas rater le fameux « couloir stratégique »**. La rééducation s’arrête à la fin de la croissance, le dos nécessitant ensuite les mêmes précautions que pour n’importe qui d’autre (prévention des gestes à risques, lutte contre la sédentarité).
Les enfants souffrant de scoliose ne risquent pas à l’âge adulte de souffrir davantage de leur dos que n’importe qui d’autre s’ils en prennent soin, mettant notamment en pratique tout au long de leur vie les conseils que je prodigue au fil de mes billets dans ce blog.

Les publications scientifiques nous enseignent que malgré les traitements, les scolioses régressant spontanément sont exceptionnelles, et cela toujours en période pré-pubertaire ainsi que seulement pour les moins de 15°. Si ce chiffre est décourageant au niveau national, la raison en est que la plupart du temps la prise en charge est défaillante. Combien d’enfants bénéficient-ils de l’ensemble des contrôles et soins détaillés dans ce billet ?

La rééducation oui, mais sérieusement conduite

Attention aux séances de rééducation bâclées ! Quelques exemples :
- Une séance de gym sans surveillance. Le Kiné doit constamment veiller à ce que les exercices soient correctement réalisés. Trop souvent les exercices sont montrés à l’enfant lors de la première séance, puis les autres fois il est laissé seul sans surveillance.
- Trente inclinaisons du tronc en position assise d’un côté puis de l’autre, avec ensuite un petit massage, est une escroquerie (masser un dos scoliotique ne sert aucunement à l’améliorer. C’est juste un petit plaisir) !
- Une séance ciblant le renforcement des abdos est une absurdité (tel cet exercice : enfant couché sur le dos hanches fléchies, on lui demande de dessiner des lettres en l’air du bout des pieds). En cas de dos plat, si l’idée est d’arrondir le dos en raccourcissant les abdos, tout ce qu’on obtient est un (hypothétique) effacement de la lordose lombaire, ce qui augmente les contraintes lombo-sacrées. Le dos reste plat mais ce méplat se prolonge vers le bas avec surmenage du cou qui se courbe d’avantage pour que le regard reste horizontal. De plus, faire du renforcement abdominal une priorité (crunch, sit up) induit un dangereux déséquilibre musculaire, et augmente les pressions sur le périnée (risques de fuites urinaires chez les sujets fragiles).

Sport
Il faut gainer, harmoniser la musculature dans son ensemble, sans oublier les membres (un tronc musclé avec des membres grêles est une absurdité !). Il faut renforcer les muscles faibles de l’ensemble du corps pour les mettre au niveau de ceux qui sont forts.
Il faut se rappeler également que la force de l’enfant est limitée. Toute recherche de renforcement est illusoire en raison de la forte production énergétique due à la croissance.
Quant aux exercices d’assouplissement, pour être efficaces ils doivent être actifs. Les étirements passifs sont contre-productifs. Il faut faire pratiquer à l’enfant des ERATM (Etirements raisonnés actifs myotendineux. Voir sur internet). S’ils sont accompagnés d’élongations axiales comme je les pratique, et/ou accompagnés d’une thérapie manuelle, l’effet est bien supérieur.
Certains médecins disent qu’il vaut mieux éviter le sport durant la première année du corset. C’est une erreur. Le port d’un corset 18 heures, ou plus souvent 23h sur 24, s’oppose à un fonctionnement normal de la musculature et
contrarie la propioception. C’est dire l’importance du sport pour compenser (notamment les sports à impact et en extension comme basket, volley ball).
Si l’enfant doit impérativement continuer le sport à l’école et durant ses loisirs, il doit éviter les activités à risques de chutes (judo), ou sources de traumatismes fréquents (rugby, foot, accrogym). Activité sportive intensive et sports asymétriques (escrime, tir à l’arc, tennis) qui augmentent les paramorphismes (altérations de la forme), sont vivement déconseillés.

Vincent est le gentil papa d’une petite fille adorable dont je m’occupe. Comme tout papa inquiet il a consulté sur internet presque tout ce qui se rapportait à la scoliose. Il m’a dit savoir que : « Certaines nageuses professionnelles qui ont des scolioses, se sont retrouvées très jeunes en bassin d’abord uniquement à cause de leur scoliose parce que leur médecin le leur préconisait, la passion de la natation étant venue après. Trois heures de dos crawlé par jour ont fait des miracles ! ».Vrai ! Seulement, un entraînement pareil n’est pas à la portée de tout le monde. Il est à noter également que le dos crawlé ne suffit pas, car ce sont les muscles antérieurs du tronc et ceux des épaules qui sont largement privilégiés au détriment des muscles postérieurs (ceux du dos), surtout en cas d’entraînement intensif. Il faut toujours y ajouter à sec un gainage du dos.

Exemples de bons exercices proposés sur ce blog : ceux des 10 septembre 2012, et 23 juin 2013.

La pratique de l’équitation sans excès et hors compétition est utile, car un bon cavalier corrige son assiette. Pratiquant le « trop enlevé », il n’est jamais avachi sur son cheval, il se tient bien droit. La bonne position assise, celle qui soulage les vertèbres lombaires (les reins), n’est-elle pas d’ailleurs celle du cavalier (130° angle tronc-cuisses) ?
La rééducation telle que je la conçois
La scoliose n’est pas un « accident » local, mais résulte d’une accumulation de déséquilibres moteurs, articulaires, et neurologiques. Il faut donc attaquer de front tous ces problèmes. Se présente un véritable « syndrome de déficience posturale ». L’enfant a du mal à se tenir debout, il lutte inefficacement contre la pesanteur.

Problèmes d’équilibre
Il y a atteinte de la propioception, et parfois des problèmes vestibulaires. Des tests simples permettent de les évaluer (Romberg pour la propioception, Fukuda pour le vestibule). Mon premier test simplissime consiste à demander à mon patient de se tenir sur un pied puis sur l’autre, yeux fermés.
Le port de la tête est en rapport avec le système vestibulo-labyrinthique. Une asymétrie de tonus des muscles du cou est quasi systématique chez le scoliotique. La tête est mal positionnée sur son « tuteur-colonne ». Pour garder le regard horizontal, le sujet compense en inclinant très légèrement son cou, ce qui modifie toutes les courbures de sa colonne.

La posturologie s’intéresse au sujet debout, or nous sommes devenus des « homos sedens », assis des heures durant, souvent avachis.
La chaise classique à dossier vertical que l’on trouve partout, notamment à l’école, est une agression pour le dos. La pression sur les vertèbres lombaires est augmentée de 50 % par rapport à la station debout (tests de Nachemson). L’apprentissage du vélo peut même poser problème à cause de ces soucis d’équilibre. Dès que l’équilibre a été amélioré par la rééducation, l’enfant tient sur son vélo.
La marche doit être analysée par le kiné et corrigée devant miroir (le port de la tête aussi). Bien s’asseoir !

La consigne est de s’asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym (Swiss-ball, ballon de Klein), ou sur siège à assise inclinée en avant (assise Mandal). Finie la chaise classique, encore moins le canapé moelleux ! Il s’agit de passer de la station assise passive à la station assise active (voir les billets s’y rapportant sur ce blog).
Malheureusement les sièges des Ecoles, Lycées et Facultés sont des engins de torture pour le dos. Très tôt nos chers bambins apprennent à l’école à mal s’asseoir !!! Etonnez-vous après qu’ils en gardent l’habitude ! Sur un siège classique à dossier vertical, il faut s’asseoir sur le bord de l’assise.
L’usage d’un coussin ferme triangulaire de cinq centimètres d’épaisseur placé sur l’assise, pointe du triangle en avant, permet d’obtenir une légère extension des hanches. Il est donc recommandé aux porteurs de corset. L’adaptation de la station assise à l’école étant un problème, le kiné ne doit pas hésiter à donner ses directives par écrit au professeur principal. Comme réclamer un siège plus bas.

Debout, l’appui au sol doit être analysé (enregistrement stabilomoteur chez un podologue), avec prescription éventuelle de semelles propioceptives, bien qu’il ne faille pas en attendre de miracles. Prises isolément elles ont peu d’effet sur le dos mais s’intègrent logiquement dans un programme global de reconstruction posturale.
- Nota : Tout enfant scoliotique doit perdre l’habitude de croiser les jambes en position assise. Cela entraîne une bascule du bassin, et le dos s’incurve pour compenser. C’est pour tout le monde de toute façon une mauvaise habitude à combattre.

La vue
Les capteurs et effecteurs oculaires sont souvent atteints. Le capteur propioceptif visuel comprend douze muscles oculomoteurs qui ne remplissent pas toujours correctement leur rôle dans leur contribution à l’équilibre général du corps.
Solutions :
- Port de lunettes prismées, prescrites par un Optométriste si nécessaire. Tout enfant scoliotique devrait consulter un Optométriste.
- Une rééducation orthoptique.

La mâchoire
Musculatures de la mâchoire et du cou sont dépendantes l’une de l’autre. Il faut rechercher un éventuel SADAM ( syndrôme algodysfonctionnel de l’appareil manducateur) par « clichés dynamiques bouche ouvert – bouche fermée ». Prescrit par un Orthodontiste, le port d’une gouttière dentaire nocturne peut s’avérer nécessaire.

Le viscéral
Une lésion du contenu abdominal agit sur la mécanique de l’abdomen, et se répercute sur la mécanique générale du corps. Il n’est qu’à donner l’exemple de la femme enceinte chez laquelle dès le septième mois, la masse fœtale tire les vertèbres lombaires en avant, parfois jusqu’à une ptose de la zone sus-pubienne. Une hypertension abdominale unilatérale favorise une attitude scoliotique.

Thérapie normotensive
Le terme « normotensive », procède de la contraction de deux mots : normalisation et tensions (neuromusculaires). Elle prend en compte l’ensemble du corps et traite le syndrome de déficience posturale.

Cette thérapie manuelle est basée sur : le toucher déclenchant (triggering touch), le toucher détenseur (relaxing touch), et un traitement original des « trigger points » (voir billet sur ce blog). Elle traite les dysfonctions de l’appareil locomoteur et viscérales.
Nota :
Des contractures des muscles paravertébraux sont observées cliniquement dans le cas de la scoliose, un problème vestibulaire ou propioceptif du système oculomoteur, les favorisant. Il faut donc rééduquer le problème vestibulaire ou propioceptif.

Acupuncture
Elle est une des branches de la Médecine Chinoise, et affirme réguler l’énergie du corps en agissant sur certains points clés par aiguilles et autres modalités. Je pratique l’électropuncture à l’aide d’un « mini-acusonic » et d’un laser (pour les plus jeunes ou les plus sensibles au courant), la croissance étant une période de flambée énergétique tout autant que de flambées hormonale et scoliotique.
Les points d’acupuncture sont des points de moindre résistance électrique. Les appareils d’électropuncture repèrent ces points dits « électrodermiques », et envoient de petites impulsions correctrices. La longueur d’ondes d’un laser à Infra-Rouges (685-785 nm), permet une pénétration à travers la couche cutanée jusqu’à trois à quatre centimètre de profondeur. Le laser peut donc remplacer l’aiguille.
Certains chercheurs émettent l’hypothèse d’une transmission de l’information acupuncturale à travers le réseau des fibres conjonctives. Points clé : 62 V (thalamus-ouvre), 3 IG (tonique général), RP 5 (thalamus). Stimulation par balayage laser du méridien curieux Chong Mai (qui contrôle l’énergie de tout le corps), points sur Du Mai (Roé Jenn Mai + VB + R).
En auriculothérapie : 0’, L8, T2, W’’ + point thalamique.

Exercices de rééducation
- Sur planche oscillante corporelle (sur ce blog, exemple d’exercice au 27 décembre 2012),
- Sur swiss-ball (exemples : billets des 23.06.3013 et 28 avril 2013 sur ce blog),
- En bassin chauffé.
- Quelques exercices à domicile.
Privilégier gainage et équilibre (exercices pratiqués de préférence yeux fermés, Ex : « l’arbre » en yoga, yeux fermés).

Elongations Mes jeunes patient(e)s bénéficient d’élongations douces **** dont les modalités sont décrites dans ce blog, la plus efficace étant sans conteste « l’élongation active axiale en bassin chauffé » de mon invention (billet du 13 octobre 2013).

Conclusion :
Parents, exigez des soins de qualité pour vos petits anges, leur avenir en dépend !!!

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  • Ce qui veut dire : « dont on ne connaît pas la cause », bien qu’on soupçonne fortement une cause génétique. Dans 85 % des cas ce sont des filles qui ont des scolioses. Ce qui suscite une question : le gène « X » sexuel est-il impliqué ? De plus la maman ou la grand-mère de l’enfant atteint de scoliose est fréquemment aussi scoliotique.


** Entre onze et treize ans d’âge osseux chez la fille, entre treize et quinze ans chez le garçon. Toute scoliose qui augmente de plus de 1° par mois dans cette période est dite « maligne ».

*** L’os iliaque est l’os plat latéral du bassin, dont l’ossification de la crête est prise en compte pour définir les phases de la croissance. A Risser 5, la croissance est terminée.

**** Les tractions vertébrales sont interdites aussi bien pour les enfants que pour les adultes, car si on « vous tire dessus », le corps réagit heureusement par des contractions musculaires pour éviter l’arrachement (stretch reflexe).

mercredi 10 septembre 2014

La recherche d'un bon équilibre est l'un des principes fondamentaux de la rééducation !

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Photo : Claude Geffroy

jeudi 4 septembre 2014

Mal de dos chronique, l’absolue nécessité de traiter les « Trigger points »

La plupart des zones du système nerveux central sont impliquées dans le processus des douleurs, quelles qu’elles soient, et ne lui sont pas spécifiques, répondant à d’autres stimulations. Ainsi n’est-il jamais aisé de définir la cause exacte d’une douleur.
En ce qui concerne le mal de dos chronique commun, la véritable cause n’est connue que dans 5 % des cas. Par ailleurs il a été démontré que le psychique est autant affecté que le physique. Alors comment oser prétendre savoir le soigner efficacement ? Pas un mois cependant sans qu’un magazine de la presse grand public ne publie un article ventant des méthodes novatrices, ou beaucoup moins comme Ostéopathie et Chiropraxie, qui sont des médecines manuelles centenaires. Ces dernières donnent d’excellents résultats sur le court terme, et ont le tort d’avoir pour effet pervers de rendre le patient traité chronique et dépendant *.

En matière de méthode soi-disant novatrice, révolutionnaire, il y a eu dernièrement le traitement par « pace-maker lombaire » qui a fait l’objet d’un précédent billet dans ce blog. Pourquoi traité-je cette méthode de « soi-disant novatrice » ? Parce qu’il existe déjà depuis longtemps la « stimulation cordonale », la différence étant dans les zones stimulées électriquement. Dans le pace-maker lombaire on stimule la musculature, dans la stimulation cordonale, la périphérie de la moelle épinière.

Hélas les chiffres sont là, constants, troublants, au lieu de diminuer, ce mal a tendance à augmenter d’année en année. Il est la première cause mondiale d’arrêt de travail.

Trigger points (points gâchette), explication.

C’est la lecture d’un article dans Rhumatologie Pratique, la revue des médecins Rhumatologues, « Traitement des lombalgies chroniques : aurions-nous tout faux ? » D.-J.B. Septembre 2012 : N° 296, qui a agi en moi comme un déclic.
Il disait :
« …/… Les lombalgies sont liées en grande partie à l’incapacité des muscles de se relaxer, tout en permettant une hyperactivité des autres muscles du tronc parfois hypertrophiés de ce fait. ». De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qui est constamment dur, contracté, chez celui qui souffre de manière chronique du dos ? Que ce soit du bas ou du haut d’ailleurs. Cette sensation gênante fait parfois dire au patient : « la douleur aiguë n’est plus là, je vais beaucoup mieux. Je bouge normalement, mais je sens bien qu’il reste de petits points de tension dans mes muscles là où j’ai eu très mal. Et si je fais un « aux mouvement », un mouvement un peu brusque, je sais que je vais me bloquer de nouveau ! ».

Les « Trigger points » ou en Français « points gâchette », sont des sortes de tout petits nœuds durs, permanents, présents dans la musculature. Travell les a évoqués dans les années 50, et a cartographié tout le corps (voir sur Internet), avec quelques oublis néanmoins, il en existe une flopée. Quand on appuie sur ces points douloureux, on provoque l’irradiation ressentie lors des crises, ou parfois de longs trajets douloureux incompréhensibles. Ainsi, en appuyant sur le trapèze (muscle en relief entre cou et épaules), peut-on parfois susciter un fulgurant trajet douloureux ascendant, soit jusque au dessus de l’œil, soit jusque sur le bord latéral de la mâchoire du même côté, soit descendant vers le milieu du dos.

Il existe des théories pour les expliquer mais aucune certitude, et sans traitement approprié la personne en a de plus en plus. Elle ne « s’en sort pas ! ».

Très peu de professionnels de santé font de leur éradication, une priorité absolue.

Il existe des méthodes aux résultats inconstants :

- On peut masser fortement le point (avec le doigt ou un petit objet dur non traumatisant pour les tissus).
- En Ostéopathie on pratique la « mise en aisance ».
- On peut traiter par un froid intense localisé (cryothérapie).
- Faire du « dry needling », en piquant avec une aiguille d’acupuncture à usage unique.
- Le médecin peut pratiquer une infiltration.

Critique :
Le massage n’est efficace que s’il obéit à un protocole précis, tel que décrit ci-après. En Ostéopathie, le massage du point relève de la caresse. Insuffisant ! Piquer comme infiltrer, ont un effet positif, mais tout transitoire (quelques jours).

Traitement normotensif des Trigger points.

Voilà ma méthode.

Le thérapeute et le patient repèrent ensemble les points par pression très forte. Il est évident que lorsqu’on appuie fort quelque part sur le corps cela fait toujours mal, mais dès qu’on est sur un « trigger », c’est « exquis », fulgurant. On ne confond jamais !
En général, on en trouve une douzaine, ou plus. Sachant qu’il faudra les traiter tous. Chaque point nécessite environ une minute de traitement.

- Pour la zone lombaire, le sujet est en ventral, la jambe du côté à traiter en dehors de la table, reposant sur le genou du thérapeute qui est assis à côté (position de détente des muscles pelvitrochantériens).
- Pour le cou, l’épaule, le sujet est assis devant son thérapeute, lui-même assis.
- Pour les points de membre inférieur : position assise du patient en bord de table, pied ne touchant pas le sol.
- Pour le membre supérieur : sujet assis, détendu.

Le sujet doit se détendre en soufflant bien durant la séance bien que la pression soit très forte, très douloureuse, et de préférence légèrement vibrée (toucher déclenchant).

Le « test d’aggravation ».

S’il traite les lombaires, le thérapeute appuie très fort sur le point, et demande au patient si le point lui fait plus mal en flexion, ou en extension de hanche. Le thérapeute positionne ensuite le segment cuisse dans le sens où la douleur est la moins forte, et pose le genou du patient sur ses cuisses.
Pour le cou et la zone entre les omoplates, le patient tourne le tronc d’un côté puis de l’autre.
Pour les membres, l’articulation la plus proche est bougée en flexion-extension, et rotation (si l’articulation le permet). Tirer aussi en rotation axiale sur les segments de membres.

La « voie de passage ».

Patient détendu, il se laisse entièrement faire, ne contracte pas ses muscles, c’est le thérapeute qui la recherche.
Le thérapeute appuie très fortement sur le point en cherchant le positionnement qui permet un perception bien précise : sous le doigt, le Trigger s’amollit soudainement, il devient moins dur. Dès que l’opérateur à trouvé « sa voie », il y reste, ne change plus la position.

- Au niveau lombaire, avec la main qui n’appuie pas sur le Trigger, l’opérateur tire l’aile iliaque (l’os latéral du bassin) vers le bas et en dehors.
- Pour la zone dorsale (zone des omoplates, à partir de la première vertèbre dorsale), il joue sur de très légères rotations du tronc.
- Pour les Trigger du cou (segment supérieur), le thérapeute, toujours derrière son patient, appuie sur les deux côtés du cou en même temps, en légère traction de la tête (en la tirant ver le haut) sans jamais aucune rotation axiale.
- Pour les membres il tourne le segment de membre concerné sur son axe longitudinal.

L’«effet motte de beurre ».

Soudain, après une minute environ, le point ne fait plus mal du tout, et le doigt du thérapeute s’enfonce un peu comme dans du beurre, sur un ou deux millimètres, pas plus.

Nombre des séances :

Deux fois par semaine au début, puis une fois. Les bienfaits sont ressentis dès la première ou la deuxième séance. Ensuite, il faudra peut-être dix, vingt, trente séances. Mais comme le traitement est sans risque, on peut le renouveler à volonté, et le patient trouve lui même souvent entre deux séances, de nouveaux points à traiter.

Conclusion :

Il est évident que pour soigner un mal de dos chronique, ce traitement à lui seul ne suffit pas. Les livres que j’ai écrit sur le sujet, ainsi que de nombreux billets sur ce blog, en témoignent, et vous donneront l’indispensable complément d’informations. Seulement il doit être systématiquement entrepris, à chaque séance, et donne des résultats remarquables.

  • Estrade J-L. Mais qu’est-ce qui marche dans les sciatiques ? Kinésithérapie Rev. 2007 ; (72) : 4-14.

mardi 19 août 2014

un bon siège, c'est important

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photo : Hellen van Meene

mardi 22 juillet 2014

Rééducation en Rhumatologie

(suite du billet : Rééducation gériatrique)

La plupart du temps non seulement les médicaments ne guérissent pas, mais ils apportent un lot impressionnant d’atteintes bien plus graves, cardio-respiratoires, ou digestives. Souvenons-nous du Vioxx, qu’on a interdit après quelques accidents gravissimes !
Ainsi ostéopathie, kinésithérapie, ergothérapie, cures thermales, occupent-elles une place essentielle dans la prise en charge de ces pathologies.
Il y a d’un côté les atteintes ostéoarticulaires dégénératives qui concernent l’usure prématurée et le vieillissement, de l’autre les affections inflammatoires dont les principales sont la PR (polyarthrite rhumatoïde), et la SPA (spondylarthrite ankylosante).

En France, la première cause de ce type de consultation est le dos (j’ai écrit plusieurs billets sur le sujet, ainsi que des livres. Les consulter), la deuxième l’épaule douloureuse simple. L’arthrose est devenue le problème de santé «number one», en occident.
Nota : Les cellules graisseuses produisent certaines protéines (adipocitokines) qui favorisent l’arthrose ou déclenchent aisément une crise articulaire aiguë. C’est pourquoi les personnes en surpoids chronique peuvent souffrir sans autre raison (faux mouvement, portage de charges lourdes).

Coxarthrose :

La coxarthrose est une affections articulaire destructrice fréquente au grand âge, et conduisant à la prothèse (PTH). L’obésité a peu d’impact sur cette maladie mais influe sur la gonarthrose (arthrose du genou). Il faut noter les atouts de la voie chirurgicale mini-invasive, avec abord musculaire limité, qui permet d’éviter les risques de luxation.
Le traitement kiné débute par un enseignement des gestes luxants à éviter. Il faut autonomiser le patient le plus vite possible. Sont pratiqués : exercices visant au renforcement du quadriceps (muscle du devant de la cuisse) et des stabilisateurs de hanche (moyen fessier), réapprentisssage à la marche, exercices en piscine. Il faut également renforcer l’équilibre.

Gonarthrose :

L’arthroplastie de genou (PTG), nécessite une mobilisation précoce de la rotule, une récupération toute aussi précoce des amplitudes articulaires en même temps que de la fonction. C’est à dire une flexion à 90°, et une extension complète sans flessum (le genou ne parvient pas à se tendre complètement). Il faut aussi obtenir un bon verrouillage du genou, lutter contre les troubles thrombo-emboliques (phlébite), éviter la boiterie à la marche, ainsi que les déficits musculaires, articulaires et fonctionnels.
L’arthrose de la main quant à elle nécessite souvent, en période de poussée, le port d’une orthèse de repos. Pour plus d’infos sur ces pathologies, ainsi que sur les affections inflammatoires, se référer à mon livre : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »



L’épaule douloureuse simple : généralités.

Neuf fois sur dix, il s’agit d’une lésion de la coiffe des rotateurs (les tendons des muscles qui font bouger l’épaule). Trop souvent le médecin diagnostique fièrement d’emblée une tendinite du biceps, alors que ce n’est qu’un simple symptôme présent dans quatre vingt dix pour cent des cas. En cas de tendinopathies de la coiffe, le problème relève d’un défaut de cinématique (mouvements). La tête de l’humérus (l’os du bras) n’est pas bien centrée dans sa cavité articulaire. Il sera donc inutile de « papouiller, massoter, ultrasoner » si on ne tente pas de faire en sorte qu’elle se repositionne bien.

Aucune méthode rééducative n’a démontré son efficacité par rapport aux autres, mais il y a des principes généraux. Le MK (Masseur-Kiné) doit traiter cou et omoplates. Il importe d’atténuer la douleur en récupérant une meilleure fonctionnalité de l’épaule. Cela se pratique en travaillant la « cinématique » de celle-ci, à sec et/ou en bassin. Il s’agit d’exploiter les capacités fonctionnelles restantes par des mobilisations appropriées, des exercices gymniques et respiratoires. Il faut également corriger les gestes à risques (recherche des voies de passage). Un massage décontracturant est agréablement perçu par le patient, souvent réclamé, mais insuffisant. Le froid (cryothérapie) est un autre grand classique. Une séance d’une demi-heure est un minimum.

En cas d’épaule gelée (quand elle est bloquée et que la plupart des mouvements deviennent difficiles ou impossibles), la rééducation use en plus d’étirements localisés ( manœuvres de Mennel ou normotensives).

La rééducation sur tendinite : généralités.

Les tendinopathies (tendinites) ne sont pas l’apanage exclusif du sportif, loin s’en faut.
D’une manière générale et après un période de mise au repos, le traitement rééducatif comprend un travail musculaire de type Stanish (pour en savoir plus : internet), une rééducation sensori-motrice (propioceptive), un réajustement des équilibres musculaires, ainsi que des techniques visant à faciliter la cicatrisation ou à diminuer la douleur. Les ultrasons sont peu efficaces (étude randomisée conduite par AP D’Vaz et al - Cambridge - par rapport aux AINS, de l’infiltration ou du placebo.)

prochain billet : Rééducation de l’urgence

dimanche 29 juin 2014

Rééducation gériatrique

(suite du billet : Rééducation en Pédiatrie)

Qu’il s’agisse de rhumatismes, de séquelles d’AVC (accident vasculaire cérébral), de maladie de Parkinson (consulter le billet précédent : «Rééducation en neurologie»), le vieillissement est générateur d’un cortège impressionnant de maux et de déficiences aussi divers qu’affligeants. Quels sont-ils ces pépins de santé ? Désadaptation à l’effort, perte d’autonomie sous la forme d’une incapacité à la déambulation, membre(s) supérieur peu ou non fonctionnel, difficultés voire incapacité à l’habillage, à la toilette, dépression.

Ce qui prime, parmi les objectifs masso-kinésithérapiques, c’est l’amélioration de l’équilibre, assis et debout. Il faut ensuite s’intéresser à l’augmentation ou au maintien du périmètre de marche, travail des transferts tels que passages assis-debout et debout-assis, gain d’amplitudes articulaires (notamment les chevilles pour une meilleure adaptation posturale, pour l’équilibre, ainsi que pour une diminution des risques de chutes).

De l’intérêt de la canne :

L’utilisation d’une canne est indiquée dans le cas d’une incapacité à tenir l’équilibre sur un pied pendant plus de dix secondes. L’impossibilité de réaliser cet exercice correctement des deux côtés durant le même laps de temps implique l’utilisation d’une canne anglaise. Dès que le risque de chute est important, il faut avoir recours au déambulateur.

Prochain billet : rééducation en Rhumatologie.

dimanche 25 mai 2014

Rééducation en Pédiatrie

(suite du billet : Rééducation en neurologie)

Quand un genou fait mal, ou si l’enfant marche avec «les pieds en dedans», il faut avant tout examiner la hanche. C’est souvent elle la fautive. Le genou n’étant qu’un valet soumis à deux maîtres : hanche et pied (Dr Dolto). Une boiterie doit conduire à un examen de tout le membre inférieur, bassin et dos, en prenant en compte le fait qu’une inégalité de longueur des membres inférieurs (trois centimètres voire plus), n’en est jamais responsable. Des jambes arquées avant l’âge de deux ans, ou ensuite au contraire des genoux en X jusqu’à l’âge de dix ans, c’est banal. Non pathologique.

Un pied plat est quasi normal, un pied creux par contre, fait craindre une maladie neurologique. Rééducateurs avides de multiplier des actes inutiles mais rémunérateurs, passez votre chemin !

La kinésithérapie respiratoire du tout petit vise à assurer un désencombrement bronchique et une meilleure ventilation alvéolaire, car avant deux ans ses efforts sont souvent aléatoires, plus encore quand il a du mal à se retourner dans son lit. En conséquence il faut l’aider à tousser utile. Cette rééducation est pratiquée depuis longtemps en un plan annuel national bien rôdé : le plan bronchiolite. Les mains des kinés est l’élément déterminant de la prise en charge de ces enfants. Elles caressent, massent, mobilisent, soulagent, rassurent. Quelques accessoires facilitent le désencombrement des voies aériennes supérieures : kleenex et sérum physiologique, mouche bébé, sonde d’aspiration avec aspirateur portatif. L’éducation des parents au drainage rhinopharyngé laisse encore à désirer, pourtant, s’il était correctement pratiqué, la société ferait l’économie de bien des hospitalisations abusives. Beaucoup de parents se présentent aux urgences pédiatriques avec un enfant encombré tout simplement parc qu’il n’a pas été correctement mouché, et le médecin peut être tenté « d’ouvrir le parapluie » en l’hospitalisant de manière abusive.

En novembre 2006, la revue médicale «Prescrire» jetait un premier pavé dans la mare en écrivant : «Bronchiolite, pas de kinésithérapie systématique. Absence d’efficacité démontrée, mais risque de fractures de côtes». Pour plus d’informations, consulter la rubrique : billets censurés.

Prochain billet : rééducation en gériatrie.

jeudi 15 mai 2014

Rééducation en neurologie

( suite du billet : Rééducation en gynécologie-obstétrique )

Dans ce secteur, les pathologies sont classées en deux groupes. A savoir les atteintes périphériques, celles du nerf ou neurone périphérique (polio, polynévrites), et les affections centrales pour la moelle et le cerveau (Hémiplégie, Parkinson, sclérose en plaques, infirmité motrice cérébrale, paraplégie et tétraplégie, ces dernières pathologies relevant le plus souvent d’une atteinte traumatique). La SEP (sclérose en plaques) est une affection dans laquelle la gaine isolante entourant les nerfs est détruite. Certains mouvements deviennent difficiles à exécuter, incoordonnés.

Si la rééducation des affections périphériques peut relever de modalités assez classiques (prévention de l’enraidissement articulaire et des attitudes vicieuses, massages, récupération progressive de la force musculaire, travail global à sec ou en piscine), dans le cas des atteintes centrales le MK (Masseur-Kiné) se doit de pratiquer certaines techniques portant le nom de leur inventeur. Il s’agit principalement des méthodes Kabat, Bobath, Perfetti, Brunnstrom, Carr et Shepherd. Le MK lambda se contentant de mettre en pratique ses connaissances scolaires, ne sera tout simplement pas à la hauteur. Passez votre chemin !
La rééducation tient ici une place majeure et il n’est pas question de s’occuper de plusieurs patients en même temps, ou d’y passer dix minutes. Le projet thérapeutique implique une prise en charge préventive ou curative axée sur les limitations articulaires, fonctions respiratoire et motrice, marche, équilibre (contrôle des chutes). De plus, bon nombre de malades sont profondément atteints psychiquement, il n’est pas question d’ignorer ce problème en se disant : « Je n’ai pas le temps, laissons cela au psy !»
L’ergothérapeute de son côté, a une place primordiale, et s’occupera des fonctions cognitives (intellect).

Para et tétraplégies :
La paraplégie est la paralysie partielle ou complète des membres inférieurs, éventuellement du tronc. La tétraplégie étant la paralysie des quatre membres, elle aussi partielle ou complète. En période d’alitement ou de consolidation osseuse, le sujet se trouve cocooné par une équipe chirurgicale et médicale spécialisée qui suit un protocole rigoureux, bien codifié. Les manquements aux règles, les négligences, sont rares du fait de la multiplicité des systèmes de contrôle. Si un soin est bâclé, si un bras, une jambe s’enraidit en mauvaise position par exemple, si une escarre apparaît (blessure par compression sur une zone d’appui, et qui peut devenir très profonde quand la personne alitée n’a pas été régulièrement positionnée), l’un quelconque des participants de l’équipe s’en rendra rapidement compte, et interviendra.
A la sortie de ces services pointus, compétents, le blessé médullaire a tout appris de ce qui est nécessaire à l’optimisation de son autonomie. La mobilisation passive des articulations du niveau sous-lésionnel (en dessous de l’atteinte nerveuse), ainsi qu’une verticalisation régulière sur «stand up» ou plan incliné (on remet le sujet progressivement debout) afin d’éviter les troubles thrombo-emboliques, sont ensuite poursuivies en ambulatoire dans un cabinet, ou dans un centre paramédical.


Maladie de Parkinson :
La maladie de Parkinson se caractérise par trois symptômes qui sont, tremblements de repos, rigidité, et raréfaction des mouvements. Appuyé par de solides bilans, l’objectif rééducatif est de conserver l’autonomie par des mouvements actifs et passifs de toutes les articulations du corps, des exercices d’équilibration, précédés de massages afin d’atténuer les douleurs. Le contexte psychique, là aussi est en général assez lourd. Il faut en tenir compte. En 2011, j’ai contribué à un ouvrage collectif en langue anglaise, où je propose un type de rééducation neuve et originale, consultable sur ce blog.


Hémiplégie :
C’est une affection neuro-motrice concernant la moitié du corps (visage, tronc et membres d’un même côté), dont l’origine est une atteinte cérébrale. Sa cause la plus fréquente est un accident vasculaire cérébral. Les troubles associés sont ceux de la parole, perception visuelle, sensibilité, l’intellect. Après les soins d’urgence, il s’agit de trouver la méthode rééducative la mieux adaptée. C’est là que ça se corse car les kinés ne savent plus à quel saint se vouer. Après sainte «Bobath» mise à bas de sa stèle après des décennies d’adoration, voilà que débarquent saints «Perfetti », «Brunnstrôm», «Carr et Shepherd», qui lui sont préférés.
La rééducation de l’hémiplégique est sans doute la plus complexe qui soit. D’où nécessité de faire un bilan complet, et ensuite de passer beaucoup de temps avec son patient qui est parfois long à la détente, ainsi que réceptif à certaines heures de la journée seulement.
Outre le kiné, il y a les ergothérapeutes qui interviennent, s’occupant des fonctions cognitives (intellect), de la récupération du membre supérieur, ainsi que psychomotriciens et AMT (aides médico-techniques).


Arnaques rééducatives
L’une de mes patientes la quarantaine, cadre de santé dans un service de rhumatologie en clinique, souffre d’un syndrome cérébelleux entraînant de sérieux troubles de l’équilibre. Avant d’être hospitalisée dans mon hôpital, elle a bénéficié de soins chez un kiné de ville qui se contentait de lui demander de monter sur une petite planche à bascule (plateau de Freeman), et de tenir l’équilibre pendant vingt minutes, sans surveillance. C’est tout ! Dans ce cabinet, le «turn over» est de dix clients, toutes les vint minutes. Bien que trente séances lui aient été prescrites, elle arrête au bout de dix, parce que : «ça ne lui fait rien». Quand cette malade a découvert en quoi consistait une séance «normale», croyez-vous qu’elle en ait voulu au MK escroc ? Que nenni ! Rares sont ceux qui s’insurgent. Ils subissent sans état d’âme leur thérapeutique bâclée. L’arnaque est en dehors de leur champ de conscience. La plupart du temps, plus leur pathologie est grave, plus ils se sentent dépendants, moins ils ont d’exigences. Pourquoi ? L’une des raisons sans doute est que leur sens critique est émoussé. S’ils se mettent à désespérer du « magnifique » système de santé à la française, le «meilleur du monde», ils sont perdus, il n’y a plus d’espoir. Une autre raison est qu’ils mobilisent toutes leurs forces contre la maladie. Ils n’en ont plus pour se défendre contre le système qui les gère. Leur pathologie occupe tout leur espace, ils ne peuvent tout simplement pas tout gérer.


Dernier exemple détestable : traiter une scoliose effondrée chez une personne de cinquante ans atteinte d’une SEP depuis l’âge de onze ans, par l’application de «quatre électrodes» sur le dos (comme si le courant pouvait régénérer les nerfs !) pendant un quart d’heure, trois fois par semaine ! Il ne faut certes pas fatiguer ces personnes sous peine de déclencher une crise, mais de là à bâcler…

Prochain billet : rééducation en Pédiatrie.

samedi 3 mai 2014

Billet d’humeur : arthrose et douleurs

Vous avez mal au dos, votre médecin vous fait passer quantité de radios, scanner et IRM, avant de conclure comme s’il avait fait la découverte du siècle : « Pas étonnant que vous ayez mal. Vous souffrez d’arthrose ! ».
Suffit les fadaises !
Il est largement démontré que le mal n’est jamais proportionnel au tableau radio *. Certains patients sont remplis d’arthrose et ne souffrent pas pour autant, d’autres n’en ont pas ou peu, et souffrent beaucoup. C’est la clinique qui conclut, pas la radio !!!

La radio donne seulement l’âge de la colonne !

Nous pouvons en effet avoir une colonne plus vieille que nous. Dans ce cas il faudra la ménager d’autant. Ce n’est pas grave, d’autant que c’est le déconditionnement à l’effort qui fait souffrir. Et la peur de se bloquer en faisant un « faux mouvement » en est souvent la cause.
J’ai amplement traité le sujet dans mes livres. N’hésitez pas à vous y référer !

  • Arthrose lombaire et lombalgie. Jean Pierre Valat, Sylvie Rozenberg. Revue du rhumatisme, monographies. Février 2011. Vol.78 – N°1 P.19

samedi 19 avril 2014

SCOOP : un « pacemaker » pour soigner le mal de dos ?

Le jeudi 27 mars 2014, une bonne partie de la presse s’emballait d’un coup. L’Express titrait : « Le mal de dos a-t-il trouvé sa solution ? », Le Parisien publiait un article sur deux pleines pages, dans le même esprit.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’électrodes implantées directement dans le corps, de part et d’autre de la colonne vertébrale, et reliées à un stimulateur également implanté qui génère des impulsions électriques.

Déjà une critique : les patients souffrant de la maladie de Parkinson et ayant des électrodes implantées dans le cerveau, sont par moment et brusquement agités de mouvements incontrôlables. La maîtrise d’un stimulateur électrique n’est jamais parfaite, et qui dit que les électrodes mises à demeure ne vont pas bouger, ou même à la longue provoquer des brûlures ?

La société qui commercialise a fait des tests sur 26 personnes, avec au total une vraie amélioration. C’est nettement insuffisant pour crier « cocorico ! » comme elle le fait.

L’article du Parisien précise : « Un implant destiné à des patients âgés de 45 à 55 ans qui ont tout essayé », et juste en dessous, il y a le témoignage avec photo d’un jeune de 28 ans qui souffre de lombalgie chronique invalidante, lequel : « Retrouve espoir avec cette découverte ! ». L’implant serait destiné à des personnes de 45 à 55 ans (on se demande pourquoi cette limitation), et le seul témoignage est celui d’un jeune de 28 ans.

Cherchez l’erreur !

Il est précisé que l’action qui bloque la douleur utilise un circuit nerveux allant au cerveau. On connaît bien ce système qui s’appelle le « Gate Contrôl ». Le courant électrique bloque le message douloureux, hélas, provisoirement, le patient n’est pas guéri pour autant. Les « consultations de la Douleur » proposent depuis des décennies à leurs patients des TENS. Les patients collent sur leur dos des électrodes reliées à un stimulateur basses fréquences, externe celui-ci (mais assez semblable à l’implant). Ainsi, durant plusieurs heures, la douleur est « effacée ».

Il est vrai que lorsqu’on souffre de façon chronique, le thalamus, qui gère douleurs, mouvements et postures, dysfonctionne. Ce n’est malheureusement pas en usant d’un appareil électrique qu’on peut le rééduquer. Ensuite, la stimulation électrique ne résout que « l’équation douleur » - et encore tout provisoirement -, mais en aucun cas NE SOIGNE le mal de dos.

Il est dit « le patient n’est pas obligé de garder le dispositif à vie. Une fois la douleur partie, ils peuvent le faire enlever ! » Formidable ! Mais comment enlever définitivement la douleur ? Uniquement en traitant la vraie CAUSE, alors qu’on ne la connaît pas !!! Car il est démontré qu’on ne connaît la vraie cause des lombalgies communes que dans 5 % des cas.

Pour bien soigner, un diagnostic indiscutable s’impose.

Quand on sait par ailleurs que chez le sujet chronique, il y a toujours une implication psychologique, cela signifie que « se surajoute un problème mental à un problème physique ».

Je pense malgré ces réserves, que le « pace maker lombaire», a sa place pleine et entière dans la boîte à outils des traitements des maux de dos. Seulement, de là à prétendre qu’avec lui : « Le mal de dos a trouvé sa solution ! », il y a pour le moins excès d’enthousiasme.

Messieurs les journalistes, s’il vous plaît, arrêtez de vouloir faire à tout prix dans le spectaculaire, en abusant de titres aguicheurs !

J’ai abordé le « casse tête du mal de dos » dans plusieurs livres, en livrant quelques solutions simples. Mais on n’est pas au bout. Il faudra encore longtemps avant de trouver une solution définitive satisfaisante.

samedi 12 avril 2014

Rééducation en gynécologie-obstétrique

(suite du billet : Rééducation à visée esthétique (cellulite, soins post-opératoires). )

Fuites urinaires :

La rééducation uro-gynécologique est largement pratiquée du fait que bon nombre de femmes souffrent de fuites urinaires (des hommes aussi, principalement après intervention sur cancer de la prostate), cependant le MK (Masseur-Kiné) ne doit pas se contenter du biofeedback, c’est à dire de mettre dans l’orifice, le vagin ou l’anus, une sonde reliée à un appareil à composants électroniques, permettant de visualiser grâce à des diodes lumineuses, ou une émission sonore, la contractilité des muscles du périnée. Il doit également prendre en compte la statique de l’ensemble du caisson abdomino-lombo-pelvien à pression variable qu’est le bassin. Il faut prendre en compte non seulement les capacités de soutènement du petit bassin, mais celles du ventre et du dos. A vouloir tonifier à tout crin le releveur de l’anus, tout ce qu’on obtient c’est une dyspareunie (douleurs aux rapports sexuels). Bravo ! Seul le faisceau pubo-rectal peut être considéré comme un élément éducable, or il est minuscule, et ne peut prétendre à lui seul jouer le rôle d’Atlas soutenant la voûte céleste ! Il faut reconnaître que 90 % des MK négligent totalement cette phase primordiale de la rééducation, parce qu’ils ignorent tout des concepts des chaînes musculaires, et s’y entendent encore moins en matière de thérapies manuelles. Du coup, le résultat est décevant. Pourtant personne ne proteste. La rééducation est bâclée mais ne génère pas l’indignation.

Le docteur Maigne avait démontré voilà plusieurs décennies qu’on réduisant l’hyperlordose lombaire (creux des reins exagéré), on pouvait diminuer de 40% le taux des fuites. Pourquoi ? Parce qu’en position debout, les pressions subies par le périnée, du fait de la pesanteur et de la charge abdominale, se reportent normalement en arrière vers le coccyx, or quand la lordose est très marquée c’est plus en avant, au niveau de la filière uro-génitale, que les contraintes se déportent, d’où risques augmentés de fuites.

A l’origine, le biofeedback permettait l’analyse en mesure électrique des ondes cérébrales alpha, c’est le principe de l’EEG (Electroencéphalogramme), puis il y eut l’EMG (Electromyogramme) ou analyse électrique de l’état de tension musculaire, qui est intervenu en complément des méthodes traditionnelles de relaxation (Schultz, Jacobson, sophrologie, yoga).

En cas de grossesse :

Quand la femme enceinte a mal au dos, bon nombre de pratiques de physiothérapie sont interdites telles que l’utilisation de courants antalgiques de haute (ultrasons) et moyenne fréquence, mais il est possible d’utiliser la chaleur sèche ou humide, le massage, les neurostimulateurs de basses fréquences, de faire pratiquer la balnéothérapie, d’avoir recours aux thérapies manuelles non agressives, ainsi qu’à l’acuponcture.

Prochain billet : rééducation en neurologie.

mercredi 26 mars 2014

le jour se lève sur le Sacré Coeur

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(photo : JCK)

samedi 15 mars 2014

Rééducation à visée esthétique (cellulite, soins post-opératoires).

(suite du billet Rééducation cardio-pulmonaire)

Pendant des siècles manger à sa faim a été une priorité absolue. Désormais on ne subit plus son régime alimentaire, on le choisit. Et puis il y a la mode et ses dérives. Les croisades menées par les disciples du « maigre is beautiful » jettent l’anathème sur le moindre bourrelet. Pour être «in», on se doit d’être svelte. Calories et cholestérol sont traqués (à juste titre), et la grande distribution se charge de nous fournir en produits lights, bio, diététiques qui ne règlent pas le problème. On sait par exemple que le sujet consommant du light a tendance à ingérer de plus grandes quantités. Du coup, résultat nul.

De fait, l’obésité est un phénomène en aggravation, et frappe des populations de plus en plus jeunes.

Les origines du surpoids chronique sont nombreuses : hérédité, environnement psychoaffectif et socioculturel (en Afrique, les rondeurs sont encore signe de prospérité et de bonne santé), désordres métaboliques (grossesse, ménopause, diabète gras), origine médicamenteuse (estrogènes, benzodiazépines), prise de poids à l’arrêt du tabac. Globalement on peut dire qu’il existe chez ces personnes une perturbation entre sorties et entrées énergétiques avec positivation chronique des entrées, et ce phénomène se manifeste par une surcharge pondérale. Une enquête alimentaire récente concernant l’obésité n’a décelé que quinze à vingt pour cent d’hyperphages (ils mangent trop). Cependant, globalement, leur appétence semble hélas plus axée sur graisses et sucres.

La prise en charge du surpoids est forcément pluridisciplinaire, impliquant un endocrinologue, un médecin nutritionniste ou une diététicienne, un psychologue, parfois un cardiologue (du fait des risques d’hypertension, ou d’insuffisance coronarienne), un rhumatologue (effet délétère du surpoids chronique sur le squelette, en particulier sur les genoux) et de plus en plus fréquemment un kiné, car c’est ici que se situent la mise en œuvre du massage et du palper-rouler mécanique à visée thérapeutique, mais également esthétique, de la cellulite. Pour l’anecdote, ce terme est une originalité française. Un vilain mot démoralisateur inventé par Alquier et Pavot en 1920 pour définir un banal capiton de l’hypoderme (adipose oedémateuse). C’est une prétendue disgrâce physique qui est devenue source de profits parfois considérables, voire d’arnaques. Aujourd’hui les deux tiers des femmes à poids normal veulent maigrir.

Endermologie :
Au vu de ce qui précède, il est évident que la « bataille du maigrir intelligemment » ne peut se résumer à l’usage d’une machine, même si elle donne quelques bons résultats. Je veux évoquer ici ces appareils de mobilisation tissulaire par palper-rouler mécanique, qui sont de simples gadgets alors que la publicité les présente comme une solution miracle (Cellu M6, concept LPG). L’endermologie reproduit le palper-rouler avec effet de légère aspiration sur 5 mm de profondeur du tissu cellulaire sous-cutané. Cette forme de lipomassage peut conduire à l’élimination par voie urinaire de dérivés graisseux de surface, et trouve ainsi sa logique utilisation dans le domaine de l’esthétique.

L’usage du Cellu M6, concept LPG, est réservé exclusivement aux MK. De fait, ils en usent et en abusent parfois. Les résultats sont certes intéressants, puisque après quelques séances on constate avec régularité une atténuation des capitons, une diminution des volumes graisseux avec bonne résolution de l’effet « peau d’orange », une diminution de l’œdème de stase, une amélioration de la micro-circulation locale, et globalement un aspect plus ferme et lissé de la peau. Mais qu’en est-il sur le long terme ? Et puis surtout, toute cette graisse qui s’évacue dans le sang, est-ce bon pour la santé ? D’autant que l’effet yoyo contribue à renouveler souvent l’expérience.
L’endermologie trouve par contre ses indications dans le domaine sportif, aidant à lutter contre la fatigue d’origine métabolique, la courbature. C’est également utile en ce qui concerne certains tableaux d’accompagnement de maladies comme le lymphoedème du bras après cancer du sein, ou en orthopédie après opération du genou, ou pour traiter les cicatrices adhérentes et séquelles cutanées de brûlures.

Panties de sudation…
Les essais pseudo-scientifiques testant le panty de sudation ou les claquettes minceur, attestent un peu hâtivement des mêmes résultats, et le problème est là. Quand on veut prouver qu’un appareil ou qu’un médicament est efficace, on choisit les outils d’évaluation scientifiques qui ne risquent pas de compromettre le résultat. On ne triche pas, on ruse. La preuve.

Aucun traitement de la cellulite n’est définitif, et tout professionnel un tant soit peu informé, le sait !

Une parenthèse est à faire ici en ce qui concerne les abdos/fessiers, dont les coquettes sont très friandes pour lutter contre leur «petit bedon inesthétique». Pour tonifier ses abdos sans risques il est souhaitable de choisir une méthode sans danger de type hypopressive selon De Gasquet ou Caufriez (à documenter sur internet). Il s’agit de revenir à une rééducation physiologique, car les exercices habituellement pratiqués en salle de gym, surmènent le muscle transverse de l’abdomen et le périnée. On a les « barres de chocolat » avec en prime des fuites urinaires. La méthode hypopressive préconise un autograndissement précédant une inspiration en gonflant le ventre, suivi d’une expiration à ventre rentré. A pratiquer dans toutes les positions. Les efforts en inspiration sont les ennemis du périnée.

Nota :
Ce n’est parce qu’on est en soins esthétiques qu’il faut négliger son confort. Ainsi, quand on souffre de manière chronique du dos, attention à ne pas réveiller de vieilles douleurs en restant trop longtemps en position allongée ventral sur plan dur. Si on a mal au cou, il faut éviter qu’on vous positionne la tête trop en arrière, en hyperextension du cou (chez le coiffeur également). Il faut demander poliment à être bien installé.

Prochain billet : rééducation gynéco-obstétrique.

samedi 22 février 2014

Rééducation cardio-pulmonaire.

(suite du billet : Les programmes rééducatifs habituels, propres à chaque catégorie de maladie, en huit billets successifs.)

Dans ce domaine le désencombrement bronchique prime. Il est parfois vital. En fait c’est même la seule urgence kiné officiellement reconnue. Viennent ensuite la réadaptation et le réentraînement à l’effort ainsi que les assouplissements (les patients sont raides), pour générer plus d’activités physiques dans la vie quotidienne. La pathologie respiratoire est plus supportable qu’un déficit moteur ou articulaire, car même réduite de moitié, la ventilation restante suffit à assumer la plupart des occupations quotidiennes, si l’on évite les activités qui fatiguent ou essoufflent.
Dès qu’un sujet est déjà affaibli, si ses défenses naturelles sont diminuées depuis longtemps (SIDA, tuberculose), il risque de voir son état de santé se dégrader rapidement si l’appareil cardio-pulmonaire n’est pas rééduqué rapidement (jusqu’à défaillance ou détresse cardio-respiratoire) S’il est encombré, qu’il a du mal à cracher, le processus d’oxygénation du sang se trouve perturbé (hypercapnie). De plus, des sécrétions stagnantes favorisent l’infection microbienne. Une prescription de rééducation s’impose aussi dans le cas d’une broncho-pneumopathie aiguë ou chronique chez l’adulte ou l’enfant, incapables de se défendre seuls, en spécialité de : neurologie, traumatologie, pédiatrie, après chirurgie cardiaque ou abdominale, ou pour traiter certaines déformations enraidissantes du thorax (scoliose ou cyphose grave).

Les techniques de ventilation localisée à type d’accélération du flux expiratoire, de mobilisation thoracique ou d’expansion dirigée abdomino-diaphragmatique, sont variées. Le kinésithérapeute place ses mains sur une zone du thorax, puis le sujet, en inspirant, doit les repousser, par séries de dix à vingt mouvements. Ensuite le soignant met une main frénatrice sur l’abdomen, le patient inspire en gonflant le ventre et expire en le rentrant.
Il existe maintenant des exerciseurs volumétriques qui permettent de travailler seul (Respiflo VS 5000), très utiles en complément d’une séance de rééducation respiratoire. Ils ne doivent cependant pas systématiquement la remplacer. Parfois un cas de conscience se profile quand un médecin prescrit explicitement du «clapping ». Il y tient. Ca arrive encore. Ces tapes inamicales portées contre un pauvre thorax qui ne vous a rien fait de mal, ne sont plus d’actualités. Elles se sont révélées peu efficaces. Leur seul avantage est de stimuler un sujet un peu récalcitrant. Obéir à la prescription médicale ou non ? That is the question !
La rééducation vise essentiellement les coronariens non opérés ou opérés, les convalescents après chirurgie cardiaque, les artériopathies des membres inférieurs. Dans le traitement de l’infarctus, la réadaptation cardio-vasculaire a radicalement changé son fusil d’épaule. Fini le repos strict au lit, la réadaptation à l’effort est précoce, et progressive. Elle a pour principe un retour accéléré à une vie sociale et professionnelle normales. Exercices respiratoires, augmentation progressive du périmètre de marche, escaliers, séances de gymnastique en groupe, renforcement musculaire, travail sur bicyclette ergométrique et tapis roulant, sont préconisés.
La rééducation respiratoire après chirurgie cardiaque tient une place prépondérante. Ensuite la correction de la cardiopathie en elle-même autorise une vie normale, ainsi que bon nombre d’activités sportives telles que : marche rapide, aquagym, gymnastique (cyclorameur, step, tapis roulant, élastogym) ski nordique, tennis de table, équitation (pas de parcours d’obstacles), tir à l’arc, gymnastique.
es méthodes de relaxation (sophrologie, yoga, zen shiatsu), sont très utiles pour la gestion du stress.
La rééducation influence grandement le pronostic de la maladie coronarienne avec diminution notable de la mortalité à long terme, ce qui implique qu’un MK qui ne fait pas son boulot condamne son patient à une mort prématurée !

Bronchiolite :
Chaque année, en France, de 500000 à 700000 bambins en souffrent. Pour autant doit-on parler d’épidémie, alors que dans les autres pays ce n’est pas le cas ? Le battage médiatique ne crée t-il pas un mouvement de panique générale qui engorge à l’excès les services pédiatriques ? Il y a pourtant en Angleterre et en Allemagne les mêmes nez qui coulent, les mêmes sibilants et râles bronchitiques, mais les parents sont sans doute mieux éduqués. Ils savent mieux moucher leurs mouflets, et ne font pas systématiquement le siège des services d’Urgences des Hôpitaux, à la moindre croûte qui colle aux narines.
La fièvre est une défense naturelle du corps à laquelle bébé doit s’habituer, la morve aussi, de même doit-il également apprendre à se combattre les virus. Le mouche-bébé est un outil précieux propre à déboucher bien des tuyauteries naturelles, sans qu’il soit besoin d’avoir systématiquement recours à une agressive broncho-aspiration. Les parents français doivent être mieux éduqués, et de manière systématique, à la prise en charge de leur bambin. D’autant que la kinésithérapie n’a pas prouvé son réel intérêt dans le cas de la bronchiolite du nouveau-né (j’ai écrit un billet argumenté sur le sujet).

Prochain billet : rééducation à visée esthétique.

vendredi 7 février 2014

Fibromyalgie

Ce billet répond à un appel de détresse de Madame R… habitant Arles, confrontée à la pauvreté des moyens proposés dans sa région pour lutter contre son mal. Hélas, ce problème ne concerne pas que le sud de la France.
Bien que ce SPID ou « syndrome polyalgique idiopathique diffus » ait été reconnu en janvier 2007 comme une maladie (une entité clinique), bon nombre de professionnels de santé continuent à considérer que : « ce n’est que manifestation d’une profonde dépression », relevant donc essentiellement de la psychothérapie, avec à la clé « rejet », « déni », voire « discrimination »(le quotidien du Médecin N° 8568 Mardi 12 Mai 2009. P 10.). C’est une des raisons pour lesquelles, il n’y a pas eu d’effort massif national entrepris pour trouver des solutions.

Ce boulet à porter au quotidien se caractérise par des douleurs chroniques de tout le corps, énormément de fatigue, ainsi que des troubles du sommeil. Etonnez-vous après ça d’être profondément déprimé, il y a de quoi ! La fibromyalgie serait en fait due à un dysfonctionnement central de la perception de la douleur. Donc, si l’on n’agit pas sur cette dysfonction, pas de chance de s’améliorer.
J’ai eu l’idée d’utiliser la voie bulbo-thalamique pour la rééduquer (exercices de propioception yeux fermés, cités ci-après).

Dans un récent numéro de Rhumatologie Pratique, la revue des Rhumatologues, le Professeur Yves Maugars de Nantes écrivait un article fort intéressant intitulé : « Fibromyalgie et douleurs chroniques », dans lequel il évoquait une « impasse thérapeutique ». Il citait une analyse de la littérature qui déconseillait : « nutriments, thérapies anti-stress, antalgiques opioïdes, myorelaxants, psychotropes, kétamine, anesthésiques locaux, neuroleptiques, oxybate de sodium, sédatifs ». Thérapeutiques très peu efficaces et non dénuées d’effets secondaires, d’après lui. Or, la grande majorité des fibromyalgiques français sont bourrés de ce type de médicaments l’année durant… sans autre résultat que de les abrutir ! Cet article recommandait par ailleurs : exercices physiques, thérapies comportementales et relaxation. Nous allons évoquer ces options.
Si vous désirez en savoir plus sur ce médecin renommé et ses écrits, il y a internet.

Le sommeil :

Il tient un rôle essentiel dans la sédation des douleurs grâce à la libération de l’hormone de croissance et de substances anabolisantes durant la phase IV, dite de « sommeil profond », d’où l’importance d’un sommeil de qualité quand on est fibromyalgique.
Si vous avez du mal à vous endormir, vous pouvez essayer la Marjolaine à coquille en huile essentielle. De deux à cinq gouttes trois fois par jour à absorber dans du miel, puis en se couchant déposer deux-trois gouttes sur le plexus solaire, masser deux minutes, et en respirer longuement la bonne odeur un peu piquante.

Les options thérapeutiques :

La cryostimulation corps entier (CCE) :

Accessible à tous, ce traitement par le froid est essentiellement proposé aux sujets souffrant de douleurs articulaires chroniques. Il vise à les exposer durant 2 à 4 minutes à des températures comprise entre – 110° C et – 160 °C. L’effet obtenu est un « choc thermique ». Les fonctions biologiques sont provisoirement améliorées. Il y a également une amélioration du sommeil. En cas de fibromyalgie, ce peut être un traitement d’attaque massive des douleurs, cependant la rééducation telle que proposée ci-après s’impose en complément.

L’hypnose médicale :

Classiquement appelée le « quatrième état de conscience », l’hypnose permet une prise en charge globale de la douleur. Elle a pour objet de remplacer les mauvais apprentissages et les mauvais réflexes, par d’autres plus adéquats. Or le fibromyalgique a besoin de se réapproprier ce corps qui lui « sort par les yeux » parce qu’il le fait en permanence souffrir. D’où l’utilité de tenter l’hypnose.


Traitement kiné :

Fréquence des séances :

Une à deux séances de rééducation par semaine semble un bon rythme. En évitant les périodes de grande fatigue. Durée globale des séances : 1h30.

Le traitement de la douleur myofasciale : . Quelle que soit la localisation de la douleur, ce type de douleur existe que la racine nerveuse soit touchée ou non. Dans un précédent billet j’évoquais la cause supposée des lombalgies chroniques (Rhumatologie Pratique). Il s’agit de petits muscles ou de petites parties de muscles, « raides », qui ne se détendent jamais. Certains points, multiples, situés dans la zone musculaire où se situe le mal, sont très douloureux à la pression et reproduisent la douleur ressentie habituellement selon un certain trajet et à distance du lieu touché. C’est ce qu’on appelle les : « trigger points » ou « zones gâchettes ». Afin de les traiter, l’ostéopathe effectue une « mise en aisance ». Moi-même je réalise un traitement normotensif (ma spécialité) plus appuyé que le traitement ostéopathique (efficace également notamment en cas de douleurs du dos, il fera l’objet d’un prochain billet).



Traiter à chaque séance.

Acupuncture :

Une séance d’acupuncture par mois est suffisante. Elle solutionne le déséquilibre énergétique et doit particulièrement viser ici les troubles digestifs associés. Je pratique moi-même l’électropuncture, c'est-à-dire l’acupuncture sans aiguilles. Mon « Mini-acusonic » repère les points électrodermiques, et envoie de petites impulsions rééquilibrantes. L’apport d’électricité semble provoquer une libération de sérotonine (lire à ce sujet : Psychologie Magazine – avril 2013. La bonne idée : l’électropuncture. P 192).

La rééducation neuro-motrice :

Il est souhaitable que les patients bénéficient d’abord de conseils d’hygiène de vie (prévention des gestes à risques risquant de déclencher le mal). Il faut qu’ils « se bougent » en acceptant une dose supportable de douleur. Ne plus rien faire sous prétexte « qu’on a mal » aggrave les symptômes.

Pour ma part, je réalise un examen complet (toutes les dix séances) et un traitement normotensifs. A défaut, une consultation ostéopathique à orientation « tissulaire » est conseillée (sans manipulations).

Important !

Tous les patients douloureux chroniques subissent une atteinte du thalamus. Un article de Rhumatologie Pratique de juin 2011 évoque même une « atrophie » ( Gwilym SE et al ; Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.). Je propose donc en rééducation la voie bulbo-thalamique, c'est-à-dire le renforcement de la propioception, yeux fermés (sur plateaux de Freeman par exemple). En clair, il faut renforcer son équilibre.



Réaliser également des auto-exercices au quotidien (cinq minutes), notamment sur gros ballon de gym (consulter ce blog). Il est recommandé au patient d’en acheter un et de s’en servir comme siège le plus souvent possible ; d’autant que la station assise trop longtemps maintenue sur un siège classique est bloquante (voir sur ce blog le billet relatif à la station assise).
Nota : éviter les canapés et fauteuils trop moelleux.

15 à 20 minutes.

Rééducation en bassin de natation :

Elle est utile si le bassin est bien chauffé (33, 34°). Les nages traditionnelles ne donnent pas l’amélioration attendue. Par exemple crawl et dos crawlé tirent trop sur les épaules. Par contre aquastretching, aquabiking, aquagym, aqua-yoga, sont de bonnes options si la séance ne dure pas plus de vingt minutes.

Elongations :

J’ai inventé trois types d’élongation, en photos dans ce blog. Le patient choisit la modalité qu’il préfère. Tous les fibromyalgiques ont besoin de s’étirer, comme les chats, car ils ont l’impression de se « tasser », au fil du temps (ça nous concerne tous, non ?).
Durée : 10mn.

Sports à pratiquer :

L’activité doit être modérée, pratiquée de manière progressive, en privilégiant l’échauffement et les étirements (étirements actifs raisonnés myotendineux uniquement). Sont de bonnes options : marche rapide ou nordique, stretching, fitness doux, soft aerobic, vélo en terrain peu pentu, machine elliptique, Qi Gong, Taï Chi, relaxation (sophrologie).

A lire : Le sport est un médicament Bio ! G Orgeret. Editions J. Lyon

Nota :

Ces traitements ne sont pas tous systématiquement pratiqués à chaque fois, car une séance trop longue fatigue. Le patient donne son avis sur les options thérapeutiques qui lui semblent le plus appropriées le jour de la séance, en fonction de ses forces, de sa fatigue, de son moral, de ses douleurs, de sa disponibilité.

N.B : Pour plus de renseignements sur les méthodes originales présentées et non détaillées au risque de devoir produire un billet de vingt pages, consulter internet.

samedi 1 février 2014

Un PAPAS ? ( suite)

(suite de l'article PAPAS )

Dans un deuxième temps, je vais tenter de vous faire comprendre ma fonction, mes activités, ainsi que ma spécificité. Nous obtenons le statut de Professeur d'APA à partir du niveau d'études Licence (bac+3), ensuite certains comme moi, font le choix de se spécialiser en continuant sur un Master (bac+5).
Pour ma part, ma spécialisation portait sur la Performance et la Rééducation fonctionnelle.

Un professeur d'APA encadre toute activité physique et sportive destinée à un public porteur d'une limitation, d'une déficience, d'un handicap, d'une pathologie aiguë et/ou chronique ou encourant un risque de santé, dans le but de favoriser un retour à l'autonomie dans les gestes quotidiens. Son travail consiste à la conception, à la conduite, et à l'évaluation de programmes de réadaptation d'intégration par les APA.

Concrètement, le travail de terrain prend diverses formes, selon le public concerné, le projet institutionnel, les lieux de pratique, les activités, la pathologie, etc. Mon article est plus orienté vers mon poste actuel, au sein du monde hospitalier. Si vous prenez un même professeur d'APA, mais exerçant dans une association, son rôle, et ses missions seront orientées vers de l'entraînement sportif.

Nous retrouverons les activités de :

  • § développement de la condition physique (réentraînement à l'effort, renforcement musculaire, amplitude articulaire, etc.)
  • § éducation physique et sportive spécialisée
  • § éducation à la santé (prévention notamment), prophylaxie
  • § prévention des chutes, travail de l'équilibre, travail de marche
  • § animation d'activités physiques et sportives adaptées
  • § travail de mémorisation
  • § travail de coordination
  • § travail de relaxation
  • § utilisation d'aides techniques
  • § etc.

Pour autant, le professeur d'APA ne soigne pas directement, il agit sur des leviers permettant la compensation d'un déficit ou sa réduction. Il prend en charge une ou plusieurs personnes, et leur propose un programme construit et personnalisé d'APA en lien avec une problématique de santé. Ce programme contient donc des évaluations, des séances de pratique, des temps pour l'éducation à la santé... Il est progressif et adapté à l'état de chaque personne.

Sa spécificité, est sa méthodologie d'intervention qui prend en compte ses éléments dans la conception de ses séances. Il intervient généralement au sein d'équipes pluridisciplinaires de prise en charge, c'est à dire qu'il travaille en collaboration avec d'autres professionnels issus d'autres disciplines (éducateur spécialisé, infirmier, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien, médecin, AMP, animateur ...). Dans une optique de prise en charge globale et donc pluridisciplinaire, chaque discipline apporte ses propres outils et ses méthodes. Pour l'enseignant d'APA, c'est l'activité physique adaptée qui sert d'outil d'intervention.

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CONCLUSION
L'APA est utilisée dans des secteurs variés comme ceux de la santé, du handicap, de la réadaptation, de la rééducation, de l'éducation spécialisée, du vieillissement... Plusieurs spécialités de la médecine comportent désormais l'activité physique dans leurs stratégies thérapeutiques : MPR, cardiologie, pneumologie, gérontologie, psychiatrie, orthopédie, diabétologie... Les professeurs d'APA ont toutes les compétences pour développer des programmes d'activité physique adaptés. Nous trouvons également des professeurs d'APA indépendants, intervenant en libéral ou proposant leurs services dans des cabinets de santé en collaboration, et en complémentarité des kinésithérapeutes.

mercredi 22 janvier 2014

Un PAPAS ?

Aude vous explique son métier...

Un PAPAS ?

Mais qu'est-ce donc que cette nouvelle espèce de fonctionnaires du domaine para médical? La réponse paraît complexe ... et bien non!

PAPAS est l 'anagramme de Professeur d'Activités Physiques Adaptées et Santé. Soit, pour ceux que j'ai déjà perdu ... c'est un prof de sport un peu spécial.

Dans un premier temps, pour la bonne compréhension de tout ceci, je vais vous définir les APA.

De la déficience motrice jusqu'au vieillissement, en passant par la maladie chronique ou la déficience intellectuelle, les activités physiques adaptées (APA) s'adressent au plus grand nombre de personnes.
Les APA sont issues des sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) et visent des objectifs de réadaptation, d'amélioration de la santé, d'autonomie et de bien-être. Tout ceci dans des protocoles de prise en charge pluridisciplinaire.
Elles sont encadrées par des professeurs d'APA, et dispensées dans toute structure susceptible d'accueillir des personnes en situation de handicap, âgées, ou atteinte de maladie chronique et/ou aiguë.

Champs d'intervention :

  • Foyers de vie, occupationnel, FAS / MAS / IEM / IME / IMPRO / ITEP/ CAT / ESAT (institutions pour personnes déficientes intellectuelles)
  • Milieu carcéral
  • Milieu associatif
  • Hôpitaux et Centres Hospitaliers
  • Cliniques spécialisées (réadaptation cardio-vasculaire et respiratoire, réadaptation nutritionnelle, psychiatrie, convalescence...)
  • CRRF, CRF, SSR
  • Maisons de retraite, EHPAD

Le professeur d'APA possède les connaissances et les compétences nécessaires aux interventions dans ces domaines, et connait les spécificités propres à chaque public et à chaque secteur (social, médical et médico-social, et para médical).
Dans tous ces secteurs d'intervention, la prise en charge par l'activité physique adaptée s'appuie sur les concepts de santé, d'éducation physique, de bien-être, de développement, et d'entretien de l'autonomie et de la qualité de vie.

L'Activité Physique Adaptée (APA) a pour but de favoriser la santé, l'autonomie, la qualité de vie et la participation sociale des personnes en situation de handicap ou de maladie chronique par la pratique d'activités physiques.
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(à suivre)

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