Gilles Orgeret, le blog d'un kinésithérapeute

GillesOrgeret.com, le blog d'un kinésithérapeute : dos, massage, thérapie manuelle, techniques de kiné...par Gilles Orgeret
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Vous souffrez des épaules !

, 14:34

Vos souffrez des épaules (rhumatisme, tendinopathie de la coiffe des rotateurs, tendinite d'épaule, hyperlaxité ligamentaire), voici quelques précautions indispensables à prendre au quotidien.

1/Manœuvre de décoaptation de la tête humérale :

IMG_20150526_114015.jpg
Légende :

Quotidiennement, une à deux fois par jour, épaule et coude détendus, balancez d’avant en arrière un sac rempli d’une charge de un-demi kilo (une boîte de conserve par exemple). Il ne s’agit pas de le secouer comme un panier à salade, mais d’imiter le balancier d’une horloge en un doux mouvement de va-et-vient, sur le côté ou légèrement en diagonale par rapport au tronc. Ce mouvement ne doit en aucun cas tirer douloureusement sur l’épaule.

2/Manœuvres d’évitement du conflit sous-acromial :

Lorsqu’une activité oblige à lever les bras en l’air, il ne faut jamais le faire en écartant les coudes. Tous les mouvements latéraux sont à risque pour les épaules, car ainsi on n’a pas de force. Ce sont les mouvements exécutés près du corps qui sont sans risque. Imaginez que vous êtes une figurine en plastique avec des épaules qui ne peuvent aller que d’avant en arrière, aux coudes bloqués en position fléchie. Pour les gestes à faire sur le côté, tournez-vous d’un bloc sur le côté, avec regard fixé sur la tâche à accomplir.

IMG_20150526_114221.jpg
IMG_20150526_114231.jpg
Légende : d’abord je rapproche mes coudes de mon corps.
IMG_20150526_114249.jpg
Légende : ensuite je lève les bras comme sur la photo, puis j’exécute la tâche utile (je fais mes vitres, je cherche un livre sur un étagère, je prends un objet dans un placard, je suspends mon linge à un fil d’étendage, etc).
IMG_20150526_114256.jpg
Légende : enfin, quand j’ai fait ce que j’avais à faire bras levés, je les redescends obligatoirement en rapprochant les coudes du corps.

3/ Ouvrir ou fermer une porte.

NON !

IMG_20150526_114838.jpg
Légende : Mauvais geste ! Pour ouvrir ou fermer une porte, il faut que le coude soit près du corps.
Rappel : tout geste réalisé loin du corps est à risque pour l’épaule !

OUI !

IMG_20150526_114929.jpg
Légende : pour ouvrir une porte (ou saisir un objet un peu lourd), l’épaule lésée étant ici la droite bien entendu, il est utile de le faire en s’aidant de l’autre membre, la main gauche enserrant le poignet droit.

4/ Deux postures à éviter !

IMG_20150526_115041.jpg
IMG_20150526_115117.jpg
Légende : Ces postures spontanément prises sans réfléchir pour soulager son dos ou ses jambes, sont néfastes pour une épaule fragile.

5/ Saisir une charge, la bonne méthode !

IMG_20150526_115522.jpg
IMG_20150526_115528.jpg
Légende : dos droit, genoux fléchis, épaules en arrière, il faut d’abord rapprocher la charge de son corps, avant de la soulever en se redressant par poussée des jambes.

Conclusion.

Il n’est pas nécessaire d’attendre de souffrir des épaules pour les ménager, surtout si vous pratiquez un métier ou un sport qui les surmène. Adoptez dès à présent ces bonnes pratiques qui leur éviteront une usure prématurée, puis enseignez-les à vos enfants.

Lorsque le mal est tenace, difficile à soigner, et que vos activités vous amènent à beaucoup porter, il est également utile d’adopter au quotidien les « anneaux claviculaires » (précédent billet du jeudi 30 octobre 2014).

Quand on souffre du cou on a souvent également mal aux épaules, des difficultés à lever les bras. Les précautions ici présentées sont alors les bienvenues.

Comment masser bébé !

, 12:47

« Voix, toucher, odorat », sont les premières formes de communication parfaitement opérationnelles chez bébé, et ce dès le premier jour de sa vie.

En 2005, sortait chez Chiron Editeur, l’un de mes livres intitulé : « Comment masser bébé, le kidding-massage ! »
Contrairement à d’autres cultures, masser son enfant n’est hélas pas quelque chose de naturel pour nous français. Or, sais t’on qu’un bébé peut présenter un retard de croissance, ou même des atteintes psychomotrices, s’il n’est pas touché ? Le toucher est « structurant » pour sa personnalité, et bénéfique pour sa santé mentale.

Masser bébé peut débuter dès la naissance, à la maternité donc. Plus tôt cela se fera, plus fort sera le lien affectif. Mais ce massage ne doit pas être quelque chose de très élaboré, ni durer longtemps. Cinq minutes environ suffisent (quitte à le répéter deux fois dans la journée).
Si l'on ne sait pas comment s'y prendre (parce qu’on n’a pas lu mon livre, lol !), l'on peut commencer par lui frotter doucement le dos dans son bain, puis après le bain. S’il est trop petit, maigrichon, il faut le faire avec une douceur majorée. Souvent la maman a peur de lui faire du mal en manipulant bébé, surtout si c’est son premier, elle ne sait pas par « quel bout le prendre ». Pourtant, dans certaines régions de l’Afrique sub-sahariennes, dès la naissance on ne craint pas de le suspendre par les pieds pour le fortifier, et il n’y a jamais d’accident. Bébé n’est ni en sucre, ni aussi fragile que l’on pense.
En Afrique du nord (Kabylie, Maroc), bébé est emmailloté durant la nuit jusqu’à l’âge de six mois, et tous les matins sa maman le masse pour « fortifier ses os ». Bien entendu masser ne fortifie pas vraiment ses os, mais l’aide à prendre conscience de son enveloppe cutanée. Il en apprend la texture et les contours.
En Asie, on pratique le massage du début jusqu'à la fin de la vie pour prévenir les maladies.
A la vérité le bien-être ressenti libère des hormones anti-douleurs, et les hormones de bien-être aident à renforcer nos défenses naturelles.

Peut-on masser bébé sur tout le corps ?

Bien évidemment non ! A l’évidence le sexe en premier lieu est un interdit, puis certaines zones réfractaires aux caresses comme aisselles, pli de l’aine, ou derrière le genou. Le ventre aussi pose problème car il est fragile, siège parfois d’une digestion difficile. Mieux vaut le confier à un professionnel. Puis, certains moments de la journée sont plus bénéfiques que d’autres, parce que bébé est plus réceptif. S’il a faim, mieux vaut éviter, ce n’est pas l’urgence du moment.
Mais par exemple après le change, ou dans un petit rituel après la tétée du soir et avant de faire dodo,
Si bébé a séjourné un certain temps dans une couveuse, ou qu'il vous a été retiré à cause d'une infection, il faudra rattraper le temps perdu en lui redonnant confiance en son corps, et le massage est un bon moyen. « Si maman me caresse, c’est que mon corps est gentil en définitive, bien qu’il m’ait fait mal ! » pense-t-il peut-être…

Quelques exemples de massages aisés à réaliser, et que l’on trouve détaillés dans mon livre :
Le « wawabisou ». Maman (ou papa) met ses lèvres à quelques centimètres de la peau de bébé en disant de nombreuses fois : « Wa-wa-wa », et en soufflant comme pour faire de la buée sur une vitre.
Il y a aussi le « bisou du papillon ». Maman (ou papa), met ses cils en contact avec la peau de bébé et ouvre puis ferme alternativement les paupières.

Un conseil : attention à la (bonne) température de la pièce, et au confort (matelas moelleux, couverture).

Si papa ou maman n’a pas « envie » mais se force à masser son chérubin « pour son bien » mieux vaut s'abstenir, car bébé le sentira et n’appréciera pas non plus. Le massage est échange, il y a interaction entre donneur de caresses et receveur.

En conclusion, il serait bon de se poser cette question cruciale : quand on est un bébé devenu vieux, ne meurt-on pas de ne plus être touché, parfois  ?

Le dos vieillissant : état des lieux

, 05:59

Le mal commun situé en bas du dos (lombalgie, lombo-sciatalgie), est l’un des motifs les plus habituels de consultation en rhumatologie, que le sujet soit sportif ou non. Il atteint d’avantage les femmes que les hommes. Les déformations de la colonne vertébrale sont également fréquentes. Après 75 ans, la lombalgie est le problème musculosquelettique le plus évoqué, et présente un risque accentué sur qualité de vie et moral, par rapport au sujet jeune. Il est à noter que le retentissement de la lombalgie chronique sur la sexualité est considérable. L’âge avancé est un facteur identifié dans les troubles sexuels associés, et le traitement du mal de dos par opioïdes, sédatifs, antidépresseurs, dont les seniors sont grands consommateurs, est clairement incriminé par son action néfaste sur la libido.

Une rapide perte de capacité à accomplir les tâches de la vie courante est également à craindre. La peur de tomber et de se « faire une vilaine fracture » est bien présente, surtout si on est atteint d’arthrose ou d’ostéoporose, ou qu’on a des problèmes d’équilibre. Or les facteurs améliorant la douleur et la mobilité du dos, sont en priorité la marche, ainsi qu’une activité physique adaptée.
Le repos en position couché-ventral est bénéfique. D’ailleurs la rééducation des maux de dos ne se pratique plus qu’en creusant les reins (méthode MacKenzie).

Il a été prouvé que le traitement médical seul ne suffit pas. Il doit être couplé à une rééducation neuromotrice (apprentissage des gestes à risque pour le dos, exercices spécifiques de renforcement, relaxation). Il en est de même pour les autres traitements du dos (ostéopathie, chiropraxie, acupuncture), qui ne suffisent pas non plus à vous permettre de vous en sortir. Il faut rééduquer le muscle.

Arthrose

Après 65 ans, la prévalence de l’arthrose est très élevée (34 % de la population), les femmes ayant un risque plus élevé après 50 ans. L’incidence augmente avec l’âge, mais se stabilise après 80 ans. Le principal facteur favorisant est génétique. Un rôle beaucoup plus faible est attribué aux efforts physiques, ainsi qu’au surpoids chronique et au tabagisme. Les efforts physiques, le portage répété de charges lourdes, ne sont donc pas la cause première de nos maux !

Pour autant, l’arthrose est-elle systématiquement douloureuse ?

Jean Pierre Valat et Sylvie Rozenberg * écrivent : « On sait depuis longtemps que l’arthrose du dos n’est pas toujours douloureuse, loin de là, et plusieurs travaux ont démontré qu’il était impossible sur des radiographies de sujets de même âge, de distinguer les sujets qui souffrent de ceux qui ne souffrent pas. Il est difficile voire impossible d’identifier une cause anatomique précise des lombalgies chroniques, où les facteurs psychologiques intriqués ont un rôle majeur !» C’est le déconditionnement à l’effort suscité par cette maladie qui fait souffrir. Il faut donc « se bouger », si on veut s’en sortir ! Le repos strict a prouvé sa nocivité sur le cartilage.

Les principaux sports à risque pour le dos vieillissant

L’essence du yoga est « ahimsa » : ne pas nuire. Il en est de même dans toute pratique sportive !

Le cou n’aime pas les mouvements forcés en arrière. Il s’use prématurément quand on pratique longtemps et de manière assidue : lutte, boxe, rugby, football, plongeon, aviation, sports mécaniques. En yoga, il faut éviter les postures sur la tête. On doit également proscrire « angle étiré » et « pince », faussement décontracturants et particulièrement dangereux pour le dos.
Le golf surmène plus les épaules, que les lombaires. Dans la pratique de la planche à voile, épaules et zone lombaire sont en ligne de mire. Les reins souffrent par compression dans la pratique de l’haltérophilie, par rotation dans les sports de lancer, de frappe de balle chez le footballeur, par chute et choc direct en karaté / judo de compétition et au rugby. A cause de la position assise défavorable, le canoë-kayaking provoque crampes et fourmillements dans les mollets.
Au tennis, les services répétés entraînent parfois des douleurs musculaires lombaires et fessières profondes, donnant un tableau de fausse sciatique. L’articulation de la hanche est comprimée lorsqu’un frappe un coup droit lifté. Les blessures augmentent quand le joueur tape plus fort avec des raquettes trop puissantes.
Contrairement à une idée reçue, la pratique des nages classiques ne soigne pas le dos. D’ailleurs 70 % des nageurs ont mal au dos ! Par ailleurs le chlore des piscines est délétère pour les voies respiratoires (sinusite, rhinite, rhume chronique, asthme).

Sports conseillés

Marche nordique, golf, gymnastique en salle, aquagym, aquafitness, aquabiking, katas et randori du karaté, body combat, accro-branches, sont conseillés.
Qi Gong et Tai chi chuan permettraient de réduire de 25 % le risque de chute du sujet vieillissant.
L’escalade fait travailler tous les muscles (murs d’escalade de préférence), mais attention car l’effet cardio-vasculaire est intense.
La pratique d’un sport d’endurance (vélo, marche, course à pied) est efficace, aussi bien pour le dos que pour lutter contre les troubles cognitifs (mémoire, intellect), car elle stimule de nouvelles connexions dans les zones de la mémoire.
Il faut également citer : cardio-training sur appareils de musculation, gymnastique d’entretien, stretching doux, randonnées, jogging, ainsi que Wii-Fit et plate-formes vibrantes pour les sujets moins mobiles.
Bon nombre de seniors lombalgiques chroniques pratiquent l’équitation sans problème, car ce sport oblige en permanence à l’autograndissement ; le risque étant dans la (mauvaise) chute.
En cas d’ostéoporose le sport pratiqué doit être « à impacts » tel : marche en terrain en pente (30 minutes 3 fois/semaine), saut à la corde, tennis, basket-ball, volley-ball.

  • « La Revue du rhumatisme. Monographies » Vol. 78 – N°1 de février 2011,

Choisir le mot juste : qu'entend-on par « tonus musculaire » ?

, 08:26

Certains articles de presse grand public titrent : « Retrouver sans mal son tonus musculaire par quelques exercices ! ».

Ce genre de titre aguicheur relève pourtant d’une mauvaise interprétation de ce qu’est le tonus musculaire humain, lequel ne dépend pas de notre volonté, et ne peut donc pas se modifier avec des exercices, quels qu’ils soient.

Les journalistes devraient plutôt titrer : « Comment augmenter sa réactivité musculaire », ou bien : « Comment devenir plus tonique ». Sans dire « tonus ». Il est vrai que dans le langage courant : « avoir du tonus » signifie être plus vigoureux. Ce qui conduit à une confusion.

Définition :

Le tonus musculaire définit l’état de légère tension musculaire nécessaire, constant, inconscient, qui s’oppose à la force de pesanteur terrestre. C’est à dire que sans tonus, la pesanteur aurait tendance à nous écraser au sol en petit tas inerte, en raison de sa force.

Le personnel médical (notamment les ergothérapeutes) teste parfois le tonus de leurs patients, afin d’évaluer leur capacité à la réalisation d’actes de la vie courante. On parle d’ « eutonie » pour nommer le tonus d’un sujet normal, tandis que les états anormaux du tonus musculaire sont appelés : « hypotonie » (faiblesse), ou « hypertonie » (excès).

En cas d’hypotonie on est « mou », comme dans la maladie de Guillain-Barré, dans les paralysies flasques. En cas d’hypertonie on est « raide » (hypertonie plastique de la maladie de Parkinson. Hypertonie spastique de l’hémiplégie).

L’absorption régulière de nombreux médicaments expose aussi de manière transitoire à des troubles du tonus. VastarelR (Trimetazidine) par exemple, utilisé en cardiologie, fait risquer des troubles parkinsoniens, c'est-à-dire un excès de raideur musculaire.

Intérêt de l’acupuncture comme technique d’appoint en kinésithérapie

, 06:48

Dans « Le quotidien du Médecin – N° 8867 – 1er décembre 2010 », le Docteur Nina Theysohn écrit : « Par étude I.R.M., il a été prouvé que l’activité des aires cérébrales impliquées dans la douleur, sont significativement atténuées par l’acupuncture. »
A l’Université de Californie, la stimulation d’un point d’acupuncture destiné à traiter les problèmes oculaires, a entraîné une activation de l’aire visuelle du cerveau. A l’université de Hong Kong, en stimulant un point d’acupuncture censé résoudre les problèmes de langage, ont été stimulées les aires cérébrales responsables de la parole. A Harvard, la stimulation d’un point traitant les nausées a activé la zone du cervelet correspondante.
Certains chercheurs évoquent une transmission de l’information acupuncturale au travers du réseau des fibres conjonctives qui relient tous les éléments de notre corps.

L’acupuncture est l’un des secteurs de la médecine chinoise. Science millénaire, puisque remontant à 3000 ans avant J.C., elle agit sur l’ « énergétique » corporelle. Pendant des centaines d’années elle a essentiellement eu une fonction préventive. Tellement que l’on cessait de payer son acupuncteur dès qu’on tombait malade.
L’énergie vitale parcourt le corps selon un trajet précis, au travers de voies invisibles appelées « méridiens », et ce durant 24 heures (cycle circadien), avant recommencement. La plupart du temps, l’acupuncteur utilise des aiguilles (à usage unique pour éviter toute contamination), et pique avec certains points de la peau, pour réguler l’énergie. Parfois il utilise des tiges de bambou. La moxibustion consiste à user de cônes de gingembre ou d’armoise, qu’on fait brûler (combustion comparable à la cigarette) pour stimuler les points.
On peut aussi masser les points (digipuncture). Cette méthode est employée depuis 1952.

Yin et yang sont les deux énergies du corps. Elles sont très différentes et s’affrontent en toutes choses. La matière est yin, l’activité est yang. L’énergie yang stimule les fonctions, le yin apaise. Pour chaque méridien l’énergie est yin à son départ, mais yang à son arrivée.

Nos activités au quotidien influencent grandement notre équilibre énergétique, en bien ou en mal :

  • L’automobile en ville épuise le Yin, et augmente dangereusement le yang.
  • La promenade en forêt tonifie le yin et vide le yang.
  • Le ski tonifie le yin, sans épuiser le yang. Il est bénéfique.
  • Le tennis vide l’excès de yang, mais épuise souvent le yin. Il n’est donc bénéfique qu’en cas d’excès de yang.
  • La course à pied tonifie yin et yang, elle est donc bénéfique.
  • La natation fait passer le yang dans le yin, et n’est donc bénéfique qu’en cas d’excès de yang.
  • Le judo tonifie le Yin au sol, épuise le yang debout.

Bien que l’acupuncture ait une action réflexogène, il ne faut pas la confondre avec : auriculothérapie, réflexologie podale ou endonasale, Bindegewebemassage, ou encore iridologie.

L’auriculothérapie telle que pratiquée en Europe, a été mise au point il y a une cinquantaine d’années, par un médecin Lyonnais : Paul Nier. L’oreille est une image du corps où se retrouvent tous les organes, appareils, articulations, à des points précis. Il y en a deux cents. Stimuler ces points par micro-courant ou aiguille, correspond à influencer la partie du corps en référence. Les aiguilles sont implantées de quinze à vingt minutes. Il existe aussi des aiguilles semi-permanentes. On les pose, puis elles tombent toutes seules. L’acupuncture traditionnelle reconnaît l’existence de points d’oreille, mais n’imagine pas traiter un patient uniquement de cette manière.
La réflexologie podale consiste à stimuler par friction manuelle, des zones précises du pied. La réflexologie endonasale use de cotons-tiges trempés dans des huiles essentielles, pour stimuler à l’intérieur du nez des zones précises en rapport avec les différentes parties du corps. Pour les repérer, chaque bâtonnet à une longueur différente, visant chacun un point précis.
Le Bindegewebemassage s’intéresse au dos qui est aussi une cartographie de tout le corps. Il traite par massages réflexes du bout des doigts sur cette zone corporelle.
L’iridologie n’est pas une réflexothérapie. Elle ne permet pas de soigner, mais de savoir instantanément en regardant l’iris de l’œil du patient, les maladies ou blessures physiques qu’il a subies durant sa vie, car elles s’y inscrivent. Ce sont principalement les homéopathes qui s’en servent pour affiner leur diagnostic, et décider de leur traitement.

Dans le domaine de la kinésithérapie, l’utilité de l’acupuncture est évidente pour aider à soulager douleurs aiguës ou chroniques (dos, sciatiques, névralgies, rhumatismes, migraines, dystrophies de croissance chez l’enfant, troubles psycho-émotionnels et fonctionnels).
Un kiné qui veut pratiquer l’acupuncture n’a pas droit aux aiguilles, à la différence d’un infirmier habilité à faire des piqûres. C’est pourquoi j’use pour ma part d’un Miniacusonic et d’un laser.
L’électropuncture a été initiée en 1825, par un médecin français, le chevalier Jean-Baptiste Sarlandière, qui a eu l’idée d’associer à l’acupuncture une nouveauté de l’époque : l’électricité.
La pointe émoussée de mon Miniacusonic, est reliée à un mini-galvanomètre qui indique la différence de potentiel au niveau du point électrodermique d’acupuncture de la peau. L’électropuncture peut tonifier, disperser, ou inverser la polarité des points traités. Elle chasse les ions positifs, enrichit les tissus d’ions négatifs, favorisant recalcification, cicatrisation, ou guérison.

L’apport d’électricité à travers les points d’acupuncture provoque également la libération de sérotonine et stimule les récepteurs de ce neurotransmetteur de la douleur dans la moelle épinière.

Le laser à infra-rouges que j’utilise aussi, envoie un rayon qui traverse la peau en profondeur, jusqu’à 4 cm, et donc stimule le point d’acupuncture. La longueur d’ondes d’un tel outil doit se situer entre 685 et 785 nm (namomètres). Je le réserve aux sujets réfractaires au courant (qui « pique » un peu), notamment aux enfants.
Les enfants scoliotiques sous corset, voient leur énergie vitale perturbée, le corset freinant l’énergie, notamment au niveau du « méridien ceinture ». Entre autres actions notables, l’électropuncture consolide le support de la colonne vertébrale, par relance de l’énergie au niveau du bassin.

Comment s'étirer le bas du dos et ménager son dos en se levant de son lit ?

, 07:32

S’étirer le bas du dos, quand il est fragile, souvent douloureux.

S’étirer d’un côté puis de l’autre dans l’encadrement d’une porte,
IMG_20150217_102238.jpg

et en se tournant vers l’arrière, trois-quatre fois de suite (plusieurs fois par jour).

Autre exercice pour le bas du dos : faire comme si on allait s’asseoir par terre en descendant les fesses le plus bas possible (trois fois de suite – plusieurs fois par jour). A pratiquer notamment lorsqu’on a été longtemps assis.
IMG_20150217_102334.jpg

Ménager son dos en se levant de son lit

Vos reins vous font souffrir (lombalgie, sciatique) ? Levez-vous de la manière décrite ci-dessous, et adoptez-la définitivement (même lorsque vous n’aurez plus mal), afin de ne pas vous bloquer le dos en vous levant :

Juste avant de vous lever, placez vos mains en haut des fesses (paumes tournées vers le matelas), puis décollez le bassin du lit de cinq centimètres environ, en le poussant avec vos mains. Faites ensuite des tout petits mouvements de bassin, d’abord latéraux, puis d’avant en arrière (une dizaine de fois).
IMG_20150217_102503.jpg

Ensuite :


IMG_20150217_102535.jpg

pliez les genoux, tournez-vous sur le côté,
IMG_20150217_102651.jpg

puis :

Passez en position assise au bord du lit...
IMG_20150217_102711.jpg

Normalement, si on se conforme à ce que les ergonomes préconisent, il suffirait maintenant de vous lever..., comme sur la photo suivante. Pourtant non !


IMG_20150217_102736.jpg

NON !!! Ne pas agir ainsi. C’est une très mauvaise idée ! Ainsi, le bas de votre dos qui s’est aplati lorsque vous étiez couché, va brusquement se creuser lorsque vous allez vous lever, et peut faire mal ou se coincer carrément (incident de dérouillage).

IMG_20150217_102843.jpg

OUI ! Sans vous arrêter, continuez le mouvement en vous tournant face au lit, et en posant les mains dessus. Ensuite seulement redressez-vous lentement en poussant avec les mains, et en « écoutant » vos lombaires.

Nota : Si votre lit est bas, mettez vous à genoux, puis redressez un genou (position du chevalier servant), avant de vous remettre debout.

L’hygiène à Versailles aux XVII è et XVIII è siècles

, 07:25

L’hygiène à Versailles aux XVII è et XVIII è siècles.
Par Damien P.

On a souvent dit que Versailles était le royaume du nauséabond et du manque d’hygiène.
Au XVIIe siècle les courtisans ne bénéficiaient pas de commodités fixes comparables à celles d'aujourd'hui. Pour autant, et contrairement à ce qui est souvent rapporté, on ne se soulageait pas sous un escalier ou dans un endroit plus ou moins discret. Des porteurs mettaient à disposition des seaux pour assurer quelque commodité, moyennant une petite rétribution. Compte tenu de la foule admise dans la maison du Roi, cela n’empêchait pas évidemment quelques comportements peu civils… mais de là à en faire une généralité…
Par contre, il est prouvé que de nombreuses mauvaises odeurs envahissaient par ailleurs le château :
les chevaux qui avaient galopé ainsi que la transpiration de leurs cavaliers.
les chèvres ou vaches que l'on amenait jusqu'aux appartements des princesses pour le lait.
les courtisans entassés qui se méfiaient de l'eau chaude.
Pour masquer ces odeurs fortes, on parfumait la crasse de patchouli, de musc, de civette, de tubéreuse etc. La diffusion des parfums se faisait par : des soufflets des pastilles à brûler. des cassolettes contenant de l'eau de mille fleurs. les gants parfumés que l'on se procurait chez le gantier parfumeur.

Propre comme le Roi soleil
Un fait est certain, pendant longtemps, pour la médecine, l'eau est suspecte : elle peut contenir les germes de maladies contagieuses. La toilette sèche est recommandée. Avec un linge (toile d’où « toilette ») imprégné d'esprit de vin (alcool) ou de vinaigre, on se lave les mains, le visage. On se lave donc peu et on se parfume à outrance. On pense alors que le capiteux, le lourd et le musqué cachent les odeurs corporelles et aseptisent l'atmosphère. La notion de propreté passe par celle des vêtements : on changeait de vêtement six à huit fois par jour, voir plus souvent encore pour le Roi qui ouvrait au public sa vie, parfois la plus privé comme la toilette, jusqu’au entretiens accordés pendant que le Roi est sur son cabinet d’affaires !
Un appartement de bain fut installé par Louis XIV en 1675 au rez-de-chaussée du château. Toutefois, cette enfilade de vastes salles avec colonnes, dorures, dallages et parements de marbres polychrome, servait davantage comme appartement de réception que de lieu de toilette… dommage pour la grande baignoire octogonale monolithique en marbre rouge du Languedoc, aujourd’hui rare vestige de ces appartements disparus et installée depuis les années 30 dans la grande orangerie.
À la fin de sa vie, le roi, surnommé le « doux fleurant », se parfumait à la fleur d'oranger et il fallait prendre garde en s'approchant de lui, à ne pas lui chagriner les narines avec un parfum qu'il ne supportait plus. La belle-sœur du Roi, la princesse Palatine, femme plantureuse, usait et abusait des parfums capiteux. Sa traversée des galeries du château en était toujours remarquée.
En outre les demoiselles masquaient leur mauvaise haleine avec des plantes aromatiques telles que cannelle, clou de girofle, fenouil, menthe, marjolaine, thym, pouliot, fleur de lavande ou mélilot. Madame de Sévigné décrivit la toilette de la duchesse de Bourbon qui se frisait et se poudrait elle-même tout en mangeant : «…les mêmes doigts tiennent alternativement la houppe et le pain au pot, elle mange sa poudre et graisse ses cheveux ; le tout ensemble fait un fort bon déjeuner et une charmante coiffure… ». Les poudres se dissimulaient dans les coffres à vêtement ou sur soi dans des sachets.

Le retour en grâce de l’eau
Au XVIIIe siècle, et plus précisément après 1750, un profond changement de société s'opère. À travers les philosophes des Lumières et tout spécialement l'œuvre de Jean-Jacques Rousseau, une nouvelle sensibilité naît. On redécouvre les bienfaits de l'eau. Les femmes rejettent les artifices du Grand Siècle, les coiffures compliquées et les parfums trop forts. On recherche l'authentique et aux matières premières animales, on préfère les végétales. Les fleurs triomphent dans des parfums légers et délicats qui ne cachent plus la personnalité mais l'expriment et l'exaltent.
On se passionne pour l’eau de rose et l’eau de lavande qui sentent si frais ; la violette est reine. La beauté admet désormais l’imperfection, et la séduction passe par l’estime de soi.
La notion de bain se banalise alors. Pour Louis XV, la salle de bains est un lieu intime, facile à chauffer puisque bien isolée et entresolée. Selon l’usage, ces pièces sont dallées de marbre, et parfois équipées de deux baignoires placées côte à côte : l'une pour se savonner et l'autre pour se rincer. Les cuves étaient en cuivre, tapissées de linge pour ne pas irriter la peau. Deux robinets pour l'eau chaude et froide étaient reliés à deux réservoirs, dont un était chauffé, disposés dans l’entresol et alimentés par des valets (les « baigneurs-étuvistes ») tous les jours. Louis XV se faisait frotter avec un pain de Marseille. On se repose des fatigues du bain dans une autre pièce, la « chambre des bains » dans laquelle le roi étendu séchait à l’air libre ou se faisait masser et épiler. Les cheveux ne doivent pas être mouillés ; ils sont frisés au fer, coiffés pour être dégraissés. Il arrive que le temps manque pour la coiffure, alors on met la perruque. Les hommes se baignent nus, les femmes portent une longue chemise.
Les femmes aussi reçoivent pendant leur bain par leurs femmes de chambre, les baigneuses, qui préparent le « bain de modestie » (sachets de poudre d'amande, d'écorces d'orange, de racines d'iris parfumant le bain et assouplissant la peau), Elles le prennent le matin, le cérémonial de la toilette peut durer quatre heures pour la reine. C'est l'occasion de prendre des leçons de langue, de faire venir un professeur ou de recevoir sa société la plus intime. Le petit déjeuner n'existe pas alors, les gens ont coutume de prendre une collation, une tasse de liquide chaud durant le bain (thé au citron pour Marie-Antoinette). Les femmes ne se mouillent jamais les cheveux elles non plus, elles les font peigner parfois pendant des heures pour les dégraisser. Pendant le bain, elles les attachent avec une toile plus ou moins volumineuse appelée charlotte.
Les salles de bains ont souvent été déplacées, modifiées ou réinventées à mesure que progressaient les techniques du confort (eau courante, cabinet de chaise à l’anglaise). On ne connaît pas exactement le nombre qu’en abritait le Château, mais pendant la seconde partie du XVIIIe siècle, chaque membre de la famille royale avait la sienne.

Le bain de Marie-Antoinette
Marie-Antoinette possède plusieurs appartements des bains au sein même du château de Versailles. Un dans l’appartement intérieur contigu à son grand appartement et composé de trois petites pièces faciles à chauffer (salle du bain, chambre et cabinet de chaise), et une grande pièce des bains finie d’être aménagée quelques mois avant la Révolution, au sein de l’appartement en rez de cour, qui assurait les deux premières fonctions, et complétée par un petit cabinet de chaise éclairé en second jour. "Sa modestie était extrême dans tous les détails de sa toilette intérieure ; elle se baignait vêtue d’une longue robe de flanelle boutonnée jusqu’au col, et, tandis que ses baigneuses l’aidaient à sortir du bain, elle exigeait que l’on tînt devant elle un drap assez élevé pour empêcher ses femmes de l’apercevoir." (Extrait des Mémoires de Madame Campan). Lorsque l’on sait que la dernière salle des bains aménagée par la Reine prenait le jour au rez de cour de la cour de marbre, à hauteur de vue de tout un chacun, on comprend une telle pudeur.
Le bain est parfumé : " J'ai employé quatre onces d'amandes douces mondées, une livre d'Enula campana, une livre de pignons, quatre poignées de semences de lin, une once de racines de guimauve et une once d'oignons de lis. Je vous recommande ensuite de mettre à chauffer de l'eau de rivière, principalement de celle qui est passée sous la roue du moulin, suffisamment pour un bain, et lorsqu'elle est chaude à propos, de la jeter dans la cuve. La reine doit s'asseoir sur le grand sachet et servez-vous des deux autres, qui contiennent aussi du son, pour lui en frotter le corps." (Extrait de Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette par Elisabeth de Feydeau).

La valse des sanitaires
Lorsque le château est déserté par la Cour à la fin du XVIII°s puis lors des transformations par Louis-Philippe en musée dédié « A toutes les gloires de la France », ces pièces de commodité sont toutes détruites. Peu de vestiges nous sont parvenus intacts : traces des robinets dans les lambris, vestiges des chaufferies d’entresol, poêle en faïence de la salle des bains de Mme du Barry retrouvé intact derrière une cloison.
Il est toutefois une anecdote intéressante : Louis XVI et Marie Antoinette avaient fait aménager pour leur usage privé des cabinets de chaise dits « à l’anglaise », de la plus haute modernité. En effet, ces sanitaires fixes, dans des pièces dédiées (fini la chaise percée mobile habillée d’un velours peu hygiénique) étaient en lambris d’acajou (bois d’importation imputrescible, très utilisé en Angleterre, d’où le nom) et équipés d’une canalisation qui permettait l’évacuation directe en fosse des matières sans avoir quelques seaux à vider et à promener dans les couloirs et les salons.
Ces lieux disparaissent après la Révolution mais sont restitués près de 50 ans plus tard, selon les plans du XVIII°s -tant leur modernité était encore d’actualité- pour l’usage de Louis Philippe et de la reine Marie Amélie, dans ce qui devient leurs appartements privés à Versailles, utilisés lors des réceptions qui peuvent être organisées dans le château.
A nouveau supprimés à la fin du second Empire par la France républicaine, les plans de ces sanitaires Louis Philippard ont été exhumés à la fin du XX°s pour permettre une nouvelle restitution sensée évoquer cette fois ceux en place à la fin de l’ancien régime et dont ils étaient la copie fidèle.

Le chalazion en 3 questions..., et 3 réponses

, 08:03

Par le Docteur M.B. Médecin Ophtalmologiste. - Qu'est ce qu'un chalazion ? - Qu'est ce que ce n'est pas ? - Comment le traiter ?

1 Qu'est ce qu'un chalazion ?

Le chalazion est une petite tuméfaction palpébrale indolore le plus souvent, parfois légèrement inflammatoire. Il est dû à l'obstruction du canal d'une glande de Meibomius. Ces glandes sont situées dans l'épiderme des paupières. Elles secrètent un liquide gras qui constitue un élément important du film lacrymal. En cas d'obstruction du pore excréteur, le liquide s'accumule : c'est le chalazion. Sa taille peut varier d'un jour à l'autre. Il peut disparaître spontanément. Néanmoins, la plupart du temps, il faut le traiter, et en traiter si possible la cause pour éviter les récidives au même endroit ou ailleurs.

2 Ce que ce n'est pas ?

Ce n'est pas un orgelet ou « compère loriot » en vieux français, avec lequel on le confond souvent. L'orgelet est un furoncle d'un cil, donc une infection le plus souvent due à un staphylocoque doré. Il s'accompagne d'une inflammation plus importante,d'un oedème, et souvent de douleurs. Il nécessite un traitement antibiotique local adapté prescrit par un médecin généraliste ou ophtalmologiste, voir même dans certains cas un traitement par voie générale, Comme tout furoncle, en aucun cas il ne doit être manipulé, pressé, percé...

3 Comment traiter le chalazion ?

Il est préférable au début d'éviter le maquillage et le port de lentilles de contact. En cas d'inflammation importante, un traitement local par pommade associant un antibiotique et un corticoïde est utile pendant 4 à 5 jours. Puis le traitement « de fond » va s'attaquer à la cause : c'est à dire « l'engorgement ». Ce traitement est simple, non coûteux, mais doit être poursuivi longtemps, avec persévérance, avec bien sûr des précautions d'hygiène évidentes. Il consiste à d'abord réchauffer la paupière pour faire ouvrir le ou les pores obstrués. Pour cela, on appliquera matin et soir pendant 10 minutes une compresse stérile, ou même un gant de toilette propre, imbibés d'eau chaude. Puis on massera, doucement, sans le presser, le chalazion pendant 3 minutes. Ceci afin de faciliter le drainage.

Pour cette manœuvre, on peut utiliser une pommade ou un gel antiseptique, mais cela n'est pas indispensable. Ensuite, on rince le bord de la paupière avec du sérum physiologique (en unidose). On verra rapidement apparaître le liquide blanchâtre d'excrétion au niveau du pore obstrué, et au bout de quelques jours le volume du chalazion diminuer. Ce traitement doit être poursuivi au moins 1 mois, parfois plus, pour une guérison complète. On évitera ainsi l'enkystement de la lésion, qui nécessiterait un acte chirurgical afin d'ôter la coque résistante qui s'est formée.

  • * * * * * *

En cas d'échec de ce traitement, de récidives multiples, ou d'autres localisations, une visite chez l'ophtalmologiste s'impose. Celui-ci pourra retrouver éventuellement une cause spécifique, en particulier un problème optique non corrigé (astigmatisme, hypermétropie), ou un trouble de la vision binoculaire qui semblent favoriser les chalazions ; ou bien encore une autre cause locale ou générale (telle que l'acné rosacée).

joyeuses fêtes

, 10:42

Gilles Orgeret se presse de déclarer : "tous les kinés de France se massent avec moi pour vous souhaiter de joyeuses fêtes et une bonne année 2015"

kine_presse.jpg

Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale

, 09:47

Vu à la télé et sur le net, lu dans la presse : « Ce que votre smartphone ou votre tablette fait à votre colonne vertébrale ! ». Du grand n’importe quoi !!!

Certains spécialistes nous avaient déjà prévenus que les cellulaires donneraient le cancer, ou pour le moins nuiraient gravement à notre santé. Cette information n’a rien changé à nos habitudes faute de preuves valables. Et voilà maintenant qu’internet, la télé, la Presse grand public nous révèlent que selon un chirurgien spécialiste de la colonne vertébrale, le Dr Kenneth K. Hansrai, d’avoir la tête penchée en avant sur nos cellulaires et tablettes, de 2 à 4 h par jour, influencerait grandement notre posture, et correspondrait à l’équivalent d’une charge de 27 kilos sur notre cou.
Le journal anglais « Telegraph » de son côté, cite un chiropracteur anglais Rachael Lancaster, qui parle de « texte neck », caractérisant une « épidémie » de maux du cou touchant les accros au smartphone. Rien moins que cela !

Il est vrai que toute posture tenue durant un certain temps est forcément contraignante. Ce n’est pas nouveau. Seulement prétendre ensuite comme le fait le docteur Hansrai, que c’est comme porter un enfant de huit ans sur les épaules, là je m’insurge !!! Il n’y a d’ailleurs qu’à tenter l’expérience. Le résultat sera parlant. Un enfant porté sur les épaules créée une telle contrainte sur celles-ci, qu’il est impossible de tenir la posture plus de quelques minutes, avec à la clé d’immédiates et douloureuses tensions dans le cou et les épaules. Alors que nos tablettes et smartphones sont ultra-légers et ne suscitent pas cet inconvénient.

Et que dire des passionnés de lecture (porteurs de livres parfois très lourds), de tricot, de broderie, qui adoptent la même posture durant des heures ? Pourquoi les exclure de l’étude ? Lire un document en baissant le cou n’est pas nouveau. Ce n’est pas une pratique née avec les tablettes.
J’ajouterai que les sacs des Dames portés des heures durant et contenant tout un fourbi parfois inutile, sont aussi très lourds. Ils tirent sur l’épaule et donc sur le cou.



Les maçons, plombiers, aides-soignantes (qui s’occupent de patients souvent très lourds et peu mobiles) entre autres exemples, qui ne respectent pas les règles d’économie rachidienne (du dos) aussi bien dans leur activité professionnelle que dans leur vie privée (jardinage, bricolage, ménage avec l’usage de l’aspirateur notamment), risquent de souffrir davantage de ce manque de précautions, qu’à cause de l’usage même intensif de leur cellulaire.

Si l’utilisateur de cellulaire, de tablette, fait de la « gonflette » régulièrement, ou bien du VTT, du judo, de la boxe, ces activités peuvent aussi largement contribuer à son mal.



La station assise prolongée sur des sièges inadaptés, est l’une de mes « bêtes noires ». Je l’ai évoquée à maintes reprises dans ce blog. Si l’on est mal assis durant des heures, à pianoter sur un ordinateur ou devant une table à dessin par exemple, les contraintes sont autrement plus considérables sur la colonne vertébrale qu’avec un cellulaire.

L’un de ces « spécialistes » dit qu’il faut : « garder ses oreilles dans l’alignement du corps », c'est-à-dire garder la tête droite en téléphonant ou en utilisant sa tablette. C’est idiot, car dans ce cas on est obligé de soulever son bras plus haut pour atteindre l’oreille, ce qui surmène l’épaule. Or, épaules et cou sont étroitement liés. D’ailleurs, un Kiné ou un Ostéo qui traite chez un patient des douleurs de cou, doit aussi traiter l’épaule, et inversement. Mieux, il doit examiner son patient de la tête aux pieds et corriger l’appui au sol s’il y a lieu.

Il faut savoir que le « phénomène douleur chronique » implique tous les composants du cerveau. En trouver l’origine est un véritable casse-tête. Il est par exemple démontré que l’on ne connait la cause réelle d’une lombalgie commune que dans cinq pour cent des cas.
Alors, incriminer automatiquement le cellulaire ou la tablette numérique pour de subites douleurs du cou, relèverait du grand n’importe quoi.

En cas de douleur chronique, on évoque également une « atrophie » du Thalamus, le noyau cérébral qui contrôle douleurs, mouvements et postures (voir le précédent billet sur ce blog). Ce qui implique de brusques assauts douloureux sans lien direct avec l’activité pratiquée. Le cerveau « disjoncte » brusquement sans prévenir ! De quoi encore compliquer la donne en matière de diagnostic dans l’origine des douleurs.

Un conseil très simple :



En téléphonant ou en maniant sa tablette, il suffit de poser son avant-bras sur un support, ce qui soulage grandement les contraintes exercées sur le cou. Finis les 27 kilos de pression sur le cou !

Halte au spectaculaire à tout prix dans la Presse grand public, au scoop qui n’en est pas un parce que relevant d’études scientifiques mal conduites !

Profession kiné : garder un œil d’expert. L’éternel thème de la lombalgie chronique

, 07:09

En hommage ce jour à Monsieur Roger Federer, qui est handicapé par son dos.

On est aisément conduit à remettre en question ce que nous avons appris durant nos études, étant donné qu’il y a beaucoup de théories qui s’avèrent fausses au fil du temps, et qui sont encore enseignées comme des dogmes. Ainsi les différentes approches concernant les protrusions discales rachidiennes (hernies) concernant la « décompression », la « stabilisation », méthodes rééducatives largement préconisées et qui sont malheureusement assez contradictoires. Les exercices de « décompression » sont censés remédier à l'action néfaste de la pesanteur. Toutefois il y a l’exemple des astronautes qui ont quand même des problèmes de dos, et ceci même en l'absence de pesanteur.
Par ailleurs les techniques de « décompression », telles « inversion » ou « stretching », peuvent entrainer une hypermobilité vertébrale, c'est-à-dire une forme inquiétante d’instabilité.
En ce qui concerne la « stabilisation rachidienne », tout verrouiller comme le préconisent bon nombre de confrères (le fameux « verrouillage lombaire ») n'est pas non plus une solution, car une bille placée entre deux cylindres aura tendance à être expulsée d'autant plus facilement que les haubans reliant les deux cylindres sont tendus.

Le problème majeur découlant des hernies intradiscales vient sans doute de « patterns de mouvements défectueux acquis». C’est-à-dire de schémas moteurs devenus inefficaces. Les gestes et mouvements que nous exécutons alors, même ceux qui visent à cibler l’économie rachidienne comme de bien plier les genoux en se baissant pour ramasser un objet au lieu de courber le dos, ne sont plus efficaces.
Le problème relève d’un mauvais fonctionnement du cerveau.
Le thalamus (l’un des centres de commandement majeurs du cerveau régissant douleur, postures et mouvements) est endommagé, il envoie parfois de mauvais signaux*. Pour donner un exemple simple, si l’on compare notre cerveau à un ordinateur, c’est un peu comme s’il était parasité par un virus. Imaginons que pour exécuter un mouvement, nous tapions sur le clavier : « Baisse-toi pour ramasser ton stylo (par exemple) en faisant bien attention à ton dos ! ». Si le virus est inactif, le geste va se faire sans mal, mais si le virus est actif, il va parasiter le mouvement et l’on sera victime d’un prétendu « faux mouvement ». Le cerveau aura enregistré : « Ouille, en me baissant, je vais fatalement avoir mal ! », même si le mouvement a été correctement réalisé.

Comment s’en sortir alors ?
De quels moyens le kiné dispose-t-il pour améliorer cela ?

Ma solution, laquelle, si elle n’a pas été testée scientifiquement a le mérite d’aller dans le bon sens puisqu’elle est logique, consiste à stimuler la propioception** par la voie nerveuse centrale « voie bulbo-thalamique ». La propioception consciente étant à la base de notre schéma corporel.

Exemples d’exercices, à réaliser et c’est important, les yeux fermés, quotidiennement pendant trois minutes :

- « L’arbre », du Yoga. Debout sur un pied, tenir la position le plus longtemps possible.

- Mettre un matelas en mousse sur le sol et marcher dessus les yeux fermés.

- Rouler un gros ballon (swiss ball, Klein) sous un pied, puis sous l’autre (exercice décrit avec photo sur ce blog au 30.09.2012). S’asseoir dessus, lever un pied, puis l’autre.

D’autres exercices sont décrits dans ce blog, avec photos à l’appui (14 et 27 décembre 2012).

· Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associated with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. “Arthritis Rheum 2010 ; 62 : 2 930-40.
· ** La propioception désigne l’ensemble des composants corporels concourant à la perception du corps et au maintien de l’équilibre.

En cas d’épaule douloureuse, de mal au cou, optez pour les « anneaux claviculaires »

, 10:35

Indépendamment des séances de rééducation pratiquées, les patients souffrant des épaules pour tendinites (tendinopathie de la coiffe des rotateurs, du long biceps), ont la nécessité de prendre certaines précautions, comme d’éviter certains gestes à risque, s’ils ne veulent pas aggraver leur problème (recherche des « voies de passage », mouvements pendulaires, renforcement isocinétique de la musculature). Ceux qui souffrent du cou également. Il faut savoir qu’épaules et cou sont intimement liés.

Quant on porte une charge trop lourde par exemple, c’est d’abord le cou qui fait mal, bien avant les épaules. Aussi le kiné doit-il s’occuper de la zone rachidienne cervico-thoracique, avant même de toucher à l’épaule. Tout cela est lié, il y a relation de proximité.

La rééducation de l’épaule dégénérative fera l’objet d’un prochain billet, nous n’entrerons donc pas ici dans le détail.

Il se trouve que lorsqu’on souffre d’une ou des deux épaules, bon nombre de gestes « font mal », et nous handicapent au quotidien, car il est impossible de prendre le temps d’analyser chaque geste précisément avant de le réaliser. La pratique de certaines activités est à haut risque d’aggravation : jardinage, ménage, conduite régulière de certains engins (moto, bus ou taxi), métier d’aide soignante, manipulateur radio, soigneur d’animaux, métiers de la restauration, du bâtiment, déménageur, manutentionnaire, etc.

De la même manière que lorsqu’on souffre du dos on porte une ceinture, le sanglage proposé ici est une « astuce » fort efficace pour pouvoir continuer à vivre normalement sans avoir mal au cou ou aux épaules en s’activant.

Il s’agit des « anneaux claviculaires » qui servent habituellement en cas de fracture de la clavicule, et dont j’ai élargi l’usage.

Durant les activités risquant de surmener vos épaules protégez-vous ainsi :

Se munir d’un tissu solide mais souple, ici il s’agit de Jersey coton, largeur 10 cm.

Photo 1 : passer les deux bouts du jersey en boucle par dessus la partie du jersey placée sur la nuque.
Photo_1.JPG

Photo 2 : le jersey doit être mis bien à plat sur les épaules, il ne doit pas rouler. Ensuite, bien tirer les deux bouts du jersey vers le bas pour abaisser les épaules, d’autant que se produit un certain relâchement du tissu après. Faire un nœud de chaque côté.
Photo_2.JPG
Photo3.JPG

Photo 4 : bon placement des épaules.
Photo_4.JPG

Nota :

Il existe également sur le marché pour moins de cinquante euros, bon nombre d’anneaux claviculaires faciles à enfiler tout seul : exemples : Pour adultes « blocage claviculaire Gibortho » de Gibaud, et pour vos juniors : « Ligaflex Junior » de Thuasne (voir sur internet).

Le thème de la photo n'est pas celui qu'on pense !

, 16:32

7716020948_9b23523c6a_z.jpg
photo : Philippe Brière

La dame âgée est fort mal assise, elle ne ménage ni ses hanches, ni son dos. Quant-au photographe, lui non plus ne montre pas le bon exemple.
Rares sont les personnes qui ménagent leurs articulations dans les activités de la vie quotidienne. Pourtant, ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?
Dans un monde où surabondent les images, on ne voit jamais quiconque donner le bon exemple en pliant les genoux plutôt que le dos en se baissant, ni être convenablement assis, la bonne position assise étant celle qui respecte un angle tronc-cuisses de 130° ( la position du cavalier). Position qui surmène le moins les vertèbres lombaires.

Etonnez-vous après cela que les médecins du travail, les ergonomes, ne parviennent pas à faire efficacement passer leur message ! Les personnes auxquelles ils s'adressent ont emmagasiné tellement d'images contraires au bon usage, qu'elles sont devenues hermétiques.

Il en est de même pour le tabac ou l'abus d'alcool. Tant que les médias continueront de déverser des millions d'images de peoples cigarette au bec ou en train de se soûler, peoples qui sont des références absolues pour bon nombre d'entre nous, le message ne passera pas. Cessons de nous illusionner !

Scoliose de l’enfant

, 09:19

Une maman m’a dit récemment : « Il n’y a rien sur votre blog concernant la scoliose ! ». J’ai répondu : « Coupable ! ». Comment cela se peut-il, alors que mon expérience est continue et s’étale sur trente années ? D’où ce billet.
Michael_Kenna_statue_dos_vaux_le_vicomte.jpg
(photo : Michael Kenna : statue, Vaux le Vicomte)

Définition

La scoliose juvénile idiopathique* évolutive (non neurologique ou neuromusculaire), se caractérise par une déformation de la colonne vertébrale dans les trois plans de l’espace (frontale, le fameux « S », avec rotation et inclinaison des vertèbres). Les scolioses dorsales (thoraciques) sont toujours plus évolutives, donc plus graves que celles situées plus bas (thoraco-lombaires et lombaires).
Les vertèbres sont comme les cubes en plastique avec lesquels jouent les enfants. Au nombre de vingt quatre, elles sont empilées et solidement accrochées l’une à l’autre. En cas de scoliose ce complexe assemblage se déforme, incapable de s’adapter correctement aux contraintes de la pesanteur. L’enfant est déséquilibré « de la tête aux pieds ».

Voilà bien défini un syndrome de déficience posturale, à prendre en compte en rééducation dans toute sa complexité, au risque sinon de ne pas être efficace.

Risque évolutif

Une scoliose est dite évolutive quand elle s’aggrave d’au moins un degré par mois au test de Cobb, deux degrés par mois durant un an correspondant aussi à une notion d’évolutivité inquiétante. En fait, il s’agit d’une « révolution », le corps se modifiant profondément avec déficit esthétique (déformation du dos) et fonctionnel (perte de souplesse, déséquilibre musculaire, parfois même problèmes respiratoires pour les scolioses dorsales). S’y ajoute une dimension psychologique qui n’est pas la moindre. A l’âge où s’affine le souci de l’apparence, il est difficile d’assumer la déformation de son dos, notamment quand « l’autre » a les yeux dessus, comme à la plage ou en pratique sportive. En cas de port d’un corset, c’est pire. Entre onze et quinze ans s’opère la structuration du « MOI ». Cette tranche d’âge se caractérise par une instabilité psychologique qui ne facilite pas les choses. L’aide d’un psychothérapeute peut s’avérer nécessaire.

Il est dit que la scoliose débute dans le ventre de la maman. Plus elle apparaît tôt dans l’enfance (nourrisson : 0 >1 an, juvénile : 3 > puberté, adolescent : dès la puberté), plus elle risque de s’aggraver. Il ne faut pas manquer de la dépister avant la puberté, et moins encore de rater le virage dangereux de la poussée pubertaire appelé « couloir stratégique** », au début de l’ossification de la crête iliaque *** (Côtée « Risser 1 »). A : « Risser 0 », le risque est quatre fois plus grand qu’à « Risser 3 ou 4 ».

Alors qu’une scoliose de moins de 20° a fort peu de risques de s’aggraver, les trois quart s’aggravent au-delà de 20°, et toutes à plus de 30°.

Autres facteurs de mauvais pronostic : dos plat, asymétrie des côtes.

Appareillage

Une scoliose évolutive qui dépasse 20°, oblige au port d’un corset (Cheneau, Boston, Lyonnais, Milwaukee), ainsi qu’à la pratique régulière d’une rééducation de qualité. Il est porté de manière permanente ou parfois seulement la nuit, la croissance se faisant principalement durant le sommeil. Pour accepter le corset, on ne peut demander à un enfant, comme le font certains professionnels de santé, de «se projeter sur l’avenir » en s’imaginant à l’âge adulte. Lui dire par exemple : « Quand tu seras grand(e), tu seras bien contente d’avoir un dos plus droit, ton avenir est tout ce qui compte ! ». Pour un enfant seul compte le moment présent, et alors que jusqu’ici il pouvait faire des galipettes, des roulades, courir en tous sens, chahuter, avec le corset c’est fini. Ses proches devront donc l’aider à réorganiser ses activités, et à trouver de nouveaux pôles d’intérêt ludiques pour atténuer le traumatisme psychologique. Il faut se méfier des enfants qui prétendent que cela ne leur pose aucun problème. Ils refoulent leur dépit. En résumé, il importe de se mettre à la portée de l’enfant, de l’écouter et lui expliquer les choses avec des mots qu’il peut comprendre. Un enfant n’a rien d’un adulte en miniature !!! Le port permanent d’une telle « carapace », provoque un paramorphisme inversé (altération de la forme à visée correctrice). Avant le corset, la progressive déformation de la colonne oblige les membres inférieurs à s’adapter pour maintenir l’équilibre, ce processus est subitement inversé. L’enfant ne peut garder l’équilibre que s’il modifie de nouveau ses appuis, avec pour conséquence une orientation modifiée de ses hanches, genoux et pieds, et donc une incidence sur la musculature gainant ces articulations. Le « haubanage » s’oriente différemment, il suit le « fluage » vertébral, d’où risques de tensions voire de déformations à plus ou moins long terme au niveau des membres inférieurs, si le « virage » correcteur du corset n’est pas convenablement réalisé. Le port de la tête même est modifié, pour adapter le regard. Tout cela provoque un inévitable chamboulement dans l’équilibre. D’où l’importance d’une rééducation de qualité ne ciblant pas que l’assouplissement, mais également la propioception, voire l’oreille interne si elle est atteinte. Si l’équilibre n’est pas amélioré par la rééducation, le travail d’assouplissement entrepris par exemple ne tiendra pas. Les tensions musculaires et contractures reviendront, étant consécutives à de constantes adaptations (inconscientes) aux postures adoptées spontanément par le sujet durant la journée. Thérapies Manuelles (Ostéopathie, Myothérapie, Thérapie Normotensive).

L’avantage de ces thérapies est qu’elles considèrent le patient dans sa globalité (concept holistique), traquant et traitant les répercussions de la scoliose sur l’ensemble du corps.



Toute manipulation (le thrust) pour soi-disant assouplir la colonne, est rigoureusement interdite car inefficace et dangereuse ! En général aucun jeune de moins de seize ans ne doit être manipulé pour quelque raison que ce soit.

Par contre les manœuvres douces de thérapie manuelle dites « tissulaires » (sur les fascias) sont utiles, bien qu’elles ne suffisent pas à traiter à elles-seules efficacement la scoliose. Quand le corset s’impose par exemple, il ne faut pas tergiverser et le porter ! Si votre Ostéo prétend pouvoir assumer à lui seul la scoliose de votre enfant sans l’aide du corset, ne vous laissez pas convaincre, changez d’Ostéopathe.

La thérapie manuelle par Brachy-Myothérapie est d’un grand intérêt (voir sur internet).

Ma préférence va à la thérapie Normotensive (voir sur internet).

L'électrostimulation externe nocturne

La stimulation électrique se pratique de nuit, du côté convexe de la courbure vertébrale, par électrodes posées sur la peau et reliées à un petit boîtier fournissant un courant de basses fréquences (le muscle se contracte sous son effet).
Indications :
Scolioses évolutives en période de croissance, souples, inférieures à trente degrés.
Problèmes :
- Elle est mal supportée. Le courant n’est pas agréable. De plus, quand on bouge durant le sommeil, les électrodes ont tendance à bouger et envoient de petites décharges fortement désagréables qui réveillent le dormeur en sursaut.
- Son efficacité est largement contestée.

Rééducation
Mon expérience concerne la tranche d’âge onze - seize ans.
Toutes les scolioses dépassant les quinze degrés, celles s’aggravant de un à deux degrés par mois, imposent une rééducation de qualité. La durée de prise en charge s’étale sur plusieurs années, et ne doit surtout pas rater le fameux « couloir stratégique »**. La rééducation s’arrête à la fin de la croissance, le dos nécessitant ensuite les mêmes précautions que pour n’importe qui d’autre (prévention des gestes à risques, lutte contre la sédentarité).
Les enfants souffrant de scoliose ne risquent pas à l’âge adulte de souffrir davantage de leur dos que n’importe qui d’autre s’ils en prennent soin, mettant notamment en pratique tout au long de leur vie les conseils que je prodigue au fil de mes billets dans ce blog.

Les publications scientifiques nous enseignent que malgré les traitements, les scolioses régressant spontanément sont exceptionnelles, et cela toujours en période pré-pubertaire ainsi que seulement pour les moins de 15°. Si ce chiffre est décourageant au niveau national, la raison en est que la plupart du temps la prise en charge est défaillante. Combien d’enfants bénéficient-ils de l’ensemble des contrôles et soins détaillés dans ce billet ?

La rééducation oui, mais sérieusement conduite

Attention aux séances de rééducation bâclées ! Quelques exemples :
- Une séance de gym sans surveillance. Le Kiné doit constamment veiller à ce que les exercices soient correctement réalisés. Trop souvent les exercices sont montrés à l’enfant lors de la première séance, puis les autres fois il est laissé seul sans surveillance.
- Trente inclinaisons du tronc en position assise d’un côté puis de l’autre, avec ensuite un petit massage, est une escroquerie (masser un dos scoliotique ne sert aucunement à l’améliorer. C’est juste un petit plaisir) !
- Une séance ciblant le renforcement des abdos est une absurdité (tel cet exercice : enfant couché sur le dos hanches fléchies, on lui demande de dessiner des lettres en l’air du bout des pieds). En cas de dos plat, si l’idée est d’arrondir le dos en raccourcissant les abdos, tout ce qu’on obtient est un (hypothétique) effacement de la lordose lombaire, ce qui augmente les contraintes lombo-sacrées. Le dos reste plat mais ce méplat se prolonge vers le bas avec surmenage du cou qui se courbe d’avantage pour que le regard reste horizontal. De plus, faire du renforcement abdominal une priorité (crunch, sit up) induit un dangereux déséquilibre musculaire, et augmente les pressions sur le périnée (risques de fuites urinaires chez les sujets fragiles).

Sport
Il faut gainer, harmoniser la musculature dans son ensemble, sans oublier les membres (un tronc musclé avec des membres grêles est une absurdité !). Il faut renforcer les muscles faibles de l’ensemble du corps pour les mettre au niveau de ceux qui sont forts.
Il faut se rappeler également que la force de l’enfant est limitée. Toute recherche de renforcement est illusoire en raison de la forte production énergétique due à la croissance.
Quant aux exercices d’assouplissement, pour être efficaces ils doivent être actifs. Les étirements passifs sont contre-productifs. Il faut faire pratiquer à l’enfant des ERATM (Etirements raisonnés actifs myotendineux. Voir sur internet). S’ils sont accompagnés d’élongations axiales comme je les pratique, et/ou accompagnés d’une thérapie manuelle, l’effet est bien supérieur.
Certains médecins disent qu’il vaut mieux éviter le sport durant la première année du corset. C’est une erreur. Le port d’un corset 18 heures, ou plus souvent 23h sur 24, s’oppose à un fonctionnement normal de la musculature et
contrarie la propioception. C’est dire l’importance du sport pour compenser (notamment les sports à impact et en extension comme basket, volley ball).
Si l’enfant doit impérativement continuer le sport à l’école et durant ses loisirs, il doit éviter les activités à risques de chutes (judo), ou sources de traumatismes fréquents (rugby, foot, accrogym). Activité sportive intensive et sports asymétriques (escrime, tir à l’arc, tennis) qui augmentent les paramorphismes (altérations de la forme), sont vivement déconseillés.

Vincent est le gentil papa d’une petite fille adorable dont je m’occupe. Comme tout papa inquiet il a consulté sur internet presque tout ce qui se rapportait à la scoliose. Il m’a dit savoir que : « Certaines nageuses professionnelles qui ont des scolioses, se sont retrouvées très jeunes en bassin d’abord uniquement à cause de leur scoliose parce que leur médecin le leur préconisait, la passion de la natation étant venue après. Trois heures de dos crawlé par jour ont fait des miracles ! ».Vrai ! Seulement, un entraînement pareil n’est pas à la portée de tout le monde. Il est à noter également que le dos crawlé ne suffit pas, car ce sont les muscles antérieurs du tronc et ceux des épaules qui sont largement privilégiés au détriment des muscles postérieurs (ceux du dos), surtout en cas d’entraînement intensif. Il faut toujours y ajouter à sec un gainage du dos.

Exemples de bons exercices proposés sur ce blog : ceux des 10 septembre 2012, et 23 juin 2013.

La pratique de l’équitation sans excès et hors compétition est utile, car un bon cavalier corrige son assiette. Pratiquant le « trop enlevé », il n’est jamais avachi sur son cheval, il se tient bien droit. La bonne position assise, celle qui soulage les vertèbres lombaires (les reins), n’est-elle pas d’ailleurs celle du cavalier (130° angle tronc-cuisses) ?
La rééducation telle que je la conçois
La scoliose n’est pas un « accident » local, mais résulte d’une accumulation de déséquilibres moteurs, articulaires, et neurologiques. Il faut donc attaquer de front tous ces problèmes. Se présente un véritable « syndrome de déficience posturale ». L’enfant a du mal à se tenir debout, il lutte inefficacement contre la pesanteur.

Problèmes d’équilibre
Il y a atteinte de la propioception, et parfois des problèmes vestibulaires. Des tests simples permettent de les évaluer (Romberg pour la propioception, Fukuda pour le vestibule). Mon premier test simplissime consiste à demander à mon patient de se tenir sur un pied puis sur l’autre, yeux fermés.
Le port de la tête est en rapport avec le système vestibulo-labyrinthique. Une asymétrie de tonus des muscles du cou est quasi systématique chez le scoliotique. La tête est mal positionnée sur son « tuteur-colonne ». Pour garder le regard horizontal, le sujet compense en inclinant très légèrement son cou, ce qui modifie toutes les courbures de sa colonne.

La posturologie s’intéresse au sujet debout, or nous sommes devenus des « homos sedens », assis des heures durant, souvent avachis.
La chaise classique à dossier vertical que l’on trouve partout, notamment à l’école, est une agression pour le dos. La pression sur les vertèbres lombaires est augmentée de 50 % par rapport à la station debout (tests de Nachemson). L’apprentissage du vélo peut même poser problème à cause de ces soucis d’équilibre. Dès que l’équilibre a été amélioré par la rééducation, l’enfant tient sur son vélo.
La marche doit être analysée par le kiné et corrigée devant miroir (le port de la tête aussi). Bien s’asseoir !

La consigne est de s’asseoir le plus souvent possible sur gros ballon de gym (Swiss-ball, ballon de Klein), ou sur siège à assise inclinée en avant (assise Mandal). Finie la chaise classique, encore moins le canapé moelleux ! Il s’agit de passer de la station assise passive à la station assise active (voir les billets s’y rapportant sur ce blog).
Malheureusement les sièges des Ecoles, Lycées et Facultés sont des engins de torture pour le dos. Très tôt nos chers bambins apprennent à l’école à mal s’asseoir !!! Etonnez-vous après qu’ils en gardent l’habitude ! Sur un siège classique à dossier vertical, il faut s’asseoir sur le bord de l’assise.
L’usage d’un coussin ferme triangulaire de cinq centimètres d’épaisseur placé sur l’assise, pointe du triangle en avant, permet d’obtenir une légère extension des hanches. Il est donc recommandé aux porteurs de corset. L’adaptation de la station assise à l’école étant un problème, le kiné ne doit pas hésiter à donner ses directives par écrit au professeur principal. Comme réclamer un siège plus bas.

Debout, l’appui au sol doit être analysé (enregistrement stabilomoteur chez un podologue), avec prescription éventuelle de semelles propioceptives, bien qu’il ne faille pas en attendre de miracles. Prises isolément elles ont peu d’effet sur le dos mais s’intègrent logiquement dans un programme global de reconstruction posturale.
- Nota : Tout enfant scoliotique doit perdre l’habitude de croiser les jambes en position assise. Cela entraîne une bascule du bassin, et le dos s’incurve pour compenser. C’est pour tout le monde de toute façon une mauvaise habitude à combattre.

La vue
Les capteurs et effecteurs oculaires sont souvent atteints. Le capteur propioceptif visuel comprend douze muscles oculomoteurs qui ne remplissent pas toujours correctement leur rôle dans leur contribution à l’équilibre général du corps.
Solutions :
- Port de lunettes prismées, prescrites par un Optométriste si nécessaire. Tout enfant scoliotique devrait consulter un Optométriste.
- Une rééducation orthoptique.

La mâchoire
Musculatures de la mâchoire et du cou sont dépendantes l’une de l’autre. Il faut rechercher un éventuel SADAM ( syndrôme algodysfonctionnel de l’appareil manducateur) par « clichés dynamiques bouche ouvert – bouche fermée ». Prescrit par un Orthodontiste, le port d’une gouttière dentaire nocturne peut s’avérer nécessaire.

Le viscéral
Une lésion du contenu abdominal agit sur la mécanique de l’abdomen, et se répercute sur la mécanique générale du corps. Il n’est qu’à donner l’exemple de la femme enceinte chez laquelle dès le septième mois, la masse fœtale tire les vertèbres lombaires en avant, parfois jusqu’à une ptose de la zone sus-pubienne. Une hypertension abdominale unilatérale favorise une attitude scoliotique.

Thérapie normotensive
Le terme « normotensive », procède de la contraction de deux mots : normalisation et tensions (neuromusculaires). Elle prend en compte l’ensemble du corps et traite le syndrome de déficience posturale.

Cette thérapie manuelle est basée sur : le toucher déclenchant (triggering touch), le toucher détenseur (relaxing touch), et un traitement original des « trigger points » (voir billet sur ce blog). Elle traite les dysfonctions de l’appareil locomoteur et viscérales.
Nota :
Des contractures des muscles paravertébraux sont observées cliniquement dans le cas de la scoliose, un problème vestibulaire ou propioceptif du système oculomoteur, les favorisant. Il faut donc rééduquer le problème vestibulaire ou propioceptif.

Acupuncture
Elle est une des branches de la Médecine Chinoise, et affirme réguler l’énergie du corps en agissant sur certains points clés par aiguilles et autres modalités. Je pratique l’électropuncture à l’aide d’un « mini-acusonic » et d’un laser (pour les plus jeunes ou les plus sensibles au courant), la croissance étant une période de flambée énergétique tout autant que de flambées hormonale et scoliotique.
Les points d’acupuncture sont des points de moindre résistance électrique. Les appareils d’électropuncture repèrent ces points dits « électrodermiques », et envoient de petites impulsions correctrices. La longueur d’ondes d’un laser à Infra-Rouges (685-785 nm), permet une pénétration à travers la couche cutanée jusqu’à trois à quatre centimètre de profondeur. Le laser peut donc remplacer l’aiguille.
Certains chercheurs émettent l’hypothèse d’une transmission de l’information acupuncturale à travers le réseau des fibres conjonctives. Points clé : 62 V (thalamus-ouvre), 3 IG (tonique général), RP 5 (thalamus). Stimulation par balayage laser du méridien curieux Chong Mai (qui contrôle l’énergie de tout le corps), points sur Du Mai (Roé Jenn Mai + VB + R).
En auriculothérapie : 0’, L8, T2, W’’ + point thalamique.

Exercices de rééducation
- Sur planche oscillante corporelle (sur ce blog, exemple d’exercice au 27 décembre 2012),
- Sur swiss-ball (exemples : billets des 23.06.3013 et 28 avril 2013 sur ce blog),
- En bassin chauffé.
- Quelques exercices à domicile.
Privilégier gainage et équilibre (exercices pratiqués de préférence yeux fermés, Ex : « l’arbre » en yoga, yeux fermés).

Elongations Mes jeunes patient(e)s bénéficient d’élongations douces **** dont les modalités sont décrites dans ce blog, la plus efficace étant sans conteste « l’élongation active axiale en bassin chauffé » de mon invention (billet du 13 octobre 2013).

Conclusion :
Parents, exigez des soins de qualité pour vos petits anges, leur avenir en dépend !!!

********************************************************

  • Ce qui veut dire : « dont on ne connaît pas la cause », bien qu’on soupçonne fortement une cause génétique. Dans 85 % des cas ce sont des filles qui ont des scolioses. Ce qui suscite une question : le gène « X » sexuel est-il impliqué ? De plus la maman ou la grand-mère de l’enfant atteint de scoliose est fréquemment aussi scoliotique.


** Entre onze et treize ans d’âge osseux chez la fille, entre treize et quinze ans chez le garçon. Toute scoliose qui augmente de plus de 1° par mois dans cette période est dite « maligne ».

*** L’os iliaque est l’os plat latéral du bassin, dont l’ossification de la crête est prise en compte pour définir les phases de la croissance. A Risser 5, la croissance est terminée.

**** Les tractions vertébrales sont interdites aussi bien pour les enfants que pour les adultes, car si on « vous tire dessus », le corps réagit heureusement par des contractions musculaires pour éviter l’arrachement (stretch reflexe).

La recherche d'un bon équilibre est l'un des principes fondamentaux de la rééducation !

, 09:17

IMG_0957.jpg
Photo : Claude Geffroy

Mal de dos chronique, l’absolue nécessité de traiter les « Trigger points »

, 12:27

La plupart des zones du système nerveux central sont impliquées dans le processus des douleurs, quelles qu’elles soient, et ne lui sont pas spécifiques, répondant à d’autres stimulations. Ainsi n’est-il jamais aisé de définir la cause exacte d’une douleur.
En ce qui concerne le mal de dos chronique commun, la véritable cause n’est connue que dans 5 % des cas. Par ailleurs il a été démontré que le psychique est autant affecté que le physique. Alors comment oser prétendre savoir le soigner efficacement ? Pas un mois cependant sans qu’un magazine de la presse grand public ne publie un article ventant des méthodes novatrices, ou beaucoup moins comme Ostéopathie et Chiropraxie, qui sont des médecines manuelles centenaires. Ces dernières donnent d’excellents résultats sur le court terme, et ont le tort d’avoir pour effet pervers de rendre le patient traité chronique et dépendant *.

En matière de méthode soi-disant novatrice, révolutionnaire, il y a eu dernièrement le traitement par « pace-maker lombaire » qui a fait l’objet d’un précédent billet dans ce blog. Pourquoi traité-je cette méthode de « soi-disant novatrice » ? Parce qu’il existe déjà depuis longtemps la « stimulation cordonale », la différence étant dans les zones stimulées électriquement. Dans le pace-maker lombaire on stimule la musculature, dans la stimulation cordonale, la périphérie de la moelle épinière.

Hélas les chiffres sont là, constants, troublants, au lieu de diminuer, ce mal a tendance à augmenter d’année en année. Il est la première cause mondiale d’arrêt de travail.

Trigger points (points gâchette), explication.

C’est la lecture d’un article dans Rhumatologie Pratique, la revue des médecins Rhumatologues, « Traitement des lombalgies chroniques : aurions-nous tout faux ? » D.-J.B. Septembre 2012 : N° 296, qui a agi en moi comme un déclic.
Il disait :
« …/… Les lombalgies sont liées en grande partie à l’incapacité des muscles de se relaxer, tout en permettant une hyperactivité des autres muscles du tronc parfois hypertrophiés de ce fait. ». De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qui est constamment dur, contracté, chez celui qui souffre de manière chronique du dos ? Que ce soit du bas ou du haut d’ailleurs. Cette sensation gênante fait parfois dire au patient : « la douleur aiguë n’est plus là, je vais beaucoup mieux. Je bouge normalement, mais je sens bien qu’il reste de petits points de tension dans mes muscles là où j’ai eu très mal. Et si je fais un « aux mouvement », un mouvement un peu brusque, je sais que je vais me bloquer de nouveau ! ».

Les « Trigger points » ou en Français « points gâchette », sont des sortes de tout petits nœuds durs, permanents, présents dans la musculature. Travell les a évoqués dans les années 50, et a cartographié tout le corps (voir sur Internet), avec quelques oublis néanmoins, il en existe une flopée. Quand on appuie sur ces points douloureux, on provoque l’irradiation ressentie lors des crises, ou parfois de longs trajets douloureux incompréhensibles. Ainsi, en appuyant sur le trapèze (muscle en relief entre cou et épaules), peut-on parfois susciter un fulgurant trajet douloureux ascendant, soit jusque au dessus de l’œil, soit jusque sur le bord latéral de la mâchoire du même côté, soit descendant vers le milieu du dos.

Il existe des théories pour les expliquer mais aucune certitude, et sans traitement approprié la personne en a de plus en plus. Elle ne « s’en sort pas ! ».

Très peu de professionnels de santé font de leur éradication, une priorité absolue.

Il existe des méthodes aux résultats inconstants :

- On peut masser fortement le point (avec le doigt ou un petit objet dur non traumatisant pour les tissus).
- En Ostéopathie on pratique la « mise en aisance ».
- On peut traiter par un froid intense localisé (cryothérapie).
- Faire du « dry needling », en piquant avec une aiguille d’acupuncture à usage unique.
- Le médecin peut pratiquer une infiltration.

Critique :
Le massage n’est efficace que s’il obéit à un protocole précis, tel que décrit ci-après. En Ostéopathie, le massage du point relève de la caresse. Insuffisant ! Piquer comme infiltrer, ont un effet positif, mais tout transitoire (quelques jours).

Traitement normotensif des Trigger points.

Voilà ma méthode.

Le thérapeute et le patient repèrent ensemble les points par pression très forte. Il est évident que lorsqu’on appuie fort quelque part sur le corps cela fait toujours mal, mais dès qu’on est sur un « trigger », c’est « exquis », fulgurant. On ne confond jamais !
En général, on en trouve une douzaine, ou plus. Sachant qu’il faudra les traiter tous. Chaque point nécessite environ une minute de traitement.

- Pour la zone lombaire, le sujet est en ventral, la jambe du côté à traiter en dehors de la table, reposant sur le genou du thérapeute qui est assis à côté (position de détente des muscles pelvitrochantériens).
- Pour le cou, l’épaule, le sujet est assis devant son thérapeute, lui-même assis.
- Pour les points de membre inférieur : position assise du patient en bord de table, pied ne touchant pas le sol.
- Pour le membre supérieur : sujet assis, détendu.

Le sujet doit se détendre en soufflant bien durant la séance bien que la pression soit très forte, très douloureuse, et de préférence légèrement vibrée (toucher déclenchant).

Le « test d’aggravation ».

S’il traite les lombaires, le thérapeute appuie très fort sur le point, et demande au patient si le point lui fait plus mal en flexion, ou en extension de hanche. Le thérapeute positionne ensuite le segment cuisse dans le sens où la douleur est la moins forte, et pose le genou du patient sur ses cuisses.
Pour le cou et la zone entre les omoplates, le patient tourne le tronc d’un côté puis de l’autre.
Pour les membres, l’articulation la plus proche est bougée en flexion-extension, et rotation (si l’articulation le permet). Tirer aussi en rotation axiale sur les segments de membres.

La « voie de passage ».

Patient détendu, il se laisse entièrement faire, ne contracte pas ses muscles, c’est le thérapeute qui la recherche.
Le thérapeute appuie très fortement sur le point en cherchant le positionnement qui permet un perception bien précise : sous le doigt, le Trigger s’amollit soudainement, il devient moins dur. Dès que l’opérateur à trouvé « sa voie », il y reste, ne change plus la position.

- Au niveau lombaire, avec la main qui n’appuie pas sur le Trigger, l’opérateur tire l’aile iliaque (l’os latéral du bassin) vers le bas et en dehors.
- Pour la zone dorsale (zone des omoplates, à partir de la première vertèbre dorsale), il joue sur de très légères rotations du tronc.
- Pour les Trigger du cou (segment supérieur), le thérapeute, toujours derrière son patient, appuie sur les deux côtés du cou en même temps, en légère traction de la tête (en la tirant ver le haut) sans jamais aucune rotation axiale.
- Pour les membres il tourne le segment de membre concerné sur son axe longitudinal.

L’«effet motte de beurre ».

Soudain, après une minute environ, le point ne fait plus mal du tout, et le doigt du thérapeute s’enfonce un peu comme dans du beurre, sur un ou deux millimètres, pas plus.

Nombre des séances :

Deux fois par semaine au début, puis une fois. Les bienfaits sont ressentis dès la première ou la deuxième séance. Ensuite, il faudra peut-être dix, vingt, trente séances. Mais comme le traitement est sans risque, on peut le renouveler à volonté, et le patient trouve lui même souvent entre deux séances, de nouveaux points à traiter.

Conclusion :

Il est évident que pour soigner un mal de dos chronique, ce traitement à lui seul ne suffit pas. Les livres que j’ai écrit sur le sujet, ainsi que de nombreux billets sur ce blog, en témoignent, et vous donneront l’indispensable complément d’informations. Seulement il doit être systématiquement entrepris, à chaque séance, et donne des résultats remarquables.

  • Estrade J-L. Mais qu’est-ce qui marche dans les sciatiques ? Kinésithérapie Rev. 2007 ; (72) : 4-14.

un bon siège, c'est important

, 07:57

Hellen_van_Meene_dos_kine_se_tenir_droite.jpg
photo : Hellen van Meene

Rééducation en Rhumatologie

, 21:25

(suite du billet : Rééducation gériatrique)

La plupart du temps non seulement les médicaments ne guérissent pas, mais ils apportent un lot impressionnant d’atteintes bien plus graves, cardio-respiratoires, ou digestives. Souvenons-nous du Vioxx, qu’on a interdit après quelques accidents gravissimes !
Ainsi ostéopathie, kinésithérapie, ergothérapie, cures thermales, occupent-elles une place essentielle dans la prise en charge de ces pathologies.
Il y a d’un côté les atteintes ostéoarticulaires dégénératives qui concernent l’usure prématurée et le vieillissement, de l’autre les affections inflammatoires dont les principales sont la PR (polyarthrite rhumatoïde), et la SPA (spondylarthrite ankylosante).

En France, la première cause de ce type de consultation est le dos (j’ai écrit plusieurs billets sur le sujet, ainsi que des livres. Les consulter), la deuxième l’épaule douloureuse simple. L’arthrose est devenue le problème de santé «number one», en occident.
Nota : Les cellules graisseuses produisent certaines protéines (adipocitokines) qui favorisent l’arthrose ou déclenchent aisément une crise articulaire aiguë. C’est pourquoi les personnes en surpoids chronique peuvent souffrir sans autre raison (faux mouvement, portage de charges lourdes).

Coxarthrose :

La coxarthrose est une affections articulaire destructrice fréquente au grand âge, et conduisant à la prothèse (PTH). L’obésité a peu d’impact sur cette maladie mais influe sur la gonarthrose (arthrose du genou). Il faut noter les atouts de la voie chirurgicale mini-invasive, avec abord musculaire limité, qui permet d’éviter les risques de luxation.
Le traitement kiné débute par un enseignement des gestes luxants à éviter. Il faut autonomiser le patient le plus vite possible. Sont pratiqués : exercices visant au renforcement du quadriceps (muscle du devant de la cuisse) et des stabilisateurs de hanche (moyen fessier), réapprentisssage à la marche, exercices en piscine. Il faut également renforcer l’équilibre.

Gonarthrose :

L’arthroplastie de genou (PTG), nécessite une mobilisation précoce de la rotule, une récupération toute aussi précoce des amplitudes articulaires en même temps que de la fonction. C’est à dire une flexion à 90°, et une extension complète sans flessum (le genou ne parvient pas à se tendre complètement). Il faut aussi obtenir un bon verrouillage du genou, lutter contre les troubles thrombo-emboliques (phlébite), éviter la boiterie à la marche, ainsi que les déficits musculaires, articulaires et fonctionnels.
L’arthrose de la main quant à elle nécessite souvent, en période de poussée, le port d’une orthèse de repos. Pour plus d’infos sur ces pathologies, ainsi que sur les affections inflammatoires, se référer à mon livre : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! »



L’épaule douloureuse simple : généralités.

Neuf fois sur dix, il s’agit d’une lésion de la coiffe des rotateurs (les tendons des muscles qui font bouger l’épaule). Trop souvent le médecin diagnostique fièrement d’emblée une tendinite du biceps, alors que ce n’est qu’un simple symptôme présent dans quatre vingt dix pour cent des cas. En cas de tendinopathies de la coiffe, le problème relève d’un défaut de cinématique (mouvements). La tête de l’humérus (l’os du bras) n’est pas bien centrée dans sa cavité articulaire. Il sera donc inutile de « papouiller, massoter, ultrasoner » si on ne tente pas de faire en sorte qu’elle se repositionne bien.

Aucune méthode rééducative n’a démontré son efficacité par rapport aux autres, mais il y a des principes généraux. Le MK (Masseur-Kiné) doit traiter cou et omoplates. Il importe d’atténuer la douleur en récupérant une meilleure fonctionnalité de l’épaule. Cela se pratique en travaillant la « cinématique » de celle-ci, à sec et/ou en bassin. Il s’agit d’exploiter les capacités fonctionnelles restantes par des mobilisations appropriées, des exercices gymniques et respiratoires. Il faut également corriger les gestes à risques (recherche des voies de passage). Un massage décontracturant est agréablement perçu par le patient, souvent réclamé, mais insuffisant. Le froid (cryothérapie) est un autre grand classique. Une séance d’une demi-heure est un minimum.

En cas d’épaule gelée (quand elle est bloquée et que la plupart des mouvements deviennent difficiles ou impossibles), la rééducation use en plus d’étirements localisés ( manœuvres de Mennel ou normotensives).

La rééducation sur tendinite : généralités.

Les tendinopathies (tendinites) ne sont pas l’apanage exclusif du sportif, loin s’en faut.
D’une manière générale et après un période de mise au repos, le traitement rééducatif comprend un travail musculaire de type Stanish (pour en savoir plus : internet), une rééducation sensori-motrice (propioceptive), un réajustement des équilibres musculaires, ainsi que des techniques visant à faciliter la cicatrisation ou à diminuer la douleur. Les ultrasons sont peu efficaces (étude randomisée conduite par AP D’Vaz et al - Cambridge - par rapport aux AINS, de l’infiltration ou du placebo.)

prochain billet : Rééducation de l’urgence

Rééducation gériatrique

, 04:56

(suite du billet : Rééducation en Pédiatrie)

Qu’il s’agisse de rhumatismes, de séquelles d’AVC (accident vasculaire cérébral), de maladie de Parkinson (consulter le billet précédent : «Rééducation en neurologie»), le vieillissement est générateur d’un cortège impressionnant de maux et de déficiences aussi divers qu’affligeants. Quels sont-ils ces pépins de santé ? Désadaptation à l’effort, perte d’autonomie sous la forme d’une incapacité à la déambulation, membre(s) supérieur peu ou non fonctionnel, difficultés voire incapacité à l’habillage, à la toilette, dépression.

Ce qui prime, parmi les objectifs masso-kinésithérapiques, c’est l’amélioration de l’équilibre, assis et debout. Il faut ensuite s’intéresser à l’augmentation ou au maintien du périmètre de marche, travail des transferts tels que passages assis-debout et debout-assis, gain d’amplitudes articulaires (notamment les chevilles pour une meilleure adaptation posturale, pour l’équilibre, ainsi que pour une diminution des risques de chutes).

De l’intérêt de la canne :

L’utilisation d’une canne est indiquée dans le cas d’une incapacité à tenir l’équilibre sur un pied pendant plus de dix secondes. L’impossibilité de réaliser cet exercice correctement des deux côtés durant le même laps de temps implique l’utilisation d’une canne anglaise. Dès que le risque de chute est important, il faut avoir recours au déambulateur.

Prochain billet : rééducation en Rhumatologie.

Rééducation en Pédiatrie

, 16:10

(suite du billet : Rééducation en neurologie)

Quand un genou fait mal, ou si l’enfant marche avec «les pieds en dedans», il faut avant tout examiner la hanche. C’est souvent elle la fautive. Le genou n’étant qu’un valet soumis à deux maîtres : hanche et pied (Dr Dolto). Une boiterie doit conduire à un examen de tout le membre inférieur, bassin et dos, en prenant en compte le fait qu’une inégalité de longueur des membres inférieurs (trois centimètres voire plus), n’en est jamais responsable. Des jambes arquées avant l’âge de deux ans, ou ensuite au contraire des genoux en X jusqu’à l’âge de dix ans, c’est banal. Non pathologique.

Un pied plat est quasi normal, un pied creux par contre, fait craindre une maladie neurologique. Rééducateurs avides de multiplier des actes inutiles mais rémunérateurs, passez votre chemin !

La kinésithérapie respiratoire du tout petit vise à assurer un désencombrement bronchique et une meilleure ventilation alvéolaire, car avant deux ans ses efforts sont souvent aléatoires, plus encore quand il a du mal à se retourner dans son lit. En conséquence il faut l’aider à tousser utile. Cette rééducation est pratiquée depuis longtemps en un plan annuel national bien rôdé : le plan bronchiolite. Les mains des kinés est l’élément déterminant de la prise en charge de ces enfants. Elles caressent, massent, mobilisent, soulagent, rassurent. Quelques accessoires facilitent le désencombrement des voies aériennes supérieures : kleenex et sérum physiologique, mouche bébé, sonde d’aspiration avec aspirateur portatif. L’éducation des parents au drainage rhinopharyngé laisse encore à désirer, pourtant, s’il était correctement pratiqué, la société ferait l’économie de bien des hospitalisations abusives. Beaucoup de parents se présentent aux urgences pédiatriques avec un enfant encombré tout simplement parc qu’il n’a pas été correctement mouché, et le médecin peut être tenté « d’ouvrir le parapluie » en l’hospitalisant de manière abusive.

En novembre 2006, la revue médicale «Prescrire» jetait un premier pavé dans la mare en écrivant : «Bronchiolite, pas de kinésithérapie systématique. Absence d’efficacité démontrée, mais risque de fractures de côtes». Pour plus d’informations, consulter la rubrique : billets censurés.

Prochain billet : rééducation en gériatrie.

- page 1 de 7