De la (difficile) validation scientifique.
« Trop de science tue la science. »
Le décret n°2000-577 du 27 juin 2000 relatif à la profession de Masseur-Kinésithérapeute, précise que : « Le MK participe au développement de la recherche en ce qui concerne son exercice », la règle de base étant la reproductibilité (reproductibilité du modèle d’examen du patient, reproductibilité des résultats). L’Agence Nationale de l’accréditation et de l’Evaluation en Santé (ANAES), est chargée d’évaluer et de valider les outils kinésithérapiques. Pour être validée et mériter une reconnaissance nationale ainsi qu’une large diffusion, ainsi que dans le cadre de la « démarche qualité », une méthode de soins doit absolument se plier à un formatage défini par le standard nommé IMRAD, qui se traduit ainsi : « I » pour introduction, « M » pour matériel et méthodes, « R » pour résultats, « A » pour and (et), « D » pour discussion. Celles qui ne passeront pas sous ces fourches caudines seront mises au ban, proscrites.
Auparavant et durant des décennies, le MK n’était pas tenu de justifier du choix de ses méthodes. Il se doit désormais de devenir un «Agrégé Es-papouillothérapie».
Pourtant soyons clair et précis, le métier de kinésithérapeute n’existera jamais en tant que discipline scientifique. Gageons qu’aucune étude rigoureuse ne pourra jamais analyser précisément les mécanismes neurophysiologiques complexes permettant d’expliquer les bienfaits réels de la rééducation. Désirer, selon des critères biomédicaux rigoureux, homologuer une méthode visant à traiter la douleur par exemple, l’une de nos préoccupations majeures, génèrera toujours des doutes quels que soient les critères scientifiques choisis, du fait de l’influence du psychisme dans l’affaire. Si on prend un autre exemple, la bronchiolite, on s’aperçoit que la méthode anglaise-standard est basée sur les vibrations, les techniques de percussion, ainsi que le drainage postural (Conventional Chest physiotherapy) ; alors qu’en France nous privilégions les méthodes d’augmentation du flux respiratoire. Qui a raison, qui est « dans la science » ? Le jugement sur l’exercice de la kinésithérapie est également faussé parce qu’entre deux praticiens pratiquant la même technique, l’un sera efficace parce qu’il est tout bonnement doué, l’autre non.
« Il n’y a pas d’événement, il n’y a que des interprétations ! », disait Nietsche.
Etant donné qu’il y a toujours des hommes et rien que des hommes fatalement faillibles et influençables, pour traduire un fait auquel ils ont assisté, pour le raconter ou l’interpréter, le valider ou le réfuter, on ne peut en effet raisonnablement parler que d’ « interprétation ».
En fait, en tant que connaissance absolue la certitude scientifique n’existe pas. La science n’apporte pas de réponse définitive mais construit les « savoirs », et tente maladroitement de faire le distinguo entre le réel et le possible. L’« hypothèse de recherche » invente une vérité qui devra être vérifiée par des collections de faits cohérents, des expériences méthodiques, des expérimentations en double aveugle. Hélas au travers d’une telle démarche, l’identification de facteurs prédictifs, par exemple, est problématique. Par ailleurs, si on se réfère à un processus pathologique chronique, les études rétrospectives sont sujettes à caution car il est a posteriori très difficile de séparer les causes, des conséquences, de cette évolution chronique.
Du fait de cette obsession européenne du « tout science et uniquement science », certaines techniques rééducatives élevées au statut de dogme durant des décennies, ayant même donné d’excellents résultats, sont aujourd’hui délaissées ou abandonnées. Il en est ainsi de la méthode Bobath en neurologie (pour le traitement des hémiplégiques). Dans le traitement des maux de dos, surtout en ce qui concerne la colonne lombaire, la méthode McKenzie, très en vogue dans les pays anglo-saxons, bénéficie d’une généreuse validation scientifique. Cependant beaucoup d’études la concernant souffrent de faiblesses méthodologiques, et son efficacité est encore insuffisamment documentée. Par ailleurs des études récentes analysant l’option chaleur dans le but de réduire la douleur en cas de lombalgie, donnent l’avantage à la chaleur contre les exercices MacKenzie. Alors, faut-il user de chaleur qui relève pour beaucoup de scientifiques de l’effet placebo, ou de la très scientifique méthode Néo-Zélandaise MacKenzie ?
L’une des failles de cette façon de « penser tout science » tient en un mot : perfectionnisme. La science alimente la science en un débat sans fin, et ne se satisfait jamais de ses conclusions.
Nous ne pouvons pas nous alimenter d’une approche uniquement médico-scientifique du champ thérapeutique de notre profession, il s’agit d’avoir une vision moins manichéenne. Il faut accepter le fait que certaines méthodes de soins soient impossibles à valider, parfois même en contradiction avec la science, et continuer à en user si elles sont efficaces (et sans danger).
Dans un article de la revue « kinésithérapie scientifique » de Juillet 93, Eric Viel, Docteur Es-Sciences, aujourd’hui décédé, et l’un des pères fondateurs de notre profession, disait : « En dépit de ce que voudraient nous faire croire nombre de nos confrères, il n’y a rien de scientifique dans notre métier, tout est technique. Ceci est également vrai pour la médecine et la chirurgie ».
vendredi 1 juin 2012
De la (difficile) validation scientifique.
Par Gilles Orgeret le vendredi 1 juin 2012, 11:08 - profession kiné
dimanche 20 mai 2012
L’effet pervers des médicaments sur la rééducation
Par Gilles Orgeret le dimanche 20 mai 2012, 15:13 - Billets censurés
L’effet pervers des médicaments sur la rééducation.
Il faut être clair : il n’y a pas de médicament sans effet secondaire ! Or, la plupart des patients qui nous consultent absorbent un véritable cocktail de médicaments qui contrecarre nos efforts. Bon nombre d’affections articulaires, de tendinites, sont pourtant directement provoquées ou aggravées par certains médicaments, et si leur consommation n’est pas strictement contrôlée, limitée au minimum, il n’y a pas lieu d’espérer de guérison.
Quelques exemples : les barbituriques tels que Gardénal ou Rimifon sont mis en cause dans la survenue de capsulites rétractiles d’épaule. Les diurétiques augmentent les risques d’accès de goutte chez les hyperuricémiques. Les sulfamides ainsi que certains anti-viraux, corticoïdes injectables, AINS, bétabloquants, ont régulièrement été incriminés dans la survenue de lombalgies, de douleurs articulaires (1). Quelle que soit la méthode rééducative (ou ostéopathique) choisie, le résultat sera alors forcément décevant, d’où les discutables critiques que l’on pourrait faire au rééducateur du fait de son inefficacité dans de telles conditions.
1 - B. Bannwarth, P. Bertin, R. Trèves, J. Dehais. Affections articulaires induites par les médicaments. Le concours médical.
04-12-99.3066-3071.
jeudi 17 mai 2012
Douleurs physiques et morales : le poids des maux, celui des mots. L’importance du toucher.
Par Gilles Orgeret le jeudi 17 mai 2012, 10:19 - massage
Les études démontrent que le principal motif de consultation en Ostéopathie concerne les maux fonctionnels (1), c'est-à-dire ces douleurs du corps qui proviennent uniquement d’un mal-être, mais toutes les disciplines médicales ont leurs « fonctionnels », aucune n’y réchappe, pas même la chirurgie.
Quand on souffre du dos par exemple, on croit la plupart du temps que la cause en est une hernie discale, alors qu’en fait ce sont parfois nos ennuis au boulot ou en famille qu’il faut incriminer, et les mains de l’ostéopathe, du kiné, vont « miraculeusement » nous soigner uniquement parce qu’elles nous touchent, nous rassurent, nous « font du bien ». Touts les métiers de santé ont dans leur clientèle des hypochondriaques, ces gens qui ont des maladies imaginaires. Même la chirurgie n’est pas épargnée, et certaines personnes ne sont satisfaites qu’une fois opérées, même s’il n’y avait pas lieu d’intervenir. L’anxiété est un amplificateur de douleurs quand il n’en est pas l’unique cause. Alors, sommes-nous tous des masochistes qui s’ignorent, car nous-nous complaisons durant toute la vie à maltraiter notre corps (et notre esprit) : recherche de sensations fortes (sports extrêmes, excès d’alcool), mauvaise bouffe, mauvaise hygiène, excès en tous genres (ou à l’opposé ascèse) ou au contraire sédentarité excessive, fainéantise. Il est donc acquis qu’on le maltraite parfois pour soulager une douleur mentale, mais pourquoi opposer le mal au mal ? Ne pourrait-on soulager la douleur mentale par une dosette de bien-être ? Le premier bien-être à la portée de tous est le toucher. Un enfant qui n’est pas touché perd l’appétit, il dépérit, et quand on est vieux ne meurt-on pas tout simplement de ne plus être touché ? Et je ne veux pas parler ici du massage thérapeutique, ou du câlin, mais d’un contact physique basique sans connotation affective. La main rassure, guérit, ordonne, impose, désigne, détermine la relation à l’autre. L’imposition des mains quant-à elle implique un transfert d’énergie et de puissance (2), ce qui conduit certains sujets déviants à en abuser pour dominer, et en tirer un avantage excessif. Dans la profession médicale ces charlatans pullulent. Comment s’en défendre ? Impossible, car ils sont souvent ceux qui ont la meilleure réputation ! Tout ce qu’on peut tenter est de poser des limites à ce qu’ils ont le droit de nous faire. Tant qu’on contrôle la situation, que
notre éthique, notre morale n’en souffrent pas, c’est acceptable.
Ensuite, le billet de sortie est notre formidable système de santé qui nous permet d’aller voir ailleurs. Il ne faut pas hésiter à multiplier les expériences (non dangereuses). En comparant l’un et l’autre, on finit par se faire une idée assez juste de la compétence. Il faut par ailleurs se méfier des médias qui disent souvent n’importe quoi, car bon nombre de naïfs pensent : « C’est vrai puisque c’est écrit ! ». Les « billets censurés » de ce Blog en témoignent.
Même si au bout du compte, après bon nombre d’expériences malheureuses, on est désabusé, il ne faut pas abandonner, car le toucher est, et restera de toute éternité, un acte magique, adoucissant aussi bien les douleurs morales que physiques. Je regrette même que psychiatres et psychologues n’aient aucune relation tactile avec leurs patients. Un « psy-masseur », ça serait chouette ! Je sais bien que c’est pour garder une certaine distance, pour éviter de s’impliquer dans un inévitable et malencontreux « transfert », certes je vais trop loin, je divague, mais les allonger sur un divan en les regardant de loin (ou pas du tout), mettre trop de distance, n’est peut être pas la meilleure manière de les guérir, d’ailleurs ils ne guérissent pas.
Le toucher possède un tel pouvoir guérisseur !!! Les magnétiseurs l’ont bien compris.
« ‘Mon’ réel est celui des apparences enseignées, autant que celles que me fournissent mes sens » disait Gaston Bachelard (3). Le psychisme humain a trois ports d’attache qui sont le réel, l’imaginaire et le symbolique. Le principe de science doit forcément cohabiter avec la croyance ainsi qu’avec l’effet « nocebo » de l’échange verbal (équivalent du placebo médicamenteux).
C’est dans la parole, le véhicule des mots, que le patient trouve (aussi) le goût de guérir.
Bibliographie :
1- Yves Lepers. « Placebo » en clinique ostéopathique. La revue de l’Ostéopathie. N° 1-1 ; 2011. P 31.
2- Chevalier J, Gheerbrant A. Dictionnaire des symboles. Paris : Laffont/Jupiter ;1982.1060 p.
3 - La formation de l’esprit scientifique, contribution à une psychanalyse de la connaissance objective. Vrin Editeur, 1993.
dimanche 13 mai 2012
Billet d’humeur à la suite d’un coup de fil
Par Gilles Orgeret le dimanche 13 mai 2012, 14:32 - Humeur du jour
Une personne m’appelle hier pour me demander (sans malice) de prendre en charge en rééducation sa maman qui souffre de ses articulations parce qu’« elle n’aime pas faire des efforts, qu’elle n’aime pas marcher ! ».
Son médecin lui prescrit vingt séances de rééducation sans se soucier le moins du monde du déficit abyssal de l’assurance maladie !
A chacun d’apporter sa propre conclusion à ce petit billet.
vendredi 11 mai 2012
Methodes anti-age : des affirmations sans fondement en provenance de la presse grand-public
Par Gilles Orgeret le vendredi 11 mai 2012, 06:04 - Billets censurés
Méthodes anti-âge : des affirmations sans fondement en provenance de la presse grand-public
Le magazine ELLE du 3 février 2012 publie en page 105, un article intitulé : « Anti-âge suivez la méthode douce », avec en sous-titre : « Débloquer les nœuds qui nous crispent et relancer l’énergie pour retrouver des traits détendus et une peau rebondie… »
S’ensuit la mise en vedette de méthodes « lissantes pour la peau » : Méditation et Ostéolift.
La méditation :
Depuis quand la méditation est-elle un lifting naturel ? Il n’y a qu’à observer le visage des Sages Bouddhistes, bonzes et autres Yogis. Au pire, quand ils gros c’est l’obésité qui tend leur trait, et quand ils sont minces ils sont souvent ridés comme des pommes reinettes !!!! Conclusion : les gens qui méditent toute la journée auraient donc plus de rides que la moyenne et ne s’en portent pas plus mal !) !
Il est dit dans cet article : «Le stress et les tensions qui crispent les traits sont éliminés. » Un peu plus loin : « On s’assoit confortablement, par terre ou sur une chaise, dos droit. »
Si la méditation peut certes décrisper le visage, cela ne dure que le temps de la séance. Chimère, mensonge que de prétendre que cela peut être durable, d’autant plus si l’on fume sa clope aussitôt après la séance. Le tabac est le premier des «agresseurs cutanés», nous condamnant aux rides au coin des yeux à cause de la fumée qui les plisse, ainsi qu’aux ridules du coin de lèvres constamment enroulées autour de la clope. Evoquons également les rides d’expression : quand on rit souvent, les yeux se plissent. Certaines personnes ont le visage riche d’expressions différentes, ce qui, à la longue créée des rides.
Quant-à l’abus du bronzage, voilà bien un autre agresseur cutané reconnu qui accélère les rides, qu’on pratique ou non la méditation. Les autres agresseurs étant principalement : alcool, médicaments, cholestérol, diabète, pollution atmosphérique, déshydratation, le phénomène « yoyo » dans la prise de poids, un sommeil de mauvaise qualité ou insuffisant, l’hérédité. Pourtant, dans cet article, il n’en est pas fait mention. Trop contre-productif !!! Il faut bien entendu éviter tout ce qui peut décrédibiliser l’argumentaire pour le moins faiblard.
La « station assise dos droit sur une chaise » proposée pour méditer, est un autre non-sens, car si l’on est fragile des lombaires ça ne peut que nous faire grimacer de douleur au lieu de nous lisser les traits !!! La station assise est nocive pour la santé : assis dos droit à 90°, les pressions exercées sur le disque intervertébral L5-S1, augmentent de 50 % (Tests de Nachemson). Il faut adopter la « station assise active » sur gros ballon ou Sway, Jellyfish, en préservant la cambrure des reins. Pour en savoir plus, se référer à mon livre : « Mal de dos : vérités et mensonges », en page 135, car la station assise n’est pas le thème central de ce billet.
L’ostéolift :
Dans cet article il est dit : « Je fais une séance par mois depuis deux ans. Après j’ai le visage reposé et plus d’éclat, témoigne Pascale 52 ans, je n’ai pas l’impression d’avoir la peau d’une personne de mon âge ». Ce témoignage n’a de la valeur que si cette dame ne pratique que l’ostéolift pour « avoir une peau jeune ». Utilise-t-elle par ailleurs des crèmes anti-âge ? A-t-elle recours au botox ? Voit-elle régulièrement une esthéticienne ? On n’en sait rien.
Plus loin, on lit : «Certaines manœuvres (ostéopathiques) décongestionnantes ciblent les poches sous les yeux ». Toutes les personnes qui ont de véritables poches sous les yeux, bien installées, savent qu’il n’y a que la chirurgie esthétique pour les ôter. Sinon des poches occasionnelles ne sont que le signe d’une fatigue passagère. Il suffit de se reposer, dormir un peu, à la rigueur se mettre des rondelles de concombre sur les paupières, pour que ça passe. Point besoin d’ostéolift !
Frédéric Zénouda fondateur de la revue « Référence Ostéopathie » confirme : « Tout engorgement au niveau digestif, circulatoire ou respiratoire a des conséquences sur la peau. En relançant le drainage et en mobilisant les tissus, on agit sur sa qualité et sa tonicité ». Ce Monsieur se porte caution pour une méthode non validée (où sont les tests scientifiques démontrant la validité de cette méthode ?) avec des arguments largement discutables, car le processus de survenue des rides ou leur disparition nécessite autre chose que « drainage et mobilisation des tissus » (ne pas fumer, ne pas abuser du bronzage, etc), d’autant qu’à trop tirer sur la peau on risque plus de la distendre que de la retendre. Au total un peu léger comme validation, surtout à 100 euros la séance. Pourtant le magazine s’en contente. A ce prix, l’efficacité devrait être démontrée ! Une crème anti-rides ne peut arriver sur le marché que « testée cliniquement ». Il devrait en être de même pour ces techniques.
Aculift :
Quant à l’acupuncture « joli teint », affirmer que les aiguilles « tonifient les muscles peaucier » est pour le moins hasardeux. Par quel moyen ??? Comment une aiguille peut-elle tonifier un muscle ? Un micro-courant électrique oui, si l’aiguille est branchée à un générateur, et encore en ciblant le « point moteur ».
Par ailleurs l’existence des méridiens d’acupuncture n’a pas été prouvée, et on est très loin d’avoir les moyens de le faire prochainement. Alors comment peut-on « illuminer un teint brouillé en ciblant les méridiens du foie ou des reins » alors que l’existence même de ces méridiens est discutable, non prouvée ? Seule l’action de cette médecine sur la douleur a été validée.
Tous ces mensonges véhiculés par la presse, mieux vaut en rire de crainte d’avoir à en pleurer, même si ça nous donne quelques rides d’expression supplémentaires (pour paraphraser Beaumarché) !|/post/2011/05/21/Mal-de-dos-%3A-v%C3%A9rit%C3%A9s-et-mensonges-180-mensonges-qui-emp%C3%AAchent-de-gu%C3%A9rir]
vendredi 27 avril 2012
annonces sensationnelles de la presse : la suite
Par Gilles Orgeret le vendredi 27 avril 2012, 06:42 - Billets censurés
(Suite du précédent billet intitulé : « Santé, attention aux annonces sensationnelles... ment fausses de la presse grand public !»)
Du nouveau sur les douleurs chroniques !!!
Il importe de préciser que ce billet s’inspire d’un paragraphe de mon prochain ouvrage : « Seniors, on vous ment sur votre santé ! » Grancher Editeur.
Dans les états douloureux chroniques, plusieurs études ont mis en évidence des lésions au niveau du cerveau, avec rien de moins qu’une atrophie du thalamus (il se ratatine), un petit noyau qui gère douleurs et mouvements (Gwilym SE et al. Thalamic atrophy associatied with painful osteoarthritis of the hip is reversible after arthroplasty. Arthritis Rheum 2010; 62: 2 930-40). Par ailleurs, et d’après le Docteur Pierre Volkmann Médecin de Médecine Physique, Lyon, France, quand on souffre durablement d’une zone du corps, sa représentation cérébrale s’efface.
Au niveau du cortex cérébral (l’écorce) il y a ce qu’on appelle l’Homonculus, la « carte Michelin » du corps où sont inscrites toutes ses pièces. Si on a mal durablement à l’épaule par exemple, le corps ne sait plus qu’il a une épaule. Même si on se soigne, le message ne s’imprime plus. C’est comme si l’option « enregistrer » de notre ordinateur n’existait pas : on écrit son texte, impossible de l’enregistrer, il faut inlassablement réécrire la même chose chaque jour. On peut bien alors consulter médecin, ostéo, acuponcteur, faire de la gym, rien ne marche durablement, les progrès obtenus s’effacent aussi, on rechute.
Alors comment s’en sortir ?
En réalisant des exercices spécifiques qui vont peu à peu créer de nouveaux circuits nerveux allant, pixel après pixel, redessiner la zone effacée. La douleur chronique provoque une atteinte du thalamus, or la propioception (perception de nos postures et mouvements en rapport avec l’environnement) emprunte les voies bulbo-thalamiques (et cérebelleuse). C’est donc par la propioception qu’on agit préférentiellement, mais il importe aussi de stimuler l’oreille interne par des exercices appropriés. Une grave atteinte de l’oreille interne est à l’origine d’une démarche déviée, avec jambes très écartées.
Nota :
Pour les exercices, se référer au livre cité en début de billet (sortie : été 2012).
Unification :
Il importe de réaliser un travail d’unification entre intérieur et extérieur du corps, associer intimement corps et esprit de la manière la plus simple qui soit. Rien de magique. A cette fin, paupières closes, le sujet exécute ses exercices en se concentrant sur chaque partie de son corps. Il analyse ce qui ne va pas et peut être corrigé : bassin/genou/cheville instable, déséquilibre avant ou arrière du tronc / tête... Il s’attarde ensuite sur la zone qui le fait habituellement souffrir, et cherche à expulser son mal (ou son stress), tel un gaz nocif, en soufflant à fond.
Autre méthode : se fixer sur un souvenir agréable et le relier de manière thérapeutique à la zone du corps en souffrance afin de la remodeler.
samedi 21 avril 2012
Santé : Attention aux annonces sensationnelles...ment fausses de la presse grand public !
Par Gilles Orgeret le samedi 21 avril 2012, 06:47 - Billets censurés
Santé : Attention aux annonces « sensationnelles.. ment » fausses de la presse grand public !
Dans son N° 1415 du 7 au13 novembre 2011, le magazine Femme Actuelle publiait un article intitulé : « Finie la douleur, huit traitements qui changent tout ! ». Hélas, ces huit traitements ne changent rien du tout, et je vais ici en faire la démonstration.
1/ Il est dit : « Des injections ciblées diminuent les doses de médicaments », c’est vrai mais l’action est provisoire, et l’injection en péridural est un acte risqué (infection, paralysie). Les principales indications de ces injections seraient la chirurgie du dos : « pour éviter que les douleurs ne s’incrustent ». Faux ! Si les douleurs « s’incrustent » c’est parce que la chirurgie du dos ne vise pas à traiter la douleur mais l’atteinte du nerf (neuropathie).L’effet de la chirurgie du dos sur les douleurs est nul, d’autant que la hernie discale n’est pas la cause du mal de dos, elle n’en est qu’une des conséquences (Voir « Mal de dos : vérités et mensonges » Ed J. Lyon. G. Orgeret).
2/ « Une pompe implantable qui diffuse en continu… » Comme il est signalé, cette méthode ne traite pas les douleurs qui se situent au dessus de la moelle.
3/ Si les TENS sont en effet utiles (petits boitiers électriques qui diffusent en continu des courants de basse fréquence), leur efficacité est nulle certains jours chez un même patient, on ne sait pourquoi, et de moins en moins probante au fil du temps. Dans l’article, il est donné pour « preuve», leur utilisation par les « Centres Anti-douleur ». Quand on sait que ces derniers affichent une efficacité de 15 à 20 % seulement, c’est moins que l’effet placebo (on se guérit tout seul par action mentale), ce dernier concernant 40 % de tous les traitements, même la chirurgie.
L’article cite l’exemple d’une patiente souffrant de sciatiques à répétition qui porte son neurostimulateur en permanence. On peut dire que c’est un cache-misère, puisqu’on ne traite pas la vraie cause de son mal. On se contente d’effacer l’information-douleur au quotidien pour se donner bonne conscience, et pendant ce temps le sujet s’aggrave, car la douleur est une information capitale, une pièce à conviction importante dans la recherche du coupable qu’il faut à tout prix démasquer.
4/ « Le froid aux effets antalgiques et anti-inflammatoires » : Le pistolet cryo-stimulateur cité a un moindre effet que les frictions au glaçon, parce que la température affichée est sans doute de – 78° au sortir du pistolet, mais qu’il y a dispersion avant d’arriver à la peau, quelques centimètres en dessous. La sensation de froid est moins intense qu’avec le glaçon. Les packs de gel qu’on met au congélateur, les bouillottes remplies de glaçons, gardent donc un intérêt quasi-identique, pour un prix dérisoire.
Quant à la « cryothérapie corps entier », on peut se demander ce que la peau en pense si on renouvelle l’expérience trop souvent, ou sous protection insuffisante (risque de brûlure). On sait depuis des siècles que le froid anesthésie, mais les gens vivant dans les zones polaires n’ont pas moins de rhumatismes que ceux qui vivent à l’Equateur ! Résumer un traitement contre la douleur à une application de froid, est là encore manière de mettre le vrai problème de la cause du mal, de côté. Répétons-le, la douleur est une information. Le corps dit : « Je t’informe qu’une de mes pièces ne fonctionne pas bien, veux-tu réaliser s’il te plaît la réparation (ou l’échange standard).»
5 / La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) consiste à solliciter le cerveau à l’aide d’aimants. En matière de santé, les aimants sont utilisés depuis la plus haute antiquité. Cléopâtre s’en appliquait sur les tempes afin de « préserver sa beauté ».
Dans l’article de Femme Actuelle, il est dit : « Sont générées des micro-impulsions magnétiques. Celles-ci modifient l’activité des neurones qui vont moduler la douleur ». Comment le sait-on, et quels sont les moyens de contrôle pour « diriger » ces ondes là où on désire qu’elles aillent, et pas n’importe où afin de soigner et ne pas nuire ??? Pas de réponse ! Quand on sait que les ondes électromagnétiques générées par les postes-relais des portables, ainsi que les portables eux-mêmes, sont sources d’interminables polémiques, que beaucoup disent qu’ils seraient à l’origine de cancers, comment peut-on agir ainsi sans problème de conscience ?
6/ « Des électrodes à la surface du cerveau ou sous la peau pour les névralgies de la face et les migraines…». Poser des corps étranger sur le cerveau n’est pas un acte anodin et fait courir des risques (infection, détérioration neuronale, excès de stimuli) et l’effet bénéfique s’estompe avec le temps. Quand on a tout essayé en vain cela peut être envisageable, mais présenter ce traitement comme une grande victoire, est excessif.
7/ Sprays, comprimés, adhésifs, patchs chauffants : Il est dit : « Il n’est pas nécessaire de coller le patch là où on a mal »… faux ! La dose de produit actif est trop faible pour agir à distance. Tout cela fait partie de la panoplie des « petits moyens », comme encore le baume des Pyrénées, l’argile verte, l’homéopathie, et ca ne mérite pas de figurer dans un article choc intitulé : « 8 traitements qui changent tout ».
8 / Les nouvelles thérapies manuelles : l’aquaostéopathie et la microkinésithérapie. L’ostéopathie a été inventée en 1874 par un américain, A.T. Still, c’est une bonne méthode mais qu’on la pratique à sec ou dans l’eau c’est du pareil au même, il est pour le moins mensonger de qualifier l’aquaostéopathie de « nouveauté qui change tout » !
Quant-à la microkinésithérapie inventée il y a plus de trente ans, elle a été « démolie » par une expérimentation du 14 juillet 1991 (La Microkinésithérapie Compte rendu d’une expérimentation G Bernard, D Perrein, J Samuel, D Grosjean, P Bénini Kinésithérapie Scientifique N0 323 Mai 1993). La conclusion de cette expérimentation étant, je cite : « L’analyse statistique des résultats ne permet pas de valider l’hypothèse testée, à savoir : « la micropalpation de l’articulation permettrait de déterminer la perception de mobilité. L’un des éléments de base de la Microkinésithérapie n’a donc pas fait la preuve de sa réalité. » » C’était en 1991, il y a plus de vingt ans, où est la nouveauté ? Quel intérêt ?
En conclusion :
La douleur est un « appel à l’aide », la traiter sans s’attaquer à l’origine du mal est carrément dangereux. C’est fermer les yeux sur la réalité. De plus, on sait depuis des décennies que les médicaments en général, même ceux contre la douleur, sont à la longue source de rhumatismes causant des douleurs (Bannwarth B, Bertin P, Trèves R, Dehais J. Affections articulaires induites par les médicaments. Le concours Médical. 04-12-99-121-39).
Par ailleurs, au fil du temps, les traitements détaillés dans Femme Actuelle perdent en efficacité, ce qui oblige à en revenir ensuite aux traitements « de cheval », comme la morphine, et voilà… la boucle est bouclée, et la déception du patient au rendez-vous !
Heureusement il y a de l’espoir, des voies s’entrouvrent. Il faut savoir par exemple que dans le cas des douleurs chroniques, la zone concernée qui est normalement gravée en permanence au niveau du cerveau (homonculus), s’efface (travaux du Docteur Pierre Volkmann de Lyon). Dans le cas de ces mêmes douleurs chroniques, on observe à la longue une atrophie du thalamus (une zone du cerveau impliquée dans douleurs, postures, et mouvements).
Si on traite la douleur et qu’on ne se préoccupe pas de cette représentation cérébrale déficiente, le patient(e) n’a aucune chance de s’en sortir !!!! Le traitement consiste en une prise en charge très spécifique dont je suis l’initiateur, et tendant à stimuler régulièrement cette zone. Ce sera l’objet d’un prochain billet dans cet espace de blogosphère, afin de vous tenir en haleine, cher lecteur.
A suivre…
dimanche 8 avril 2012
Conseil du Kiné : Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?
Par Gilles Orgeret le dimanche 8 avril 2012, 10:33 - Sport
Suite du billet : Le trio «marche-vélo- natation » pour toutes les pathologies y compris les lombalgies ?
8 - Où et comment pratiquer une activité sportive quand on est malade ?
Peut-on la pratiquer seul et si oui, quelles sont les précautions d’usage ? En cas de pratique solitaire, y a-t-il un rythme, une fréquence, une intensité, une dépense énergétique minimales ?
Le sujet malade se doit de ne changer ses habitudes qu’à minima, cependant il doit être plus responsable que le non-malade (ce qui est loin d’être une généralité) et se poser les bonnes questions : est-il en poussée ou non, ou en danger d’y tomber ? Certains médicaments risquent-ils d’altérer son équilibre (antidépresseurs par exemple) dans la pratique de son sport ?
Il faut dans tous les cas tenir compte de la pollution atmosphérique (quand il fait beau et chaud en ville, ne pas aller courir), des conditions climatiques (se protéger plus qu’un autre des ardeurs du soleil, ou du froid), de l’altitude. Si on souffre d’une affection respiratoire chronique, l’atmosphère chlorée des piscines n’étant pas bénéfique, il faut éviter de les fréquenter souvent. Penser à s’hydrater, commencer à boire avant le début de l’activité. Choisir ensuite une plage horaire favorable : après 10 heures : gym en salle, step, marche, natation. Footing avant 17 heures. Entre 17 et 18 heures : cardio-training, badmington.
En cas de pratique solitaire la fatigue est le premier signe tangible traduisant un dépassement de la dose prescrite du « sport-médicament », il faut la contrôler et s’arrêter avant. Tant qu’on peut parler sans hacher les mots, ça va. Certaines activités nécessitent de se rendre en club ou sur un terrain qui n’est pas forcément à proximité de son domicile. Si on est soudain très fatigué après le sport, mieux vaut peut être avoir prévu quelqu’un pour être raccompagné.
En montagne, la réceptivité à la pathologie d’altitude est variable selon les individus, et donc, si l’on est seul, l’incident est souvent imprévisible. Chez les sujets à risque (asthme, maladies cardio-respiratoires, antécédents de thrombose), la pratique sportive en altitude favorise l’hypertension artérielle. Dès 2000/2500 mètres d’altitude, la raréfaction de l’oxygène rend la pratique sportive nettement plus difficile. Dans tous les cas, qu’on soit peu ou très malade, il faut être en un lieu accessible, pour pouvoir être éventuellement secouru rapidement, en cas d’incident ou d’accident. Il faut donc qu’un référent fiable soit prévenu « du où, du quand, et du comment » de sa pratique. Il faut pouvoir le contacter sûrement, par exemple par téléphone.
Doit-on au contraire se tourner vers une structure médicalisée, ou vers un kiné, un médecin du sport, un éducateur médico-sportif ? Les approches des kiné, médecins du sport, et éducateurs sont-elles différentes ? Qu’apportent-elles au malade sportif ?
Créés dans les années 40, les centres médico-sportifs avaient pour objectif la délivrance des certificats de non contre indication à la pratique sportive. Le suivi des sportifs et la prévention sont devenus des objectifs quelques années plus tard, mais on assiste à une disparition progressive de ces centres, au profit des CRESIF (Comité Régional d’Education pour la Santé), des CROS (Comité Régional Olympique et sportif), des collectivités locales, ainsi que des délégations régionales sportives. Ces structures ont pleinement leur place dans le monde actuel.
Quant aux professionnels de l’accompagnement médical du sport, ils n’ont pas la même formation, ni les mêmes degrés de compétences, mais ciblent la même population humaine à un moment précis de son activité : le sport.
En première ligne vient le Médecin du sport. Il joue un rôle fondamental dans le suivi des activités sportives collectives ou individuelles, des sujets en bonne ou mauvaise santé. Son rôle est également de prévenir, ou traiter, les accidents ou défaillances dans la pratique sportive. Il est indispensable auprès du sportif durant les compétitions, comme le sont à ses côtés le kiné et l’ostéopathe, alors que ce n’est pas le cas pour les autres métiers du sport, tel l’éducateur médico-sportif.
La formation d’éducateur médico-sportif concerne l’enseignement des activités physiques et sportives dans le sectaire sanitaire. Le postulant doit avoir une licence ou un master en APA, ainsi qu’une formation aux pathologies qu’il prend habituellement en charge, comme le diabète. Dans ce secteur existent déjà : enseignants en APS, éducateur sportif, prof d’APA et éducateurs physiques. Les « casquettes » se multiplient comme l’attrait pour le sport d’un nombre grandissant de personnes malades ou pas.
Les kinés pensent que le métier d’éducateur médico-sportif restreint bel et bien leur champ d’action, mais que c’est un fait établi auquel il faut se faire car irréversible, du fait du profilage en constant remodelage au fil du temps, de l’encadrement du sportif, qu’il soit malade ou non ; d’autant que les compétences du kiné le conduisent à ne pas s’occuper uniquement de ses semblables dans le domaine sportif. Dans le domaine sportif il agit en collaboration avec le médecin du sport. Son action est déterminante dans le cadre de la préparation physique, la surveillance de la compétition, la gestion de l’urgence sur le terrain, et globalement les soins pré et post sportifs. Il est en même temps ergonome (choix du matériel à emporter, réactions individuelles en fonction du geste sportif et dans les activités de la vie quotidienne afin de ménager son appareil locomoteur), il est aussi éducateur alimentaire.Ses conseils ciblent aussi la prévention des maux du sport. Par exemple, quand on a un périnée fragile, il prévient qu’il faut éviter plate-formes vibrantes, trampoline, équitation, sports de sauts.
Il est aussi chercheur, certains confrères étant Docteurs en biomécanique, c’est à dire en mécanique humaine. De ce point de vue, et je m’en ouvre dans mes derniers ouvrages, je pense qu’il ne faut plus faire du sport « à l’ancienne ». C’est à dire étirer et muscler sans préalable, ce préalable étant le renforcement de l’équilibre par la propioception, d’autant que lorsqu’on cherche à muscler et assouplir un sujet présentant un problème d’équilibre et de mauvais réflexes posturaux, on ne fait que renforcer ses défauts et aggraver le tableau !!! C’est pourtant ce qui ce fait partout aujourd’hui. Je donne un exemple : un enfant de dizaine d’années ayant des problèmes d’oreille interne non décelés, demande à faire du judo. Il débute, tombe, se blesse, guérit. Dix, vingt ans après, au cours d’une épreuve de sa vie, il à soudain de nouveau mal là où il souffrait étant petit. La douleur s’est inscrite dans son cerveau, elle est « corticalisée », et donc devenue difficile à déloger. Pour éviter cela, tout sujet sportif malade ou non, doit en priorité travailler régulièrement son équilibre, en choisissant d’abord pour ses activités assises, un gros ballon de gym (ballon de Klein) au détriment des sièges classiques, et en faisant régulièrement des exercices (yeux fermés) sur plateau de Freeman. C’est une planche posée sur un socle ovoïde, ou un support plan arrondi, qui déséquilibre celui qui monte dessus.
samedi 7 avril 2012
Métier : kinésithérapeute : le côté « lumineux » et le côté « obscur » !
Par Gilles Orgeret le samedi 7 avril 2012, 13:35 - Billets censurés
Le côté « lumineux » et le côté « obscur » de la profession de kinésithérapeute !
En comptant l’année de préparation, les kinés sont définis comme : « Bac + quatre ». La plupart exercent en secteur privé. C’est une profession paramédicale, c’est-à-dire qu’elle dépend d’un médecin prescripteur. Si l’on veut être remboursé à 100 % par Sécurité Sociale et Mutuelle, on ne consulte un kiné que si un médecin prescrit les séances. Le nombre de ces séances et leurs modalités sont en principe laissés à la convenance du kiné, bien que le médecin puisse orienter ce choix, réclamant spécifiquement par exemple : conseils de prévention, massages, exercices en piscine ou à sec, etc.
Durée officielle des séances : une demi-heure.
Les reproches :
- Le principal reproche que l’on puisse faire au kiné est de traiter le symptôme : « Vous avez mal là, on vous masse là ! », la vraie cause étant souvent éloignée de la zone qui fait mal, cachée, voire mystérieuse. De plus il a une fâcheuse tendance à bâcler ou à zapper les « bilans-kiné » permettant de choisir le traitement le mieux adapté.
Donnons l’exemple du mal de dos commun : quand on sait que sa véritable cause n’est connue que dans cinq pour cent des cas, comment oser prétendre le soulager en se contentant de promener dessus une sonde à ultra-sons durant quelques minutes alors que le seul effet avéré des Ultra-Sons est défibrosant (le mal de dos n’est pas un problème de fibrose), ou en faisant pratiquer trois/quatre exercices à la va-vite, souvent inadaptés, comme le renforcement des abdominaux qui a le tort d’augmenter les contraintes lombo-sacrées, de favoriser la délordose (atténuation de la cambrure des reins) et d’augmenter par là même le mal au lieu de le soulager ( pour plus d’infos, lire : « Mal de dos : vérités et mensonges. » J Lyon Editeur) ? Il faut plutôt rééduquer le caisson lombo-périnéo-abdominal (l’abdomen), dans son ensemble « contenant/contenu » !
- Par ailleurs il utilise trop de machines, pas suffisamment ses mains. Pourtant le toucher est irremplaçable, il crée le lien, apaise. Il sollicite également la sensibilité profonde (perception du mouvement et de la position dans l’espace des différentes parties de notre corps) souvent déficitaire quand on est malade ou handicapé.
- Enfin, sur la demi-heure due, le traitement effectif dépasse rarement le quart d’heure… Que voulez-vous soigner efficacement en un quart d’heure ??? Comme du coup, la guérison se fait attendre, on multiplie les séances à l’infini... avec pour seul résultat de creuser encore plus le déficit de la sécurité sociale !!!
- Dans certains domaines où le kiné était particulièrement apprécié, comme le désencombrement bronchique des nouveau-nés, plusieurs études ont malheureusement démontré qu’il n’en était rien (Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62). A ce sujet, se référer à mon précédent billet édité dans ce Blog.
- Dans bon nombre de cabinet c’est le travail à la chaîne. Les patients sont installés dans une salle, on leur pose des électrodes « là où ça fait mal » durant un quart d’heure, ensuite ils passent à la caisse. Les kinés ne les touchent même plus, ou alors ce sont des papouilles expédiées en trois minutes. Etonnez-vous après ça que le kiné ait perdu l’exclusivité de l’art du massage, les esthéticiennes pratiquant par exemple le « modelage » qui en est une forme déguisée.
Au crédit du kiné :
- Il garde une bonne image auprès de la population, il est apprécié, et c’est énorme quand on connait le poids du facteur psychologique dans la plupart des maladies. On consulte une fois son médecin, puis on est entre les mains de son kiné pour dix, quinze, quarante séances, ce qui permet de tisser des liens. Il écoute, rassure.
- Bon nombre de kinés sont aussi Ostéopathes, ou bien se forment à d’autres méthodes fort utiles (Maitland, Chaînes musculaires, rééducation périnéale, Normotensive …), ils sont « multi-tâches », accumulant les compétences.
Prenons des exemples :
Votre pathologie nécessite l’usage de cannes : le kiné vous aide alors à choisir celles qui sont le plus adaptées à votre handicap et vous montre comment les utiliser. Il peut également fabriquer un petit appareillage (collier cervical, attelle).
Vous êtes malade, fragile, et voulez faire du sport : le kiné est à même de vous conseiller ceux que vous pouvez pratiquer, et de vous apprendre comment vous ménager dans les activités de la vie quotidienne.
Dans bon nombre de pathologies comme en neurologie, en traumatologie (les accidents), en cardiologie, en gynéco-obstétrique, il éduque, remet son patient d’aplomb en suivant un protocole rigoureux en rapport avec la pathologie concernée, et en étroite collaboration avec le personnel soignant. Il aide son patient à se rétablir et à se réinsérer au plus vite dans son environnement socioprofessionnel.
Enfin ses soins sont remboursés aux assurés sociaux, ce qui le rend accessible au plus grand nombre.
Conclusion :
Tous les métiers ont leurs attraits, dénoncer leurs dérives permet de les corriger. Nous avons la santé de nos patients entre les mains, nous-nous devons de leur donner le meilleur, en les préservant du pire. En aucun cas la profession ne peut être un business.
Fin
vendredi 6 avril 2012
Le conseil du Kiné : Le trio «marche-vélo- natation » pour toutes les pathologies y compris les lombalgies ?
Par Gilles Orgeret le vendredi 6 avril 2012, 09:03 - Sport
Suite du billet : à quoi servent les activités de renforcement musculaire ?
6 - Le trio «marche-vélo- natation » semble être un peu mis à toutes les sauces, conseillé pour presque toutes les pathologies : comment varier les activités ?
Ces modalités sportives sont les plus simples, à la portée de tous ou presque, et les moins onéreuses, c’est pour cela qu’on les cite souvent. Néanmoins le pédalage ou la marche ne sont pas des méthodes complètes d’entraînement des muscles des membres inférieurs. Notamment le quadriceps (le muscle du devant de la cuisse) a un rôle fondamental dans les gestes de transfert d’une position corporelle basse à une position haute, et ces pratiques ne le développent pas suffisamment.
La natation coûte trois fois moins cher qu’une salle de sport, et on trouve pratiquement partout des bassins nautiques publiques, mais alors qu’on montrait autrefois la natation comme l’activité phare en cas de maux de dos ou d’arthrose par exemple, on sait maintenant que ce n’est pas vrai. D’ailleurs tous les nageurs traditionnels ont (un jour) mal au dos. Puis, même si l’eau reste une solution quand on a du mal à se bouger à l’air libre, il faut apprendre un jour à regagner efficacement le plancher des vaches, car nous ne sommes pas des poissons.
Le vélo reste une bonne option mais dans une sociétés où la voiture est reine et les automobilistes peu soucieux de se préoccuper des cyclistes, les accidents sont hélas de plus en plus nombreux. La pollution atmosphérique est un autre paramètre inquiétant. De plus on est assis, et la station assise n’est pas bonne pour le dos.
La marche enfin se doit d’être privilégiée, avec les mêmes réserves que pour le vélo (chutes, pollution).
Un autre exemple qui démontre que l’option «marche-vélo-natation» n’est pas un absolu. Quand on a souffert du dos durablement, mieux vaut aller s’exercer dans uns salle de gym durant un à deux mois, avant de reprendre son sport favori.
Il y a trois ou quatre décennies, faire du ski, du tennis, du golf, du trekking, était impensable pour les revenus modestes. Certaines excellentes pratiques sportives comme le Tai chi, carrément inconnues. Tout ou presque est devenu accessible. Grâce à « la toile », à Internet, on découvre constamment de nouveaux sports accessibles à tous ou presque. Il y a même la Wii à un prix abordable.
Une raison entre autres pour varier ses activités : l’enfant devrait changer d’activité sportive tous les deux ans, car sa croissance, les modifications de son corps et de son psychisme, font qu’il n’est pas de façon linéaire profilé pour un seul sport. Le foot par exemple, s’il est pratiqué trop tôt, trop longtemps durant l’enfance, abîme les genoux. La maladie également nous rend inaptes occasionnellement ou définitivement à la pratique de certains sports. Il faut savoir opter pour une autre activité.
7 - Néanmoins les activités physiques en cas de lombalgie, rachialgie, rhumatismes et ostéoporose semblent différentes : que peut-on conseiller aux malades qui souffrent de ces pathologies et pourquoi ?
Il importe de ne pas les mettre toutes dans le même panier. Rhumatismes dégénératifs et inflammatoires par exemple.
Les rhumatismes inflammatoires présentent des signes révélateurs sanguins, ce sont principalement Polyarthrite Rhumatoïde (PR) et Spondylarthrite ankylosante (SPA).
-En cas de PR, la fatigue est importante mais tous les sports non violents sont possibles : Wii Fit, machine elliptique, marche nordique, vélo sur terrain peu pentu, yoga, Tai chi ou QI Gong, danse, gym douce, aquagym, aquastretching, aquabiking.
-En cas de SPA, opter pour natation en eau tiède, mais comme le creux des reins(lordose) a tendance à s’atténuer, le dos à s’arrondir (cyphose dorsale), faire du dos crawlé qui redresse le dos - idem pour le volley ball. Quant au vélo, opter plutôt pour le vélo Hollandais en remontant le guidon, pour les mêmes raisons.
Pour lutter contre les difficultés respiratoires, il y a Le Tai Chi et le Qi Gong, le yoga.
-En cas d’arthrose, les données de la littérature concernent surtout la gonarthrose et la coxarthrose. La pratique d’exercices physiques est à recommander aux sédentaires. Les études montrent une efficacité modérée sur la douleur et la fonction, et qu’ils permettent l’entretien du capital musculaire, voire l’amélioration des amplitudes articulaires, ainsi qu’une perte de poids (bénéfique pour les articulations). Privilégier : Elliptique, tai chi, bicyclette, balnéo. Par contre les sports à fort impact ou mouvements de torsion sont les plus nocifs pour les membres inférieurs, comme : foot, rugby, squash, basket, sports de combat.
-En cas d’ostéoporose il faut pratiquer un sport en charge, car pour être bénéfique sur la masse osseuse, il faut des impacts. Exemple : la marche en terrain inégal, mais ni natation ni cyclisme.
- Mal de Dos : les sports de lancer, javelot, poids, font naviguer le dos dans des amplitudes extrêmes. L’hyperlaxité dans la gym, la danse, si elle n’est pas canalisée par une bonne propioception (perception intime des différentes parties de son corps dans l’espace et dans le mouvement), favorisent les accidents des ‘articulaires postérieures’ (articulations vertébrales situées de part et d’autre du disque intervertébral). Dans les sports de contact et de chutes, ces mêmes ‘articulaires’ sont malmenées. Les positions extrêmes longtemps soutenues : cyclisme, tir, judo, favorisent les contractures qui limitent ensuite le jeu articulaire et déséquilibrent l’ensemble du dos.
Doivent-ils adapter leur équipement ?
De nombreuses pathologies supportent mal les microtraumatismes par défaut du matériel. Il y a aussi le terrain et c’est la chaussure qui protège en premier. Chaussures : ne pas utiliser la même chaussure à la ville et sur le terrain de sport. Plusieurs paires pour varier les appuis. L’acheter en fin de journée. Choisir une pointure supérieure en fonction du terrain. Une chaussure de course a une durée de vie de 1 an environ pour parcourir 1500 m. Ne pas porter de vieilles chaussettes.
Pour les diabétiques, les chaussures (ex : gel cardio) ne doivent pas frotter, respirer, sans couture intérieure risquant de blesser. Chaussettes à la fibre d’argent.
Dans tous les cas : vêtements amples ne gênant pas les mouvements, matières respirantes. Pantalon ne serrant pas au niveau des lombaires.
Eventuellement, ceinture de contention lombaire, genouillères. Raquette anti-vibration.
Le soutien-gorge du sport nécessite un maintien fort pour les sports « à fort impact », ainsi que des matières plutôt respirantes, pas d’armature, pas de couture, volontiers des rembourrages au niveau des bretelles et des fermetures.
A suivre...
samedi 31 mars 2012
La kinésithérapie est-elle efficace dans le traitement de la bronchiolite du nouveau-né ?
Par Gilles Orgeret le samedi 31 mars 2012, 06:14 - Billets censurés
Inauguration aujourd'hui d'une nouvelle catégorie :
Billets censurés
.
Vous y seront présentés régulièrement des textes à contenu "politiquement peu correct" ou franchement polémique !
La kinésithérapie est-elle efficace dans le traitement de la bronchiolite du nouveau-né ? Réponse : NON !!!
Les résultats d’une première étude datant de 2007 (1) concluent : « A ce jour, malgré quelques tentatives, aucune étude n’a démontré le bénéfice des techniques de kinésithérapie respiratoire dans la bronchiolite ! »
Un deuxième article paru dans Panorama du Médecin (2) conclue : « A l’encontre de ce que l’on pouvait attendre, le délai de guérison est identique dans le groupe d’enfants sous aspiration nasale seule par rapport à celui ajoutant la kinésithérapie ! ».
Un troisième article (3), très récent conclue : « La kinésithérapie traditionnelle n’a pas fait les preuves de son efficacité …/… En conclusion les nourrissons hospitalisés pour bronchiolite ne tirent pas un bénéfice évident de ce traitement !».
Alors pourquoi l’Assurance-Maladie devrait-elle continuer à rembourser des soins inefficaces ?
Bibliographie :
1 - Beauvois E, Fouré H, Gouilly P, Reychel G. Kinésithérapie dans la bronchiolite : doute raisonné ou raison de douter ? Kinésithérapie la revue 2007 ;(63) :51-2.
2 – Bailly C. Bronchiolite aiguë. La kinésithérapie est-elle réellement efficace ? Panorama du Médecin. 19 octobre 2009. N° 5159.
3 - Pr Jean-Jacques Baudon. Plus de kiné pour les bronchiolites ? Jim.fr. Rochat I et coll. Chest physiotherapy using passive expectory techniques does not reduce bronchiolitis severity : a randomized controlled trial. Eur j Pediatr 2012; 171; 457-62.
lundi 26 mars 2012
Le conseil du Kiné : à quoi servent les activités de renforcement musculaire ?
Par Gilles Orgeret le lundi 26 mars 2012, 10:07 - Sport
Suite du billet : quelle préparation ? Pourquoi un sport d'endurance pour les malades ?
5- A quoi servent les activités de renforcement musculaire ? Dans quelles pathologies sont-elles indiquées et Pourquoi ?
Le renforcement musculaire représente l’ensemble des moyens pour entretenir ou augmenter la définition musculaire (des muscles squelettiques striés). C’est une activité anaérobie qui consomme du glucose. Une fois les réserves sanguines et hépatiques de glucose épuisées, le corps puise dans les réserves de graisse. Il permet donc d’augmenter sa masse musculaire maigre, au détriment de la masse grasse. De récentes études scientifiques dévoilent qu’il est plus efficace en matière de perte de tissu adipeux (diabète). Il provoque une élévation du métabolisme de base général (besoins énergétiques minimum de l’organisme. Exemple pour un homme de vingt ans en bonne santé d’1,80 m pour 70 kg = 1500 kilocalories, donc une élévation durable de la consommation de graisses de réserves au repos. Alors qu’avec un entraînement cardiorespiratoire le métabolisme de base retombe assez vite à la normale. De plus, ce dernier pratiqué en excès favoriserait même une perte musculaire (catabolisme). Un entraînement musculaire intense de 60 minutes par exemple, provoque une élévation du métabolisme de base durant les 9 à 15 heures suivant la phase de l’entraînement.
Plus la personne acquiert du muscle en relation avec une alimentation adéquate, plus elle « brûle » ses graisses. Seulement, il y a un inconvénient : si elle s’arrête… le processus s’inverse.
Pour rester en bonne santé, la pratique d’exercices de renforcement musculaire utilisant la majorité des muscles au moins deux fois par semaine, est recommandée en plus de l’activité d’endurance, par le Collège américain de médecine du sport et l’Association américaine de cardiologie. Il faut cependant veiller au bon placement de son bassin et de sa colonne vertébrale. Le placement corporel est en effet essentiel pour ne pas créer de déséquilibres.
Lesquelles sont-elles, ces méthodes de renforcement musculaire :
- Contractions concentriques dynamiques (ex : flexion des genoux), ou isométriques (pas de variation de longueur).
- Travail stato-dynamique pour passer d’une phase statique à une phase dynamique. Ex : sauter d’un position élevée et se réceptionner en restant plus ou moins longtemps genoux fléchis.
- Pliométrie = exercices de musculation visant à placer le muscle en position d’étirement avant la phase de contraction pour bénéficier de son élasticité. Exemple : sauter au sol depuis une marche avant de sauter en l’air le plus haut possible.
Il y a aussi l’électrostimulation. Ces appareils qui stimulent nos muscles par courant électrique.
Dans quelles pathologies les privilégier ?
En cas d’amyotrophie (perte de masse musculaire), ou pour suppléer à une partie du corps déficiente.
1 - Amyotrophie.
Pour l’amyotrophie due au vieillissement, la sarcopénie.
En Neurologie ( SEP, AVC, paraplégique ou tétra) pour lutter contre fatigue, gagner en force, sur la fonction et la mobilité, augmenter son périmètre de marche, renforcer son autonomie.
En cas de rhumatisme musculaire comme la Fibromyalgie. Les déplacements, les mouvements sont plus limités, moins douloureux, fatigants, que dans le sport d’endurance.
En rhumatologie dégénérative ( pathos arthrosiques), pour renforcer la masse osseuse.
En cas d’insuffisance rénale ou cardiaque.
Dans la BPOC (bronchite obstructive chronique), dans l’asthme vieillissant, la musculature thoracique est vite déficiente, l’attitude est orientée vers l’arrondissement du dos, avec déficience des muscles rachidiens.
2 - Pour suppléer une partie du corps déficiente. Dans le handicap, par exemple le paraplégique a besoin d’un tronc et de bras solides, pour compenser son déficit aux membres inférieurs.
Y-a-t-il une autre catégorie d’activité sportive ?
Peut être la «Wii thérapie », ce que proposent maintenant toutes les consoles à gym, ainsi que les plate-formes stabylomotrices dévolues aux Kinés et podologues (qui ont les mêmes options que la Wii mais adaptées au professionnel). Nintendo sur DS propose par exemple avec « Face training » d’entraîner les muscles de son visage, il y a aussi le «Visual training » ou gymnastique des yeux. Entraînement qui n’existe pas dans les options traditionnelles des activités sportives.
De plus, ces consoles sont axées sur le ludique et créent des univers dans lesquels on peut se bouger en n’étant plus dans le réel mais dans le virtuel, ainsi que ni tout à fait non plus dans l’endurance et la musculation traditionnelles, puisqu’on n’est pas entouré de « vrais gens » avec lesquels on serait en interaction, sur de « vrais terrains plats ou bosselés », dans des conditions climatiques changeantes, etc. Ceux qui ont créé le concept voulaient avant tout : « faire prendre conscience de son corps », puis par exemple aider les enfants à se latéraliser (bien faire fonctionner ensemble côté droit du corps et côté gauche). Ils ne se doutaient pas de la vogue suscitée et de la nécessaire surenchère aux nouveautés.
C’est là un complément d’entraînement devenu incontournable, accessible aux sujets les plus malades et les plus âgés ; à ceux notamment qui ne peuvent pas sortir de chez eux pour des raisons médicales, ou autres.
Il y a aussi certaines machines comme les plate-formes vibrantes, qui stimulent passivement le muscle, améliorent le retour veineux, et semblent avoir un effet bénéfique sur l’ostéogénèse (lutte contre l’ostéoporose). C’est là une catégorie sportive visant certes le renforcement musculaire, mais en marge de l’entraînement classique. C’est une néo-activité.
A suivre...
dimanche 25 mars 2012
Le conseil du Kiné : quelle préparation ? Pourquoi un sport d'endurance pour les malades ?
Par Gilles Orgeret le dimanche 25 mars 2012, 06:53 - Sport
Suite du billet : une activité sportive pour les malades ?
3 – Y-a-t-il une démarche commune à toute pratique sportive, quelle que soit la pathologie chronique dont on souffre ?
Tout d’abord il faut choisir des sports qui n’exposent pas à des traumatismes, des chocs violents, ne jamais forcer sur un muscle fragilisé, et n’admettre qu’un seuil minimum de douleur ne prêtant pas à conséquence. La respiration doit être utilisée en fonction du type d’effort, de son intensité et de sa durée. Il faut de la régularité, observer une intensité progressive dans l’effort, et privilégier le travail symétrique du corps. Il importe de faire contrôler régulièrement sa vue et son équilibre (bon nombre de médicaments font risquer la chute). Dans la pratique sportive il est essentiel de privilégier le qualitatif au quantitatif, tenir compte de l’ancienneté de la maladie, des handicaps acquis, de la tolérance à l’effort* lors de chaque performance, ainsi que de la motivation. Il faut s’obliger plus que tout autre à s’échauffer. Les principes en sont simples et comprennent une mise en route cardiovasculaire ainsi qu’un programme d’étirements avant le sport pour se préparer, et après pour récupérer. Il faut opter pour les ERAMT (étirements actifs raisonnés myo-tendineux), plutôt que pour les étirements passifs lesquels diminuent la capacité contractile du muscle et provoque une mauvaise vascularisation de celui-ci (mise en course externe maximale passive du groupe musculaire à étirer). L’ERAMT consiste en la réalisation d’un mouvement freinateur, suivi par une contraction concentrique lente (le muscle se raccourcit), afin d’augmenter la chaleur interne du muscle et le préparer à l’effort. Exemple d’ ERAMT des mollets : debout à 50/ 60 cm d’un mur, bras tendus au dessus de la tête, mains en appui sur le mur, genoux en extension (tendus), faire un mouvement alternatif rapide d’appui d’une jambe sur l’autre.
Il importe aussi de bien s’hydrater (pas d’alcool ni d’eau gazeuse et s’hydrater durant le sport) et se bien nourrir en fonction du sport choisi (ne pas partir à jeun, ne pas prendre un dernier repas moins de
trois heures avant une compétition, ne pas changer brusquement de régime alimentaire). Après le sport, ne pas s’arrêter d’un coup. S’activer encore, durant quelques minutes.
Le sport pratiqué à haut niveau ou dans un esprit de compétition est néfaste.
Dans le sport à plusieurs, écoute et entraide sont indispensables.
- Tolérance à l’effort : par exemple les asthmatiques auront intérêt à rechercher le contrôle en terminant les points rapidement, ne pas taper fort, ni frapper à plat, revers d’une main.
4 - A quoi servent les sports d’endurance ? Dans quelles pathologies sont-ils indiqués et pourquoi ?
Les activités sportives sont classées en deux groupes de dépense énergétique. Il y a les activités de courte et intenses durée, ou de puissance, appelées anaérobies, et les disciplines d’endurance, de moyenne et longue durée, appelées aérobies. Le système anaérobie compte pour les efforts jusqu’à deux/trois minutes (haltérophilie, saut en hauteur, sprint de 10m), ensuite c’est le système aérobie qui prend le relais (cyclisme, athlétisme, course à pied).
Dans quelles pathologies favoriser l’endurance : les pathologies cardiaques, diabète, maladies pédiatriques, pneumologiques, rhumatismales, liées à l’âge dont l’Alzheimer.
Pourquoi l’endurance ? Parce que quand on est malade, il faut privilégier les activités à faibles contraintes, ne surmenant pas le capital musculo-articulaire (machine elliptique, marche nordique, Tai chi, ski de fond, aquagym). De plus c’est l’endurance qui permet dans la vie quotidienne de poursuivre le plus longtemps un effort musculaire généralisé, alors que la maladie diminue cette capacité. Par ailleurs, la plupart de nos activités professionnelles et de loisirs recourent essentiellement à l’endurance. On se doit d’être endurant quand on jardine, qu’on est paysan, dans les métiers du bâtiment, et même quand on fait l’amour...
A suivre...
samedi 17 mars 2012
Le conseil du Kiné : une activité sportive pour les malades ?
Par Gilles Orgeret le samedi 17 mars 2012, 08:54 - Sport
Suite du billet : Le sport, un traitement à part entière ?
2 - Quelles sont les questions à se poser pour pratiquer une activité physique ou sportive alors qu’on est déjà malade (cancer, diabète de type II, maladies cardio-respiratoires, asthme, maux de dos, rhumatismes, ostéoporose ?
Quand on est malade, l’activité physique à visée sportive se doit de respecter : âge, pathologie, objectif de réadaptation, niveau acceptable d’activités physiques. Quelle activité physique est la mieux adaptée à notre(nos) pathologie (effectuer un diagnostic éducatif avec un professionnel de la santé, pour des effets attendus sur santé et habitudes de vie), et à quelle fréquence ? Un sport qu’on aime, mais mal adapté à notre état de santé (mentale et physique), peut être source d’incidents ou d’accidents, puis de découragement, voire d’une perte supplémentaire de force et d’autonomie.
L’entraînement physique est destiné à améliorer la définition musculaire. Il change l’aspect physique. Si une pathologie affecte déjà notre aspect, il ne faut pas aggraver les déséquilibres préexistants.
Quelles questions se poser pour pratiquer ?
Chaque pathologie chronique nécessite des précautions que le malade connaît heureusement, en général, grâce à son médecin traitant et/ou son kiné, son éducateur médico-sportif. Il faut dans tous les cas contrôler son effort, ne pas à aller jusqu’à la fatigue, voire la dépasser. Il faut contrôler la rapidité de transition entre repos et effort, la rapidité de la récupération.
Maintenant, quelques exemples concrets :
- Le cancéreux se doit d’avoir si possible une activité physique d’un minimum de trente minutes au moins trois fois par semaine, même durant sa chimiothérapie, ce qui permet une réduction des symptômes secondaires à la maladie ou son traitement, et à la fatigue. S’il est dénutri, il doit suivre les conseils d’un nutritionniste afin d’assumer ses besoins particuliers, et éviter les activités physique gourmandes en énergie. Lui sont conseillés : Wii Fit, elliptique, sports d’eau tiède, marche nordique, stretching, body combat, soft aerobic, Tai Chi, ski de fond.
- Le diabétique de type 2 se doit de connaître le niveau d’activité requis pour perdre du poids qu’il trouve dans : gym active comme soft aerobic, marche sportive, randonnée, ski de fond, vélo à plus de 15 km/heure ou en montée.
-. L’insuffisant cardiaque doit plus qu’un autre, déterminer sa fréquence cardiaque maximale acceptable (nombre de battements minute). Elle se mesure en se prêtant, après échauffement, à un exercice de 4 à 6 minutes intense. Cependant on ne doit pas s’enfermer dans ce carcan du « tout prévu à l’avance ». Le niveau d’effort acceptable doit être basé sur la capacité du cœur d’adaptation à l’effort ainsi que la rapidité de la récupération, et tenir compte d’une éventuelle lassitude sous-jacente, ou au contraire d’un état d’euphorie trompeur. Les facteurs de risque de mort subite sont : fréquence cardiaque élevée au repos, élévation de cette fréquence insuffisante durant l’effort, et diminution faible après. L’entraînement par intervalles courts serait le stimulus le plus puissant pour fortifier la fonction cardiaque. Exemple : réaliser 15 secondes d’efforts, suivis de 45 secondes de récupération. L’usage du cardiofréquencemètre est dans tous les cas fort utile. Après 50 ans, le sport reste indispensable, mais la reprise ou le début d’une activité sportive, donnent obligatoirement lieu à un bilan cardiaque chez un cardiologue. Marche, footing, vélo, golf, ski de fond, Tai chi, accrosports, lui sont profitables.
- Les malades atteints de BPCO ( bronchite chronique obstructive) sont particulièrement handicapés dans l’utilisation de leurs membres supérieurs. Ils se doivent de les renforcer : gym en salle, Wii Fit, lancers de ballons. Le Tai chi leur permet de maîtriser leur souffle et de renforcer leur équilibre déficients. Le jonglage par exemple permet une meilleure coordination et un gain en endurance pour les membres supérieurs.
- L’asthmatique doit savoir plus qu’un autre que le sport ne compense pas le tabagisme. Mieux vaut qu’il prenne des broncho-dilatateurs 15 minutes avant l’activité, et il doit préférer les sports de fond. Il est à l’aise avec des disciplines nécessitant des efforts discontinus tels tennis, footing, il est moins performant dans les sports d’endurance. Un entraînement intensif favorise les épisodes infectieux. La fréquentation des animaux à poils (équitation), est un facteur allergisant. L’atmosphère chaude et humide des piscines lui est favorable, mais la natation est asthmogène et le chlore déconseillé. Mieux vaut nager en mer.
- En cas de maux de dos, de rhumatismes, même si on a mal, il faut se bouger, parce que le manque d’activités affaiblit muscles et articulation. Il conduit à un déconditionnement neuro-moteur : « Le muscle est cause du mal de dos commun et son unique solution ! ». Eviter les sports traumatisants, à risques de chutes ou de chocs, ou provoquant des efforts en rotation du dos : haltérophilie, rugby, foot, judo.
- Dans le cas de l’arthrose, on a longtemps cru que le sport était déconseillé. Hors poussées congestives, il faut au contraire « se bouger la santé » pour récupérer plus vite et limiter le handicap, comme le recommande l’EULAR (European League Again Rheumatism). Seules les activités trop contraignantes sont interdites. Ce n’est pas tant l’arthrose qui fait mal que les déséquilibres musculaires et articulaires qui lui font escorte !
- Favorisent l’apparition de l’ostéoporose : excès de tabac et d’alcool, surconsommation de café, utilisation régulière d’antidépresseurs tricycliques, corticothérapie au long cours (plus de trois mois consécutifs), hypogonadisme, rhumatismes inflammatoires, atteintes pulmonaires (BPCO, asthme), transplantation d’organes. Une moindre utilisation d’une partie du corps ou de son ensemble, un alitement prolongé ou un confinement dans un fauteuil roulant, peuvent conduire également à cette perte osseuse. Ainsi une femme immobilisée pendant un mois, peut perdre plus de masse osseuse qu’elle n’en aurait perdu normalement en un ou deux ans sous l’effet du processus ostéoporotique classique accompagnant la ménopause. Par ailleurs et en vieillissant, la perte d’efficacité des muscles permettant d’adapter nos postures à notre environnement (chaînes posturales), conduit à l’ostéoporose. Moins sollicitées, moins tractées, nos vertèbres se déminéralisent. Marcher ne suffit pas pour lutter contre l’ostéoporose. Il faut que l’os soit soumis à impacts, comme sautiller (action ostéogénique). Toute activité sportive doit cependant être entreprise avec modération. Sont conseillés : plate-forme vibrante (interdite aux périnées fragiles), stepper, machine elliptique, jogging, saut à la corde, gym, badmington, aquabiking, aquafitness.
A suivre...
lundi 12 mars 2012
Le conseil du Kiné : le sport, un traitement à part entière ?
Par Gilles Orgeret le lundi 12 mars 2012, 06:07 - Sport
Petit quiz sport et santé
1 - Peut-on considérer le sport comme un traitement à part entière et si oui pourquoi ? Quels sont les bénéfices et l’action thérapeutique ?
Au XXIè siècle, nous autres occidentaux sommes plutôt sédentaires. Nous n’avons plus à courir, grimper, monter aux arbres pour échapper aux prédateurs, courir après le gibier, nous ne sommes plus assis quotidiennement sur un cheval, bien que nous ayons encore les caractéristiques corporelles du « chasseur-cueilleur ». Pour entretenir ou augmenter notre tonicité musculaire, il nous faut donc « nous bouger la santé ». L’entraînement physique permet en premier lieu d’optimiser la définition musculaire qui nous est propre. A poids égal, la graisse est 5 à 6 fois plus volumineuse que le muscle. Avec le sport la silhouette change, s’affine, on est autre.
Quel que soit son âge, un entraînement physique raisonnable permet d’atténuer bon nombre de symptômes des maladies, atténue la fatigue, augmente la force musculaire, entretient les articulations, la souplesse, augmente le périmètres de marche et la sphère d’activités. Il diminue la tension artérielle et le taux de cholestérol dans le sang. Il permet de diminuer (ou d’échapper à) une surconsommation de médicaments, de limiter les hospitalisations et les traitements lourds, prévient ou atténue le mal au dos, divise par deux le risque de cancer du poumon, de 30 % celui du cancer du sein. Apparition et progression du cancer de la prostate, diminuent de 70 % chez les hommes pratiquant plus de trois heures de sport par semaine. La dépense physique lutte également contre la déprime plus efficacement que les antidépresseurs. Grâce à elle, on a un meilleur tonus psychique, il y a maintien de la confiance et de l’estime de soi. Elle diminue les risques de chute (le Tai chi permettrait de réduire de 25 % le risque de chute).
En période de stress, le rhumatisme par exemple est plus douloureux et l’ankylose s’installe vite. Le sport permet alors de diminuer la douleur et d’éviter l’ankylose.
Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, il ralentit la progression de la maladie, étant plus efficace que les « sports cérébraux » pour booster les fonctions cognitives (mémoire, raisonnement, concentration). Il entretient les schémas moteurs, les capacités fonctionnelles, et favorise de nouvelles connexions dans la zone concernée de la mémoire. On peut opter par exemple pour Wii Fit, marche nordique, sport accompagné.
Dans quelles circonstances peut-il suffire ?
Quelques exemples édifiants :
30 minutes de marche à allure soutenue (4 à 5 Km/h), tous les jours, diminuerait par cinq le risque de mortalité par inactivité (le sédentaire).
Dans le cas de l’ostéoporose il a été démontré un lien avec la dépression. Les dépressifs auraient un risque de fracture supérieur que le non dépressif. Le sport évite aussi à bon nombre de sujets ostéoporotiques la déprime par mésestime de soi : peur de ne plus pouvoir assurer ses tâches quotidiennes, de tomber dans la dépendance, etc.
Les douleurs physiques touchent 40 à 80 % des malades déprimés, et plus le nombre de plaintes somatiques (corporelles) est élevé, plus le risque de dépression est important. Le sport permet de sortir de cette boucle infernale.
Toutes les maladies psychosomatiques (dermatologiques, nerveuses, certains maux de dos, certaines souffrances du genou de l’adolescente) trouvent là un médicament bio (comme c’est dit dans l’un de mes livres).
Dans le cas de la prévention du diabète de type 2, régime et exercice le retardent de 14 ans. Ceux qui font de l’exercice et surveillent leur alimentation dans la population des 20 à 70 ans, ont un risque diminué de moitié de devenir diabétique. Un obèse qui fait une activité physique soutenue, même sans perdre de poids, aura moins de risque cardio-vasculaire qu’un sujet à poids normal mais sédentaire.
Dans le cas de lésion définitive de l’oreille interne, la seule façon de gagner un meilleur équilibre (ce qui évite les chutes) est de compenser par les autres composantes de l’équilibre au travers du sport (yoga, tai chi, Qi Gong, Katas du karaté, Wii Fit).
Dans quelles pathologies agit-il en soutien, en complément du traitement médical ?
Pratiquement toutes, car même lorsqu’on est dépendant et incapable de quitter son lit, il reste essentiel de bonifier et/ou d’entretenir son capital musculo-articulaire restant fonctionnel (et son moral, car le sport est anti-stress). Ca reste la plus saine des occupations.
A suivre...
mardi 10 janvier 2012
Santé des seniors
Par Gilles Orgeret le mardi 10 janvier 2012, 06:34 - Livres et publications
En ce moment je corrige et me prépare à faire les photos du prochain livre grand public que je prépare, il cible la santé des seniors. Sa sortie, programmée pour mai-juin, sera annoncée ici.
dimanche 8 janvier 2012
dimanche 13 novembre 2011
Rehabilitation by Normotensive Therapy in Parkinson's Disease
Par Gilles Orgeret le dimanche 13 novembre 2011, 08:39 - Livres et publications
En guise de nouveauté, il y a la sortie en décembre 2011, d'un ouvrage collectif à l'international, en anglais uniquement, auquel j'ai participé. Il s'agit de :
"Parkinson's Disease. Book 6. INTECH Editor, ISBN 978-953-307-1420-8."
Je vous propose ici la lecture de ma partie, intitulée : Rehabilitation_of_patients_suffering_from_parkinson_s_disease_by_normotensive_therapy
Il est également disponible en version papier et consultable sur internet à l'adresse : http://www.intechopen.com/articles/show/title/rehabilitation-of-patients-suffering-from-parkinson-s-disease-by-normotensive-therapy]
Amicalement.
Gilles Orgeret
lundi 31 octobre 2011
Assis ou debout, comment travailler sans s'abîmer ? La video
Par Gilles Orgeret le lundi 31 octobre 2011, 06:50 - mal de dos
Assis ou debout, comment travailler sans s'abîmer ?
La video de l'interview de Gille Orgeret sur M6 diffusée le 08/02/2011
"Devant un ordinateur ou debout, nous passons en moyenne 7 heures par jour à travailler. De longues journées qui peuvent parfois se transformer en calvaire si l’on travaille dans une mauvaise position. Mal de dos, tension dans la nuque ou jambes lourdes, en fin de journée nous sommes souvent éreintés. Etre assis est-il plus reposant que de travailler debout ? Quels sont les avantages et les inconvénients de chacune des positions ? Comment adopter la bonne position pour préserver notre corps ?"
dimanche 9 octobre 2011
Se soigner en faisant du sport
Par Gilles Orgeret le dimanche 9 octobre 2011, 16:11 - Sport
Citation de l'article d'Anne Vidalie dans l'Express du 02/04/2010 :
"Au CHU de Clermont-Ferrand, un service prend en charge des pathologies par l'activité sportive.
L'activité physique ne permet pas seulement de rester jeune et en bonne santé. Sous surveillance médicale, elle contribue à soigner de nombreuses pathologies. Jeanine, Dominique et Joseph sont des pionniers. Avant de se croiser régulièrement entre les tapis de course et les rameurs du club de sport SantéForm, ces trois habitants de Clermont-Ferrand ont réapprivoisé leurs corps éprouvés par la maladie... au centre hospitalier universitaire (CHU).
Là, dans le service de médecine du sport, Stéphane Penando, éducateur médico-sportif, leur a appris à faire travailler leurs muscles et leur souffle à raison de trois séances hebdomadaires d'une heure pendant trois ou quatre mois. "Mon service, ouvert il y a trois ans, est le seul, en France, à prendre en charge des pathologies par l'activité sportive", précise le Pr Martine Duclos.
Cours de gym et sport en sall en guise de médicaments
Une fois bouclé ce programme, Jeanine, Dominique et Joseph n'ont pas remisé leurs sacs de sport. Disparue, la "sainte horreur de l'activité physique" que nourrissait Jeanine Goutille, 56 ans. Deux soirs par semaine, après le travail, cette secrétaire comptable diabétique part s'entraîner.
Pendant les vacances, elle s'astreint à 5 kilomètres de marche quotidienne. "Je suis passée de quatre comprimés à deux par jour, se réjouit-elle. Et je peux me permettre des écarts alimentaires de temps en temps. En prime, j'ai perdu 12 kilos et, même si je prends encore des antidépresseurs à petite dose, je me sens mieux!"
Bien doser l'effort
Quel sport choisir? A quelle fréquence faut-il le pratiquer? "La réponse à ces questions ne peut qu'être taillée sur mesure pour chaque patient", souligne Gilles Orgeret, kinésithérapeute au service de rééducation de l'hôpital de Poissy (Yvelines). Parmi les valeurs sûres figurent les disciplines privilégiant l'endurance: le vélo (pas le VTT), le rameur, le jogging léger (avec de bonnes chaussures) ou la marche rapide, le ski de fond, le golf, le kayak et même l'équitation, excellente... pour le dos. "Sans oublier les exercices sur Wii Fit pour ceux qui ont besoin de reprendre confiance en leur corps", précise le kiné. Règle d'or à respecter: être toujours en mesure de parler malgré l'essoufflement.
Dominique Casteix, 57 ans, opérée en 2006 d'un cancer du poumon, a retrouvé la pêche. "Moi qui m'étais transformée en petite vieille haletant dans les montées, je suis redevenue comme avant, raconte cette ex-infirmière. Avec 2 centimètres de tour de taille et de hanche en moins." Ses "médicaments": chaque semaine, deux séances de sport à la salle et deux cours de gymnastique dans une association.
Quant à Joseph Aubry, 74 ans dont trois décennies de tabagie, il a renoué avec le plaisir des longueurs en piscine, lui qui s'essoufflait de plus en plus vite. "Broncho-pneumopathie chronique obstructive", a diagnostiqué un pneumologue. Qui l'a envoyé illico soulever des haltères et faire du vélo au CHU. Désormais, Joseph est, lui aussi, un client assidu du club SantéForm.
Les réfractaires à l'activité physique doivent se faire une raison: "Le sport est un traitement très efficace dans bon nombre de pathologies, à condition d'être bien dosé", souligne le Dr Christian Daulouède, spécialiste de médecine physique et sportive, auteur de Mieux vivre par le sport (éd. Sud-Ouest).
Les cardiologues ont été les premiers à se convaincre des bienfaits de l'effort. "Désormais, un patient qui a subi un pontage coronarien est encouragé à faire du vélo, à nager ou à courir, sous surveillance médicale, dix jours après l'opération, pour éviter la récidive", explique le Dr Benoît Pétillon, cardiologue à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).
C'est la course à pied qu'a choisie Cyrille Bougault, 39 ans, souffrant d'une grave cardiomyopathie. A force d'entraînements quotidiens, ce chef d'entreprise parisien a atteint son objectif : courir le semi-marathon le 10 août 2008. Un an, jour pour jour, après le déclenchement de sa maladie. "Grâce au sport, mon coeur est redevenu complètement normal", s'enthousiasme-t-il.
La liste des pathologies que le sport aide à combattre est longue
Les cardiaques ne sont pas les seuls malades qui ont intérêt à chausser des baskets. "L'activité physique est un multimédicament, résume le Pr Duclos: elle fait baisser la tension, le taux de glucose, ainsi que le niveau du mauvais cholestérol et des triglycérides." A l'inverse, elle dope la production d'hormone de croissance et le potentiel cognitif de l'individu.
Résultat: la liste des pathologies que le sport aide à combattre est longue, des problèmes cardio-vasculaires au diabète en passant par les insuffisances respiratoires, l'obésité, la dépression, l'hypertension, l'ostéoporose, l'arthrose et les maladies neurodégénératives. Il pourrait bien, aussi, réduire les risques de rechute en cas de cancer du sein et du côlon.
Les médecins prennent conscience que l'activité physique soigne. Il faut les former à ce nouveau type de prescription. "Contrairement aux idées reçues, même les personnes qui souffrent du dos ont intérêt à s'adonner à une activité physique", pointe le kinésithérapeute Gilles Orgeret, auteur du livre Le sport est un médicament bio (éd. Josette Lyon). Valérie Lecerf, 40 ans, ne le démentira pas. Voilà deux ans que cette Parisienne, atteinte d'une lombalgie chronique, pratique le tai-chi. "La douleur est toujours là, reconnaît-elle, mais j'ai repris confiance en mon dos. J'ai recommencé à danser et j'avale moins de pilules."
Cette "médecine de l'exercice", pourtant synonyme de réduction de la consommation médicamenteuse, des consultations médicales et des séjours hospitaliers, a longtemps fait figure de parent pauvre de la santé. "Dans un pays qui a tendance à survaloriser le cerveau au détriment du corps, la recherche sur les bénéfices du sport est encore peu développée", note le Dr Christophe Delong, chef du service de médecine physique de l'hôpital Sainte-Périne, à Paris.
Mais les temps changent. "Les médecins prennent conscience que l'activité physique soigne et il faut les former à ce nouveau type de prescription, observe le Dr Bruno Sesboüé, qui exerce au CHU de Caen. Ils ne peuvent plus se contenter de vagues conseils généraux, du genre "faites un peu d'exercice". Ils doivent apprendre à préciser quelle activité et à quelle dose." A quand des ordonnances préconisant "une heure de vélo, trois fois par semaine" ou "deux séances hebdomadaires de jogging"?"
Le sport est un médicament bio
Le sport est un médicament bio Gilles Orgeret Éditions J.Lyon, 2008 280 pages
Présentation de l’éditeur
Le sport mérite-t-il le label bio et naturel? Est-il possible de le hisser au statut de médicament? Oui, si l'on considère que, quel que soit son état de santé, on peut et on doit pratiquer un sport ou une activité physique régulière. Le sport soulage, guérit parfois. Il fait partie intégrante d'une hygiène de vie accomplie et devient un médicament naturel utilisable par tous. Pour la première fois, un livre répertorie : les sports à privilégier ou à éviter selon les pathologies; les sports à conseiller selon l'âge (de l'enfant à l'adulte); des exercices illustrés à pratiquer régulièrement pour s'entretenir (étirements, respiration, dos, seins, périnée, abdominaux, etc.); des conseils diététiques indissociables de l'activité physique; les nouveaux sports proposant des alternatives intéressantes; les façons de soigner les traumatismes dus au sport (crampes, courbature, etc.); les abus et erreurs à éviter.
Commentaire
D'emblée, ce livre étonne. Par son titre accrocheur, évidemment, et par le fait qu'il traite de sport pour personnes avec un problème de santé. Ce qui nous permet de constater que, si les librairies débordent d'ouvrages sur la bonne forme physique, il existe fort peu d'information de ce type pour les populations souffrant de limitations physiologiques. En l'occurrence, l'auteur consacre une dizaine de pages à chacun des 16 thèmes : maladies cancéreuses, diabétiques, pneumologiques, rhumatismales, etc. (en plus de couvrir plusieurs sujets connexes, comme on peut le lire dans la description ci-dessus). Or, les médecins ont rarement des conseils assez précis à donner à leurs patients pour les encourager à reprendre une activité physique, si importante pour la santé. Masseur-kinésithérapeute dans un hôpital français, M. Orgeret a déjà écrit plusieurs livres intéressants, dont deux sur les maux de dos.
Lucie Dumoulin
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